lundi 1 février 2016

Vivien déballe et emballe !

Pour vous préparer au mieux à la St Valentin, je vous propose de lancer les festivités de l'Amour avec une petite perle venue tout droit des eighties et qui a largement sa place parmi nos Lundis au soleil. À l'honneur aujourd'hui, Vivien Savage (Roooaaaar!) et son tube confidentiel La P'tite Lady qui a sévi en l'an 1985 sur les ondes et bien au delà! Ouais, dit comme ça, ça fait un peu peur...

Vivien se retrouve en taule pour on ne sait quelle raison: A-t-il bu un diabolo sur la voie publique après 22h? Rasé la queue du chat de la voisine? On ne le saura jamais vraiment. Dommage car cela aurait pu éclairer la vidéo qui suit... Bref, il est ici bien mal entouré dans cette cage où l'on retrouve entre autre une fille de mauvaise vie maquillée à la truelle, des sans-abris bien propres sur eux et un légionnaire (???). Cherchez pas, si vous suivez les paroles vous comprendrez que ce dernier est uniquement là pour la rime. Et, il y a la P'tite Lady!!!

Ben oui, c'est le titre de la chanson quand même! On peut dire qu'elle a du chien charme et qu'elle inspire le beau Vivien à la mèche blanche de très bon goût (sic). D'ailleurs, il est tellement ébloui par sa beauté arc-en-ciel qu'il en reste tout d'abord bouche bée, je cite: "Mais qu’est-ce que j’vois, qu’est-ce que j’peux faire, qu’est-ce qu’elle est belle" (ça ne s'invente pas!). Commence ensuite une tentative d'aproche plutôt balourde pour rester poli avec un sens unique du rythme et du déhanché qui ferait pâlir un troupeau de manchots. Et pourtant, la garce résiste au beau Vivien! A croire, qu'elle a de la m.... dans les yeux! Toujours est-il qu'on pense qu'il va revenir broucouille (comme on le dit dans le Bouchonnois).

Ça le rend malade le Vivien: J’vais m’dévisser à force de la r’garder, Il faut qu’j’lui dise que j’veux faire des bêtises, J’peux pas rester minable plus longtemps sans la brancherMais la magie finit par opérer dans ce milieu carcéral surpeuplé et Vivien le poète trouve les mots pour faire opérer la magie de l'amour (sic): On dirait qu’le monde est à toi quand tu t’promènes, Sur ce quai d’gare, Cendrillon, tu marches comme une reine. Ben oui, c'est imparable, non? Surtout qu'il précise bien qu'il fait oeuvre de salut public et qu'il ne pense pas uniquement à son plaisir personnel, jugez donc: J’vais pas t’laisser partir avec un légionnaire en perm, J’vais pas t’laisser séduire par le premier marin qui traîne, J’vais pas t’laisser dormir tout seule si t’est libre ce week-end. Avouez que ce serait dommage, non?

Pour assurer le coup, donner l'estocade finale, rien ne vaut une référence féline, ben oui les LOLcats existaient déjà en chanson dans les années 80: Car elle a comme un p’tit chat sauvage dans les yeux, Qui ressemble au tatouage que j’ai dans l’cœur. Jeannie Longo! Bingo, je veux dire! Le poisson est ferré, ne reste plus qu'à remonter la prise et la serrer très fort dans ses bras. C'est une métaphore d'accord?! Vivien ne serre pas un poisson dans ses bras! En gros, il a pécho la P'tite Lady!!!

Je me demande encore comment j'ai pu vivre sans connaître les trucs et astuces de Vivien. Il est quand même balaise et méthodique, surtout que c'est aussi un surdoué de la musique comme vous allez l'entendre. Il est trop fort ce Vivien...

 

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dimanche 31 janvier 2016

Priorisation de l'urgence...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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samedi 30 janvier 2016

"Retour à Rédemption" de Patrick Graham

retour à rédemptionL'histoire : Vingt ans après avoir purgé sa peine à Rédemption, camp de redressement pour mineurs, Peter Shepard renoue avec son passé comme on reçoit un coup de couteau en plein coeur. Le brillant avocat d'affaires de San Francisco pensait avoir tiré un trait définitif sur ce sinistre établissement où régnaient brimades, humiliations et sévices. Le meurtre de sa famille lui fait douloureusement retrouver la mémoire. Quelqu'un cherche à lui faire goûter une nouvelle fois à l'enfer de Rédemption...

La critique Nelfesque : "Retour à Rédemption" est un roman étonnant. Percutant, sensible et violent à la fois. Un mélange de roman noir et de thriller qui touche en plein coeur et n'est pas sans rappeler des oeuvres comme "Mystic River", "Sleepers" et plus récemment "Coldwater" de Vincent Grashaw côté cinéma et "Retour à Little Wing" de Nickolas Butler en littérature pour les liens qui unissent les personnages entre eux.

Dès les premières pages, le lecteur est happé par l'écriture de Patrick Graham qui entre sans détours dans le vif du sujet. La femme et les filles de son héros, Peter Shapard, vont être enlevées en pleine Vallée de la Mort par un homme qui, se faisant passer pour un agent de police, va les entraîner loin de la route principale. Lors de cette agression, Peter est au téléphone avec sa femme et va assister avec horreur à l'exécution de celle-ci. S'en suit une course contre la montre pour retrouver la voiture et ses jumelles en bas âge qui se trouvent dans le véhicule sous un soleil de plomb. Un moment de lecture haletant et horrifique.

Le ton est donné, "Retour à Rédemption" est violent... Très violent. Violent par les actes mais aussi par les idées qui seront véhiculées sur plus de 400 pages. Une violence qui n'est pas à mettre entre toutes les mains et qui pourra choquer certains lecteurs mais une violence qui est loin d'être gratuite.

Par flashback, l'auteur nous entraîne dans l'enfance de Peter et dans un moment charnière de sa vie, celui de son incarcération au camp de Rédemption. C'est là qu'adolescent, il fera la connaissance d'un groupe de jeunes qui deviendront des personnes essentielles dans sa vie et avec qui il va affronter les pires cauchemars. Un groupe d'amis, qui bien que n'étant pas des anges au départ, vont devoir faire face à la folie des adultes, à la cruauté de leurs semblables et à une machination qui va au delà de l'entendement.

C'est mon avis que vous venez chercher en lisant cette chronique. Le voici : "Retour à Rédemption" est une bombe ! L'histoire est effroyable et passionnante, l'auteur a une écriture fluide et accrocheuse et surtout les personnages sont saisissants de réalisme et provoquent une empathie chez le lecteur qui ne se départit jamais. J'ai été bouleversée de bout en bout par cette lecture et encore aujourd'hui, en rédigeant ce billet, je retrouve des sensations de colère et d'émotion.

Car oui, comme je l'ai dit précédemment, "Retour à Rédemption" est un roman dur et violent mais c'est aussi un formidable récit d'amitié, un élan d'espoir et une galerie de personnages en souffrance et aux destins brisés. Gamins, ils se sont fait une promesse, adultes, ils vont devoir la respecter. Et ce, quel qu'en soit le prix. Petit clin d'oeil à "Ça" de Stephen King au passage et le même désarroi lorsqu'au bout du fil une voix ressurgit du passé et rappelle à tous leur serment.

Là est la force de ce roman. Les personnages prennent aux tripes, l'auteur a travaillé à l'extrême la psychologie de chacun d'entre eux et leur a donné des destinées singulières et liées les unes aux autres. L'un est devenu avocat, a construit une famille et semble avoir su se séparer de son passé douloureux, l'autre a une situation semblable mais dépourvue d'amour, l'un est resté "coincé" dans la roue judiciaire, un autre encore s'est coupé du monde... Autant de personnages attachants, et ce depuis la plus tendre enfance, et pour lesquels le lecteur voit son coeur bondir au détour de chaque page.

Avec "Retour à Rédemption", on passe du rire aux larmes, de l'amusement à l'effroi, de l'attendrissement à la colère. Avec un dosage parfait, Patrick Graham signe ici un superbe roman qui restera longtemps dans mon coeur. Thriller, roman noir, enfance brisée, amitié... si ce cocktail vous séduit d'ordinaire, n'hésitez plus un instant et jetez-vous sur ce roman. Vous ne le regretterez pas !

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vendredi 29 janvier 2016

"Un Autre que moi" de Véronique Olmi

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L'histoire : Se retrouver face à un homme de quatre-vingts ans qui prétend être lui-même : c'est l'étrange expérience que fait Fred le soir de ses quarante ans. Peut-on modifier le cours du temps ? Qui y perdrait, et à quel prix ?

La critique de Mr K : Lecture d'un texte théâtral aujourd'hui avec cette pièce, Un Autre que moi, de Véronique Olmi, dramaturge appréciée et jouée dans plusieurs pays. Je ne suis pas forcément un aficionados du genre en mode lecture, préférant voir ces textes joués et interprétés. Force est de constater qu'il n'en a rien été ici avec une lecture rapide, divertissante, émouvante et source de réflexion sur notre vision de la vie et du temps qui passe.

Fred s'est isolé dans une chambre d’hôtel minable en proche banlieue le jour de ses quarante ans. Pourquoi? Parce qu'il a un coup de spleen bien évidemment! La légendaire crise de la quarantaine couve et l'idée de se réunir pour l'occasion en famille et avec les amis ne le motive pas, mais alors pas du tout! Il a donc décidé de rester seul dans sa chambre malgré les récriminations de sa femme Laura et du futur conseil de famille qui en découlerait et qu'il redoute encore plus. C'est dans cet état de confusion qu'il s'interroge sur lui et son avenir, notamment en terme de santé et de pouvoir de séduction…

C'est alors que rentre en scène Frédéric, c'est-à-dire lui même mais à 80 ans. L'étonnement cède vite la place à la méfiance puis la révélation. Tour à tour, Fred soupçonne Frédéric d'être un agent / espion à la solde de sa femme pour le forcer à rentrer à la maison pour fêter le dit anniversaire, un imposteur venu le tourmenter… Mais il doit assez vite se rendre à l’évidence, cet homme en sait beaucoup trop sur lui, s'ensuit une discussion à bâton rompu qui va permettre à chacun de dire ce qu'il pense de lui, évoquer le passé commun mais aussi le futur qu'il reste à vivre pour l'autre. Cela donne lieu à des dialogues enlevés où chacun n'hésite pas à lancer quelques scuds bien sentis à l'autre, je vous livre un court passage fort séduisant en la matière:

FRED: Il y en a qui voient surgir des strip-teaseuses de leur gâteau d'anniversaire… Et moi: un vieux bipolaire incontrôlable. C'est vraiment la fête…

FREDERIC: Tandis que moi, passer mes quatre-vingts ans dans une piaule minable avec un déprimé alcoolique, c'est l'apothéose!

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Mais derrière ces répliques acides, les révélations surprenantes, on entr'aperçoit un fond beaucoup plus sérieux et existentialiste. Jusqu'à quel point peut-on maîtriser sa vie? Et si l'on fait des erreurs, peut-on se le reprocher? N'y aurait-il pas moyen d'agir autrement? Le destin existe-t-il? Peut-on le modifier? Autant de questions qui se densifient en filigrane du dialogue principal qui éclaire peu à peu les zones d'ombre des personnages concernant leur mariage mais aussi leur passé plus ancien et notamment le rapport intime qu'il entretenait avec leur grand-père. Ce passage est extrêmement touchant et agira comme un révélateur sur Fred.

Plus trivialement, on explore aussi le rapport des hommes à la séduction et aux femmes qui sont omniprésentes dans ce texte malgré l'absence de personnages féminins en chair et en os. L'amour est donc omniprésent avec ses bienfaits mais aussi ses dérives: l'épouse castratrice ou du moins dominatrice qui dirige la vie de Fred seulement parce qu'il le veut bien, l'éveil à l'amour sincère et simple plus tard pour Frédéric… autant de facettes d'une vie disséquée au scalpel par une auteure avare en mots mais qui touche juste à chaque réplique. D'ailleurs le livre en lui-même est plutôt court (137 pages) et il se lit en moins d'une heure avec un plaisir renouvelé à chaque page. L'écriture très contemporaine y est pour beaucoup, familiarités et bons mots s’enchaînent sans discontinuer et accrochent définitivement le lecteur désirant connaître le fin mot de l'histoire. Un petit plaisir qu'il serait donc dommage de bouder.

mercredi 27 janvier 2016

"Knight of cups" de Terrence Malick

Knight of cups

L'histoire : "Il était une fois un jeune prince que son père, le souverain du royaume d’Orient, avait envoyé en Égypte afin qu’il y trouve une perle. Lorsque le prince arriva, le peuple lui offrit une coupe pour étancher sa soif. En buvant, le prince oublia qu’il était fils de roi, il oublia sa quête et il sombra dans un profond sommeil..."
Le père de Rick lui lisait cette histoire lorsqu’il était enfant. Aujourd’hui, Rick vit à Santa Monica et il est devenu auteur de comédies. Il aspire à autre chose, sans savoir réellement quoi. Il se demande quel chemin prendre.

La critique de Mr K : 6/6. LA CLAQUE!

La critique Nelfesque : 0/6. LA LÉTHARGIE !

La critique de Mr K (la vraie) : Non mais je déconnais, j'ai plein de choses à vous dire sur ce film bien barré, hautement maîtrisé et à la portée métaphysique hors norme. Durant 2h, je n'étais plus là, je ne faisais qu'un avec le film entre fascination pour les destinées humaines évoquées et interrogations personnelles sur ma propre existence. Honnêtement, rarement un film ne m'a fait cet effet là et je me souviendrai longtemps du dernier Malick qui clôture magnifiquement le triptyque amorcé avec The Tree of life et À la merveille (toujours pas vu au moment où j'écris ces lignes, rooooooo la honte!).

Premier et seul conseil que je puisse vous donner, acceptez de vous laisser conduire par le film et de ne pas tout comprendre. Le procédé narratif est totalement indescriptible, savant mélange de contemplation, rencontres, changements intempestifs de narrateurs et sous-texte dense et multiculturel. Dit comme ça, je peux comprendre que ça puisse faire peur mais l'expérience proposée vaut vraiment le détour car elle est totale et éclairante sur soi. La preuve, nous étions dix personnes dans la salle et la moitié a déserté en cours de métrage! L'exigence et la profondeur ont un prix, celui de pouvoir rebuter et provoquer l'incompréhension. Ce film mérite qu'on s'y attarde tant il est riche et émouvant. On ne ressort décidément pas indemne de Knight of cups.

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Le film gravite autour du personnage de Christian Bale, un quadragénaire en roue libre qui est passé à côté de sa vie. Il traîne son ennui d'une existence morne entre rencontres d'un soir, fêtes somptueuses, misères familiales et introspection morbide. Pas question pour autant pour l'auteur de nous parler seulement de ce nouveau-riche plutôt superficiel, il est en fait question de nous, de la condition humaine en générale avec ses aspirations revues à la baisse, nos erreurs et notre capacité à rebondir. Ces questionnements sont en fait ceux de tout être humain de quelque origine ou extraction sociale que ce soit, ce film est un objet de réflexion ouvert au genre humain, nul doute qu'il sera décortiqué voir étudié dans les années à venir tant il se révèle complexe dans la réflexion qu'il pose avec des effets à tiroir qui s’emboîtent et forment une œuvre unique lorgnant vers l'art contemporain.

À travers un enchevêtrement de scènes intimistes, naturalistes (paysages et nature magnifiés), urbaines (l'activité humaine et son caractère exponentiel) et purement quotidiennes (fêtes, réveils, actes d'amour, discussions de travail, relations familiales), Malick nous délivre la vérité toute nue de ses personnages dans un syncrétisme aussi pur que fluide au rythme d'une bande originale hypnotique collant à merveille aux images. Le rythme lent mais progressif des trajectoires présentées pénètre le cortex dans un déluge de cadrages plus arty les uns que les autres, détails et vues aériennes, errances des corps et des esprits vers un but non fixé, si proche et si lointain à la fois. Wahou! Toujours pas remis de ce pèlerinage vers le bonheur et la sérénité. On retrouve cette sensation si particulière aux romans asiatiques de quête de soi, aux œuvres estampillées 70' sur les voyages intérieurs et la captation d'un temps / d'une société (Zabriskie Point par exemple) et à la culture américaine de la famille et du tout consumérisme.

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Du côté de la technique, on frise la perfection donc, les acteurs sont au diapason malgré le peu de dialogues du métrage. Là où un Tarantino va s'ingénier à proposer de longues scènes verbalisantes pour enrichir ses films, Malick demande à ses acteurs de véritables rôles de composition faisant appel essentiellement aux postures corporelles et à l'expression de leurs visages. Avec Christian Bale, ma chérie Cate Blanchett, Natalie Portman et tous les autres, inutile de vous dire qu'il ne prenait pas trop de risques. Chacun est à sa place et magnifie les plans qu'il occupe par un présence aérienne, naturelle et fragile. Les émotions sont à fleur de peau, envahissent le spectateur pris dans la tourmente des sentiments contradictoires qui lui sont donnés à voir. Ils raccrochent les réflexions poussées proposées par Malick à leur dimension humaine, concepts et voies d'apprentissage sont donc illustrés avec finesse et justesse. Chapeau bas!

Étude sur les apparences derrière lesquelles nous nous cachons, des règles et principes de notre modèle de développement personnel et professionnel, de notre recherche effrénée d'un lendemain épanouissant, Knight of cups est un conte moderne à part (parabole du prince ayant oublié son identité tiré d'un récit populaire), exigeant mais transcendant et jubilatoire bien des semaines après son visionnage. Un prétendant plus que sérieux pour le meilleur film de l'année à mes yeux, et pourtant 2016 commence à peine!

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La critique Nelfesque (la vraie) : Habituellement, c'est moi qui commence à m'exprimer sur les billets consacrés au cinéma. Pour une fois, c'est Mr K qui a pris la parole le premier, parce que vous l'avez vu, il a été particulièrement touché par ce film et qu'il était important que vous lisiez son avis en premier. Avant de lire mes bêtises, digressions et surtout avant que je vous dise que je me suis ennuyée au plus haut point pendant 2 heures. Je n'étais jamais sortie d'une séance pour aller aux toilettes, c'est maintenant chose faite. J'ai même regretté de ne pas être fumeuse pour aller m'en griller une petite...

Avant toute chose, j'ai envie de vous dire que si vous êtes intrigués par ce film, vous devez aller le voir ! Peut-être en ressortirez-vous également, époustouflés et aussi, et surtout, parce qu'il faut faire vivre le cinéma et encourager des productions qui sortent de l'ordinaire et proposent autre chose que des histoires prémâchées écrites avec une truelle et filmées avec les pieds.

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Je commence par les points négatifs, comme ça ça sera fait. J'ai hésité à écrire ma chronique ici. Parce que je ne voulais pas déprécier celle de Mr K, parce que je n'avais pas grand chose à dire sur ce long métrage qui m'est passé à 10.000 au dessus de la tête et parce que je me suis déjà fait chier pendant 2 heures et je n'avais pas envie d'en rajouter. Et puis, bon, je me dis pourquoi pas... Préparez-vous donc à lire un avis complètement subjectif et sans doute bourré de mauvaise foi mais il faut que ça sorte.

J'aime le cinéma. Je me déplace régulièrement en salle. J'aime me prendre la tête avec des films compliqués à cerner (parfois, pas tout le temps, il m'arrive aussi d'aller voir des productions "vide neurones" et y prendre beaucoup de plaisir). Je suis assidûment les festivals de cinéma et aime les films d'intellos ou de bobos que beaucoup détestent ou tournent en dérision. Cela vous donne une petite idée de la spectatrice que je suis. Mais alors là ! Comment dire... Je crois que je n'avais encore jamais vu un long métrage qui donne autant dans la branlette intellectuelle que celui ci ! Rien, absolument rien, ne m'a touchée. Rien, absolument rien, ne m'a parlé. Et je pense que c'est ici que se trouve le noeud du problème. Peut-être est-ce un film qui parlera plus particulièrement à la gente masculine (quoi que je ne verse pas dans la théorie du genre), peut-être suis-je complètement hermétique aux problématiques existentielles soulevées par ce long métrage et qui s'apparentent pour moi à une perte de temps et à une auto flagellation stérile ou peut-être (et je pencherai pour cette hypothèse) que je n'aime pas le cinéma de Terrence Malick... Il n'y a qu'à lire nos avis sur "The Tree of life", que nous avions vu à sa sortie, pour comprendre qu'il y avait déjà là des prémices à divergence de points de vue entre Mr K et moi concernant ce réalisateur et que je n'étais déjà pas véritablement emballée par le fond de ses productions.

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Pendant 2 heures, que se passe-t-il ? Nous suivons Rick dans ses errances amoureuses, dans son mal être au sens général, dans sa quête du bonheur, lui l'homme pas particulièrement jouasse et qui ne fait que constater que tout va mal et subit sa vie plus qu'il ne la mène. Une sorte de Droopy des sentiments. Un neurasthénique qui a une situation financière enviable et qui ne se lève que de magnifiques femmes que beaucoup rêveraient de mettre dans leurs lits. Oui, mais voilà, Rick, il va mal, il est malheureux et il n'est pas satisfait. Une belle gueule, un appart' superbe, un travail qui va avec, Natalie Portman ou Cate Blanchett dans ses bras, avec l'amour en prime, une situation enviable sur pas mal de points pour beaucoup mais ça ne lui suffit pas... Pauvre petite garçon riche... Rick, tu sais quoi ? Prends ton Prozac et va te coucher, ça ira mieux demain ! Sans déconner il y a largement plus malheureux et avec de bonnes raisons de l'être. J'ai beaucoup de mal avec les gens qui se regardent le nombril, se l'oscultent jusqu'à s'en rendre malade et ne sortent pas de ce minuscule trou pour regarder un peu plus loin, relativiser et sourire un peu à la vie (j'ai pas dit rire aux éclats mais juste essayer de sourire pour voir ce que ça fait (on peut y prendre goût, c'est dangereux)) et je pense que là aussi ce fut un frein à mon empathie pour le personnage principal. A partir de là, tout dégringole. Je n'arrive pas à faire abstraction de mon ressenti, de mon propre vécu et je ne rentre pas dans le film.

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Sinon, côté points positifs, parce qu'il y en a. Si si ! Il faut avouer que Terrence Malick filme à la perfection. Bien que n'adhérant pas au fond, la forme est superbe. Il n'y a qu'à voir les images qui illustrent cet article pour en avoir une petite idée. La photographie est démente, chaque plan est léché à l'extrême, on est vraiment dans une introspection qui ressurgit à l'image et transpire par tous les plans. C'est vraiment très beau et si il n'y avait pas eu cette beauté visuelle, je crois que je serais aller boire une bière au café du coin en attendant Mr K et la fin de la séance. Non vraiment, Terrence Malick n'est pas un débutant. Le casting est parfait, les acteurs sont tous très bons (ils n'ont pas beaucoup de répliques à apprendre mais ça se voit dans la façon d'être, dans leur gestuelle...) et l'ensemble est vraiment cohérent.

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On accroche ou pas, il n'y a pas de demi mesure possible. "Knight of cups" est un film très particulier qui ne laisse pas indifférent. Les avis sont forcément tranchés et vous le voyez ici encore. Pour ma part, j'ai été attirée par la bande annonce et par Natalie Portman qui est une de mes actrices préférées mais à l'avenir quand je verrai Terrence Malick à la réalisation, on ne m'y reprendra pas. Cet homme a beaucoup de talent mais j'y suis totalement hermétique. Je perds mon temps, je démonte ses films qui ne me plaisent pas et en plus je m'engueule avec mon mari qui l'adore ! Merci Terrence ! Voilà voilà... Ah si une dernière chose : jetez un oeil sur les magnifiques affiches américaines. Preuves supplémentaires si il en fallait que côté visuel ça envoie du lourd. Dommage que je n'accroche pas, je m'en voudrais presque... (Et je parle beaucoup pour quelqu'un qui n'a rien à dire non !?)


mardi 26 janvier 2016

"L'île des morts" de Roger Zelazny

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L'histoire: Francis Sandow est le doyen de la race humaine bien que son corps soit celui d'un jeune homme. Sa fortune est l'une des plus colossales de l'univers connu, mais surtout il est l'un des vingt-six Noms vivants. C'est-à-dire qu'en lui-même réside, en plus de sa personnalité humaine, celle du dieu Shimbo de l'Arbre Noir. Jadis il a façonné, par sa seule puissance psychique, l'île des morts sur une des planètes de son domaine. Aujourd'hui, un inconnu a rappelé à la vie plusieurs amis ou ennemis de Sandow, disparus depuis des siècles. Celui-ci est obligé de quitter son monde de luxe et d'oisiveté pour affronter l'ennemi qui cherche sa perte. Mais ce dernier a usurpé le Nom d'une autre divinité et deux forces cosmiques colossales vont se heurter sur l'île des morts.

La critique de Mr K: Fruit du hasard, cette trouvaille est due en grande partie à sa couverture, une réinterprétation du tableau L'île des morts de Böcklin par le dessinateur Caza dont le talent n'est plus à démontrer. J'avais étudié l'oeuvre originelle dans un cours d'Histoire des arts à la fac, entre fascination et goût pour le mysticisme qu'elle m'inspirait. Je retournais le présent ouvrage et prenais connaissance de la quatrième de couverture qui m'intrigua de suite. C'était la promesse d'un texte bien barré comme je les affectionne, l'avis final est plus mitigé entre fulgurances vraiment borderline et accrocheuses et un style finalement très convenu dans les trois-quart du roman.

Dans L'île des morts de Zelazny, nous suivons les pas d'un magnat pluri-séculaire dans un monde futuriste plutôt sombre entre inégalité, concentration du pouvoir et planète en péril. Francis Sandow semble avoir tout ce qu'il veut et l'ennui le guette. Au fil des pages, il va se rendre compte qu'il est au centre d'une manipulation qui va le mener vers la fameuse île du titre, lieu énigmatique qui va le confronter tour à tour avec son passé et son destin, entre rencontres improbables et un duel méta-psychique (c'est le mot qui me vient à l'esprit au moment d'écrire cette chronique -sic-).

Je vous préviens d'avance, il faut s'accrocher. La faute essentiellement à un style que j'ai trouvé décousu, parfois très plat pour décrire un background pourtant très riche et source d'intérêt. Intéressant en effet de partager la vie d'un homme hors du commun, mi humain, mi démiurge, que le temps semble épargner et dont la vie a été bien remplie. On passe allégrement à la description purement humaine avec les joies et vicissitudes de sa position dominante et ses pouvoirs divins de création du monde, maître du tonnerre notamment. Car il partage son esprit avec celui d'un antique dieu, rien de moins! Les références sont nombreuses au détour des chapitres qui s'égrainent, elles ont ravi l'amateur de sciences des religions que je suis. Cela donne des passages vraiment bluffant que l'on pourrait rapprocher des meilleurs passages d'American gods de Gaiman que j'avais grandement apprécié lors d'une précédente lecture.

Malheureusement, il ne suffit pas d'avoir une belle inspiration et de bonnes idées pour fournir un livre porteur. C'est la forme qui m'a largué ici. Non que cette lecture soit particulièrement complexe (les fils de l'intrigues sont assez classiques) mais le style dessert une histoire pourtant très attrayante. Le lecteur doit suivre les errances du héros, on passe souvent du coq à l'âne sans réelle cohésion de sens. J'aime être dérouté en lecture si c'est justifié à la fin avec un minimum d'explications. J'ai été déçu sur ce point et au fil du livre ça ne s'arrange pas. La deuxième partie, concentrée sur le fameux pèlerinage sur l'île, relève l'ensemble avec un affrontement au sommet entre deux entités à la fois opposées et complémentaires. Les meilleures pages s'y trouvent et font penser à certains moment à du K. Dick ou du Silverberg, deux de mes références ultimes en matière de SF.

C'est mon premier Zelazny qui a sa petite réputation dans le milieu des fans de SF. Peut-être ai-je mal choisi cette première incursion mais ce titre ne restera pas dans les annales du Capharnaüm éclairé. Format trop court, écriture parfois bâclée, sentiment de déjà-lu / déjà-vu... L'écrivain m'a perdu en route et c'est sans grand enthousiasme que j'ai terminé ce livre. Un ouvrage dispensable donc, tant l'offre est importante et de qualité dans l'univers SF.

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lundi 25 janvier 2016

"L'Epouvanteur, Tome 3 : Le secret de l'Epouvanteur" de Joseph Delaney

le secret de l'épouvanteurL'histoire : "L'hiver va être long et rude, mon fils. Tous les signes l'annoncent. Les hirondelles se sont envolées vers le sud presque un mois plus tôt qu'à l'accoutumée, et les premières gelées sont survenues alors que mes rosiers étaient encore en fleur. Je n'avais jamais vu ça. Ça sera une période éprouvante : aucun de nous n'en sortira indemne. Aussi, ne quitte jamais ton maître. Il est ton seul véritable ami. Vous devrez vous soutenir l'un l'autre"
Alors que le froid se fait plus vif, l'Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber. Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d'hiver, à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l'ennemi juré de John Gregory. Au cours de longs mois d'hiver, Tom découvre peu à peu le passé caché de son maître. L'Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu'il a toujours dissimulés, seront finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger...

La critique Nelfesque : Pendant les vacances de fin d'année, j'ai eu envie d'une lecture fantastique. Peut-être est-ce la magie de Noël, peut-être qu'à ce moment là nous sommes tous plus ou moins enclin à rêver... J'avais envie de fantastique mais également d'un roman facile à lire. Une petite friandise sous le sapin. L'occasion était donc toute trouvée de ressortir la saga de "L'Epouvanteur" et de continuer à découvrir son histoire.

Dans ce troisième opus, nous retrouvons Tom, toujours apprenti chez l'Epouvanteur John Gregory. Alors que l'hiver s'annonce, ils doivent regagner leurs quartiers de saison à Anglezarke, une lande désertique et sinistre où le froid se fait très rude. Tom n'est pas vraiment pressé de découvrir cet endroit dans lequel il va devoir séjourner pour la première fois. Il ne comprend pas non plus pourquoi son Maître éprouve la nécessité de se replier sur ses terres hostiles chaque hiver. Un message va précipiter les choses et John, Tom et Alice (jeune sorcière du tome précédent) vont prendre la route plus tôt que prévu.

Comme à chaque fois que l'on chronique une saga, il est difficile de parler de chaque tome sans spoiler les futurs lecteurs. Je vais éviter donc de vous parler des conséquences positives ou négatives des histoires développées dans les 2 premiers tomes et m'attacher plus ici à la matière littéraire et à mon ressenti. Restons énigmatique !

J'ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans l'univers de Joseph Delaney. On ne peut pas s'empêcher de penser à d'autres sagas quand on lit celle ci. Un jeune homme qui a des pouvoirs mais ne sait pas s'en servir et va s'engager dans un processus d'apprentissage, ça rappelle furieusement Harry Potter non ? L'ombre de J.K. Rowling plane sur ces pages et en toute sincérité, on est loin ici de la qualité de ses ouvrages et de sa saga. Pour autant, L'Epouvanteur est une saga plaisante qu'à titre personnel je vais poursuivre plus par curiosité pour l'évolution de Tom dans le temps que par passion comme ce fut le cas avec Harry.

L'écriture de Joseph Delaney est très scolaire et il n'y a pas beaucoup de surprise pour le lecteur échaudé et plus âgé que le public visé ici. Le sentier est balisé, les grosses ficelles sont tirées et surtout le vocabulaire et les tournures de phrases utilisés sont clairement destinés à un jeune public. L'auteur explique tout bien pour que chaque chose soit bien assimilée. Cela laisse peu de place à l'imagination, on parle ici à des gamins. Pour autant, certains scènes restent effrayantes et ce n'est pas parce que ce livre peut être lu à partir de 10/12 ans qu'il faut forcément leur donner à lire. Reste à chaque parent de connaître son propre enfant et voir ce qu'il est capable de lire sans réveiller toute la maison avec ses cauchemars le soir venu.

Ces quelques défauts mis à part, la magie est toujours présente avec peut-être plus de noirceur dans ce tome ci. Tom va parfois devoir affronter des forces obscures seuls et bien qu'on s'imagine aisément que tout va bien finir (j'attends le tome qui fera tout basculer), quelques passages font tordre du nez. Il est bien courageux ce Tom ! Fils de fermier, séparé de sa famille et évoluant dans un monde obscur, il est bien souvent confronté à des sorcières, des trolls et autres esprits malfaisants. Dans "Le Secret de l'Epouvanteur", les choses sont loin de se calmer et bien que peureux, il réussit néanmoins à rassembler son courage dans les moments les plus difficiles.

On en apprend un peu plus ici sur le passé de John Gregory et sur ses amours de jeunesse. Combattre l'Obscur est une chose mais réussir à conjuguer cette activité avec ses sentiments d'homme en est une autre. L'Epouvanteur apparaît alors plus humain, moins froid et ses relations avec Tom se font plus intimes. D'autres personnages importants font également leur apparition ici (non n'insistez pas, je ne vous dirai pas leurs noms ! No spoilers j'ai dit !) et Tom va être confronté à des problèmes familiaux difficiles à gérer.

Pour les valeurs qu'elle véhicule, les notions de courage et de respect, d'amitié et de loyauté, je continue avec plaisir ma découverte de cette saga. Espérons qu'elle prendra de l'épaisseur avec le temps et saura accompagner ses jeunes lecteurs vers l'adolescence grâce à un personnage charismatique qui saura évoluer. Pour l'instant, ça reste très jeunesse mais vu le nombre de tomes (13 en VO à ce jour), je ne perds pas espoir !

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé :
- "L'Epouvanteur, Tome 1 : L'apprenti épouvanteur"
- "L'Epouvanteur, Tome 2 : La Malédiction de l'Epouvanteur"

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samedi 23 janvier 2016

"Tu mourras moins bête - tome 2 : Quoi de neuf Docteur Moustache ?" de Marion Montaigne

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L'histoire : Après avoir brillamment démystifié la science au cinéma, Marion Montaigne s'attaque à... votre corps ! Si vous croyez que l'apoptose est une maladie des pieds ou si vous pensez que le "stade anal" est un lieu de concert de 100 000 personnes, alors ce livre est fait pour vous ! Grâce à son programme "cinq rires et légumes par jour", la Professeure Moustache vous promet un esprit sain dans un cornichon !

La critique de Mr K : Chronique d'un beau cadeau de Noël de ma chère et tendre ce soir  avec ce deuxième volume de Tu mourras moins bête de Marion Montaigne qui passe de la science appliquée au cinéma à l'exploration de notre corps, de nos cellules et de nos mauvaises habitudes. Tiré de son blog, on retrouve ici tout son talent de vulgarisation et de dérision pour un bonheur de lecture de chaque instant et où le rire a le premier rôle.

Un peu plus d'une trentaine de sujets sont ici abordés entre fonctionnement de la machinerie humaine (physionomie et psychologie), retour sur des grands noms de la médecine qui ont marqué l'Histoire de la discipline (dont Aristote et Paré tout de même!), les médecines parallèles (grand moment de drôlerie), la recherche et la biologie et toute une série de sujets annexes. Il est donc question des cellules et de leur fonctionnement, de la traque des virus, du fonctionnement de notre peau, des différents stades psychologiques de l'homme, du fonctionnement du cerveau pour traduire les informations qu'il reçoit, de sexe et des questions pseudo-existentielles qui l'entourent et bien d'autres thèmes que vous découvrirez en parcourant ce tome. On en apprend beaucoup, on re-découvre aussi des choses vues (flashback dans les années collège!) à travers des explications simples, des données chiffrées parfois bluffantes et un humour corrosif à souhait.

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Un peu à la manière de Il était une fois la vie (série culte de mon enfance sur le corps humain), Marion Montaigne donne vie aux cellules, virus et autres composants de notre corps. Pas d'effet de surprise du coup, le procédé ayant déjà été utilisé mais on retrouve ici en plus l'humour dévastateur de l'auteure qui décidément touche au but à chaque vanne ou gag. Il faut voir les défenses immunitaires sous leur uniforme de gardiens de l'ordre râler sur les clandestins (virus) qui essaient de pénétrer dans notre corps. Cette parabole et bien d'autres qui parsèment cet ouvrage font écho à l'actu et aux peoples de notre temps. On saluera les efforts de Montaigne d'en finir avec le Tsar Cozy (quoique dans ce domaine, il se suffit à lui même) et les frères Bogdanov à qui elle fait subir bien des choses et qui sont une énigme scientifique à eux tout seul.

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Comme dit dans la chronique du tome 1, les trentenaires sont le cœur de cible de ce recueil diablement séduisant où les dessins s'effacent derrière la somme de connaissances déployées et la dérision qui l'accompagne. Les références sont multiples, les dérapages comiques présents à quasiment chaque case et cette BD parlera aux plus grands comme aux plus petits même si ces derniers ne saisiront pas l'intégralité des sous-entendus. Et puis il y a le Docteur Moustache qui est une narratrice hors pair et possède un charme disons... particulier!

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Un essentiel dans le genre donc pour se cultiver et se gondoler en même temps. C'est tout à fait mon crédo car j'ai toujours pensé que c'était en s'amusant qu'on apprenait le mieux. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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vendredi 22 janvier 2016

"À la table des hommes" de Sylvie Germain

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L'histoire : Son obscure naissance au cœur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine.

La critique de Mr K : Ce roman est le premier de Sylvie Germain qui m'est amené à lire. Cette auteure a bonne presse et j'ai sauté sur l'occasion pour la découvrir avec la sortie de son nouvel ouvrage dont la quatrième de couverture est aussi intrigante qu'engageante dans les thématiques qui semblent être abordées. La lecture fut rapide, le constat mitigé.

Tout le roman se déroule dans un pays dont on ne connaîtra jamais le nom, où se livre une guerre civile sanglante, où s'enchaînent les exactions et les vendettas vengeresses. Au milieu de ce chaos et la folie organisée des hommes, nous suivons la destinée de Babel depuis sa naissance trouble au fin fond de la forêt à son arrivée dans l'accomplissement de la quarantaine. Être hybride? Enfant sauvage? Candide des temps modernes? Il est un peu de tout cela à la fois et c'est à travers ses yeux et ceux de personnes qu'il va rencontrer et qui vont jalonner sa vie que l'histoire se déroule devant nos yeux entre réalisme, naturalisme et parfois du fantastique. Étrange voyage qui alterne morceaux de choix à la beauté pure et dérives parfois simplistes et digressives pas forcément de bon aloi.

Ce que j'ai préféré dans ce roman est sa première partie qui s'apparente directement aux récits que j'ai pu lire par le passé sur les enfants sauvages du XIXème siècle qui ont inspiré un de ses plus grands films à François Truffaut. On suit pas à pas, les premières sensations, expériences de Babel. Il se nourrit de son environnement, de ce qu'il ressent et tente de survivre. Il sera recueilli dans un village déserté par les hommes partis à la guerre et commencera le dur apprentissage de la vie au sein d'une population frustre et méfiante. Cela donne de très beaux passages sur l'éveil aux autres et sur le monde (une très légère ouverture à ce moment là de la vie de Babel) et des moments bien plus rudes quand il doit se confronter à la cruauté des autres jeunes du village qui ne voient en lui qu'un idiot buté dont on peut se gausser facilement et sans crainte de représailles.

L'écriture est d'une grande beauté, un souffle inédit se fait sentir et l'on partage scènes du quotidien et réflexions plus profondes notamment lors de la fuite de Babel vers un ailleurs prometteur. L'apprentissage des mots et la magie inhérente qui les accompagnent, Dieu et ses multi-facettes à travers le monde mais aussi l'injustice, l'intolérance placent ce roman définitivement sous le sceau du récit initiatique avec ce jeune garçon plongé dans un monde qui le dépasse. Mais cet univers est désormais le sien, il va devoir s'en accommoder pour se trouver lui-même. Il pourra compter sur deux vieux clowns libertaires en colère contre le monde entier et la douce Zelda qui lui fera connaître l'Amour. La langue est limpide, exigeante par moment pour ciseler aux mieux personnages et situations, l'immersion totale. Tout pour plaire normalement, mais malheureusement il y a un hic…

Bien que séduisante dans sa forme, la prose ici livrée n'a vraiment rien d'originale et vire parfois au pamphlet simpliste contre l'espèce humaine. Entendons-nous bien, je me classerai volontiers dans le camp des pessimistes et déclinistes concernant notre espèce qui excelle dans la destruction et l'auto-satisfaction. Je trouve que dans ce roman, l'auteur passe parfois du coq à l'âne pour dénoncer de manière frontale et pas très fine des errances de notre développement: je pense notamment au passage sur le sort que l'on réserve aux animaux ou encore la suppression d'esprits libres par des intégristes (passage qui m'a fait penser aux attentats de janvier 2015). Cela alourdit le roman et surtout son propos qui se démarquait dans les 100 premières pages par une ambiance cotonneuse teintée de mystère et de décalage (j'adore cette sensation). Par la suite, on perd cette impression au profit d'un brûlot certes allant dans le bon sens mais plutôt simpliste et au final, manquant de puissance. Un soupçon de nuance ne fait jamais de mal!

Impossible donc de ne pouvoir dire que du bien de ce roman pourtant tellement réussi dans le traitement de son personnage principal (que j'ai adoré et dont je garderai un souvenir ému). Je suis adepte du genre et j'ai trouvé dix fois mieux en terme de parcours initiatique dans un monde en pleine déshérence. Reste que je ne reste pas définitivement fermé à cette auteure tant j'ai aimé son style d'écriture qui ne ressemble pas à ce que l'on peut lire généralement. Elle mérite un deuxième essai, je le tenterai quand un chinage de plus me mettra sur sa route...

jeudi 21 janvier 2016

Le presque challenge "Destockage de PAL en duo" V5

La session précédente ayant pris fin il y a quelques semaines, c'est l'heure de remettre le couvert pour le challenge "Destockage de PAL en duo". On prend les mêmes et on recommence, je continue de faire baisser ma PAL en compagnie de ma copinaute faurelix. Il y a cependant une petite différence cette fois ci puisque nous ne participons pas officiellement au challenge, mon choix pour faurelix n'étant pas validé par les organisatrices. Qu'importe, on fait comme ci et on sort un roman de nos PAL dans la joie et la bonne humeur et avec un thème de saison !

Cette nouvelle version est un peu particulière puisque c'est celle des fêtes de fin d'année (oui je sais, maintenant elles sont passées mais j'ai mis du temps à mettre en ligne cet article). Les règles diffèrent quelque peu. Nous avons eu le choix entre trois "thèmes" différents (d'ordinaire il n'y en a qu'un imposé d'office) et pour chacun uniquement une seule proposition de lecture (d'habitude, c'est 2). Du coup, on est bien contente de bien se connaître faurelix et moi, puisqu'on est sûre de se voir imposer un roman qu'on aura forcément fortement envie de lire. Cette fois ci, nous avons opté pour le thème "Un hiver à la montagne".

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Le challenge a déjà commencé depuis quelques semaines et nous avons ici jusqu'au 29 février pour le lire. Comme nous ne participons pas vraiment au challenge comme je l'ai expliqué précédemment, si besoin, on s'octroiera un petit délai supplémentaire (rebelles jusqu'au bout les nanas).

Cinquième mission : du 1er décembre 2015 au 29 février 2016 !
ORDRE DE MISSION : UN HIVER A LA MONTAGNE

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Pour cette fois, faurelix devra lire "Enfant 44" de Tom Rob Smith qui, pour nous, rentre complètement dans le thème puisque l'histoire se situe durant l'hiver 1953 à Moscou. Le titre ne comportant pas de mots propres à l'hiver (voilà pourquoi nous n'avons pas la possibilité de participer au challenge), on aurait pu également le faire entrer dans la catégorie "Avance dans une série" qui était un des thèmes proposés cette fois ci mais là aussi ça bloque puisque c'est un tome 1. Bon, on a voulu faire nos malignes, on a perdu ! La PAL de faurelix ne regorge pas de romans hivernaux, le choix n'a donc pas été difficile mais je suis curieuse d'avoir son avis sur l'oeuvre originelle qui a inspiré le film du même nom sorti au cinéma l'an dernier.

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Quant à moi, faurelix m'a choisi "Hiver Arctique" de Arnaldur Indridason parce qu'elle a remarqué que je l'avais proposé au dernier Book Club et qu'il n'avait pas été retenu ! Merci faurelix de me le faire lire tout de même !

hiver arctique

On reste dans le policier encore une fois. On ne se refait pas... Je sais d'avance que nous prendrons beaucoup de plaisir avec nos lectures !

Pour découvrir le billet de faurelix ainsi que son avis sur "Enfant 44" un peu plus tard, je vous laisse vous rendre sur son blog. Bonne lecture !

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