jeudi 5 mai 2016

Courage, fuyons !

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Dessin de Bar tiré de son blog

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mercredi 4 mai 2016

"La Cinquième sorcière" de Graham Masterton

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L'histoire : Los Angeles est plongé dans une vague de terreur. Une alliance de criminels s'est emparée de la ville. Tous ceux qui s'y opposent connaissent un destin épouvantable dont les causes ne sont pas humaines : accidents étranges, maladies soudaines, morts inexplicables et horribles... Dans ces conditions, nul ne tient tête aux barons du crime, qu'accompagnent quatre femmes mystérieuses, des figures fantomatiques aux pouvoirs démentiels. Seul à s'opposer au cartel maudit, le détective Dan Fisher a rendez-vous, au cœur du cauchemar, avec la cinquième sorcière!

La critique de Mr K : Retour vers un auteur que j'affectionne beaucoup dans le genre récit horrifique: Graham Masterton. Je vous l'accorde c'est rarement de la grande littérature, ça flirte souvent avec le grand guignol mais ça a l'avantage de se lire vite, de procurer un plaisir coupable immédiat et durable et finalement ça remplit pleinement son office en matière de frisson et d'évasion. Cette Cinquième sorcière n'échappe pas à la règle, je l'ai lu en deux jours sans réellement avoir eu envie de relâcher l'ouvrage avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire.

Dan Fisher est détective à la criminelle de Los Angeles. Endeuillé par la mort accidentelle de Gayle, sa douce fiancée dont la responsabilité du trépas lui incombe pleinement, il noie son chagrin dans le boulot. Et il va en avoir, les trois principaux caïd de la ville se sont adjoints les services de quatre sorcières aux pouvoirs démentiels. Ils sèment la mort et la désolation dans les rangs de la police et les autorités ne savent plus quoi faire si ce n'est céder aux caprices des nouveaux maîtres de la ville. C'est plus que ne peut en supporter notre fringant héros, qui avec l'aide de son fidèle coéquipier Ernie et de sa charmante voisine adepte d'ésotérisme, va partir en croisade pour remettre de l'ordre dans tout ce chaos ambiant. Problème: il est seul contre tous et ne peut même plus se fier à ses sens. Ça promet d'être coton!

Disons-le tout de go, le récit se lit d'une traite et sans réelle difficulté. La trame est fléchée du début à la fin, d'ailleurs aucune réelle grande surprise ne vient émailler les faits décrits, surtout si vous êtes un vieux briscard du genre. Les méchants sont ici très très méchants (et même plus encore!) et les preux le sont aussi vraiment. Manichéisme quand tu nous tiens! En même temps, je vous avais prévenu dès le début, on est dans de la pure série B des familles. Certes, on ne nage pas dans l'originalité mais l'ensemble est efficace et assez dense en terme de contenu. Il s'en passe des vertes et des pas mûres et croyez-moi, il faut avoir le cœur bien accroché par moment tant les passages gores pullulent et sont très réussis.

Les sorcières sont ici bien éloignées des guérisseuses montrées du doigt dans notre bon vieux Moyen-âge obscurantiste. Les diablesses communiquent avec les Démons, Lucifer lui-même et aiment par dessus tout le pouvoir. Elles ne lésinent donc pas sur les moyens pour asseoir leur domination en compagnie de leurs compagnons malfrats. Vous assisterez à de furieuses scènes de massacre (la Police de Los Angelès recrute si ça vous intéresse!), à l'extraction d'animaux parasites de personnes totalement hagardes (crapauds, asticots, mouches i tutti quanti), la convocation de démons furieux se livrant à des orgies de sacrifices, au contrôle des esprits et des corps… le tout dans une furia de cruauté et de violence dont Masterton a le secret. On flirte souvent avec la limite du crédible mais personnellement j'adhère comme quand je regarde un bon film sanguinolent à la Peter Jackson ou le Sam Raimi des débuts.

Les personnages se débrouillent comme ils peuvent et pendant les 2/3 du livre, on se demande bien comment ils vont s'en sortir face à une adversité implacable qui ne semble posséder aucune faiblesse réelle. Une éclaircie se fera jour cependant et dans un dénouement assez rapide (trop, diront les mauvaises langues), le monde finira pas être sauvé… mais de quelle manière! Malgré le côté caricatural qui ressort du trio de forces positives, il se dégage une belle énergie (celle du désespoir) de ces personnages vifs qui tentent bon gré mal gré de renverser la vapeur. J'ai tout particulièrement apprécié Annie et son chat, voisins étranges d'un Dan Fisher profondément rationnaliste qui par la force des choses va devoir remettre en question ce en quoi il croit depuis toujours. Le récit avance sereinement vers une fin attendue mais cependant salutaire. J'ai refermé le livre le sourire aux lèvres avec la sensation d'avoir passé un bon moment, sans prise de tête et en total décrochage avec la réalité. C'est déjà pas mal, non?

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
- Apparition

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lundi 2 mai 2016

"Bad Land" de Frédéric Andréi

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L'histoire : Plutôt mourir que de renoncer à la terre de ses ancêtres ! Indienne blackfoot aussi butée que richissime, la belle Tina est prête à tout pour racheter ces terres aux blancs et les restituer à sa communauté. Sur le point d’accoucher, elle part braver les blizzards du Montana pour récupérer, avant qu’il ne soit trop tard, ces milliers d’hectares et leur précieuse mine d’or, objet de toutes les convoitises. Laissant son mari, l’ex-journaliste Nicholas Dennac, sans nouvelle et fou d’inquiétude.

Témoin d’un attentat perpétré en plein rodéo à Las Vegas, Nicolas se retrouve pendant ce temps dans le collimateur du FBI, qui le soupçonne d’en savoir un peu trop sur cette affaire pas très claire…

La critique de Mr K : Ce roman est le deuxième de Frédéric Andréi après Riches à en mourir qui avait marqué un certain nombre de blogueurs. Pour ma part, je ne l'ai pas lu et je me suis demandé un temps si je n'allais pas en pâtir pour apprécier ou non le présent ouvrage. Il n'en a rien été, de légers flashbacks et rappels permettent au néo-lecteur de pouvoir profiter au maximum du récit et de ses personnages. Au final, mon avis est mitigé malgré une lecture plutôt enthousiaste et rapide.

La belle Tina, jeune femme richissime au caractère vif et son compagnon reconverti dans la menuiserie sont à Las Vegas pour assister à un championnat de rodéo (oui, je sais, sur le papier ce n'est pas passionnant!). Enceinte jusqu'au yeux, elle rentre plus tôt dans son ranch pour régler une affaire de vente de terrain qui pourrait garantir un avenir plus sûr à son peuple (elle est d'origine amérindienne). Nicholas va être lui témoin d'étranges événements dans les coulisses du spectacle et va se retrouver lié à une affaire de terrorisme en plein territoire américain. Très vite, un compte à rebours s'amorce entre traque terroriste, magouilles politiques, grizzly affamé et reconquête de biens volés. Le rythme s'accélère et va crescendo jusqu'à des révélations finales en cascade.

J'ai mis du temps à rentrer dans ce roman. La faute à un style pas accrocheur, plutôt convenu et basé sur des effets que j'ai trouvé tape à l’œil et parfois contre-productifs. Par exemple, l'accumulation de références à la marque à la pomme pour tout ce qui relève de la technologie, on sent le placement de produit à plein nez et franchement ça devient lourd au bout d'un moment. Surtout que ce matériel extraordinaire fonctionne sans discontinuer et même en plein blizzard! Ils sont forts chez Apple! Pour reprendre Ash, le sagace héros de la franchise Evil Dead: Achetez américain, c'est bien! Sans m'appesantir davantage, j'ai trouvé les formulations parfois inutilement vulgaires, les phrases mal construites parfois brouillonnes et sans rapport avec le sens profond du propos. Ça m'agaçait au départ puis le récit se densifiant, je me suis laissé prendre au jeu de cette course poursuite haletante.

L'aspect chasse au terrorisme est très bien rendu, la tension des équipes travaillant sur le dossier est palpable et l'ambiance générée bien flippante dans ce pays qui ne s'est jamais vraiment remis du 11 septembre 2001. On se tire dans les pattes entre FBI et services secrets américains, la piste islamiste est privilégiée et d'ailleurs tout porte à le croire. Cependant, plus on avance dans la lecture, plus on se rend compte que l'affaire est loin d'être simple, que des hommes puissants (tendance marionnettistes) manipulent tout le monde. On navigue alors dans les arcanes des médias et de la politique, la plongée est ahurissante et on se demande bien où les ramifications s'arrêtent. C'est bien rendu à défaut d'être original, la construction et la révélation du grand secret du livre est nette et sans bavure. J'aime!

Au rayon des déceptions se trouve le personnage de Tina que j'ai trouvé sans finesse et agaçante au possible par moment. Pourtant sur le papier, elle a tout pour plaire: une revanche à prendre sur l'Histoire pour son peuple d'origine, un caractère affirmé comme je les aime (hein Nelfe!) et une relation complexe avec Nicholas, son compagnon d'origine française. Malheureusement ici, c'est parfois too much et on n'y croit pas. Dommage, là où certaines scènes devraient être dramatiques ou piquantes pour notre curiosité, je n'ai qu'éprouvé indifférence voir cynisme à son égard. Les choses s'améliorent à partir de la deuxième partie de l'ouvrage, le personnage vivant un véritable chemin de croix et se révélant à elle-même. Cela rattrape tout le reste notamment une scène dans la neige mystique à souhait! Pour contrebalancer cette semi déception, le personnage de Nicholas Dennac relève le niveau bien que classique. Perdu dans sa relation ambiguë avec sa compagne (passion rime avec élans de tendresse et engueulades), il s'accroche à cette femme qui représente tout pour lui malgré son aspect crispant. Son passé de journaliste fait aussi merveille quand il mène de front la recherche de sa femme en pleine tempête et quête de renseignements pour une enquête anti-terroriste, son esprit vif et analytique fonctionnent à plein. Un bémol tout de même, on ne peut y croire une seconde, les séquences What the fuck s'enchainant (voir ma diatribe plus haut concernant Apple) mais il est bon parfois de se laisser porter par une histoire aussi délirante soit-elle sur certains détails.

Bref, je râlais pas mal en début d’ouvrage mais la seconde moitié m'a littéralement emporté malgré les défauts sus-cités. La faute à une science du récit et du rythme implacable qui est le sceau des bons page-turner et des indices savamment disséminés qui entretiennent suspens et interrogations. Je suis ressorti plutôt content du récit malgré une fin abrupte et un style d'écriture décevant. Ce Bad Land, loin de pouvoir rivaliser avec du Grangé par exemple, reste un excellent détente neurone parsemé de fulgurances parfois saisissantes qui procure un désir de lire évident. Une bonne partie du contrat est remplie, non?

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dimanche 1 mai 2016

Le Challenge sans nom - V2

Hey, mais on est le 1er mai !? La date du début de notre seconde édition du "Challenge sans nom" avec faurelix ! Après un démarrage en trombe avec notre premier challenge home made, nous voici de nouveau prêtes à repartir à l'aventure. Et de l'aventure, cette fois, il y en aura...

Rappel du principe du CSN (comme on va se côtoyer longtemps lui et moi, on est intime maintenant et il a le droit à son petit sigle) : on choisit chacune 2 romans dans la PAL de l'autre selon un thème imposé et on s'engage chacune à en lire un dans un délai de 2 mois.

Notre challenge se veut libre, on peut donc lire les 2 si on le souhaite, raccourcir le délai ou le rallonger à notre guise. Pas de contrainte.

Challenge sans nom - A l'autre bout du monde

Pour cette seconde édition, le thème est "A l'autre bout du monde". Pour un voyage dans des contrées lointaines, pour la découverte de nouveaux horizons mais aussi peut-être pour des expéditions à l'autre bout des mondes ou dans une temporalité autre que celle que nous connaissons (hey, ça fleure bon les Utopiales ça !).

Le challenge commence maintenant et prendra fin le 1er juillet prochain (enfin... si on en a ENVIE !)

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Pour faurelix, j'ai choisi "L'héritière de Jacarta" de Tamara McKinley parce que j'aime beaucoup cette auteure, que le premier livre que j'ai lu d'elle ("La Dernière valse de Mathilda") m'avait vraiment transportée en Australie et qu'on ne peut pas passer à côté d'elle quand on parle de voyage en littérature. 

héritière de jacarta

Mon deuxième choix est "Replay" de Ken Grimwood parce qu'un peu de voyage temporel, ça ne fait pas de mal ! C'est le seul roman de ce type dans la PAL de faurelix. On s'éloigne de son genre de prédilection mais je suis persuadée qu'elle aimera ce roman. Je l'ai lu pour ma part lors de notre dernier voyage en Thaïlande et l'avais découvert, pour le coup, "à l'autre bout du monde".

replay

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De son côté, faurelix a dégoté dans ma PAL "Eclair d'été" de Tamara McKinley (c'est juré, on ne s'était rien dit avant) parce qu'il est effectivement difficile de passer à côté quand il est question de voyage. Au programme, un trip de l'Irlande à l'Australie et une petite romance en cette saison qui devrait bien passer.

Eclair d'été

En second choix, elle me propose "Wisconsin" de Mary R Ellis parce qu'elle a hésité longtemps avec d'autres titres mais une fois tombée sur celui-ci, elle a craqué pour son histoire. M'est avis que si je le lis et qu'il me plaît, il atterrira directement dans sa wishlist... (tu parles d'un challenge pour faire baisser nos PAL toi !)

Wisconsin

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Pour cette édition ci, je choisis de lire "Wisconsin" de Mary R Ellis. J'avais prévu de le lire très prochainement en LC avec une de nos fidèles lectrices (coucou Nath) et comme j'ai un rythme de lecture ralenti ces derniers temps, je le prends comme un signe du destin !

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Et hop, c'est parti !

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vendredi 29 avril 2016

"Tu n'as rien à craindre de moi" de Joann Sfar

Tu n'as rien à craindre de moi sfarL'histoire : C'est l'histoire des meilleurs moments de l'amour : ils se rencontrent, se regardent, se parlent des nuits entières, s'aiment sans cesse. Il la peint, elle s'amuse à être peinte... et après ?

La critique Nelfesque : Joann Sfar est un touche-à-tout. Dessinateur de talent, incroyable réalisateur, surprenant auteur, il est aussi prolixe sur les réseaux sociaux où on peut lire son avis et ses questionnements sur l'actualité, la politique, la religion mais également connaître ses goûts musicaux, ses coups de coeur ciné... Sfar, c'est un peu un copain... mais avec un cerveau (non, les amis revenez !) tant il pousse loin la réflexion. Qu'il soit en petit comité ou en ITW, il est fidèle à lui-même, en toute simplicité et sans arrière pensée. Proche de ses admirateurs et accessible, il n'en est pas moins quelqu'un de profond avec une vision sur le monde qui lui est propre. Avec "Tu n'as rien à craindre de moi", Joann Sfar nous le prouve encore une fois.

Seabearstein est artiste peintre. En couple avec Mireille Darc (pas la vraie comme il dit, mais sa fiancée qu'il aime appeler ainsi), il prépare une exposition pour le musée d'Orsay et pour cela s'apprête à peindre sa dulcinée dans le plus simple appareil. Commencent alors des questionnements, des tabous, des "brides d'inspiration". Sa fiancée ainsi peinte sera à la vue de tout un chacun et ça Seabearstein ne peut le supporter. Mireille Darc est belle, très belle mais elle est à lui et il garde jalousement sur elle son oeil lubrique et amoureux.

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Cette bande dessinée déroutera plus d'un lecteur. Il y est question de la vie d'un couple mais cette dernière n'est pas relatée d'une façon classique (on n'en attendait pas moins de Sfar). Bien que témoin des moments forts de leur vie à deux, le lecteur survole des instants fugaces et tenant plus de l'émotion et du sensoriel que du factuel. Point ici de premier repas dans la belle famille ou de récit d'emménagement dans les moindres détails. Sfar s'attache aux ressentis de ses personnages et particulièrement de celui de Seabearstein dans lequel il met une part de lui-même, de son talent, de ses obsessions. "Tu n'as rien à craindre de moi" n'est pas une BD facile qui s'appréhende dès la première planche, c'est une sorte de compilation de moments solitaires et à deux qui s'égrainent au fil des pages comme de minuscules sauts de puce. La sensation en fin de lecture est unique et l'envie de s'y replonger pour découvrir des détails passés inaperçus est immédiate.

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Amour, sentiment de solitude ou de dépendance, sensualité, sexualité, fantasmes et mensonges sont au coeur de cet ouvrage mais pas seulement. Quand on connaît Sfar, cela fait longtemps que l'on s'est rendu compte que certains sujets revenaient quasi systématiquement dans ses oeuvres. Des petites choses qui font que certains se sont lassés ou agacés, des "marronniers" spirituels, des schémas de pensée ou des raisonnements qui tournent en monologues philosophiques. On retrouve dans cet album la question de la religion et plus particulièrement du judaïsme. Sfar n'est jamais avare de considérations sur ce sujet. Quel place tient un juif dans le monde ? Y-a-t'il un dénominateur commun psychologique au peuple juif ?... Il y a une véritable quête de sens dans les ouvrages de Sfar et dans celui-ci en particulier, quitte à perdre en chemin ceux qui ne se sentent pas intéressés par le sujet, à l'image de Mireille Darc ici qui au détour d'une bulle apostrophe Seabearstein ainsi : "On peut tout de même se promener aux Galeries sans créer une guerre de religions !". La religion est au coeur de cet ouvrage, comme dans la vie de celui qui en pratique une ou tout simplement se questionne. Autant dire que Sfar se questionne beaucoup et nous bouscule avec ses cheminements de pensée et les réactions parfois surprenantes de ses personnages.

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Enfin, et surtout, il est beaucoup question d'Art. Seabearstein est peintre, il est artiste dans l'âme et pratique son art comme une nécessité. L'Art est vital pour lui. Quand l'expression de celui-ci se retrouve intrinsèquement lié à une femme qui devient à la fois sa maîtresse et sa muse, tout se complexifie. La création artistique est imbriquée à l'existence de ces personnages, de cet homme et de cette femme, de ce couple, de ce moment de vie volé au temps. Se posent alors les questions de processus créatifs, de la position du modèle et du peintre, de la Beauté...

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"Tu n'as rien à craindre de moi", vous l'aurez compris, est un ouvrage singulier. Complexe et pur, philosophique et cru mais surtout libre. Libre dans son expression et dans son ton. Une oeuvre à part que je vous conseille de découvrir quand vous vous sentirez prêt pour apprécier au mieux ce moment de lecture !

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jeudi 28 avril 2016

"En remorquant Jéhovah" de James Morrow

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L'histoire : L'annonce en fut faite au capitaine Anthony Van Horne le jour de son cinquantième anniversaire. L'archange Gabriel se tenait devant lui, ailes lumineuses, auréole clignotante : "Dieu est mort. Il est mort et Il est tombé dans la mer".

Mission du capitaine : aux commandes du supertanker Valparaiso, remorquer le divin Corps (trois kilomètres de long) des eaux équatoriales jusqu'aux glaces de l'Arctique, pour Le préserver des requins et de la décomposition. Là-bas, sur la banquise, les anges Lui ont construit un tombeau…

Oui, mais ça n'arrange personne, cette histoire. Écologistes et féministes s'en mêlent. Le Vatican aimerait éviter toute publicité – on le comprend ! Bref, ils sont plus d'un à vouloir enterrer l'affaire, c'est-à-dire couler le Valparaiso… et sa précieuse cargaison!

La critique de Mr K : C'est le hasard d'un chinage (une fois de plus) qui a mis sur ma route un livre pas tout à fait comme les autres. Je connaissais l'auteur, James Morrow, de nom grâce à une vieille amie qui en son temps n'avait pas tari d'éloges sur Notre mère qui êtes aux cieux du même auteur narrant l'histoire d'une petite fille, progéniture de Dieu livrée à la vindicte des humains (je l'ai dans ma PAL, il ne fera pas de vieux os je pense!). On retrouve ici dans En remorquant Jéhovah le goût de l'auteur pour le savant mélange de SF et de religion avec cette histoire incroyable aux lourdes répercussions et interrogations sur le genre humain. Vous allez voir, ça dépote!

Rien que le thème déjà interpelle: la mort de Dieu! Pour plus de la moitié de la planète, ce serait une catastrophe épouvantable si ça venait à se savoir. Il n'en est rien dans ce livre car un petit groupe d'humains triés sur le volet sont au courant de cette vérité inouïe. La révélation leur en est faite par le biais des archanges qui se meurent à la suite du Créateur. Ils confient à un ex capitaine de supertanker une mission sacrée: celle de convoyer dans le grand Nord le Corpus Deo dans sa sépulture de glace. Il sera accompagné dans sa tâche par un prêtre jésuite cosmologue et un équipage au complet. Le voyage va être celui de tous les dangers: extérieurs car bien des lobbys et intérêts particuliers s'intéressent à la mystérieuse cargaison mais aussi intérieurs avec les doutes et questionnements qui assaillent les protagonistes cohabitant avec le cadavre du Démiurge…

Ce livre est d'abord un très bon roman d'aventure maritime. Je suis amateur du genre et James Morrow est un talentueux conteur pour narrer la vie à bord d'un navire. Rien ne nous est épargné des atermoiements de l'équipage, des fortunes de mer et des rebondissements techniques. On pourrait se dire que le cadre d'un pétrolier gigantesque a moins de charme qu'un trois mâts ou un paquebot, loin de là! Le voyage en est plus exotique, original et la nature même du bateau prend toute son importance au moment clef de l'intrigue. On ne s'ennuie pas une seconde et la tension devient vraiment palpable et saisissante aux deux tiers du récit quand les éléments contraires se déchaînent contre l'expédition, on s'accroche aux pages comme à la barre d'un navire en pleine tempête, sensations fortes garanties!

Les personnages quoiqu'un peu caricaturaux (pas de réelle surprise dans leur développement personnel, leurs fêlures et les éléments de résolution) sont attachants, en premier lieu desquels le capitaine Anthony Van Horne hanté par un manquement qui a changé à jamais sa carrière et ses rapports avec un père autant admiré que craint. Figure tragique par excellence, c'est un chemin de croix pour lui que ce voyage aux frontières avec le fantastique et ses limites personnelles. Gravite autour de lui une galerie de personnages aux destins contrariés et aux aspirations biens différentes que l'auteur traite avec détail et finesse pour nourrir un récit qui très vite décolle et atteint des sommets insoupçonnés. Il y a Cassie, naufragés involontaire, féministe acharnée fascinée par Anthony Von Horne, Oliver son athée intégriste de fiancé qui la recherche partout grâce à la fortune accumulée de son industriel de père, les cardinaux du Vatican obnubilés par le Pouvoir en place et les conséquences de la révélation au monde de la mort de Dieu, deux associés amateurs de reconstitutions de batailles de la Seconde Guerre mondiale grandeur-nature obsédés par la menace japonaise et tout une pléthore d'autres personnages que je vous laisse découvrir par vous-même lors de cette lecture.

Là où le livre frappe vraiment fort, c'est dans sa dimension spirituelle. Loin d'être un ouvrage évangélisateur ou moralisateur, il nous interroge clairement sur la nature de la divinité, sur la notion de croyance et d'espoir. On peut apprécier ce livre que l'on soit croyant ou non, il donne à réfléchir sur la nécessité pour l'homme d'imaginer ce qu'il y a ou non après la mort (cause principale à mes yeux de la création des religions). Sur la nature humaine, cet ouvrage est assez éclairant notamment sur la notion d'engagement mais aussi d'hybris qui peut conduire à l'extrémisme (et Dieu sait qu'en ce moment, cette notion est au centre de l'actualité mondiale). Une fois quelques termes techniques déminés, fiction et éléments de science des religions (mon dada lors de mes études d'Histoire) se mêlent pour apporter au lecteur plaisir et enrichissement dans un mélange digeste et vraiment humaniste.

J'ai adoré cette lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs du genre tant elle procure évasion et réflexion. Sachez qu'il s'agit du premier tome d'une trilogie mais que ce roman peut se lire en one-shot, vous n'avez donc aucune raison de ne pas vous laisser tenter!

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mercredi 27 avril 2016

Chronique d'un naufrage annoncé...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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mardi 26 avril 2016

"Compartiment tueurs" de Sébastien Japrisot

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L'histoire : Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez-vous des rencontres. Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un a un tous vos voisins, méfiez-vous tout court. Si vous n'êtes pas vous-même l'assassin, c'est embêtant!

La critique de Mr K : Petite déception que ce Compartiment tueurs pourtant prometteur de part son thème et son auteur, Sébastien Japrisot. Comme dit lors de son acquisition, j'aime les histoires se déroulant dans des trains, notamment quand on navigue dans le genre policier (l'incontournable Crime de l'Orient Express d'Agatha Christie), et Japrisot est suivi d'une sacrée réputation. Une intrigue bien ficelée mais un traitement ultra-classique qui ne réserve finalement aucune surprise et patine un peu en terme de rythme.

Une femme est retrouvée morte étranglée dans son compartiment couchette, cinq autres personnes ont passé la nuit au même endroit. La police part donc à la recherche de témoignages pour retrouver l'assassin qui sans doute faisait partie du voyage. La tâche se révèle ardue et surtout un compte à rebours funèbre est lancé, en effet les putatifs témoins meurent les uns après les autres assassinés d'une balle de revolver. L'enquête promet d'être longue et difficile.

Chaque chapitre correspond à un numéro de couchette et même si le procédé en soi n'est pas nouveau, je dois avouer qu'il fait son petit effet. Tour à tour, nous alternons le point de vue d'un des occupants du compartiment ou nous suivons les enquêteurs chargés de l'affaire. C'est le point fort du roman, la propension de l'auteur à caractériser en profondeur ses personnages et les situations qu'ils rencontrent. On rentre dans l'intimité de tous, même les petites gens à priori sans importance, les éléments se succèdent sans réels liens ce qui, vous vous en doutez, prendra toute son importance dans l'acte final.

Finesse des protagonistes ne rime pourtant pas avec une œuvre inoubliable. La faute à une trame principale trop classique, qui ne décolle jamais vraiment et qui abuse des clichés sans en retirer la substantifique moelle (ben oui, les clichés ont du bon et permettent bien souvent de structurer une œuvre pour après en dévier et mieux retourner le lecteur). Alors oui, les personnages sont denses mais les surprises rares et l'ennui fait même son apparition par moment. Dommage car du potentiel il y en avait mais si vous êtes un vieux renard de la lecture, vous devinerez la fin dès la moitié de l'ouvrage, ce qui est ballot vous en conviendrez.

Reste un style d'écriture plaisant car accessible, parfois amusant (un des policiers parle à la Audiard, je vote pour!) et l'ensemble se lit sans difficulté malgré une motivation en berne pour ma part à partir de la moitié de l'ouvrage. Un livre de genre totalement dispensable tant le genre policier pullule de classiques.

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lundi 25 avril 2016

"Fabrika" de Cyril Gely

fabrikaL'histoire : lls sont condamnés. Vous aussi. Mais vous ne le savez pas...
Blessé au cours d'une fusillade entre Russes et séparatistes, Charles Kaplan, photographe de guerre, se retrouve dans un hôpital de Kiev. L'homme qui l'accompagnait est mort et son cadavre s'est mystérieusement volatilisé. Tout comme sept autres...
Kaplan se lance sans une enquête effarante hantée par l'ombre d'un homme : Terek Smalko, chirurgien auréolé d'une légende noire. Et par deux mots sibyllins : Fabrika böbrekler, "l'usine à reins".
Un thriller remarquablement orchestré et documenté qui nous plonge, de Prague à Bucarest, de Shangai à Ankara, au coeur d'une réalité aussi terrifiante que vraisemblable.

La critique Nelfesque : Découvrir "Fabrika" de Cyril Gely s'est décidé sur un coup de tête. Je ne connaissais pas cet auteur mais la couverture m'a attirée et l'histoire me tentait beaucoup. J'ai donc abordé cette lecture comme l'occasion de découvrir une nouvelle plume dans un genre que j'affectionne et de peut-être être séduite. Pari gagné puisque j'ai dévoré ce roman (ce qui dans le thriller est gage de qualité).

Charles Kaplan est reporter de guerre, un photographe qui a couvert divers conflits majeurs de ces 30 dernières années. Son quotidien est fait d'adrénaline, de stress mais aussi d'une volonté profonde de témoigner de la réalité des guerres contemporaines. Cette particularité professionnelle du personnage principal n'est pas chose courante dans le thriller où le lecteur suit plus habituellement un flic ou un groupe d'enquêteurs. Il faut alors que l'ouvrage soit très bon pour qu'un lecteur assidu du genre soit surpris et conquis. Ici, découvrir l'histoire par le prisme d'un photographe apporte à la fois de la fraîcheur et de la nouveauté mais soulève également des problématiques différentes. N'étant pas agent de police, Charles n'est pas armé, n'a pas d'insigne ni de passe droit lui permettant d'agir à sa guise (la carte de presse a ses limites (d'ordre légal pour commencer)). Ses découvertes au fil des pages ne sont donc pas officielles, il navigue en eaux troubles dans un contexte violent et dangereux et aucune organisation d'état ne peut lui venir en aide en cas de besoin.

"Fabrika" est un page turner qui se lit très rapidement tant le lecteur est pris dans l'histoire et souhaite connaître le fin mot de l'histoire. Les rebondissements sont nombreux, on ne sait pas où l'auteur veut en venir et il nous mène du début à la fin par le bout du nez. En grande amatrice de thriller, j'ai adoré ne pas deviner à l'avance le point final de l'histoire et j'ai voyagé avec plaisir et tension aux quatre coins du monde. Cyril Gely débute son roman à Kiev où Charles Kaplan couvre le conflit ukrainien (pour rappel la Crise de Crimée a eu lieu en 2014). Accompagné d'un civil séparatiste qu'il rencontre au détour d'un reportage photo dans les rues de la capitale, il va très vite se retrouver face à des chars russes et par la suite sur un lit d'hôpital. C'est là qu'il apprend que son camarade est décédé et qu'un sombre trafic de cadavres a vu le jour au sein de l'institution. Dans l'agitation due à la guerre et avec un personnel débordé par l'arrivée massive de blessés, plusieurs dizaines de corps de personnes décédées ont mystérieusement disparus. Charles va alors se mettre en route, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité.

L'écriture est simple et efficace. Les phrases sont courtes, le rythme est donné. Nous ne sommes pas ici en présence d'un ouvrage verbeux, Cyril Gely ayant très clairement une vision cinématographique des scènes qu'il nous donne à lire. On ne peut pas ne pas évoquer ici Grangé qui en la matière est un spécialiste du genre. Cyril Gely n'a pas à rougir de la comparaison tant le lecteur prend autant de plaisir à découvrir son roman.

Entre misère et pauvreté, pays en guerre, catastrophes naturelles, ONG frauduleuses et trafic d'organes, le lecteur est pris à la gorge. Que révèlent ces disparitions ? A qui profitent-elles ? Quelle organisation nécessitent-elles et qui la met en place ? Autant de questions qui vont hantées Charles et le lecteur qui le suit à la trace. Kiev, Prague, Bucarest, Shangai, Ankara, c'est pour un long voyage en terme de kilomètres parcourus que l'auteur nous embarque, sur un laps de temps court qui laisse peu de place à l'erreur et à l'égarement. Charles doit alors se révéler méthodique, instinctif et efficace tout en évitant de mettre ses jours en danger, toujours sur le fil du rasoir.

Amateurs de thrillers allant à 100 à l'heure où rebondissements et révélations sont légion, "Fabrika" est pour vous. Cyril Gely ne ménage pas ses lecteurs et nous donne à lire un ouvrage efficace et prenant qui ne nous laisse pas une minute de répit. Suspens haletant, contexte singulier, intrigue poisseuse et dévorante, on en redemande !

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samedi 23 avril 2016

"Mémoires d'un yakuza" de Saga Junichi

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L'histoire : L'histoire véridique d'Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir, à la fin des années 1970. Chef de gang spécialisé dans les " affaires de jeu " à Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa un doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les coutumes et les rituels de cette confrérie et nous guide dans le monde souterrain du crime organisé au Japon.

La critique de Mr K : Retour en terres nippones aujourd'hui avec un document assez exceptionnel, le témoignage d'un authentique yakuza qui s'est confié à son médecin au crépuscule de sa vie. Se sentant proche de la mort et en confiance, il lui livre ses souvenirs de jeunesse, son entrée dans la confrérie Dewaya et sa montée en puissance en son sein. Belle lecture qui fait la part belle à une biographie haute en couleur qui tord le cou aux clichés et mêle des éléments culturels du Japon au début du siècle dernier pour une immersion totale et captivante.

Ijichi Eiji, le héros narrateur est né dans le ruisseau. Ce n'était pas gagné pour lui, il va faire ses armes sur les docks où il vivra chichement de petits boulots dont celui de batelier chargé de faire passer en douce de la marchandise et des clandestins. Mais très vite, il se rend compte que sa vie est ailleurs, que l'ennui guette et qu'il aspire à autre chose. C'est à ce moment crucial de son existence qu'il va être introduit dans la société de yakuza Dewaya où il va monter peu à peu en grade. Il y aura les passages obligés en prison, la gestion de sa maison de jeu, les rencontres d'un soir et le mariage, la fuite en avant et la rédemption... Autant de moments clefs que Ijichi Eiji raconte sans fard à son médecin fasciné par une existence hors du commun.

Avec Mémoires d'un yakuza, l'effet d'addiction est quasi immédiat. Il faut dire que le style clinique et sans fioritures de l'écriture y est pour beaucoup. Clairement, le style témoignage fonctionne à plein, passez donc votre chemin si vous êtes plutôt à la recherche du style nippon plus imagé à la Murakami. Sans ambages, nous suivons le jeune homme dans ses errances d'adolescent avec ses doutes et ses aspirations. On s'attache assez rapidement à lui tant il cherche à s'en sortir et à s'enrichir des rencontres qu'il peut faire. D'ailleurs chacune d'entre elles donne lieu à un développement du passé de cette personne, enrichissant considérablement les interactions entre individus, chacune apportant à l'autre un petit quelque chose qui le fera progresser. On assiste ainsi à la naissance de belles amitiés qui resteront indéfectibles, des antagonismes puissants et des rivalités qui apportent leur lot de tensions exacerbées et de passions fugaces mais puissantes. Il se dégage de l'ensemble une densité émotionnelle enveloppante comme rarement.

C'est un Japon méconnu qui nous est donné à voir. On est bien loin des images d'Épinal véhiculées sur les Yakuzas. On est loin des orgies de sexe et de sang qui inondent les écrans. Plus intimiste, le grand banditisme est ici paternaliste et protecteur. La violence est présente bien sûr, le machisme aussi mais les drames se jouent de manière plus feutrée et c'est vraiment en dernier recours que l'on commet l'irréparable. En parallèle, à travers quelques courtes scènes ou allusions, c'est un Japon du quotidien, des laissés pour compte qui est décrit: ici les travailleurs des fleuves et leur dur quotidien, là les geishas et leur existence entre luxe et clientélisme, les luttes de territoire dans tous les domaines (famille, commerce, industrie, crime organisé). Bien qu'assez court (362 pages), le volume propose une vision large d'un pays et de ses traditions et valeurs. Franchement, on ressort plus enrichi et plus calé sur un pays décidément fascinant.

Très bonne lecture donc que ces mémoires rapportées qui font revivre une époque révolue d'un Japon maintenant complètement plongé dans la course au modernisme et au libéralisme à tout crin. Ce fut un beau voyage dans le temps et dans les traditions nipponnes, une escapade que je ne peux que conseiller à tous les amoureux du pays du Soleil levant.