samedi 12 avril 2008

Absence

c_pes

Nelfe et Mr K ici présents seront absents 10 jours pour cause de vacances. N'y a-t-il pas de plus belle cause au monde? "Rooooo mais non hé!!! Nous on vous aime trop, on veut pas que vous partiez!!!!!" Ouais ben on s'en va quand même! Je sais, ce sera dur mais promis on pensera à vous devant nos plats périgourdins...

la_roche_gageac

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vendredi 11 avril 2008

Les sorcières selon Terry Pratchett

pratchett0L'auteur:

Terry Pratchett est né le 28 avril 1948 dans le Buckinghamshire en Angleterre. Il publia sa première nouvelle à l'âge de treize ans. En 1965 il devint journaliste pour le "Bucks free press" et vit son premier cadavre 3 heures plus tard. Il écrivit aussi des critiques pour un éditeur. Grace à ses contacts dans l'édition il put publier un livre qui eut de bonnes critiques et qui l'encouragèrent à continuer dans cette voie. En 1980 il prit la fonction d'attaché de presse pour un groupe de trois centrales nucléaires. Mais en 1983 il écrit son premier livre sur le disque-monde, The colour of magic, et ceci changea sa vie.

En 1987, après avoir écrit cinq livres sur le disque-monde, il devint évident qu'écrire la série du disque-monde était plus amusant que d'exercer un "vrai" travail. Alors il se consacra à l'écriture à plein-temps, pour le plus grand plaisir de ses nombreux fans. Ses livres ont régulièrement une place dans la liste des bestseller.

De nos jours, Terry Pratchett vit à Wiltshire (toujours en Angleterre) avec sa femme Lyn et sa fille Rhianna. Il consacre, aujourd'hui, ses loisirs à la culture des plantes carnivores (qui sont beaucoup moins intéressantes que les gens ne se l'imaginent) et, selon lui, il n'y a pas assez d'orangs-outans sur terre.

Résumés de la trilogie:

La huitième fille

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Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise le legs de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fond de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde. (Vous y êtes? Nous y sommes.) La succession s'y opère de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi procède le mage. Puis il meurt.

Or il apparaît que le huitième fils en cause est... une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n'a vu pareille incongruité.

Trop tard ; la transmission s'est accomplie au profit de la petite Eskarina. Elle entame son apprentissage sous la houlette rétive de la sorcière Mémé Ciredutemps...

 

Trois soeurcières

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"Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit...

La nuit était aussi noire que l'intimité d'un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaïnés luisait un feu, telle la folie dans l'œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voutées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :

"Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?"

Une autre voix , plus naturelle, répondit :

"Ben, moi, j'peux mardi prochain."

Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, histrions et tables tournantes : rien ne vous est épargné. Shakespeare n'en aurait pas rêvé tant. Ou peut-être si ?

Avec en exclusivité, le ravitaillement en vol d'un balai de sorcière...

Mécomptes de fées

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Une mission de tout repos pour trois sorcières de haut vol (Air Balai) : empêcher les épousailles d'une servante et d'un prince. Pas de quoi impressionner Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail. Oui, mais :

  1. - Ça se passe à l'étranger (beurk!), dans la cité lointaine de Genua.

  2. - Que faire d'une baguette magique de seconde main qui ne sait que transformer les choses en citrouilles ?

  3. - Comment s'opposer au pouvoir irrésistible des contes s'ils sont manipulés par la redoutable " bonne fée " Lilith ? N'est-ce pas le merveilleux destin d'une servante que d'épouser un prince ? Comme celui des mères-grands de se faire dévorer par le loup ?

Tel n'est pourtant pas l'avis de madame Gogol, la sorcière vaudou des marais de Genua.

" Enco an piti zassiette di gombo, ma chè ? "

La critique de Mr K :

Attention lecteur courageux, si tu pénètres dans l'univers fantasico-comique de cet auteur anglais, tu en ressortiras à jamais changé! Amateur de fantasy depuis mon enfance, je trouvais le genre sclérosé et enfermé dans des schémas narratifs récurrents: la froideur et le sérieux étant de mise, je me suis quelques peu détourné du genre. C'est seulement, il y a trois ans en compulsant le site le cafard cosmique que j'appris l'existence du maître Pratchett!

Ces trois opus consacrés aux sorcières et leurs moeurs étranges font partie d'une oeuvre monumentale au sens propre: les chroniques du Disque-monde. Ce monde imaginé par Pratchett est rond et plat, navigue dans l'espace sur le dos de quatre éléphants, eux mêmes juchés sur la carapace d'une tortue stellaire (A'Tuin)!!! Tout un programme et le reste est à l'avenant! Les chroniques sous leur apparente édition anarchique se doivent d'être lus par deux, trois ou quatre selon les personnages principaux qui parfois reviennent pour de nouvelles aventures. Il y a la trilogie de Rincevent, un mage qui ne connait qu'un seul sort mais ignore lequel tant qu'il ne l'aura pas prononcer! La trilogie sur la mort (prénommée Mortimer) travailleur de force et accablé de chagrin depuis la mort de sa fille! J'en oublie bien d'autres... Pour plus d'information, je vous renvoie à ce site où tout cela vous sera exposé plus clairement.

Dans cette trilogie peuplée de sorcières malicieuses vous verrez: des sorcières qui passent le temps à se chamailler (Il y a du Audiard dans les dialogues), à s'ennivrer à la taverne et à faire régler la terreur sur les "bouseux" (grâce à leur chapeau pointu et leur gouaille naturelle). Vous y verrez aussi des âmes damnées dépressives, des bouffons fraichement sortis de leur guilde ayant une crise de foi, des monarques ridiculement cruels, des chèvres savantes commentant les agissements de leur maîtresse, une sorcière vaudou amatrice de rhum-banane, une marraine fée décidée à faire en sorte que le bonheur règle et ceci par tous les moyens, un zombi nommé Baron Saturday (les amateurs de James Bond reconnaîtront la référence!). Pendant ce mois et demi de lecture (avec quelques pauses), j'ai beaucoup ri et surtout je me suis évadé comme jamais depuis Tolkien et Vance. Se situant entre le roman picaresque et la fantasy pure, le tout servi par une langue simple mais non dénuée de subtilité; sous le prisme d'un humour parfois féroce, Pratchett réussit le tour de force à la fois de faire rire mais aussi d'aborder des sujets comme la perte d'un être cher, les relations hommes femmes, le théâtre... A lire donc et ceci de 7 à 77 ans tant les niveaux de lecture sont étendus.

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mardi 8 avril 2008

Quand la psyché déraille...

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lundi 7 avril 2008

La flamme de la discorde

JO_P_kinAprès Londres hier et avant San Francisco dans 2 jours, la flamme olympique était de passage par Paris aujourd'hui.

Avec les évènement actuels au Tibet, la flamme a bien du mal à se frayer un chemin de part le monde et les 28 km du parcours parisien jusqu'au stade Charléty s'annoncent difficiles...

Après un départ à 12h30 du haut du premier étage de la Tour Eiffel, au bout du bras de Stéphane Diagana (premier des 80 relayeurs initialement prévus) sans incident sur 15 mètres, les ennuis commencent...

Des manifestants pour la libération du Tibet sont présents. Certains tentent de lui arracher la flamme des mains, d'autres de l'éteindre à l'aide d'extincteurs mais sont vite maîtrisés par l'impressionant dispositif de sécurité mis en place. Pas moins de 3000 policiers sont sur place, sur terre, dans les airs et même sur la Seine. Une "bulle de sécurité" composée de 65 motards, 100 policiers à rollers et autant de pompiers, est déployée sur 250 mètres autour de la flamme. Des policiers suplémentaires sont postés le long du trajet pour parer à toute éventualité. Aujourd'hui la flamme est protégée comme un chef d'Etat!

Bien avant le passage du cortège, des hommes et des femmes, outrés par ce qui se passe au Tibet, s'allongent sur la route en signe de protestation mais sont vite délogés par les forces de l'ordre. La flamme progresse toujours, tant bien que mal, sous la grêle et les huées. Les porteurs de drapeaux tibétains sont priés de partir ou de les ranger. Les drapeaux chinois, eux, sont les bienvenues!

Les haltes prévues pour présenter la flamme aux spectateurs sont annulées ainsi que la cérémonie à l'Hôtel de Ville. C'est fort dommage, une belle banderolle "Paris défend les droits de l'homme partout dans le monde" orne la façade de la mairie! Les relais sont suspendus et le parcours modifié. Quel chanceux ce Diagana, il aura été l'un des seuls porteurs parisiens! A plusieurs reprises, la flamme est "mise à l'abris" dans un bus où elle finira son trajet à la demande des organisateurs.

Le passage devant l'Assemblée Nationale a été l'action de trop pour nos amis chinois. Une quarantaine de députés de tout groupes politiques manifestent dans l'enceinte du parlement, arborant leurs écharpes tricolores et scandant "Liberté pour le Tibet!".

Au journal de la nuit de la télévision centrale chinoise, on évoque "l'accueil chaleureux des habitants de Paris, des Chinois d'outre-mer et des étudiants chinois". "Chaleureux", c'est le moins qu'on puisse dire... Mais il est vrai que de nombreux chinois ont salué la flamme en brandissant des drapeaux de leurs pays tout le long du parcours. Ces Chinois qui, en France, ont accès à l'information, ne semblent pas être choqués par ce qui se passe dans leur pays...

free_tibet

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dimanche 6 avril 2008

Espoir

Il y a quelques jours, un ami m'a fait découvrir "Replay". Réalisé par 3 étudiants de l'Ecole Supérieur des Métiers Artistiques de Montpellier pour un devoir de fin d'étude, ce court métrage d'animation est un vrai bijou de poésie. Emouvant, il donne matière à réflexion.

Dans un monde appauvri par l'homme, la seule lueur d'espoir est le souvenir d'un passé oublié.
Mais attention à ne pas se laisser dépasser par ses rêves...

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vendredi 4 avril 2008

Un mosquito pique et pique et pique dans la chair...

mosquito

Vous en avez marre de tous ces jeunes qui squattent devant votre boutique? Marre de ces voyoux qui boivent de la bière et fument de la drogue devant votre fenêtre de salle-à-manger? Marre même des jeunes qui  attendent leur bus!!??? "Non mais c'est vrai ça! Ils peuvent pas marcher comme tout le monde!?"

Rassurez-vous mesdames, messieurs, le Mosquito est là pour vous. Grâce à lui, les jeunes auront mal à la tête à cause de ses ultrasons et déguerpiront le plancher! Comment voulez-vous qu'ils résistent à ça!

Vous pensez que c'est un rêve? Un prototype? Et bien réjouissez-vous car ce produit est bel et bien en vente et vous pouvez, dès à présent, vous le procurer pour la modique somme de 800€! Qu'est-ce que 800€? N'est-ce pas le prix de la tranquilité?

Avec vos Mosquitos, jouissez de votre ville, sans entraves. Réappropriez-vous l'espace public et sortez sans avoir peur d'être agressé ou importuné par ces jeunes voyoux. Avec vos Mosquitos, REVIVEZ!!!

A venir: Vous en avez marre des vieux pour qui vous devez payer des retraites auxquelles vous ne bénéficierez pas? Marre des chiens qui déposent leurs crottes en plein milieu des trottoirs? Bientôt, les Mosquitos "anti-vieilles et anti-caniches pour vieux" vous aideront!

Continuons de rêver! Continuons la lutte!

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mercredi 2 avril 2008

Reprise d'un classique au "Chapeau Rouge" de Quimper

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L'histoire: Los Angeles, 1969. La contestation grandit dans les milieux universitaires. Marc (Mark Frechette), un jeune homme solitaire, est prêt à mourir pour la révolution mais il se refuse à mourir d’ennui. Révolté par les arrestations arbitraires, il achète un pistolet pour se protéger. Témoin d’une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier, il s’apprête à riposter quand soudain le policier est abattu. Craignant d’être poursuivi pour un crime qu’il n’a pas commis, il s’enfuit à bord d’un avion volé… Il fera alors la connaissance de Daria (Daria Halprin), une étudiante idéaliste partie à Zabriskie Point pour « méditer », laissant plus au moins en plan son promoteur immobilier de patron ! Cette rencontre changera à jamais leur vie et leur conception de l’existence.

La critique de Mr K: 6/6. Plus encore qu’Easy Rider, Zabriskie Point embrasse en un film les bouleversements de la société américaine des années 70 au moment même où ils se déroulent. C’est peu dire si Antonioni est en prise directe avec la réalité de son temps et si son film s’impose d’emblée comme un témoignage sur le pays qu’il filme. Jeune couple formé par deux êtres ne se reconnaissant pas dans les modèles qu’on leur propose et qui vont tout laisser derrière eux pour errer dans le désert, c’est un peu l’espoir de la renaissance d’une autre Amérique. Cette errance hypnotique dans le désert tranche volontairement avec la violence et la froideur urbaine de la première partie qui brosse, sur un mode proche du reportage (la longue scène de l’assemblée générale étudiante, filmée caméra à l’épaule au début du film) le tableau d’une jeunesse qui refuse une société oppressante et dont les élans de révolte sont brutalement réprimés.

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Avec le recul, l’évocation d’une société vouée à un consumérisme déshumanisé (incarné par le personnage du promoteur interprété par Rod Taylor, l’acteur des Oiseaux d’Hitchcock) s’opposant à une jeunesse déboussolée et révoltée n’est pas dénuée d’un certain schématisme, même si la virulence du discours fut atténuée, un plan montrant une banderole "Fuck You America" disparaissant du montage final. Zabriskie Point est principalement célèbre pour deux grands moments clef: la scène de l’orgie dans le désert et la séquence finale des explosions. Il est d’ailleurs intéressant de voir que la révolte (qu’elle prenne la forme d’une extase sexuelle ou d’un climax destructeur) n’est exprimée que sous la forme du fantasme et donc sur le mode de l’utopie. Les deux fameuses scènes, où le couple de héros devient les Adam et Ève de l’Amérique moderne, puis celle où la jeune fille imagine une révolution terroriste en une interminable succession de destructions de bâtiments et d’objets du quotidien, filmées au ralenti, sur la musique hallucinée des Pink Floyd (période Syd Barrett, aussi à l’origine d’une autre BO culte, celle du More de Barbet Schroeder) ne constituent pas moins de sidérants moments de pure poésie visuelle et auditive, dont la puissance évocatrice laisse pantois.

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lundi 31 mars 2008

Marion Cotillard et les complots, par Robert Redeker

Laisser les propos Marion Cotillard à leur insondable sottise serait une erreur. En mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York (Le Monde du 5 mars), l'actrice a en effet offert un puissant amplificateur à "la théorie du complot". Ces divagations ne relèvent pas d'un éclair d'imagination délirante, mais d'opinions répandues. Il importe donc de les analyser.

L'autodésignée "théorie du complot" se ramène à la vision délirante selon laquelle la réalité, jusque dans ses détails, fait l'objet d'une manipulation occulte dont la vérité est masquée à l'humanité. Ce conspirationnisme se développe à partir d'un usage dément du principe du doute. Il prend la forme d'une croyance affirmant qu'on ne doit rien croire de ce qui nous est dit et pose l'incroyance radicale en toute vérité établie comme norme.

En apparence, il s'agit d'une négation généralisée : nier par principe toute vérité attestée par des procédures reconnues et diffusée par les canaux habituels. En réalité cette négation masque une double affirmation : d'une part, toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d'histoire, n'est que mensonge ; d'autre part, la vérité cachée est le contraire de ce qu'on nous dit. On nous dit que Coluche est mort d'un accident, le vrai est qu'il a été assassiné ! On nous dit qu'Al-Qaida a commis les attentats du 11-Septembre, le vrai est que ce sont les Américains qui en sont les auteurs ! On nous dit que l'homme a marché sur la Lune ? Mensonge ! La preuve ? Cette fable profite aux Américains ! La dialectique conspirationniste postule que la vérité est l'exact contraire de la vérité affirmée et attestée. Cette dialectique ne s'alimente que de quelques détails insignifiants mis en exergue au titre de preuves.

Rien de plus dangereux que ce tour d'esprit ! On y reconnaît la logique négationniste. Le succès dans les masses de cette façon de raisonner faux, conduisant à tenir pour vérité le contraire de la vérité dès lors que celle-ci est officielle, ne laisse pas d'inquiéter - c'est ainsi qu'argumentent les négationnistes, ces autres faussaires de l'histoire.

On devine les avantages narcissiques de la croyance dans cette théorie : son adepte s'épanouit dans le sentiment de détenir un secret d'une extrême importance. Il jouit d'en savoir plus que les plus grands savants. Il n'a pas eu à produire d'efforts pour s'élever au-dessus des sommités, il lui a suffi d'appliquer une disposition d'esprit : le rejet de toute vérité affirmée officiellement. Dans cette négation triomphe le ressentiment contre les élites de la connaissance et se déploie une figure contemporaine de l'anti-intellectualisme. Plus gratifiant encore : l'adepte de cette théorie éprouve l'ivresse d'avoir réussi à déjouer un piège collectif, dans lequel l'humanité ordinaire tombe. Il se découvre plus malin que le conspirateur qui, sous des guises diverses, trompe l'humanité depuis des siècles !

La "théorie du complot" ne vit que d'un fantasme : la manipulation occulte. Cette obsession croît exponentiellement : plus la vérité est importante, plus elle est cachée et plus complexes en sont les manipulations. D'où Dan Brown et son Da Vinci Code : l'Eglise s'est constituée pour cacher la vérité sur le Christ. Le conspirationnisme a sa méthode : pour trouver la vérité cachée, il faut croire le contraire de ce qui est officiel. Il n'y a pas de preuves ! C'est qu'elles ont été dissimulées par les conspirateurs ! L'absence de preuves manifestes constitue un argument en faveur de la conspiration.

Cette théorie dénonce aussi les manipulateurs. Pour Dan Brown, c'est l'Eglise qui tient ce rôle. Généralement ce sont les juifs. La négation du caractère terroriste des événements du 11-Septembre voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation. Nier l'événement du 11-Septembre, c'est affirmer la culpabilité américano-sioniste. Avec des variantes connues - la banque, l'argent apatride -, ces métaphores du juif. Les versions contemporaines de la "théorie du complot" se coulent dans une matrice : Les Protocoles des sages de Sion.

La théorie du complot est un ersatz des grands récits concernant le destin de l'humanité. Contre-grand récit, elle est une storytelling. Pouffer de rire devant son énonciation reste trop court. Sa parenté avec Les Protocoles des sages de Sion, son identité de structure intellectuelle avec la logique négationniste incitent à la méfiance : la théorie du complot est l'un des viscères réparés, renouvelés, du ventre d'où est sortie jadis la bête.

Lu sur Le Monde.fr le 29 mars 2008

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samedi 29 mars 2008

Taulard de vivre

prison

Des toilettes sans couvercle jouxtant le réchaud, des aérations à plus de 20% inférieures aux normes minimales autorisées, des risques d'infection pathogène d'origine fécale, d'incendie ou d'intoxication au monoxyde de carbone... Le tout aggravé par la promiscuité, à 2 ou 3, enfermés 22 heures sur 24 dans 10m². Sans tenir compte de la puanteur et de l'absence totale d'intimité... C'est le constat d'un huissier dépêché à la prison de Rouen à la demande de Maître Etienne Noël, l'avocat d'un détenu. Du banal jusque-là. Sauf que, au nom de son client, l'avocat a attaqué l'administration pénitentiaire, et réclame 25 000 euros pour 2 ans et demi passés dans des conditions "inhumaines, dégradantes et contraires à la dignité".

"C'est une première en France", a assuré le commissaire du gouvernement (nommé par le Conseil d'Etat) au tribunal administratif, lors de l'audience, le 6 mars, à Rouen. "Ce litige va vous conduire à apprécier les conditions quotidiennes de la détention dans les maisons d'arrêt, telles qu'elles résultent de la surpopulation et de la vétusté", a-t-il expliqué aux juges. Pour lui, en tout cas, pas de doute... La loi qui impose de "procurer aux détenus des conditions de vie conformes à la dignité" a été bafouée. Tout comme les règles pénitentiaires européennes ont été "méconnues". Et si c'est pour ne pas les appliquer, ce n'était pas la peine de les adopter en 2006, conclut-il logiquement.

Une critique à peine voilée pour Rachida Dati, qui ne cesse de s'autocongratuler sur la ratification de ces règles européennes, et son soucis de la dignité des détenus.

Une dignité tellement digne que le comissaire du gouvernement y voit "une faute lourde" de l'Etat et propose que Christophe D. en soit indemnisé à hauteur de 2 500 euros. Soit 1 000 euros par année de prison!

Si le tribunal le suit, voilà qui risque de coûter très, très cher: "Entre 35 000 et 40 000 personnes libérées dans l'année ont souffert de la surpopulation et des mêmes maux que Christophe D. et pourraient donc faire la même démarche", a calculé Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des questions pénitentiaires. En effet, au 1er février 2008, 12 813 prisonniers en surnombre dormaient sur des matelas par terre. A ceux-là il faut ajouter leurs camarades de cellule qui, bien que disposant d'un vrai lit, subissent eux aussi, de fait, la promiscuité. Au bas mot, cela fait dans les 35 000 en droit de demander indemnisation. A 1 000 euros l'année de détention, ca va chercher dans les 35 000 000. Largement de quoi vitrifier les peines planchers...

Extrait du canard enchaîné n°4560

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vendredi 28 mars 2008

Quand le chat n'est pas là...

... la souris danse.

Ceci est un message du CCC (comité contre les chats ^^)

Promis, la prochaine fois, ça sera avec un chien ;) miaouuuuuuuu!

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