lundi 3 juin 2013

"L'Atlantide" de Pierre Benoît

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L'histoire: Au cours d'une exploration dans le Sahara, deux officiers français, André de Saint-Avit et Jean-Marie-François Morhange sont capturés et se retrouvent dans un palais merveilleux, un véritable paradis terrestre. Ils apprennent alors qu'ils sont prisonniers d'une femme, la reine, la sultane, la souveraine absolue du Hoggar, Antinéa, petite-fille de Neptune, la dernière descendante des Atlantes, et que, dès qu'ils l'auront vue, ils renieront tout pour elle, famille, patrie, honneur...

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui sur un vieil ouvrage paru en 1919 au lendemain de la Grande Guerre. Ce fut un véritable best-seller en son temps, les gens l'ayant lu essentiellement pour tourner la page de ce conflit atroce qui toucha quasiment toutes les familles de France. Pierre Benoît est alors un écrivain très connu et apprécié du grand public, il est membre de l'académie française et ce livre a permis à de nombreux français d'oublier le passé en se transposant dans un récit d'aventure haut en couleurs.

On suit ici le périple de deux officiers français envoyés en mission dans le Sahara occidental alors sous le joug français. En effet, la France a encore son empire colonial à l'époque. Cette mission d'exploration routinière aux accents géologiques (il s'agit notamment d'étudier certaines roches en cours de route) va basculer dans l'aventure avec un grand A quand ils vont croiser la route d'un mystérieux touareg qu'ils vont sauver de la noyade. Faisant ceci, ils ne se doutent pas qu'ils vont rencontrer la souveraine de l'Atlantide ni plus ni moins!

Depuis tout loupiot, je suis un passionné de ces grands mystères non résolus de l'Histoire de l'humanité: le triangle des Bermudes, les statues de l'île de Pâques, le trésor des Templiers... Le mythe de l'Atlantide tient une place à part tant on le retrouve dans nombre de civilisations différentes tout autour du globe. Pierre Benoît apporte ici sa pierre à l'édifice avec une théorie complètement différente que je n'avais envisagé jusqu'à présent. Il vous faudra bien évidemment lire cet ouvrage pour en savoir davantage! Sachez simplement qu'on ne s'y attend pas et que l'explication est finalement plutôt crédible en terme géographique.

Au delà du mythe, nous avons ici affaire à un roman d'aventure de fort belle facture. Les personnages sont ciselés à merveille et on ne peut qu'être fasciné par Antinéa, reine de l'Atlantide. Mêlant à merveille le charme vénéneux, la sensibilité de la femme et le pouvoir despotique, cette figure tragique restera gravée longtemps dans ma mémoire. Le background et le contexte sont remarquablement rendus sans lourdeur ni propagande coloniale. Nous suivons avant tout ici deux êtres humains dans un parcours quasi initiatique qui les emmènera aux confins du désert et au plus profond d'eux mêmes.

La langue est merveilleuse de souplesse et de finesse rappelant par moment celle d'un autre académicien que j'apprécie au plus haut point: Jean Christophe Rufin. Comme quoi, on peut faire partie des immortels et se révéler vivant, audacieux et accessible en terme de style d'écriture. L'Atlantide se lit très vite et je lui ai fait son affaire en deux soirs! C'est le sourire au lèvre que je le refermai ayant l'impression d'avoir lu un bel ouvrage d'aventure, haletant à souhait et d'une intelligence rare. Avis aux amateurs!

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jeudi 30 mai 2013

Y'a-t-il un pilote dans l'avion?

Air-India

Une pause-pipi ? Rien de plus banal - en général. A bord du vol AI 403 Delhi-Bangalore la visite du commandant au petit coin s'est transformée en atterrissage d'urgence. Impossible de regagner le poste de pilotage : la porte était désespérement bloquée. Le copilote a dû se poser à Bophal où les techniciens sont passés par un hublot pour pénétrer dans le cockpit, indique le Times of India. Les incidents se multiplient ces derniers temps sur Air India. En avril, selon le quotidien India Today, le pilote d'un Airbus A-320 est allé piqué un roupillon en classe affaire, où dormait déjà son copilote, laissant deux hôtesses aux commandes de l’appareil après un cours de pilotage express. A en croire le journal, les deux hommes ont repris le contrôle in extremis, le pilotage automatique ayant été désactivé acidentellement.
Un responsable d’Air India reconnaît que le cockpit a été sous contrôle des hôtesses pendant 20 minutes, d’autres sources parlent de 40, mais le directeur général de l’aviation civile Arun Mishra a déclaré que les hôtesses sont restées pendant ”la majeure partie du vol de trois heures” dans la cabine de pilotage” écrit India Today. Le quotidien publie un démenti d’Air India assurant qu’à ”aucun moment le cockpit n’a été déserté par ses responsables”. Le communiqué est assorti d’un commentaire perfide : ”Venant d’une compagnie dont une pilote a boudé et refusé de prendre les commandes d’un vol Bombay-Delhi il y a quatre mois parce qu’on lui avait refusé une escale à Jodhpur où elle voulait prendre livraison de kachoris (beignets), un des délices de la ville, ce n’est pas vraiment surprenant”.

Anecdote aussi amusante que flippante tirée du site du Courrier international.

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mercredi 29 mai 2013

"Chroniques martiennes" de Ray Bradbury

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L'histoire: Les fusées calcinaient les champs rocailleux, changeaient la pierre en lave, le bois en charbon, l'eau en vapeur, le sable et la silice en une matière verte et vitreuse dont les éclats, un peu partout, reflétaient l'invasion comme des miroirs brisés.

Les fusées arrivaient avec des roulements de tambour dans la nuit. Les fusées arrivaient comme des sauterelles, par vagues, soulevant d'énormes fleurs de fumée ardente. Et, des fusées, s'élançaient des hommes armés de marteaux pour façonner cet univers insolite à l'image de leur monde familier, en écraser toute l'étrangeté.

La critique de Mr K: Une relecture aujourd'hui avec ce grand classique de la SF que j'avais lu adolescent. Je l'ai conseillé à un élève non-lecteur le mois dernier et devant son avis enthousiaste (il l'a tout de même lu en une semaine ce qui est un exploit selon ses propres mots) et son plaisir très communicatif, j'ai ressenti l'irrépressible envie de me replonger dans cet ouvrage aussi marquant qu'intriguant. En plus, je l'avais dégoté il y a quelques mois dans une édition assez délectable (collection 1000 soleils chez Gallimard avec une couverture de Bilal s'il vous plaît!) garnie d'un mini dossier scientifique sur la vie extra-terrestre. Que du bonheur je vous dis!

A travers de mini-récits mettant en scène des personnages divers et variés (humains et martiens selon le chapitre), on suit une évolution possible de la vie sur Mars à partir du moment où l'homme y envoie sa première fusée d'exploration. On fait tout d'abord connaissance avec les martiens qui ont semble-t-il un mode de vie hédoniste. Le hasard (ou la destinée?) font que les habitants de la planète rouge que l'on croise se nomment Mr et Mme K. Ca ne s'invente pas! Rassurez-vous, Nelfe et moi sommes biens des terriens, à plus forte raison des bretons... surtout moi en fait! Mais je m'égare... Ces martiens vivent tranquillement, en paix, écoutent de la musique, mangent des fruits d'or et regardent s'écouler les fleuves à vin. Et puis un beau jour, les terriens atterrissent et l'indifférence que cela génère chez les martiens (et la surprise chez les humains d'ailleurs) va se transformer en intérêt. Je n'en dis pas plus mais sachez que dès lors plus rien ne sera pareil et que l'évolution va s'accélérer.

Durant tout le livre, des petites chroniques vont s'accumuler pour nous permettre de suivre l'Histoire de Mars. C'est l'occasion au détour de certains récits pour l'auteur de dénoncer certain travers de son époque et de l'être humain en général. J'ai particulièrement aimé la chronique où les Noirs décident de tous quitter la Terre pour un avenir meilleur dans les étoiles. Pour autant, Bradbury ne tombe pas dans le manichéisme facile, les êtres humains et martiens sont ici traités avec nuance et intelligence, on ne peut parler ni d'invasion ou de conversion, plus simplement d'une rencontre qui va à jamais modifier deux civilisations bien distinctes.

Dans ce livre, le style de l'auteur est impeccable de sobriété et de finesse. Il est très facile de se laisser pénétrer par les différents récits et les non initiés à la SF seront surpris de découvrir que ce genre peut se révéler simple d'accès et très poétique. Au détour d'une phrase, d'une description de la planète Mars (il y a vraiment de très beaux moments), on se prend au jeu et l'on voyage littéralement. Trait rare aussi à la SF, l'humour est très présent notamment lors des différentes rencontres des expéditions avec les autochtones, des passages faisant irrémédiablement penser au meilleur des Monty Python dans la plus pure tradition no-sense.

À l'arrivée, on se rend compte que cet ouvrage est de ceux qui ne prennent pas une ride, où le talent supplante la surenchère stylistique au profit de la beauté primaire et de l'humanisme. Une oeuvre intemporelle et touchante au possible qu'il faut avoir lu. Tenez-le vous pour dit!

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mardi 28 mai 2013

"Le Bricolage" selon Serre

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L'histoire: Le bricolage peut se révéler dangereux, ici pas le moindre risque si ce n'est de "s'échauffer" la pulpe des doigts...

La critique de Mr K: Nouveau flashback dans mes souvenirs d'enfance avec cet album de dessin humoristique de Serre, un auteur à l'imagination fertile et au trait inimitable. Il m'a été offert par mes parents qui l'avait en double. Quel bonheur de replonger dans ces pages qui mélangent absurde, humour et tendresse. Voici quelques exemples de ce que vous pourrez y trouver!

1

(C'est ballot...)

2

(Ca me rappelle vaguement quelque chose...)

3

(Deux précautions valent mieux qu'une...)

4

(Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien...)

6

(La vie est une question de priorités...)

Si cela vous a plu, sachez que le dessinateur a sorti un certain nombre de recueils portant sur des thèmes aussi variés que Les Vacances, Petits anges, Zoo au logis, La Bouffe... vous y retrouverez tout son talent pour croquer nos défauts et nos petits vices qui font de notre espèce un cas vraiment à part. Un bonheur de toutes les pages auquel je vous convie fortement!

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samedi 25 mai 2013

Razzia chez l'Abbé!

A chaque fois que l'on y va, on se dit: "Il nous faut être raisonnables, nos PAL ne se désemplissent pas assez vite, nos bibliothèques sont pleines à craquer...". Une fois sur place... Patatra! Il y a tous ces pauvres ouvrages qui nous tendent leurs petites pages de manière pathétique... Impossible de résister et le résultat des courses est là!

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En vrac donc pour Mr K et moi:
- "Pour seul cortège" de Laurent Gaudé
- "Train" de Pete Dexter
- "Vous descendez?" de Nick Hornby
- "Deception Point" de Dan Brown
- "Midnight Express" de Billy Hayes avec la collaboration de William Hoffer
- "Hamster Jovial et ses louveteaux" de Gotlib
- "Tunnel" d'André Ruellan
- "La Démangeaison" de Lorette Nobécourt
- "La Petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel
- "L'Amour tarde à Dijon" - Série Le Poulpe - de Jacques Vallet
- "Avis de tempête" de Serge Brussolo
- "La Captive de l'hiver" de Serge Brussolo
- "Tout est fatal" de Stephen King
- "Neige" de Maxence Fermine
- "Kangouroad Movie" d'A.D.G.
- "Les Enfants de minuit" de Salman Rushdie
- "Métal Hurlant" n°22, 27, 31, 34 et 35

On est mal...

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vendredi 24 mai 2013

"L'Eternel" de Joann Sfar

EternelL'histoire: "Les vampires, ça n’existe pas.
La psychanalyse, ça ne marche pas.
On était vraiment faits pour se rencontrer."

La critique Nelfesque: J'aime beaucoup Joann Sfar, que ce soit en bande dessinée (avec entre autres l'incontournable "Chat du Rabbin") ou en film (THE claque avec "Gainsbourg, vie héroïque"). "L'Eternel" est son premier roman. Autant le dire tout de suite: "Vivement les autres!!!".

Comme je l'ai si finement laissé entrevoir, j'ai vraiment été très enthousiaste à la lecture de ce roman et celle ci étant encore fraîche, je vais essayer de ne pas trop me laisser porter par mon engouement dans ce billet. Ca va être dur!

Tout commence avec l'histoire de 2 frères, Ionas et Caïn, partis à la guerre. Résolument différents dans leur façon d'être et de voir la vie, suite à une attaque ennemie, ils vont chacun avoir un destin bien particulier. L'un, coureur de jupons, va devoir épouser la promise de son défunt frère, l'autre va devenir "éternel". C'est ce dernier, Ionas, que le lecteur va suivre sur plusieurs centaines d'années. Désarçonné, il va devoir apprendre à "vivre" sa nouvelle condition. Qu'est-il vraiment? Que va devenir son quotidien? Comment va-t-il faire le deuil de sa vie passée? Sera-t-il seul jusqu'à la fin des temps?

Dès les premières pages, on reconnait bien la patte de Sfar, nous entrainant entre rêve et réalité, entre conte noir et monde actuel... Le lecteur est trimballé dans un univers de fiction très rythmé et visuel. Au fur et à mesure de la lecture, des tas d'images défilent dans sa tête. M'est avis qu'il pourrait y avoir une adaptation de ce roman. Par Sfar himself, là ça serait le pied!

En distillant son humour décalé à la fois tendre et cru (mais jamais vulgaire), il fait de son histoire de créatures fantastiques un monde foisonnant où chaque personnage a son intérêt propre et auprès duquel le lecteur aime déambuler. Vampires, loups-garous, mandragores, hommes-poissons et savants fous hantent gentiment ses pages. Attention tout de même, "L'Eternel" est loin d'être un livre pour enfants! Les personnages sont drôles mais leur nature reste sombre et certaines de leurs idées ou certains actes peuvent être considérés comme violents. Ca charcute sévère par moment et c'est ce côté jusqu'au-boutiste, cette fidélité de l'auteur à lui-même, qui ont su me charmer.

On retrouve des thèmes chers à Joann Sfar tels que la judaïté. Ionas, avant d'être vampire, était (et demeurera) juif. S'en suivent des cas de conscience, des questionnements et toute une Histoire qu'il partage avec Rebecka, sa psychanalyste dans la seconde partie du roman (oui parce que les vampires peuvent suivre une thérapie... si si...). On retrouve aussi tout l'univers fantastique qu'il chérit et certains se lasseront peut être de retrouver ses formules habituelles. A mon sens, le roman est pour lui un nouveau support qui laisse à chaque lecteur la liberté de se créer sa propre image de l'histoire proposée et ici plus que dans la BD ou le ciné, son imaginaire est mis à contribution. C'est par les mots cette fois ci que Sfar doit convaincre et, bien qu'assez surprise au départ par son écriture, je dois dire qu'au final j'ai été assez conquise. Alors c'est sûr, Sfar n'est pas à l'Académie Française, ce n'est pas un grand écrivain mais il a sû me faire voyager et me scotcher pendant 500 pages et je ne lui en demandais pas plus.

"L'Eternel" n'est pas un roman bit-lit, même si on y parle d'amour aux détours des pages. Ce n'est pas non plus ni un roman horrifique ni une parodie malgré l'humour bien présent ici. Sfar a sû nous livrer un roman ovni aux frontières de tous ces genres sans pour autant rentrer dans une catégorie bien définie. Peut être que "conte fantastique pour adultes" serait le plus approprié. En tout cas, ce fut une belle surprise pour moi!

Sfar est décidément un artiste qui fait de tout ce qu'il touche une oeuvre de grand talent. Je vous le recommande donc chaudement (mais ça je crois que vous l'aviez déjà compris).

Ce livre a été lu dans le cadre de ma participation à la découverte d'ouvrages du printemps avec Entrée Livre. Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sont à retrouvés sur la fiche consacrée sur Entrée Livre.

mercredi 22 mai 2013

"Les Emmurés" de Serge Brussolo

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L'histoire: À l'origine, la mission de Jeanne était simple: s'installer quelque temps dans un immeuble où furent commis, des années plus tôt, plusieurs crimes inexpliqués, afin d'y écrire un reportage, si possible sensationnel...

Mais aussitôt franchi le seuil de l'étrange maison Malestrazza, la jeune femme va deviner que les maléfices ne sont pas uniquement dus aux fantasmes du voisinage. Est-il vrai que l'assassin habiterait toujours là, caché dans un appartement secret? Y-a-t-il, comme on le prétend, des cadavres emmurés aux différents étages? Et que lui veut au juste le fils de la concierge, ce gamin trop imaginatif, qui spontanément s'offre à lui faire découvrir les arcanes de la bâtisse?

La critique de Mr K: Trouvé une fois de plus chez l'abbé, ce livre est le troisième que je lis de cet auteur après Le Syndrome du scaphandrier et Bunker. Retour vers le roman noir avec celui-ci et le moins que l'on puisse dire... c'est que c'est réussi!

Pourtant ça partait mal avec une héroïne que je qualifiais directement de "moule" dès la dixième page tant je la trouvais agaçante. Pas très engageante la fifille, mi pleureuse mi victime, franchement j'avais envie qui lui arrive tout plein de choses bien désagréables afin qu'elle apprenne la vie... On peut dire que Brussolo a exaucé mon voeu à la puissance dix et je regrette un peu mon agressivité de départ. Dès que Jeanne pénètre dans l'étrange bâtisse, changement de ton, c'est le début de la descente aux Enfers. La quatrième de couverture m'avait fortement interpelé, je n'ai pas été déçu!

Sans trop révéler l'intrigue, sachez qu'elle va faire la connaissances de personnages bien branques avec en tête de liste la concierge (celle de Mr Jean me paraît bien sympathique d'un coup) et son fils. Ce dernier gagne en profondeur au fil du récit et il va falloir vous accrocher pour suivre l'auteur dans son délire bien glauque. Je m'imaginais comme Jeanne que la bâtisse serait vieille, sale, décrépite... que nenni! Mme Cliquet (la concierge) est une maniaque qui ferait passer ma belle-mère pour quelqu'un de non concerné par le ménage (c'est vous dire! Là vous êtes obligé de me croire...). Le milieu est aseptisé et les habitants qui persistent à y habiter (pas vraiment le choix financier de partir) ont des moeurs étranges et s'enferment chez eux à la nuit tombée. Pendant les 286 pages du recueil, nous allons explorer la maison de Malestrazza de fond en comble ainsi que les méandres de l'esprit humain. Rien de reluisant je vous assure!

On retrouve dans cet ouvrage tout le talent de Brussolo pour planter une situation, un décor et des personnages en quelques pages. À part les débuts pénibles de l'héroïne, tout s'emballe très vite et le mystère plane. Les éléments de réponse et les fautes pistes s'enchainent, le lecteur se perd à de nombreuses reprises, égaré volontairement par un auteur entier et sans concession. Certains passages sont d'une rare violence psychologique et Jeanne va passer par tous les états pour se transformer irrémédiablement en une autre elle-même. Le lecteur lui, est pantois devant tant de destruction intime et de révélations dantesques sur la réelle nature des événements qui se jouent dans cette maison. Attention, ayez l'esprit ouvert, la révélation est surprenante.

Une très bonne lecture, rapide (deux soirs), distrayante à souhait, parfois dérangeante. J'ai été abasourdi, ravi par la fin qui me convenait parfaitement. Troisième belle découverte donc avec cet auteur qui se révèle décidément efficace et abordable. Un petit bonheur bien déviant comme je les apprécie!

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mardi 21 mai 2013

Les semences de la guerre...

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Dessin de Pigr tiré du site du Strips journal

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lundi 20 mai 2013

"Evil dead" de Fede Alvarez

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L'histoire: Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

La critique de Mr K: 4/6. Ma première réaction quand j'apprenais que les majors américaines allaient faire un remake d'un de mes films cultes fut assez violente et je décidais instantanément que je n'irai pas voir La Mort Mauvaise version 2013. En effet, dans le cinéma de genre, on tourne au remake depuis maintenant un petit paquet d'années. En plus, la trilogie Evil Dead est une de mes franchises préférées dans le genre horreur car Raimi savait distiller à la fois la peur (surtout sur le 1) et l'humour grâce notamment aux talents de comédien et de souffre-douleur de son interprète principal (et ami) Bruce Campbell. Mais au fil des infos qui s'égrainaient sur Evil dead version 2013, je me suis dit qu'il n'y avait que les abrutis qui ne changeaient pas d'avis. Campbell et Raimi ont donné leur bénédiction, le film promettait d'être gore, en ses temps de disette de l'horreur craspouette, je me lançais et jeudi dernier (tarif réduit oblige), je me retrouvais en salle obscure en compagnie d'une dizaine de fans.

L'idée de départ est assez bien trouvée. Pas de toeuf débridée à l'horizon mais une séance de désintox bien rude, à l'ancienne, pour l'héroïne de cette version 2013. Quoi de mieux qu'une cabane au milieu des bois, des copains fidèles (et en plus médecins et infirmières, c'est pas beau la vie!) et d'un frère, revenu d'on ne sait où, pour essayer d'arrêter la drogue? Bref, l'ambiance est tendue dès le départ à cause de cette situation qui plombe le groupe. Là-dessus, un crétin médecin (ou l'inverse) va tomber sur le fameux livre de sorcellerie déjà présent dans la trilogie originelle et le lire à haute voix. Ben c'est vrai ça, on le fait tous! Surtout quand il y a des gravures bien sinistres autour du texte... L'enfer se déchaîne alors, une force démoniaque se révèle et va prendre possession de tous nos malheureux acteurs qui vont subir et souffrir mille tourments.

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(C'est quoi cette location pourrie! Il est où le jacuzzi???)

Précisons tout d'abord que le réalisateur a décidé de faire disparaître toute trace d'humour par rapport au film original. C'est la mode du temps, faire dans le cruel et le déviant au détriment du gore bon enfant propre à des œuvres intemporelles telles que Brain Dead de Peter Jackson par exemple. Pour autant ici, on ne tombe pas dans le voyeurisme malsain propre notamment à la nouvelle mouvance du torture-porn (série des Saw à partir du quatrième film notamment). C'est crû, direct mais jamais gratuit malgré les litres d'hémoglobines déversés. Il faut bien avouer que niveau gore, on est dans la bonne salle. Depuis le remake de Piranha par Aja, je n'avais pas été aussi bien servi. Bras auto-tranché au couteau de cuisine électrique, éclatage de crâne, tronçonneuse en pleine action... surtout dans le dernier acte, ça éclabousse, ça tâche, bref ça dépote! La tension est bien menée et les personnages en prennent vraiment plein la tête que ce soit physiquement ou moralement. Par contre, aucune réelle surprise sur le déroulement, on s'attend à toutes les situations (ou presque). Il n'y a que les novices ou les journaleux bien pensants (voir critiques presse sur Allociné) pour avoir trouvé le film réellement effrayant. Qu'est-ce que ça a du être pour eux devant Shining, Ring (version japonaise) ou La maison du Diable?

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(Vous m'avez volé ma brosse à dents? Vous allez tater de mon haleine de poney!)

Fede Alvarez est sacrément doué avec une caméra à la main. La technique est parfaite, les cadrages appuient efficacement le sens du récit, la tension est magnifiquement rendue et la conduite des acteurs est au point. Mention spéciale pour Jane Levy qui livre ici une très belle prestation (si je peux m'exprimer ainsi vu les transformations qu'elle subit!) et je pense sincèrement qu'une belle carrière s'ouvre à elle. La musique d'ambiance est classique mais soutient bien les scènes. Le réalisateur sait emballer son histoire (un peu lent au début tout de même) et on suit le film avec un certain plaisir coupable.

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(Je m'excuse, je ne le ferai plus... Si vous me libérez, je désherberai devant la façade)

J'ai donc passé un bon moment devant ce film même si le vieux briscard que je suis a regretté quelques petites choses qui pour moi étaient essentielles pour bien réussir un reboot d'Evil Dead. Passons sur l'humour absent, même si je déplore ce choix artistique, c'est un point de vue qui peut se défendre. Par contre, je trouve que la cabane en elle-même n'a pas été exploitée. Autant dans la trilogie originelle, Sam Raimi explorait l'intégralité des lieux, le chargeant de mystère et le marquant ainsi du sceau de la peur. Ici, on ne fait qu'explorer deux pièces et un appenti. Le réalisateur préfère se concentrer sur les rapports entre les personnages... Dommage car ceux-ci même s'ils ne manquent pas parfois d'intérêt ne sont pas aussi marquants que semble le penser le cinéaste. Même chose pour les environs, la forêt, la rivière ne sont que de simples décors (à part la scène avec les ronces, mal reprise d'ailleurs du film originel) et ont perdu leur côté bien flippant. Clairement, l'accent a été mis sur les possessions, les meurtres et les interactions avec les personnages. Finis donc les longs plans inquiétants sur les arbres qui s'effondrent et l'oppression qui s'abattait sur la cabane. De manière générale, je trouve que ce film manque d'âme par rapport aux métrages de Raimi et il faut tout de même attendre bien 30 minutes avant que ça démarre réellement et qu'on se fasse entraîner dans le sillage sanglants de l'héroïne.

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(Désherber! Quelle idée à la con! J'aurais plutot dû me proposer pour le ménage!)

Reste tout de même un film bien sympathique, livré par un cinéaste uruguayen qu'il faudra suivre dans les années à venir tant il est prometteur en terme de technique et d'idées. Et puis, c'est pas tous les jours que l'on nous sert du -16 ans bien gore au cinéma, amateurs du genre vous seriez bien mal avisés de ne pas y aller! Dernier conseil, restez jusqu'à l'ultime minute du générique de fin, une surprise de taille attend les fans de la première heure!

Les âmes sensibles feraient mieux de s'abstenir de regarder la bande annonce (non censurée) qui suit:

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dimanche 19 mai 2013

Et alors!?

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