mercredi 24 juillet 2013

"Nid de guêpes" d'Inger Wolf

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L'histoire: Une semaine avant Noël, dans une maison abandonnée de la ville danoise d’Århus, un agent immobilier tombe sur le cadavre d’un adolescent. Tout autour du corps, un amas de guêpes mortes. La nuit même, l’hôpital psychiatrique voisin signale la disparition d’un patient hanté par d’étranges réminiscences – une fillette aux traits flous, une maison blanche derrière un marronnier, et des guêpes...

Rappelé en urgence de ses vacances familiales en Croatie, le commissaire Daniel Trokic ne tardera pas à se rendre compte que, lorsque les adultes mentent, les enfants se vengent.

La critique Nelfesque: Je ne connaissais pas Inger Wolf avant de lire "Nid de Guêpes", pourtant l'auteure signe là son quatrième roman et son premier chez Mirobole Editions, toute jeune maison d'édition ayant vu le jour au printemps dernier.

"Nid de Guêpes" est un roman policier nordique. Je n'en suis pas à mon coup d'essai dans la lecture de ce genre et là où certains peuvent être déstabilisés par les noms de personnages ou de villes très "tirés par les cheveux" pour les français que nous sommes, je me rends compte que dorénavant je n'ai plus aucun soucis d'adaptation. C'est un gain de temps et un confort de lecture non négligeable (j'ai souvenir de mon tout premier roman suédois avec l'excellentissime "Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson où il a fallut vraiment râmer pour se souvenir de tous ces noms aux consonances inhabituelles).

Etant une grande fan de thrillers et polars en tout genre et commençant à être "rodée" sur ceux venus du nord, je suis de plus en plus exigeante sur mes lectures de ce genre. Les sirènes des plans comm' mettant en avant le fait même que le roman en question est nordique ne marchent que moyennement sur moi et quand je me fais avoir, je peux être très en colère (cf "Morte la bête" de Lotte et Soren Hammer). Bon j'arrête de tourner autour du pot et donne mon avis sur "Nid de guêpes"!

J'ai aimé ce roman sans pour autant le trouver inoubliable. De facture classique, je l'ai trouvé plaisant mais je n'ai pas trouvé la patte de l'auteur, le petit quelque chose en plus qui fait d'un thriller banal, un roman qui tue! Le crime qui ouvre l'oeuvre de Wolf est comme il faut: gore, sans excès mais qui imprime bien dans le cerveau du lecteur la folie du meurtrier (attention aux âmes sensibles tout de même, je précise une fois encore que ce n'est pas "ma première scène de crime" (et certains la trouveront affreuse (alors je préfère préciser (et j'arrête les parenthèses)))). Le début était prometteur... On rentre tout de suite dans le vif du sujet!

Le commissaire Trokic est de ces flics qui font fureur dans les romans policiers... Un être solitaire cachant une blessure... Oui, c'est pas mal, ça permet au lecteur de s'attacher au personnage... Il est d'ailleurs plutôt bien construit et sa psychologie est intéressante mais alors mince quoi suis-je la seule à en avoir marre de ce cliché que l'on retrouve dans pratiquement tous les thrillers? Ah c'est sûr qu'un flic clown, heureux de vivre et qui lance des blagues toutes les deux secondes c'est moins charismatique mais c'est aussi nettement plus rare. Coup de gueule qui n'est pas spécialement dirigé vers "Nid de guêpes" mais vers la plupart des romans de ce genre aujourd'hui en librairie. Mesdames et messieurs les auteurs, s'il vous plait, arrêtez de nous dépeindre toujours les mêmes flics! C'est lassant à force...

Un chapitre sur deux, on laisse de côté le comissaire Trokic et l'enquête pour se retrouver à côté du meurtrier. Bien qu'ayant deviné la fin du roman très rapidement (et oui, l'habitude du thriller, tout ça...), j'aime ce genre de construction qui nous permet d'être au plus près du mal, de pouvoir l'appréhender, d'essayer de le comprendre. Si l'on met de côté les faits et la morale qui s'y rattache, il y a toujours une explication aux actes. Ici, sans trop en dévoiler, l'explication et la façon dont elle est amenée tient le lecteur en haleine et est assez efficace.

Ainsi "Nid de guêpes" se lit en moins de temps que l'on a le temps de dire "ouf!", l'écriture est fluide et le rythme est au rendez-vous. Les chapitres sont courts et les pages se tournent facilement. Inger Wolf signe là un bon thriller donc mais pas non plus LE thriller de l'année. Rassurez-vous, je parais bougonne sur ce coup mais je n'ai pas boudé mon plaisir pour autant. A découvrir, en particulier si vous n'êtes pas un habitué du genre pour en apprécier toutes les ficelles sans impression de déjà-vu.

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mardi 23 juillet 2013

Du bon usage du maraboutage!

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Les fans castagneurs du PSG, de l’Olympique lyonnais, de l’OM ou du stade de La Plata ont-ils agi sous l’emprise d’esprits mauvais ? Allez savoir ! Au Kenya, en tout cas, des forces occultes sont à l’œuvre dans le monde du ballon rond, assure The Standard, de Nairobi. La sorcellerie et la superstition restent les piliers du foot local, à en croire le tabloïd kényan. Lors d’un récent match, le Tusker FC et l'AFC Leopards ont refusé d’utiliser leurs vestiaires respectifs. “Chaque équipe pensait que l’autre avait envoûté les lieux”, analyse un ancien trésorier de club, Onyonyi Kasuja. Diable, diable…

Mais la meilleure défense, c’est l’attaque : certains clubs alloueraient une partie de leur budget à “l’aide surnaturelle” – un coup de pouce dissimulé sous la rubrique “Frais divers”. Des consultants très spéciaux, les team doctors, loueraient des cadavres à la morgue pour purifier le terrain, apportant ceux-ci sur le stade la veille des matchs. Pour gagner, on mouille le maillot pendant le jeu – et avant. “On dit qu’un entraîneur connu d’une équipe de la Kenyan Premier League force souvent ses joueurs à porter des vêtements trempés dans de l’urine ‘traitée’ la nuit précédente”, écrit The Standard.

Les sortilèges ont leurs limites, comme en témoigne le sort funeste du Nigérian Ashi Terfa. Ce sorcier est mort sous le tir d’un client qui testait le talisman pare-balles que le guérisseur lui avait préparé, rapportait jadis le site sud-africain News24. L’homme avait noué le gri-gri autour de son cou et sommé M. Umaa Akor de lui tirer dessus pour lui démontrer son efficacité.

Article lu et apprécié sur le site du Courrier International

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lundi 22 juillet 2013

"Le Congrès" d'Ari Folman

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L'histoire: Robin Wright (que joue Robin Wright), se voit proposer par la Miramount d’être scannée. Son alias pourra ainsi être librement exploité dans tous les films que la major compagnie hollywoodienne décidera de tourner, même les plus commerciaux, ceux qu’elle avait jusque-là refusés. Pendant 20 ans, elle doit disparaître et reviendra comme invitée d’honneur du Congrès Miramount-Nagasaki dans un monde transformé et aux apparences fantastiques...

La critique Nelfesque: J'avais repéré "Le Congrès" lors du dernier Festival de Cannes (oui parce que je suis le Festival de Cannes) et sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs. J'attendais sa sortie en salle avec impatience et c'est dans une salle vide que nous avons eu notre projection privée d'un film de toute beauté.

Je ne sais pas pourquoi le public ne s'est pas rué en salle pour voir cette oeuvre mi long-métrage mi film d'animation. Peut-être le concept était-il trop "barré", peut-être l'histoire était-elle trop complexe ou trop SF (quoi que ce genre fonctionne pas mal en ce moment) ou peut-être tout simplement ne sommes nous pas ici en présence d'une production classique blockbuster hollywoodienne et que l'été, c'est bien connu, le spectateur veut majoritairement du "pré-mâché" en matière de cinéma? Toujours est-il que si vous n'avez pas vu "Le Congrès", vous avez râté quelque chose!

"Le Congrès" est un film à part, un OCNI (objet cinématographique non identifié) et il est difficile de le ranger dans une case en particulier tant il mélange les genres, les techniques, les points de vue et les émotions. C'est un film rare d'une beauté à couper le souffle que nous propose ici Ari Folman, célèbre réalisateur de "Valse avec Bachir". Visuellement il se rapproche par moments de l'approche qu'a pu avoir George Dunning pour "Yellow submarine" à la différence qu'ici j'ai trouvé les dessins plus riches et moins naïfs. Ils se font psychédéliques, tourbillonants et foisonnants de détails et le spectateur en prend plein les yeux.

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Au niveau des idées, "Le Congrès" est une critique acerbe du cinéma américain d'aujourd'hui. Bien sûr ici nous sommes en pleine science fiction, jusqu'à preuve du contraire les studios n'ont pas encore développé une industrie de scan d'acteurs (non la motion capture ne compte pas...) où toutes leurs émotions, leur jeu, leur moëlle d'artiste seraient capturés et utilisables à l'infini. Et ce n'est que le début d'un plan bien plus vaste qui sous couvert du divertissement tend à annihiler l'esprit critique et le libre arbitre de tout un chacun. "Du pain et des jeux" comme dirait l'autre...

On retrouve une Robin Wright "actrice" époustouflante de justesse et de sobriété qui joue le rôle d'une Robin Wright pas si éloignée que cela de la "vraie". Il est ici question de ses choix cinématographiques, de sa vie d'actrice et on ne peut pas dire que le réalisateur ait ménagé la principale intéressée. Il faut du courage pour se retrouver ainsi devant ses propres contradictions. On retrouve également au casting Harvey Keitel qui comme à son habitude nous livre dans "Le Congrès" un jeu d'acteur tout en retenu mais d'une intensité incroyable. La scène de capture des émotions de Robin Wright dans une "machine à flash" avec le long monologue d'Harvey Keitel est un des moments forts du film. Quels acteurs!

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Je crois que vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de voir "Le Congrès". Au cinéma, sur grand écran, il déploie toute la puissance de sa beauté et nous immerge dans une ambiance contemplative et éthérée. Malheureusement, il ne passe plus dans beaucoup de salles alors vous vous devez de le voir à sa sortie en DVD. Croyez-moi, vous m'en direz des nouvelles!

La critique de Mr K: 6/6. Voilà un très beau film atypique comme on en voit peu au cinéma. Heureusement qu'une salle de cinéma de Lorient propose à l'occasion quelques films en VO sortant des circuits commerciaux qui fonctionnent à plein régime en période estivale. L'histoire en elle-même est déjà tout un programme avec une Robin Wright jouant son propre rôle. Sans proposition intéressante depuis un certain temps, l'actrice va se voir proposer de se faire scanner intégralement pour assurer sa fin de carrière. Elle perdra en même temps tout droit sur son image ce qui va à l'encontre de tous les principes qui ont mené sa vie d'actrice jusqu'ici. Tout va basculer lors d'un mystérieux congrès auquel elle va participer et qui va voir le film se transformer en métrage d'animation psychédélique...

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Vous l'avez compris il y a deux films dans le film! Les passages filmés au naturel sont magnifiques. Le jeu de Robin Wright est toujours aussi juste et touchant, sa beauté intemporelle marquée tout de même par l'âge illumine l'écran et les relations qu'elle entretient avec ses enfants et son agent sont d'un naturel et d'une humanité confondante, le tout servi par une pureté formelle et technique sans failles. Puis vient le fameux congrès! Là, le spectateur est perdu, balloté par un réalisateur qui s'interroge sur le monde du cinéma actuel, ses exigences, ses thèmes et son fonctionnement. Sous son aspect psychédélique très réussi, se cache une critique sans ambages de la machinerie hollywoodienne, des grands studios du monde entier en fait, qui ne proposent plus que des métrages aseptisés et calibrés à l'extrême, le tout menant à une uniformisation des schémas de pensée. Loin d'être un pensum assommant, ce film a pris le parti d'en rire et d 'en délirer à travers des scènes fantasmagoriques à souhait qui ne sont pas sans rappeler des scènes du film "The Wall" d'Alan Parker. La fin est un modèle du genre et on ne peut pas dire qu'on verse ici dans l'optimisme!

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Ce fut une expérience rare, d'une intensité très forte. À la manière d'un "Cloud Atlas" ou d'un "Mr Nobody" (vu récemment en DVD et adoré!), on a affaire ici à un film-ovni porté par son réalisateur et son actrice principale. Le rythme est certes lent mais c'est par petites touches que la construction narrative se fait, les descriptions émaillent l'ensemble, approfondissent les personnages et le background. Cela rend la plongée dans le fameux congrès plus forte et plus efficace. J'ai adoré ce film et je suis ravi d'avoir pu le voir seul avec Nelfe dans une salle obscure rien que pour nous deux pendant la Fête du Cinéma! Un petit bijou injustement boudé par le grand public que je vous invite fortement à découvrir.

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dimanche 21 juillet 2013

"Arrêtez le carrelage" série Le Poulpe, Patrick Raynal

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L'histoire: Un vieux chalutier qui saute sur une mine allemande en plein dans la rade de Lorient et Le Poulpe repart en guerre...

Contre qui cette fois? Qui peut bien vouloir la fin du village de Kerletu? Qui peut être assez avide pour vouloir s'emparer d'un morceau d'éternité niché entre granit et océan?

Est-il vraiment possible d'arrêter le carrelage du vieux druide? Le Poulpe aura bien du mal à répondre...

La critique de Mr K: Retour dans l'univers haut en couleur de la série du Poulpe avec cette enquête en terre bretonne. Cette aventure du Poulpe avait une saveur toute particulière à mes yeux car l'essentiel de l'action se déroule dans les environs de mon lieu de travail, dans les terres de l'est de la rade lorientaise. Peu ou pas d'éléments toponymiques ont été modifiés et du coup l'immersion s'est faite très vite, me vissant un sourire au coin des lèvres durant toute ma lecture.

C'est en feuilletant sa feuille de chou quotidienne que Gabriel Lecouvreur alias le Poulpe tombe sur une drôle d'histoire: un chalutier a coulé suite à une collision avec une mine anti-sous marine allemande datant de la Seconde Guerre mondiale. Il n'en faut pas plus pour attiser sa curiosité et l'amener à promener sa défroque dans le Morbihan sud sur sa vieille moto anglaise. Très vite, il va se heurter à une certaine hostilité de la part de quelques habitants et va découvrir que derrière ce fait divers à priori anodin se cache une conspiration plus importante mettant en danger l'identité culturelle même du paisible petit village de Kerlétu (aujourd'hui quartier de la ville de Gâvres).

On retrouve dans cet ouvrage toutes les qualités de la série. Tout d'abord, il y a toute une série de portraits plus grolandais les uns que les autres: un gang de bikers réactionnaires, un notaire filou, des habitants froids et retors, une jeune bretonne crépière aussi allumée que son bilig... ils sont trop nombreux pour tous les citer ici. Tout ceci confère une ambiance unique à cet ouvrage et plonge notre héros dans une enquête difficile qui ne se résolvera que dans les ultimes pages de l'ouvrage. Peu propice aux descriptions vu la brieveté imposée aux auteurs de la série, ma chère Bretagne, ses paysages, son bâti et son charme intemporel sont ici remarquablement rendus par petites touches sensibles et justes. L'écriture de Raynal fait merveille et les phases dialoguées sont croustillantes à souhait dans le pur style du Poulpe. La lecture se fait donc sans effort et avec un plaisir renouvelé page après page.

Ce fut donc une lecture très rapide et agréable au possible. Un bon moment en terre bretonne doublé d'une intrigue maîtrisée et une fois de plus terriblement actuelle dans les thèmes qu'elle aborde. Avis aux amateurs!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant

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samedi 20 juillet 2013

Grand déballage annuel d'Emmaüs

Vous connaissez notre amour immodéré pour Emmaüs, notre dealer favori de romans de seconde main. On aime y aller à l'occasion et on en revient toujours les bras chargés de bouquins. Aujourd'hui, c'est le Grand déballage annuel et nous étions bien entendu au rendez-vous!

Là où habituellement, une partie seulement du site d'Emmaüs est accessible à la vente, aujourd'hui les portes s'ouvrent et c'est une immense braderie qui se tient! Romans, meubles, jouets, matériels médicaux, vêtements, objets anciens... Il y en a pour tous les goûts et tous les intérêts. Avec la petite photo de famille de nos achats du jour vous verrez clairement que de notre côté ce qui compte c'est la musique, la lecture et la picole (!):

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Côté "picole":
- Bouteille à eau de vie (héhé à nous la Poire Williams maison!)
- 2 verres à demi

Côté musique:
- "Crises" de Mike Oldfield
- "Albedo 0.39" de Vangelis
- "Confession d'un malandrin" d'Angelo Branduardi
- "Islands" de Mike Oldfield

Côté lecture:
- "Les Garçons sauvages" de Burroughs
- "Colère du présent" de Jean-Bernard Pouy
- "Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus" d'Eric-Emmanuel Schmitt
- "Allah recherche l'autan perdu" (série Le Poulpe) de Roger Dadoun
- "La Main froide" de Serge Brussolo
- "Gandhi (1869-1948) Parcours d'un citoyen peu ordinaire" de Christophe Bouillet
- "La Maison d'à côté" de Lisa Gardner
- "Un boulevard pour Sarko" de Plantu
- "Les Chiens de l'hiver" de Dan Simmons
- "Une femme fuyant l'annonce" de David Grossman
- "En mémoire de la forêt" de Charles T. Powers
- "La Demoiselle de la légion d'honneur" d'Annie Goetzinger et Pierre Christin

Bonne récolte!

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vendredi 19 juillet 2013

10ème Festival Photo La Gacilly (56)

J'aime la photo. Cela fait maintenant 3 ans que j'en fais dans un club que je ne quitterai plus jusqu'à la mort tant j'y ai rencontré des mordus de photo tous plus sympathiques les uns que les autres. On y fait du développement, du tirage, on passe notre temps sous la lumière rouge du labo (quoique moi cette année, j'ai fait plus souvent l'école buissonière...), on y fabrique des sténopés, on fait des sorties photos et on va voir de chouettes expos. C'est le cas ici avec le Festival Photo de La Gacilly qui est devenu notre sortie de fin d'année. Je n'en avais pas parlé les années précédentes mais le festival fêtant cette année ses 10 ans, je ne pouvais pas passer cette édition sous silence.

La Gacilly affiche

J'aime le Festival de La Gacilly pour la quiétude des lieux d'exposition partout dans la ville, pour la gratuité de l'évènement qui nous donne à voir des productions de qualité et à des dimensions pour certaines images de la taille d'un pignon de maison (!). On appréhende la photographie différemment à la Gacilly. Et quand le soleil est au rendez-vous, c'est d'autant plus grandiose.

Trève de blabla, place aux images!

- A la Galerie des 10 ans, le spectateur retrouve les images les plus marquantes de cette décennie écoulée dans le cadre du Festival. Plus de 150 auteurs ont été exposés et ce lieu leur rend hommage.

La Gacilly arbres désert

La Gacilly cerfs

La Gacilly loup

- A la Galerie du Végétarium, ce sont des clichés de Jacques Henri Lartigue qui sont exposés.

La Gacilly YR

- Les archives de Life nous donne à voir de magnifiques photos en noir et blanc dont les plus vieilles datent de la création du magazine en 1936.

La Gacilly enfants

- Pour son exposition "Moments", Michael Yamashita a parcouru les cinq continents. Des instants de monde qui sont autant d'invitations au voyage.

La Gacilly mousse

- Le parcours dans la ville nous fait passer par de petits chemins, des jardins, des sous bois... Lieux forts agréables par grand soleil!

La Gacilly chemin

La Gacilly jardin

La Gacilly chaise longue

- Photographes de Vogue, Elle et des plus prestigieuses revues de mode, ils ont comme point commun leur pays d'origine, l'Allemagne. Ils sont ici réunis dans une exposition qui présente leurs oeuvres liées à la nature.

La Gacilly mode

- Comme au premier jour, ils ont dit non à une société de consommation, et choisi l'amour, le partage et le respect de la nature. Les membres de la "Rainbow Family" forment un mouvement ouvert à tous ceux qui souhaitent expérimenter une autre façon d'être. Venus de tous les horizons, seuls, en couple ou en famille, ils se rassemblent une ou plusieurs fois dans l'année, loin de leur enfer, ces "Babylones" citadines dont ils rejettent les valeurs. Ensemble, ils recréent l'utopie d'un monde sans rapports de force, sans hiérarchie ni contraintes. Eric Bouvet, pendant un an, a suivi ces enfants de l'éden dans la jungle brésilienne, aux Etats-Unis, en Europe et en Inde. Il s'est aussi rendu dans le désert du Nevada pour le Festival "Burning Man". Cette exposition "Décrochages" était celle que j'avais le plus envie de découvrir et je me suis pris une grosse grosse claque devant tant de beauté et de sérénité émanant de ces clichés.

La Gacilly bois

Le Festival de La Gacilly est le plus grand festival de photos en France totalement en extérieur. Comme vous venez de le voir, il y en a pour tous les goûts, toutes les sensibilités. Loin d'être exhaustive, je n'ai voulu ici que vous donner un aperçu de l'endroit et des oeuvres que l'on pouvait y trouver. Il y a tellement de choses à voir qu'une journée complète est bienvenue pour profiter au maximum des accrochages.

Si vous passez dans le Morbihan, n'hésitez pas et faites une halte à La Gacilly! Le Festival s'y tient jusqu'au 30 septembre. De mon côté, j'ai déjà hâte à l'an prochain...

 

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jeudi 18 juillet 2013

"La Reine Margot" d'Alexandre Dumas

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L'histoire: Sous des rideaux de velours fleurdelisé d'or, dans un lit de chêne sculpté, une femme à moitié nue, appuyée sur son bras, ouvrait des yeux fixes d'épouvante.

La Mole se précipita vers elle.

"Madame! S'écria-t-il, on tue, on égorge mes frères; on veut me tuer, on veut m'égorger aussi. Ah! Vous êtes la reine... Sauvez-moi."

Et il se précipita à ses pieds, laissant sur le tapis une large trace de sang.

La critique de Mr K: Retour dans le classique aujourd'hui avec ce roman de Dumas que je n'avais toujours pas lu malgré des lectures enthousiastes comme "Les Trois mousquetaires" ou "20 ans après". J'avais adoré le film de Chéreau lors de sa sortie et pensait alors lire assez rapidement la matrice littéraire originelle. Le temps a passé et seules restent les pensées comme disait l'autre... Puis un soir, Nelfe et moi regardions la dernière émission de l'année de La Grande librairie sur France 5. Des auteurs célèbres étaient conviés pour remplir la valise de vacances parfaite du lecteur, ils devaient donner un nom de classique de la littérature et un titre plus contemporain. L'un deux a proposé "Les Trois mousquetaires" créant la surprise sur le plateau et provoquant chez moi un reflux de souvenirs oubliés. Justement, dans ma PAL, dégoté chez l'abbé, traine depuis bientôt quatre ans, "La Reine Margot" du même auteur! Je me lançai dans sa lecture quelques semaines après...

L'action se déroule dans une période bien particulière de notre Histoire. Charles IX règne alors sous l'égide de sa mère omniprésente Catherine de Médicis. Marguerite (surnommée Margot) sa soeur épouse Henri de Navarre (futur Henri IV) pour consolider les relations du royaume de France avec ce petit territoire frontalier. Mais cela ne suffit pas à rasséréner la vieille reine-mère férue d'astrologie, ultra-possessive avec ses enfants et qui s'étant fait prédire qu'un jour ce petit insolent de navarrais serait roi de France décide de tout mettre en oeuvre pour conforter sa famille dans sa main mise sur le trône.

Pour éviter l'écueil du roman historique lénifiant et ennuyeux, Dumas a rajouté deux personnages imaginaires qui vont se mêler à l'Histoire avec un grand H. Il s'agit du huguenot (protestant) La Mole et du digne comte catholique Coconnas qui vont tomber profondément amoureux l'un de la reine de Margot l'autre d'une comtesse proche du pouvoir. Cela donne lieu à des passages de romance d'une rare sensibilité et de très belles pages sur l'amitié qui contrastent avec les intrigues incessantes qui nous sont décrites. Décidément rien n'est épargné à Henri de Navarre et ses proches, le milieu de la cour est très bien rendu et la figure mortifère sous un masque aimable de la Médicis plâne du début à la fin. La menace est sourde mais discrète, le lecteur ressent un profond malaise et ne peut que s'effrayer devant les travers de la politique de l'époque. Le point d'orgue est une description de la nuit de la Saint Barthélémy d'août 1572 aussi crûe que réaliste, montrant l'absurdité et le fanatisme qui règnent en ces temps de guerre des religions.

Cet ouvrage est remarquable pour de nombreuses raisons. La caractérisation des personnages est un modèle du genre, rien ne nous est épargné de leur nature et de leurs motivations. Leur richesse et leur finesse est incroyable, on les voit vivre et ressentir leur vie sans pouvoir intervenir. Les figures de Margot et d'Henri, les deux épousés au centre d'une union arrangée ne s'aiment pas et pourtant face à leur ennemie commune, ils vont devoir remuer ciel et terre pour survivre et obtenir leur réelle indépendance. On alterne donc scènes de complot et scène d'action rythmées, genres dans lesquels l'écriture de Dumas excèle. De la finesse, de la fluidité, une légèreté très moderne pour l'époque qui font que le plaisir est immédiat et durable. Comme un bon chocolat qui fond dans la bouche, ce roman se dévore et se vit. Bien que très épais, les pages se tournent inexorablement et avec ferveur jusqu'au mot FIN.

Que dire de plus sinon que ce livre est un classique chez les classiques! Il s'apparente à ce qui se fait de mieux dans le domaine du roman historique entre vérité et petits rajoûts personnels pour romancer l'Histoire. Une très belle réussite, une histoire et un style qui marquent et donc un bonheur littéraire à lire ou relire de toute urgence!

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lundi 15 juillet 2013

"Joséphine" de Agnes Obadia

josephine afficheL'histoire: Joséphine, 29 ans trois-quart, obnubilée par la taille de ses fesses, source de tous ses problèmes, n’a toujours pas trouvé l’homme de ses rêves non-fumeur-bon-cuisinier-qui-aime-les-chats-et-qui-veut-plein-d’enfants. Sa seule consolation, c’est qu’elle vit avec Brad Pitt... consolation de courte durée puisque c’est son chat. Quand sa soeur lui annonce son mariage, c’est la goutte d’eau qui fait déborder la tasse à café. Elle s’invente alors une histoire d’amour avec un riche chirurgien brésilien qui lui a demandé sa main et l’emmène vivre au bout du monde. Facile à dire... Ce (petit) mensonge va l’entraîner dans un tourbillon d’aventures.

La critique Nelfesque: Après avoir adoré la BD "Joséphine" de Pénélope Bagieu dont est adapté ce film, avec une copine nous n'avons pu échapper aux sirènes de ce long métrage. Surtout pas après avoir vu le teaser avec Brad Pitt, le chat de Joséphine, en guest star (à noter que c'est un chat roux et que je ne sais pas leur résister (ce qui ne se voit pas dans cette BA (et j'arrête là les parenthèses)))!

"Joséphine" est un film d'été. Un film léger, sans prétention, une adaptation qui ne peut pas intégrer tous les gags de la BD mais qui est un bon résumé. C'est un film de filles mais pas que... Il est à l'image de "Bridget Jones" dont ce long métrage est aussi beaucoup inspiré. Trop même car ce dernier n'a pas quitté mon esprit de tout le visionnage. Comme dans Bridget, Joséphine nous fait part de ses pensées, nous prend à partie, a sa bande officielle de copines avec un gay (mais noir ici, c'est ptet la seule différence...) et se pose des questions de filles.

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Dans la droite lignée des comédies romantiques, Joséphine cherche l'amour et cette quête et loin d'être aisée. Reflet de son époque, à la trentaine, elle a une vie bien remplie, un boulot sympa, un appart' qui ferait rêver n'importe quelle parisienne (en tout cas, moi quand j'étais à Paris, j'aurais bien signé pour le sien!) mais elle n'est pas fixée, ne sait pas trop ce qu'elle veut et ne voit pas ce qui est comme le nez au milieu de la figure.

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Avec une vie sentimentale active mais vouée à l'échec, elle est en quête de l'homme idéal qui saurait se montrer doux et compréhensif et qui accessoirement lui préparerait de bons petits plats. En perpétuel conflit avec sa soeur, elle n'hésitera pas à gâcher l'annonce de ses fiancailles lors d'un repas de famille en inventant un énorme bobard. Sa soeur va se marier avec un jeune homme bien sous tout rapport (si tant est que l'on aime les hommes UMPistes...), qu'importe, elle elle vient de se fiancer avec un chirurgien brésilien qu'elle va rejoindre dans quelques jours de l'autre côté de l'atlantique! Comment faire alors pour s'en sortir quand le mensonge prend si bien auprès de sa famille et de ses amis? Aller au bout de son histoire? Elle n'aura pas vraiment le choix de revenir en arrière puisque tout va s'activer autour d'elle l'obligeant à gérer cette situation du mieux qu'elle pourra.

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"Le mieux qu'elle peut" est assez cocasse et donne lieu à des situations capillotractées et comiques. Marilou Berry endosse le rôle avec naturel et elle est y plutôt crédible. D'autres personnages sont à mes yeux trop caricaturaux et leurs prestations un peu trop jusqu'au boutistes. Qu'importe, comme je le disais en début de billet, "Joséphine" est un film léger et sans prétention.

Sympa sans être la comédie du siècle, ce film met les filles devant leurs contradictions et on s'amuse à se retrouver dans telle ou telle situation. Si vous avez trop chaud en ce mois de juillet enfin estival, vous pourrez vous enfermer dans une salle climatisée, une glace à la main, en appréciant un film de saison. C'est déjà pas mal non?

dimanche 14 juillet 2013

"Faërie" de Raymond E. Feist

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L'histoire: La maison Kessler était perdue dans les bois... Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l'agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent: d'étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis...

Tout un monde secret, enchanté par l'ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S'agit-il des fées et du vieux peuples des légendes? Ou d'êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants?...

Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.

La critique de Mr K: Une lecture bien agaçante aujourd'hui avec Faërie de Feist. Pour ceux qui nous lisent régulièrement, il n'a pas dû vous échapper que cet auteur nous avait bien charmé avec son premier cycle de Krondor. Nelfe me l'avait fait découvrir et j'avais apprécié la plume et la maîtrise scénaristique dont faisait montre sieur Feist. C'est donc plutôt optimiste et même disons-le avec impatience que je me plongeai dans la lecture du présent volume. Au final, une belle déception malgré de bons moments. Le pitch pourtant était accrocheur à souhait et dès que j'avais lu la quatrième de couverture, je pensais que ce livre était fait pour moi...

Une famille déménage dans une vieille maison cossue bordée par la forêt. Dès le début on le sait, il y a quelque chose de pas clair, quelque chose de malveillant qui rode. Mais voilà, Feist s'embourbe très vite dans la description des liens familiaux qui unissent les membres de cette famille recomposée. Sortez les violons et la guimauve, on se retrouve dans une ambiance mormone à souhait où les bons sentiments s'enfilent comme des perles entre niaiseries et fadeur. A part les deux jumeaux garnements, tous les autres personnages humains sont à vomir tant ils sont conventionnels et leurs réactions prévisibles. On s'ennuie, on rit involontairement puis franchement, en citant des passages bien ringards à ma blogueuse de coeur! Pffffou! Je vous assure que la finesse des personnages est digne d'un parpaing-plein de construction période seventies!

Heureusement, la menace se précise un peu plus tous les trois chapitres et insinue un peu de doute dans cette famille ricaine bien sous tout rapport. Mais les touches sont vraiment légères et peu développées dans les trois quart du roman. Il faut donc s'accrocher! Heureusement, la dernière partie est bien plus enlevée, bascule dans le fantastique et la fantasy avec une maestria d'écriture qui fait penser aux meilleurs passages de l'auteur de Krondor. Une instabilité émotionnelle s'installe enfin et le lecteur se sent impliqué. Le final n'est pas des plus original mais n'est pas décevant. Heureusement, vu le mal que je me suis donné pour survivre à la morale bien pensante qui pèse tellement sur ce livre.

Le style de l'auteur reste égal à lui de même entre accessibilité et exigence descriptive (ça se lit vite et bien) avec des passages tout bonnement stupéfiants comme le charme érotique dont est victime la fille ainée ou l'exploration finale que doivent entreprendre les deux jeunes fils de la famille. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser qu'on pouvait supprimer une bonne moitié du livre tant des passages entiers font remplissage et alourdissent inutilement l'ensemble. Au final mon admiration pour Feist en a pris un coup et je ne pense pas le relire de sitôt. Dommage...

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samedi 13 juillet 2013

Les cerises à l'eau de vie

Dans le jardin, en ce moment, c'est la fête du slip pour les oiseaux qui s'acharnent sur nos cerisiers! J'aime les oiseaux mais faut pas pousser, ce sont NOS cerises! Nous avons parmi eux un cerisier à fruits acides, immangeables sur l'arbre (sauf si on est un oiseau...) mais qui s'avèrent être idéal pour la préparation de cerises à l'eau de vie.

C'est donc sous l'oeil attentif de Tesfa que nous nous sommes lancés dans la préparation de cette potion. 2 mois de patience et la rentrée sera plus douce avec ces fruits alcoolisés! Hips! D'ici là, on compte bien profiter de l'été tout de même!

Recette en images:

Cerises arbre

Pour commencer, il vous faut un cerisier (c'est le minimum!). A défaut, les cerises d'amis sont aussi envisageables mais seulement les acides, c'est très important!

Cerises et Tesfa

Le chat "contrôleur de travaux finis" n'est pas obligatoire. Cependant, il peut s'avérer utile. Là par exemple, elle nous dit qu'il n'y a pas assez de fruits et qu'il ne fallait pas les mettre tout de suite dans le bocal...

Cerises mi parcours
Oui, c'est vrai, il n'y en a pas assez...

Ne pas hésiter donc à aller en rechercher! Pour faire bien, il faut garder les queues et les couper à 1cm mais dans notre cas ça se détachait tout seul.

Cerises half half

Une fois la bonne quantité récoltée, triez les cerises afin de garder les plus belles, lavez les et essorez les. Dans un récipient, alternez une couche de cerises et une couche de sucre. Mettre aussi une gousse de vanille coupée en morceau dans la préparation.

Cerises sucre

Le meilleur arrive (héhé!). Remplissez votre récipient d'alcool pour fruits. J'ai pu ici confier cette tâche à Mr K, toujours prêt à rendre service, une bouteille à la main!

Cerises alcool

Recouvrez complètement les cerises avec l'alcool. N'en faites pas tomber, ne vous en servez pas un verre non plus, c'est inutile et puis ça sera bien meilleur après.

Cerises alcool final

Et voilà, il ne reste plus qu'à patienter au moins 2 mois avant de pouvoir goûter ces cerises à l'eau de vie. En décors dans des cocktails, en fin de repas ou pour accompagner un café dans un verre à liqueur, on leur trouvera bien une utilité!

Cerises finies

Posté par Nelfe à 16:29 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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