mardi 23 avril 2013

Une loi pour l'Histoire!

mariageprts

Majorité absolue nécessaire pour l'adoption du texte de loi : 279
POUR : 331
CONTRE : 225


Le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe est adopté à l'Assemblée Nationale !!!

Posté par Nelfe à 19:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 21 avril 2013

"Oblivion" de Joseph Kosinski

oblivion-affiche5-tom-cruise

L'histoire: Après des décennies de guerre contre la terrible menace dénommée les Scavs, les humains ont quitté la Terre. Jack Harper, qui vit sur une station située dans les nuages, a pour mission d’extraire des ressources vitales nécessaires aux humains expatriés. Son existence est bouleversée lorsqu’il sauve une belle inconnue d’un vaisseau en déperdition. Son arrivée va déclencher une série d’évènements qui vont le forcer à remettre en question tout ce qu’il connaissait.

La critique Nelfesque: Généralement les films de SF avec des vaisseaux, très peu pour moi. L'anticipation ok mais quand on commence à aller dans l'espace, ça ne me dit trop rien. Une exception confirme la règle: "Alien" qui n'est pas seulement un film de SF dans le ciel étoilé... Mais là, je m'égare puisque dans "Oblivion" nous sommes sur notre belle planète bleue... plus si bleue.

Nous sommes ici dans le futur et les vaisseaux permettent à Jack Harper de faire son boulot de technicien. Tous les matins, il s'installe dans son véhicule high-tech, hybride d'avion hélicoptérien qui ferait fureur dans un parc d'attractions, et sillone la Terre pour la maintenance des drones. Ceux ci subissent sans arrêt les attaques des "chacals" et ainsi mettent en péril la mission de Jack et sa compagne/collègue, Vika: assurer la sécurité des plates-formes de pompage de l'eau de mer nécessaire à la survie des siens sur Titan.

oblivion2

Ces missions quotidiennes sont l'occasion de nous montrer des paysages impressionnants qu'il est de bon ton de voir au cinéma. Sur un petit écran, le film perdra de sa superbe. Car c'est bien en partie ici que réside l'intérêt d'"Oblivion". Tourné en Islande, les décors sont époustouflants, la Terre est désolée, aride et hostile la plupart du temps mais dévoilant encore des pépites de verdure. Le visuel est particulièrement soigné avec des machines (vaisseau, drones, moto, plateformes...) futuristes crédibles et une base d'observation à l'architecture contemporaine (que dis-je, futuriste) épurée et fonctionnelle. Kosinski a fait des études en Architecture dans sa jeunesse et cela se voit dans la conception de ce lieu. L'ancienne "consoeurs" que je suis apprécie ce soin particulier apporté aux perspectives et aux intentions.

Bon mais à part ça? Comme je l'ai dit, je ne suis pas fana de ce type de film mais je dois bien avoué que je n'ai pas vu passer les 2 heures dans la salle obscure. C'est un bon film d'action mais au final, il n'y a rien de bien nouveau sous le soleil de Titan dans la production américaine que voici! Tom Cruise fait son Tom Cruise. Bon, ok, il le fait bien... Les hommes sont là pour sauver le monde, parce que bon les femmes autant vous dire qu'ici elles sont de belles potiches. On peut leur donner des missions mais sauver le monde, faut pas déconner!

oblivion

Vika est la jolie secrétaire qui applique les ordres de sa, plus mûre mais non moins jolie, supérieure qui se contente de regarder des écrans et appuyer sur des touches. Julia, la belle inconnue du vaisseau en perdition, sauvée par Jack (encore lui), tient quant à elle admirablement bien son rôle de belle moule à l'oeil humide pendant tout le film. Par le passé, elle avait des responsabilités et prenait des décisions mais ça c'était avant. Maintenant, elle est là pour que Jack se rappelle ses vieux souvenirs... N'oubliez pas que c'est Jack le héros! Nous retrouvons également dans le casting Morgan Freeman (assez plat) et Nikolaj Coster-Waldau, un "résistant" qui a ce qu'il faut là où il faut. Heureusement que les hommes sont là! Que deviendrez l'Humanité sans eux...

Mieux vaut ne pas être trop féministe pour voir ce film mais si l'on fait abstraction de ce parti pris assez agaçant, force est de constater que bien que ricain (et donc toujours dans un schéma ricain) "Oblivion" n'en est pas moins un bon divertissement repose neurones. Les effets spéciaux sont là, les décors sont là, le côté halletant est là et l'histoire est classique mais plaisante. Et puis bon, il y a même les lunettes de Top Gun alors on ne va pas bouder!

oblivion1

La critique de Mr K: 3,5/6. Un bon divertissement que ce film d'action mâtiné de SF que se révèle être Oblivion. Le spectacle est total avec des images à couper le souffle. C'est d'ailleurs le grand point fort de ce film dont les extérieurs naturels ont été tourné en Islande. Décors mirifiques et effets spéciaux bien intégrés qui donnent au background une solidité à toute épreuve, le geek qui sommeille en moi a aussi tout particulièrement apprécié le véhicule de dépannage qu'utilise Tom Cruise mais aussi tous les petits outils et autres objets futuristes qui nous sont montrés dans le métrage. Ne parlons même pas de la station où il réside avec sa comparse avec sa piscine suspendue au milieu du vide! Le rythme est haletant et le temps file sans qu'on s'en rende compte. Là dessus rajoutez de petits clins d'oeil à des films célèbres comme Star Wars (belle poursuite dans un canyon) ou encore 2001 l'Odyssée de l'espace (le look des chacals à mettre en parallèle avec HAL) et vous obtenez un bon moment de divertissement qui a tout de même un certain nombre de défauts.

oblivion3

La musique tout d'abord que j'ai trouvé plutôt assourdissante et finalement très convenue. C'est une déception étant amateur du groupe qui l'a composé: M83 (premier album excellent). Le scénario en lui même est aussi très classique, on est très peu surpris si on est amateur de SF. Soulignons quand même que la fin est suffisamment strange (limite malsaine dirait certains) pour marquer le spectateur même si on n'évite pas le happy end dégoulinant si cher à nos amis américains. Les actrices se révèlent décevantes. Certes elles sont "jolies" mais j'ai trouvé leur jeu plat et sans substance (genre James Bond Girls attardées). De plus et cela n'aide pas, leur rôle se limite à être des plantes vertes ornementales sans intérêt (notamment la mystérieuse rescapée d'un crash) juste là pour seconder et valoriser Tom Cruise plutôt pas mal dans le rôle même s'il est meilleur dans Minority Report. De manière générale, j'ai trouvé les personnages présentés dans ce film plutôt artificiels et caricaturaux, à l'image d'un Morgan Freeman certes toujours aussi charismatique mais au rôle réducteur.

oblivion4

N'attendez donc pas de ce film une quelconque once d'originalité et de révolution, voyez-y plutôt l'occasion de passer un bon moment fun qui sera très vite oublié mais qui vous aura fait décoller de la réalité pendant 2h. Finalement, c'est déjà pas si mal, non?

Posté par Nelfe à 14:03 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
jeudi 18 avril 2013

"Enfants de la paranoïa" de Trevor Shane

enfantsdelaparanoiaL'histoire: Règle un : on ne tue pas les innocents.
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans.

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues.
Joseph, vingt ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu'une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d'une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l'ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S'il veut sauver la femme qu'il aime, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

La critique Nelfesque: J'ai acheté ce roman il y a peu et hasard du calendrier, ma copinaute faurelix l'a acquis en même temps. Nous avons décidé tout naturellement de faire une lecture commune de cet ouvrage. Vous retrouverez l'avis de faurelix en fin de billet.

Je n'attendais rien de particulier d'"Enfants de la paranoïa". Je n'en avais jamais entendu parlé et je ne connaissais pas non plus l'auteur. La quatrième de couverture toutefois m'a séduite, promettant un roman haletant et bourré de rebondissements. Vous connaissez maintenant mon amour immodéré pour les thrillers et les page-turners...

La plume de Trevor Shane est sobre et efficace. Sans fioriture, il va a l'essentiel et je dois dire que j'ai assez vite accroché à l'histoire. Sans être devant le roman du siècle, j'ai passé un bon moment. Nous suivons Joseph dans son métier de "tueur" au coeur d'une guerre dont nous ignorons tout. Cette guerre est "clandestine", la plupart des citoyens n'en ont pas conscience mais derrière une façade de vie "normale" se joue une lutte du Bien contre le Mal. Qui est du côté du Bien? Qui est dans le clan du Mal? Difficile de se prononcer tant les deux parties sont semblables dans leur cheminement de pensée et dans leurs tactiques de guerre. En tant que lecteur nous avons tendance à pencher pour le côté de Joseph mais rien n'est moins sûr...

Peu à peu, nous apprenons des détails sur la vie de Joseph, son passé, sa famille et sa formation. Nous sommes à ses côtés quand il est avec ses deux amis d'enfance, quand il doute, quand il rencontre Marie et quand tout devient trop compliqué pour lui... On s'attache à ce personnage et on tente de comprendre, de concert, le pourquoi du comment. Voici un point que je déplore dans ce roman: ne vous attendez pas à avoir une explication franche et directe. Le doute continue de planer... Il y aura une suite à "Enfants de la paranoïa" et là, second point noir pour moi. Je me contenterai de celui ci tant la fin laisse entrevoir une issue qui à mon sens est complètement impensable... Enfin, passons, je ne suis pas l'auteur après tout! (même si je râlerai encore un peu dans les prochaines lignes de ce billet)

Globalement, j'ai apprécié cette lecture. Bien que n'inventant rien dans le domaine de l'anticipation et ne surprenant pas plus que cela le lecteur chevronné de ce genre de littérature, "Enfants de la paranoïa" n'en demeure pas moins une lecture agréable. J'ai particulièrement apprécié la première partie où il est question plus précisément du métier de Joseph, de son rapport aux autres et à ses amis et de ses missions expliquées en détail. La seconde moitié, avec Marie, est un peu trop à l'eau de rose à mon goût. Peut être que l'auteur a voulu nous montrer que l'amour change les hommes, que par amour tout est possible et qu'à deux on peut combattre l'adversité... Moui, bon, ok, why not...

J'ai tout de même continué ma lecture avec plaisir et surtout en me demandant si l'auteur allait aller au bout de son concept. Est-ce que tout sera bien qui finira bien? Est-ce qu'une happy-end nous attend au bout de cette lecture? Je ne suis pas une fana des happy-ends. Non pas que je préfère la souffrance et la douleur mais je n'aime pas les revirements de situations inopinés qui conforte la ménagère de moins de 50 ans dans l'idée que le monde est beau quoi qu'il arrive. Si la situation est pourrie, elle est pourrie. Pas la peine de ménager son lectorat, il faut y aller à fond!

Je ne me suis donc pas prononcée tout de suite sur ma lecture en cours, répondant "j'attends de voir" à ceux qui me demandaient comment était mon bouquin. J'ai attendu... J'ai lu... J'ai vu (et je me la joue César aujourd'hui!). Je ne veux pas en dire trop pour ceux qui compteraient le lire dans le futur. Juste une chose tout de même... Trevor Shane, ton dernier paragraphe, t'aurais pas dû l'écrire! C'est tentant n'est ce pas de lancer une suite à ton histoire? Peut être même feras-tu une trilogie? Tu n'auras pas mon avis sur tes prochains tomes car je préfère mettre un gros coup de blanco sur ces quelques lignes et terminer cette histoire ici. Là, je suis satisfaite. Là, ça me parait logique et inévitable. Et là tu m'as tout de même surprise avec un détail qui enfonce un clou et scotche le lecteur.

Bon, j'en ai trop dit. Vous l'aurez compris, il y a à mon sens du bon et du moins bon dans le final de ce roman. J'en garderai tout de même, dans son ensemble, un bon souvenir. J'irai même jusqu'à le conseiller et le prêter à mon entourage. Comme quoi je râle mais il ne faut pas trop y porter attention!

L'avis de ma compagne de LC: faurelix

Posté par Nelfe à 20:35 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 17 avril 2013

Cul de sac pour Cahuzac

plantu

Dessin de Plantu tiré de son site

Posté par Mr K à 23:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 16 avril 2013

Queen for a day again!

 

Ben oui, fallait bien que ça arrive, Nelfe a un an de plus aujourd'hui! Donc, on lui souhaite tous en choeur un...

 

2032-Carte anniversaire des animaux qui chantent_maxi

Posté par Mr K à 19:43 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 14 avril 2013

"L'Apothicaire" d'Henri Loevenbruck

9782081233270L'histoire: "Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes..."

Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires.

L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir jusqu'au mont Sinaï.

La critique de Mr K: Beau bébé de 794 pages, L'Apothicaire est le premier ouvrage que je lis de Loevenbruck même si ce nom ne vous est pas inconnu sur ce blog, Nelfe ayant chroniqué les deux premiers tomes du livre-série Sérum ici et . Avec ce titre, l'auteur aborde un tout autre genre, celui du roman historique. Étant fort friand de ce genre avec des réussites inoubliables comme Les Piliers de la Terre de Ken Follett ou Le Nom de la rose d'Umberto Éco, c'est donc avec grand plaisir que je me plongeais dans cette aventure moyen-âgeuse riche en promesse.

On suit dans ce récit, l'aventure peu commune d'un apothicaire réputé de Paris, Andréas de Saint Loup. Ce personnage est totalement imaginaire mais il va côtoyer de grands noms de l'époque que vous retrouverez eux dans les livres d'Histoire. Très tôt dans le livre, le lecteur est accroché. Ce n'est pas tous les jours qu'un personnage de roman découvre une nouvelle pièce dans sa maison, le postulat est vraiment nébuleux et on n'attend qu'une chose: l'explication de faits purement fantastiques. Sans rentrer dans les détails, sachez que va s'ensuivre une quête de vérité échevelée partant de Paris et se terminant en terre sainte. Saint Loup, son jeune protégé et une jeune fille en fuite vont devoir éviter les pièges tendus et les deux forces qui semblent les poursuivre pour les empêcher de découvrir un secret immémorial.

Franchement, j'ai été pris par le style direct mais néanmoins exigent de l'auteur. Les pages se tournent vite, Loevenbruck a un sens du récit certain et l'on s'attache assez vite aux personnages. La réalité historique du XIV ème siècle est remarquablement rendue et bien qu'en deçà d'un Follett ou d'un Eco, l'ensemble est très acceptable et immersif à souhait. Mais voilà, il y a un hic. La fin est pour ma part bâclée. On a certes la grande réponse attendue mais tout ce qui gravite autour et qui interpèle aussi le lecteur m'a semblé simplement effleuré. La fin est alors attendue et sans surprise. Malheureusement, on retrouve le défaut de nombreux polars ésotériques qui aguichent très bien le client mais qui finalement, retombent comme un soufflé.

Pour autant, ce fut une agréable lecture. L'évasion est au rendez-vous et les qualités nombreuses. Simple précaution, ne vous attendez pas au roman historique du siècle, simplement une bien sympathique récréation dans un passé fascinant. À vous de tenter ou non l'expérience.

Posté par Mr K à 18:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 10 avril 2013

Barbara Carlotti au Manège, Lorient, 06-04-13

Ce samedi, Nelfe m'a fait un grand plaisir en m'offrant la place par surprise et en m'accompagnant au concert de Barbara Carlotti que j'ai découvert il y a peu via le show des http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2013/01/13/26135693.html. Amoureux éperdu dès la première écoute complète de son album L'amour, l'argent et le vent, acheté deux / trois jours après, je suis tombé littéralement sous le charme de cette chanteuse à la voix cristalline et aux textes aussi épurés qu'évocateurs, intimistes, parfois dérangeants tant l'artiste se dévoile et traite de sujets qui nous touchent tous: la mélancolie de la vieillesse et le temps qui passe, les souvenirs survoltés de jeunesse, l'amour absolu fantasmé (terrible duo avec Katerine que j'adore aussi!), le consumérisme et la violence qui l'accompagne... Autant de thèmes brillamment évoqués de manière décalée et légère. Rajoutez à cela des arrangements musicaux aux petits oignons et aux douces senteurs des 70' et un peu 80'. Sur ce dernier point, je dois avouer que je lui pardonne.

barbara album

Ce samedi donc, direction Lorient à la petite salle de spectacle bien sympa du Manège. Nous y avons été à de nombreuses reprises et à chaque fois le son était nickel et le public, quoique parfois bien roots (on est dans un port breton tout de même!), bien présent et en communion avec les artistes.

Je passerais par respect sur les deux premières parties qui ont tenté de faire patienter les spectateurs en attendant la Carlotti. Le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pas été convaincu pour rester poli. Un groupe de djeuns composé de deux personnes (héhé!), dont Rémi Pommereuil, qui ont livré un set réglé comme du papier à musique (ça tombe bien!) mais le tout manquait cruellement d'originalité et on avait l'impression qu'ils étaient allés piocher un peu partout dans les trente dernières années. Respect tout de même, c'était leur premier vrai concert et ils ont vraiment été pro malgré un trac parfois un peu perfectible dans les intermèdes dialogués avec le public. Je passerais plus vite sur Marc Gauvin, guitar héro qui enregistre mélodies et riff en direct et chante par dessus ensuite. Le mec a du talent mais j'y suis resté totalement imperméable, ressentant même de l'agacement au bout de 40 minutes de ce show vraiment d'un autre monde. L'ennui est profond, seul l'image de la divine Carlotti entretient mon énergie pour tenir... Non, ne riez pas, assister à un concert de Marc Gauvin relève pour moi de l'exploit et louée soit cette soirée qui m'a vu triompher des forces obscures!

barbara

Et puis le grand moment, arrive, les lumières se tamisent, un grand poteau d'argent en toile brillante trône derrière la batterie, les musiciens (très classes) s'installent, Barbara Carlotti apparaît, le cœur se met à battre la chamade, une émotion est palpable dans la salle et les premières notes retentissent. Le concert va durer 1h45 et ne baissera pas d'intensité. La salle n'est pas entièrement remplie mais les âmes sont à l'unisson, les fans au rendez-vous et le lien établi immédiatement entre la chanteuse et nous.

Le groupe interprète à merveille pour commencer Nuit sans lune, une de mes chanson préférée ayant pour trait le voyage et l'amour perdu. Blang! Première claque. Dans la même veine, le groupe embraye sur Marcher ensemble et J'ai changé, deux complaintes douces amères livrant les faiblesses humaines en quelques notes et paroles bien placées. Barbara Carlotti de par sa présence légère, cernée par ses musiciens, rayonne et chante deux de ses plus grands succès L'idéal et L'amour l'argent le vent. Successivement, morceau après morceau (Dimanche d'automne, Ouais ouais ouais, Le cœur à l'ouvrage, Occupe-toi de moi, 14 ans, Grande autoroute), presque tout le dernier album nous est livré avec un rythme légèrement plus rapide et une voix imperfectible. Le temps d'un Vous dansiez, l'ensemble du public est invité à valser et Barbara Carlotti invite un homme à monter sur scène pour partager une danse. Littéralement pétrifié, je me suis fait petit. J'avoue, je n'ai pas osé, je n'arrive pas à me comporter normalement en présence de quelqu'un que j'admire et qui en plus ici possède un charme certain, bien intimidant... Un autre membre du public s'est dévoué et s'en est très bien sorti.

barbara1

Le show a présenté aussi des chansons plus anciennes que je ne connais pas (Barbara Carlotti en étant déjà à son troisième album): Les italiens, Cannes (déjà entendu auparavant), Lord Byron. Nous avons eu le droit en fin de concert à sa reprise de Message personnel de Françoise Hardy dont elle partage le timbre de voix avec la puissance en plus. Un très beau moment qu'elle partage avec Dominique A dans la version album. L'apogée du spectacle fut la version rallongée de Mon Dieu Mon Amour voyant le public reprendre en choeur et crescendo le refrain imparable de cette chanson le tout mêlé de synthé aux accents psyché. Un pur moment de communion autour de la musique et d'une thème universel: l'Amour passion. A ce moment, je ne me sens plus vivre, moi qui déteste les concerts où le public chante en choeur, je mêle ma voix et je me suis senti porté! Woooaa! Quelques rappels après, la belle finira le set par une de ses vieilles composition, Bête farouche, déambulant dans le public en compagnie de ses musiciens: elle a posé sa tête sur l'épaule d'un pote (je suis jaloux sur le moment), est passée près de moi (je me suis caché derrière Nelfe, elle était à 50 cm de nous, je n'étais plus jaloux...) et la troupe est sortie par la porte principale. Huge!

Bilan. Je suis ressorti sonné, un sourire béat sur le visage et heureux. Ce fut un pur moment de félicité et je suis ressorti avec la confirmation que Barbara Carlotti est une grande de la chanson française et une artiste à part. A la fois généreuse et perchée (Carlotti est tout de même strange et a des réactions quelques peu excentriques), j'ai été emporté ailleurs durant tout le concert. Un grand et bon souvenir d'évasion.

lundi 8 avril 2013

Huitre, moule... c'est toujours de la volaille!

En ce moment, Carla Bruni fait la promo de son nouvel album sorti le 1er avril dernier et le premier extrait de "Little French Songs", "Chez Keith et Anita", passe en boucle sur les ondes.

Cela fait un bail que je n'avais pas posté de "Lundi au soleil" mais là je ne peux pas m'en empêcher... Il ne vous rappelle pas quelqu'un le Raymond de Carla?...

Posté par Nelfe à 22:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 6 avril 2013

L'heure de la réplique

0504-dessin-jeffparker

Sur le journal : Armes à l'école, le projet de la NRA.
- "On ne pourra bientôt plus distinguer les écoles des prisons.
- Faux. Les prisons sont mieux financées, et les gardiens ne sont pas armés."

La National Rifle Association a présenté le 2 avril un rapport de 225 pages visant à renforcer la sécurité dans les écoles américaines. Le puissant lobby pro-armes propose notamment la présence d'un garde armé dans chaque établissement.

Le rapport s'articule autour de huit recommandations, allant d'aspects techniques sur les clôtures des écoles à la mise en place d'un programme d'entraînement, de 40 à 60 heures, pour tout personnel volontaire et tout établissement souhaitant recourir à des gardes armés.

L'émotion causée par la tuerie dans une école primaire de Newtown (Connecticut), en décembre dernier, avait laissé espérer que le pays pourrait s'interroger sérieusement sur son obsession des armes. Mais l'image de ces 20 enfants morts s'est déjà estompée. Une série de sondages montre que le soutien de la population à une réglementation plus stricte revient à son niveau d'avant Newtown.

Le 'résultat' le plus tangible de la tuerie de Newton, c'est ce rapport de la NRA. C'est aussi la décision prise, en forme de pied de nez à Washington, par la petite ville de Nelson, en Géorgie : le 2 avril, une loi demandant à chaque foyer "d'entretenir une arme à feu avec ses munitions" y a été votée.

Mais c'est aussi, au Connecticut, le durcissement de la loi sur les armes à feu. La nouvelle loi, signée le 4 avril par le gouverneur démocrate de cet Etat, rend obligatoire la vérification des antécédents de tous les acheteurs d'armes à feu, qu'il s'agisse de ventes privées ou publiques. Plus de 160 armes d'assaut sont en outre interdites, contre 66 précédemment ; il faudra avoir 21 ans (et non plus 18) pour acheter une arme semi-automatique. Et l'achat et la revente de chargeurs de grande capacité (plus de dix balles) sont également interdits.

Article tiré du site du Courrier International
Dessin de Parker paru dans Florida Today

Posté par Mr K à 18:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 4 avril 2013

"L'enfant noir" de Camara Laye

enfant noir

L'histoire: "Je ne pensais qu'à moi-même et puis, à mesure que j'écrivais, je me suis aperçu que je traçais un portrait de ma Haute-Guinée natale". Au delà du récit autobiographique d'un jeune écrivain de 25 ans, ce livre nous restitue, dans toute sa vérité, la vie quotidienne, les traditions et les coutumes de tout un peuple.

La critique de Mr K: J'ai dégoté cet ouvrage dans la réserve secrète du CDI du lycée où je bosse. Dans ce saint des saints, reposent poussiéreuses et inusitées de vieilles séries de livres anciennement étudiés en classe. Pèle-mêle, coincé entre un Balzac et un Hugo (y' a pire comme voisinage!), L'enfant Noir me tendait sa couverture où un jeune garçon nous regarde du coin de l'œil. Après un bref briefing de pré-lecture livré par ma documentaliste, je ramenais le précieux sésame pour l'évasion jusqu'à notre casba pour une lecture qui allait s'avérer à la fois rapide et passionnante.

Cette autobiographie très courte (220 pages environ) est une plongée au plus près de la jeunesse africaine de l'auteur. On le suit depuis son entrée à l'école jusqu'à son départ pour la France, terre d'espoir pour tous les jeunes bacheliers africains qui souhaitent échapper à leur situation. Mais la rupture est souvent rude car cette aspiration légitime est en contradiction avec certaines coutumes et moeurs. A travers le regard innocent et curieux que jette le jeune héros sur le monde qui l'entoure, nous vivons avec lui ses espoirs (débuts à l'école, la naissance d'une idylle platonique...), ses doutes (comment quitter sa mère? La peur face au rite traditionnel dont un moment fabuleux sur la circoncision) et ses moments de communions avec ses proches (très beau portrait de l'amour parent-enfant et des différentes psychologies qui se croisent et parfois s'affrontent).

L'écriture est d'une simplicité et d'une fluidité qui font les grands témoignages. Du début à la fin, l'auteur nous emmène là où il le veut, quand il veut. Impossible de relâcher le livre tant le lecteur se plait à rentrer indiscrètement dans la vie de cette famille lambda. L'immersion est totale, les surprises nombreuses et l'on ressort enrichi de cette découverte à la fois narrative et culturelle. C'est aussi la chronique d'un monde ancien qui tend à disparaître, les rites de passage immuables sont de plus en plus menacés au profit des avancées de la science et de la technologie (l'ouvrage se déroule dans les années 30 et 40 du siècle dernier). Ce jeune fils prodigue est attiré vers cet ailleurs tentant et séduisant mais ses racines le réclament de toutes leurs forces. Loin d'être un combat, il va en ressortir un parcours atypique et une vie riche en événements.

Un très joli livre, frais, crû et dense en émotions que je vous invite fortement à découvrir.