lundi 3 février 2014

"Le vent se lève" d'Hayao Miyazaki

Affiche-Le-vent-se-lèveL'histoire: Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

La critique Nelfesque: "Le Vent se lève" signe la prise de retraite de Miyazaki et, en bons adeptes de ses films d'animation, nous voulions absolument voir ce dernier au cinéma. Après avoir rêvé sur "Mon Voisin Totoro", "Le Château dans le ciel", "Nausicäa de la vallée du vent" et autres "Voyage de Chihiro", nous étions tristes à l'idée de ne plus voir de Miyazaki sur grand écran...

Vous verrez par la suite que Mr K et moi, comme ça arrive parfois, n'avons pas du tout le même ressenti sur ce film ci. Je vous laisserai découvrir le sien par la suite mais en ce qui me concerne, celui ci se résumerait aisément en une onomatopée: ZzzzzZZZZzzz!

Sérieusement, je me suis levée un dimanche matin pour aller voir "Le Vent se lève" et j'ai bien cru m'endormir dans mon siège. Surtout lors du dernier tiers. Il faut dire aussi qu'un film d'animation sur les avions qui durent plus de 2 heures, c'est dur!

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"Mais ça tu aurais pu le savoir en regardant la bande annonce!" me diriez-vous. Et bien oui et non. Bien sûr je savais qu'il était beaucoup question d'aéronautique mais j'attendais le côté féérique, la part de folie poétique, présente dans chaque film de Miyazaki. Et là... Ben je l'attends toujours...

Alors oui, c'est beau. Les dessins sont superbes, notamment ceux du tremblement de terre et dans la nature mais bon sorti de là je crois que je peux annoncer que je me suis bien fait suer. Et ça me fait mal de le dire. C'est mou, il ne se passe rien. Le fond historique est bien présent et en même temps pas assez développé. Les évènements sont tout juste effleurés et les néophytes en histoire contemporaine japonaise sont largués au bord du chemin.

L'histoire d'amour, quant à elle, est mignonette mais bon dieu, passez la seconde à un moment donné!!! J'ai commencé à regarder ma montre, j'ai baillé, j'ai les yeux qui ont tourné, j'ai lutté... et j'ai retrouvé un Mr K tout ému et charmé par la fin du film là où moi je n'avais qu'une hâte: aller déjeuner pour me réveiller! Pour le coup, on était pas sur la même longueur d'onde.

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La critique de Mr K: 4/6. Dernière sortie Miyazaki dans les salles obscures avec Le vent se lève, présenté comme l'ultime travail du maître de l'animation japonaise. Je suis un grand amateur malgré mon peu de goût pour le manga de manière générale. Miyazaki est pour moi avant tout un artiste au sens noble du terme, entre peintre et poète, qui m'a bouleversé à de nombreuses reprises comme avec Mon voisin Totoro, Nausicaa et la vallée du vent, Le château ambulant ou encore Princesse Mononoké. Jusque là, je n'ai jamais été déçu... il faut tout de même avouer que Le vent se lève malgré de belles fulgurances me semble être le plus faible de ses longs métrages.

Peu ou pas de fantaisie dans ce métrage qui s'attache à suivre la vie d'un concepteur d'avion japonais Jiro Horikoshi. Depuis ses rêves de gosse (de très beaux moments bien barrés dont seul Miyazaki a le secret) aux années de tourmentes, nous suivons un être uniquement guidé par son goût pour les belles machineries volantes de l'époque. En filigrane, nous suivons aussi l'idylle qui nait entre Jiro et une jeune fille rencontrée par hasard dans un train et qui deviendra par la suite son unique grand amour.

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On assiste à de très beaux moments dans ce métrage. Le passage sur le tremblement de terre est très bien rendu et de manière générale, l'histoire du Japon est bien relatée mais jamais vraiment directement. C'est à la fois intéressant et frustrant. Pour quelqu'un qui découvre les événements cela peut suffire mais je dois avouer que Miyazaki nous promène dans le pays des bisounours et comment croire une seconde que tous ces admirables ingénieurs japonais aient pu ignorer le but de leurs recherches et développements. Pour moi ça coince et c'est ce qui fait baisser la note. Quid de l'alliance Japon-Allemagne nazie? Quid de l'utilisation par les kamikazes japonais des fameux Zéros conçus par le héros?

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Restent de beaux moment oniriques où Jiro rencontre son idole italien, de beaux moments de romance à l'eau de rose dont les japonais ont le secret (superbe passage avec les avions de papier), les dessins sont vraiment magnifiques et l'animation à la hauteur de l'histoire. Au final, ce Miyazaki peine à décoller (sic) de la réalité qu'il décrit mais ce qui nous est montré est tout de même bien au dessus des productions courantes. Dans la bouche, un sentiment d'inachevé et le regret de ne plus avoir l'occasion de découvrir de nouveaux films du maître. Salut l'artiste!


vendredi 31 janvier 2014

"Tu mourras moins bête - tome 1 : La science, c'est pas du cinéma" de Marion Montaigne

tu-mourras-moins-bete-volume-11L'histoire: Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser ou de rétrécir vos gosses, réveillez-vous : le cinéma, c'est pipeau et compagnie!
La célèbre Professeure Moustache, bien connue des nombreux fans du blog de Marion Montaigne, épluche pour vous les aberrations scientifiques qui peuplent vos films et séries préférés. La science, ce n'est peut-être pas du cinéma, mais avec la Prof Moustache, c'est terriblement drôle!

La critique de Mr K: Je vous le disais déjà dans un post précédent, j'ai des potes en or! Autre cadeau d'annif aujourd'hui avec cette petite chronique d'un ouvrage pas comme les autres avec ce premier tome issu du blog de Marion Montaigne qui s'amuse à démystifier les productions cinématographiques et télévisuelles en invoquant la science avec un grand S! Moi qui ne suis qu'un modeste littéraire aimant la science à petite dose et surtout (je l'admets) dans le genre SF quand elle se fait évocatrice d'un futur lointain et fantasmé, cet ouvrage venait à point nommé pour me faire réviser mes bases et pouvoir ensuite briller en société ou devant mes ados boutonneux d'élèves!

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D'une lecture addictive à souhait, au plaisir renouvelé à chaque nouveau chapitre ou sujet traité, j'ai dû malheureusement faire le deuil de beaucoup de mes rêves de geek. Le sabre laser n'existera jamais! Rendez-vous compte! Tout un pan de mon imaginaire de petit garçon s'est écroulé entre les pages 162 et 171! Honnie soit cette Marion et sa maudite science! Bruce Willis ne pourra jamais nous sauver d'un météorite menaçant notre planète bleue! En cas de fusillade, je ne pourrais pas me la jouer Rambo en enlevant moi-même la balle histoire de faire tomber en pâmoison ma Nelfe adorée et obtenir d'elle ce que je veux! Je ne pourrais jamais sauter du haut du Golden Gate sans me scratcher comme une vulgaire crêpe! Autant vous préparez au pire: Mac Gyver, c'est aussi du flan.... Noooooooooooonnnn! (fondu en noir)

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Passez ce moment de légère déprime, cette lecture est à ne pas rater. Les esprits chagrins vous diront que Marion Montaigne n'est pas ce qui fait de mieux en terme de traits de crayon et de dessins mais franchement... On s'en fiche! L'intérêt est ici tout autre! L'humour foisonne et clairement les trentenaires joyeux et débonnaires que nous sommes sont les cœurs de cible privilégiés de Marion Montaigne. Cassez-vous les p'tits cons! Non, je rigole, revenez! Les références sont légions et les flashbacks sont nombreux! Rajoutez là dessus une belle couche de science qui ne se prend pas au sérieux mais qui ne sert que la vérité et vous obtenez un drôle d'ouvrage, unique en son genre qui m'a clairement rendu moins bête! Le titre est remarquablement bien choisi et je me suis réveillé chaque jour plus intelligent que la veille. Les pages se tournent toutes seules et il m'a fallu lutter contre le petit démon qui sommeillait en moi pour ne pas éteindre la lumière à pas d'heure, vous savez comme les gosses...

Un bon moment donc que cette lecture atypique aussi réjouissante que réflective. À ne pas manquer!

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jeudi 30 janvier 2014

"Volt" d'Alan Heathcock

9782226249760gL'histoire : Krafton, petite ville imaginaire de l'Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis, est le décor des nouvelles d'Alan Heathcock. L'écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage et la poésie avec laquelle l'auteur évoque la violence inhérente à l'Amérique marquent la naissance d'un écrivain au talent singulier.

La critique de Mr K : Belle découverte aujourd'hui avec ce recueil de nouvelles d'un auteur que je ne connaissais pas et dont je n'avais même pas entendu parler avant de me voir offrir le présent livre par mes parents pour mon anniversaire. Il a à priori marqué les esprits littéraires outre-atlantique qui y voient un talent prometteur et tout à fait original.

Pour une première sortie livresque, Alan Heathcock nous livre une série de nouvelles se déroulant dans la même petite ville américaine typique américaine: Krafton. À travers une dizaine de courts récits et autant de destins différents, le lecteur est invité à découvrir l'envers du décor de l'american way of life. Sous ces apprêts séduisants et bucoliques, il y a bel et bien quelque chose de pourri à Krafton. Les familles et maisons présentées ici cachent de lourds secrets et des psychés tourmentées au possible. Loin d'y aller frontalement, c'est par petites touches que l'auteur lève le voile sur les désirs secrets et divers tabous de toutes sortes planant sur cette communauté qui semble au premier abord ancrée dans une réalité monotone et sans histoire. Crimes de sangs, pulsions destructrices, envies malsaines, autant de déviances à la fois lourdes de menace mais aussi malheureusement, de banalité. Car ici, le mal se fait banal et acceptable pour la communauté ce qui rend le malaise encore plus prégnant sur le pauvre lecteur qui ne sait plus à quel saint se vouer!

Ainsi, une policière détentrice de l'ordre traverse la ligne jaune qui la fera basculer du côté obscur de la force, une maman au nom de l'amour maternel et inébranlable qu'elle voue à sa progéniture va devoir accepter l'inacceptable, un homme va tout quitter du jour au lendemain pour suivre un espoir / une ombre... autant de personnages cassés et éprouvés par la vie qui se fait ici cruelle et âpre. Le pire c'est qu'on aime ça et qu'on en redemande!

L'écriture de Heathcock est une vrai merveille. Directe, concise et sans concession, elle reflète à merveille l'univers sombre, froid et mélancolique qui se dégage de cet ouvrage. Le lecteur ne peut que s'enfoncer de plus en plus dans Krafton sans possibilité de résistance. Le lien se fait d'une histoire à l'autre, un fil conducteur à la fois ténu et évident, le tout formant une somme à la fois fascinante et inquiétante. D'un noir absolu, peu de place est laissée ici pour l'espoir et l'humanisme tant les individualités évoquées semblent repliées sur elle-même. Noir c'est noir...

Une excellente lecture que je conseille à tous les amateurs de roman noir qui se trouve ici magnifié par une écriture ciselée et une série de nouvelles aussi courtes que fulgurantes. Un petit bonheur, je vous dis!

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mardi 28 janvier 2014

"Paris Paris combien Paris tout c'que tu veux"

Pour la semaine à cheval entre 2013 et 2014, nous étions sur Paris pour passer la nouvelle année avec nos amis, faire la connaissance d'une petite crevette d'un mois et revivre la capitale en mode parisiens puisque pour l'occasion nous avions loué un appart'. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas profité de cette ville en toute liberté et ça nous a fait un bien fou.

Paris, on la connait sur le bout des doigts. On y a vécu. On s'est rencontré là bas avec Mr K. Et puis on l'a quittée pour retrouver la Bretagne de monsieur. De nous deux, c'est à moi que Paris manque le plus. Ses quais, son effervescence, sa vie culturelle, son métro, son Architecture... Tous les souvenirs qu'elle m'évoque, mes amis encore là bas... C'est donc avec une joie non dissimulée que nous avons pris la route vers une semaine intense en émotion et chargée de bonnes ondes pour bien commencer l'année!

Retour en images sur une partie de notre escapade parisienne, à l'image de celui que j'avais pu faire pour Londres:

♠ Nos amis ayant un appart à côté du Père Lachaise, nous avons décidé de louer dans le quartier. Ainsi nous avons pu les voir sans problème, les inviter à l'apéro et déambuler encore et encore dans le cimetière classé Monument Historique.

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♠ Il y a une chose qui nous manque beaucoup ici en Bretagne, ce sont les traiteurs asiatiques à tous les coins de rue. Autant dire que nous avons profité de notre séjour pour faire le plein de saveurs d'ailleurs. Ainsi, on a pu retrouvé le bonheur du Pad Thaï comme en Thaïlande et ça ça fait du bien!

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♠ On s'est baladé sur les quais de la Seine au soleil couchant. Cliché mais tellement agréable...

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♠ Mr K n'avait jamais vu la maison de Gainsbourg, allez hop direction la dernière demeure de l'Homme à la Tête de Chou:

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♠ Les incontournables sont... incontournables! Tour Eiffel, Le Louvre, Palais Royal, Sacré Coeur, Beaubourg, les Buttes-Chaumont et tant d'autres monuments à découvrir à chaque carrefour. A la fin de la semaine, les pieds souffrent mais les yeux pétillent.

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♠ Qui dit Paris, dit expo et spectacles! Pour nous cette fois ci ce fut le Musée du Quai Branly, l'expo Bilal à Arts et Métiers et un one man show dont nous vous parlerons très prochainement dans un billet dédié.

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♠ Toujours en terme d'expo mais plus underground, le 59 Rivoli est à faire absolument! A chaque passage sur Paris, c'est un lieu où nous nous rendons sans exception.

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♠ Belleville et le 13ème sont une mine d'or pour les amoureux de Street Art. Ca tombe bien, j'en suis! 

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La semaine touche déjà à sa fin. Le séjour est passé à une vitesse folle et nous aurions aimé faire encore plus de choses: des concerts, le Musée Guimet, les puces, le quartier indien, une pièce de théâtre, Montmartre, encore plus d'Happy Hours....... Les idées ne manquent pas et nous aurons l'occasion de faire tout cela lors d'une prochaine escapade. Maintenant c'est décidé, une fois par an, nous redeviendrons parisiens pendant une semaine!

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samedi 25 janvier 2014

"Sommeil" d'Haruki Murakami

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L'histoire: Une plongée obsédante dans les dix-sept nuits sans sommeil d'une femme...

La critique de Mr K: Petite pause Murakami aujourd'hui avec cette nouvelle parue chez 10-18, accompagnée d'illustrations de Kat Menschik. À travers 95 pages de haute volée, le maitre nous offre un portrait intimiste d'une femme insomniaque perdue entre vie réelle et un univers fantasmé. Cela donne à lire des descriptions de rêves alternées avec les heures routinières de la vie quotidienne. Jamais le lecteur ne saura le nom de l'héroïne ni celui des membres de sa famille. Par ce procédé astucieux, Murakami renforce le côté universaliste de cette histoire à la fois étrange et évocatrice tant elle peut faire écho à des expériences ou des périodes que le commun des mortels a pu éprouver.

On retrouve tout le talent de Murakami à travers ce texte court, premier du genre que je lis de lui. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, il arrive à nous transporter dans les strates les plus profondes de l'esprit humain. Les visions chimériques et les hallucinations prennent corps devant nous pour mieux nous éclairer sur cette mystérieuse femme. Le personnage de l'héroïne est remarquablement traité par un auteur orfèvre en matière de caractérisation. La catharsis fonctionne à plein régime et la langueur qui envahit la personnage principale transpire littéralement de l'ouvrage pour s'insinuer chez le lecteur scotché qui ne peut détourner le regard des pages qu'il compulse, hypnotisé par un Murakami une fois de plus au sommet de sa forme.

Image-2-copie-2Malgré des passages oniriques décrivant les délires subconscients de la jeune femme, ce livre s'ancre davantage dans la réalité, un peu à la manière de La ballade de l'impossible. Pas de fantaisie à la Boris Vian ou d'éléments surnaturels dans ce court texte. L'âme humaine est ici mise à nue, livrée au lecteur. Une douce mélancolie m'a prise du début à la fin et l'on ne peut que se prendre d'affection pour cette insomniaque qui ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive et qui cherche à s'en sortir. D'une douceur cotonneuse, le récit se fait parfois plus âpre et sous-entend des tensions existant dans la cellule familiale. La fin tient toutes ses promesses, à la fois ouverte et fermée tant l'héroïne semble quitter un cycle pour retourner dans un autre.

D'une lecture rapide (une petite soirée suffit), cette nouvelle merveilleusement illustrée est un petit bijou de plaisir simple qui évoque aussi dans certains passages des questions cruciales concernant la nature humaine et les aspirations de notre espèce. Décidément, il est fort ce Murakami! Ce serait vraiment dommage de passer à côté!

Livres du même auteur déjà chroniqués:
- "Livre I, Avril-Juin"
- "Livre II, Juillet - Septembre"
- "Livre III, Octobre - Décembre"
- "Kafka sur le rivage"
- "Ballade de l'impossible"


vendredi 24 janvier 2014

Un scandale peut en cacher un autre...

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Dessin de Bar tiré de son blog.

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jeudi 23 janvier 2014

"Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine

 

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L'histoire: Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai.

Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes? Je suis un chat, tout de même.

Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré.

Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

La critique de Mr K: C'est une lecture un peu particulière que je vais vous présenter aujourd'hui avec ce recueil pour enfants qui aiment déjà lire tous seuls. Il m'a été offert par une amie pour mon anniversaire. Merci Miss T! J'adore les chats et tout leur univers, ce cadeau est un joli petit pied de nez à ma passion dévoreuse de livre. J'amenais ce petit livre en voyage à Paris pour éviter de trop penser à ma Tesfa laissée seule à la maison. Non non, je ne suis pas du genre bileux quant il s'agit de ma fifille adorée...

Tuffy est un chat comme tant d'autres: indécrottable explorateur, goinfre et fainéant, il se révèle à ses heures perdues (il y en a peu!) un chasseur des plus habile et sans pitié ce qui ne va pas sans déplaire à sa petite maîtresse! Mais voilà, comment peut-on aller contre sa nature profonde quand on est un chat? Le dilemme est posé, sa petite maîtresse pleure toutes les larmes de son corps à chaque cadavre ramené à la maison... La tension monte et Tuffy semble être mis sur la sellette par toute sa famille horrifiée devant ce prédateur en série!

Cette lecture très rapide (à peine 20min) est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui conviendra parfaitement à tout néo-lecteur amateur de félins! L'histoire étant racontée par Tuffy lui-même, le processus d'identification se fait ici drôle et emprunt d'une justesse de bon aloi. Même si l'enfant regrettera la perte d'une souris, d'un oiseau et d'un lapin; il ne doutera jamais de la bonne volonté de Tuffy pour prouver son innocence dans cet affreux crime envers un lapinou des plus mignon! Drôle donc mais aussi formateur, ce livre à travers cette petite histoire sans prétention aborde la question du chagrin et de la Mort. Sujets que j'imagine très complexes à aborder avec des loupiots, ce livre permet une approche de ces questions-clefs d'une manière à la fois divertissante, directe et sans chichi, le tout servi dans un écrin humoristique des plus salvateur et empreint de non-sense à l'anglaise.

Une petite lecture très distrayante qui n'est que le prélude à une série de trois livres (pour le moment) qui s'ancrent à chaque fois dans cette même famille anglaise. La langue est très simple, abordable mais pas simpliste. De quoi améliorer le vocabulaire de votre enfant tout en le divertissant et en lui donnant quelques éléments pour développer son autonomie face à la lecture. Miaou!

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mercredi 22 janvier 2014

Barbecue de janvier, bonheur assuré toute l'année!

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Ca y est! Chez nous la saison est lancée! Pour celles et ceux qui ne le savaient pas encore, je suis un serial-cuiseur et je suis fou de barbecue. Quand j'ai aperçu une éclaircie entre deux bruines sur le chemin du retour du taf, ni une ni deux, j'ai appelé Nelfe pour lui faire part de ma grosse envie de barbec! Je suis encore passé pour un dingue mais j'avais les arguments, elle a du céder!

Après un fabuleux départ, une bonne bière de débouchée et un feu bien nourri de ceps de vignes, patatra! Les gouttes ont surgi de vilains nuages gris! Ce premier barbecue a pris alors une dimension épique à côté duquel le face à face Balrog / Gandalf se révèle être de la gnognotte. Immigration forcée vers l'entrée de notre antre, soufflage intensif au boufadou, domestication des nouvelles flammes naissantes et la magie a de nouveau opéré. Au final, la dégustation de travers de porc 100% bretons fut enjouée et réussie!

On peut désormais le clamer bien haut: l'année 2014 a vraiment débuté au Capharnaüm Éclairé!

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dimanche 19 janvier 2014

"The Hobbit: La Désolation de Smaug" de Peter Jackson

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L'histoire: Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l'anneau de pouvoir que possédait Gollum...

La critique Nelfesque: Nous avions vu le premier volet de cette trilogie made in Jackson l'an dernier et pour ma part, j'attendais la sortie du second avec impatience. Vierge de toute référence hobbiesque Tolkienne, je n'avais qu'à en prendre plein les yeux. Mission accomplie pour cet aspect ci du long métrage.

C'est vrai que "Le Hobbit", tout comme "Le Seigneur des anneaux", côté spectacle, c'est une réussite totale. Le spectateur est cloué dans son siège par tant de beauté, tant niveau paysages dont je ne me lasserai jamais que du côté des combats et des courses poursuites. Ici toutefois, la 3D a tendance à brouiller l'image (du moins avec mes yeux) lorsque ça s'excite à l'écran. Du coup, ça m'en donnerait presque mal au crâne. Du coup, pour le 3ème volet, je pense que je pencherai pour la version 2D.

On continue de suivre l'aventure de la compagnie de nains, de Gandalf et de Bilbo. J'ai préféré celui ci au premier dans le sens où là l'histoire est bien lancée, Bilbo gagne en épaisseur et semble moins niais et perdu que dans le précédent opus. Toutefois, on est ici dans un long métrage très linéaire et les surprises ne sont pas vraiment au rendez-vous. Pour simplifier ça nous donne un schéma type "avancée de la quête, baston, repos, avancée de la quête, baston, repos..." Pour les enfants, c'est parfait. Pour les plus grands ça traîne un peu en longueur par moment et l'ensemble manque de rythme. Pourtant quand ça tape, ça tape. Mention spéciale pour la descente de la rivière en tonneaux.

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Je ne suis pas une grande fana de Tolkien (non mais c'est bon, ne me tapez pas, ça arrive aux meilleurs d'entre nous!) et je n'ai pas le bagage nécessaire pour comparer ce long métrage au roman originel mais toujours est-il qu'en tant que néophyte, je trouve l'ensemble plutôt cohérent et bien foutu. Même si je préfère la trilogie du "Seigneur des anneaux", plus adulte, je ne boude pas ici mon plaisir.

Quant au dragon... Et bien c'est un dragon! Les amateurs apprécieront, les lecteurs du Hobbit qui l'attendaient avec impatience aussi. Pour moi, c'est juste un dragon et à vrai dire au bout d'un moment il me gonfle un peu. Il parle (déjà je ne m'y attendais pas! (si j'avais regardé la BA, je l'aurais su...)), en langage humain s'il vous plaît, et on en soupe pendant tout le dernier tiers du film. Bon ok, c'est un peu le nom de ce volet ci et il fallait s'y attendre un peu... Je vous le concède...

Vivement le 3ème volet que j'irai voir en 2D avec plaisir. C'est du grand cinéma qui coûte cher, ce n'est pas de la petite production ou du film d'auteur mais Jackson nous livre ici une trilogie de qualité qui pour le spectacle vaut le détour. Parfois, ça fait du bien. A suivre...

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La critique de Mr K: 4/6. Une bonne séance de cinéma malgré quelques déceptions de taille pour ma part. On avait laissé la compagnie des treize nains et leur cambrioleur de hobbit en fâcheuse posture. Une troupe d'orcs très très féroces était à leur poursuite et le temps jouait contre eux pour arriver à temps à la montagne solitaire pour pouvoir trouver la porte secrète menant à Erebor et surtout... Smaug le dragon, que l'on a seulement entraperçu dans le premier volet. Rassurez-vous, on le voit dans ce deuxième opus, ceci sous toutes les coutures et durant bien ¾ d'heure mais auparavant vous aurez rencontré un homme-bête plutôt affable, traversé une forêt maudite et inquiétante, rencontré des elfes retors et égocentriques, voyagé à bord d'un tonneau et pénétré dans une cité humaine sur laquelle pèse une lourde menace... Bref, pas le temps de s'ennuyer, les rebondissements sont légions et malgré quelques longueurs et un rythme que j'ai trouvé haché, on ne voit pas le temps passer.

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Jackson maîtrise toujours aussi bien sa technique. Les images sont de grandes beautés en particulier les paysages forestiers (magnifique cité elfique) et les landes proches de la montagne solitaire. Le numérique est tout de même parfois bluffant et sur grand écran, on a vraiment l'impression de voyager avec nos héros. Les scènes d'action sont plutôt réussis et rythmées malgré parfois un manque de lisibilité (effet 3D?). La musique bien que sentant le réchauffé comme dans le premier film, accompagne bien les différentes péripéties et c'est avec un réel plaisir que l'on entend le thème de l'anneau maléfique lorsque Bilbo l'utilise! A ce propos, il faut souligner la performance toute en finesse et justesse de Martin Freeman qui était vraiment l'acteur à prendre pour ce rôle mythique. L'humour est toujours aussi présent et touchera petits et grands tant il paraît incongru dans certaines situations notamment lors du tant attendu face à face entre Bilbo et Smaug. Ce dernier est d'ailleurs très réussi et vaut à lui tout seul le détour. Au cinéma et en 3D, il est l'une des plus imposante et réussie créature du panthéon cinématographique de ces 20 dernières années.

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Mais voilà... il y a un mais et même plusieurs! Plus on avance dans son adaptation, plus on se rend compte que Jackson prend de grosses libertés avec le matériau d'origine. Le livre est pourtant petit et pourtant, il coupe certains passages à la hâche: ainsi la rencontre et la confrontation avec Béorn l'homme sauvage est réduit à sa plus simple expression, même chose pour le passage dans la forêt de Bois Vert qui est ici réduit à peau de chagrin (quid de la traversée de la rivière maudite!!!?). Mais bon... après tout c'est une adaptation et il faut se faire violence. Seulement voilà, il a fallu que Jackson en rajoute avec notamment tout ce qui tourne autour du nécromancien! Pour ma part, je trouve que ça alourdit le récit, n'apporte pas réellement d'éléments en plus (on se tape des scènes concernant cet aspect du scénario toutes les 20min sans que ça ait vraiment de rapport avec la trame principale...). Le pire du pire reste tout de même, l'histoire d'amour naissante entre Tauriel (elfe rescapée de la série Lost!) et un nain! Aucune trace de cette idylle dans Bilbo le Hobbit et surtout des scènes navrantes de niaiserie et de lourdeur. Perso, je serais pour les abattre tous les deux, histoire d'être définitivement tranquille! Bon je vous l'accorde, j'exagère quelque peu, mais on sent clairement la volonté de faire de la thune et de s'écraser devant les studios pour rentabiliser l'entreprise... Vraiment triste!

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Au final, je lui mets tout de même quatre car le spectacle est total malgré les scories évoquées précédemment. Dommage tout de même que le petit père Jackson que j'ai longtemps adulé semble suivre les traces du côté obscur du cinéma... Gageons qu'il se reprenne dans le dernier élément de la trilogie même si au moment où j'écris ces quelques lignes le doute est grand dans mon esprit!

samedi 18 janvier 2014

"La Maison d'à côté" de Lisa Gardner

gardnerL'histoire: Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu.
Seul témoin: sa petite fille de quatre ans.
Suspect n°1: son mari Jason.
Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille?
Mais de qui?

La critique de Mr K: Nelfe avait ouvert la voie avec Disparue, puis j'avais aimé Sauver sa peau de la même auteure. Quand l'occasion s'est représentée de me frotter à nouveau à la diabolique Lisa Gardner, je ne me suis pas fait prier. C'est encore une fois en un temps record que je dévorai un thriller haletant à souhait!

Tout part d'un drame familial: une mère de famille bien sous tout rapport disparaît de son domicile en pleine nuit. Seul témoin, sa petite fille qui ne livre qu'un témoignage nébuleux et incomplet sur les circonstances de cette disparition qui choque l'opinion publique. Le père quant à lui semble étrangement froid face au vide laissé par son épouse, son comportement détonne et va très vite attirer sur lui les soupçons des enquêteurs. En suivant ces derniers, on se rend très vite compte que ce genre d'enquête est très difficile à mener tant il faut essayer de comprendre le fonctionnement d'une famille avec ses non-dits. En parallèle, des chapitres nous mettent dans la peau de Jason (le père) que l'on ressent profondément étrange et marqué par la vie. Mais aussi, un proche voisin, ancien délinquant sexuel en pleine réinsertion et qui a tout aussi le profil du coupable idéal. Plus la lecture avance et plus le lecteur se perd en hypothèses jusqu'à la révélation finale qui m'a pris totalement au dépourvu.

Ce thriller est d'une redoutable efficacité! Aucun temps mort n'est alloué au lecteur que Lisa Gardner se plaît à balader et manipuler. Et pourtant, en y repensant tout était là pour nous mettre sur la voie. Le développement des personnages est un modèle du genre notamment celui de Jason qui est confondant de froideur et de complexes au début non élucidés. Les indices sont rares et soufflent le chaud et le froid. Qui se cache derrière ce père attentionné totalement épris de sa fille? Le traitement réservé au voisin est aussi remarquable, nous oblige à explorer nos convictions sur les questions de justice, de ressenti d'un condamné et de la rédemption de manière générale. Pour les contrebalancer, Lisa Gardner fait intervenir son enquêtrice D. D. Warren qui se révèle ici particulièrement vindicative (le sujet la touche énormément) et parfois même extrémiste. Sur le moment, c'est un personnage qui me répugnait mais peu à peu, je me suis rendu compte qu'elle mettait en lumière la part de lumière des principaux accusés. La conclusion va la dépasser et la fera réfléchir sur elle-même et sa pratique du métier.

Au final, ce page-turner est une vraie réussite qui m'a tenu en haleine du début à la fin. Je me suis fait balader comme jamais et j'avoue que j'ai adoré! La lecture se fait simple et distrayante à souhait dans le pur style des montagnes russes chères au genre thriller. On passe par tous les états et on ne peut réprimer une satisfaction quelque peu sadique à la fin de chaque chapitre. Elle sait y faire la Gardner! L'écriture est lumineuse, simple et tranchante. Les éléments du récit sont superbement amenés, le tout dirigé vers une fin qui n'épargne personne! Jubilatoire!

Tout amateur de thriller se doit, s'il ne l'a déjà pas fait, de pratiquer Lisa Gardner qui réussit à chaque fois à surprendre le lecteur, à l'emmener dans des rivages sombres mais révélateurs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Posté par Mr K à 20:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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