samedi 10 mai 2014

"Pacco fait son show : Boys Vs Girls"

paccoL'histoire: La version 100% collector du spectacle d'humour!!!
Son premier spectacle sur scène comme si vous y étiez, toi et lui dans la salle, sauf que là tu peux être où tu veux, à ton boulot, dans le métro, dans ton lit, en solo ou en bonne compagnie... C'est toi qui vois!!!

Tu te poses des questions sur le couple...
Tu te demandes pourquoi t'es pas en couple ou pourquoi se mettre en couple.
Tu ne sais même pas ce que c'est qu'un couple.
Tu te poses des questions sur le couple.
(C'est une question piège.)
Ton couple est en crise. (mais tu ne le sais pas encore.)
Tu veux te mettre en couple avec quelqu'un qui est déjà en couple.
Tu n'as même jamais entendu parler du couple.
Tu penses que les blagues sexistes c'est mal,
mais que c'est quand même vachement drôle.
Tu n'as jamais rigolé de ta vie.
Si tu as répondu ou oui ou non ou je sais pas à une de ces questions...
... Alors cette BD est pour toi!!!

La critique Nelfesque: J'ai gagné cette BD sur le blog de Pacco il y a déjà pas mal de temps. Je l'ai lu assez vite mais j'ai hésité à en faire une chronique sur le blog. Mais pourquoi ça? Parce qu'un bon gros "mouaaaaaais booooof" s'est emparé de moi au cours de ma lecture et la fin a été assez laborieuse. Peu importe, que j'aime ou pas une oeuvre, j'aime en dire quelques mots ici alors c'est parti.

Vous l'aurez compris, avec les grosses sirènes du marketing, cette BD parle du couple. Si vous ne l'aviez pas saisi, y a un léger soucis... Les gags s'enchainent, parfois drôles et vrais, parfois lourds et clichés. Je suis une habituée des blogs BD et il faut bien avoué que le quotidien des dessinatrices blogueuses, leurs manies, leurs amours, je les ai lus et relus des centaines de fois. Ici, on pourrait se dire qu'étant traité par un homme, cette vision prendrait un autre sens. Oui, pas faux, en sortant les gros sabots c'est une autre vision.

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Un peu déçue par cette lecture car Pacco est quelqu'un que j'aime bien mais je me rends compte que c'est plus par petites touches ou lors de collaborations avec d'autres dessinateurs qu'en intégrale parce que là je frise l'overdose. Une overdose de Pacco, une overdose de mise en avant, une overdose de "moi je". Beaucoup trop de dessins le mettant en scène. C'est un peu le principe d'un one man show me direz-vous mais imaginez-vous un one man show que vous subissez et qui ne vous fait pas rire. L'horreur! Alors comme le dit Pacco en 4ème de couv', "C'est toi qui voit"!!! Pour moi c'est tout vu, désolée mais je passe mon tour. A vous de voir maintenant...

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jeudi 8 mai 2014

"Les opéras de l'espace" de Laurent Genefort

les opérasL'histoire: Axelkahn est un ténor hors du commun, presque un dieu vivant. Ses interprétations des airs d'opéras les plus périlleux sont des instants volés à l'éternité. Tout cela grâce aux biopuces que lui ont implantées les mystérieux Yuweh. Jusqu'au jour où ces greffes tombent en panne, renvoyant Axelkahn à sa condition de simple mortel. Il ne lui reste plus qu'à tenter de retrouver un Yuweh, dont la légende raconte qu'il aurait disparu au cœur des Bulbes Griffith, gigantesque artefact spatial composé de stations reliées entre elles par des filins créant une inextricable toile d'araignée. Il forme donc une troupe de théâtre aussi hétéroclite qu'attachante et se lance en quête d'une hypothétique guérison.

La critique de Mr K: Une très belle découverte aujourd'hui que je dois à un partenariat Livr'addict grâce à l'intercession de Nelfe. Pour ceux qui nous suivent depuis un certain temps, vous savez que je pratique de manière régulière le genre SF et une fois de plus la maison d'édition Folio SF frappe un grand coup avec ce roman singulier et enthousiasmant de la première à la dernière page. Immédiatement embarqué par l'auteur, avec "Les opéras de l'espace", j'ai fait un voyage à nul autre pareil qui me restera en mémoire longtemps tant cette histoire s'est révélée profonde et d'une virtuosité narrative sans faille.

Axelkahn, le divo interplanétaire le plus célèbre ne peut que constater que sa voix s'affaiblit et qu'il ne pourra bientôt plus pratiquer son art. C'est le choc pour cet homme replet et suffisant pour qui tout était dû jusqu'ici. La chute et les désillusions qui l'accompagnent sont rudes et il se retrouve très vite dans la peau d'un humain lambda, à l'orée d'une nouvelle vie bien différente et qui le terrifie. Pour autant, il lui reste un espoir, une petite possibilité de récupérer sa voix. Pour cela, il va devoir entreprendre un voyage périlleux au cœur de l'espace dans un ensemble de colonies terriennes parties cherchées un avenir meilleur au sein des bulbes Griffith, amas de sphères rappelant une grappe de raisin, un monde nouveau et sauvage où Axelkahn aura fort à faire pour mener à bien sa quête.

Niveau SF, on est servi et de la plus belle manière. À la manière d'un Pierre Bordage, Genefort réussit à nous immerger avec talent et délicatesse dans un univers cohérent et passionnant. Quel bonheur d'errer de station en station dans les bulbes Griffith en compagnie du héros et de ses compagnons. Les descriptions glissent avec un bonheur de tous les instants, fourmillants de détail et de vie. Ce monde hors norme s'agite devant nous et le lecteur se retrouve ailleurs, plongé dans un univers où les règles ont changé tant pour la nature (qui survit comme elle peut) que pour les communautés humaines qui survivent entre commerce et piraterie. On apprend au détour d'un paragraphe que la Terre a été livrée toute entières aux multinationales et que les hommes se sont lancés à la conquête de nouveaux mondes. Nous voyageons beaucoup, rencontrons nombre de sociétés et peuplades aux mœurs de plus en plus étranges au fur et à mesure qu'Axelkahn se rapproche du centre des bulbes où il devrait trouver les réponses à ses questions.

Là où tout bascule et rend cet ouvrage unique, c'est quand la troupe de théâtre est montée. L'expédition d'exploration se transforme alors en une tournée périlleuse dans des mondes renâclant voir bannissant les artistes. En effet, les communautés humaines se concentrent sur les activités de survie et le spectacle est bien souvent considéré comme du temps inutilement dépensé dans un univers au fragile équilibre. La vie d'une troupe entre voyage, déballage, spectacle, écriture, préparations diverses mais aussi gestion de la foule et des puissants est ici remarquablement rendue. On s'y croirait et cela donne une impression étrange qui mêle à la fois le dépaysement lié au caractère SF des mondes explorés et le caractère plus classique de ces artistes qui se battent pour se faire une place comme tant d'autres avant eux pendant l'époque moderne ou encore le XIXème siècle. Le mélange des deux est détonnant, jamais insipide et fournit une réflexion intéressante sur la part de l'imaginaire et de la fantaisie dans nos vies. Le tout sans lourdeur ni morale. Parce qu'en plus, Genefort a un style brillant et happant en diable. L'écriture évocatrice comme jamais sert un récit certes classique (on est rarement surpris) mais d'une richesse foisonnante, d'un rythme enlevé et d'un fond réflectif vraiment universel. On nage avec délice dans cette oeuvre attachante et accessible. La preuve en est qu'il ne m'a fallut que deux jours pour la dévorer, y pensant même quand j'avais reposé mon livre. Les personnages sont légions et attachants avec une mention particulière pour Axelkahn qui entreprend sans le savoir une espèce de voyage initiatique et tous les autres membres de la troupe, espèce de condensé de parias que l'aventure théâtrale va à jamais transformer.

Sans exagérer, on tient là un grand et beau livre de SF qui ravira les amateurs du genre mais permettra aussi aux novices de prendre un plaisir sans borne tant l'auteur est accessible et malin dans sa manière de mener son récit. Un bijou qu'il serait dommage de laisser passer.

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mardi 6 mai 2014

"13 jours" de Valentina Giambanco

13joursL'histoire: L’assassin lui a donné 13 jours. 13 jours pour tenter de comprendre. 13 jours avant de plonger dans les ténèbres...
À Seattle, personne n’a oublié le mystère de la Hoh River : trois gamins enlevés, cachés dans les bois. Seuls deux d’entre eux avaient réapparu, incapables de se souvenir de ce qui leur était arrivé. Vingt-cinq ans plus tard, un couple et ses deux fils sont sauvagement assassinés. Au-dessus de la porte de la chambre, le tueur a laissé un message : 13 jours. Très vite convaincue que les deux affaires sont liées, puisque le père de famille qui vient d’être assassiné était l’un des trois enfants kidnappés, la police manque pourtant de preuves. Pour sa première grande enquête, l’inspecteur Alice Madison devra se fier à son instinct. Au cœur des forêts, le cauchemar va recommencer. Dans 13 jours.

La critique Nelfesque: "13 jours" est un roman qui m'a séduite par sa 4ème de couv'. Un thriller mettant en scène des enfants, une "bleue" à la Crim', il ne m'en faut pas plus!

J'ai mis bien moins de 13 jours pour lire ce roman de 540 pages, je l'ai torché en 3 jours. Autant le dire tout de suite, c'est le genre de bouquin que l'on a du mal à lâcher. La scène de départ, le meurtre d'une famille entière, les 2 enfants en bas âge compris, arrive très vite et le lecteur est d'office immergé dans l'ambiance. Pas de fioritures, pas de gore gratuit non plus mais suffisamment de détails pour accrocher les amateurs du genre dès les premières pages.

Valentina Giambanco a un style littéraire très cinématographique. Aucun mal pendant sa lecture à voir défiler les scènes dans sa tête. C'est fluide, rythmé, cadencé comme un long métrage et l'auteur sait en garder sous le coude tout du long pour ménager le suspense. Je dirai que pour cela, "13 jours" est bien efficace. Un bon page turner avec des personnages assez complexes qui titillent la curiosité du lecteur.

Un bon page turner mais un page turner de plus. Rien de transcendant ou de novateur dans ce roman. Ce n'est pas la révélation de l'année dans le genre. Ne boudons pas notre plaisir pour autant et profitons des oeuvres bien construites et plaisantes à lire mais je dois dire qu'en tant qu'amatrice de thrillers / polars / romans noirs, je suis plus à la recherche maintenant de frissons novateurs, d'écriture qui se démarque franchement du commun des thrillers et d'une histoire qui me hante longtemps. Ici, ce n'est pas vraiment ça et j'aurai sans doute oublié les 3/4 du roman dans quelques mois malgré ses points positifs évoqués plus haut.

Côté personnage tout de même, j'ai aimé la froideur de John Cameron, le principal suspect (on l'apprend assez vite) et le côté ambigu de son avocat et ami Nathan Quinn. Cette relation particulière et ce jeu du chat et de la souris avec les autorités par les textes de loi et par la capacité qu'à Cameron de passer inaperçu apportent un plus au roman. Le tueur présumé n'est pas forcément un être déshumanisé et caricatural et c'est appréciable.

Alice Madison, inspectrice nouvellement nommée à la Crim' est tout aussi intéressante par sa jeunesse, ses maladresses mais surtout son amour pour son métier et son envie de bien faire. On s'identifie assez facilement à ce bout de femme à la fois fragile et forte. De plus, un évènement personnel la poussant dans son enquête force la sympathie du lecteur. Classique mais agréable.

Au final, vous l'aurez compris, même si "13 jours" n'est pas LE thriller à lire absolument dans sa vie, il sait ravir les amateurs du genre qui passent un bon moment entre ses pages. Une découverte attrayante que je vous conseille.

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dimanche 4 mai 2014

"Noé" de Darren Aronofsky

noéafficheL'histoire: Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

La critique Nelfesque: Aronofsky, au Capharnaüm éclairé, on l'aime particulièrement. "Black Swan", "The fountain" (un pur bijou vu avant la tenue de ce blog), "Requiem for a dream" (culte) sont autant de preuves que ce réalisateur a un véritablement don pour le cinéma. Je ne suis pas très "blockbuster", je suis même "pas blockbuster du tout" mais pour Aronofsky, et pour l'histoire de Noé que j'aime beaucoup, j'ai fait le déplacement et je ne le regrette pas.

Je ne le regrette pas car je pense que ce long métrage perdra beaucoup de sa superbe sur petit écran (quoi que les petits écrans deviennent de plus en plus grands!). Niveau visuel, ce "Noé" n'est pas pourri. Paysages magnifiques, grandes étendues dévastées ou verdoyantes, l'accent est mis sur la beauté de la nature en opposition à la laideur de l'espèce humaine. Très écolo comme film. En même temps, Noé (le vrai) était du genre peacefull. Mais pas que, comme on peut l'apprendre dans ce film ou en connaissant l'histoire originelle dans la Bible.

L'histoire de Noé justement je la connais. Bien qu'Aronofsky ait pris quelques libertés par rapport au passage biblique, globalement c'est fidèle. La détermination d'un homme qui a la foi, ses sacrifices, sa droiture... autant de points forts qui font aussi ses faiblesses. En revanche, l'inconnu dans l'Arche (que je ne citerai pas pour ne pas spoiler) entre autres, c'est du pur délire mais bon c'est du grand spectacle, il faut du suspense... et parce qu'Aronofsky a mis les formes pour le reste, je ne lui jetterai pas la pierre.

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Je vais faire court dans ma critique aujourd'hui car en toute honnêteté, je ne sais pas trop quoi en dire. C'est un bon film, avec de purs passages visuels (comme la Génèse ou les anges déchus), de belles valeurs portées sur grand écran mais malheureusement j'ai peur que ce long métrage soit aussi vite oublié que vu... Niveau dialogues et bien c'est un blockbuster... Ca ne vole pas très haut... (Ah Mr K me chuchote que l'histoire se passe environ 3000 ans avant notre ère. Certes ils ne devaient pas avoir beaucoup de mots de vocabulaire mais bon cela n'empêche...) Et je crois que c'est en partie ce pourquoi ce film ne restera pas gravé dans ma mémoire.

Une petite remarque en passant. Si vous voulez voir des animaux dans ce film (ben oui quoi, c'est l'Arche de Noé, y a des animaux partout!), passez votre chemin! La gamine de 4 ans qui sommeille en moi a été très déçue de n'apercevoir que les culs d'éléphants, de tigres et de perroquets à leur montée dans l'Arche (oui je sais, pas de gros mots quand on parle de la Bible...) parce que des animaux c'est tout ce que vous verrez! Remboursez! Sur la scène de la montée par espèce dans l'Arche, je pense qu'ils ont tout donné niveau post prod et c'est très bien fait mais au moins un petit lapinou en gros plan après le déluge je crois que c'était pas trop demandé. Oubliez ça tout de suite. Les animaux vous les verrez pendant 2 minutes montre en main après quoi place aux larmes, à la souffrance, au sang et surtout à la pluie!

Ce n'est qu'un détail mais ça m'a marquée. Et résultat des courses, c'est le point qui me reste en tête à la fin de ce film. C'est balot hein? A un lapinou près... Mais allez le voir tout de même parce que Russell Crowe en Noé c'est tout de même bien joué! De mon côté, je vais me pencher sur sa BD du même nom sortie en 2011 pour voir si Panpan n'est pas finalement dans les grosses coupes que ce film a subi de la part des studios.

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La critique de Mr K: 4,5/6. On peut dire que je l'attendais celui-là et dans l'ensemble je n'ai pas été déçu. Ce réalisateur a une place toute particulière dans mon cœur depuis Requiem for a dream (cultissime à mes yeux) et du méconnu The Fountain. J'étais curieux de voir son adaptation d'un mythe tel que le Déluge. On sait ce réalisateur méticuleux et intègre, qu'allait-il ressortir de sa collaboration à un grand blockbuster?

L'histoire, tout le monde la connaît ou presque. Les hommes ont pêché par leur libre arbitre et leur soif du pouvoir détruisant le reste de la Création pour assouvir leurs désirs. Noé est choisi pour purger le monde du mal, sauver tout le règne animal et construire un monde nouveau. Il s'attèle très vite à l'édification d'une arche pour accueillir tous les couples d'animaux. Cela attise la curiosité et aussi la convoitise de clans humains bien décidés à lui mettre des bâtons dans les roues. Heureusement, Noé pourra compter sur l'engagement des siens (du moins au début avant une deuxième partie nettement plus sombre) et sur le soutien des Veilleurs, anges déchus à la recherche du pardon de leurs fautes. Le tout donne lieu à plus de deux heures de spectacle haut en couleur aux parenthèses intimistes aussi poignantes que réflectives. Et non, nous ne nous trouvons pas devant un banal produit de consommation mais bel et bien devant une œuvre conçue et pensée pour à la fois divertir et réfléchir.

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Rien à redire sur l'interprétation, les acteurs sont remarquablement bien dirigés et l'ensemble sonne juste et profond. On en sait très peu sur Noé quand on relit le passage du Déluge dans l'Ancien Testament mais Aronofsky ne sacrifie jamais la crédibilité au détriment du spectacle. Russell Crowe est impeccable en patriarche illuminé et convaincu de sa mission. Loin de faire pot de fleur, Jennifer Connelly réussit à densifier le personnage de sa femme pour contribuer à l'alchimie de cette famille un peu particulière. Mention spécial pour Anthony Hopkins qui campe un Mathusalem plus vrai que nature, sage et débonnaire à la fois il illumine l'écran à chacunes de ses apparitions.

Devant ce genre de film, j'ai souvent peur que l'on tombe dans le ridicule (genre le "Feu" prononcé par un personnage principal dont le peu recommandable Troy de Petersen...) avec un dialogue mal senti ou anachronique. Rien de tel ici, on oscille entre réalisme pour les scènes familiales, SF par moment avec les anges et forcément l'Épique pur et dur avec les très beaux passages sur l'arrivée des bêtes ou encore les visions de Noë. L'ensemble se marie bien et respecte une cohérence bienvenue quand on touche à des sujets liés au Sacré.

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On pourrait dire bien des choses sur le fond, les rapports qu'entretiennent les personnages, la vision quasi mystique de Noé, la nature de l'être humain. Pour ma part, j'y ai vu avant tout un film pro-écologie. Le héros est désigné comme le fossoyeur de la race humaine et semble vouloir aller jusqu'au bout du bout pour éteindre notre espèce à l'origine de tous les maux de la Création (la troisième partie du film se transforme en un huis clos étouffant et salvateur). Mais voilà, ce n'est qu'un homme et il finira par céder. Quand on voit l'état de la planète aujourd'hui, mon petit côté misanthrope ne peut s'empêcher de penser que nous rééditons le passé et que l'homme ne méritait pas forcément d'être sauvé. Mais bon comme dit la chanson: "Homme, tu n'es qu'un homme".

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Techniquement ce film est une fois de plus un bijou de formalisme et d'inventivité visuelle. Les scènes d'extérieurs sont grandioses avec des décors à couper le souffle et des couleurs retravaillées qui donne au film un parti-pris esthétique unique et novateur. Au passage, ne vous attendez pas à des visions apocalyptiques dantesques. Le Déluge est bel et bien représenté mais jamais dans la surenchère et très vite on se retrouve enfermés dans l'Arche avec les héros. J'ai aussi adoré les passages plus épileptiques chers à Aronofsky avec un coup de cœur personnel pour la Création du monde ou encore le crime de Caïn. C'est dans ce genre de moment qu'on ne regrette pas d'être allé en salle obscure voir un film, je dois avouer que j'ai été bluffé plus d'une fois.

Pour autant, je ne peux lui donner la note parfaite de 6/6. J'ai trouvé les seconds rôles plutôt légers avec notamment une actrice venue de la saga Harry Potter qui ne m'a pas du tout convaincue et qui a limité mon empathie vis à vis de certaines scènes-clefs (le face à face avec Noé quand elle a ses deux filles dans les bras par exemple). Il y a aussi quelques redondances et longueurs dues sans doute à des coupes. Il paraît que le métrage a été expurgé de certaines idées chères au réalisateur. Nous verrons en sortie DVD si ce ne sont que des rumeurs... Faute grave à mes yeux (en plus du couple de girafes manquant), on ne voit pas vraiment les bestiaux une fois qu'ils sont entrés dans l'arche, on les aperçoit de temps à autre en arrière plan, mais finalement Aronofsky semble se désintéresser totalement d'eux, un comble avec un tel sujet traité! Dernier et non des moindres (attention spoiler!), que vient faire dans l'Arche un humain nuisible déterminé à sauver sa peau coûte que coûte? C'est totalement artificiel et pour ma part hors sujet... dommage.

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Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film est une réussite car en l'espace d'une séance, on se retrouve plongé dans un pan de notre culture commune entre émerveillement et tension. Comme Aronofsky est un faiseur de premier ordre, la beauté et la réflexion sont au RDV malgré quelques scories. À voir au cinéma pour profiter au maximum du spectacle!

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samedi 3 mai 2014

"Zazie dans le métro" de Raymond Queneau

zazieL'histoire: - Zazie, déclare gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai. - Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
- Qu'est-ce qui t'intéresse alors?
Zazie répond pas.
- Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse?
- Le métro.

La critique de Mr K: Voici un livre que je n'avais jamais lu auparavant. J'ai eu ma période "classiques" lors de mes études littéraires et de Queneau, je n'avais lu jusque là que l'excellent Exercice de style qui a nourri le mouvement des ateliers d'écriture et qui interpelle encore les jeunes générations quand on leur présente le procédé utilisé. L'occasion s'est présentée une fois de plus chez l'abbé de découvrir Zazie dans le métro sur lequel j'ai entendu nombre d'avis positifs, parfois dithyrambiques. Je me jetai à l'eau...

C'est l'histoire d'une fillette confiée le temps d'un week-end aux bons soins de son oncle qui réside à Paris. Durant tout le livre, elle serine à qui veut l'entendre qu'elle veut absolument aller voir le métropolitain. Pourtant le séjour ne se passe pas exactement comme prévu... Il est difficile d'en dire plus sans verser dans le spoiler donc vous devrez vous contenter de ce maigre résumé. Et toc!

Qualifié de roman parodique par beaucoup, on se retrouve ici à la croisée du genre entre tranche de vie, policier et théâtre (les dialogues sont croustillants à souhait). Peu ou pas de description pure et dure ici, on sait que Queneau de par son parcours (surréalisme, le mouvement néo-français...) n'était pas adepte de la surcharge littéraire. Par contre, on reconnaît son goût immodéré pour ses personnages et leur caractérisation par leurs actes et leur verbe. Préparez-vous donc à un livre vivant et étrange tant on s'éloigne des sentiers battus. Et dire qu'il date de 1959!

Deux personnages sortent du lot nettement. Tout d'abord l'héroïne éponyme qui est tout sauf une petite fille modèle. Grande adepte de l'argot, elle représente la jeunesse insolente et avide d'expérience. Elle veut vraiment le découvrir le métro! Elle se heurte au monde des adultes, elle le teste, en révèle les failles malgré les adultes qui l'entourent et essaient de lui en monter la cohérence et les règles. Je l'ai trouvé d'une fraîcheur rare et j'ai adoré son sens de la répartie qui fait des ravages. Elle est confiée à son oncle Gabriel, un colosse de 32 ans qui danse travesti en femme la nuit. Il est plein de tendresse et d'esprit paternel avec cette jeune fille haute en couleur. Le choc des générations est ici traité avec finesse via des expériences diverses et des rapports humains francs et touchants. Gabriel est aussi enrobé de mystère concernant ses goût intimes: homosexuel? simple travesti? On en arrive même à se poser des questions sur sa compagne (Homme ou femme? Marceline, Marcel?). Autant de touches plus floues qui ajoutent en profondeur et en réflexion.

On touche à beaucoup de questions primales dans ce petit livre. L'identité notamment entre la jeune fille qui se construit au fil des pages et un oncle décalé qui se voit confier sa nièce durant un week-end. Au détour des rebondissements, c'est l'amitié ou encore le travail qui sont questionnés au travers des scènes de vie dont nous sommes les témoins. C'est l'occasion aussi une fois de plus pour Queneau de jouer avec la langue et les mots. L'expression est ici novatrice pour l'époque notamment dans l'usage de l'argot et le jeu avec le principe du mot-valise. Il en ressort une lecture aisée et impertinente qui n'est pas pour me déplaire. J'ai souvent souri devant l'inventivité dont fait preuve l'auteur et c'est avec facilité et plaisir que j'ai dévoré ce livre.

Lire un Queneau est décidément un acte un peu à part dans la pratique de la lecture. L'auteur aime à nous surprendre et à renouveler le langage. Il en ressort une lecture pas tout à fait comme les autres, qui en déconcertera sans doute certains mais qui personnellement m'a captivée et enrichit l'âme et l'esprit. Ça se tente, non?

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vendredi 2 mai 2014

Bientôt un vaccin contre la connerie?

lasserpe

Dessin de Lasserpe tiré de son blog.

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mercredi 30 avril 2014

"Ceux qui vont mourir te saluent" de Fred Vargas

ceuxquivontmourirL'histoire: À priori, tous les dessins de Michel-Ange ont été répertoriés. Et lorsque l'un d'eux fait une apparition discrète sur le marché, il y a tout lieu de supposer qu'il a été volé. Le plus incroyable, c'est que celui qui est proposé à Henri Valhubert, célèbre expert parisien, provient probablement de la bibliothèque vaticane!
Qui se risquerait à subtiliser les trésors des archives papales? L'affaire se complique lorsque Valhubert est assassiné, un soir de fête, devant le palais farnèse.
Instantanément, les soupçons se portent sur le fils de la victime. Ce dernier fait partie d'un curieux triumvirat d'étudiants, aux surnoms d'empereurs: Claude, Néron et Tibère. En résidence à Rome depuis plusieurs années, tous trois entretiennent des liens singuliers avec la veuve de Valhubert. Une femme au charme envoûtant et dont le passé comporte quelques zones d'obscurité...

La critique de Mr K: Un petit plaisir policier aujourd'hui avec ce volume de Fred Vargas qui patientait déjà depuis un petit bout de temps dans ma PAL. Ce titre n'est pas à classer dans la série des Adamsberg et propose une enquête haletante dans le milieu de l'art, de la diplomatie inter-étatique et des secrets de famille. Derrière le meurtre principal se cache tout un réseau de relations plus étranges et nébuleuses que la normale que Vargas avec son grand talent d'écrivaine va tâcher de dénouer pour nous dans un volume aussi court (190 pages) qu'efficace.

Pour ce qui est de l'intrigue, on reste dans du classique pur jus. L'auteure commence par nous faire côtoyer les trois membres d'une confrérie pas tout à fait comme les autres. Claude, Tibère et Néron sont trois passionnés d'histoire antique et plus particulièrement de l'époque romaine. Ils mènent leurs études, courent la gueuse et participent à des soirées estudiantines endiablées. Leurs rapports relèvent quasiment de la fratrie et ils partagent tout. Tout bascule quand le père de Claude meurt au cours d'une soirée et que les soupçons s'orientent vers ce petit groupe d'ami. L'agent spécial Valence, envoyé pour étouffer l'affaire qui pourrait faire grand bruit et porter préjudice à certains membres du gouvernement, va très vite s'apercevoir qu'on lui cache bien des choses et que la vérité va être difficile à découvrir entre fausses pistes et faux-semblants. Pour démêler cet imbroglio, Il va pouvoir compter sur l'aide précieuse de l'inspecteur italien Ruggieri qui tient pas dessus tout à résoudre cette affaire sans épargner personne.

Vargas une fois de plus nous livre toute une galerie de personnages plus réussis les uns que les autres. Valence tout d'abord, bloc de la quarantaine implacable (il y a un peu d'Adamsberg chez lui) mène son enquête à un rythme aussi lent que mesuré. Doué d'un sens de la déduction fort développé, il rencontre et interroge des personnes de tout milieu sans rencontrer de grosses difficultés. Forçant le respect parfois jusqu'à l'inquiétude, il va se heurter à une jeune veuve au passé sombre et aux rapports ambigus avec le triumvirat précédemment évoqué. Simple affection, amour, attirance purement charnelle, réseau mafieux? Autant d'hypothèses tour à tour abordées, mises à l'épreuve et parfois écartées. Le chemin vers la révélation finale est ici sinueux entre manipulations affectives, manœuvres d'intimidation, confessions dangereuses et autres confidences fallacieuses. On en perd son latin, les rebondissements sont nombreux et la fin cueille le lecteur entre logique et stupéfaction.

On retrouve le caractère profondément humaniste et finaud de Vargas dans le traitement de ses personnages et des relations qu'ils entretiennent. La description est réaliste et complexe comme le sont les rapports humains. Pas de superficialité ici, plutôt une analyse au scalpel des désirs et motivations profondes de chacun. Chacun a sa part d'ombre, sa somme d'expérience et quand les destins individuels se chevauchent, la théorie des dominos s'applique et donne lieu à des circonvolutions scénaristiques de haute volée. Bien que petit par la taille, ce récit est d'une rare densité émotionnelle et factuelle. On ressort de cette lecture ravi et conforté dans l'idée d'avoir lu un excellent policier.

Vous l'avez compris, si vous êtes amateurs du genre et que vous ne connaissez pas encore ce roman, il serait vraiment temps de vous pencher sur la question car cette lecture est un plaisir de chaque instant qui vous réservera de nombreuses surprises et vous rendra addict dès les premières pages.

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- L'Homme à l'envers
- Sous les vents de Neptune
- Dans les bois éternels
- Un lieu incertain
- L'homme aux cercles bleus
- Coule la Seine
- Sans feu ni lieu

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lundi 28 avril 2014

Vacances d'avril = nouveaux livres!

C'est désormais un rituel, à chaque début de vacances scolaires, nous nous rendons chez notre dealer de bouquins préféré (à savoir Emmaüs) pour faire le plein de lecture. Ce n'est pas qu'on en est véritablement besoin (au sens où on en aurait pas assez), on a tous les 2 une PAL à faire peur, mais c'est un petit rituel auquel on tient. Et en toute franchise, on n'arrive pas à faire autrement!

La pêche du jour fut bonne. Voyez plutôt:

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C'est ce qu'on appelle un nouveau craquage. Oui je sais... Même pas honte d'abord!

Et en détail voilà ce que ça donne pour moi:

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- "Nu dans le jardin d'Eden" d'Harry Crews parce que c'est un Sonatine que je n'ai pas, que j'adore cette maison d'édition et qu'avec eux je ne prends pas beaucoup de risque quant à la qualité de leurs publications.
- "L'égoïste romantique" de Frédéric Beigbeder parce que j'adore cet auteur et que je n'ai pas lu celui ci.
- "Retour à Rédemption" de Patrick Graham parce que j'en ai lu beaucoup de bien et que c'est le genre de romans qui a tout pour me plaire.
- "Les grand-mères" de Doris Lessing. Alors là pur hasard, j'ai aimé la couv' et la 4ème de couv', je le tente!

Et pour Mr K:

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Du contemporain avec:
- "Le Bar sous la mer" de Stefano Benni pour son pitch bien délirant d'un mystérieux bar au fond de la mer. Comme en plus, c'est chez Babel...
- "Mémoires d'un Yakuza" de Junichi Saga parce que ce livre a une excellente réputation et plonge son lecteur dans la vie d'un gangster japonais (tiré d'une histoire vraie). Belle immersion en perspective dans le milieu des Triades japonaises.
- "Combat de fauves au crépuscule" de Henry-Frédéric Blanc parce que c'est une maison d'édition que j'affectionne tout particulièrement, la couverture est imparable (ben ouais, y a un chat qui se la raconte!) et cette histoire de jeune arriviste livré en pâture au commun des mortels n'est pas pour me déplaire.
- "Kennedy et moi" de Jean-Paul Dubois parce qu'il est difficile de résister à un Jean-Paul Dubois, moi je n'hésite même plus! En plus, celui-ci a particulièrement plû à mes parents...
- "Sur la falaise" de Gregor Von Rezzori parce que cet ouvrage m'intrigue tout particulièrement, le court résumé laisse entrevoir un délire littéraire à nul autre pareil. Work in progress...
- "Love & Pop" de Ryû Murakami car on m'en a aussi dit le plus grand bien et que l'auteur est l'homonyme d'un de mes écrivains préféré. Ici, l'univers a l'air plus sombre et la plongée profonde dans une part de la société japonaise.
- "Insecte" de Claire Castillon parce que la quatrième de couverture est complètement barrée. Ca sent la lecture-chalumeau!

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Du policier / thriller avec:
- "Last call" d'Alex Barclay parce que j'ai adoré son premier roman et que dans celui-ci on retrouve un inspecteur qui m'avait ému, rajoutez à cela une écriture maline et machiavélique. Il ne m'en fallait pas plus pour me laisser tenter!
- "Pélerins des ténèbres" de Serge Brussolo pour explorer une autre part de l'oeuvre d'un auteur que j'affectionne. Ici il est question de pélérinage maudit en plein Moyen-Age! Tout un programme!
- "Le syndrome Copernic" d'Henry Loevenbruck parce que j'aime beaucoup cet auteur et que l'occasion fait le larron!
- "Bloody birthday" collectif de recueils de nouvelles parce qu'on y trouve nombre de signatures d'auteurs prestigieux du polar français et que le genre de la nouvelle policière est une invitation à la fulgurance et à la surprise.
- "Mémoire en cage" de Thierry Jonquet parce que je n'ai pas encore lu ce roman d'un des maîtres du genre. J'adore Jonquet, so no comment!
- "Fondu au noir" de Jean-Jacques Reboux parce que je voulais découvrir la plume de cet auteur ailleurs que dans la série du Poulpe. Ici c'est noir et tortueux à priori...

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Et un joyeux mix avec:
- "La Fée et le géomètre" de Jean-Pierre Andrevon, illustré par Enki Bilal parce que cette histoire de royaume des fées envahi et dénaturé par l'homme fait écho à mes convictions profondes sur la nature humaine. La lecture s'annonce tendue, intense et sans doute mélancolique.
- "Ils partiront dans l'ivresse" de Lucie Aubrac car je n'ai jamais eu l'occasion de le trouver auparavant et qu'un témoignage de cette importance me rappellera mes années Fac et me replongera dans une période bien ténébreuse de notre Histoire commune.
- "Nos rêves sont plus grands que le ciel" de Jean Cavé parce que ce roman inspiré d'un personnage réel m'a fasciné en quatrième de couverture. Il est question ici d'idéalisme, de persévérance et de croyance en une vie extra-terrestre; tout ceci au XIXème siècle! Ca promet!
- "Des souris et des hommes" de John Steinbeck car avec Nelfe nous nous refaisons l'intégrale d'une série qui y a fait référence justement hier soir. L'occasion était trop belle de découvrir un roman considéré comme une oeuvre majeure de la littérature américaine.

Un bon aperçu de ce qui sera chroniqué bientôt sur le blog! Maintenant y'a plus qu'à! ;)

samedi 26 avril 2014

"La Cerise sur le gâteux" - Série Le Poulpe - de Jean-Jacques Reboux

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L'histoire: Alvaro Pereira a 26 ans, des copains en or et une petite sœur qui l'adore. Il a aussi la peau noire des habitants du Cap-Vert. À la sortie de la foire du Trône, soudain, une bande de skinheads lui fait face.
La suite s'étale dans tous les journaux. Deux balles dans la tête. Et Yanissa, la petite sœur, qui a disparu. Pour mener à bien son enquête, le Poulpe n'a que le périph' à traverser.
La route de la vérité, elle, sera beaucoup plus longue et douloureuse. Car dans la petite ville tranquille de Charençon-le-Plomb, la vérité, on a du mal à la voir en peinture. Et on préfère la garder pour soi.

La critique de Mr K: Un petit Poulpe aujourd'hui avec ce recueil peu reluisant où le racisme et la haine ont la part belle. C'est un pur hasard si j'ai effectué cette lecture au moment des municipales qui ont vu un parti d'extrême droite faire une percée aussi importante qu'inquiétante à mes yeux. Mais voilà, j'ai tendance à programmer à l'avance mes lectures pour essayer de ne pas me laisser déborder par ma PAL (c'est pas gagné...). Et puis, un Poulpe n'est jamais une lecture comme les autres, c'est une sorte de petit en-cas, de plaisir de deux soirs de lecture pour se remettre des émotions des lectures précédentes. Pas de pot pour moi, celui-ci est bien chargé en la matière!

Un crime raciste a eu lieu dans la proche banlieue parisienne, la police ne semble pas se bouger énormément autour de l'assassinat d'un jeune cap-verdien en pleine rue par un groupe d'abrutis tondus amateurs de Mein Kampf et de mauvaise bière. Le sang de Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe ne fait qu'un tour et le voilà parti pour trainer ses guêtres sur le macadam de Charençon-le-plomb (aka Charenton-le-Pont) commune qui semble avoir bien des choses à cacher. Il ne va pas falloir longtemps pour que Gabriel soit confronter au climat méfiant et délétère qui semble régner dans cette terre bourgeoise entourée de cités.

Comme tout Poulpe qui se respecte (c'est dans la charte officielle), le livre est très court, le rythme n'en est que plus trépidant. Il ne se passe pas trente pages qu'on attente déjà à la vie du Poulpe, qu'il se heurte à ses ennemis héréditaires (les représentants de la loi) et qu'il ne tombe sous le charme d'une mystérieuse jeune fille. Jean-Jacques Reboux nous présente toute une batterie de personnages plus poulpesques les uns que les autres: les amis d'Alvaro fruits de la mixité des cités, des jeunes sans-soucis mus désormais par la même haine qui a conduit à la disparition de leur ami. On retrouve aussi des flics désœuvrés amateurs de ratonnades et des skins plus agressifs que nature. Le commun des mortels semble absent de cette histoire qui ressemble beaucoup dans sa structure à un western. Heureusement ça ne tire pas dans tous les sens et la fin du récit est un joli pied nez à tout ceux qui pensent que la violence engendre forcément la violence. Je n'ai pu m'empêcher en refermant ce volume de penser au film Coup de tête de Mocky avec Patrick Dewaere. Dernier détail, Chéryl est un petite peu présente avec deux conversations téléphoniques toujours aussi tendres et tendues dont Gabriel et la jolie shampouineuse ont le secret. Décidément ce couple est à part!

La lecture s'est révélée une fois de plus souple et agréable. Abrupte, allant à l'essentiel, le style de Reboux sied parfaitement à la série du Poulpe. On retrouve avec un plaisir non dissimulé un Gabriel Lecouvreur au top, faisant à de nombreuses reprises référence à Louis Guilloux et son Sang Noir qui attend toujours dans ma PAL que je le relise. Vraiment un bon crû que ce volume que je ne peux que vous conseiller si vous êtes amateur de polar libertaire et rigolard!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant
- Arrêtez le carrelage
- Légitime défonce

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jeudi 24 avril 2014

"Les Passagers du vent" Intégrale de François Bourgeon

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L'histoire : A bord du "foudroyant", un navire français de 74 canons et de 775 hommes d'équipages...
La fille sous la dunette, révoltée, farouche... entêtée parfois. Isa a bien besoin de toute cette énergie pour porter un secret un peu trop lourd pour elle. Parce qu'il acceptera de partager ce secret, le jeune Hoel, matelot de haute paye, vivra le temps d'une rencontre, une aventure qui boulversera sa vie et son destin...
Les incidents, parfois mortels, se multiplieront et l'eau si puante, même coupée au vinaigre, laissera dans la bouche un goût épouvantable...

La critique de Mr K : Voilà une série qui me faisait de l'œil quasiment à chaque chinage. Malheureusement pour moi jusqu'ici, je ne trouvais qu'un tome par ci et un tome par là... Je reportai mon achat à chaque fois... Bien m'en a pris ! Lors d'une vente spéciale de BD chez l'abbé, je trouvai l'intégrale à un prix imbattable ! Dans ces cas là, le désir l'emporte sur la raison et j'adoptai d'un coup les cinq volumes de la série !

"Les Passagers du vents" est ce que l'on pourrait qualifier de BD romanesque historique. Il règne sur ces planches un souffle bien particulier, des bourrasques plutôt, qui emportent littéralement le lecteur quasiment conquis dès les premières pages par des personnages charismatiques aux destins contrariés et une réalité historique remarquable de fidélité et de magnétisme. Il ne m'a donc pas fallu beaucoup de temps pour accompagner Isabeau dans son périple rude et dépaysant.

houel et isabeau

L'héroïne d'extraction noble a un secret qui expliquerait sa présence sur un navire en partance pour les tropiques. Isa (alias Isabeau) est assez étonnante tant son attitude et son comportement détonnent par rapport à l'image que l'on se fait de la femme de l'époque. Indépendante, tempétueuse, elle rivalise avec les garçons. Elle va justement faire la rencontre de l'un d'entre eux en la personne de Hoël, simple matelot de bord. Cette relation naissante ne va pas se faire sans mal et les obstacles se feront nombreux. Qu'en sera-t-il à la fin du voyage ? Autour d'eux gravitent toute une série de personnages plus ou moins recommandables qui vont forger leur destin et emmener les lecteurs, loin... très loin. Je reste volontairement flou sur les ficelles de l'intrigue principale pour vous laisser la découverte, sachez simplement que les rebondissements sont nombreux durant les cinq tomes et que Bourgeon n'hésite pas à tailler dans le vif pour mieux émouvoir ses lecteurs.

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Ce qu'il y a de proprement magique dans cette série, c'est la rencontre parfaitement réussie entre la petite et la grande histoire. Déjà qu'on est chaviré par la psychologie des personnages et toutes les péripéties qu'ils doivent affronter mais Bourgeon a un talent et un goût sûr en ce qui concerne la contextualisation du récit. Le XVIIIème siècle finissant est criant de réalisme et il nous immerge sans complexe et avec une réussite éclatante dans le domaine de la navigation au long cours de l'époque. Les dessins sont remplis de détails qui donnent à l'ensemble une cohérence et une force peu commune. Ainsi la vie de l'équipage (matelots de bases et gradés) est examinée à la loupe au détour de l'histoire principale, on assiste à une bataille navale dantesque, on croupit avec des prisonniers dans un ponton abandonné, on visite les camps négriers et les plantations... Ça m'a rappelé la bonne époque de la fac où j'avais suivi un module d'Histoire moderne sur les empires coloniaux européens à la même époque.

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Qui dit XVIIIème siècle dit aussi esclavage. Le sujet n'est qu'abordé dans les deux premiers tomes mais il est frontalement traité dans les trois derniers. Sans fioriture, dans un réalisme crû qui nous renvoie en pleine figure nos crimes passés, on est ici dans le documentaire légèrement romancé. Une belle réussite qui vaut tous les discours et imprécations moralisantes. Rajoutez là-dessus, un soupçon de notions de géostratégies commerciales de l'époque et vous obtenez un plaidoyer aussi implacable que finement mené.

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Toutes les qualités de Bourgeon s'expriment à plein dans cette série où il scénarise et dessine. Cela donne des planches absolument magnifiques où le réalisme ne fait pas reculer l'émotion et la subjectivité. La mise en mots est impeccable, accessible. L'histoire suit son cours emportant avec elle un lecteur fasciné par tant de talent déployé. On passe par de nombreux états et j'ai particulièrement aimé la fin qui est à la fois logique et ouverte.

Je vous invite très chaudement à découvrir cette œuvre pas tout à fait comme les autres, qui vous procurera à la fois du plaisir et de la réflexion. À bon entendeur !

Posté par Mr K à 17:58 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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