vendredi 30 août 2013

"Les chiens de l'hiver" de Dan Simmons

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L'histoire: Professeur de littérature anglaise à l'université du Montana, Dale Stewart est aussi l'auteur d'une série de romans à succès: Jim Bridges, le roi de la montagne. Mais Dale se trouve aujourd'hui à un tournant crucial de sa vie: dépressif et suicidaire, il a vu sa femme puis sa jeune maîtresse le quitter, et va probablement perdre son emploi. Il éprouve alors le besoin de retourner dans l'Illinois, sur les lieux de son enfance, pour écrire un roman "sérieux" mettant en scène la bande de gamins dont il faisait partie à l'époque.

Mais à peine arrivé, Dale est victime d'une succession de faits bizarres. La maison qu'il a louée – celle de son défunt ami Duane, un garçon surdoué mort à onze ans déchiqueté par une moissonneuse-batteuse – lui paraît hantée. Des chiens noirs démoniaques rôdent autour de la maison et il reçoit sur son ordinateur de mystérieux messages en vieil anglais. Perdu entre la réalité et ses hallucinations, Dale va voir resurgir l'horreur...

La critique de Mr K: Retour vers un de mes auteurs préférés aujourd'hui avec ce Dan Simmons dégoté chez l'abbé (comme c'est original!). Avec ce livre, Dan Simmons nous fait partager son goût pour les récits d'épouvantes et le surnaturel. Ici, un écrivain lambda qui a connu son heure de gloire retourne dans son village d'enfance pour se ressourcer et essayer de se sortir de sa dépression chronique suite à ses déboires sentimentaux. Les souvenirs ressurgissent très vite et bientôt, des choses étranges commencent à se dérouler autour de lui: il communique avec ce qui semble être un esprit et des chiens bien inquiétants font leur apparition autour de la ferme qu'il a louée pour l'occasion.

Autant vous le dire de suite, ce livre est une très belle réussite. Le suspens est vraiment insoutenable et ce n'est vraiment qu'à l'ultime fin de l'ouvrage que tous les tenants et aboutissants sont livrés.

La première grande réussite de ce livre sont ses personnages avec en premier lieu, le héros (anti-héros?) Dale Stewart. En à peine deux chapitres, on se dit que c'est pas gagné pour lui et qu'il l'a en même temps un peu cherché. Séparé de sa femme et donc privé de ses filles qu'il adore, sa maîtresse le largue à son tour à cause de leur grande différence d'âge et de la lassitude. Rajoutez à cela, une carrière littéraire plutôt à l'arrêt et les premiers symptômes de la dépression, vous obtenez un personnage bancal, totalement borderline par moment. On sombre avec lui dans ses doutes, ses fausses vérités et vous verrez que les révélations sont légion! Très réaliste dans son traitement, le choc en est plus grand quand les éléments fantastiques commencent à se multiplier et à devenir inquiétants autour de lui. Je me suis attaché à ce personnage hors norme qui même s'il est loin d'être parfait reflète à merveille les contradictions de l'être humain et son goût pour la vie. Autour de lui, quelques personnages récurrents gravitent: l'étrange agente immobilière, une bande de skins-bouseux très agressifs envers Dale Stewart, la sex-symbol de l'école primaire devenue adulte et toujours aussi troublante, un shérif vindicatif au comportement suspect... Autant de personnages (et j'en oublie!) qui entretiennent le mystère dans ce roman vraiment envoûtant à l'ambiance parfois proche de la série Twin Peaks de Lynch.

L'autre point fort du livre est son histoire et le climax distillé par Dan Simmons. D'un simple histoire de maison hantée, on rentre ici dans une histoire plus large qui mélange allégrement souvenirs, hallucinations, expériences éprouvantes, moments futiles de bonheur, érotisme mortifère et réflexions intérieures du héros. L'ambiance est cotonneuse à souhait avec une touche de tension qui ne va que grandissante au fil des pages: du brouillard, de drôles de bruit, une ferme qui cache bien des secrets et que le narrateur-héros explore peu à peu, des habitants au comportement déviant, des flash-backs sur le passé de Dale qui font penser qu'il n'est pas si blanc que cela... On chavire définitivement dans le fantastique quand d'étranges chiens font leur apparition et semblent évoluer au fil du temps (taille, aspect, attitude...). Là dessus, se rajoute un mystérieux échange via DOS entre le héros et un inconnu qui semble en savoir beaucoup sur lui et qui s'exprime en vieil anglais, tout en mêlant à ses propos des références ésotériques sur le livre des morts égyptiens. Peu à peu, Dale est envahi par la paranoïa, la méfiance et la peur. On bascule alors avec lui de l'autre côté de la barrière qui nous sépare des aliénés mentaux. Le lecteur perdu mais cependant accroché, fait alors toutes sortes d'interprétations toutes plus folles les unes que les autres et au final, elles se sont toutes révélées fausses pour ma part! Le voile levé, j'ai été satisfait par une fin à la fois logique et ouverte.

Que dire sinon que j'ai dévoré une fois de plus ce livre de Dan Simmons. J'ai retrouvé son écriture à la fois exigeante et accessible. Évocatrice à souhait, sans lourdeurs inutiles, tout en étant suffisamment précise pour aborder des thèmes et des croyances assez pointues, elle embarque le lecteur vers les chemins de la félicité littéraire. L'intrigue se dévoile très lentement avec des bouleversements que l'on ne voit pas forcément venir et des interrogations qui se multiplient, j'ai vraiment été tenu en haleine pendant l'intégralité du roman. Stephen King peut bien être cité en quatrième de couverture: "Je suis époustouflé par ce qu'écrit Dan Simmons...". Je ne peux qu'abonder en son sens (pour une fois!) surtout quand on a lu d'autres chef d'œuvre du bonhomme avec notamment L'Échiquier du mal, Endymion ou encore Terreur. Ce livre est une vraie petite bombe que tout amateur du genre se doit d'avoir lu! À bon entendeur!

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- Ilium
- Olympos
- Terreur
- L'Homme nu

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jeudi 29 août 2013

"La Vie à côté" de Mariapia Veladiano

la vie à côtéL'histoire: Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans la maison au bord du fleuve, aux côtés d'un père, médecin et trop absent, et d'une mère qui "a pris le deuil à sa naissance". Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena. C'est sans compter sur l'impétueuse tante Erminia, qui décide de l'initier au piano. Rebecca va dès lors concentrer sa vie entière dans ses mains... Une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.

La critique Nelfesque: Voilà un très joli roman de la Rentrée Littéraire. J'ai tout de suite été charmée par la quatrième de couverture étant moi même pianiste et ayant été séduite par cet instrument très jeune. Je ne connaissais pas Mariapia Veladiano et après avoir lu "La Vie à côté", je n'exclue pas de me pencher plus sérieusement sur sa bibliographie.

Dans ce roman, nous suivons Rebecca tout au long de sa vie et les choix qui ont été fait pour elle par ses parents depuis sa naissance. La réaction de ses parents face au bébé dans le couffin, sa sortie de la maternité, la décision de la mettre ou non à la maternelle, la rentrée à l'école primaire, le collège... Ces étapes, tout à fait ordinaires dans une vie lambda, sont, dans une vie "à côté", un véritable problème. Rebecca a en effet une particularité, cruelle et injuste, celle d'être laide. L'auteur n'y va pas par quatre chemins, Rebecca n'a pas juste un physique ingrat, ses traits ne s'adouciront pas avec l'âge, elle est irrémédiablement difforme.

Comment faire lorsque l'on est parents d'un "monstre"? Le physique est-il vraiment important dans une vie? Comment le vivre au quotidien et quelle image donne-t'on aux autres? Voici autant de questions posées dans ce roman. L'auteur place le lecteur du point de vue de Rebecca, jeune fille "normale" et sensible voyant sa vie conditionnée par son physique et le lecteur ne peut rester insensible.

Sans jamais rentrer dans le pathos, "La Vie à côté" est un roman absolument cruel qui donne à lire des situations à la limite du soutenable. Le rejet d'une mère, les moqueries à l'école, le harcèlement... tant d'obstacles et de désillusions qui ne devraient pas être soumis à une petite fille. C'est alors dans la pratique du piano que Rebecca va trouver sa place et se rapprocher de sa mère qui semble depuis sa naissance avoir fait le deuil de son enfant. Repliée dans son silence depuis de nombreuses années, rien ne semble plus la toucher et sa vie se résume aujourd'hui aux quatre murs de sa chambre. A son décès, Rebecca va avoir accès à son journal et va tenter de comprendre l'attitude de sa mère.

Avec une tante musicienne et un père jouant à l'occasion, Rebecca va tout mettre en oeuvre pour faire de la pratique du piano sa planche de salut. Grâce à lui elle veut reconquérir le coeur de sa mère, être la fierté de ses parents, voir le monde extérieur. Elle va faire des rencontres magiques et enrichissantes, un florilège de personnages atypiques et cabossés va graviter autour d'elle. Sa pratique du piano, c'est sa façon de vivre sa vie à côté, sa vie différente de celle des autres mais méritant d'être vécue.

J'ai vraiment été touchée par cette lecture. Je sais ce qu'est la vie au quotidien de l'apprentissage de l'instrument, les pressions et le stress qu'engendre le fait de vouloir faire de la musique autre chose qu'un simple passe temps, la notion de "nécessité" dans son jeu et la sensation de liberté qu'apporte la pratique de la musique dans une vie, un exutoire à tous nos soucis. Mariapia Veladiano a su retranscrire à merveille le lien si particulier qui lie un musicien à son instrument en y rajoutant une dose supplémentaire d'urgence. Une histoire qui émeut, une enfant que l'on voudrait aimer, une écriture simple et si belle, un roman à découvrir.

J'ai lu "La Vie à côté" dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.

mercredi 28 août 2013

"Jeune et jolie" de François Ozon

affiche-Jeune-jolie-2013-1L'histoire: Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons.

La critique Nelfesque: "Jeune et jolie" est un film que j'attendais depuis son passage au Festival de Cannes. J'ai aimé la bande annonce, j'ai aimé le thème abordé, j'aime Ozon... Voilà 3 bonnes raisons d'aller voir ce film au cinéma à sa sortie! Et même mieux puisque nous avons pu assister à l'avant-première dès le mardi soir. C'est dire à quel point j'attendais ce film!

Je ne vais pas rentrer dans la polémique qui a depuis envahi le net et les réseaux sociaux à base de "Ozon t'es qu'un gros pervers" et de "c'est dégradant pour notre jeunesse ce genre de film, c'est un scandale", tout d'abord parce que ces remarques émanent souvent de personnes n'ayant pas vu le film et ensuite parce que je suis loin de partager ces avis. Il en faut sans doute plus pour me choquer qu'une paire de nichons de 17 ans sur grand écran et quand c'est fait avec autant de finesse que sous la caméra d'Ozon, non, je maintiens, il n'y a rien de choquant.

Il est effectivement question de prostitution ici mais à mon sens "Jeune et jolie" va au delà de cela, au delà même du simple constat qui consisterait à blamer une jeunesse en perte de repères et où seuls l'apparence et l'argent comptent. Non, ici il n'est pas tant question de cela que du rapport à l'adolescence, au corps et aux changements qui s'opèrent en nous à cette période souvent difficile de nos vies.

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Isabelle n'a pas besoin d'argent. Ses parents ont une bonne situation, elle étudie au lycée Henry IV, fréquente un milieu aisé et a pour amie la jeunesse dorée. Oui mais voilà, Isabelle s'ennuie, elle est désabusée, elle ne sourit pas, elle porte en elle une souffrance dont elle ne connait pas l'origine et qu'elle ne saurait expliquer. Lors de l'été de ses 17 ans, elle va avoir sa première expérience sexuelle avec un jeune touriste allemand et la déception va entrainer chez elle une sorte de refoulement du désir et de l'amour. C'est ça "coucher"!? Un laps de temps où les femmes doivent écarter les cuisses et attendre que ça passe? Sa première expérience n'a pas été violente physiquement, le jeune homme ne l'a pas malmené mais il n'a su susciter en elle que de l'indifférence. Alors elle va prendre le pouvoir sur les hommes, leur désir, les faire payer pour ce qu'elle ne ressent pas. Elle ne se prostitue pas par besoin ni de force, encore moins par vengeance, mais pour l'expérience, comme une expérimentation de laboratoire où elle serait à la fois le chercheur et le rat. C'est là toute la force de ce film.

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D'une beauté froide, la jeune Marine Vacht, tient son rôle à la perfection. Le coeur de son personnage est vide, elle ne laisse rien transparaître sur son visage. Cela en troublera beaucoup mais lorsqu'on est une femme on comprend ses questionnements, ses doutes, ses non-dits. Sans aller jusqu'à l'expérience de la prostitution, je pense que chaque femme s'est un jour posée la question de son rapport au corps et de ce qu'il représente.

Le sujet de "Jeune et jolie" est donc assez lourd et le climax est pesant. Pour dédramatiser l'ensemble et apporter un peu de légèreté à son oeuvre, sans quoi le spectateur serait sans doute ressorti de la salle obscure complètement déprimé, François Ozon insère des dialogues légers, plein de candeur et de tendresse, souvent dans un échange entre Isabelle et son jeune frère. On retrouve le procédé utilisé par Maïwenn dans "Polisse". Autre sujet, autre traitement, mais la même volonté de ménager des zones de décompression pour le spectateur.

C'est aussi un film sur la famille, sur les rapports que l'on peut avoir les uns avec les autres, sur ce que l'on croit connaître, sur les secrets destructeurs, sur la nécessité de communiquer, sur la confiance... La famille dépeinte ici est très juste dans ses rapports et sa façon de fonctionner. Pas mal de parents ressortiront du film en se disant que tout peut arriver, même si en apparence son enfant est bien sous tout rapport et qu'il ne semble pas en errance. Il ne faut pas oublier que l'adolescence est une période ingrate et que chacun s'en sort comme il peut. Dans tous les cas, l'adulte qui en ressort se verra grandi. Ici, un des clients d'Isabelle va faire toute la différence... Parfois l'aide ne vient pas forcément de là où on l'attend. 

Je vous conseille vivement ce film. J'en attendais beaucoup et je ne suis pas déçue. François Ozon nous sert ici un film tout en finesse avec un vrai fond derrière, loin des poncifs et des objets cinématographiques abscons. Un vrai film humain.

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La critique de Mr K: 6/6. Une très belle nouvelle claque de la part d'un réalisateur dont j'avais adoré notamment 5X2, 8 femmes ou encore Sous le sable, repassé récemment sur Arte. Nous sommes allés le voir en avant première la semaine dernière, un mardi soir et la salle était comble. Il faut dire qu'Ozon a ses fans indéfectibles mais aussi ses détracteurs. Ce film a lancé une polémique dont je n'ai pris connaissance que le lendemain, je trouve personnellement qu'il n'y a pas matière à se crêper le chignon mais comme les réacs de tout poil et autres biens pensants moralisateurs se font beaucoup entendre ses temps ci, ça ne m'étonne qu'à moitié.

Le film commence sur la plage dans le sud de la France. On suit une famille et notamment leur fille Isabelle, adolescente qui va connaître sa première expérience sexuelle avec un beau teuton séducteur mais peu attentionné. Isabelle en ressortira déçue, frustrée et abîmée. On la retrouve après sa rentrée scolaire dans un des plus grand lycée parisien qui se prostitue. Étrange se dit-on, tant on pense que ce genre de pratique est plutôt le fait d'étudiante désargentées alors qu'elle est issue d'une famille bourgeoise et que sa mère et son beau père ne lui refusent rien. Elle tapine donc mais un secret ne peut rester indéfiniment caché et c'est une onde de choc sans précédent qui va frapper cette famille.

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On retrouve dans ce métrage tout le talent d'Ozon pour caractériser et faire évoluer ses personnages. Le personnage d'Isabelle ne se résume pas à ces activités que la morale réprouve et l'étalage de sa chair n'est pas sa seule raison d'être contrairement à ce que certaines critiques ont pu dire. Je trouve qu'on a davantage affaire à un film sur l'adolescence que sur la prostitution. On retrouve la verve et le côté sans concession d'un Larry Clark mais à la mode française. Alors oui, il y a beaucoup de scènes de nus mais le rapport au corps est primordial dans cet âge crucial qu'est l'adolescence et il est question de la construction ou comme ici de la non-construction de son identité intime. Marine Vacth est incroyable de justesse et joue à merveille la petite fille riche perdue. Pour renforcer le malaise ambiant, Ozon a aussi beaucoup insisté sur les personnages de la mère (Géraldine Pailhas se révèle une fois de plus excellente) et du beau père (Frédéric Pierrot impeccable) et de leur rapports changeants avec Isabelle. On assiste à la lente destruction des liens anciens sans pouvoir intervenir, la charge émotionnelle est forte et le malaise va grandissant. Pour soulager le spectateur du scabreux et du cru, Ozon a rajouté le petit frère d'Isabelle qui lui est aux portes de l'adolescence et se pose beaucoup de questions. Cela donne lieu à des répliques bien senties et drolatiques à souhait. On retrouve aussi dans ce film l'excellent acteur Johan Leysen qui joue le rôle d'un client pas comme les autres (il éprouve de l'empathie pour cette jeune fille en perdition et ils tissent entre eux un lien très particulier) et une de mes actrice préférée, Charlotte Rampling une habituée d'Ozon, fait une apparition aussi remarquable que remarquée.

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La perfection formelle d'Ozon est-elle aussi au RDV. Cadrages, plans, lumières, décors, climax tout est pensé avec soin et délicatesse pour enrober d'un écrin à la fois simple et marquant cette histoire effroyable. Mention spéciale pour la musique que j'ai trouvé parfaite avec notamment quatre chansons de Françoise Hardy (mon petit pêché mignon) traitant des affres de l'adolescence, des titres que l'on a pas l'habitude d'entendre et que l'on découvre avec plaisir tant elles collent idéalement au thème du film.

Alors oui! Ce n'est pas un film à thèse mais ce portrait d'une adolescente troublée se révèle élégant, intelligent et développe avec finesse la mélancolie et les désillusions propre à cet âge à la fois ingrat et plein d'espoir. Un très beau et très fort moment de cinéma!

mardi 27 août 2013

"Block 109" de Brugeas et Toulhoat

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L'histoire: 1953...

Après avoir détruit l'Occident, le IIIème Reich agonise à son tour sous les coups de l'Armée Rouge. Pour Zytek, le maître de l'Allemagne, il ne reste qu'une seule solution: une attaque virale majeure.

Malgré le refus du Haut conseil, le virus provoque déjà des ravages dans les ruines de Marienburg. Les contaminés, transformés en monstres sanguinaires, s'attaquent aux soldats isolés des deux camps. Seule l'escouade du sergent Steiner parvient à s'échapper d'une funeste rencontre.

Ce dernier et ses camarades sont-ils la dernière chance de l'humanité? Et quel est véritablement l'objectif de Zytek, l'omnipotent seigneur du Reich?

La critique de Mr K: Voici une BD dont j'avais entendu le plus grand bien il y a déjà quelques temps et que j'ai offert à un bon pote pour son anniversaire en début d'année. Il l'a appréciée et me l'a prêtée pour que je puisse me faire mon propre avis sur cette uchronie qui m'a irrémédiablement fait penser à K Dick et sa fameuse nouvelle "Le maître du haut chateau" ou encore"Fatherland" de Harris.

Les six planches de départ re-contextualisent le récit en nous décrivant les événements s'étant déroulés de mars 1941 (assassinat par un sniper d'Adolf Hitler) jusqu'à 1953, année qui marque le début du récit proprement dit. Vous l'avez compris, le IIIème reich a survécu à la Seconde Guerre mondiale contrairement à son führer. C'est Heydrich qui est aux commandes et un énigmatique personnage dénommé Zytek a crée un mystérieux ordre teutonique en référence aux chevaliers du même nom. Son pouvoir ne fait que croître et ses intentions au premier abord extrémistes pourraient bien se révéler plus nuancées. Il faudra bien 200 planches pour que les auteurs mènent leur intrigue jusqu'au bout et nous assènent une fin sans faux-fuyant ni équivoque.

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(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L'atmosphère de fin de règne est ici remarquablement rendue. Les soviétiques avancent malgré la défense acharnée des allemands et le conflit semble être à un tournant de son déroulement. D'étranges et sanguinaires créatures issues d'expériences contre-nature sont en liberté et dévorent tout ce qui passe à leur portée notamment dans l'ancien métro désaffecté qu'elles ont investi. On suit le point de vue d'une escouade quasiment livrée à elle-même depuis le renoncement de certains officiers. On alterne avec le ressenti des autorités et notamment de Zytek qui s'apparente beaucoup à un personnage principal tant il est omniprésent. Peu à peu, on se rend compte qu'il y a une lutte interne dans le régime: d'un côté les SS qui suivent les pas d'Hitler à travers son successeur Heydrich et de l'autre, un opportuniste à priori sans scrupule en la personne de Zytek qui veut déclencher une apocalypse bactériologique. Au milieu de ce grand jeu géostratégique, on suit le parcours de simples soldats auxquels les tenants et aboutissants échappent totalement et qui par leurs actes vont modifier les plans prévus.

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(Cliquez pour agrandir l'image)

Cette BD est vraiment brute de décoffrage. L'action est remarquablement bien décrite même si les dessins m'ont parfois paru inachevés. Il m'a donc fallu un petit temps d'adaptation pour me mettre au diapason. Malgré ce léger défaut, le scénario est vraiment très bien pensé et m'a accroché du début à la fin. Les méandres narratifs sont nombreux et la fin m'a littéralement cueillie. En plus, c'est un récit unique (ce qui se fait de plus en plus rare en BD aujourd'hui) et même si depuis des cross-over ont été réalisé sur cet univers singulier, ce volume se suffit à lui-même.

Une belle découverte que je vous conseille très fortement notamment à tous les amateurs et amatrices d'uchronies.

lundi 26 août 2013

A l'aventure compagnons!

En attendant un futur report du Motocultor 2013 et pour faire revivre notre rubrique des Lundis au soleil que nous avons malheureusement délaissé depuis bien trop de temps, je vous propose aujourd'hui de découvrir un groupe anglais qui a créé un sous-genre musical à lui tout seul: Jaldaboath et son héraldic métal!

Vous prenez des chevaliers, des barbus chevelus, des extraits de vieux classiques et des guitares saturées à la Motorhead et ça vous donne un excellent album, un clip complètement déjanté et une musique entrainante et gouleyante à souhait, idéale pour animer vos soirées régressives. Si après ça, vous n'avez pas le sourire vissé au visage, on ne peut plus rien pour vous! Enjoy!

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dimanche 25 août 2013

Priziac, ça claque!

La semaine dernière, Nelfe et moi nous sommes rendus au Parc Aquanature du Domaine du Sterou près de Priziac dans notre cher Morbihan. C'était l'occasion de passer quelques heures dans un parc de 80 hectares où règnent en maîtres plus de 140 cervidés en liberté!

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Dès notre entrée, nous pouvons apercevoir un troupeau de daims tranquillement avachis en plein soleil sur une grande prairie naturelle longeant le parking du parc. Il nous tarde de commencer notre exploration! Une fois la carte récupérée auprès du chalet d'accueil, nous voila partis sur les sentes verdoyantes couvrant près de 15 kilomètres!

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Plusieurs parcours s'offrent à nous et nous nous rendons vite compte que même si nous ne sommes pas des randonneurs de l'extrême, tous les chemins sont d'accès aisé et aucune boucle proposée ne dépasse les 30 minutes de marche. Le cadre nous fait tout de suite grande impression, les paysages sont vallonés, de petits ruisseaux et des étangs se rajoutent aux arbres pour confirmer l'impression de petit paradis terrestre qui se dégage de ce lieu unique en Bretagne.

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Faisant preuve d'un courage inoui pour des vacanciers en goguette, nous commençons par la partie appelée "Forêt des cerfs" qui sur la carte fournie parait être le parcours présentant le plus de dénivelé. Il s'avère que le trajet se fait tranquillement même si nous avons trouvé les indications sur le terrain pas très claires!

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Il ne nous faudra pas très longtemps pour faire nos premières rencontres, même si les cervidés étant méfiants de nature ont tendance à s'enfuir dans les fourrés. Il faut donc les approcher doucement sous peine de n'apercevoir que leurs arrières-train! En voici deux que nous avons dérangé en pleine promenade! Vous remarquerez l'air détaché et légèrement agacé de l'un d'entre eux!

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C'est aussi l'occasion de voir de très beaux spécimens de plus près même s'il faut rester à une distance respectable pour éviter la fuite de l'animal. Celle-ci semble se préparer pour aller danser.

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A l'occasion nous tombons nez à nez avec un troupeau vacant à ses occupations. Celui-ci ne sera dérangé que par une voiturette de golf que les visiteurs peuvent louer pour parcourir les lieux. Personnellement, on trouve que ça nuit à la découverte et le bruit a tendance à effrayer les bêtes sauvages. Dommage...

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Reste cependant une expérience inoubliable, loin du zoo traditionnel où les animaux sont parqués bien trop souvent dans des espaces réduits. Ici un vent de liberté souffle et c'est bien aux humains de s'adapter aux lieux pour pouvoir profiter au maximum de la nature et de ses bienfaits. C'est ainsi que nous pique-niquerons dans le plus grand calme à proximité d'un petit groupe de cervidés se reposant au bord d'un étang baigné de soleil. Un pur moment de sérénité.

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Nous ne pouvons que vous conseiller de vous y rendre si l'occasion le permet. C'est rare de pouvoir cotoyer ces espèces d'aussi près et le cadre est vraiment féérique par beau temps. N'y allez pas cependant pour les aquariums qui sont vantés sur le site, les infrastructures sont vieillissantes, les vitres sales et vous n'avez guère de chance de distinguer le moindre poisson. Ce fut la seule déception de cette journée par ailleurs enchanteresse.

samedi 24 août 2013

"A suspicious river" de Laura Kasischke

LK

L'histoire: Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avidité de l'argent non plus. Sainte martyre, Leila est au delà de son propre corps, plus sensible à la matière du monde qu'aux hommes. La clé de sa descente aux enfers gît dans l'enfance, et Leila sait, sans doute, qu'elle rejoue le destin tragique de sa mère, la parabole d'Eros et Thanatos au terme de laquelle, peut-être, elle découvrira qui elle est...

La critique de Mr K: Attention livre rude à ne pas mettre entre toutes les mains! Pur hasard du calendrier, en ce moment, je suis abonné au thème de la prostitution car avec Nelfe nous sommes allés voir Jeune et Jolie d'Ozon cette semaine (chronique à venir) et ma lecture du moment traitait justement du même thème. C'est mon premier contact avec cette auteur américaine et même si ce livre est bien particulier dans son genre, je pense que je retournerai vers elle tant son écriture s'est révélée immersive et poétique à la fois.

Ce livre tourne autour du personnage de Leïla, une jeune femme de 24 ans qui s'ennuie dans sa vie de couple (si on peut appeler son union avec Rick un mariage tant il a été contracté dans des circonstances particulières). Elle est réceptionniste au Swan Motel, établissement miteux comme l'Amérique en compte des milliers. Elle tapine régulièrement pour tromper la routine, changer son quotidien aliénant, elle se cherche au gré de ces passes improvisées. Pourtant, elle n'a pas vraiment besoin d'argent, elle n'est pas nymphomane et ne souffre d'aucun trouble psychique particulier. Complètement perdue, sans réel but dans la vie, elle survit et tente de découvrir sa vraie personnalité par le biais d'aventures sexuelles tarifées sans lendemain. Au gré de flashbacks aussi nombreux que révélateurs, nous allons découvrir en même temps qu'elle qui elle est vraiment, ce qu'elle a vécu. Ses activités extra-conjugales vont bien évidemment l'entraîner dans des relations malsaines pour arriver jusqu'à un point de non retour. La fin se révèle ouverte même si le doute est léger quant au devenir de Leïla.

Je vous le dis tout de go, le plus désarçonnant dans ce livre est le personnage de Leïla. Pendant les trois quart du livre, elle semble totalement absente de sa vie, elle vit les événements avec un détachement confondant, sans envie et sans dégoût. Cela donne une impression de malaise qui va grandissant et qui m'a déstabilisé au plus profond de moi. Comment peut-on subir autant d'atrocités et d'actes abjects sans réagir, sans envie de changer de vie, de progresser et d'essayer de s'en sortir. Il ne se passe pas grand chose dans ce roman mais l'héroïne s'enfonce de plus en plus. Comme si Leïla n'était mue que par la négation de soi, une forme de nihilisme total sans espoir de rédemption ou de bouleversement. Je dois avouer que je suis passé par tous les états avec elle et puis... peu à peu, la lumière se fait par petites touches sur son passé et l'on comprend son attitude et son détachement. On peut dire qu'elle a accumulé les expériences traumatisantes depuis l'enfance et en ressort une jeune adulte totalement déséquilibrée et parfois amorphe face à l'existence. Ce portrait de femme fragile est par moment irritant, dérangeant mais au final bouleversant de réalisme et de crudité.

L'écriture est vraiment particulière, très belle et aérienne, facile d'accès, la poésie ici se fait sombre et malsaine. On explore les tréfonds de l'âme humaine et la place est mince pour l'espoir et les plaisirs de la vie. Régulièrement, l'auteur fait référence à la fameuse rivière du titre qui coule tout près du motel. Elle file ainsi une métaphore sur l'existence, l'empirisme et les choix (ou non-choix) que l'on peut faire dans une vie humaine. La tonalité générale est inquiétante, angoissante parfois, on nage en eau trouble et l'on croise des personnages peu recommandables notamment des clients pervers du motel traités avec finesse par la plume de Laura Kasischke. Jamais vulgaire, ce livre propose des passages bien crûs que les âmes les plus sensibles risquent d'avoir du mal à digérer. Cependant rien n'est gratuit et les scènes érotiques et / ou violente servent le récit et le portrait.

Au final, malgré une ambiance délétère et une héroïne parfois agaçante, j'ai adoré ce livre que j'ai trouvé sans concession et d'une beauté mortifère. Quand c'est fait avec talent, les histoires déviantes ont un charme que les bluettes n'atteindront jamais. Un livre que je conseille très fortement au plus courageux(ses) d'entre vous tout en sachant qu'on ne ressort pas indemne de cette expérience!

mercredi 21 août 2013

"American nightmare / The Purge" de James De Monaco

American-Nightmare-Affiche-FranceL'histoire: Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

La critique Nelfesque: A l'idée d'aller voir "American nightmare", j'étais bien enthousiaste! Les vacances scolaires estivales touchant bientôt à leur fin, on va pouvoir retourner au cinéma pour voir autre chose que des blockbusters, des super-héros ou des dessins animés. J'aime la rentrée pour ça! Ici, à la vue de la bande annonce et du synopsis, je m'attendais à un bon film de genre, avec en fond une dénonciation de la violence et de l'american way of life. Un film jusqu'au-boutiste qui ne ménage pas le spectateur et fiche les foies! Ouais, ben... On peut repasser...

Sur le papier, "American nightmare" aurait pu être sympa pour les raisons évoquées plus haut et pour le huit clos qui, bien exploité, peut vraiment créer un climat d'angoisse. Au final, qu'est-ce qu'on a ici? Une famille enfermée dans une maison avec un énoooorme dilemne (oulala qu'il est gros) à résoudre dans les prochaines heures. Faute de quoi, des grands méchants, jeunes adultes sarkozystes (oui oui le big méchant est un sosie du fils de... (ce n'est pas une insulte, c'est vraiment son fils)), vont avec leurs masques de sadiques et leur allure de bourges défoncés au crack forcer les protections de la maison et tuer tout le monde. On s'en fout, ils ont le droit d'abord!

En moins de 2 je sauve la famille et donne un conseil au père: quand on veut vraiment être protégés contre une nation de fous dangereux pendant 12 heures d'affilé, on ne met pas des volets roulants blindés accrochés avec des punaises hein, on se fait une "panic room" qui va bien ou un abris anti atomique au fond du jardin... Au minimum! M'enfin, avec mes idées il n'y aurait pas eu de film...

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Prenons le donc comme il est et constatons que c'est un film assez creux, qui ne fait même pas peur. Un film "de couloir". Oula attention il y a la caméra qui avance dans le couloir obscur et sombre (comme Isabelle qui a les yeux bleus!), quelque chose va se passer. Oh mais oui ça se passe là! Bon ben ça fait pas peur... C'est aussi un film de "Aaaah le méchant va tuer le gentil là!!!! Aaaaah il va vraiment le tuer là!!! Ouf sauvé, quelqu'un va venir finalement tuer le méchant au dernier moment! On a eu chaud!". Ca va une fois... mais 3...

A la toute fin j'ai eu un léger espoir, je voyais poindre un truc bien tordu (je ne dis rien, je ne veux pas vous gâcher la fin du film proposée par le réal), une vengeance avec un grand V! Et puis non... plof... Idem pour le personnage qui ne fait pas partie de la famille. "Toi Quasimodo, retourne dans ton clocher manger tes crottes de pigeons". Next!

Ben ouais, un peu comme le film: next!

J'ai conscience que mon avis n'est pas des plus étayé mais j'ai déjà perdu 1h30 de ma vie et 5.50€. Je m'en vais me flageller avec des clous!

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La critique de Mr K: 3/6. Très très moyen cette affaire! Pourtant le pitch de départ était attrayant et prometteur. Pensez donc! Une journée défouloir où une société soit disante épurée se livre à tous les vices sans punition aucune. Il y avait moyen de montrer l'anarchie et de démonter en même temps cette idée complètement dingue de purger une société par la libération des instincts les plus bestiaux. Mais là où Battle Royal réussissait haut la main, ici nous avons affaire à une petite série B sans envergure et sans humour. Bon, il y a tout de même des points positifs avec notamment Ethan Hawke toujours aussi impeccable et qui se révèle très crédible en père de famille paniqué et lâche (du moins dans la première partie du métrage). Le personnage du jeune fils est lui aussi assez réussi et les liens familiaux sont plutôt bien retranscris notamment en ce qui concerne leur rejet de la violence. La réalisation est plutôt efficace et je n'ai pas vu le temps passer. Pendant toute la première partie du film, on se dit que ça va nous péter au visage...

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Et bien justement... Non! Tout cela est bien mou du genou et le film se résume plus à un film de couloir qu'autre chose. Ca marche peut-être avec les moins de quatorze ans mais ça ne fonctionne plus avec moi depuis un certain temps (à de rares exceptions près comme Insidious par exemple). La dimension réflective est très mince et on se retrouve avec un home invasion lambda à la fin attendue et finalement soft alors qu'on pouvait faire dix fois plus déviant et dérangeant. En même temps, on ne me demande jamais mon avis, je ne comprends pas! Les personnages secondaires sont caricaturaux à souhait avec une mention spéciale pour le sosie du fils Sarkozy dont on attend qu'une chose: le dézingage! L'actrice jouant Cersei Lannister est présente dans le casting d'American Nightmare dans le rôle de la femme d'Ethan Hawke mais se révèle bien fade... Dommage car elle assurait dans la série Game of throne...

Au final, ce film est dispensable. Pas complètement pourri mais pas réussi non plus. Heureusement qu'on est allé au cinoche avec des places à prix réduit. Ca limite la déception!

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mardi 20 août 2013

"Oms en série" de Stefan Wul

SW-OES1-BL'histoire: Que sont devenus les hommes?

Les survivants du grand cataclysme ont été recueillis par les draags, géants bleus aux yeux rouges, qui les ont emmenés sur leur planète, où le temps s'écoule beaucoup plus lentement que sur la Terre.

Asservis, domestiqués, ils sont devenus des oms, des êtres dégénérés au service de leurs nouveaux maîtres.

Mais peu à peu, menés par le jeune Terr, petit om d'une intelligence supérieure, ils retrouveront le goût de la liberté et affirmeront leur humanité face aux draags.

La critique de Mr K: Voici un très joli petit bouquin que j'ai dévoré en quelques heures! Une fois de plus, je l'avais dégoté chez l'abbé et il trainait déjà depuis quelques mois dans ma PAL avant que je jette enfin mon dévolu dessus. Nous avons ici affaire à un récit de SF très classique dans son déroulé mais à la forme à la fois inventive et spontanée.

Suite à un grand cataclysme, l'espèce humaine a été emportée sur une autre planète par la race géante des draags qui les a domestiqués. L'humanité n'est plus l'espèce la plus évoluée et se retrouve cantonnée dans le rôle d'animal de compagnie ou d'esclave. Le savoir s'est perdu, peu savent lire et écrire et les draags les entretiennent dans l'ignorance afin que les êtres humains ne répètent pas les erreurs du passé et ne soient un danger pour leur nouvelle planète d'adoption. Devenus des oms, des êtres soumis et désorganisés, le salut va venir d'un messie incarné par un jeune homme curieux aux capacités intellectuelles plus élevées que la moyenne. Le temps de la rébellion est venu et longue sera la route pour l'organisation de la résistance et la libération des oms.

Au risque de rendre certains d'entre vous sceptique quant à l'utilité de cette lecture, il n'y a pas vraiment d 'originalité dans l'histoire qui nous est ici livrée. Peu ou pas de surprise, on suit la transformation du jeune Terr en chef rebelle avisé, les erreurs et progrès inhérents à toute sorte d'organisation de résistance face à un système oppresseur. À travers plusieurs personnages secondaires (draags et humains), on voit la situation évoluer vers un affrontement inéluctable qui ici prendra une forme quasi pacifique. On est loin ici de la SF typée action ou space-opéra. On est plus dans l'esprit d'ouverture qui soufflait sur les création du genre de la fin des seventies comme dans le mythique dessin animée Gandahar. D'ailleurs Oms en série a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1973 par René Laloux avec Roland Topor au dessin. Un classique aussi que je n'ai toujours pas vu!

Le style de Stefan Wul est un bonheur de tous les instants. Très accessible, il ajoute un relief conséquent à cette histoire, par petites touches successives qui peu à peu éclairent le lecteur sur les tenants et aboutissants. Les descriptions du monde imaginaire et de ses habitants étranges que sont les draags sont concises et à la fois très immersives. Très vite, le background est exposé et il est très difficile d'échapper aux pages de ce livre. L'addiction est rapide et sans douleur. On suit alors la trame narrative avec plaisir et les rebondissements sont nombreux quoique prévisibles comme dit précédemment. Pour autant, on continue sa lecture sans frustration ni ennui et au final, quand on a refermé l'ouvrage, on n'a pas perdu son temps. Il se dégage d'Oms en série une sensation de paix et d'entente universelle qui fait bon d'éprouver en ces temps de crise et de crispation généralisés.

Un bon bol d'évasion mâtiné d'humanisme tel est le choix que je vous propose aujourd'hui! En rajoût, vous trouverez ci-dessous la BA originale du film qu'en a tiré René Laloux.

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dimanche 18 août 2013

Let's get some metal!

motocultor

Le grand jour est arrivé, on part sur Saint-Nolff pour une journée de déluge sonique! Petite modif en terme de date à cause d'un running-order fluctuant mais tout est bien qui finit bien!

Et ce soir Therion!!! (vidéo souvenir du Hellfest 2011):

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