jeudi 20 mars 2014

"Trilogie New-Yorkaise" de Paul Auster

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L'histoire: Trilogie parue entre 1985 et 1986 sous trois romans puis éditée en un seul volume en 1987, les trois histoires se déroulent à New York et dans sa proche banlieue.

Cité de verre: Le personnage principal Quinn, écrivain de série policière au passé douloureux, accepte d'être pris par erreur pour un détective du nom de Paul Auster et se voit confier une mission bien étrange.

Revenants: Le détective privé, Bleu, payé par Blanc, doit suivre Noir, qui ne fait rien de ses journées.

La Chambre dérobée: Fanshawe disparaît. Il laisse derrière lui sa femme Sophie, son fils Ben, et des manuscrits qu'il a confiés à un ami, le narrateur. Celui-ci prend alors possession de la vie de Fanshawe: il publie les manuscrits, qui connaîtront le succès, il épouse Sophie et adopte Ben.

La critique de Mr K: J'avais été enchanté par ma première incursion chez Paul Auster avec le très réussi Leviathan que j'avais chroniqué ici même, il y a déjà quelques temps. C'est une fois de plus le hasard qui a guidé mes pas vers le présent volume que je trouvai à un prix imbattable chez... l'abbé! J'adore la typo des livres parus chez Babel ce qui a rendu ma lecture aisée et vous allez le voir aussi agréable qu'étrange. Paul Auster nous livre ici trois récits décalés et mystérieux au possible. Amateurs de récits linéaires où tout le boulot est mâché d'avance, passez votre chemin! Ici, on a plutôt affaire à du Lynch période Lost Highway... Ça tombe bien je suis fan! Et puis... il en faut pour tout le monde!

Dans ces trois histoires, tout tourne autour des thématiques de l'identité et de la liberté. On retrouve aussi les personnages-type du polar et du roman noir avec en premier plan celle du détective privé qui traîne ses guêtres sur les trottoirs de big apple pour dégoter des indices et des preuves pour résoudre ses affaires. Il est à chaque fois question de retrouver quelqu'un ou quelque chose de perdu qui a un lien plus ou moins proche avec l'identité du héros. Tout paraît simple au départ mais Auster aime redistribuer les cartes et cela donne des retournements de situation aussi inattendus que subtiles et prenants. Je dois avouer qu'il m'a fallu reprendre deux / trois passages pour bien capter la nouvelle inclinaison de l'histoire mais l'on peut dire que l'on ne s'ennuie pas tant on est pris régulièrement au dépourvu.

L'ambiance générale est vraiment angoissante. Pourtant, les situations ici livrées sont plutôt banales mais le déroulé vire toujours vers une zone inexplorée de notre imagination. Un peu comme si Paul Auster s'amusait à nous faire réfléchir et voir les choses autrement, du moins selon un point de vue que nous n'utilisons presque jamais. Il en résulte un certain malaise car on n'a pas l'habitude de voir des personnages se faire malmener de cette manière et ne cherchez nul espoir dans ces pages car même quand les choses semblent se calmer, un ultime et fatal revirement fait que l'on reste littéralement soufflé devant le mot fin.

La lecture se fait plutôt facilement malgré des circonvolutions parfois obscures et de nombreuses digressions dont cet auteur est coutumier. L'avantage, c'est que l'on s'endort moins bête qu'au réveil et que ces apports qui semblent au premier abord inutiles et futiles s'avèrent de précieux alliés pour appréhender le sens général de l'œuvre. On réfléchit beaucoup mais sans heurt ni mal sur notre propre condition et sur notre existence. A-t-elle un sens? Faut-il d'ailleurs qu'elle ait un sens? Qu'est-ce qu'une vérité? Qu'un point de vue? Autant de questions abordées ici à travers des destins torturés qui nous sont livrés en pâture sans lourdeur ni faux-semblant, attendez-vous donc à en prendre plein la face!

Bien que différente de mes lectures habituelles, j'ai vraiment aimé cette trilogie qui est une belle et grande réussite qui fait du bien à l'âme tant elle aborde des sujets qui nous touchent en tant qu'être humain et de trentenaire essayant d'avancer dans la vie. Il paraît que c'est l'âge où l'on commence à regarder derrière soi et à faire un premier bilan... Laissez-vous tenter si le cœur vous en dit, vous ferez un voyage à nul autre pareil!

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mardi 18 mars 2014

Le Périgord hors saison

La semaine dernière, nous avons pris quelques jours de vacances et sommes partis dans le Périgord voir ma famille que nous n'avions pas vu depuis un petit moment, profiter du soleil dans le sud-ouest et jouer un peu les touristes hors saison dans cette région que je connais très bien.

Je me suis rendue compte que malgré les nombreux séjours dans le coin depuis que nous tenons Le Capharnaüm éclairé, je n'avais jamais pris le temps de partager un peu avec vous ma région. Je le prends donc aujourd'hui et j'espère vous donner envie de découvrir les Périgords.

Et oui car il n'y a pas que la région de Sarlat (celle à laquelle tout le monde pense quand on parle de Périgord) en Dordogne mais bien 4 Périgords différents: le Périgord noir en référence à la truffe, proche de Sarlat et très prisé par les touristes, le Périgord pourpre en référence au vignoble, autour de Bergerac, le Périgord blanc en référence à la couleur blanche de la pierre calcaire qui a servi à bâtir de nombreux monuments, de Périgueux et ses environs, et enfin le Périgord vert au nord du département en raison de ses grandes étendues de terres agricoles et boisés.

C'est fini pour la petite leçon de géographie, passons maintenant aux photos! Comme j'ai tendance à le faire depuis quelques temps, pour éviter de trop blablater et aussi parce que j'ai sélectionné pas mal de photos qui vont faire de ce post un long billet, procédons par points. Vous êtes prêts pour une petite virée périgourdine? C'est parti!

• Native de Périgueux, avec ce beau soleil, un déjeuner en terrasse s'impose!

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• Direction le Périgord vert pour une journée entre Plus Beaux Villages de France, visite de château et abbaye en ruine au soleil couchant...

Saint-Jean-de-Côle pour commencer est un des Plus Beaux Villages de France et c'est bien mérité! Saint-Jean est un village médiéval du XIème siècle. Avec son château du XIIème siècle, son église romano-byzantine, son prieuré et ses ponts pavés, se promener quasiment seuls dans ses ruelles est une expérience à vivre. Village très préservé, on fait un bond dans le temps.

St Pierre de Côle 1

St Pierre de Côle 2

St Pierre de Côle 3

St Pierre de Côle 4

St Pierre de Côle 5

• Nous croisons quelques chaminous...

St Pierre de Côle 6

• Proche d'ici se trouve le Château de Puyguilhem à Villars. Ce château du XVIème siècle, inspiré des châteaux de la Loire, est un monument national dont je vous conseille vivement la visite. Le guide passionné et passionnant nous a fait vivre une après-midi formidable. Nous n'étions que 3 pour la visite (Mr K, ma maman et moi) et face à notre intérêt, il nous a ouvert les portes de pièces habituellement interdites au public. Nous avons vraiment été privilégiés et l'avons chaleureusement remercié. Je pense que c'est pour moi la plus belle visite jamais effectuée dans un lieu historique de par la beauté des lieux et la gentillesse et la disponibilité du guide.

Puygilhem 1

Puygilhem 2

Puygilhem 3

• Sur les conseils avisés de ce dernier qui a la chance de vivre dans l'orangerie du château, nous avons découvert à la tombée du jour l'Abbaye de Boschaud. Cette abbaye cistercienne du XIIème siècle a été partiellement détruite durant les guerres de religion. Au calme, avec la lumière déclinante, on ressent une vraie sensation de sérénité dans ces lieux.

Abbaye de Boschaud

• Quelques jours plus tard, direction le Périgord noir. Incontournable lorsque l'on visite le Périgord, nous sommes cependant sortis des sentiers battus et des célèbres Sarlat, La Roque Gageac et autres Castelnaud (très beaux mais dont je fais une légère overdose à force...)

Limeuil est notre destination choisie. Cité médiévale de caractère, elle fait également partie des Plus Beaux Villages de France. Adossées à leur promontoire rocheux, les ruelles sont étroites et escarpées. Mieux vaut avoir du souffle, surtout sous le soleil, mais la beauté des lieux vaut l'ascension. Je me verrais bien en vacances plusieurs jours dans une ces maisons à profiter du paysage et des fins de journées dans un des nombreux recoins découverts au fil de la visite.

Limeuil 2

Limeuil 3

Limeuil 4

Limeuil 5

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• Petite pause déjeuner au pied du village, au bord de l'eau, là où la Dordogne rencontre la Vézère...

Limeuil 1

• Nous reprenons la voiture et faisons un bref arrêt à Saint-Avit-Sénieur:

Saint-Avit-Sénieur

Montpazier sera notre dernier spot pour ce post. De nouveau, ce lieu est un des Plus Beaux Villages de France (y en a marre non!? noooon!). Bastide du XIIIème siècle, c'est un petit bijou d'architecture et d'urbanisme. Place carrée centrale bordée de couverts où il fait bon boire une bière en terrasse (ben oui toutes ces visites, ça donne soif!), plan à quadrillage, halle ombragée... Montpazier ne compte pas moins de 32 monuments classés Monuments Historiques. Cela vous donne une idée de la qualité du lieu.

Montpazier 1

Montpazier 2

Montpazier 3

Montpazier 4

Je m'arrête là car je pourrai parler de ma région pendant des heures! J'espère que cette petite visite vous a plu et vous a donné envie de découvrir ou redécouvrir des endroits moins prisés et tout aussi beaux en Périgord que les incontournables bondés de touristes. Si vous en avez l'occasion, privilégiez l'arrière saison pour profiter en toute tranquillité de ces beaux endroits. Testés et approuvés!

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lundi 17 mars 2014

Sur ma platine III

Porcupine-Tree-Fear-of-a-blank-planet

Pour commencer, un album qui passe en boucle depuis son achat lors de nos vacances dans le sud-ouest: Fear of the blank planet de Porcupine Tree que j'avais en dématérialisé et dont j'ai trouvé le CD d'occaz à un prix défiant toute concurrence. Groupe de rock progressif britannique mené par leur chanteur, guitariste, compositeur de génie Steven Wilson, dans cet album (le meilleur à mes oreilles!) plutôt coolos, vous retrouverez des morceaux de choix comme s'il en tombait. Mélodies harmonieuses, voix cristalline et parfois plus rocailleuse, riffs sortis de nulle part et une ambiance cotonneuse des plus étrange qui a le mérite d'apporter sérénité et en même temps réflexion quand on prolonge le plaisir en traduisant les paroles. Si vous ne connaissez toujours pas ce groupe, c'est par cet album qu'il faut commencer!

air

En second, l'album que j'amènerai sur une île déserte (avec un lecteur CD et beaucoup de piles me précise Nelfe): la BO du film Virgin Suicide par le groupe d'électro français Air. Très fan des deux frenchies (moins tout de même depuis leurs deux derniers albums), celui-ci est toujours d'une beauté à couper le souffle quatorze ans après son achat. Mélancolique à souhait, il colle remarquablement au film de Sofia Coppola mais tient aussi bien la distance en tant que composition musicale indépendante. Pour ma part, il est sans doute un des trois meilleurs albums de tous les temps post 70'. Un bijou d'écoute, émouvant, prenant et unique. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous êtes passés à côté. A noter que la pochette est sublime!

Septicflesh - Communion _Bonus Version_

Enfin, je ne pouvais finir cette sélection du moment sans un album plus rugueux avec ce Communion de Septic Flesh, groupe de death metal symphonique grec (ben oui, ça existe!), comprendre par là quelque chose entre le progressif et le bien violent qui dessoude comme un soir de tempête! Communion est une excellent galette bien metal mais qui épargnera vos petites oreilles sensibles avec des passages mélodiques bien mis en relief par des passages bien puissants et sentis. Les voix mystérieuses du morceau Sangreal vous trotteront longtemps dans la tête si vous vous laissez tenter par l'aventure. Pour ma part, c'est mon réveil matin!

Déjà sur ma platine:
la version n°1
- la version n°2

dimanche 16 mars 2014

"De l'eau pour les éléphants" de Sara Gruen

de_l_eau_pour_les_elephants_sara_gruen_couvertureL'histoire: Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis, Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur "plus grand spectacle du monde". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités.

La critique de Mr K: Voici de nouveau un livre dégoté chez l'abbé, fournisseur quasi officiel de ce blog pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué! Beaucoup de choses ont été dites sur ce roman et sur son adaptation au cinéma. Je suis particulièrement friand de romans se déroulant dans le milieu des foires et des cirques, je pense ici notamment au très bon Liliputia de Xavier Mauméjean, à La foire des ténèbres de Ray Bradbury, au Un Froid d'enfer de Joe R. Lansdale ou encore le cultissime Cristal qui songe de Théodore Sturgeon. Vu que le succès monstre de ce roman, je pouvais tabler sur une lecture au moins agréable voir marquante. Mon avis est mitigé.

On suit ici les tribulations du jeune Jacob qui décide de planter ses examens finaux à l'école de vétérinaire car ses parents meurent brutalement lors d'un accident de voiture. Sans projet précis en tête, sa route va croiser celle d'un cirque dans lequel il va réussir à se faire embaucher comme soigneur attitré de la ménagerie. Il va y découvrir l'envers du décor du monde du cirque, un monde d'exploitants et d'exploités, où chacun doit se battre pour survivre. Artistes, videurs, ouvriers; tous sont sous le joug d'oncle Al, patron du convoi et véritable despote. Au milieu de cette jungle humaine des plus repoussante et souvent cruelle, Jacob rencontrera la belle écuyère Marlène et une drôle d'éléphante répondant au doux nom de Rosie.

Je peux comprendre l'énorme succès de ce livre. Il est tout d'abord très facile d'accès, l'écrivain enfile les mots et les phrases avec délicatesse, livrant une langue sans chichi, ni figures trop complexes. Les personnages sont très bien plantés bien que caricaturaux et l'histoire ménage suffisamment le suspens tout au long de l'ouvrage. Bonne idée en tout cas de régulièrement faire le parallèle entre le périple de jeunesse de Jacob et sa situation actuelle dans un hospice où il semble se laisser mourir. Pour ma part, c'est ce que j'ai préféré dans le roman, les parties où l'on retrouve Jacob allant sur ses 93 ans. J'ai trouvé ces passages très touchants et je dois avouer avoir été ému aux larmes sur certains passages parlant de la dépendance et du côté liberticide des maisons de retraite. Bien heureusement, la fin arrive à point nommée et lui réserve une surprise de taille. Rien que pour cela, ça valait le coup de lire ce livre. J'ai aussi apprécié le traitement du background, la crise de 29 et ses conséquences sur la société US de l'époque sont remarquablement rendus et ceci par petites touches subtiles. Bien réalisé aussi, la critique au vitriol de l'univers des cirques de l'époque et les petites cruautés et vexations quotidiennes auxquelles sont soumis tous les travailleurs des cirques. La lecture est aisée et ne m'a pris que deux jours.

Malgré tout, je n'ai pas été emballé plus que cela. J'ai eu la désagréable impression d'avoir déjà lu tout cela autre part (surtout la partie se déroulant pendant la jeunesse de Jacob). Peu ou pas de surprises dans les rebondissements (on devine comment les choses vont se dérouler au fil du récit), des personnages sans réel relief / caricaturaux auxquels on ne s'attache guère (sauf Jacob vieux, j'insiste!) et dont la psychologie de bazar ne m'a pas du tout touché. Auguste est ainsi bien trop méchant et sadique pour être crédible, Marlène est une cruche hésitante et agaçante et Jacob ma foi... ne m'a pas plus plu que cela dans le rôle du jeune homme découvrant la vie. Reste cependant quelques personnages secondaires bien croqués comme le vieil alcoolique Camel ou le nain Walter.

Au final, je dirai qu'on a ici affaire à un bon livre détente pour la plage, il ne demande peu ou pas de réflexion, se lit très facilement mais ne révolutionne aucunement le genre. Aussi vite lu qu'oublié, sa lecture est donc dispensable tant le choix est énorme en la matière.

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jeudi 13 mars 2014

"Magie des neiges" de Graham Masterton

magie-des-neiges-graham-masterton-9782266102308L'histoire: De mémoire de météorologue, on n'avait jamais vu ça: une piscine qui se transforme en patinoire, de l'eau qui gèle à peine sortie du robinet, une rampe d'escalier si froide que ceux qui la touchent s'y retrouvent collés... tout ça en plein été, et en Californie!
Jim Rooks, qui a dans sa classe un élève dont le père revient justement du Pôle Nord, se demande s'il n'y aurait pas un lien entre tous ces événements et cette légende inuit qui raconte que les explorateurs perdus dans les étendues désolées de l'Arctique voient venir à eux un vieil homme qui leur propose de les sauver en échange ce ce qu'ils ont de plus précieux. Afin de comprendre pourquoi cette entité a entrepris un si long voyage, Jim devra se rendre en Alaska, dans une drôle de maison que seuls ceux qui ont frôlé la mort peuvent voir...

La critique de Mr K: Masterton fait partie de mes petites faiblesses littéraires, des coups de cœur que je ne m'explique pas mais qui me comble de joie après chaque lecture. J'ai lu nombre de ses ouvrages dont Le portrait du mal chroniqué ici. Auteur de thriller-épouvante à la renommée certaine (et pour moi méritée), il se distingue par son talent de conteur d'histoires délicieusement horribles qui tiennent ses lecteurs en haleine jusqu'à la dernière page et je n'ai jamais été déçu par lui jusqu'ici. Le présent volume me tendait ses petits bras dans un bac de l'abbé, inutile de vous dire que le débat intérieur entre raison et pulsion a tourné court...

Le personnage principal, Jim Cook, est un jeune professeur dynamique et passionné s'occupant de jeunes en grande difficulté. Enseignant l'anglais, il refuse de cantonner ses élèves à des textes puériles et enfantins, il se fait l'apôtre de la nécessité de leur apporter les éléments de la culture classique en leur proposant des textes à priori inabordables pour eux. Cela donne lieu à des scènes ubuesques et assez réussies dans la description de ce que peuvent être les rapports profs-élèves en milieu difficile. Rien qu'avec cela, j'étais emballé. Surtout que l'histoire débute avec un Jim à la gueule de bois carabinée qui arrive en retard à son cours et demande à ses ouailles de le décrire de manière poétique (il y a matière!). Très vite, on vire tout de même dans le fantastique pur avec d'étranges manifestations surnaturelles qui se produisent au sein de l'établissement, des phénomènes physiques inexplicables et inexpliqués qui mettent très vite en danger l'intégrité physique des adolescents que le jeune professeur a sous sa garde. Adepte des sciences occultes et médium à ses heures perdues, il s'attèle à enquêter pour faire cesser tout cela avec la complicité d'une chatte énigmatique et d'un aventurier des temps modernes sur le retour.

La première partie du livre est vraiment réussie. On s'attache vite aux personnages, particulièrement en ce jeune professeur idéaliste qui lutte contre un système injuste et inégalitaire qui a tendance à laisser sur la touche les plus fragiles. La dimension sociale est vraiment intéressante et permet de livrer des personnages riches et des questionnements plus généraux. La distillation du fantastique par petites touches et la montée d'adrénaline qui l'accompagne sont remarquablement maîtrisées et les pages s'enchainent avec bonheur. L'écriture est toujours aussi accessible et évocatrice. Bref, on accroche et on veut en savoir bien plus sur cette mystérieuse présence qui pourrit la vie de ce lycée moyen d'Amérique, une espèce d'esprit vengeur capable de geler instantanément tout matériaux et qui sème mutilations et morts sur son passage (ben oui, c'est du Masterton tout de même!).

Mais voilà, pour la première fois avec une œuvre de Masterton le bât finit par blesser! La finesse laisse place à la caricature avec des forces adverses puérilement décrites notamment le docteur Friendly qui est trop désagréable pour être crédible et un Jim Rook qui part en roue libre totale, laissant le réalisme derrière lui et nous livrant un défenseur de la veuve et l'orphelin grossier et repoussoir (il ne lui manque plus que les collants et la cape...). On n'y croit plus, du moins beaucoup moins qu'en la force maléfique venue du fin fond de l'Alaska pour récupérer son lot d'âmes. Un comble tout de même! Vraiment dommage car l'aspect mythologie du Nord est très bien géré, novateur aussi car on a peu l'habitude de lire à propos des légendes inuits. La fin est elle classique avec une victoire finale qui arrive comme un cheveu sur la soupe comme si Masterton avait torché son récit en trente pages, laissant un amer goût de déception sur le palais du fan que je suis. Sans compter une ultime volte-face du héros qui ne tient décidément pas la route et qui rentre en complète contradiction avec tous les idéaux prônés jusqu'ici. Bâclage, avez-vous dit bâclage?

Belle déception donc malgré une lecture record en terme de temps, les regrets sont d'autant plus grands. Masterton se laisse aller à la facilité et au gore gratuit dans une œuvre qui démarrait plutôt bien mais qui sombre dans le médiocre sans jamais retrouver les forces qui m'ont fait aimer cet auteur. Vraiment dommage!

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mardi 11 mars 2014

"Terremer" de Ursula Le Guin

terremerL'histoire: Ici, il y a des dragons. Il y a des enchanteurs, une mer immense et des îles.
Ged, simple gardien de chèvres sur l'île de Gont, a le don. Il va devenir au terme d'une longue initiation, en traversant nombre d'épreuves redoutables, le plus grand sorcier de Terremer, l'Archimage.

La critique de Mr K: Depuis une dizaine d'années le nom d'Ursula le Guin me trottait dans la tête. Référence culte dans le domaine du médiéval fantastique, je n'avais jamais eu l'occasion de la pratiquer jusqu'à maintenant, l'occasion ne s'étant pas présentée. C'est une fois de plus la main du hasard qui me guidait à sa rencontre lors d'un chinage de plus dans un dépôt-vente de la région lorientaise. Le présent volume est la compilation des trois premiers récits composant l'ensemble des Contes de Terremer. Vous aurez donc l'occasion de découvrir ici: Le Sorcier de Terremer, Les tombeaux d'Atuan et L'Ultime Rivage.

Au centre de ces trois récits, on retrouve la thématique du voyage initiatique. Que ce soit Ged découvrant la voie des mages, Tenar future prêtresse des forces obscures ou encore Arren descendant d'une grande dynastie régnantes, ils vont tous être confrontés à des épreuves et divers autres tests pour accomplir leur destinée. Les obstacles et menaces sont nombreux, et le sort du monde de Terremer (gigantesque monde océanique parsemé d'îles et d'archipels) dépendra plus d'une fois d'eux. On croise nombre d'éléments classiques de la fantasy au fil des pages: les dragons susnommés, des magiciens-mages, des peuples humains bien différents aux coutumes aussi exotiques qu'étranges, mention spéciale aux enfants des hautes mer, peuplade nomade vivant sur des radeaux et voyageant au gré des courants (pour les amateurs, les créateurs de la série de RPG Suikoden les ont intégrés dans l'opus V sur PS2). On voyage beaucoup à l'image des héros, on traverse nombre de paysages remarquables et les péripéties sont nombreuses.

Là où Ursula Le Guin frappe fort, c'est dans la caractérisation de ses personnages. On les sent autant travaillés qu'aimés, un peu à la manière d'un George R. R. Martin dans sa saga Games of Thrones. Rien n'est ici laissé au hasard, la psychologie est très poussée et non caricaturale ce qui est gage de qualité dans un genre qui se cantonne souvent à nous livrer des personnages mille fois lus. Les rapports qu'ils entretiennent entre eux sont complexes et gérés de main de maître, l'auteur n'hésitant pas à les confronter et les mettre à mal, ce qui se révèle parfois être un vrai supplice pour le pauvre lecteur pris en otage. J'ai particulièrement aimé le personnage de Ged alias Épervier qui évolue beaucoup au cours de ces trois récits passant d'un garnement impulsif au vieux sage au caractère parfois un peu difficile. Le lecteur ne peut que se prendre d'affection pour lui et bien d'autres, accroché par ce biais, les 700 pages qui composent ce volume se laissent lire avec plaisir et délectation.

La langue de l'auteur est elle aussi remarquable. Évitant l'écueil des descriptions à tout va, elle réussit tout de même à nous livrer un monde clef en main avec ses propres règles de fonctionnement et d'une beauté sauvage à couper le souffle. On retrouve d'ailleurs dans sa méthode, la manière dont J. K. Rowling en quelques lignes réussissait à planter un décor. Grosse performance ici aussi, soulignée par une aptitude incroyable à aller à l'essentiel sans trahir le fond. L'écriture est accessible, précise, très addictive et poétique à souhait notamment dans les monologues intérieurs des personnages et les quelques descriptions des lieux approchés par les héros. Nulle longueur, nul ennui donc et un plaisir de lecture optimum! Sachez qu'il y a deux autres récits qui vous attendent, si vous avez apprécié ce triptyque mais qu'ils peuvent se lire indépendamment.

Un bon et grand moment de fantasy que tout amateur du genre se doit de tenter sous peine de passer à côté d'une lecture essentielle! Pour ma part, il ne me reste plus qu'à regarder l'adaptation qu'en à faite Goro Miyasaki.

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dimanche 9 mars 2014

"Crime parfait, Les Mauvaises Lectures : deux nouvelles à chute" d'Eric-Emmanuel Schmitt

schmittL'histoire: Gabrielle assassine son mari qu'elle ne supporte plus. Elle croit son crime parfait... jusqu'à l'arrivée d'un témoin inattendu. Enquête bouclée ? Et si notre meurtrière s'était trompée de mobile ?
Maurice méprise les romans ; sa cousine, au contraire, ne jure que par eux. Les deux cousins s'écharpent sur le sujet, jusqu'à ce que Maurice, entraîné malgré lui dans un thriller qui le passionne, ne quitte pas la réalité...

La critique de Mr K: C'est avec une grande joie que je découvrais le présent volume dans mon casier de boulot. En effet, je n'ai jamais été déçu par cet auteur que nous affectionnons tout particulièrement au Capharnaüm Éclairé (voir liste des critiques en fin de post). Les éditions Magnard dans cette version destinée essentiellement au public scolaire proposent aux jeunes et moins jeunes lecteurs de découvrir deux nouvelles dites "à chute" dans le genre policier. C'était pour ma part ma première incursion dans ce genre avec Éric-Emmanuel Schmitt, je n'ai pas été déçu!

Ici, il est avant tout question de la condition humaine avec deux personnages particulièrement torturés. Gabrielle tue son mari parce qu'elle n'en peut plus. S'ensuit une enquête et un témoin gênant qui vont la faire s'interroger sur les raisons profondes de son crime. Là réside l'intérêt de cette nouvelle, le parcours mental de l'héroïne qui s'oriente vers une révélation à la fois surprenante et tragique. Maurice lui est un intégriste de la réalité et s'avère imperméable à toute forme d'imagination d'où son aversion pour le genre romanesque. Se laissant tenter par un auteur de thriller à la mode, sa rencontre avec le genre honni va faire plus que des étincelles!

On retrouve ici une fois de plus tout le talent de Schmitt pour nous livrer des personnages clefs en main, réalistes et attachants malgré leurs défauts (dieu sait qu'ils en ont dans ces deux histoires!). Ils ont autant sinon plus d'intérêt que l'intrigue principale qui s'avère très vite n'être qu'un prétexte pour étudier la nature profonde de l'être humain. Ce n'est pas joli joli, nos personnages principaux cédant à l'égoïsme, la paranoïa, l'angoisse et finalement à leurs pulsions inavouées. L'auteur décortique leurs réactions, leur évolution mentale frisant bien souvent la folie pure, mais toujours en respectant le crédo de la réalité ce qui rend ces écrits percutants et marquants. Je dois avouer cependant qu'en terme de chute, le pari est à moitié gagné. Autant la nouvelle Crime parfait a fait mouche avec un retournement de situation inattendu et réussi, autant dans Les Mauvaises lectures, j'ai deviné à la moitié du récit le dénouement et ses raisons. Dommage tant le personnage de Maurice était très bien traité et assez flippant dans son parcours intérieur. Pour autant le plaisir de lecture était au rendez-vous et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde.

La dimension philosophique et réflective de ces deux nouvelles est indéniable. La subjectivité de Maurice et de Gabrielle les enferment dans une prison mentale, le malheur est ici provoqué par l'absence de communication et d'empathie envers les autres. De scènes quotidiennes et banales, Éric-Emmanuel Schmitt réussit à travers le genre policier à nous faire raisonner jusqu'à la surprise finale qui nous permet ensuite de repasser tous les épisodes à la lumière des révélations. Tout cela est remarquablement servi par le style aérien, accessible et évocateur de l'auteur qui réussit une fois de plus à nous transporter.

Une très bonne lecture que je ne peux que vous conseiller.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- L'Evangile selon Pilate
- La Part de l'autre
- Oscar et la dame rose

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jeudi 6 mars 2014

"Monsieur Jean - Les Nuits les plus blanches" de Dupuy et Berberian

monsieur jeanL'histoire: "Le sommeil c'est comme l'amour, plus on le cherche, moins on le trouve" Clément V. (un ami de Monsieur Jean)

La critique de Mr K: Et de deux! J'ai enfin réussi à mettre la main sur un autre volume de la série de Monsieur Jean de Dupuy et Berberian. Comme dit dans mon précédent post concernant le volume 1 L'amour, la concierge, cette série est un plaisir de chaque instant entre humour et constat sur la vie quotidienne d'un néo trentenaire. Et oui, Monsieur Jean fête ses trente ans au début de ce volume et il broie du noir!

Pourtant, il a son petit appartement, il est publié (Monsieur Jean est écrivain) et a une vie somme toute confortable. Mais voilà, comme chacun d'entre nous, cela ne lui suffit pas. Éternel célibataire collectionnant les conquêtes féminines, il n'est toujours pas posé familialement (cela semble le titiller de plus en plus) et les trente ans sonnent un peu comme un échec. Il a beaucoup de mal à dormir ce qui donne des historiettes drolatiques à souhait livrant pèle mêle toutes les visions oniriques de ses rêves. On rit beaucoup de lui dans ces moment là même si on ne peut s'empêcher d'être touché par cet être un peu esseulé qui plane parfois à 10000! Mention spéciale à l'attaque dévastatrice de pizzas aux anchois sur une armée de Monsieur Jean terrés dans des tranchées. 14-18 quand tu nous tiens!

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On le retrouve tout de même entouré de ces deux amis déjà aperçus dans le volume précédent. Il y a toujours Félix qui squatte moins l'appart de Monsieur Jean mais se révèle toujours aussi gaffeur et gamin. Ainsi vous verrez comment au nom de l'amitié, le héros va aider son copain de toujours à déménager et louper par la même occasion un rencard crucial dans sa vie sentimentale plutôt morne. Il y a aussi Clément un autre ami du héros qui le vanne à chaque entrevue et qui par là même, l'aiguillonne sur quelques choix cruciaux de la vie. Vous verrez aussi notre héros aller à contre cœur au Portugal pour présenter son ouvrage avec son traducteur attitré bavard comme une pie. Cela donne lieu à des quiproquos de première classe et à des rencontres hors norme. Enfin, une autre micro récit le met aux prises avec son double négatif désirant par dessus tout le pousser vers le bas. C'est encore une charmante demoiselle qui le sortira de ce mauvais pas.

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Au final, j'ai à nouveau passé un excellent moment en compagnie du héros de Dupuy et Berberian. On retrouve son flegme d'écrivain parisien si attachant et un humour à la fois stylé et percutant. Les dessins restent égaux à eux mêmes et soulignent à merveille la finesse des scénarios livrés. Il y a une fois de plus une part de nous même dans les personnage de cette BD est c'est sans doute ce qui fait qu'elle fait mouche à chaque fois. À découvrir si ce n'est pas déjà fait!

jean3

mardi 4 mars 2014

Périgord, départ imminent!

Mais oui mais oui l'école est finie! C'est les vacances depuis hier pour la zone C. Un petit billet rapide post dernier dodo avant le départ pour vous indiquer que nous prenons la route demain pour quelques jours en Dordogne, ma patrie, mon fief, mon chez moi, ma famille.

brantome
(c'est beau hein!?)
(chauvine? moi? vous trouvez!?)

Vous nous connaissez, il est inconcevable de partir en vous abandonnant totalement. Aussi, comme à notre habitude, nous avons préparé quelques posts qui se mettront en ligne tout seuls comme des grands (c'est beau la technologie) au cours de la semaine.

Si vous nous suivez sur facebook, pensez à faire un petit tour par ici de temps en temps car les liens eux ne se feront pas automatiquement sur notre page du réseau social (et oui, la technologie ok mais bon y a des limites...).

A bientôt! On pensera à vous quand on mangera du confit! Promis!

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dimanche 2 mars 2014

"La Main froide" de Serge Brussolo

la-main-froideL'histoire: Pour pirater la surveillance électronique de la banque où travaille son mari Adam Smart, Dorana a besoin de deux choses: sa voix et sa main. Cela peut s'arranger, surtout lorsque, à la clef, il y a quelques millions de dollars... Mais elle doit, ainsi que ses complices, affronter le compagnon favori d'Adam Smart: Dust, le chien policier recueilli par le banquier. Une bête d'une intelligence redoutable, dressée à flairer et à tuer, réformée pour agressivité pathologique, "une saloperie vivante", avaient averti les flics.

La critique de Mr K: Un nouveau Brussolo à mon actif aujourd'hui avec cet ouvrage dégoté chez un brocanteur où nous avons nos habitudes avec Nelfe. C'est un auteur qui n'a certes pas réinventé le genre mais qui a le mérite de proposer des histoires haletantes, qui bien souvent réservent nombre de surprises et où l'auteur prend un malin plaisir à explorer les travers du genre humain. Avec ce titre, je n'ai pas été déçu!

La trame est classique. Une femme déconsidérée et maltraitée par son phallocrate de mari décide de faire main basse sur son argent et de repartir de zéro. Pour mettre en œuvre son plan, elle a besoin d'un imitateur et c'est là qu'intervient le héros Dan. Artiste raté suite à une indélicatesse envers un baron du crime de Las Vegas, il tente de survivre tant bien que mal poursuivi par les sbires du criminel outragé. La proposition de la jeune femme est très alléchante et à priori sans risques. Il est loin de se douter de ce qui est prévu. Il va vite faire la rencontre des autres hommes impliqués dans l'affaire et devoir se confronter à Adam Smart (le mari à léser) et de son fidèle compagnon à quatre patte, ersatz de Cujo la rage en moins, mais au caractère aussi agressif. Commence alors une lente plongée dans un cauchemar éveillé.

Le départ est je dois l'avouer un peu plan-plan. Brussolo insiste sur la mise en place de son intrigue et perd un peu son temps à nous décrire la situation de Dan dans la capitale du jeu, surtout que les éléments apportés n'ont pas de réel intérêt sur ce qui se passe ensuite. Une fois l'action transposée à Los Angeles, la pression monte d'un cran. La tension est palpable page après page montant crescendo jusqu'au dénouement final qui pour moi m'a surpris, ce qui est toujours agréable dans ce genre de littérature. Les personnages secondaires sont très bien amenés et rajoutent à l'ambiance délétère et glauque qui s'installe au fil du récit. On a vraiment l'impression d'être dans cette équipe de truands qui prépare le coup d'une vie. On partage leurs espoirs, leurs doutes et on s'imagine très bien à leur place.

Là où le bouquin frôle le génie, c'est dans la description de la relation particulière qui s'est nouée entre Adam et le chien qu'il a recueilli. Véritable épouvantail à criminel, son ombre rôde durant les 400 pages environ du livre, sa menace est pesante et angoissante à souhait. Pourtant, on aperçoit en filigrane la relation unique qui peut se nouer entre un chien et son maître notamment dans des situations extrêmes et dieu sait qu'il y en a un certain nombre dans ce roman. Très vite le lecteur se pose beaucoup de questions sur cet animal tout droit sorti des enfers. Il agit étrangement, possède une intelligence hors du commun et franchement fait flipper! Adam Smart n'est pas mieux tant il inspire méfiance et colère se révélant un mari tyrannique et froid. Bien évidemment, il ne faut pas se fier aux apparences et la fin balaie l'ensemble d'un revers de main franc et direct comme Serge Brussolo en a le secret.

Comme tout Brussolo qui se respecte, l'histoire est maîtrisée et implacable. L'écriture est accessible, souple et agréable malgré ici quelques longueurs inutiles qui alourdissent quelque peu l'ensemble sans pour autant provoquer l'ennui. Simplement, l'auteur aurait pu (dû?) aller plus à l'essentiel dans la première partie tant des éléments secondaires semblaient finalement inutiles comparés à la trame principale. Reste un très bon roman qui se dévore et qui m'a laissé pantois par sa conclusion venue de nulle part. Une belle expérience de plus avec cet auteur qui est décidément à suivre!

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"

Posté par Mr K à 17:10 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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