samedi 4 octobre 2014

"American Gothic" de Xavier Mauméjean

2013 04 American Gothic-1L'histoire: Hollywood à l'heure du maccarthysme. Des enquêtes s'entrecroisent autour d'un mystérieux auteur de contes et légendes urbaines, chefs-d’œuvre d'un nouvel art brut.
Jack L. Warner, le puissant patron de la Warner Bros., veut supplanter son rival Disney. Il décide d'adapter pour le grand écran Ma Mère l'Oie, un recueil de contes, anecdotes et légendes urbaines dont les américains raffolent. Warner ordonne qu'on enquête sur l'auteur, un certain Daryl Leyland. La mission est confiée à l'un des obscurs scénaristes qui attendent la gloire: Jack Sawyer. A lui de "nettoyer" la biographie de Leyland, rectifiant tout ce qui heurterait le conformisme moral et politique.
American Gothic voyage à travers les États-Unis et leur histoire à la recherche de Daryl, ce génial gamin triste de Chicago, et de son complice le dessinateur Van Doren.

La critique de Mr K: Une véritable claque littéraire aujourd'hui que cet American Gothic de Xavier Mauméjean. Homme charmant et disponible (belle rencontre aux Utopiales de Nantes de l'année dernière) et écrivain au talent immense (Lilliputia a été une belle révélation), il récidive ici avec un livre étrange mettant en lumière une certaine Amérique, une nation naissante et balbutiante qui se forge une mythologie, une culture commune.

Dans l'idée d'adapter au cinéma le plus grand succès littéraire de son temps aux USA, le grand patron des studios Warner diligente une enquête pour en savoir plus sur ce mystérieux Daryl Leyland, auteur sorti de nul part au talent quasi inné qui ravit les foules et nourrit l'imaginaire des américains à travers un recueil de contes, légendes et autres charades. Cette enquête va se révéler très difficile à mener et laisse beaucoup de zones d'ombre sur une vie malmenée où la tristesse et la souffrance ont la part belle. Belle revanche sur la vie donc que ce succès partagé avec son ami Van Doren. Pour autant, la nature profonde d'une personne ne le quitte jamais...

Rien que dans sa forme, ce livre est un micro-ovni. Chaque chapitre correspond à un mémo, un témoignage, un extrait de l'œuvre de Leyland. Très vite, on se rend compte que ce livre est un patchwork de parcelles de vie que nous allons devoir assembler, une œuvre multipliant les témoignages indirects et les retours entre passé et présent. Le personnage de Leyland est vraiment mystérieux, sa psyché complexe et sa trajectoire de vie hautement improbable. Pour encore mieux brouiller les pistes et mieux nous manipuler, l'auteur se plaît à mêler son récit fictif à la grande Histoire, ses personnages croisant à de nombreuses reprises et à des moments bien précis de grands noms. Par endroit, j'ai même cru que Leyland et son livre ont pu exister tant sa biographie fictive s'est révélée incroyable crédible. Le travail de documentation de Xavier Mauméjean a dû être titanesque et son œuvre est marquée du sceau du réalisme.

Autre aspect fort intéressant de ce livre, la lumière qu'il porte sur la jeune nation américaine et les fabriques de mythes que furent la littérature puis le cinéma. Miroir d'une société et son extension, l'art est ici générateur d'espoir, de morale (le conte et ses fonctions catharsiques), de plaisir mais aussi de tractations financières. Quelques chapitres s'attardent sur le succès de Daryl Leyland, l'effet d'engouement sur les foules et la récupération de son œuvre par la télévision puis peut-être le cinéma. Cela donne de très belles pages sur le fonctionnement des majors et sur la nature humaine, notamment le besoin de reconnaissance et d'appartenir à quelque chose qui nous dépasse.

La lecture fut extrêmement rapide et teintée de jubilation page après page. Il m'a été quasiment impossible de reposer ce roman tant l'addiction a été instantanée. L'écriture de l'auteur est une merveille entre souplesse, exigence et accessibilité. Les mots coulent, les phrases s'enrobent de leurs plus beaux atours et la fiction prend vie devant nos yeux avec délicatesse. Un pur moment de bonheur littéraire qui permet une communion immédiate entre l'auteur et son lecteur captif et heureux de partager une telle histoire, une telle expérience dirai-je même!

Véritable chef d'œuvre, aux pistes de lecture multiples, American Gothic trônera fièrement dans ma bibliothèque et je le considère déjà comme un classique. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Déjà lu et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Lilliputia

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vendredi 3 octobre 2014

Mr K craque... again!

Oui, je le confesse, je suis un multi-récidiviste! Impossible pour moi d'aller chez l'abbé sans craquer. Il va peut-être falloir que je pense bientôt à consulter... En attendant, voici un bref résumé de ma collecte de mercredi!

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- La château de Lord Valentin de Robert Silverberg. J'adore cet auteur et ce livre me faisait de l'oeil dans le Bac SF. L'histoire m'a interpellé avec un soupçon de l'univers du cirque qui m'a toujours plu en littérature... Wait and see!
- Le Jeu du jugement de Bernard Taylor. À priori, une histoire de sales mioches n'aimant pas leur belle-mère et qui lui réserve un sort peu enviable! Impossible de résister à un tel pitch. Ce sera une de mes prochaines lectures!
- Rendez-vous avec Rama de Arthur C. Clarke. Une histoire de vaisseau spatial fantôme écrite par l'auteur de 2001, L'Odyssée de l'espace... Ça ne se refuse pas!
- La Ligue des gentleman extraordinaires d'Alan Moore et Kevin O'Neill. Depuis ma lecture enfiévrée de V pour Vendetta, je considère Alan Moore comme un demi-dieu! Alors même si le film tiré de cette BD est vraiment un nanar, je me laisse tenter, en plus les dessins sont sympathiques!

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- La fille de la nuit de Serge Brussolo. Histoire classique d'une femme amnésique poursuivie par des tueurs... Oui mais voilà, c'est Brussolo qui est aux manettes et il ne m'a jamais vraiment déçu dans le polar!
- Chicagone, série Le Poulpe de François Joly. Bon ben... Je l'avais pas lu et le jeu de mot du titre est une fois de plus très bien trouvé. Et puis, un petit voyage à Lyon en compagnie de Gabriel Lecouvreur ça me tente bien!
- Moloch de Thierry Jonquet. Un auteur que je porte aux nues, un livre non lu de lui et pas cher... What else?
- Sept jours pour expier de Walter Jon Williams. Une histoire étrange entre chronique du sud à la Steinbeck et le technothriller. Il n'en fallait pas moins pour aiguiser ma curiosité!
- Stairways to hell de Thomas Day. Ce sera ma première incursion chez cet auteur dont j'ai entendu beaucoup parler. Il y a des chances pour que j'aille le voir en dédicace aux Utopiales à la fin du mois. Ce serait dommage de ne pas avoir de livres de lui! En plus, ca a l'air totalement déjanté, style Sin City!

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- Tendre jeudi de John Steinbeck. Un grand saut dans l'inconnu que ce titre mais comme je redécouvre avec un plaisir certain cet auteur depuis quelques mois, je n'allais pas laisser passer l'occasion!
- Le Cheminot de Asada Jirô. Un recueil de nouvelles qui parle du temps qui passe et de la jeunesse perdue... Une ambiance bien japonaise comme je les aime. À voir!
- Du moment que ce n'est pas sexuel de Gudule. J'ai dévoré en son temps Le club des petites filles mortes du même auteur depuis je n'avais jamais recroisé la route de cette dame hors norme. L'occasion fait le larron et cette histoire d'amour bien thrash me semble idéale pour des retrouvailles!
- Caïn de José Saramago. Une histoire bien étrange qui commence lors du premier crime et parcourt ensuite les temps bibliques. Bien barré et donc pour moi! Conseillé et repéré par ma douce!

Bon, ma PAL se remplit encore... mais il est tellement difficile de résister face à des titres évocateurs ou des auteurs que l'on pratique et apprécie. Pas de quoi s'ennuyer en tout cas! Ils vont rejoindre leurs petits frères et sœurs en attendant ma voracité de lecture!

jeudi 2 octobre 2014

"Gemma Bovery" de Anne Fontaine

gemma bovery afficheL'histoire : Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d'un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d'imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu'un couple d'Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s'installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s'appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l'occasion est trop belle de pétrir - outre sa farine quotidienne - le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n'a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie...

La critique Nelfesque : J'aime le cinéma français, j'aime la littérature, j'aime Fabrice Luchini : tout est ici rassemblé pour me donner une forte envie de me déplacer en salle. C'est maintenant chose faite, nous sommes allés voir "Gemma Bovery" au cinéma la semaine passée.

Ce long métrage est un film de facture classique. Pas de suspense, ou peu, pas de vagues, pas de catastrophes ni d'effets spéciaux, juste la vie qui s'écoule, paisible et simple, avec son lot de surprises. Une histoire intemporelle et universelle. Nous sommes ici dans le quotidien de Martin, ex parisien quinqua qui a refait sa vie en Normandie, dans un cadre verdoyant et propice à la sobriété et à la lecture. En allant voir "Gemma Bovery", je pensais que le personnage de Martin serait au coeur du film, comme personnage principal. Je n'avais pas tout à fait tort puisque Martin est là pour nous accompagner, comme le narrateur d'un roman.

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Pour autant, ce n'est pas lui qui est au coeur de l'histoire. Gemma, sa jeune voisine anglaise est, comme le nom du film l'évoque, au coeur de ce long métrage. Fraiche, douce et curieuse de tout, elle fait tourner la tête aux hommes et on comprend aisément pourquoi. Gemma Artenton est magnifique dans son rôle de jeune fille étrangère, champêtre et mutine avec son physique "à la Laetitia Casta" et ses robes légères et fleuries. Fabrice Luchini quant à lui fait du Luchini en sobriété (comme on a pu le voir dans "Alceste à bicyclette"). Sans lui au générique, je ne pense pas que ce film m'aurait autant plu. Il sait distiller les moments de tendresse et d'espièglerie qui donnent toute sa force à ce long métrage.

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La sobriété, la douceur de vivre, la campagne paisible, l'ambiance des marchés de province, l'odeur du pain frais, ces madeleines de Proust qui sommeillent en chacun de nous : voilà ce que je retiendrais de "Gemma Bovery". J'ai passé un excellent moment devant ce film d'un peu plus d'1h30, très souvent le sourire aux lèvres, et quand la lumière s'est rallumée sur une salle remplie de spectateurs dans le même état que moi je n'ai pu m'empêcher de penser que décidément Luchini a toute sa place dans mon panthéon des meilleurs acteurs français de sa génération. J'aurai voulu que ce film continue encore et encore ...

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La critique de Mr K : 4/6. Un bon divertissement que ce film d'Anne Fontaine porté par son acteur principal comme bien des fois il faut l'avouer avec Fabrice Luchini. Dans Gemma Bovery, il campe un parisien exilé en Normandie qui a repris la boulangerie familiale avec sa femme, que l'on pourrait qualifier de pénible pour rester poli. Un jour, ce passionné de littérature classique voit débarquer dans la maison faisant face à la sienne un couple d'anglais au nom évocateur: Les Bovery. Ils vont à jamais changer sa vie (surtout Gemma en fait!) et la réalité va rattraper la fiction à travers une variation fort bien menée et réjouissante autour du classique de Flaubert.

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On ne s'ennuie pas du tout durant les 1h45 de ce film. Bien réalisé, images, sons, toute la technique est formidable de justesse et sert remarquablement le film qui est avant tout porté par des acteurs en pleine forme. Au premier rang d'entre eux, on retrouve un Luchini nuancé dans sa prestation, tout en retenu dans un rôle pourtant taillé pour les tirades alambiquées dont il a le secret. Mais voilà, son personnage ne s'expose pas et il garde en lui ses frustrations et ses désirs secrets. Du coup, cela donne de beaux moments, un regard, une émotion perceptible à fleur de peau et quelques explosions toutefois bienvenues. Ne vous attendez pas pour autant à du verbiage à tout va!

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Le couple Bovery est très bien interprété avec un Jason Flemyng juste et touchant (je l'avais adoré dans Atomic Circus) qui campe un mari dépassé et cocufié qui met du temps à se rendre compte de la situation et Gemma Artenton est vraiment resplendissante, son jeu reste classique mais efficace vu l'épaisseur de son personnage. Je dois avouer que j'ai préféré largement les personnages masculins et que j'ai trouvé assez horripilants les rôles féminins avec une mention toute spéciale à Elsa Zylberstein qui campe une bourgeoise arriviste des plus agaçantes!

Au final, c'est un bon film traitant de l'ennui et de la désespérance qui peuvent survenir dans une vie de couple, le sujet est ici traité avec finesse et émotion. Reste un film tout de même assez conventionnel qui sans Luchini n'aurait sans doute pas mérité toute mon attention.

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mardi 30 septembre 2014

"Les Banksters" de Marc Roche

bankstersL'histoire: "Je suis un libéral qui a toujours admiré le monde financier et ses opérateurs. Je n'aurais pas, sinon, choisi de couvrir pour Le Monde depuis vingt-cinq ans l'univers de Wall Street et de la City.

Mais depuis la crise, je suis un libéral qui doute, un déçu du capitalisme, un angoissé de l'avenir. J'ai cherché à comprendre les racines profondes de cette transformation personnelle. Ce carnet de route sans complaisance est à la fois un voyage intérieur et une enquête sur un monde très fermé, celui des banksters, dominé par l'opacité et... l'impunité.

Car tout a changé le 15 septembre 2008."

La critique de Mr K: Chronique un peu particulière aujourd'hui avec un essai économique mâtiné de souvenirs personnels : "Les Banksters" de Marc Roche. Je suis plutôt du genre à m'évader en lecture au travers de romans mais cet opus m'a attiré par son côté vécu qui promettait de montrer une vision différente de l'économie et plus particulièrement des tenants et aboutissants de la crise que nous traversons actuellement. Relativement court (229 pages), il promettait d'être concis et surtout abordable de part la profession de son auteur. L'idée de me retrouver confronté à un livre dogmatique et théorique me faisant horreur, j'ai été très vite rassuré...

Le livre est divisé en deux grandes parties aux titres évocateurs au possible, jugez plutôt: Aveuglements et Résistances. Chacune d'entre elles est divisée en une dizaine de chapitres qui explorent un domaine particulier de la grande finance ou des souvenirs personnels liés à elle. Ainsi, l'auteur débute par son aveuglement à ne pas voir les symptômes d'une crise profonde caractérisée par le sentiment d'impunité qui meut beaucoup de financiers et autres traders. Il fait alors des focus sur les "familles" se partageant les royalties et autres parts de marché notamment les dettes des pays qui sont des marchés forts juteux qu'il faut entretenir (cela donne lieu à des pages des plus effrayantes). Il est aussi question de certains médias complaisants faisant eux-même partie du système et se révélant de puissants soutiens (voir le passage sur la campagne eurosceptique du Financial Times). Tout une série de dysfonctionnements et de mutations de l'esprit capitalistes sont ainsi décryptés et mis à plat par l'auteur.

Très vite, Marc Roche pointe aussi les limites de cette fuite en avant qui a des conséquence catastrophiques dans ces sphères que l'on pense épargnées. Souvent, les traders sont mis au pilori alors qu'en fait ils ne font qu'obéir aux ordres et directives de leurs patrons en bisbille avec les États et autres organisations internationales. Véritables fusibles, ce sont des arbres qui cachent la forêt, des boucs émissaires tout trouvés qui permettent de concentrer les projecteurs sur eux plutôt que sur les vrais coupables protégés dans l'ombre. Pour autant, l'auteur ne crie pas au complot, c'est plus la dénonciation d'une dérive du capitaliste auquel il a cru et continue de croire. D'ailleurs, il termine son essai en proposant dix commandements, dix principes qui pourraient selon lui écarter le spectre d'une nouvelle crise financière (en moyenne, il y en a une tous les huit ans).

Malgré un sujet des plus complexes et pas forcément des plus attirants, j'ai dévoré ce livre. Tout d'abord, j'ai apprécié son accessibilité. Pas besoin d'aller faire des recherches sur le net pour comprendre tel élément de lexique financier, l'auteur limite leur utilisation aux plus importants et fait en sorte que son propos soit intelligible par le plus grand nombre. L'effort est louable et salutaire tant on peut entendre un certain nombre d'énormité dans les médias. Ce qu'il y a aussi de très intéressant dans son approche, c'est que nous ne sommes pas face à une dénonciation caricaturale et dogmatique (on est loin de Mélenchon) ou une éloge du capitalisme (Le Tsar Cosy peut aller se rhabiller!). Certes l'auteur est capitaliste mais il est dépassé par son évolution qui n'a plus grand chose à voir avec ses convictions de jeunesse et le contenu de son livre est pour cela éclairant. Le libéralisme est devenu liberticide, un comble quand on connaît les racines de ce courant de pensée!

La lecture de ce volume fut donc un plaisir de pédagogie et d'éclairage. Il n'y a pas de grosses révélations, beaucoup des choses que vous y lirez sont connues mais l'avantage de cet ouvrage est de toutes les résumer et les rassembler en un seul ouvrage. Un bel exercice de style que je vous conseille grandement si le sujet vous intéresse!

lundi 29 septembre 2014

Chante Francis, chante!

Atention, attention! Nous posons une pierre majeure à l'édifice des Lundis au soleil aujourd'hui grâce au concours éclairé de l'ami Yannovitch. Gloire à toi poto!

Francis Huster joue mal... c'est du moins l'opinion que nous partageons Nelfe et moi. Comme cela ne suffisait pas, cet ex-sociétaire de l'Académie Française a poussé la chansonnette dans un film de Jacques Demy, l'oublié Parking (c'est peut être pas plus mal vu les extraits que vous allez voir). Variation autour du mythe d'Orphée, on nage en plein nanar et on peut aussi confirmer que Francis a bien fait de ne pas persévérer dans sa volonté de faire carrière dans la chanson.

Accrochez-vous à vos chaussettes car c'est 7'49" de lourdeur et de kitsch extrême que nous vous proposons ici. Résumé rapide du nanar pré-cité, on alterne vocalises cacophoniques et passages burlesques du film. Vous admirerez plus particulièrement les prestations hautes en couleur de Francis Huster (chant, jeu), le côté ovni de ce film qui a tout de même trouvé des financiers pour allonger l'oseille, une apparition type Frankestein de Jean Marais, un suicide raté (parce que même dans ce domaine Francis n'est pas doué!) et pleins d'autres surprises que je vous laisse découvrir seul. Et même si ce visionnage est éprouvant, restez jusqu'au bout! C'est vraiment une expérience hors du commun que vous vous apprêtez à vivre!

Bon courage!

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dimanche 28 septembre 2014

Conflits tous azimut!

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Dessin de Kak tiré du site L'Opinion

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samedi 27 septembre 2014

"Apparition" de Graham Masterton

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L'histoire: Chargé de restaurer une vieille demeure victorienne, David Williams y est confronté à d'étranges phénomènes: bruits mystérieux, lueurs inexplicables et surtout la présence de Brown Jenkin, un rat d'une taille monstrueuse qui rôde dans le grenier.
Il apprend bientôt que la maison était au siècle dernier un orphelinat et que tous les enfants y sont morts en l'espace de deux semaines. Épidémie? Ou bien les petits pensionnaires ont-ils été enlevés et tués au cours d'un rituel abominable?
Explorant le grenier, il découvre que celui-ci est en fait une porte sur le temps, qui permet de revenir en 1886, date à laquelle les Grands Anciens firent une première tentative pour reprendre le contrôle de notre planète.
Une seconde offensive se prépare...

La critique de Mr K: Lors de ma dernière lecture d'un Masterton (Magie des neiges), j'avais été grandement déçu. J'étais donc parti pour éviter d'en relire malgré un goût prononcé pour le genre épouvante-horreur que je trouve idéal pour se détendre entre deux lectures dites plus conventionnelles... Oui, oui, on est un peu bizarre au Capharnaüm Éclairé. Mais voilà, l'abbé a encore frappé et lors d'un passage innocent sur les lieux du crime pour trouver des éléments de décoration pour notre mariage, je tombai sur le présent volume que me tendit, la bouche en cœur, mon adorée. Crotte, flûte et mort au rat! Les Grands Anciens sont mentionnés et je ne peux que penser au maître du genre, HP Lovecraft qui m'a converti il y a déjà bien 20 ans au genre! Je décidai donc d'adopter ce livre afin de donner une dernière chance à cet auteur. Bien m'en a pris! Même si ce n'est pas un chef d'œuvre, il a rempli son office malgré un démarrage un peu mou du genou.

Sacré David! Dans le genre loser dans la vie il se pose là et ça ne va aller en s'améliorant. Sans le sou depuis son divorce compliqué, avec son fils Danny sur les bras, il se retrouve à devoir rénover une vieille demeure victorienne au passé des plus inquiétants. Grattement, frottement, lumière irréelle, cimetière d'enfants dans le jardin, la panoplie complète de la maison hantée et plus encore! Très vite, on sent bien qu'il se trame quelque chose et croyez moi, on n'est pas au bout de nos surprises!

Il faut bien avouer que les débuts sont tout de même laborieux. D'une extrême lenteur, le récit peine à s'installer d'autant que les personnages s'apparentent à des clichés ambulants notamment les personnages secondaires, au premier rang desquels celui de Liz, une jeune fille charmante comme tombée du ciel et dont la psychologie n'a pas plus d'épaisseur qu'un OCB bleu expert. L'écriture est sympathique mais sans plus et ça manque cruellement de suspens et de concret.

Heureusement l'auteur semble se donner un bon coup de pied au derrière à partir de 150 pages et l'on tombe alors dans une œuvre débridée à souhait où le gore et le mysticisme sombre ont la part belle. Fantômes du passé, voyages dans le temps, créatures innommables lovecraftiennes, cruauté gratuite et thriller psychologique se conjuguent à merveille et l'on comprend que l'auteur en avait gardé sous le coude. Ce mélange de SF, d'horreur et de drame intime forme une belle œuvre qui certes tarde à monter en pression mais se termine dans une pyrotechnie littéraire des plus flamboyantes et rarement descriptions m'auront autant marqué que celle du dernier acte. On tend vraiment vers Lovecraft par moment et j'ai adoré certains passages!

Les talents d'écrivains de Masterton ne sont plus à prouver et j'ai retrouvé l'enthousiasme qui m'accompagnait lors de mes premières lectures de cet écrivain. Mâtiné de références cultes (Poe, Lovecraft, un peu du King par moment), cet ouvrage est une excellent détente neurone, horrifique à souhait et à la chute assez surprenante. Avis aux amateurs!

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- Le Portrait du mal
- Magie des neiges

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jeudi 25 septembre 2014

Ouf... enfin du calme!

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Il était temps! Que de bazar et d'activité autour de moi depuis quelques mois! On a beau dire, préparer un mariage c'est du taf mais surtout ça perturbe mon rythme de duchesse! Finies les siestes tranquillou dans le canapé, les calins langoureux tout contre mes maîtres... C'est bien simple, je n'existais plus!

Du coup, pour les punir, j'ai décidé de ne rien faire pour les aider! Et toc! Non, mais! Imaginez! Passer de 18h de repos quotidien à 15h! C'est un monde, il y a plus moyen de pioncer chez soi! Rajoutez là dessus qu'il m'ont collé entre les pattes de la belle mère de Mr K durant 3 jours pour aller manger du miel sur la Lune (je crois que je n'ai pas tout compris là...) et c'est le pompon!

Heureusement tout a une fin et nous voila revenu vers un peu de normalité. Farniente sur terrasse et fauteuil, calinou devant une bonne série télé, squattage de couette et surtout, mes deux maîtres rien que pour moi! Le panard!

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mercredi 24 septembre 2014

"Antonio ou la Résistance" de Valentine Goby et Ronan Badel

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L'histoire: 1939, Argelès-sur-Mer. Antonio arrive au camp de réfugiés espagnols avec sa mère et sa soeur. Ils doivent y retrouver leur père, Jorge, résistant républicain contraint à l'exil après la victoire de Franco. Mais que va-t-il lui dire, à ce père qu'il n'a pas vu depuis trois ans? Quand pourront-ils enfin vivre ensemble? Sans cesse séparés, rassemblés, puis éloignés de nouveau, Antonio et les siens, pourtant, tiennent bon, unis dans un même combat: la lutte pour la liberté.

La critique de Mr K: Ce livre, paru il y a peu aux Editions Autrement, fait partie de la collection Français d'ailleurs qui se propose d'évoquer notre Histoire nationale contemporaine à travers le regard d'un enfant immigrant en France. Belle initiative en ces temps sombres de repli sur soi et de communautarisme nauséabond. Un vent nouveau et frais souffle sur notre passé commun où la grande Histoire côtoie souvenirs et anecdotes propres à chaque enfant. Antonio ou la Résistance nous parle lui de la guerre civile espagnole et de l'occupation allemande à partir de 1940.

Ce court récit d'une cinquantaine de pages, richement illustré et proposant de courts chapitres de deux pages (idéal, je pense, pour accrocher un public de néo-lecteurs et contentant les plus expérimentés) nous propose de suivre l'exil de la famille d'Antonio en France. Républicains affirmés, le papa est enfermé dans un camp où la maman artiste emmène toute la petite famille pour se retrouver enfin après des mois de séparation. Pour cause de sécurité, ils doivent cependant laisser la petite dernière chez les grands parents restés en Espagne pour éviter les soupçons et risquer de se retrouver dans les geôles franquistes. Une fois arrivés et les retrouvailles passées, c'est une nouvelle vie qui commence entre le bonheur d'être réuni et les dangers qui continuent de planer au dessus de la tête de tous les êtres épris de liberté. En effet, les troupes nazies approchent et ce refuge n'est que provisoire...

À travers le regard de ce jeune garçon déraciné, c'est un regard neuf sur la guerre et les souffrances qu'elle engendre que les auteurs nous invite à partager dans une écriture à la fois accessible et d'une rare sensibilité. Cette lecture m'a fortement rappelé mes excellentes expériences précédentes sur le sujet à savoir Tanguy de Michel Del Castillo et Un sac de billes de Joseph Joffo. Derrière une apparence parfois simple et enfantine, le message gagne en puissance et étreint le cœur du pauvre lecteur consentant pris en otage. Les liens qui unissent la cellule familiale sont remarquablement dépeints en peu de mots, parfois en une phrase à priori anodine et les événements qui surviennent n'en prennent que plus de sens et de poids. Rarement l'esprit de la Résistance n'a été aussi bien décrit et explicité, et en cela, les personnages de Jorge et de sa femme sont vraiment admirables mais jamais en tombant dans le pathos. Il est toujours bon de rappeler aux esprits égarés que nombre d'étrangers ont combattu pour la France lors de l'Occupation et que bien plus sont ensuite venus nous aider à reconstruire notre pays exsangue. La juste mesure serait l'expression qui qualifierait le mieux le contenu et la forme du présent livre.

À la fin de l'ouvrage, quelques repères spatiaux-temporels ont été ajoutés afin de permettre aux plus jeunes de mieux appréhender l'époque et le contexte de ce livre à bien des égards nécessaire et utile au possible. Ainsi, le lien entre guerre civile espagnole et la seconde guerre mondiale permettra à nos chérubins à partir de 10 ans d'approcher l'Histoire de manière sensible mais néanmoins avec exigence et justesse. Rajoutez à cela une qualité littéraire indéniable entre réalisme pur et dur et une sensibilité à fleur de mot, vous obtenez un mini chef d'œuvre d'intelligence et d'humanité.

Vous l'avez compris, dans le domaine, on est face ici à un incontournable! Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

mardi 23 septembre 2014

"Le Rôle de ma vie" de Zach Braff

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L'histoire: Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

La critique Nelfesque: Je suis une fan inconditionnelle de "Garden State". Quand je l'ai vu au cinéma ce fut un véritable coup de coeur. J'ai sauté sur le DVD à sa sortie et encore aujourd'hui j'ai une tendresse particulière pour lui. A l'annonce d'un nouveau film de Zach Braff, j'étais aux anges ! J'ai volontairement fuit toute info dessus, j'ai à peine regardé la bande annonce et je me suis précipitée en salle pour voir "Le Rôle de ma vie" (oui je sais il est sorti le 13 août et notre avis n'arrive que maintenant, mais le festival, toute cette pression...).

"Le Rôle de ma vie" est un objet cinématographique qu'il est difficile de décrire. A mi chemin entre drôlerie, tendresse et sujet difficile, Zach Braff nous présente des instantanés de la vie de tous les jours avec sa vision bien à lui. Par ses yeux, le moindre détail prend une importance poétique et/ou étrange. On ne sait pas trop bien quoi penser de son long métrage mais on est indéniablement touché. Comme dans une bulle de bien être où une petite larme peut pointer à tout moment.

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Car c'est cela le cinéma de Zach Braff. De l'émotion, de l'autodérision, de la vie ! Ce film ci n'est pas à mon sens à la hauteur de "Garden State". On sent bien que c'est le même réalisateur aux manettes mais "Le Rôle de ma vie" n'a pas toute la puissance d'un GS. 

Pourtant les sujets sont forts : la maladie d'un proche, la perte de ses rêves, travailler pour faire vivre sa famille... On est bien loin de la légèreté et au plus près de nos préoccupations quotidiennes. Zach Braff se met en scène dans le rôle d'un comédien raté qui rêve toujours d'un grand rôle mais qui ne parvient qu'à décrocher des petites apparitions. Pas vraiment de quoi faire bouillir la marmite. Pour cela, c'est sa femme qui s'y colle. Tout le monde s'y retrouve, tout le monde est content... oui mais pas tant que ça. Quand survient le cancer de son père, Aidan prend conscience du côté éphémère de la vie. Commence alors une remise en question, un apprentissage de certaines valeurs à ses enfants et une acceptation du drame qui attend tout à chacun.

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Dit comme ça, c'est très plombant comme synopsis mais c'est sans compter le regard de Zach Braff, derrière ces mots, qui illumine chaque parcelle sombre du souffle de la vie. L'histoire est somme toute classique, on ne nous propose pas ici quelque chose de fondamentalement novateur, pourtant la façon dont est traité le sujet, la juste dose d'humour et de sentiments donne toute sa puissance au film. La même sensation que pour "Garden State", un sentiment d'être au bon endroit au bon moment.

"Le Rôle de ma vie" n'est certainement pas le meilleur film de Zach Braff, il n'est pas non plus le genre de film puissant qui laisse un souvenir impérissable mais c'est un film attachant devant lequel le spectateur éprouve des sensations peu courantes au cinéma. Et je ne vous ai pas parlé de la BO qui est à tomber par terre ! Si vous avez l'occasion de le voir, ne boudez pas votre plaisir.

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La critique de Mr K: 5/6. très belle séance de cinéma avec le 2ème film de Zach Braff, 10 ans après le magnifique Garden State que m'avait fait découvrir plus tard Madame Nelfe au début de notre relation. On rentre une fois de plus ici de plein pied dans ce que le cinéma indépendant américain fait de mieux: c'est un bel objet, profond et drôle qui me marquera longtemps.

Le père d'Aidan est condamné par le cancer, il va mourir. C'est un électro-choc pour l'aîné de la famille qui va devoir sortir de sa routine, se démener pour rassembler sa famille et finalement, pour la première fois, affronter la vie d'adulte. Cela ne se fera pas sans mal entre vieilles brouilles familiales (son père et son geek de frère ne se parlent plus) et aléas de la vie.

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On retrouve dans ce métrage toutes les qualités de Garden State. D'une beauté confondante où poésie et émotions se mêlent au quotidien, on plonge littéralement dans l'intimité d'une famille américaine. On alterne passages rudes liés à la thématique du deuil avec de purs moments de comédie déjantée (le passage avec le monocycle motorisé est hilarant). C'est cela le grand talent de Zach Braff, parler de choses pas évidentes en sachant ménager le spectateur en relâchant au bon moment la tension pour pouvoir poursuivre son bout de chemin avec des spectateurs conquis et accrochés par l'histoire.

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La direction d'acteur est parfaite, le réalisateur-acteur est touchant par son jeu fin et ouvert, Kate Hudson remonte dans mon estime avec une prestation impeccable. Mais c'est surtout le frangin geek (Josh Gad) et le vieux père (Mandy Patinkin) qui m'ont touchés via leur relation ambiguë et tellement humaine. Pas besoins de mots ou d'explication à rallonge, tout se comprend et s'éclaire à travers un jeu de regard, une attitude. Je dois avouer que j'ai verser ma petite larme à certains passages.

Ce fut donc une belle expérience, un petit bijou d'intelligence et de finesse que je vous invite à découvrir au plus vite!

Posté par Nelfe à 18:54 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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