dimanche 16 octobre 2016

Back chez l'abbé !

Hier avait lieu une vente spéciale dans notre Emmaüs fétiche, notre fournisseur préféré de livres de seconde main. Déjà que tout y est bon marché mais imaginez que tous les livres soient à -50%... On se préparait donc à une orgie d'acquisitions et une invasion conséquente de nos PAL respectives par les petits nouveaux...

Acquisitions ensemble

Bon... au final vous voyez que nous avons été plutôt raisonnables avec seulement six ouvrages de plus pour moi et deux pour Nelfe. Il faut dire qu'à force de chiner, on retombe au bout d'un moment sur les mêmes ouvrages et comme en plus nous n'y sommes allés qu'en début d'après-midi, sans doute que de belles pièces avaient déjà trouvé acquéreur. Reste une pêche bien sympathique que je vais vous présenter en compagnie de Tesfa qui sait donner de sa personne quand elle veut !

Acquisitions 4
("Mouais... il a une odeur spéciale et bizarre cet ouvrage...")

- "Structura maxima" d'Olivier Paquet. On commence avec ce livre qui intrigue tellement Tesfa et qui m'a séduit pour ma part par sa quatrième de couverture alléchante. Dans une cité souterraine constituée de poutrelles et de niveaux vertigineux, un homme et son fils vont tenter de découvrir les origines de cet univers clos et parfaitement réglé au bord de l'implosion. L'éditeur promet un ouvrage-hommage au futurisme italien (j'adore ce mouvement artistique), du baroque à la Caro et Jeunet et une pointe de Miyazaki. il ne m'en fallait pas plus pour adopter l'ouvrage que je lirai sans doute durant les prochaines Utopiales qui approchent à grand pas (yes yes yes !) !

Acquisitions 2
("Ceux-ci ne sentent pas meilleur, il a de drôle de goûts Mr K...")

- "Ne la quitte pas des yeux" de Linwood Barclay. Ma PAL en matière de policier/thriller est assez maigre et c'est avec plaisir que je tombai sur un ouvrage de cet auteur qui m'avait séduit avec son ouvrage "Cette nuit là". Dans celui-ci, on suit David dans sa quête pour retrouver sa femme qui a disparu lors d'un après-midi en famille dans un parc d'attraction. Au fil de ses recherches, il va se rendre compte qu'il ne la connaît pas si bien que ça et il va devenir le suspect numéro 1 aux yeux de la police. Suspens et levé de secrets de famille sont à prévoir, le genre de lecture-détente que j'affectionne !

- "Opéra macabre" de Thomas Tissier. Sur le papier, ce roman a tout pour me plaire : une panne de voiture en rase campagne, un refuge inespéré pour l'automobiliste en galère, une femme fatale, une maison labyrinthique, des personnes âgées étranges dont un ancien nazi... Vous mixez le tout et vous obtenez ce roman classé terreur qui promet tension, révélation et érotisme. Là encore, une lecture plus légère mais néanmoins attirante !

Acquisitions 1
("Il est irrécupérable, ma patience a des limites...")

- "La Vierge de glace" de Hans Christian Andersen. On ne peut décemment pas dire non à un petit conte frissonnant surtout quand il est signé par un des maîtres en la matière. Je ne connais pas ce titre et pourtant j'ai pratiqué l'auteur souvent étant plus jeune. L'occasion fait le larron et je vais m'empresser de lire les aventures du jeune Rudy tentant d'échapper à cette mystérieuse reine des neiges éternelles. Il est bien bon de retomber en enfance lors de certaines lectures.

- "Mondo et autres histoires" de J.M.G. Le Clézio. À nouveau, un recueil de contes signé par Le Clézio. Je m'attends ici à des histoires universelles et intemporelles qui nous parlent de nous et de nos aspirations. J'espère y retrouver le souffle et l'écriture magique d'un auteur vraiment pas comme les autres et que j'ai délaissé depuis trop longtemps...

Acquisitions 5
("Reviens Tesfa... Fais pas la tête !")

- "Victor Hugo" d'Alain Décaux. Ce livre est une brique de 1000 pages qui d'ailleurs a réussi à faire fuir Tesfa ! Effet inverse sur moi qui adore Victor Hugo depuis mes débuts de lecteur et qui m'enthousiasme à l'avance de le voir raconter par un narrateur et historien hors pair. Ce monstre sacré de la littérature française a eu une vie tellement riche en terme d'activités, de rebondissements, de combats, d'amours qu'il fallait bien un gros pavé pour nous la conter. Voila une lecture qui risque de me marquer longtemps, je m'y mettrai lors de vacances à venir en 2017.

Acquisitions 3
("Ah... Enfin la sélection de Nelfe ! Pour le coup, je veux bien remontrer mon mignon minois!")

- "La Petite barbare" d'Astrid Manfredi. Voila un livre que Nelfe voulait lire lors de sa sortie l'année dernière, son souhait est exhaussé avec cette trouvaille chanceuse qui l'a réjouie. Récit d'un chaos intérieur et social, l'héroïne écrit son histoire depuis la prison où elle a atterri suite à un acte irréparable. Présenté comme un véritable bâton de dynamite littéraire et une dénonciation sans fard de la société du néant, je sens que Nelfe va respirer la joie de vivre après cette lecture !

- "L'Éducation de Stony Mayhall" de Daryl Gregory. Un livre qui a accroché l'oeil de ma chère et tendre à cause de son édition tout d'abord (Le Belial est excellente dans les domaines qu'elle balaie). Et puis, il y a cette histoire intrigante de jeune gamin insensible à la douleur qui semble cacher un lourd secret au plus profond de sa chair. Roman de genre, premier traduit en français de son auteur, il est précédé d'une réputation certaine. Verdict à venir dans les mois à venir quand Nelfe se penchera dessus...

De bien belles pioches donc avec de la variété, des auteurs à découvrir et d'autres à retrouver avec plaisir. On a limité la casse en terme de PAL même si la terrible phase consistant à faire un choix après une lecture ne va pas s'en voir simplifiée. C'est le triste quotidien du lecteur addict. Je nous plains d'avance...


samedi 15 octobre 2016

"Cher pays de notre enfance" d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat - ADD-ON de Mr K

cher pays de notre enfanceNelfe a déjà lu et chroniqué cette BD le 10/04/16. Mr K vient de la terminer et de la chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Cher pays de notre enfance", ça se passe par là.

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vendredi 14 octobre 2016

"Hier je vous donnerai de mes nouvelles" de Pierre Bordage

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Le contenu : "J’inspecte les rayonnages de ma bibliothèque, je n’y trouve aucun livre d’Homère, pas la moindre trace du grand inspirateur. Qu’ai-je bien pu faire du vieux bouquin tant de fois corné qu’il avait fini par renoncer à sa forme livresque ? Comment ai-je pu le laisser s’exiler de chez moi ? Qui me l’a volé ?

Puis je souris. Quelle importance ? Ces œuvres qui m’ont vivifié, nourri, enchanté, ne sont-elles pas mieux dans des mains avides que sur des planches de bois grises de poussière ? Ne sont-elles pas mieux à voyager et à s’ouvrir à de nouvelles âmes ? Les livres (que dire des versions électroniques ?) se déplacent, se prêtent, jaunissent, se déchirent. Je les ai sans doute offerts de bon cœur, mû par le plaisir unique de partager un secret, un vertige… Les personnages que j’ai aimés, eux, ne meurent pas, à jamais admis dans l’olympe des archétypes.

Et moi, j’essaie de me faire une petite place, modeste laboureur des mots, dans le sillon éternel et fécond tracé par les grands faiseurs d’histoires."

Pierre Bordage pour ce troisième recueil nous offre quinze nouvelles et un préambule.

La critique de Mr K : Hier je vous donnerai de mes nouvelles est le dernier ouvrage paru à ce jour de Bordage. Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles écrites entre le début du millénaire et l'année 2015, certains écrits étant restés inédits jusque là, d'autres ayant été insérés dans des ouvrages collectifs ou dans certains journaux dont Télérama ou le journal Libération. Après un prologue prenant où l'auteur nous explique son amour immodéré pour les œuvres imaginaires, le lecteur oscillera pendant quinze nouvelles entre anticipation, SF pure et fantasy. Beaucoup de variété donc pour une majorité de textes réussis, addictifs et sacrément bien menés. Mais qu'attendre d'autre d'un tel talent ? (je sais je me répète)

Tour à tour, l'auteur nous convie à remonter le temps en compagnie d'un voyageur recherchant ses origines et qui va rencontrer un certain nombre de ses aïeuls et constater malheureusement que l'Histoire se répète. On suit la révélation que va faire un grand-père à son petit-fils en sortant de leur confort habituel et en explorant le grand monde. Au détour d'un autre texte, on suit les pérégrinations existentielles d'un rescapé d'un crash spatial qui va se retrouver confronter à un choix cornélien puis juste après, l'auteur nous offre un petit "morceau" de son œuvre culte Les Guerriers du silence qu'il a ôté du substrat originel. L'occasion pour moi de renouer avec les terribles Scaythes d'Hyponéros ! Ceux qui n'ont pas lu cette trilogie doivent absolument se ruer dessus, je l'ai littéralement dévoré à l'époque et ceci bien avant le blog (d'où l'absence de chronique, je sens que je vais devoir le relire !).

Par la suite, on croise aussi un extra-terrestre qui observe l'humanité depuis très longtemps et en dresse un portrait peu flatteur, des migrants fuyant le réchauffement climatique se heurtant au protectionnisme nationaliste (ça ne vous rappelle rien ?) et d'autres fuyards luttant contre une invasion végétale des plus ragoûtantes ! Quelques pointes de fantasy font aussi leur apparition avec la quête d'une jeune reine à la recherche de son empathie perdue et un tueur à gage pris de remords quand il découvre la cible qui lui a été vendue... Et puis, du post-apocalyptique des familles avec une zone de quarantaine isolée du reste du monde, un barde en panne d’idées qui cherche l'inspiration auprès d'une sirène captive, le jugement d'un autocrate par d'anciennes victimes et pour finir un très beau texte faisant la part belle aux origines de toute vie à travers un voyage sans retour.

Sacré programme donc ! On retrouve les thématiques chères à Pierre Bordage notamment son goût pour l'humanisme à travers des luttes parfois vaines mais souvent portées par de magnifiques personnages allant du vieux sage au jeune en devenir. Rien n'est jamais gratuit ici, tout n'est que volupté de la langue, enrobé de messages sous-jacents. Mélange d'aventure, de scènes de partage et d'échange, de quêtes intérieures, on retrouve un souffle épique, universaliste qui fait que le récit le plus irréaliste peut nous parler et nous interroger sur nous et surtout sur le monde que nous construisons. C'est aussi une vision sans fard des destructions et exactions de l'homme sur ses congénères et sur son berceau, belle planète bleue sacrifiée au nom des raisons économiques et nationalistes. Certains passages font réellement froid dans le dos dans leur caractère prophétique mais les habitués de l'auteur ne seront pas surpris, les fans de SF encore moins...

On passe donc de bien bons moment avec des récits certes courts mais d'une densité de contenu important, des personnages charismatiques et un style d'écriture toujours aussi entraînant et facteur de rêve et d'évasion. Par forcément le meilleur Bordage (je lui préfère ses romans) mais de belles parenthèses enchantées (ou non) en attendant le prochain long récit du maître. À lire !

Autres ouvrages de Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé :
- Chroniques des ombres
- Les Dames blanches
- Graine d'immortels
- Nouvelle vie et autres récits
- Dernières nouvelles de la Terre
- Griots célestes
- L'Evangile du Serpent
- Porteurs d'âmes
- Ceux qui sauront
- Les derniers hommes
- Orcheron
- Abzalon
- Wang

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jeudi 13 octobre 2016

"Et la vie nous emportera" de David Treuer

Et la vie nous emportera

L'histoire : Août 1942. Avant de s'engager dans l'armée de l'air, Frankie Washburn rend une dernière visite à ses parents dans leur résidence d'été du Minnesota. Il y retrouve Félix, le vieil Indien en charge du domaine, dont il est plus proche qu'il ne l'est de son propre père. Mais aussi Billy, un jeune métis avec qui il a grandi et auquel l'unissent des sentiments très forts. Ce jour-là, au cours d'une battue pour retrouver un prisonnier de guerre allemand échappé du camp voisin, les trois hommes se retrouvent mêlés à un tragique accident dont ils tairont à jamais circonstances. Ce drame va bouleverser le destin des Washburn et de leurs proches, à l'image du conflit qui ravage le monde.

La critique Nelfesque : "Et la vie nous emportera"... Rien que le titre de cet ouvrage est une invitation. Une invitation au voyage, à la mélancolie et à la vie. Un titre qui a résonné en moi immédiatement et une couverture entre chien et loup qui laisse entrevoir beaucoup de choses...

L'histoire se passe en 1942 (vous connaissez maintenant mon intérêt pour les oeuvres traitant, de près ou de loin, de la seconde guerre mondiale), en plein coeur des États-Unis. Minnesota, résidence d'été de la famille Washburn. C'est là que Frankie et ses parents passent chaque été, en pleine campagne, au bord de la rivière. Mais cet été 42, les choses ont changé. Un camp de prisonniers de guerre allemands s'est monté sur l'autre rive et Frankie va partir pour l'Europe à bord d'un bombardier. Cet été a donc une saveur particulière et les sentiments sont exacerbés.

Et rien ne va se passer comme prévu. Avant l'arrivée de Frankie, un allemand s'est échappé du camp voisin et tout le monde est sur le qui-vive. Partant à sa recherche avec Félix, le vieil indien en charge du domaine qu'il connaît depuis sa naissance, et Billy, le jeune métis pour qui il a des sentiments très forts, il va commettre l'irréparable. Un acte irrémédiable qui va changer sa vie et celle de ses proches à jamais.

Dans l'écriture de David Treuer, on sent la tension et les aspirations des personnages dans chacun de leurs actes. Au moment où un jeune homme devient un homme, veut défendre des valeurs et se sentir utile, le personnage de Frankie va perdre pied, donner le change et se mentir à lui-même. "Et la vie nous emportera" est un roman sur l'existence, sur nos espoirs et nos désillutions, sur le temps qui passe irrémédiablement et nous oblige chacun à faire des choix, à les assumer ou à remédier à nos erreurs passées.

Dans un décor de guerre mondiale à la fois lointaine géographiquement et présente dans tous les esprits, l'auteur tisse sa toile aux confins des États-Unis, au sein d'une famille modèle que rien ne prédisposait à avoir un tel destin. Un petit rappel de ce qu'est la vie avec ses joies et ses peines, ce que nous aurions voulu qu'elle soit et ce qu'elle nous réserve. 316 pages de destins contrariés et d'effet papillon et un roman qui laisse un goût amer au lecteur.

mercredi 12 octobre 2016

"Sans portes ni fenêtres" de Peter Straub

Sans portes ni fenêtres

L'histoire : Avant, il se contentait de casser les jouets de son petit frère... Maintenant il a compris que le petit frère lui-même peut aussi être un jouet.

Harry Beevers est un sale gamin, une brute, mais le voisin l'a surnommé l'"intello", l'ayant surpris un jour plongé dans un livre.

"- La lecture mène à tout, avait-il ajouté.
-Ca ne peut pas lui faire de mal !" avait renchéri sa mère.

Mais le livre qu'Harry a trouvé dans le grenier n'est pas n'importe quel livre. C'est L'hypnose facile, guide pratique. Et tout ce qu'il raconte paraît tellement incroyable...

Harry a vraiment hâte d'essayer, d'autant qu'il a trouvé le sujet idéal : son petit frère.

La critique de Mr K : Après quelques lectures de la rentrée littéraire, je souhaitais m'orienter vers une lecture plus récréative et le genre horreur / terreur est idéal dans ce cas là à mes yeux. Dans ma PAL, j'ai quelques représentants du genre qui n'attendaient qu'une chose : que je les choisisse ! Je jetais donc mon dévolu sur Sans portes ni fenêtres de Peter Straub, un auteur plutôt réputé dans le genre et que je n'avais jusque là jamais pratiqué. De plus la quatrième de couverture promettait un récit bien barge et déviant dans la droite lignée du Jeu du jugement de Bernard Taylor que j'avais en son temps adoré. Au final, je suis plutôt mitigé...

Première surprise, il ne s'agit aucunement d'un roman mais d'un recueil de six nouvelles entre-coupées de micro-récits de deux à trois pages. Il y a donc bien l'histoire de ce frère sadique qui va tester l'hypnose sur son niais de petit frère mais aussi d'autres récits qui pour le coup ne versent pas forcément dans l'épouvante pure. C'est une semi déception car j'étais parti pour quelques bonnes pages de frousse et les attentes dans le domaine n'ont pas été comblées même si comme vous allez le lire, tout n'est pas à jeter loin de là.

On croise pas mal d'individus bien tordus dans les 400 pages que recèle ce recueil. Tour à tour, on côtoie un jeune garçon bien dérangé qui va expérimenter l'hypnose sur son jeune frère, un garçon passionné de cinéma qui vit sa vie à travers les œuvres qu'il va voir et qui va faire une terrible rencontre (le mot terrible ici n'est pas galvaudé, la nouvelle met vraiment très mal à l'aise le lecteur), un gros mythomane qui s'invente une vie auprès de ses parents et amis qui voue un culte aux biberons (oui oui ça surprend au début!), un taxi-man proposant des shows oniriques dans un cirque interlope et un écrivain désargenté qui part en Angleterre pour faire des recherches sur une poétesse comptant parmi ses aïeules. Ils ont tous en commun un destin contrarié, une soif de reconnaissance et une expérience virant à l'étrange à un moment de leur vie.

Peu ou pas de frissons comme dit précédemment dans cette lecture mais plutôt une suite de portraits très précis de personnages torturés d'une manière ou d'une autre. L'auteur se plaît à explorer les abysses et recoins obscures de l'âme humaine entre aspirations et contradictions, fascination pour la mort et l'attirance vers l'interdit. La peur n'est certes pas au RDV mais le dégoût, le désappointement et la surprise bien souvent, surtout sur trois nouvelles en particulier. En cela, certains récits sont de belles réussites livrant des personnages riches, denses et particulièrement dérangés, la bascule s'effectuant au détour d'un simple mot ou d'une simple phrase. La normalité disparaît au profit d'un monde, d'une expérience différente, déviante et souvent saisissante. J'ai aimé l'aspect borderline de certains personnages qui dévissent vraiment complètement.

On navigue souvent entre quotidien routinier et quelques éclats qui ne sont pas sans conséquence. C'est à la fois le point fort et le défaut de l'ouvrage. Peter Straub écrit très bien, les lignes qui composent ce recueil recèlent une grande qualité littéraire mais à force de trop se concentrer sur la forme, on en perd de l'intérêt et deux nouvelles qui comptent plus de 100 pages aurait mérité quelques travaux de débroussaillage tant on a l'impression que l'auteur se complaît dans la description inutile. J'ai tenu malgré tout car je souhaitais à chaque fois bien appréhender la fin proposée mais honnêtement je me suis parfois ennuyé ferme. À côté de cela, l'auteur nous offre de splendides pages sur la vie aux USA, sur les petites villes dont on ne parle jamais et sur les coutumes qui régissent le calendrier américain.

Je suis donc sacrément partagé par ce recueil qui je crois doit être réservé aux amateurs de belle langue et de l'auteur en particulier. Dans le genre en tout cas, j'ai lu bien mieux en terme d'efficacité.

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mardi 11 octobre 2016

"Fin de la parenthèse" de Joann Sfar

fin de la parenthèseL'histoire : Seabearstein met fin à son exil d’artiste maudit pour participer à une expérience artistique hors normes. L’art étant à ses yeux la seule issue possible pour une société en prise avec un obscurantisme croissant, le peintre est chargé de réveiller le seul prophète non-religieux possible, qui n’est autre que Salvador Dali, maintenu cryogénisé à Paris. Il devra pour cela invoquer son esprit grâce aux mises en scènes de quatre modèles de haute couture qui recomposent des tableaux de Dali. Coupés de toute communication avec le monde extérieur, ils embarquent pour un trip mystique et philosophique totalement inédit.
Sauront-ils faire renaître l’esprit du peintre surréaliste ? Et s’ils y parviennent, que pourront la culture, la connaissance et l’amour dans un monde chahuté ? Questions d’autant plus fondamentales que notre héros sera, à l’issue de cette parenthèse, confronté à une réalité violente.

La critique Nelfesque : Voici une BD singulière et bien particulière dont la rédaction de la chronique dédiée me donne du fil à retordre... "Fin de la parenthèse" ne ressemble à aucun autre ouvrage que j'ai pu lire par le passé. Avec un style très marqué "Joann Sfar" tant dans le trait de dessin que dans certains thèmes abordés, elle ne fait pas pour autant dans la facilité et Sfar n'hésite pas à bousculer le lecteur quitte à le perdre complètement par moment.

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Résumer cet ouvrage est déjà en soi un exercice. Seaberstein, artiste déjà rencontré dans la précédente oeuvre de l'auteur, "Tu n'as rien à craindre de moi", décide de rentrer à Paris et se lance dans une performance artistique surprenante : s'enfermer pendant plusieurs jours dans un hôtel particulier avec 4 mannequins dans le plus simple appareil pour invoquer par ses dessins et par les expériences qu'ils vont partager l'âme de Salvador Dali. Entre trip mystique, voyage sous substances, menaces terroristes et résurrection, Sfar brouille les pistes et offre à ses lecteurs une expérience hors du commun où il fait bon lâcher prise.

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Car il faut savoir s'abandonner pour lire "Fin de la parenthèse". L'histoire que je vous ai tout juste évoquée précédemment est bien plus complexe et distendue que ce qu'il n'y parait. Oubliez vos certitudes, laissez vos points de repère de côté, Joann Sfar vous propose une Expérience avec un grand E et un sacré challenge de lecteur.

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Le voyage est tellement déroutant que ce soit graphiquement que dans les problématique qu'il soulève et les leviers qu'il utilise, que la lectrice que je suis est restée complètement pantelante à la fin de la lecture. On est à la fois séduit, heurté, décontenancé et, n'ayons pas peur des mots, complètement paumé !  Impossible de déterminer avec certitude si on a aimé cette lecture mais une chose est sûre c'est qu'elle provoque des émotions et remue en chacun de nous des choses insoupçonnées. N'est-ce pas là le propre de l'Art ? "Fin de la parenthèse" est une BD ovni qui se ressent plus qu'elle ne s'explique. A chacun de tenter l'expérience !

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lundi 10 octobre 2016

"Les Témoins de pierre" de Simon Beckett

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L'histoire : Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux fi lles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

La critique de Mr K : Belle pioche que ce roman noir tout juste paru dans la collection Black de chez Piranha. Avec Les Témoins de pierre, attendez-vous à une histoire basique qui dévisse très vite dans la noirceur la plus profonde entre road movie, chronique bucolique et exploration des déviances humaines. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’on ne sort pas indemne d’une telle lecture !

Sean est en cavale. On ne sait pas vraiment pourquoi au départ, son objectif est de se planquer loin du Royaume-Uni. Anglais francophile en pleine errance chez les froggies, il se retrouve sans véhicule suite à un accident. Désormais à pied, il tente de se cacher sur une propriété privé... Mauvais choix pour lui, il se retrouve pris dans un piège de chasseur. Recueilli par Mathilde une jeune femme effacée, il est convalescent dans une ferme tenue d’une main de fer par un homme ayant une emprise forte sur ses deux filles et son employé à tout faire. Au fil du récit, on découvre avec Sean que ce refuge providentiel ne l’est peut-être pas autant que ça...

Relaté à la première personne, nous suivons l’histoire à travers les yeux de Sean. Le jeune homme est de suite attachant par le mystère qu’il entretient autour de lui. La tête sur les épaules, ouvert d’esprit, baroudeur dans l’âme, on a du mal à croire qu’il soit recherché par les forces de l’ordre. On apprend à le connaître au fil des pages et des péripéties qu’il doit affronter. Très vite, un huis-clos infernal s’installe tantôt rassurant, tantôt inquiétant. On balance constamment comme le personnage entre phases de repos, de réflexion et purs moments de tension avec des révélations cruciales à la clef. Rien ne lui est épargné et l’auteur, Simon Beckett, prend un malin plaisir à disséquer les états d’âmes et réactions de ce héros perdu au milieu de nulle part.

Isolé du reste du monde, le héros-narrateur est déboussolé, mal en point (sa blessure est assez sérieuse) mais en même temps soulagé d’être soustrait à l’ordre du monde (et notamment à la menace des autorités), Sean va vivre une expérience qui le marquera à jamais. Le récit fait la part belle à son introspection et insère entre certains chapitres, des flashback se déroulant à Londres, dans sa vie d’avant. Peu à peu, on comprend qu’il cache lui aussi un secret inavouable qui le force à aller contre sa nature et ses aspirations.

Il faut se dire qu’en plus, il se retrouve plongé dans la campagne profonde d’un pays qu’il ne connaît pas. La famille qui le reçoit, en elle-même, est particulière entre un père dictatorial et flippant, une aînée élevant seule son môme qui semble incapable de prendre sa vie en main, une cadette délurée et strange dans son genre. Cette famille cache bien des secrets et dès le début on sent bien que quelque chose ne tourne pas rond. À l’heure de lever le voile, le lecteur est bluffé par ce qu’il soupçonnait mais qui prend une allure impressionnante et définitivement traumatisante. Le train des émotions est haletant et sans fard, le héros livré nu au lecteur accro qui a bien du mal à lâcher le volume avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Beckett, en plus de fournir un texte fluide, accessible et sans éléments inutiles, va à l’essentiel et excelle dans l'art de caractériser une situation ou un portrait en quelques pages. L’atmosphère est très bien rendu et la tension palpable à chaque nouveau chapitre. Il fait très fort car l’intensité ne baisse jamais (et ça commence très tôt !) et les révélations se font au compte-goutte, à un rythme lancinant et très bien dosé, alternant saillies bien senties et apparente routine qui peut dérailler à n’importe quel moment. Le suspens est terrible et met à l’épreuve les nerfs du lecteur.

Au final, Les Témoins de pierre est un roman noir d’une effroyable efficacité, au héros charismatique mais imparfait et à la trame apparemment simple mais qui réserve bien des surprises et pas des meilleures croyez-moi ! Une petite bombe que je vous conseille de lire au plus vite si vous êtes amateurs du genre !

samedi 8 octobre 2016

"Un Coeur sombre" de R. J. Ellory

elloryL'histoire : Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd’hui, il a touché le fond, et la grosse somme d’argent qu’il doit à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter la vie. Il n’a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune et monter un gros coup pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent très mal, il doit se débarrasser de ses complices, et un enfant est blessé lors d’échanges de tirs. Comble de malchance, le NYPD confie l’enquête à la dernière personne qu’il aurait souhaité. Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan va s’engager sur la dernière voie qu’il lui reste : celle d’une impossible rédemption.

La critique Nelfesque : Ah ! Ellory ! Dès qu'une nouvelle traduction est disponible en France, pour moi c'est un événement. Inconditionnelle de cet auteur et admirative de son talent (voir en fin de chronique les liens vers tous mes articles le concernant), j'ai eu la chance de lire "Un Coeur sombre" dès cet été. Que l'attente fut longue avant de pouvoir vous en parler ! Toutefois, je tenais à ce que vous puissiez vous le procurer si vous le souhaitiez au moment de la mise en ligne de ma chronique et c'est maintenant chose faite. "Un Coeur sombre" est en librairie et le moins que l'on puisse dire c'est qu'Ellory frappe encore ici un grand coup ! Inutile à mon sens de parler d'un ouvrage trop en amont de sa sortie sous peine de le faire passer aux oubliettes.

Nous suivons la trajectoire de Vincent Madigan, flic de son état et qui n'a pas toujours été tout blanc. Frayant avec les milieux mafieux, il doit une importante somme d'argent à un gros ponte et n'hésite pas à monter un énorme coup pour éponger ses dettes. Un flic qui se comporte comme un gangster, on en a déjà vu et lu mais ici l'affaire se corse lorsqu'en pleine opération, une petite fille fait les frais de ses initiatives et risque de perdre la vie. Qui est-elle ? Qu'a-t-elle vu ? Qu'a-t-elle entendu ? Madigan qui n'est pas homme à se laisser attendrir et n'hésite ni à dessouder ceux qui se trouvent sur son chemin et l'empêchent d'avancer, ni à trahir ses coéquipiers pour ses propres intérêts, se retrouve face à un dilemme. Entre culpabilité de causer la mort d'une innocente et angoisse d'être découvert, il va faire le choix de la rédemption. Mais quelle rédemption ! Une rédemption à la sauce Vincent Madigan qui ne fait pas dans la demi-mesure et franchit toutes les limites.

Avec un personnage principal faisant fi des conventions et brouillant les frontières du bien et du mal, R. J. Ellory nous offre là un homme que l'on adore détester et qui nous fascine autant qu'il nous dégoûte par ses conceptions de la décence et de l'humanité. Avec ses méthodes et des principes qui lui sont propres, il va tout mettre en oeuvre pour sauver les meubles et se sauver lui-même.

R. J. Ellory nous démontre une fois de plus sa maîtrise des personnages et n'hésite pas à creuser au plus profond d'eux-même pour déterrer des éléments d'humanité donnant de l'épaisseur à son récit et de la crédibilité aux hommes et aux femmes qui peuplent son roman. Une nouvelle fois, l'ambiance n'en est que plus prégnante et le lecteur plus hypnotisé encore et pris dans les filets d'un auteur magicien à la plume juste et implacable. Tout peut-il être pardonné ? Peut-on changer le cours de sa vie ? Jusqu'où peut-on aller pour sa rédemption ? Un flic pourri jusqu'à la moelle, une bande de mafieux, de l'argent sale et des vies à sauver. Puissant !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"
- "Mauvaise étoile"
- "Les Neuf cercles"
- "Papillon de nuit"
- "Les Assassins"

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vendredi 7 octobre 2016

"Mémo" d'André Ruellan

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L'histoire : 1962. Paul est chercheur en psychopharmacologie. Ayant mis au point une substance qui stimule la mémoire, il en fait l'essai sur lui-même. Dans son existence et celle des autres, c'est le début d'un bouleversement irréversible. Paul n'est pas un apprenti sorcier. C'est un vrai sorcier, comme tous les chercheurs qui trouvent. Car s'il est vrai qu'on ne fabrique jamais un outil qui ne puisse pas blesser, est-ce une raison pour cesser d'en fabriquer? C'est le progrès, et il n'y a pas de progrès sans retombées. Et puis, si Paul renonce, un autre prendra le relais, tant il est vrai qu'il n'est jamais qu'un des maillons d'une chaîne infinie et éternelle.

La critique de Mr K : Il s'agit de ma deuxième lecture d'André Ruellan après le très "Bis" Tunnel qui m'avait laissé un sentiment partagé entre plaisir immédiat de lecture et ficelles un peu trop voyantes. Mémo m'a fait de l’œil lors d'un chinage de plus avec sa quatrième de couverture alléchante et sa quatrième faisant la part belle aux promesses de récit bien barré et d'une réflexion sur la science et le progrès. Au final, vous verrez que l'auteur m'a encore fait la même impression et que mon avis est assez mitigé.

Paul est un chercheur surdoué, il a réussi à mettre au point une substance permettant de recouvrir la mémoire et de stimuler le cerveau (Mémo 1 aka Mémoryl dans le roman). Cette découverte incroyable lui a apporté succès et richesse. Pour autant, il ne s'en satisfait pas et le démon de la recherche l'encourage à toujours pousser ses expériences plus loin, quitte à franchir éhontément les frontières de la morale élémentaire et les protocoles médicaux. Il finit par s'injecter la mystérieuse découverte S24 qui va le faire basculer dans des univers, des souvenirs et des futurs possibles. Véritable descente en enfer, le lecteur halluciné suit les délire de Paul et explore avec lui sa psyché et les différentes possibilités de vie qui s'offrent à lui...

Autant le dire de suite, tout de monde n'aimera pas cet ouvrage qui par bien des aspects se mérite vraiment. Il faut avoir le cœur et l'esprit bien accroché pour suivre les méandres du récit qui s'avère complexe et tordu à souhait. Chaque paragraphe est une surprise et l'on ne sait jamais où l'auteur veut nous emmener. Loin des narrations classiques, on saute ici les époques et les dimensions, passant allégrement du rêve, au cauchemar en faisant parfois un détour vers la réalité. C'est très déstabilisant ce qui n'est pas pour me déplaire. L'effet est assez bluffant, on aime à se perdre avec Paul dans ces différentes identités et vies auxquelles il peut prétendre (lointaine filiation avec deux films géniaux que sont Mr Nobody et Predestination). On en perd son latin et on se demande qui fait quoi et pourquoi... C'est d'ailleurs tellement tripant qu'on en vient presque à l'overdose et cela a érodé quelque peu mon enthousiasme ne voyant pas forcément là où l'auteur veut nous mener. D'ailleurs la fin en elle-même ne m'a pas surpris ce qui est plutôt dommage quand durant 150 pages on ne sait pas sur quel pied danser...

Ce qui est appréciable par contre c'est  l'ambiance qui règne dans le laboratoire et les chercheurs qui le peuple. L'auteur cerne bien les contradictions qui guident la science entre bien-être de l'humanité et recherche de la gloire et des lauriers. C'est nuancé et assez juste dans la façon d'aborder ces vocations qui se trouvent ici confrontées aux limites qu'imposent l'éthique et la morale. Expériences, tests, mise au norme, fabrication industrielle et mise en vente sont tour à tour abordés de près ou de loin, éclairant les pratiques et principes en vogue encore aujourd'hui. Le contre-point est fascinant avec le personnage de Paul livré à ses psychoses et névroses, luttant pour retrouver la réalité et la raison par la même occasion. Bien vu d'ailleurs la relation qu'il dérègle avec sa chercheuse de femme (Isabelle) qui par sa "normalité" grossit le trait et révèle l'étrangeté de l'expérience que vit Paul.

L'écriture de Ruellan est accessible et jamais complexe à l'inverse des mécanismes de son récit qui ralentissent le rythme de lecture, ce qui personnellement m'a empêché d'être complètement emporté par une histoire pourtant singulière et séduisante au départ. Une série B d'anticipation à réserver aux fans du genre et aux amateurs des thématiques abordées.

Posté par Mr K à 19:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 6 octobre 2016

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" Tome 1 de Ransom Riggs

miss peregrine t1L'histoire : Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...

La critique Nelfesque : C'est à l'approche de la sortie en salle du film de Tim Burton, adaptation du premier tome de la saga du même nom, "Miss Peregrine et les enfants particuliers", que j'ai eu envie de découvrir l'ouvrage de littérature jeunesse originelle. Depuis que j'ai vu la bande annonce, j'ai fortement envie de le voir (d'ailleurs RDV est pris ce week-end !) et cette lecture s'est faite sur un coup de tête.

Nous suivons l'histoire de Jacob, jeune pré-adolescent qui va perdre son grand-père dont il est très proche dans des circonstances particulières et quelques peu obscures. En effet, depuis sa plus tendre enfance, ce dernier lui a raconté des histoires de monstres, d'orphelinat et d'enfants particuliers. Des histoires qui, petit, le fascinaient, mais qui, en grandissant, lui ont laissé quelques doutes quant à leur véracité. Perturbé par sa perte, il va entreprendre de retrouver cet endroit magique dont son grand-père lui a toujours parlé et faire la connaissance des enfants particuliers, en apprenant ainsi un peu plus sur ses origines et sur lui-même...

Le lecteur est tout de suite pris dans l'histoire. On rentre rapidement dans le vif du sujet, l'auteur éveillant notre curiosité dès les premières pages, et c'est un voyage fantastique que l'on s'apprête alors à faire entre découvertes mystérieuses, univers singulier et fond historique.

J'ai vraiment été séduite par ce premier tome et je compte bien enchaîner rapidement sur les deux suivants. L'ambiance est soignée, on s'attache aux personnages et l'entrée dans l'univers de Ransom Riggs est passionnante. On découvre dans ce monde des personnages merveilleux aux capacités étranges, une kyrielle d'enfants énigmatiques suscitant la curiosité du lecteur et on se surprend à vouloir accompagner Jacob dans cet autre monde. J'aurais adoré découvrir cet univers et cette saga à l'âge du personnage principal !

Curieuse de découvrir maintenant l'adaptation de Burton, je ne rentrerai ici pas plus dans les détails pour ne pas dévoiler trop d'éléments de l'intrigue à ceux qui vont courir au cinéma cette semaine. Je n'ai qu'une chose à dire et un conseil à donner : lisez le roman ! Il vaut vraiment le coup d'oeil tant l'imaginaire du lecteur est sollicité et alimenté d'images foisonnantes. C'est presque dommage de poser bientôt à jamais les images de l'adaptation sur cette oeuvre évocatrice et féerique. Verdict dans quelques jours !

logo-epubJ'ai lu ce roman dans le cadre d'une LC mise en place par Love_sets et partagé avec Orianne, Chatauxlivres, addictolivres, Manon, valouantoine, SapereAude, lectures de rêveusecoffeebook, LecturesenB, mandorla, Fille-de-lecture, lulusque, Leeloo lit tout et CharlotteBoKeuse, autant de lectrices / blogueuses que je ne connaissais pas et que j'ai pris plaisir à rejoindre le temps d'une lecture.

Posté par Nelfe à 17:15 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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