samedi 13 mars 2010

Mass Hystéria, Les Hivernautes, Quimper, 26/02/10

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Cette année, "Les Hivernautes" ont fêté leurs 10 ans. Pendant 4 jours, ils nous ont proposé une programmation éclectique de qualité qui a atteint son apothéose le vendredi avec la soirée gros son métal/punk et le set des poids lourds du métal français: Mass Hystéria.

Fort de ses 15 années de carrière, Mass Hystéria a mis le feu à Quimper. Avec Mouss au chant, brestois affublé d'un sweat "stade brestois" et d'un tee-shirt BZH façon "Highway to hell d'ACDC", l'accueil ne pouvait être autrement que chaleureux. Mass Hystéria aime la bretagne et la bretagne le lui rend bien!

pass_hivernautesEntre la scène et les crash barrières derrière lesquelles les plus grands fans s'agglutinent, grâce à mon accréditation presse, je me suis prise une méga-claque dans la tronche, ressenti une énergie sans pareil et vécu un truc de ouf (façon djeuns à la cool).

C'est sur "Babylone" que Mass Hystéria entre en scène. Instantanément, la foule jusqu'ici sage, se déchaîne, hurle et vibre aux rythmes des riffs du groupe. Groupe qui se montre très proche du public, généreux et avec une philosophie rageuse mais optimiste et respectueuse. Qui a dit que les métalleux étaient des méchants!? Mass Hystéria, en tout cas, donne la pêche et partage son énergie débordante et communicative.

Le concert se poursuit avec "Une source de détails", "World on fire" qui nous incite à ne pas laisser la haine du système s'exprimer. "Failles" ensuite, titre donnant son nom au dernier album du groupe sorti fin 2009, précède "Attracteurs étranges". "P4" réchauffe l'ambiance déjà bouillante. La fosse, telle une entité vivante pogote dans tous les sens, les slams se multiplient dans le respect et la bonne humeur. Il y avait pourtant moyen de distribuer quelques pains dans ce débordement d'énergie et d'enthousiasme. "Donnez-vous la peine" puis "Knowledge is power" (2 titres que j'adore) se font suite. "La vie n'est pas un combat mais une passion à défendre". Tout l'état d'esprit de Mass Hystéria est dans cette phrase.

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Ensuite, en vrac, furent interprétés, entre autres: "Plus qu'aucune mer", "L'archipel des pensées", "Zion", "Contraddiction", "Killing the hype" avec un Mouss singeant les BB Brunes et autres Plasticines, groupes de rock pour ados boutonneux, avec mèche plaquée et raie sur le côté. Le concert se termine avec "Respect to the dance floor" et pas mal de public sur scène ainsi que des petits bouts de chou de 7 ans aux tee-shirts ACDC (ils commencent bien dans la vie), puis "Furia".

Mass Hystéria nous a donc gratifié d'un bon mélange de titres de leurs différents albums. Rajoutez à ça un bout d'"Highway to hell" d'ACDC et "Roots bloody roots" de Sépul, les sourires de Mouss et la générosité du groupe et vous avez un cocktail détonnant d'une fucking soirée à guichet fermé.

POSITIF A BLOOOOOOOOOOC!!!


Mr K futur grand réalisateur! Huhu!

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lundi 8 mars 2010

Concours JP Nataf

Mygmusique et les productions Bleu Citron, producteurs et organisateurs de spectacle, vous proposent de gagner 10 places pour le concert de JP Nataf à la Cigale le 15 mars.

Pour cela, rien de plus simple, envoyez vos réponses aux questions suivantes, accompagnées de vos noms et prénoms, à mygmusique avant le 14 mars. Un tirage au sort déterminera les 5 gagnants qui se verront offrir 2 places pour cette date parisienne.

Cliquez sur l'image pour participer au concours. Bonne chance!

 

Profitez, c'est moi qui reçois les participations! ;)

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jeudi 25 février 2010

Dieu est un astronaute?

GIAAJ'ai découvert cet excellent groupe par le biais d'Esteban, grand fan devant l'éternel qui n'hésite pas à aller jusqu'en Irlande pour les voir en live. Oui, il y a des dingues!

Mais qu'en est-il de ce groupe si phénoménal? Esteban est-il réellement fou ou tout cela est-il justifié?

Formé en 2002 par les frères jumeaux Kinsella, Niels et Torsten, ce groupe irlandais mêlant instrumental, post-rock, atmosphérique et flirtant avec le psyché, en est à son quatrième album. Goûter à GIAA, c'est prendre le risque de ne plus pouvoir s'en passer!

Tout a commencé il y a 7 ans, avec leur premier album "The end of the beginning", qui a marqué fort les esprits avec un son éthéré et atmosphérique. Quatre albums plus tard, toujours dans la même lignée, God Is An Astronaut (GIAA pour les intimes) reste fidèle à ses premières amours et ne déçoit pas. Au contraire, il nous conforte dans l'idée que nous sommes face à un groupe de qualité, un grand coup de coeur. Un groupe qu'il faut faire connaître, un album qu'il faut diffuser, offrir, distribuer, passer en soirée, envoyer en lettres anonymes... Et non un album à laisser croupir dans un coin. Vous l'aurez compris "God is an astronaut" est à se procurer de toute urgence!

Avec des mélodies simples et évocatrices, GIAA base sa musique sur des atmosphères, des intentions, des sensations. L'émotion monte peu à peu jusqu'à des explosions de batterie et guitares. Comme une libération. Ecoutez, mettez le son à fond et laissez vous porter.

Dans la lignée de groupes tels que Mogwai ou Explosions in the sky, GIAA mêle puissance et maîtrise savamment dosée.

Si "Dieu est un astronaute", nous avons là ses disciples!

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lundi 8 février 2010

Florent Vintrigner, Elven, 06/02/10

Florent

C'est aux alentours de 19h que j'ai pris la route d'Elven (56), Mr K m'ayant lâchement abandonné au dernier moment. Honte à toi Mr K! De ce village, je ne connaissais rien, si ce n'est qu'il est à une quinzaine de kilomètres de Vannes. En y arrivant je découvre des panneaux m'indiquant la présence d'un château... Intéressant! Je le note pour plus tard! Ce soir je suis là pour Florent Vintrigner. A cette heure-ci, en plein mois de février, il n'y a pas âme qui vive dans les rues... Il y a une salle de spectacle ici!?

Je me perds.. Je vous passe les détails mais finalement je trouve le lieu désiré. L'attroupement devant les portes d'entrée ne fait aucun doute. Ce soir, à Elven, cette salle, c'est THE place to be!

Les portes ouvrent à 20h, il fait un froid de canard. A l'intérieur, le public a envie d'être réchauffé et il ne va pas être déçu!

La fée du Zinc assure la première partie. C'est un groupe du coin, vannetais pour être précis, et franchement, ça se sent! Une bonne louchée de potes sont présents dans la salle et l'ensemble assure l'ambiance. Sympathique sans être l'extase, on nage surtout dans la caricature du chanteur à la voix éraillée accompagné de la chanteuse intonation titi parisien "à l'ancienne". Le groupe interprète des titres sur fond de Paris d'entre deux guerres où les chanteurs chantaient sous les ponts, de soldats, de bals musette, de ballons de gros rouge qui tâchent... Un style et des textes d'un autre temps en somme... Un Paris qui n'existe plus depuis longtemps. Mais accordons leur qu'ils font leur set avec le coeur, que la chanteuse est assez charismatique et qu'ils ont bien chauffé la salle. Après tout, n'est ce pas ce que l'on attend d'une première partie!?

Florent1Florent Vintrigner, les cheveux bien plus courts que ce dont il nous avait habitué (mon dieu mais qu'a-t-il fait de ses cheveux longs!?) arrive sur scène accompagné de son groupe, sa guitare sèche entre les bras. "Entre les bras" est le bon terme, ses chansons parlent majoritairement d'amour ce soir. D'amour perdu, d'amour prenant la fuite, d'amour vécu, d'amour espéré. Florent Vintrigner est un grand romantique et pose sa voix si particulière et pénétrante sur ses textes d'une grande poésie. Il délaissera sa guitare sur quelques titres s'emparant alors de son accordéon (rappelons ici que Florent est l'accordéoniste et chanteur de La rue Kétanou) qu'il manie avec une aisance déconcertante et nous fait dresser les poils de l'échine lorsqu'il donne des nuances à sa voix et à son instrument. L'harmonica sur "Le pendu" donne une dimension mélancolique supplémentaire à cette chanson au texte déjà très dur.

Mais il n'y a pas que de la tristesse et ce côté sombre chez Florent Vintrigner (il y a aussi Mon côté punk en la personne de Boris Montcomble, batteur débauché pour l'occasion), la joie dans ses rythmes manouches et ses danses endiablées ne passe pas inaperçue. L'humour non plus. "Ouvre moi" en est l'exemple frappant nous peignant le portrait d'un homme complètement saoul cherchant à rentrer chez lui et monologant devant une porte d'entrée qui n'est pas la sienne. "La vache enragée", titre de La rue Kétanou, est aussi un beau moment de partage avec le public.

Samedi soir, des titres de son dernier album, "L'homme préhistorique", ont bien sûr été interprétés: "L'homme préhistorique", "Illusion", "Tchao bye bye", "Tes cliques et tes claques"... mais aussi d'autres de "T'inquiète Lazare": "Je rentre me coucher", "Une femme étrangère" ou encore "Quand tu te déshabilles".

On retiendra de ce concert le charme de Florent Vintrigner, son côté coquin aussi, joueur, ses pas de danse inoubliables et surtout sa générosité sur scène. Nous avons été gratifié de deux rappels dont un vraiment in extremis avant que les techniciens ne vident la scène. Seul à l'accordéon Florent nous a offert un titre poignant, nous laissant songeur.

La soirée s'est poursuivit avec Karpatt (double plateau) mais de mon côté j'ai préféré restée sur cette note douce et apaisante qui m'a accompagnée sur mon chemin de retour.

Une bien belle soirée...

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mardi 26 janvier 2010

Ca vous dit le mariage?

femme_mari_e

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un groupe dont j'ai reçu l'album il y a plusieurs semaines pour en faire une chronique sur la myg. Non seulement Constance, la chanteuse et claviériste du groupe est une fille sympa et drôle mais en plus l'album est vraiment très bon. Que demander de plus!?

Après un EP de 6 titres en 2006, Une femme mariée sort son premier album "Les mauvais garçons" en autoproduction en 2009. Les maisons de prod doivent avoir de la merde dans les oreilles... pas nous!

Leur nom est un hommage au film de Godard du même nom. Dans le film, Charlotte est mariée à un pilote d'avion et durant ses absences elle rejoint son amant, un comédien de théatre. Entre les deux, elle ne sait lequel choisir et découvre qu'elle est enceinte de 3 mois mais ignore lequel est le père. Ici Charlotte s'appelle Constance Petrelli, chanteuse et claviériste du groupe, elle n'est pas enceinte de 3 mois et son coeur ne balance pas entre les hommes du groupe: Alex Viudes à la batterie, Thomas Seignobeaux à la guitare et Martin Berauer à la basse. Dans cet album, il n'est pas vraiment question d'adultère mais tout de même d'amour notamment dans "Mon chapeau rose" ou dans l'excellent "Dans les montagnes d'Afghanistan".

constance_unefemmemarieeLa femme mariée a déjà de nombreuses scènes à son actif: les Blancs-Manteaux, la Java, le Sentier des Halles, le Trévisse ou encore la Boule noire ou le Café de Paris dans le cadre de festivals. A l'écoute de ce CD, on ne peut que leur souhaiter encore plus de dates, encore plus loin de Paris et avec encore plus de monde pour les écouter.

"Les mauvais garçons" est un album pop porté par la voix de Constance à mi chemin entre celle de la Grande Sophie et celle de Véronique Sanson sur certains titres. Qu'est ce qui fait la touche de La femme mariée? Une douce folie présente dans les textes où il est question de chapeau rose magique pouvant changer le cours des choses, de mauvais garçons activement recherchés, de midinettes amoureuses de Marlon Brando (en même temps on peut les comprendre!), de soldats éloignés, de rupture, de belles romantiques et de belles garces.

La musique est accrocheuse, comme dans "L'île aux trésors" aux couplets suaves et refrain entraînant, mais sait être discrète comme dans "Comme si je m'en foutais" à l'instru simple et minimaliste sur l'intro se poursuivant en rengaine accrocheuse sur les refrains. "Les mauvais garçons", très 80's, rappelle Niagara ou les Rita Mitsouko. "S'il fallait" est une magnifique complainte sur l'amour et la nécessité de ne pas le perdre. Avec sa musique éthérée transmettant toute l'émotion du texte, elle est mon coup de coeur de l'album. Délicate et presque irréelle. Avec un petit écart un peu trop variétoche française, "Le grand mystère", qu'on leur pardonne face à la qualité de leurs autres morceaux, l'album se termine sur "Dans les brumeuses montagnes d'Afghanistan", variation de "Dans les montagnes d'Afghanistan" beaucoup moins enjouée, plus triste et nostalgique. L'instru nous fait aisément visualiser la brume...

Une femme mariée est un groupe à suivre. Sachant manier avec talent et justesse des textes allant du registre sérieux au burlesque avec juste ce qu'il faut de "déglingo", il nous sert une pop travaillée. Un savant mélange qui fait mouche. On n'a pas fini de chantonné du femme mariée et c'est tant mieux!

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dimanche 10 janvier 2010

Aldebert, Quéven, 09/01/10

aldebertHier soir nous étions à Quéven pour assister au concert d'Aldebert, aux Arcs.

C'est sous la neige que nous avons pris la voiture. A 50km/h sur la route express, on a joué les escargots en sortie. Pour voir Aldebert, rien ne nous arrête! Dans la salle, les petits bambins et leurs parents nous entourent. Peu de personnes sans enfants. Il faut dire aussi que ce concert fait parti  de la tournée de l'album "Enfantillages" qui s'adresse en priorité aux petits.

La scène est jonchée de pelluches et jouets en tout genre. Des jouets intemporels: nounours aux oreilles de lapin, petits éléphants bleus sur le pied pelluché du micro, guitare gonflable... et jouets d'anciens enfants trentenaires aujourd'hui: messieurs patates sur le clavier, schtroumpf sur la batterie, spiderman également, 6PO de "la guerre des étoiles" peint sur un meuble... Pas de doute, c'est bien un trentenaire qui va jouer ce soir. Cette petite nostalgie nous ravit, nous autres spectateurs de la même génération. Pas de "Charlotte aux fraises" ou autre "Hello Kitty", pas plus de "Pet Shop'". Avec Aldebert, on est loin de l'actualité commerciale et c'est tant mieux! Les enfants n'ont pas eu l'air traumatisé pour autant!

Le concert débute avec un Aldebert vétu d'un pantalon noir et d'une veste à jabot rouge (un Claude François sans pattes d'eph en somme) qui arrive devant nous sur un skate. Le ton est donné, on est pas là pour tirer la tronche! Commence alors "J'ai peur du noir" avec des projections de dessins illustrant les paroles de la chanson. "Bonsoir les petits, les moyens et les grands enfants!" nous sommes ici ce soir pour fêter un anniversaire, les 99 ans de "Super mamie" qui apparaît en ombre chinoise derrière une toile blanche. La salle se transforme ensuite en soucoupe volante, les ingé son et lumière en guise de pilotes, et nous nous envolons à travers l'espace afin de voir la Terre de haut et prendre conscience de la pollution humaine avec "Monsieur Toulmonde" et une projection de photo hélas bien réelles. Après une tentative de berceuse, Aldebert se coiffe d'un chapeau de cowboy et entame "La remueuse" qui fonctionne effectivement très bien sur les petits qui se mettent à danser comme des fous dans les travées de la salle. "Pour louper l'école", chanson de revendication enfantine, se transforme en manif' avec banderoles "On veut pas y aller, on préfère rester coucher". Aldebert parcourt la salle avec un hygiaphone et incite les enfants à l'insurrection. Très efficace en membre actif de la CGT, la salle scande des "Haut les mains peau de lapin, la maîtresse en maillot de bain". 

"Les oiseaux dans les grands magasins" arrivent ensuite dans les écrans pour la chanson du même nom. Les nuits au Carrouf se transforment en discothèque et Aldebert nous invite à nous lever, sous la boule à facettes, pour entamer une chorégraphie endiablée coiffant au poteau "la danse des canards". Le bassiste posant beaucoup trop de questions, Aldebert poursuit avec "Les questions" et n'en pouvant plus est pris d'un fou rire. On nous présente ensuite le chat "Pépette" qui a failli finir au stand merchandising sous forme de manteau en poil de Pépette. Son immense liste au père noël ressemblant à un botin téléphonique sert d'introduction à la chanson dédiée à ce gros monsieur tout de rouge vétu: "Et si c'était les marmots". Mais à la question "Et si c'était les marmots qui pour une fois te couvraient de cadeaux?" la réponse semble être unanime dans la salle "Ben non c'est nul!". Ca, c'est fait...

concert_enfantillagesUne petite fille est conviée à monter sur scène pour nous raconter le rêve le plus bizarre qu'elle ait fait. Pourtant très motivée pour y aller, elle semble beaucoup moins loquace une fois à côté d'Aldebert qui prend un malin plaisir à la laisser marner "Tu te souviens plus? ... c'est pas grave on va attendre...". Dur moment d'humiliation pour cette gamine de 4/5 ans mais bon moment de rire pour nous qui sommes des gros sadiques! Tout naturellement, nous enchaînons avec "Quelle histoire de fou" qui nous raconte le rêve vraiment bizarre d'Aldebert. Le claviériste s'étant endormi à la fin de cette chanson (non vraiment, ça ne se fait pas!) nous le réveillons en sursaut avec le cri le plus affreux que nous pouvons faire et pour le punir le public est invité à lui donner un gage. Après avoir entendu à peu près tout et n'importe quoi, Aldebert veut qu'il fasse le tour de la salle, dehors, en caleçon puis qu'il se mette tout nu et fasse du skate-board sous la scène pour ensuite chanter du Chantal Goya en wolof (non, non, il n'est décidément pas sadique! Pourquoi?). Cela ne parraissant pas faisable, il doit donc nous expliquer scientifiquement comment on fait les bébés. Pour ce faire, il se transforme en Professeur Touffe (avec blouse de labo et perruque touffe des plus saillantes!). Le Professeur Touffe nous explique donc que les bébés sont commandés par les parents sur le site jecommandemonbébé.com pour être livré 9 mois plus tard par un livreur qui se déplace sur dos de chatvion, un chat ailé qui traine une soucoupe volante dans laquelle sont fabriqués les bébés de façon industrielle avant d'être parachutés pile poil dans les bras des parents demandeurs. Les enfants n'ont pas l'air convaincu de l'explication mais les adultes sont morts de rire. Ce long tableau introduit bien entendu "Pas plus compliqué que ça".

Les musiciens et techniciens sont ensuite présentés les uns après les autres sous forme de recettes de cuisine avec projection de leurs photos quand ils étaient petits. Très original et bien en phase avec le spectacle. Là dessus, ils sont obligés de sortir de scène, braqués par une petite fille en coulisse qui veut absolument leur parler. Face à un flingue, ils n'ont pas vraiment le choix...

La salle est surchauffée. Même les adultes, à la base pas très concernés par le thème de la soirée mais pris au jeu par la mise en scène et les petits clins d'oeil et ironies saupoudrés ça et là, redoublent d'effort pour faire revenir la clique sur scène. Nos efforts sont récompensés avec l'arrivée d'Aldebert en chanteur de métal coiffé d'une perruque très hard FM des années 80 et vétu d'un tee-shirt Rammstein. ACDC et Sépultura sont aussi à l'honneur et Mr K, qui attendait cette chanson depuis le début du concert n'est pas déçu de cette interprétation de "On m'a volé mon nin-nin!". "On ne peut rien faire quand on est petit" précède la sublime "Plus tard quand je serai grand" reprise en choeur par le public. "Les 2 ogres" clot le spectacle avec l'arrivée d'un des ogres qui ressemble étrangement au Professeur Globus d'"Il était une fois... la vie", poursuivit par une grosse partie des enfants du public qui finiront sur scène.

Nous sortons de la salle, la neige tombe toujours. Galvanisés par l'ambiance de la soirée et avec 6 ans d'âge mental nous finissons la soirée avec une bataille de boules de neige. On ne pouvait trouver meilleure issue à cet excellent moment régressif, où l'on oublie qu'on a 30 ans et où l'on s'extasie devant le spectacle finement ficellé par Aldebert et ses musiciens. Un concert à voir donc si vous avez gardé votre âme d'enfant, quitte à braver la neige!

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mardi 5 janvier 2010

Débarasse toi de l'ancien avec "Skip the use"?

Skip_the_use

Groupe français né en 2007 de la rencontre d'un chanteur venant de la scène punk (Mathieu  Monnaert ou Matbastard (oui c'est sur, ça sonne mieux)) et d'un compositeur (Yann Stefani à la guitare). On confie le management à deux amis lillois, on s'entoure de musiciens et l'aventure peut commencer.

Il est difficile de décomposer cet album titre par titre tant l'énergie est présente partout. Ils n'ont qu'une prétention: faire danser! Et ça, c'est réussi. Avec Skip the use, on bouge ses fesses sur le dancefloor. A l'écoute de cette galette, on ne peut s'empêcher de penser à d'autres groupes: The Killers sur "Bastard Song" ou encore "My generation", Franz Ferdinand sur "She's my lady", un zeste de Keziah Jones sur l'intro de "You are"... Oui ça va, ya plus pourri. N'empêche qu'on reste dans du déjà entendu.

Reste ici un album rock sautillant avec une forte présence de basse et une guitare qui crache.  Sur "Antislavery" on flirte avec le reggae, "Dont' want to be a star" un peu plus énervé, s'approche de la case "punk", mais "punk gentil", trop propre pour être garage. On tape du pied, on bouge de la tête, on a fortement envie de se lever et de danser sur la table. Cet album sera-t-il NOTRE album fétiche? Je ne pense pas mais il s'avère très efficace et après tout, c'est tout ce qu'on lui demande!

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lundi 28 décembre 2009

Les enfantillages d'Aldebert

Aldebert___Enfantillages

Après 4 albums adultes, Aldebert avec ses "Enfantillages" s'adresse aujourd'hui aux petits et grands enfants que nous sommes. Rien de gnangnan ou cucul dans ces chansons pour enfants. Les textes sont intelligents, plein d'humour tout en enrichissant le vocabulaire de nos marmots. Vous gonflerez d'orgueil (même si l'orgueil c'est mal!), amis parents, quand au détour d'une conversation, ils sortiront des termes tels que cliquetis, cloporte, rétorquer, volatile, flegmatique... Ca fait rêver hein?

Dans cet album, Aldebert s'est entouré d'artistes d'univers et de générations différents. Parmi les 19 titres présents, on compte pas moins de 13 duos! Cali, Hubert Félix Thiéfaine, Yves Jamait, Elodie Frégé, Vincent Baguian, Renan Luce, Riké, Clarika, Les Ogres de Barback, Maxime Le Forestier, Amélie-les-crayons, Anne Sylvestre, Marcel Amont, Steve Waring, il y en a pour tous les goûts. On comprend aisément pourquoi tout ce beau monde a répondu présent à ce beau projet d'Aldebert qui parlent aussi bien aux enfants qu'aux parents.

Certains personnages mythiques du monde de l'enfance sont bien sûr présents: ogres, monstres dans la nuit, Père Noël. Mais Aldebert va plus loin en abordant des questionnements enfantins des plus dérisoires au plus vitaux: Que se passe-t-il quand on éteint la lumière? Qu'est ce qu'on peut bien pouvoir inventer pour louper l'école? Que font les oiseaux dans les grands magasins lorsque les portes se ferment? Qu'est ce qu'il se passera quand on sera grand? Et d'ailleurs, quand est-ce qu'on sera grand...? Pourquoi ci, pourquoi ça et le mal qu'ont parfois les parents à répondre... Autant de thèmes qui passionneront les petits et feront sourire les plus grands tellement ils sonnent juste. L'écologie est aussi présente dans "Monsieur Toulmonde" qui provoquera sûrement de nouvelles questions (et oui, encore!).

Des revendications sont aussi scandées (parce que ça va bien cinq minutes d'être sage!): "On ne peut rien faire quand on est petit",  une anti-berceuse prône le droit au "non-dodo"...

L'album se termine sur une chanson hard/métal hilarante: "On m'a volé mon nin-nin!". Je vous préviens, les enfants, faut pas les chercher! Et encore moins leur piquer leur doudou... Châtiment! Malédiction! Désolation! Faut se méfier des gosses...

Aldebert reste fidèle à ce qui a fait son succès: rythme, bonne-humeur, paroles qui font mouche. Un savant mélange de légèreté et de subtilité qui nous rappele que l'on reste tous de grands enfants.

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mercredi 16 décembre 2009

Take Abe, la découverte japonaise

Take_Abe___Cinemascape

La découverte musicale de l'année est là entre mes mains, dans mes oreilles depuis plusieurs jours et a parcouru des miliers de kilomètres puisqu'elle vient de l'autre côté de la planète: "Cinemascape" de Take Abe.

Take Abe, de son vrai nom Takehiko Abe, est un artiste japonais. Artiste complet, il est auteur, compositeur et interprète de ses morceaux ayant déjà composé des bandes originales pour des films indépendants. Il expose également ses oeuvres visuelles dans diverses galleries à Tokyo, à Kyoto... La pochette de son album est d'ailleurs une de celles-ci. C'est donc un homme avec une vraie sensibilité artistique qui se livre à nous dans "Cinemascape" et se lance dans une carrière solo avec ce premier album.

"Cinemascape" est une contraction de "Cinema" et "Landscape". Un paysage cinématographique, c'est ce que nous propose Take qui compose chaque morceau comme autant de scènes précises flottant dans son esprit. Si on lui demande ce qui lui ferait le plus plaisir, ce serait que ses auditeurs visualisent des choses à l'écoute de son album. Nous allons le satisfaire, et ce sans flatterie superflue: sa musique à dimension mélancolique est fortement évocatrice. L'écoute commence avec un "Prologue" à l'orgue qui met tout de suite l'auditeur dans un espace temps différent, une relaxation propice à la rêverie.

La science fiction et l'espace sont deux thèmes qui inspirent Take: "... And the earth was covered with snow" nous apparaît comme une scène issue de la science fiction où la race humaine est exterminée par une guerre absurde et où le seul être humain encore debout n'est autre que vous (un côté "La route" actuellement au cinéma)... et la terre est couverte de neige. "Cosmic space", plus électro, évoque une dérive dans l'espace tout comme "Terra" également située dans l'espace et le futur. "Secret box", un monde en sépia, est un ovni musical comme une berceuse et un requiem simultané.

La mélancolie et le calme sont deux autres thèmes récurents: "The lady of Shalott" nous présente une femme éperduement amoureuse, déçue, choisissant de mourir.  "Empty autun swing" est une scène au crépuscule automnal. "Yuki" qui veut dire "neige" en japonais (Gotainer est-il au courant?!) évoque la quiétude d'un silence dans un temple zen...

Ce qui fait l'originalité de cet album c'est aussi son traitement. Take Abe n'utilise pas seulement des instruments de musique pour produire des sons mais sait donner une couleur musicale à des objets usuels du quotidien. Pour "Mindscape" par exemple, il utilise un verre à vin.

Je pourrai parler des heures de ce bijou qu'est "Cinemascape" mais le mieux est encore que vous l'écoutiez à votre tour. Je garde le meilleur pour la fin, le titre "Dolls" qui a été une grande (grande!) claque dès la première écoute. Avec ses grincements de violon, ses portes qui couinent, ses craquements de bois comme sur un bateau, le son incessant d'une boîte à musique et le chant de cette petite fille, tout est réuni pour faire de ce morceau une bande originale de film de genre à la "28 jours plus tard" (composée par John Murphy). Avec "Dolls", on frôle le génie.

L'album se termine avec "Ending", tel un générique de fin. Le générique d'un film qui nous a procuré de fortes émotions. Merci Take.

TakeLe petit plus de Mr K: Une fois n'est pas coutume, je viens "squatter" une critique musicale de ma chère Nelfe! Cet album est une véritable merveille atmosphérique qui à mes yeux est la découverte de l'année. Ces nippons sont décidément très forts et Take rejoint au firmament des artistes musicaux japonais les Acid mother temple.

Le titre de l'album n'a pas été choisi au hasard. En mettant, ce cd dans votre chaîne, c'est une invitation au voyage qui vous est proposée. Une expédition dans un pays bien étrange, mélangeant lyrisme et singularité: les 15 morceaux pourraient constituer une BO de film. Cet artiste vous propose une musique oscillant entre l'électro et une instrumentalisation plus classique.

Cela fait déjà plus de deux semaines que le cd passe quasiment une fois par jour sur mon ordi tant il a un goût de revenez-y. Une méga claque musicale comme on aimerait en prendre plus souvent!

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mercredi 9 décembre 2009

Tout seul dans l'arène il est le roi des ombres

M___Mister_Myst_re

Le 4ème album de M est sorti en septembre. Inutile de présenter le bonhomme. Tout le monde le connaît affublé de son "costume de plume" aux couleurs flashy avec les cheveux sculptés en forme de M grâce à une tonne de gel. D'un goût douteux, certes, exubérant, sans conteste, mais ce personnage a permis à Matthieu Chedid d'entrer en scène par la grande porte.

Voici 6 ans qu'il n'avait pas sorti d'album. 6 ans depuis "Qui de nous deux" qui avait raflé pas moins de 3 Victoires de la musique en 2003: meilleur interprète masculin de l'année, meilleur album de chansons/variétés et meilleure tournée. Le temps passe et cela fait bientôt 12 ans que M est dans le paysage musical français. On aime ou pas, on a entendu ses chansons jusqu'à la nausée ou on en redemande toujours. Chacun cochera la case qui lui correspond le mieux mais toujours est-il que l'on ne peut pas faire sans M aujourd'hui dans la chanson française. Quand il n'est pas chanteur, il est musicien, producteur, arrangeur... "La touche M" et ses riffs reconnaissables entre 1000 font mouche à chaque essai.

Aujourd'hui, Matthieu Chedid se détache de son personnage. Moins exubérant, plus soft, le "nouveau M" est intérieur plus qu'une créature du dehors comme par le passé. Cet album, "Mister Mystère" est une mise à nu. Matthieu Chedid s'y révèle plus sombre, plus solitaire... plus humain. Entouré de personnes qui lui sont chères et de talent, cet album relève presque de l'oeuvre familiale. Son frère, Joseph Chedid, a composé quelques musiques, Anne, sa soeur, est la voix féminine de bon nombre de titres, son autre soeur, Emilie, réalise le DVD qui accompagne l'album et Louis Chedid, qu'on ne présente plus s'occupe quant à lui du mixage de l'ensemble. Dans les collaborateurs, on compte également la présence de Brigitte Fontaine, George Kretek et Hocine Merabet pour les textes. Du beau monde disais-je.

Chaque chanson de "Mister Mystère" s'accompagne de deux films, deux visions qui s'opposent autant qu'elles se font écho, pensés comme des road-trips et filmés par Matthieu Chedid. Un sorte de cadeau Bonux! Pour ce nouveau départ, nouvelle maison de disque (M passe de EMI à Barclay) et nouveau look donc en bichromie noire et blanche. Les thèmes abordés sont sombres: le mythe de M dans "Le roi des ombres", le temps qui passe dans "Semaine" ou "Délivre", la mort dans "Hold-up", reprise de Louis Chedid, le sexe dans "Tanagra", le spleen dans "Phébus" ou "L'élixir"... L'esprit est accoustique, parfois à la limite du dépouillement, à l'opposé de la musique colorée, punchy et pop de naguère. Moins de folie rock et électrique donc, textes moins "délirants" mais plus de ballades à la guitare sèche comme dans "Tout sauf toi" ou "Délivre".

Un excellent album donc, plus calme, plus vrai, plus Matthieu que M. Tomberons nous dans les clichés en disant que c'est celui de la maturité?

Posté par Nelfe à 19:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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