samedi 22 mai 2010

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

samsaraSamsara est un groupe de Montréal au son instrumental post-rock. Les membres du groupe n'en sont pas à leur coup d'essai mais ils ont littéralement changé de cap. Prêt pour le voyage dans le monde de Samsara?

Aussi étrange que celà puisse paraître à l'écoute de leur premier EP, Samsara a commencé son aventure musicale dans le métal. Comment ont-il effectué ce grand écart pour arriver à leur style actuel aux guitares ambiantes et planantes? L'histoire ne nous le dit pas. Peut être qu'un jour, au sommet de leur gloire, daigneront-ils nous éclairer dans une interview... C'est tout le mal qu'on leur souhaite!

Le son actuel de Samsara se rapproche de l'ambiance de groupes dont on ne présente plus le travail: Explosions in the sky, Sigur Ros ou encore Isis. Ce qui les démarque de ces talentueux artistes, ce qui fait la "touche Samsara", c'est l'utilisation de sections orchestrales plutôt inspirées par des compositeurs de musique de films. Lorsqu'on leur demande des noms, ils se disent touchés par le talent d'Howard Shore ("Le seigneur des anneaux") ou encore de John Wiliams ("Star Wars"). Ne vous attendez pas à de grandes envolées lyriques évocatrices de paysages grandioses agrémentés de preux chevaliers mais l'idée est là. De la grosse prod donc!

Avec cet EP de 4 titres, dispo à la vente via leur webshop, Samsara nous laisse entrevoir un potentiel qu'ils travaillent tous les jours puisqu'ils sont actuellement entrain de composer de nouveaux titres.

Versant dans l'instrumental post-rock, la musique de Samsara s'insinue dans nos oreilles et atteint notre cerveau en douceur, nous laissant une impression de calme et de sérénité. Avec des montées en puissance révélatrices de toute la capacité créatrice de Samsara, le groupe ne se laisse pas tomber dans la facilité. "F Sharp", qui ouvre l'EP, reste longtemps dans notre esprit. Accrocheur et talentueux, n'est ce pas là tout ce que l'on demande à des artistes?

Comme dirait mémé: "Ecouter Samara, c'est boire du petit lait!". Vous en prendrez bien une tasse?

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mardi 18 mai 2010

Empty Spaces au Mamm Kounifl, Locmiquélic, 14-05-10

empty_spacesVendredi dernier, accompagné de ma chère Nelfe et d'une belle brochette de potes et copines amateurs de Pink Floyd, nous avons investi le Mamm Kounifl, bar concert fort sympathique de Locmiquélic la jolie dans le 56! Patron sympathique à souhait (il nous a avoué "backstage" qu'il portait des sandales coquées!) et bière moussante à souhait. Sans compter, le rhum ambré maison accompagnant divinement bien le son qui nous a été servi ce soir là!

Nous avions rameuté toute la troupe afin de leur faire découvrir un formidable groupe de reprises de Pink Floyd: Empty Spaces. Pour celles et ceux qui nous suivent dans nos pérégrinations musicales depuis un certain temps, vous savez que notre baptême avait eu lieu l'année dernière lors d'une soirée mémorable. Allait-on une fois de plus se retrouver plonger dans l'univers onirique du rose flamand?

La réponse est oui, oui, OUI! Ce groupe est formidable de technique et d'interprétation. La preuve en est que le bar était plein à craquer et se frayer un chemin jusqu'au devant de la scène fut difficile et éprouvant! Mais on y est arrivé! Le public largement inter-générationnel a contribué à fixer une ambiance apaisée mais cependant pleine de ferveur envers les compositions d'un groupe mythique à ranger dans les classiques du rock progressif.

Empty Spaces compte 11 membres (techniciens inclus) ayant pour point commun leur amour immodéré pour Roger Waters et sa bande. Au programme, les pièces maîtresses d'albums intemporels comme "The Wall", "Animals" et "Wish you were here"... rien de moins! Je tiens à préciser de suite que je suis plus amateur de la première période des Pink Floyd avec des albums comme "Atom heart mother", "A saucerful of secret", "Meddle" et consorts... Mais si comme nous, vous avez la chance de croiser Empty Spaces en concert, vous balayerez d'un revers de main vos réticences tant le set est rodé et le choix des morceaux excellent! On ne peut rester de marbre devant des morceaux de bravoure comme "Shine on your crazy diamonds" ou "The great gig in the sky"... J'ai récupéré la set-list à la fin du concert auprès du membre fondateur qui m'a plus ou moins confirmé qu'après une petite pause bien méritée, le groupe se pencherait sur des compositions floydiennes plus anciennes... J'ai bien hâte d'écouter cela! Mais je cause, je cause... qu'en est-il du set écouté samedi dernier?

empty_1La première partie a commencé par 5 titres de "Dark side of the moon": Breathe, Time, The great gig in the sky, Money et un medley réunissant Us and them, Any colour you like, Brain Damage, Eclipse. Un démarrage hypnotique embrayant sur un tube du groupe. Puis vient le tour de force de Ney Kilah la chanteuse qui une fois de plus a charmé l'assemblée, plusieurs de mes potes sont tombés instantanément amoureux de la belle choriste du groupe (dessous leurs oripeaux de métalleux velus se cachent de grands sensibles...). Les trois morceaux suivants sont à l'avenant entre rock and roll et musique planante, bref que du bonheur! Pour terminer cette première partie, le groupe poursuit avec le monumental Shine on your crazy diamonds introduit par le claviériste Jean-Noël Rozé littéralement possédé par sa partoche! Puis vient un Sheep tiré de l'album "Animals" pour cloturer le premier acte. Juste le temps de fumer une clope et de commander une deuxième bière et le groupe reprend possession de la scène et de la salle.

empty2La deuxième partie est placée sous le signe de l'album "The Wall". Dans l'ordre, Empty Spaces reprend In the Flesh avec énergie, nous voila replongés directement dans l'ambiance. Morgan le chanteur donne tout ce qu'il a et ce n'est que le début. Suit The thin ice, morceau de transition plus lent, avant le mythique Another brick in the wall repris en coeur par le public définitivement conquis.

Le groupe enchaîne ensuite par Empty Spaces psychédélique en diable (dans le film de Parker, c'est le passage où deux fleurs se livrent bataille et finissent par s'accoupler), Young lust plus rock and roll (les guitaristes se lâchent furieusement: Yvan Guillevic et John Chaussepied magistraux durant toute la soirée). Puis c'est Hey you et là, les gaziers ont réussi à faire pleurer une copine! Je dis chapeau! Un pur moment de bonheur en barre comme disent mes adorables élèves (mais non, je ne suis pas cynique...). Run like hell termine cette deuxième partie nous laissant tout suants mais heureux!

Dernière partie... sous forme d'apothéose. Wish you were here tiré de l'album éponyme est un pur moment de magie et de communion avec les connaisseurs. Vient ensuite Welcome to the machine interprété avec brio par un groupe certes déjà avec 2h de concert au compteur mais une énergie intacte! Mais ma claque personnelle, je l'ai reçu avec le morceau suivant Comfortably Numb de l'album "The Wall". Énorme, mirifique, insondable, aucun qualificatif ne convient pour dire ce que je ressens à l'écoute de ce morceau en album... alors quand un groupe la joue à la perfection, vous imaginez l'état dans lequel je pouvais me trouver! Ultime morceau en rappel, reprise de "Another brick in the wall" pour finir en beauté! Je tiens à souligner (pour pas faire de jaloux), les talents du bassiste Bernard Clémence et du batteur Julien Oukidja qui contribuent grandement à la qualité du set autant que les autres membres du groupe.

Quel concert! Un groupe à découvrir absolument s'il passe à côté de chez vous! Ci-dessous une vidéo du groupe tournée avant, pendant et après le concert. Attention le son ne rend pas justice à leur talent mais vous aurez une petite idée du potentiel des Empty Spaces (en plus, on me voit par deux fois dans le public!).

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lundi 10 mai 2010

Sur ma platine en ce moment...

Queens_of_the_Stone_Age_Songs_for_the_DeafSuper album que ce Songs for the seaf des Queens of the Stone Age. Je l'écoute quotidiennement pour aller au maille! Groupe "stone-rock" par excellence, pêchu en diable, ultra efficace et concis comme il faut. La formation accueille le temps de cet album Dave Grohl, ex batteur de Nirvana et chanteur des Foo fighters.

Ici on a affaire à du lourd, du lent, du costaud. Avis aux amateurs d'Ozzy et de Black Sabbath qui semblent être dans cet album les principales sources d'inspirations. Entre riffs ciselés, voix possédées et rythmes effrénés, ma préférence va vers les titres "Song for the dead", "Another love song" et "Hangin tree". Mais bon, vaut pouvez y aller sans trop hésiter, vu que galette est fort digeste et équilibrée. Un grand album!

archiveVous qui nous lisez depuis un certain temps, vous connaissez notre amour immodéré pour Archive, groupe anglais au charme fou qui a d'ailleurs plus de succès en France que dans leur patrie d'origine. Controlling Crowds est leur dernier opus et n'avait pas conquis les deux fans que nous sommes. Ce qui n'empêche pas la présence de morceaux sublimes sur cet album plutôt inégal. En travaillant sur mon PC pour diverses corrections, je m'écoute tout particulièrement trois morceaux détonnants.

Le titre éponyme qui ouvre l'album par son clavier hypnotique et ses paroles perverses, "Bullets" dans la même veine et qui s'enchaîne directement. À propos de ce titre, préférez la version clip qui est plus speed et donc plus tripante. Et puis, il y a Maria Q! Chanteuse callipyge au charme fou et à la voix d'ange sur "Collapse/Collide", d'ailleurs je m'en vais la réécouter de suite...

goblinPour finir, une BO de Goblin, groupe de rock progressif prolifique dans le domaine dans les 70' et les 80'. Ici pour Suspiria, ils colaborent une fois de plus avec le maître du Giallo: Dario Argento. Musique là encore hypnotique, flippante à souhait qui a beaucoup fait au succès du film que je considère encore aujourd'hui comme un classique aux côté d'Inferno du même réalisateur.

Guitares saturée, voix de la sorcière omniprésente (à écouter dans le noir le plus profond!), envolées lyriques et partitions alambiquées au piano... bref, un pur bijou qui n'a de défaut que sa brièveté. Un must de la musique d'ambiance flippante! À noter, en bonus, une variation sur le thème du film complètement hallucinante et hallucinée.

mercredi 28 avril 2010

Aux frontières de la dub avec Infrazer

InfrazerInfrazer, groupe champenois, nous propose une musique électro teintée de dub, de rock et de trip-hop dans des contextes variés allant de l'aérien au saturé en passant par le dynamique et l'ambiant.

A grand coup de basse, guitare, batterie, claviers mais aussi sampler et beat-machine, Infrazer se veut enivrant et anesthésiant comme un bon gros buzz! Rappelons ici que la drogue c'est mal, que fumer tue, que l'alcool peut engendrer une dépendance et que la TV rend con. Voilà, ça c'est fait...

Infrazer n'en est pas à son coup d'essai. Anciennement "Inti Aka", séparé en 2006 suite au départ de la chanteuse, ils se sont reformés sour le nom d'"Infrazer" pour sortir cet album en 2008 puis au niveau national en 2009 chez Mosaïc Music Distribution.

Aux accents d'High Tone et de Zenzile, Infrazer n'offre rien d'original à qui connait l'univers dub mais n'a pas à rougir pour autant! Evasion des sens, expédition sonore, voilà ce à quoi Infrazer nous expose. Le premier titre de l'album, "XIII", nous en donne un avant goût. Pas de poses entre les titres mais des fondus faisant de ces 10 morceaux une seule et même plage de 54 minutes. "Genotype 5" et ses superpositions de samples, agrémentées d'extraits sonores de "Voyage au centre de la terre" de 1959, nous laisse une impression étrange. Où sommes-nous? Nous ne le savons pas réellement... Un coloque de bio-neurologie? Une expérience scientifique? Une atmosphère oppressante et saturée, là est la seule certitude.

"Showgun" se veut plus speedé, plus nerveux, comme une grosse bouffée d'oxygène en plein poumon. La bouffée qui shoote, qui enivre. "Apathique", titre chanté, tel un ovni au milieu de cet album, est un remix réadapté du titre de Monsieur Z. Bon, faut aimer... Ce n'est pas mon cas. L'atmosphère redevient hypnotique et envoutante avec "Allo Houston", oppressante avec ses sonorités quasi industrielles et mécaniques.

Cet album dense, difficile à décrire en quelques lignes tant il révèle plus de l'expérience physique, prend fin sur "Global Therapy", titre de presque 7 minutes qui achève notre voyage de presque 1 heure. Un voyage intense, douloureux et magnifique, oppressant et libérateur. Tous ces paradoxes qui nous font aimer la vie.

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mardi 27 avril 2010

King Sigh et puis finalement pas...

king_sighKing Sigh est un groupe belge directement issu du trou du cul de leur beau pays, un bled au nom imprononçable: Scherpenheuvel. Amis belges, ne vous vexez pas, en France on a bien Boullay les Troux ou encore Pissenavache.. C'est dire!

Mais revenons à King Sigh. Quand le batteur Koen Muylaert quitte le groupe en 2007, Peter Laermans et Zowie Vangeel décident d'enregistrer en home studio. Le fruit de leur travail s'appelle "Entering". En juin 2009, Koen revient dans le groupe mais cette fois ci pour faire de la guitare. Ensemble, avec Tim Haesevoets comme nouveau batteur, ils se remettent en selle!

J'ai lu ça et là que leur style se balade entre Jean-Michel Jarre et Sigur Ros avec des pointes space rock et post rock. Certains vont même jusqu'à comparer King Sigh à Explosions in the Sky. A tous ces critiques musicaux je dis: mais arrêtez la drogue!

"Under the radar" débute l'album. A l'aspect calme et enfantin du clavier vient se plaquer une base plus sombre, plus brute qui monte en puissance pour finalement exploser assez sagement autour de 2 minutes pour n'être finalement qu'une ligne de notes, répétée à l'infini... Lassant. Bon, ça commence moyen... Le titre d'après, "Gloria" commence avec le même son de batterie que "Got my mind set on you" de George Harrison pour devenir assez vite quelque chose de plus personnel, de plus "King Sigh". La batterie fait quand même très "hard FM" 80's.

Au fil des titres, l'attention se fixe sur la batterie... Cette batterie qui focalise toute notre attention! Cette batterie qui va nous rendre fou!

Avec "Sand Monster" nous retombons dans le "hard FM"  qui commençait à nous manquer avec les batteries qui claquent et les guitares posées. Les morceaux défilent. Je n'ai rien à en dire. J'ai seulement l'impression d'entendre sans cesse le même morceau, les mêmes automatismes. "Tony Vivid" arrive en plein milieu de la torpeur et réveille. Cette fois-ci on est dans du rock qui s'assume sans fond pseudo "new age" qui vient parasiter l'oreille. Ca fait du bien. Ah si seulement ils étaient restés dans ce style!

En conclusion King Sigh c'est bien... à petite dose.

Ouais hein!?

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dimanche 25 avril 2010

Découverte électro-jazzy: Stéphane Ramin

stephane_raminAujourd'hui, je vous propose une découverte musicale: Stéphane Ramin.

Stéphane Ramin est guitariste de formation mais ça ne l'a pas empêché de produire son premier album "Session 04/07" de A à Z. Accompagné d'Antonin Martineau à la basse, il nous propose un album instrumental, aérien, aux influences multiples et à la sonorité résolument électro-jazzy.

Tantôt à la guitare accoustique, tantôt à l'électrique, Stéphane Ramin nous entraine dans un tourbillon d'images à la manière d'une bande originale de film, un film des années 70 ou connoté 70's. Certains titres, tels que "BPM", pourraient se trouver sur l'OST de "Garden State". Les riffs se veulent entêtants, l'ensemble obsédants à la manière de litanies musicales qui montent en puissance avec le renfort de divers instruments.

Tour à tour Black Exploitation dans "Woo", puis French Touch sur "Bling bling" cet album est une invitation à la musique, à la bonne musique, celle qui nous fait dodeliner de la tête et donne envie de danser. Avec ce premier album, Stéphane Ramin nous surprend. Gardez ce nom en tête, il se pourrait bien qu'il fasse parler de lui...

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samedi 3 avril 2010

Dominique A aux Arcs, Quéven (56), 02/04/10

dominiqueA

Entre rock, psyché et électro, Dominique A a envouté son public hier soir à Quéven. Dominique A n'est pas un homme qui fait parler de lui, c'est quelqu'un de discret et ça se sent dans ses chansons, dans ses textes, dans ses musiques. C'est aussi un homme simple et gentil, loin des clichés de la "star peopleïsée" et de la diva. Proche de son public, il capte l'attention tel un aimant.

La soirée a débuté avec Saule qui a assuré la première partie. Environ 5 chansons à la guitare (sèche ou électrique), il nous a fait partager ses textes entre comique et émotion. Pour son dernier titre, il a fait monter sur scène un invité "spécial": Dominique A. C'est ainsi que nous avons vu apparaître celui pour qui nous étions là ce soir. En toute simplicité, il est venu nous faire un petit coucou avant l'heure H. On ne verra pas souvent des artistes venir assurer un titre avec leur première partie. Avec un "à tout à l'heure", il quitte la scène pour revenir quelques minutes après: "Rebonjour". Pas de grandes effusions, pas d'entrée spectaculaire, pas de rideau qui tombe brutalement, juste Dominique A.

Son set débute avec "Le sens" pour durer plus de deux heures. Un son obsédant à la limite de l'hypnose, un artiste déployant son bras droit comme un métronome sensuel qui caresse les notes, de légers coups de tête et pied gauche égarés très "flamenco" pour marquer les temps forts de certains titres comme autant de tics artistiques qui font monter la pression de l'instrumentation. Dominique A est un artiste à voir sur scène tant son pouvoir d'attraction est spectaculaire et une forte alchimie se crée avec son public. Pendant toute la durée du set, je n'ai pu décrocher mes yeux de lui.

Entouré de ses musiciens, David Euverte aux claviers, Sébastien Buffet à la batterie et Thomas Poli à la guitare, on ne voit que Dominique A... Les titres s'enchainent: "Revenir au monde", "Manset", "Le commerce de l'eau", "En secret", "Immortels", "Hotel Congress" suivis de deux rappels et une salle qui n'aurait pas voulu le laisser partir. Le concert se termine avec "Le courage des oiseaux", sublime titre qui nous laisse rejoindre le parking avec cette sensation de marcher sur du coton. Nous sommes tout simplement bien...

Dominique A nous a fait assister à un concert que nous ne sommes pas près d'oublier. Une prestation intense, des instrus montrant que la chanson française fait bon ménage avec des sonorités agressives et "mécaniques" tout en étant douces et évocatrices. Dominique A, un paradoxe.

Set list:

- Le sens
- Il ne dansera qu'avec elle
- Revenir au monde
- Les garçons perdus
- Qui es-tu?
- Manset
- Hasta que el cuerpo aguante
- La musique
- Le commerce de l'eau
- Dans l'air
- Valparaiso
- Le bruit blanc de l'été
- En secret
- Bel animal
- Je suis parti avec toi
- L'entretemps
- Immortels
- Le métier de faussaire
- Nanortalik
- Hotel Congress

Rappel 1:

- La fin d'un monde
- J'aimerais voir le jour tomber
- Gisor
- Pour la peau

Rappel 2:

- Sous la neige
- Le Twenty-Two Bar
- Le courage des oiseaux

Et pour finir une vidéo live de "L'horizon", titre qui n'a pas été joué hier soir mais que j'aime beaucoup (je trouve le break/final, aux alentours de 5min, magnifique):

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dimanche 28 mars 2010

Jeanne Cherhal et la Secte Humaine à l'Olympic, Nantes, 26/03/10

Jeanne_Olympic

Concert décoiffant vendredi soir à Nantes dans la salle de l'Olympic, ancien cinéma reconverti en salle de spectacle. Décoiffant à tous les niveaux: étonnement, incrédulité, hallucination mais aussi pêche, humour et puissance. Vous l'aurez compris, c'est donc avec une impression mitigée que nous sommes ressortis de l'Olympic sous une pluie dilluvienne.

Je suis Jeanne depuis des années, j'ai été invité à ses concerts et j'ai dans mes amis des cherhaliens pure souche premier rang pied de micro. Autant dire que ce n'est pas en vierge effarouchée que j'ai fait le déplacement de plus de 100km ce vendredi soir. "Faut-il que j'aime Jeanne pour me déplacer comme ça". Le dernier album "Charade" est sorti le 8 mars et tranche avec les albums précédents de Jeanne. Le public ne connait pas encore très bien les titres proposés sur scène et c'est donc une découverte de chaque instant que nous nous apprêtons à vivre en live.

Jeanne_Olympic_1La Secte Humaine, autrement nommée suivant sa formation Little Rabbits ou French Cowboy, fait son entrée sous un tonnerre d'applaudissements. Il faut dire aussi que ces 4 là ne sont pas des petits nouveaux: Gaëtan Chataigner à la basse et Ray-Ban, Stéphane Louvain à la guitare et veste torse nu, Eric Pifeteau à la batterie et costume "frangé" et Philippe Eveno au guitare/clavier et pantalon coutures "cuillère". Ils attaquent l'instru de "J'ai pas peur" quand Jeanne arrive sur scène. Je préviens tout de suite ceux qui ne sont pas encore au courant mais Jeanne a quelque peu changé sa garde robe ces temps ci. De nouvelles tenues qui tranchent définitivement avec ce qu'elle nous avait habitué auparavant. Ce soir c'est en santiags et micro-"robe" noire qu'elle s'avance devant son public. A-t-elle oublié de mettre son pantalon? Non, non, c'est normal! Sur "Qui me vengera" et face à une salle dont la clim a lâché elle fera même sauter la "robe" pour se retrouver en shorty/bustier noir. Ah, ça, ça change des couettes sages avec lesquelles elle a débuté. Sans parler du rouge à lèvre rouge vif qui a pris la place du make-up naturel... Je referme ici la page "mode"...

Les titres du dernier album, "Charade", s'enchainent: "Pays d'amour", "En toute amitié", "Mon corps est une cage"... Nous prouvant, si nous en éprouvions le besoin, que Jeanne sait brailler à la Lara Fabian. Les premiers titres sont donc une sorte d'expérience scientifique pour le public: jusqu'à combien de décibel peut tenir l'oreille humaine? Un compteur était d'ailleurs accroché sur un mur de la salle. Sa présence aurait dû nous alerter!

Jeanne_Olympic_2A ce moment du concert je me demande si je vais tenir plus longtemps... Arrive alors "Canicule", titre de "Je suis liquide" son précédent album. "Pour m'aérer jusqu'à la moelle, toute la journée je reste à poil". Etrange que maintenant ce titre prenne une autre dimension... Idem pour "Le tissu" qui semble mal venu... Les charades de l'album viennent égrainer le set "Mon premier", "Mon second", "Mon troisième"... accompagnées d'un néon rouge façon motel au dessus de la scène clignotant "CHARADE". Ces dernières sont autant de poses douceur qui font du bien. Car oui, Jeanne Cherhal a réellement changé de registre. Là où avant elle faisait dans la subtilité, dans la douceur, dans l'humour, elle est aujourd'hui dans la puissance et dans l'énergie résolument rock. Difficile de réaliser que nous avons la même femme devant les yeux. Une dimension rock pas encore tout à fait maîtrisée, certaines attitudes sonnent creux, certaines postures semblent fausses. Ou alors est-ce dû à un oeil plus critique de quelqu'un qui voit sous ses yeux un virage à 180°... Ceux qui découvriront Jeanne Cherhal sur cette tournée n'auront peut être pas le même ressenti.

"Un trait danger" nous montre une Jeanne "vénère" s'acharnant sur son piano comme la misère sur le monde, idem pour "Un couple normal" réarrangé pour la tournée d'une façon assez... déconcertante et disons le franchement inappropriée. Il faut bien l'avouer, avec un tel band, il faut savoir s'imposer. Les musiciens sont excellents, ils n'en sont pas à leur premier coup d'essai et ça se voit! Malgré les quelques mots échangés entre Jeanne et le groupe, ce "couple" est encore très timide, les échanges sont fugasses et on sent qu'il est en rodage. Plus qu'une formation, nous avons pour l'instant un groupe de zicos accompagnant une chanteuse.

Mais alors, il n'y a que du négatif dans cette tournée? Non ne vous inquiétez pas jeunes fans prêts à vous suicider devant ma chronique, un couteau à beurre à la main! Stoppez là votre geste irréfléchi! "Cinq ou six années" passe très bien sur scène, "La peau sur les os", de "Je suis liquide", dépote vraiment, la reprise de "La boulette" de Diam's est étonnante de par son style et déride le public qui rit franchement en retrouvant le côté décalé et impertinent de Jeanne. Mention spéciale pour "Douze fois par an" précédé d'une longue intro au piano qui réveille la nostalgie d'une Jeanne piano/voix. "Lorsque tu m'as" en version scène est beaucoup moins crispante que la version album et Jeanne déboulant dans la fosse prise d'une danse proche de la transe nous communique son énergie. Au final, un titre qui fout la patate!

Le concert se termine avec "Je voudrais dormir", Jeanne seule au piano. Un vrai moment de partage avec le public. Un beau moment émouvant qui nous fait quitter la salle avec ce sentiment que certes Jeanne a changé mais elle n'est pas encore tout à fait différente.

Avec cet album et cette tournée "Charade", Jeanne surprend, déconcerte, ravit ou déçoit. Elle ne laisse pas indifférent. Elle perdra sans doute certains fans, d'autres la suivront dans cette évolution mais elle gagnera à coup sûr un nouveau public plus attiré par le rock et le clinquant. Bonne route Jeanne...

Merci à Fab alias lartscenes pour les photos ;)

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mardi 23 mars 2010

Devenez lulabiens

Lulabi

Lulabi est un groupe que vous ne connaissez sans doute pas encore mais que je vous invite fortement à découvrir. Groupe de Reims formé en 2005 de la rencontre entre Kévin Espich et Amandine Denis puis rejoints par Pierre-Hugues Thieno, sa musique est un nuage bonbon aux accents de Radiohead et Sigur Ros réunis. La voix est éthérée, les mélodies lassives portent une dimension mélodramatique et le tout donne un album "Lulabi" (tout simplement) mystérieux.

Sur scène, ils sont 7 musiciens et ensemble ils ont été lauréat du DSAR 2006 en Champagne-Ardenne (Dispositif de Soutien aux Artistes Régionaux). Soutenus alors par La Cartonnerie, salle de spectacle Rémoise, ils sont aidés à finaliser leur projet, notament en terme de préparation scénique afin de mettre en place le spectacle qui accompagnera la sortie de l'album, album dispo depuis le 1er mars sur différentes plateformes.

Lulabi a beau être un jeune groupe, il a déjà trainé son talent sur différentes scènes françaises et on a pu les voir lors de premières parties de groupes de renoms tels que Kaolin ou encore Ez3kiel. Le 15 avril 2010, ils assureront la première partie d'Archive à la Cartonnerie à Reims. Et oui, rien que ça! Souhaitons leur encore de nombreuses collaborations de cette qualité et de nombreux concerts en tête d'affiche.

"L'univers de Lulabi est fait de courtes pièces sombres, semblables à des contes pour enfants qui révèleraient la naïveté la plus fraîche et la noirceur la plus inavouable..." nous dit le plan promo. Reste l'album évocateur d'un groupe prometteur.

Bonne route lulabienne...

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lundi 15 mars 2010

Nicolas Jules, Lanester, 13/03/10

image001Nicolas Jules... Comment faire tenir en quelques mots tout ce que cet artiste est sur scène, tout ce qu'il nous procure comme émotion passant des frissons aux rires puis à l'étonnement et allons y franchement, à la perplexité.

Nicolas Jules, c'est tout ça. Une sorte d'ovni, un gars qui semble tomber de son lit, décoiffé, mi-désagréable, mi-complice (mais pas trop hein, c'est un artiste et non un simple mortel!). Un mélange d'humour décalé savamment dosé pour mettre le public dans sa poche. Un personnage unique qui capte l'attention et dégage un charisme incroyable lorsqu'il arrive sur scène.

Pour cette tournée de son dernier album "Shaker" sorti le 8 mars, il est entouré de Roland Bourbon à la batterie et percussions et de Béatrice Gréa à la contrebasse. Nous avions fait la connaissance de Roland Bourbon lors de la tournée "Powete", déjà au côté de Nicolas Jules. Ce musicien est une sorte de Mr Propre à l'allure patibulaire et aux goûts vestimentaires douteux. Je ne saurai choisir entre le tablier de jardinier / bas résille et le bermuda / veste de costume. Un personnage qui sait magnifiquement rendre la pareille à Nicolas et semble tout droit sorti de l'asile le plus proche. Encore une fois, un humour complètement décalé auquel on adhère totalement. Béatrice Gréa, quant à elle doit prendre ses marques au milieu de ce duo rôdé et complice mais a un bon potentiel!

Tous jouent remarquablement bien. Comme quoi on peut être très bon et ne pas se prendre au sérieux (certains font l'inverse et devraient en prendre de la graine). L'ambiance est feutrée: lumières tamisées savamment dosées, quelques spots faisant ressortir uniquement les visages, une fine lumière bleutée dans le fond parfois. Dans cette salle Jean Villar de Lanester à la scène à même le sol, nous avions une impression de complicité, une ambiance ouatée qu'on aurait aimé voir durer plus longtemps.

Pendant 1h30 (trop couuuuuurt) nous étions dans un autre monde. Un monde d'humour, par les attitudes, et de poésie. Les textes de Nicolas Jules sont sublimes, parlent principalement d'amour mais en évitant de tomber dans le niais. Pratiquement tous les titres de l'album "Shaker" ont été joué (seul "Un joli bruit de moteur" manque à l'appel). Les sublimes "Le p'tit soleil" et "Des kilomètres" nous ont fait dresser les poils sur tout le corps. Tout est là: une mélodie magnifique, un texte émouvant, une voix superbe, une intonation tout en douceur et en nuances. Les mots nous manquent...

Nicolas_Jules_Montauban_mai_08_095Des petites anecdotes parsèment le spectacle. Une histoire de western se passant en bretagne, tournée avec peu de moyens et un comédien pauvre rêvant de cactus et faisant pousser des avocats sur le bord de sa fenêtre introduit une chanson intitulée pour l'occasion "Pas facile d'être un mohican quand le seigneur est un cowboy". Celle-ci se révèle être "Le p'tit soleil". Une introduction comique pour une chanson très dure sur la solitude.

Beaucoup de titres de "Powete" également. "Papier bleu", une lettre d'amour "un peu bizarre" écrite par un homme (sans aucun doute le batteur) et reçue par erreur par Nicolas Jules, précède une séance bisous où les trois musiciens envahissent la salle pour faire des calins et des caresses. Tout l'univers décalé de Nicolas Jules est là. Cette lettre a son pendant féminin avec "L'amour avec un grand aaah", écrite par une femme (Béatrice Gréa) qui sait ce qu'elle veut, trouve les mots, contrairement à Roland Bourbon, mais n'ose pas l'envoyer. Heureusement Nicolas Jules l'a trouvée sur un coin de table et nous en fait part sur un fond de boîte à musique captivant.

Puis vient le moment du rappel et malgré notre insistante envie d'entendre "Marie-Carole", nous avons quand même eu droit à un titre rock'n'roll: "Play with fire" des Rolling Stones à la sauce Nicolas Jules. "Temps de chien" et "Le sac à ma copine", redemandé sans micro, mettent fin à cette soirée. Il faut dire aussi que la chorégraphie de cette dernière vaut le détour...

Si Nicolas Jules passe près de chez vous, courez-y! Et pour nous, Nicolas, quand est-ce que tu reviens en BZH?


Nicolas JULES : Marie-Carole

Merci à Marie pour la photo sépia ;)

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