mercredi 16 décembre 2009
Take Abe, la découverte japonaise
La découverte musicale de l'année est là entre mes mains, dans mes oreilles depuis plusieurs jours et a parcouru des miliers de kilomètres puisqu'elle vient de l'autre côté de la planète: "Cinemascape" de Take Abe.
Take Abe, de son vrai nom Takehiko Abe, est un artiste japonais. Artiste complet, il est auteur, compositeur et interprète de ses morceaux ayant déjà composé des bandes originales pour des films indépendants. Il expose également ses oeuvres visuelles dans diverses galleries à Tokyo, à Kyoto... La pochette de son album est d'ailleurs une de celles-ci. C'est donc un homme avec une vraie sensibilité artistique qui se livre à nous dans "Cinemascape" et se lance dans une carrière solo avec ce premier album.
"Cinemascape" est une contraction de "Cinema" et "Landscape". Un paysage cinématographique, c'est ce que nous propose Take qui compose chaque morceau comme autant de scènes précises flottant dans son esprit. Si on lui demande ce qui lui ferait le plus plaisir, ce serait que ses auditeurs visualisent des choses à l'écoute de son album. Nous allons le satisfaire, et ce sans flatterie superflue: sa musique à dimension mélancolique est fortement évocatrice. L'écoute commence avec un "Prologue" à l'orgue qui met tout de suite l'auditeur dans un espace temps différent, une relaxation propice à la rêverie.
La science fiction et l'espace sont deux thèmes qui inspirent Take: "... And the earth was covered with snow" nous apparaît comme une scène issue de la science fiction où la race humaine est exterminée par une guerre absurde et où le seul être humain encore debout n'est autre que vous (un côté "La route" actuellement au cinéma)... et la terre est couverte de neige. "Cosmic space", plus électro, évoque une dérive dans l'espace tout comme "Terra" également située dans l'espace et le futur. "Secret box", un monde en sépia, est un ovni musical comme une berceuse et un requiem simultané.
La mélancolie et le calme sont deux autres thèmes récurents: "The lady of Shalott" nous présente une femme éperduement amoureuse, déçue, choisissant de mourir. "Empty autun swing" est une scène au crépuscule automnal. "Yuki" qui veut dire "neige" en japonais (Gotainer est-il au courant?!) évoque la quiétude d'un silence dans un temple zen...
Ce qui fait l'originalité de cet album c'est aussi son traitement. Take Abe n'utilise pas seulement des instruments de musique pour produire des sons mais sait donner une couleur musicale à des objets usuels du quotidien. Pour "Mindscape" par exemple, il utilise un verre à vin.
Je pourrai parler des heures de ce bijou qu'est "Cinemascape" mais le mieux est encore que vous l'écoutiez à votre tour. Je garde le meilleur pour la fin, le titre "Dolls" qui a été une grande (grande!) claque dès la première écoute. Avec ses grincements de violon, ses portes qui couinent, ses craquements de bois comme sur un bateau, le son incessant d'une boîte à musique et le chant de cette petite fille, tout est réuni pour faire de ce morceau une bande originale de film de genre à la "28 jours plus tard" (composée par John Murphy). Avec "Dolls", on frôle le génie.
L'album se termine avec "Ending", tel un générique de fin. Le générique d'un film qui nous a procuré de fortes émotions. Merci Take.
Le petit plus de Mr K: Une fois n'est pas coutume, je viens "squatter" une critique musicale de ma chère Nelfe! Cet album est une véritable merveille atmosphérique qui à mes yeux est la découverte de l'année. Ces nippons sont décidément très forts et Take rejoint au firmament des artistes musicaux japonais les Acid mother temple.
Le titre de l'album n'a pas été choisi au hasard. En mettant, ce cd dans votre chaîne, c'est une invitation au voyage qui vous est proposée. Une expédition dans un pays bien étrange, mélangeant lyrisme et singularité: les 15 morceaux pourraient constituer une BO de film. Cet artiste vous propose une musique oscillant entre l'électro et une instrumentalisation plus classique.
Cela fait déjà plus de deux semaines que le cd passe quasiment une fois par jour sur mon ordi tant il a un goût de revenez-y. Une méga claque musicale comme on aimerait en prendre plus souvent!
mercredi 9 décembre 2009
Tout seul dans l'arène il est le roi des ombres

Le 4ème album de M est sorti en septembre. Inutile de présenter le bonhomme. Tout le monde le connaît affublé de son "costume de plume" aux couleurs flashy avec les cheveux sculptés en forme de M grâce à une tonne de gel. D'un goût douteux, certes, exubérant, sans conteste, mais ce personnage a permis à Matthieu Chedid d'entrer en scène par la grande porte.
Voici 6 ans qu'il n'avait pas sorti d'album. 6 ans depuis "Qui de nous deux" qui avait raflé pas moins de 3 Victoires de la musique en 2003: meilleur interprète masculin de l'année, meilleur album de chansons/variétés et meilleure tournée. Le temps passe et cela fait bientôt 12 ans que M est dans le paysage musical français. On aime ou pas, on a entendu ses chansons jusqu'à la nausée ou on en redemande toujours. Chacun cochera la case qui lui correspond le mieux mais toujours est-il que l'on ne peut pas faire sans M aujourd'hui dans la chanson française. Quand il n'est pas chanteur, il est musicien, producteur, arrangeur... "La touche M" et ses riffs reconnaissables entre 1000 font mouche à chaque essai.
Aujourd'hui, Matthieu Chedid se détache de son personnage. Moins exubérant, plus soft, le "nouveau M" est intérieur plus qu'une créature du dehors comme par le passé. Cet album, "Mister Mystère" est une mise à nu. Matthieu Chedid s'y révèle plus sombre, plus solitaire... plus humain. Entouré de personnes qui lui sont chères et de talent, cet album relève presque de l'oeuvre familiale. Son frère, Joseph Chedid, a composé quelques musiques, Anne, sa soeur, est la voix féminine de bon nombre de titres, son autre soeur, Emilie, réalise le DVD qui accompagne l'album et Louis Chedid, qu'on ne présente plus s'occupe quant à lui du mixage de l'ensemble. Dans les collaborateurs, on compte également la présence de Brigitte Fontaine, George Kretek et Hocine Merabet pour les textes. Du beau monde disais-je.
Chaque chanson de "Mister Mystère" s'accompagne de deux films, deux visions qui s'opposent autant qu'elles se font écho, pensés comme des road-trips et filmés par Matthieu Chedid. Un sorte de cadeau Bonux! Pour ce nouveau départ, nouvelle maison de disque (M passe de EMI à Barclay) et nouveau look donc en bichromie noire et blanche. Les thèmes abordés sont sombres: le mythe de M dans "Le roi des ombres", le temps qui passe dans "Semaine" ou "Délivre", la mort dans "Hold-up", reprise de Louis Chedid, le sexe dans "Tanagra", le spleen dans "Phébus" ou "L'élixir"... L'esprit est accoustique, parfois à la limite du dépouillement, à l'opposé de la musique colorée, punchy et pop de naguère. Moins de folie rock et électrique donc, textes moins "délirants" mais plus de ballades à la guitare sèche comme dans "Tout sauf toi" ou "Délivre".
Un excellent album donc, plus calme, plus vrai, plus Matthieu que M. Tomberons nous dans les clichés en disant que c'est celui de la maturité?
lundi 7 décembre 2009
"Symphony of destruction" version Therion

"The Miskolc experience" est la dernière production en date d'un de mes groupes préférés: Therion. Nous en avions parlé déjà sur ce blog quand Nelfe et moi étions allés les voir à Rennes lors de leur tournée anniversaire, il y a déjà quelques temps. À classer dans le domaine du métal symphonique, cette étiquette est pleinement justifiée ici avec ce live du 22 mai 2007 qui présente la rencontre du groupe avec l'orchestre symphonique de Bucarest lors de l'Internal Opera festival en Hongrie.
Le coffret est séparé en deux parties. La première voit le groupe interpréter des morceaux du répertoire classique. On y trouve Verdi, Mozart, Dvorak , St Saens et Wagner ainsi que Clavicula Nox, une composition de Therion qui fait ici office d’introduction. Dans cette partie, un réel arrangement est fait sur les morceaux pour intégrer les éléments plus Métal. Le tout dégage une puissance assez imposante qui m'a littéralement scotchée à mon fauteuil: mention spéciale à l'adaptation de Verdi et de Saint Saens.
Ensuite, on passe dans la deuxième partie consacrée à l'adaptation de morceaux de Therion. J'ai été moyennement convaincu, trouvant que l'orchestration disparaît bien vite derrière les guitares saturées et la batterie. C'est même à se demander par moment si il y a un orchestre symphonique derrière! Un comble quand on sait quel était le but poursuivi à l'origine! Reste un live correct mais qui ne diffère pas et surtout, ne dépasse pas le sublime double Live at Midgard.
Voici la Tracklist du DVD + CD:
Part 1 - Classical Adventures: (44 min.)
01. Clavicula Nox
02. Dvorak: Excerpt from Symphony no. 9
03. Verdi: Vedi! le fosche notturne spotigle from Il Trovatore
04. Mozart: "Dies Irae" from Requiem
05. Saint-Saens: Excerpt from Symphony No. 3
06. Wagner: "Notung! Notung! Niedliches Schwert!" from The Ring
07. Wagner: Excerpt from the Overture from Rienzi
08. Wagner: Second part of "Der Tag ist da" from Rienzzi
09. Wagner: First part of "Herbei! Herbei!" from Rienzi
Part 2 - Therion Songs: (66 min.)
01. Blood Of Kingu
02. Sirius B
03. Lemuria
04. Eternal Return
05. Draconian Trilogy
06. Schwartsalbenheim
07. Via Nocturna
08. The Rise Of Sodom And Gomorrah
09. Grand Finale
jeudi 3 décembre 2009
Album de Goudi

Chanteur belge, de son vrai nom Pierre Goudesone, fort d'une expérience de plusieurs années sur la scène musicale, de plusieurs concerts à son actif et d'une tournée française, italienne et croate au sein d'une autre formation, Goudi est malgré tout une découverte. Cet album éponyme est son premier sous son nouveau pseudo et nom de groupe Goudi. Composé principalement de titres en anglais, il contient également quelques titres en français et en néerlandais à prédominance rock.
Il y a du bon dans cet album. "Inside me" et "Leder ushje" révèlent une voix proche de celle d'Arno. Une mélodie accrocheuse qui pourrait en faire un tube pour l'une et des paroles en néerlandais intéressantes par la sonorité de la langue pour l'autre. "La Belgiek est chic", proche de Katerine par ses aspects club à la "Louxor, j'adore", titre en français, fait la liste de tout ce qui fait la réputation de la Belgique, de Brel au chocolat en passant par Jean-Claude van Damme. Absurde et fraîche. L'autre chanson en français, "L'été western", est quant à elle plus discutable avec ses paroles sans queue ni tête et son instru agaçante. Vous l'aurez compris, le bon côtoie donc le moins bon... Dommage... Ainsi "Paradise now" duo captivant avec Sabine Kabongo, "I ask myself" rock à la mélodie entrainante donnent la réplique à "When we were young" sorte de hard rock FM des 80's quand les gars sur scène avaient des longs cheveux frisés et des bandanas en bandeau. Parfois même cette dualité est présente au sein même d'un morceau. C'est le cas de "Wallflower" qui, utilisant un phrasé "métal" sur une musique plus légère, se révèle déroutant mais finit par crisper l'auditeur.
C'est donc mitigée que je termine mon écoute. Dans un premier temps emballée par les titres qui se succèdent, la répétition des riffs et automatismes instrumentaux font que peu à peu l'excitation initiale laisse place à une certaine lassitude. Quelques morceaux choisis suffisent donc pour garder un bon souvenir de Goudi.
mercredi 2 décembre 2009
Marcel et son orchestre à la fête de l'Huma Bretagne

Samedi dernier était l'occaz pour vos deux blogueurs préférés d'aller faire un tour à la fête de l'Huma Bretagne sur Lanester. C'est pas très loin de chez nous, on donne des sous pour la Cause et c'est aussi (surtout! Diront les mauvaises langues!) la possibilité de voir en live l'un des tout meilleurs groupes français sur scène: les Marcel! C'était la passe de trois pour Nelfe et moi depuis que nous sommes ensemble (on les avait déjà vus en concert avant séparément, mais évidemment ça compte pas! Dis chérie, tu pourrais... Aie aie!!!! Pas taper!).
Avec la photo ci-jointe, tout est dit! On rentre dans une dimension parallèle où le travestissement est de rigueur cotoyant allégrement des sonorités punk / rock / reggae / ska et paroles farfelues voir à l'occasion engagées. On a affaire à 7 showmans totalement déjantés (mentions spéciales au chanteur, au bassiste et au trompettiste) et à un set aux petits oignons sans temps mort (excepté les cours chorégraphiques sur deux chansons, ambiance assurée!). Le premier morceau débute et on perd la notion de temps et c'est en sueur et heureux qu'on se rend compte qu'ils ont joué 1h40! Perso, j'étais de mauvaise humeur ce soir là car j'avais eu le malheur de regarder les infos (voir post précédent) et j'avais le moral plutôt dans les chaussettes. Une piqûre de Marcel et ça repart! Plus efficace qu'un Guronsan, moins douloureux qu'une baffe dans la tronche; c'est la garantie de ressortir avec la banane et d'être de bonne humeur dans les heures, voir les jours qui suivent.
Samedi, le groupe a joué beaucoup de morceaux tirés de leur dernier album "Bon chic, bon genre" (illustré par Charb) que nous avons d'ailleurs acheté à la fin du concert en sus de deux T-shirt classes... À signaler que malgré leur succès, les prix restent raisonnables. Le dernier opus est bien sympathique avec son lot de morceaux engagés et totalement délirants: "Elle est pas d'humeur" reste mon préféré! Les Marcel ont aussi joué leurs grands succès passés comme "Les neurones à crête", "Femme mûre" (toutes les filles sur la scène avec le band), "Comme un balai (in the wind)", "Les vaches" etc... Le chanteur s'est aussi amusé à traverser la salle de part en part en menant une farandole gigantesque avec la foule et le bassiste venait discuter avec le public tout en continuant de jouer. Vraiment une excellente ambiance, le public était assez hétéroclite et surtout bon esprit. Si l'occasion se présente, n'hésitez surtout pas car hillarants et bons musiciens à la fois, les Marcel en imposent!
Pour terminer, je vous glisse le clip qui ne passera jamais à la télé dixit le chanteur à la fin de leur performance. Le groupe nous encourage à faire passer le message, vu qu'ici on est plutôt d'accord avec le contenu (et c'est peu de le dire!)... voila c'est fait!
samedi 28 novembre 2009
Le cinéma noir de Boulbar

Jack Ranieri est un ancien boxeur rencontré par hasard au bord de l'autoroute. Il tient un snack-bar miteux comme il en existe des centaines tout le long de la Highway 40. Ranieri a connu la gloire et les salles prestigieuses à l'époque où la boxe déchaînait les passions. Dans les gradins, des centaines d'Italiens hurlaient son nom. Pour eux, il était "Iron Jack" et Brooklyn tout entier le voyait déjà champion du monde. Mais du jour où son regard croisa celui de Lisa, les rêves de Titre s'évanouirent dans la fumée des boîtes et les lits de palaces. Débuta alors la longue déchéance qui le mena jusqu'à ce snack-bar où, au crépuscule de sa vie, Ranieri raconte son histoire aux voyageurs de passage...
C'est lors de voyages aux Etats-Unis que vient à Boulbar l'envie d'écrire et de composer un disque sur la vie d'un boxeur dans l'Amérique des 60's. Il le fit en 2007 après avoir élaboré plusieurs projets musicaux et sorti son premier album autoproduit. Il s'entoura de musiciens chevronnés, musiciens de Yann Tiersen, Jack the Ripper, Emilie Simon, Luke... et s'attela à ce "Requiem pour un champion".
Dans cet album, il s'attache à retrouver l'Amérique de Bukowski, de Kerouac mais aussi celle des films de Robert Wise ou Mark Robson, réalisateurs de cinéma noir. Ce cinéma où la boxe sert de décor à des histoires tragiques et des destins brisés. La musique aussi est très largement inspirée de celle des 60-70's. Johnny Cash, The Beatles, Pink Floyd sont autant de noms évoqués sur la plaquette promo. Toutefois le nom qui vient tout de suite à l'esprit dès la première écoute est celui de Gainsbourg. La nonchalance et la voix narrative de Boulbar n'est pas sans rappeler celle d'un Gainsbourg époque "Melody Nelson". L'attaque des phrases, la musicalité jazzy. Cette sensation est plus que présente sur des titres tels que "La boîte de Pandore", "Wells Forgo, fin de journée"... L'instru jazzy laisse place au rock sur certains titres tels que "Iron Jack" ou "Cavale". La boxe, le luxe, la femme fatale, les mustangs, la déchéance et la désillusion sont autant de thématiques évoquées ici. Il est toutefois difficile de "disséquer" cet album titre par titre car il s'agit là d'un album concept qui s'écoute du début à la fin, comme une longue piste de 40 minutes. Un album accrocheur comme un bon polar. Il apparaît impensable d'arrêter le disque avant la fin ou de passer une piste. Vous verriez-vous couper "Les sentiers de la perdition" avant la fin ou en zapper 10 minutes? Sacrilège!
Cet album prend une dimension supplémentaire avec la BD qui lui est associée. BD écrite par Boulbar et dessinée par Vincent Gravé. Entre ces deux artistes, un "coup de coeur". Boulbar contacte le dessinateur et lui propose de découvrir son univers. De là naît l'idée d'un projet commun: développer dans la bande dessinée une partie de l'histoire seulement effleurée dans le disque, celle du hold-up raté. Bien que l'album puisse être écouté et tout à fait assimilé sans la bande dessinée, celle-ci plus qu'une redondance apporte un complément. Une façon de s'attacher encore plus à Ranieri. Ce dessin noir, à l'image de la vie du héros, est parsemé de planches 70's "psyché" dans les courbes, la couleur en moins, évocatrice d'une vie de luxe et de débauche.
80 pages et 13 chansons, cela suffit pour s'attacher à l'histoire que Boulbar nous propose. On ressort de cette écoute pensif et apaisé. Boulbar, un artiste à découvrir.

mardi 24 novembre 2009
Dick Annegarn à Quimperlé - 21/11/09

Samedi dernier se produisait à Quimperlé (29) un monstre de la chanson française à texte: Dick Annegarn. "Monstre" non pas pour sa taille imposante et sa carrure de rugbyman mais pour ses années de création et sa prose. Dick Annegarn impose le respect. J'ai une tendresse particulière pour cet artiste, j'ai donc pris note de cette date et me suis rendue sur les lieux.
Voilà plus de 35 ans que Dick nous émerveille avec ses chansons décalées et sa voix si particulière. Il est pourtant rare d'entendre parler de lui dans les médias. Dick Annegarn est un artiste "underground" préférant la vie de nomade et le milieu associatif aux strass et paillettes. C'est donc en homme simple qu'il s'est présenté à nous sur la scène de Quimperlé. En homme simple, ils nous a conté ses histoires. A nous grands enfants qui composions son public. Dick Annegarn est fascinant et ma place au premier rang a sans doute contribué à cet envoûtement, toute plongée que j'étais dans cette ambiance chaleureuse.
Pour cette tournée, qui fait suite à son 18ème (!!!) album "Soleil du soir" sorti en 2008 chez Tôt ou tard, il est accompagné de Barnabé Wiorowski au tuba, Jean-Pierre Soules au cor/accordéon/piano et Alain Laspeyres à la batterie et cajón. Les cuivres, déjà présents sur la tournée précédente, donnent une dimension supplémentaire à l'univers de Dick. Une certaine profondeur, une dimension nostalgique qui met la chair de poule. La complicité qui unit ces quatres musiciens est palpable et la bonne humeur est de mise. Il faut dire aussi que Dick Annegarn est un sacré bonhomme qui ne peut inspirer que de la sympathie tant il est à l'aise sur scène, bavard avec son public (ce qui est très agréable) et habité par ses instruments et ses textes. Les chansons du dernier album sont bien sûrs jouées mais de nombreux anciens titres ont aussi leur place sur cette tournée, pour la plus grande joie des connaisseurs qui redoublent d'applaudissements. Ainsi "Jacques" chanson hommage à Jacques Brel côtoie "Sacré Géranium" de son premier album,"Quelle poule pond tant" au texte oulipien donne la réplique à la magnifique "Bruxelles". Il en est de même pour "Soleil du soir" et "Mireille" que Dick nous fait vivre comme si nous avions 5 ans (et ça marche!), "Théo" correspondance imaginaire de Van Gogh et son frère précède "La limonade" nostalgique du temps où Dick Annegarn vivait sur sa péniche la Gueuse. Pêle mêle, nous avons aussi eu droit à "D'abord un verre", "Bluesabelle", "Soldat" pour le dernier album et entres autres "Bébé éléphant, "Agostinho" et "Les tchèques" pour les anciennes. Un titre en anglais a aussi été interprété et chose plus rare un titre en hollandais dont la langue nous est peu commune et dont Dick nous a traduit les grandes lignes seul au piano. Un très beau moment. "Rhapsode" pour la première fois sur scène avec cette formation n'a pas eu à rougir.
Après un rappel de 3 titres, Dick s'en est allé en nous faisant un au revoir de la main. Simple et humain. Avec l'impression d'avoir vu un ami sur scène ce soir, nous repartons chez nous le coeur léger. Dehors, il pleut, mais peu importe... nous sommes heureux.
samedi 21 novembre 2009
Endors toi avec Mùm...

Mùm (prononcez "Moum") est un groupe expérimental islandais fondé en 97. Depuis, pas mal de changements ont eu lieu au sein du groupe et ils nous livrent là leur 5ème album: "Sing along to songs you don't know".
Depuis "So go sumear the poison ivy", leur précédent album, et le départ des soeurs jumelles Valtysdottir, Mùm a pris un virage plus orienté "grand public". Ce dernier opus ne fait que confirmer cette amorce. En effet après le départ de Gyða en 2002, c'est au tour de Kristen de se retirer avant "So go...". Ces voix même qui faisaient pour beaucoup le charme du groupe planent aujourd'hui comme des spectres regrettés. Pour les habitués, il faut donc opérer un temps d'adaptation et un certain "effort d'écoute" pour tenter d'oublier le Mùm "d'avant" et repartir de zéro. Dur dur...
Ici, la musique se veut plus orchestrale et les voix multiples. Fini les atmosphères mystérieuses et fantasmagoriques proches de Sigur Ros, place à de la pop électronique gentillette. Cela suffit-il?
L'album débute avec "If I were a fish" qui semble être interprété avec des instruments-jouets cristallins. Ces instruments ne nous quitterons pas au fil de l'album. Si vous n'aimez pas le premier titre, je vous le dis tout de suite, passez votre chemin. Pour les besoins de la critique, j'ai poursuivi mon écoute. "Sing along" utilise des rythmes syncopés entêtants avant de mourir dans une fin éthérée qui tranche avec les minutes précédantes et introduit assez mal "Prophecies and reversed memories" sautillant et répétitif à la limite de la nausée. "A river don't stop to breathe" à l'accent classique et arrière plan électro précède "The smell of today is sweet like breastmilk in the wind" (non on peut pas faire plus long comme titre!) à l'instru faisant étrangement penser aux accompagnements préenregistrés de synthé "boumboum chak boumboum boumboum chak". "Show me" à la base onirique se trouve gâchée par les voix à l'unisson des chanteurs, ces voix multiples typées chorale. "Hullaballabalù" nous ramène vers le Mùm des débuts mais version "popisée" et là on enrage! "Blow your nose" commence comme un air de boîte à musique et relève un peu le niveau de l'album. "Kay-ray-ku-ku-ko-kex" résonne comme une incantation reposante pour nos oreilles et notre santé mentale. "Last shapes of never" composées d'arpège de guitare annonce "Illuminated" encore une fois très chorale mais cette fois ci version canon (!!!). C'en est trop, c'est foutu, je deviens allergique! "Ladies of the new century" au piano annonce la fin de l'album telle une oraison funèbre. Mélodique et franchement écoutable mais très loin de ce à quoi Mùm nous avait habitué...
Mùm a toujours eu un style qui n'appartenait qu'à eux, un style que j'aimais vraiment beaucoup. Puis il a évolué... dans le bon ou le mauvais sens, question de goût. Pour moi, c'est terminé.
dimanche 15 novembre 2009
On "Tilt" pour le Peuple de l'herbe

Le Peuple de l'herbe, nous offre là son 5ème album, enregistré à domicile, dans leur propre studio, la Supadope Factory, dans une volonté de maîtriser au mieux la vie quotidienne et la carrière du groupe. Loin des compromis et du consensuel, le Peuple est difficilement classable. Facilement relégué dans la famille "électro", leur musique est un mélange de dub, rock et postpunk aux influences black et hip-hop, parsemée de touches d'instru cinématographique. Difficile donc de mettre Le Peuple dans une case tant ils surfent avec brio entre les styles.
"Tilt" débute avec le titre "Heart & soul" qui anonce d'emblée la couleur d'un album énergique et puissant. Envolées cuivrées, breakbeats efficaces, basses lourdes, rythmiques d'acier, paroles tranchantes, nappes sombres et riffs nerveux sont les piliers de la musique azimutée des lyonnais du Peuple de l'herbe. Les morceaux s'enchaînent: "Brick by brick" fracassant hip-hop, "L'esprit d'une époque" pop aux chorus jazz, "Look up!" battle des voix de Jc001 et Sir Jean, "Pretty bad drug" drum'n'bass envoûtant, "Matchbox" trip-hop, "Supabreakin'" rétro, "Swamp" morceau hypnotique, "Get stronger" rock, "Green card" interlude de 51 secondes, sorte d'intro à "Nightmare" aux basses dub et à la trompette jazz, "Back against the wall". "Catch up" clôture l'album en summum électro et ne fait que nous confirmer que l'on vient de passer 50 minutes en dehors des sentiers battus, en plein trip musical qui fait du bien entre les 2 oreilles!
"Tilt" est une boule de flipper qui va droit au but...
En plus de l'écoute de ce dernier album, je ne peux que vous conseiller d'aller les voir sur scène pour prendre une bonne claque et ressortir "laver" de toutes les tensions accumulées. Le Peuple de l'herbe, un groupe qui fait du bien!
jeudi 12 novembre 2009
Quand la musique est bonne!
Cela fait un moment que Cachou m'a tagguée musicalement. Mais comme Mr K est un gros râleur (et oui, un mythe s'effondre...) qui n'aime pas les tags, je l'avais presque oublié! Profitant d'un moment où je suis seule, je me rebelle et m'en vais illustrer ma vie en musique! MOUHAHA! (je sais, je fais peur!)
La chanson que j'écoute en ce moment: "Take it easy" de Ghinzu (extraite de l'album "Mirror mirror"). J'ai tout de suite accroché et depuis, elle tourne pas mal dans mon lecteur CD. En musique, je deviens vite monomaniaque...
La chanson qui me rend joyeuse: "Malidor" de Franck Monnet. La première fois que je l'ai entendue, un sourire inexplicable est venu se coller sur ma figure. Depuis, à chaque écoute c'est la même chose. C'est sûrement la seule chanson capable de me faire me lever le matin avec une facilité déconcertante et avec le sourire (quand on sait comme j'aime mon lit et à quel point je suis de mauvaise humeur le matin, ça relève du miracle!). "Goûtez les! Goûtez les!"
La chanson qui me rappelle un ex-copain: Facile... En même temps, j'ai pas envie de chercher plus loin. "Le petit voisin" de Jeanne Cherhal.
La chanson qui me rapelle un ami perdu: "Ordinary life" de Kristen Barry. Une chanson qu'il aime plus que passionnément depuis plusieurs années. Pas tout à fait un ami perdu mais disons qu'une page s'est tournée.
La chanson qui me fait pleurer: "Chatenay Malabry" de Vincent Delerm qui me fait penser à ma grand-mère seule dans sa grande maison. Elle est tellement vraie cette chanson... "Je vous écris dans le silence qui s'installe, c'est un dimanche après midi je suis assise ds la grande salle... Les murs de Chatenay Malabry, les rires du passé me font mal..." Ce couplet me tue à chaque écoute.
La chanson qui me fait réfléchir sur le monde: Pfiou, alors celle là elle est pas facile... Disons que les chansons bien pensantes "sur le monde" et donneuses de leçons m'emmerdent profondément, je n'ai pas d'exemple précis... Plus que "sur le monde" en général, il y a des chansons dont le sujet me touche, parce que ça parle de ce qui fait notre quotidien et d'humanité. Ces petits combats qui mis bout à bout font "le monde". Pour ça, Monsieur Roux tient une place de choix avec "Le clodo" ou "L'homme ordinaire" par exemple.
La chanson qui en dit beaucoup sur moi: "Négatif" de Benjamin Biolay. Mon "dark side". Tout le monde connait mon côté "tagada pouet pouet", celui ci beaucoup moins...
La chanson qui fait que mes amis pensent à moi: Sans hésitation: "Again" d'Archive. Cette chanson fait partie de ma vie, dans les bons comme dans les mauvais moments, elle ne cesse d'être là.
La chanson qui me rappelle mon enfance: "Les roses blanches" de Berthe Sylva. Je pleurais quand j'entendais les paroles mais je la réclamais tout le temps! Elle me rappelle les personnes chères à mon coeur qui me la chantaient: "Et quand tu t'en iras, au grand jardin là bas, toutes ces roses blanches, tu les emporteras". Je vous préviens, c'est vieillot , années 20 :)
La chanson avec laquelle j'aime m'endormir: Je n'aime pas m'endormir avec de la musique. Allez hop, au suivant!
La chanson pour laquelle je ferai n'importe quoi pour l'entendre en live: Pas facile... Je dirai "Echoes" des Pink Floyd. Mais à part remonter le temps, je ne vois pas comment faire... David Gilmour, quel beau gosse!!!
La chanson qui me fait penser à ma solitude: "La solitude" de Barbara. Quand on est seul et qu'on ne le vit pas très bien, c'est exactement les mots de Barbara que l'on ressent.
La chanson qui n'est pas mon type de musique mais que j'aime quand même: "Beggin" de Madcon qui fait une très bonne reprise de Frankie Valli and the four seasons. Je n'aime pas du tout ce style de musique, même le clip est naze, mais quand j'entends celle ci, je me lève et je danse sur la table!
La chanson avec laquelle j'aime travailler: Si vraiment il faut que je bosse, bien concentrée, je n'écoute pas de musique.
La chanson que j'écoute dans ma voiture: Il y a une semaine, j'aurais dit: "rien du tout mon autoradio ne fonctionne plus". Maintenant que j'ai rerentré le code (suite à un changement de batterie, c'est passionnant ce que je raconte!), j'ai de nouveau la radio. Mais je n'ai QUE la radio... Donc en voiture, j'écoute pas mal de bouses...
La chanson que j'écoute en boucle sans me lasser: "Space oddity" de David Bowie sans hésitation. Le volume à fond, j'ai l'impression de voler avec cette chanson.
Je refile le bébé à ma copine Marie qui aime autant que moi la musique et se fera un plaisir de répondre à ce tag chronophage!

