lundi 21 mars 2011

"Star Wars Legacy" - Tomes 1 à 5

StarWarsLegacy1L'histoire: Un temple Jedi est sauvagement attaqué; un empereur est trahi; et l'Ordre Sith que l'on pensait disparu refait surface plus terrifiant que jamais. Au milieu de ces événements qui mettent la galaxie à feu et à sang, et alors que les héros de l'Alliance Rebelle ont disparu depuis plus d'un siècle, un homme se débat face à un dilemme: doit-il réclamer un héritage qui lui revient naturellement et tenter de sauver la galaxie, ou bien tourner le dos aux siens et les laisser se débattre face à un destin pire que la mort? Cet homme se nomme Cade Skywalker... Et il est le dernier représentant d'une lignée qui a laissé à jamais des traces aux confins de la galaxie...

SWLegacy2La critique de Mr K: Grand amateur de la trilogie originelle de Lucas, un peu moins de la seconde (même si elle n'est pas complètement ratée), je me suis vu offert courant janvier les cinq premiers tomes d'une série se déroulant 100 ans environ après les faits exposés dans l'épisode 6 qui voyait la chute de l'Empire, la rédemption et la mort de Vador et l'avènement de la nouvelle République. Les copains ont été bien inspirés de m'offrir ce début de série (reste encore cinq tome pour l'achever) qui est très réussi et que j'ai dévoré (en essayant de me limiter à un volume par semaine afin d'éviter de les engloutir trop rapidement).

tome_3À époque différente dit bien évidemment personnages différents. Ce serait trop long de tous les présenter ici, sachez simplement qu'on retrouve la profondeur et la complexité propre à l'œuvre originelle de Lucas avec peut-être un poil de manichéïsme en moins. Certes la force est toujours divisée en deux mais il semble plus aisé de passer d'un bord à l'autre sans pour autant sombrer définitivement. L'exemple de Cade Skywalker est criant à ce propos: constamment tiraillé entre la volonté de laisser sur le bord de la route son héritage familial lourd et ses talents innés dans les domaines de discipline du Jedi (ben ouais, quand on est un Skywalker, on a tendance à sortir du lot!).tome_4

Au fil de la lecture, les personnages se multiplient et l'on retrouve avec plaisir certains éléments déjà présents dans les épisodes cinématographiques: les wookies (je suis un fan du duo Han Solo et Chewbacca), les Siths qui ici ont été passés au crible et développés au maximum notamment dans leurs relations internes et au niveau hiérarchique, les stormtroopers et leur uniforme si caractéristique, la haute technologie spatiale omniprésente, des amours contrariés, les manœuvres politiciennes et notamment le mécanisme de la chute d'une démocratie et sa prise en otage par un pouvoir autoritaire, un humour enfin de retour depuis sa triste disparition avec les épisodes 1, 2 et 3 qui se la jouaient bien trop sérieux quitte à verser dans le ridicule... Je pourrais continuer comme cela longtemps. Le fan que je suis, a été comblé surtout que toutes ses références ne sont jamais pesantes ni gratuites, elles contribuent à enrichir le background de la série Legacy et donne à l'ensemble une constitution solide. Le rythme est plutôt lent ce qui est parfait pour pouvoir joindre les anciens éléments en notre possession avec les nouveautés. Une belle réussite à ce niveau là.

tome_5Rajoutez à cela, d'anciens Jedi de la famille Skywalker qui viennent rendre visite à Cade Skywalker sous forme de visions holographiques et c'est avec un grand plaisir que le lecteur se retrouve de nouveau en face du seigneur Vador (le meilleur Bad guy de l'histoire du cinéma à mes yeux) ou du jeune Luke Skywalker, apparitions ayant pour vocation de guider Cade dans ses réflexions par rapport à la Force et son propre destin.

Je ne suis pas amateur du dessin type «Comics books» que je trouve trop souvent simpliste ou décevant. Rien à voir ici, car même si le format fait penser forcément à la narration que l'on trouve dans le genre suscité, les dessins sont fins et précis, et c'est avec émerveillement parfois qu'on se retrouve devant de quasi-tableaux tenant sur une page entière. Les textes eux sont à rapprocher de ce que l'on a pu lire et entendre dans les films.

Vous l'avez compris, les cinq premiers volumes de Starwars Legacy m'ont diablement bien plu et j'attends avec impatience le tome 10 pour pouvoir lire la deuxième partie de cette nouvelle saga qui n'a pas à rougir de la comparaison avec ses illustres référence. Un must dans le genre!

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jeudi 17 mars 2011

"De la Terre à la Lune" et "Autour de la Lune" de Jules Verne

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L'histoire: Lorsque, aux Etats-Unis, le président Barbicane annonça son intention d'envoyer un projectile sur la lune, l'enthousiasme fut général dans le monde entier.

Mais lorsque le français Michel Ardan émit l'idée que le projectile pouvait être habité, l'enthousiasme se transforma en délire. Et c'est ainsi qu'après avoir résolu les problèmes techniques les plus ardus, trois hommes s'embarquèrent à bord d'un énorme obus qui allait être tiré par un gigantesque canon. Destination : lune!

La critique de Mr K: Jules Verne tient une place à part chez moi. Il fait parti des premiers auteurs que j'ai pu pratiquer lors de mes débuts dans le monde des livres. J'ai adoré Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, Le tour du monde en 80 jours, Voyage au centre de la Terre et bien d'autres! Cette histoire d'exploration spatiale partie d'un pari industriel me tendait ses petits bras au détour d'une allée chez l'abbé. Je ne pouvais décemment pas laisser ce pauvre livre orphelin sans propriétaire!

On retrouve tout le talent de l'auteur d'origine nantaise pour décrire un fantastique voyage. L'histoire datant de la fin du XIX ème siècle, même si certaines images et connaissances sont périmées, on ne peut s'empêcher de saluer l'aspect visionnaire de cette œuvre. Comme à son habitude, Verne glisse durant son récit énormément de chiffres et d'explications d'ordre technique. C'est d'ailleurs un aspect de la bibliographie de cet auteur qui peut rebuter. Au collège, il y avait les pro et les anti Verne. J'avais pour ma part les meilleurs des conseillers avec mon père et mon grand père, amateurs de Jules Verne. Je dois avouer que j'ai ressenti des lourdeurs et que j'ai passé quelques lignes quand les données devenaient envahissantes. L'histoire est bien menée, les rebondissements nombreux et l'intérêt revient rapidement.

Ce livre ne m'a pas marqué plus que cela au final. Les personnages principalement m'ont paru un brin trop caricaturaux: le président Barbicane est l'exemple typique de la réussite américaine, du puritanisme (difficile de s'intéresser à lui) et finit toujours par avoir le dernier mot, le capitaine Nicholl son opposant et confrère est un grincheux prêt à être convaincu et Michel le troisième lascar est un exubérant français réduit au rôle de faire-valoir clownesque. Pour terminer ce livre, je me suis donc raccroché plus aux péripéties et événements.

Une lecture qui ravira les amoureux de Jules Verne et barbera sans doute les autres, préférez-lui les œuvres suscitées.

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lundi 14 mars 2011

"Babbitt" de Sinclair Lewis

babbittL'histoire: Le héros de ce livre, George F. Babbitt, un agent immobilier de renom, vit à Zenith, une petite ville du Midwest. Riche, bavard, il a un avis sur tout et se targue d’être un citoyen modèle. Mais un jour, une terrible angoisse le saisit: cette vie passée à arnaquer la veuve et l’orphelin et à dîner avec des petits bourgeois bien-pensants ne serait-elle pas vaine?

La critique Nelfesque: Avec "Babbitt", je m'attendais à un roman à la "Revolutionary road". J'étais plus qu'enthousiaste à commencer ma lecture et j'ai bien été déçue...

J'ai aimé la première partie du roman (bien qu'il n'y ait pas de véritable "première partie" à proprement parlé... disons que j'ai aimé la première moitié) où l'auteur présente le personnage principal, Babbitt, évoluant dans la petite bourgeoisie de Zénith, sa femme, soumise et effacée comme il était de bon ton de l'être à cette époque, leurs voisins et amis, avocats, journalistes... leurs soirées et dîners où il faut faire bonne figure, bien présenter et être au diapason  avec les opinions des invités les plus prestigieux... Le bal des faux-culs où le paraître est bien plus important que l'être.

Et puis j'ai commencé à me lasser. Le roman tourne en rond. Je m'attendais à une grosse crise existentielle de la part de Babbitt à une remise en question en profondeur et finalement le personnage tourne en rond dans ses raisonnements retournant sa veste maintes et maintes fois. Il a conscience que la vie qu'il mène est bien loin de son idéal mais il se complait dans cet univers d'apparence, de club masculin où il fait bon se retrouver et se faire des "amis" importants. Là où son ami Paul va au bout de son ras-le-bol et envoie promener son entourage et sa femme jusqu'à faire une grosse bêtise et se retrouver en prison, Babbitt reste dans sa vie préréglée et molle. Certes il va faire quelques entorses à la règle mais tout cela reste paresseusement sage.... Et l'ennui s'installe...

Reste de ce roman une critique passive de l'american way of life et du système capitaliste qui aurait mérité plus de panache et de verve.

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samedi 12 mars 2011

"Marina" de Carlos Ruiz Zafon

marinaL'histoire: Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l'habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale? S'égarant dans les entrailles d'une terrifiante cité souterraine, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies.

La critique de Mr K: Une lecture inoubliable, dernière traduction en date en France de Carlos Ruiz Zafon, un auteur que j'affectionne tout particulièrement depuis mes lectures de L'ombre du vent et Le jeu de l'ange. Marina est une œuvre "de jeunesse", le deuxième roman d'un auteur au succès grandissant chez nous et incontournable dans la péninsule ibérique. Dès la lecture du quatrième de couverture, on pressent que l'on va lire un livre au charme particulier vu les mots employés par l'auteur pour le décrire: Au fur et à mesure que j'avançais dans l'écriture, tout dans cette histoire prenait peu à peu le goût des adieux, et quand je l'eus terminée, j'eus l'impression que quelque chose était resté au fond de moi, quelque chose qu'aujourd'hui encore je ne peux définir mais qui me manque chaque jour.

Dès les premiers chapitres, on est en terrain connu pour qui pratique et apprécie cet écrivain: Barcelone, ville-personnage à part entière aux mystères insondables et à l'ambiance si attachante; une histoire d'amour romantique à souhait sans pathos et touchante au plus haut point; un secret éventé qui va bouleverser la vie des héros et des autres protagonistes rencontrés; des personnages attirants et séduisants à la psychologie fouillée.. et surtout une langue qui fait mouche et dépeint à merveille un univers «burtonien» à souhait, entre mélancolie et espoir.

Poésie, noirceur, mystère, suspens auxquels s'ajoute dans Marina une première incursion dans le fantastique pour Carlos Ruiz Zafon (du moins dans sa bibliographie éditée en français). Autant vous le dire de suite, c'est une franche réussite tant les éléments irréels se mêlent à merveille dans l'intrigue et le style de l'auteur. Ces points m'ont fait repenser à La mécanique du cœur que j'ai lu et apprécié en son temps. Au détour d'une histoire qui se renouvelle sans cesse, vous serez confrontés à une créature de cauchemar et prendrez connaissance de recherches secrètes et taboues sur le secret de la vie et de la mort. C'est un véritable voyage que le lecteur entreprend en choisissant de suivre les pas d'Oscar et Marina. Un périple éprouvant pavé d'espoir et de déceptions que j'ai ressenti littéralement au plus profond de moi, me laissant pantelant lorsque la dernière page fut tournée.

Marina est à mes yeux une lecture essentielle. Mon livre préféré de Zafon à ce jour, auteur à l'écriture atypique et conteur hors pair qui marque ses lecteurs bien après sa lecture. Une petite merveille que je ne saurais trop vous conseiller!

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vendredi 11 mars 2011

"No et moi" de Delphine De Vigan

No_et_moiL'histoire: Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtemets sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n'est à à l'abri...

La critique Nelfesque: Je n'ai fait qu'un bouchée de ce roman que j'ai adoré. Très sensible, tellement vrai aussi, il met le doigt sur certaines "choses" que l'on ne veut pas voir dans la vie de tous les jours.

A travers les yeux d'une adolescente, ses préoccupations et ses mots simples, "No et moi" nous met sous le nez ce qui nous est si facile d'"oublier".... Il nous bouscule dans notre indifférence douillette et met un coup de pied dans la fourmilière.

Lou est surdouée, elle aime faire des expériences de toute sorte et, à la maison, tout peut devenir sujet d'expérimentation. La résistance du papier toilette, des tests comparatifs de boîtes de fromage... Lou comble sa vie avec ses sujets d'étude, sous l'oeil amusé de ses parents. Mais, à l'école, dans la vie de tous les jours, Lou est une petite fille timide et réservée. Ce monde de calcul est pour elle un refuge. Son quotidien à la maison est loin d'être rose depuis qu'elle a perdu sa petite soeur et que sa mère s'est murée dans le silence.

Jusqu'au jour où son chemin croise celui de No, jeune SDF qu'elle rencontre à la Gare d'Austerlitz. No devient alors son sujet d'exposé pour son cours de sciences économiques et sociales. Elle va lui faire découvrir toute l'horreur de la vie dans la rue: la faim, le froid... Mais cette fois ci, bien plus qu'une expérience pour Lou, No va devenir son amie et elle va vouloir l'aider, la sortir de cette misère qui fait son quotidien, aider cette jeune fille d'à peine 18 ans à sortir de la rue. L'héberger chez elle, lui trouver une assistante sociale pour avoir un travail, lui faire sortir la tête de l'eau, qu'elle arrête les médicaments et l'alcool. Voici la nouvelle mission de Lou, accompagnée de son ami Lucas, le dernier de la classe. Pour une fois, elle non plus n'est plus seule et en aidant No, elle aide sa famille et se donne une raison d'exister.

Ce roman est superbe, on ne ressort pas indemne de cette lecture. Certains passages sont criants de vérité et agissent comme des électrochocs sur le lecteur:

"On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des miliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue."

"No et moi" est un roman qu'il faut absolument lire. Plein d'humanité et de justesse, sans jamais tomber dans la facilité et le pathos, Delphine De Vigan nous dépeint des destins solitaires qui vont s'unir pour tenter de subsister.

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jeudi 10 mars 2011

"Ceux qui sauront" de Pierre Bordage

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L'histoire: Et si la Révolution française n'avait pas eu lieu? Voici le portrati d'une France qui ne fut jamais, où une minorité d'aristocrates continue, aujourd'hui, d'asservir les masses populaires, notamment en interdisant l'instruction. Jean, fils d'ouvrier, en fait la dure expérience lorsqu'une descente de police met un terme brutal aux cours qu'il suit clandestinement. Incarcéré, puis libéré par la Résistance, il devient un hors-la-loi. Clara, elle, est née du bon côté de la barrière. Pourtant, la vie dorée qu'on lui impose et les inégalités dont souffre son pays la révoltent. Deux personnages, un destin commun: changer le monde...

La critique de Mr K: Retour en uchronie avec le présent ouvrage de Bordage. Cela faisait déjà un certain temps que je tournais autour dans les librairies et la semaine dernière, j'ai craqué! Lu en deux séances, il est relativement cours (318 pages) et le style de Bordage toujours aussi porteur. C'est vrai qu'il est à classer dans mes auteurs favoris (Les guerriers du silence est un livre Culte, je ne le répèterai jamais assez) et son œuvre est prolifique, j'ai déjà beaucoup parlé de lui ici, encore ici, là aussi, ah et puis ici encore. Pour autant, Ceux qui sauront constitue plus une distraction ou une œuvre initiatrice pour les plus jeunes qu'autre chose... j'y reviendrai.

L'entrée en matière comme toujours impressionne. Bordage a l'art de planter un décor, une époque et des personnages en seulement deux, trois pages. L'immersion est totale et très vite on s'accroche et ceci jusqu'à la dernière ligne: description des deux mondes qui cohabitent en s'opposant, références uchroniques constituant un background riche et flippant (exemple: exécution de Jules Ferry en 1882 pour avoir tenté d'apporter au roi une demande de réforme pour que tous puissent accéder au savoir avec une école publique et gratuite), paysages improbables ou plus quotidiens sont remarquablement rendus et le tout, sans lourdeurs, à la manière d'un chocolat fondant sous le palais. Ca se déguste!

Comme je le disais plus haut, je suis tout de même ressorti de cette lecture légèrement déçu. Je pense que le facteur «âge» est important à prendre en compte. Je l'aurais lu à mes débuts d'amateurs de SF, j'aurais davantage apprécié. Mais voilà, j'ai lu un certain nombre d'uchronies et celle-ci fait tout de même pâle figure face à des oeuvres essentielles comme Le maître du Haut Château de K. Dick ou encore Fatherland de Harris, (ici chroniqué par Nelfe). Les personnages sont tout de même caricaturaux (on semble déjà les avoir rencontrés au détour de certaines lectures), les événements sont prévisibles et la fin laisse sur sa faim. Je n'ai pas une seule fois été surpris ou interloqué, dommage... c'est quelque chose que j'apprécie quand je lis.

Une lecture distrayante cependant que je recommande tout particulièrement aux plus jeunes ou à ceux qui veulent s'essayer à l'uchronie sans trop se prendre la tête.

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samedi 5 mars 2011

"Le symbole perdu" de Dan Brown

le_symbole_perduL'histoire: Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d'urgence par son ami Peter Solomon, philanthrope et maçon de haut grade, pour une conférence à donner le soir même. En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une macabre découverte.
Ce sera le premier indice d'une quête haletante, des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie.

La critique de Mr K: Il n'y a pas que Lady K qui ait remporté un livre lors du concours sur Le symbole perdu. Le livre de poche en a envoyé un exemplaire aux tenanciers du Capharnaüm éclairé et c'est bibi qui s'est chargé de sa lecture. Je suis amateur du genre et sans crier au génie (loin de là même), j'avais apprécié les deux précédentes aventures de Robert Langdon, plus particulièrement Anges et Démons.

Après ses pérégrinations en Europe, on pourrait penser que le fameux Robert se serait reposé. Et ben non, cet ouvrage le met aux prises avec la franc-maçonnerie et ses mystères, dans une course-poursuite haletante dans la capitale américaine. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une fois de plus, la documentation est fournie et nous (re)découvrons une ville de Washington où la modernité côtoie les symboles les plus anciens. C'est d'ailleurs un des reproches que l'on peut faire au livre: son côté donneur de leçon, cours d'histoire parfois intéressant, parfois bien enquiquinant pour rester poli (surtout à la fin du livre). Malgré cela, ça se lit vite, c'est du light et ça passe facilement (3 jours pour en venir à bout). Sans dévoiler l'intrigue, sachez que pour ma part la fin est bâclée et surtout attendue et un peu cucul... Américaine quoi!

On retrouve dans cet opus les mêmes ficelles de l'auteur: chapitres alternés, courts avec un suspens à chaque fin de passage. L'écriture est simple, limpide et le rythme effréné. Mais voilà, tout cela ne fait pas un livre inoubliable (ça aurait été le premier de cet auteur): en plus de la fin que je n'ai pas apprécié, on ne peut s'empêcher de penser que Dan Brown n'invente rien et se contente d'explorer ses cours d'histoire et de bricoler une intrigue autour. Il manque le feu sacré et le caractère qui en aurait fait une œuvre unique et marquante. Reste cependant un polar distrayant qui se lit vite et bien mais qui se situe un ton en dessous des deux précédents. Avis aux amateurs!

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vendredi 4 mars 2011

"La lamentation du prépuce" de Shalom Auslander

lamentationL'histoire: Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages… Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du « Tout-Puissant » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos… Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien… Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?

La critique Nelfesque: J'ai commencé la lecture de "La lamentation du prépuce" suite à un thriller de Thilliez. Après tout le gore propre à cet auteur, j'avais besoin d'un roman drôle. Celui-ci était dans ma PAL et semblait correspondre tout à fait à mes attentes.

Quel bon choix j'ai fait là! J'ai adoré ce roman. A la fois très drôle et très juste, on sent derrière l'ironie de l'auteur, une souffrance bien plus profonde. Shalom nous propose là une critique de la religion sans rien de pompeux avec humour et auto-dérision. On apprend beaucoup de choses sur les coutumes juives, sur la construction religieuse des enfants, sans pour autant que cela soit lourd et fastidieux. L'auteur nous montre les travers de sa religion, tout ce qui fait l'absurde de certains rites mais toujours avec tendresse.

Ses rapports à Dieu, à sa famille... sont relatés avec beaucoup d'humour. Toute sa vie, il va défier Dieu, prenant pour attaques personnelles, toutes droites venues du Divin, les difficultés de la vie. Comme si Dieu n'avait qu'un but: le faire chier! Alors face à cet acharnement, Shalom va faire de même et passer outre toutes ses craintes et tout ce qu'on lui a appris à l'école juive ou dans sa famille. Il va montrer à Dieu de quoi il est capable et lui clouer le bec! Plus il va grandir, plus il va faire des expériences interdites: manger des aliments impurs, allumer la lumière pendant le shabbat, se masturber... Ce roman est très loin d'être idiot et, sous couvert de l'humour, nous propose une lecture plus sensible: un homme en souffrance dans sa religion.

"La lamentation du prépuce" est un roman savoureux! Humour et prise de conscience jalonnent cet ouvrage drôle et émouvant à la fois.

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mercredi 2 mars 2011

"La peine du menuisier" de Marie Le Gall

menuisierL'histoire: Son père est une ombre solitaire, sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions. mais on est taiseux dans le Finistère.
Livrée à ses doutes et à ses intuitions, elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance, mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité.

La critique Nelfesque: J'ai terminé ce roman il y a peu et encore aujourd'hui je reste mitigée à son sujet. En effet, bien que l'histoire soit en accord avec ce que j'aime dans les romans (une enfance douloureuse et la quête de ses origines), la façon de traiter le sujet est vraiment particulière.

Pendant 315 pages, le lecteur cotoie la mort. La narratrice est obsédée par les défunts, l'ambiance est macabre et l'enfant qui nous est présentée est sinistre. Loin des préoccupations enfantines, elle cherche à connaître son passé familial, elle laisse trainer ses oreilles là où on ne veut pas qu'elle entende, elle veut savoir pourquoi son père (le menuisier) est si silencieux. Comprendre pour mieux grandir, comprendre pourquoi sa soeur est "folle", pourquoi ses rapports sont si distants avec certains membres de la famille...

A mesure que Marie grandit, elle ne cesse de chercher, elle fouille dans les souvenirs des anciens, elle cherche dans les photos des défunts accrochés sur les murs, dans les greniers et les registres de la mairie, des bribes d'informations. Elle ne comprend pas toujours, ne trouve pas ce qu'elle cherche, alors elle brode et s'invente des personnages. Complètement obnubilée par ses questionnements qui devraient la mener vers une compréhension et une acceptation de soi, elle va faire de ses morts, une obsession qui l'empêche d'avancer réellement. Elle piétine dans le morbide et poursuit sa quête malsaine.

Malgré le côté noir de ce roman, "La peine du menuisier" m'a touchée sur certains points. Loin d'être obsédée comme l'auteur, je m'intéresse beaucoup à l'histoire de ma famille et je me suis retrouvée dans l'imagination de Marie. Comme elle, j'ai de la tendresse pour les personnes âgées et j'ai un besoin vital de me rendre sur le caveau familial. De plus la plume de Marie Le Gall est emplie de nostalgie et des passages me sont allés droit au coeur:

"Les vieux avaient plein d'arthrose et du mal à tenir la casserole ou le bol, surtout quand celui-ci faisait la taille d'une soupière. Maintenant, on ne vit plus sans tuyaux. La mort est lente à venir, et pour les plus malheureux se fait attendre des années. Le repos n'est plus perçu comme l'ultime récompense d'une vie, chez soi, au chaud sous les draps de lin et l'édredon gonflé de plumes. On ne meurt plus en entendant une dernière fois le chant du coq ou celui des oiseaux de nuit.
Et si ce jour-là on est entouré, on a de la chance."

Je conseillerai ce roman mais uniquement aux champions de l'optimisme. Mieux vaut avoir un moral au top car on frôle assez facilement la déprime quand on referme la dernière page.

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dimanche 27 février 2011

"Le vieil homme et la mer" d'Ernest Hemingway

VHELML'histoire: Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ca m'est égal lequel de nous deux tue l'autre.

Qu'est-ce que je raconte? Pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson.

E.Hemingway

La critique de Mr K: Au début du récit, nous faisons la connaissance de Santiago, un vieux pêcheur qui ne ramène plus rien de ses parties de pêche. Il a pour seul ami, un jeune garçon qui l'accompagnait lors de ses journées au large. Ses parents, ne voyant pas cela d'un bon œil, le font embarquer sur un autre bateau où la pêche est plus abondante. Au début du roman, c'est donc seul que le vieil homme part après 84 jours de disette poissonneuse. Il va croiser sur son chemin un espadon d'une taille peu commune qui va lui donner du fil à retordre.

Il s'agit ici de la relecture d'un classique qui m'avait marqué lors de ma pré-adolescence. Vingt ans après, le choc est toujours là, même évasion et même réflexion éveillées par cette parabole intemporelle sur l'âge et l'accomplissement de soi. Une plume simple, réaliste au millimètre (on est avec le vieil homme, dans sa barque, dans son quotidien) qui est au service d'un récit universel. On ne peut s'empêcher de voir dans cette histoire une parabole sur l'existence humaine notamment sur l'espoir et le courage qu'il nous faut pour tenter d'approcher nos rêves. La vie humaine est parsemée de défaites et de victoires mais ce qui semble compter le plus ce n'est pas le résultat en lui-même mais l'intensité des efforts déployés pour tendre vers la réussite. Dans cet ouvrage, malgré l'échec total du héros, ce dernier en ressort grandi dans sa dignité d'homme par rapport aux efforts immenses qu'il a fourni pour attraper le fameux poisson. Dans cette lutte longue et âpre, il se crée un lien, un respect mutuel entre les deux adversaires, d'ailleurs le vieux pêcheur s'adresse directement à l'espadon à de nombreuses occasions, façon pour lui de tenir le coup.

Une immense œuvre qui faut avoir lu une fois dans sa vie. Je crois que je vais me remettre à Hemingway dans les mois qui viennent histoire de relire Pour qui sonne le glas et découvrir L'Adieu aux armes.

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