samedi 29 janvier 2011

"Joséphine - L'Intégrale" de Pénélope Bagieu

josephineL'histoire: Les aventures de Joséphine, l'héroïne de Pénélope Bagieu, enfin réunies en un volume !
Joséphine a "la trentaine", comme elle dit pudiquement. Elle n'est pas mariée, n'a pas d'enfant, mais elle a un chat. Elle est blonde et menue, mais s'épaissit sensiblement au niveau des hanches. Elle travaille dans un bureau, avec plein de gens qui ne connaissent pas son nom, et un macho abject dont elle ne parvient pas à clouer le bec. Elle a aussi une soeur qui est mariée, et a des enfants blonds, souriants et polis plein sa grande maison. Elle a des parents qui n'habitent pas la même ville mais qui réussissent à l'envahir et à la culpabiliser par téléphone. Elle a des copines mais aucune n'arrive à la cheville de Rose, sa meilleure amie, solidaire de ses misères quotidiennes. Elle est terriblement fleur bleue et ne désespère pas de rencontrer l'homme idéal, ce à quoi elle s'emploie activement (bars, salles de gym, clubs d'oenologie, Meetic...). En attendant, elle pleure devant les films à l'eau de rose. Joséphine a des tas de malheurs dont elle est bien souvent à l'origine : elle est maladroite, ne gère pas très bien ses relations professionnelles, peine à se faire entendre, fait des gaffes assez embarrassantes, et enchaîne les faux-pas dans sa vie amoureuse. Elle est en quelque sorte l'artisan de son propre malheur, mais veille à ne surtout jamais tirer de leçons de ce qui lui tombe dessus.

La critique Nelfesque: Celà fait des années que je suis le blog BD de Pénélope Bagieu, "Ma vie est tout à fait fascinante", des années que je me marre avec ce blog de fille qui critique avec humour et auto-dérision les "travers" et petites obsessions des filles trentenaires. "Joséphine" est une BD que j'avais déjà feuilletée et offerte aux copines mais je ne l'avais pas à la maison. Par chance (ou est-ce un message caché? ^^), j'ai reçu "L'Intégrale de Joséphine" de la part de ma maman pour Noël. Je me suis plongée dans cette BD le premier jour de 2011. Quoi de mieux comme lecture pour bien commencer l'année!?

"Joséphine" est une BD très drôle. On s'y retrouve toutes, complètement ou en partie! La recherche de l'amour, les tâtonnements, les kilos en trop, La rencontre, les bébés en route... toutes les étapes de la vie d'une femme sont ici disséquées et analysées avec humour et bonne humeur, parfois aussi avec mauvaise foi et c'est ça qui est bon!

La lecture de cette ouvrage fait du bien, elle nous conforte dans nos petites manies, nous fait nous dire "ah ben tiens, je suis pas la seule" ou bien "tiens, on dirait ma copine Trucmuchette" quand on n'est pas assez honnête pour se reconnaître. Vraiment génial!

Je ne sais pas si la gente masculine aimerait autant que nous les filles (même celles qui ne sont pas très "filles" comme moi, avouons le, parfois on se laisse aller à quelques gnangnanseries...) cette BD. A suivre avec peut être un jour l'avis de Mr K. Les hommes aiment bien nous piquer nos magazines, de temps en temps pour rigoler (disent-il...) alors pourquoi pas nos bandes dessinées!?

josephine1
(clic pour voir en grand)

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vendredi 28 janvier 2011

"Mental" de Kââ

kaaL'histoire: Qui donc joue à quoi avec qui? À la fin, qui veut quoi, pour qui? Ce genre de combines ahurissantes mais enrichissantes dans lesquelles on se retrouve contraint de jouer une partie dont les règles vous échappent, comment s'en dégager?

Évidemment, il y a Karola. Et Karola est un atout. Mais est-ce un atout maître?

Et "Mental", c'est quoi? Un état d'esprit, un zombie ou un fou? Ou encore une jolie zone d'obscurité en de grasses combines, combines bien trop voyantes pour que tout cela dure interminablement.

Mais pendant que ça dure...

La critique de Mr K: Cette critique est toute particulière pour moi car je connaissais l'auteur. Kââ (pseudonyme de Pascal Marignac) était mon professeur de philosophie en Terminale L... était, car ce personnage hors-norme est décédé depuis d'une longue maladie. Grand escogriffe à la rhétorique bien trempée et au charisme propre aux esprits inaccessibles, je savais qu'il avait écrit un certain nombre de polars publiés chez de petites maisons d'édition. C'est mon cher ami Vince qui à l'occaz de mon anniversaire (décidemment, j'ai été gâté!) m'a envoyé ce cadeau par le biais du lutin "Plugu le barbu". Je l'ai lu en deux jours, voici mes impressions...

Mental se lit très vite. Court roman, on suit les aventures abracadabrantesques d'un tueur à gage nommé Cinquante qui est contacté pour exécuter un autre tueur qui aurait fait faux bond à l'organisation qui l'aurait engagé. Derrière tout cela, se cache une sombre histoire de manipulation et un mystérieux convoi qui attise les appétits. On voyage beaucoup entre la Suisse et le Morbihan sud (Belle île, Auray, Quiberon... notre coin quoi!). Le héros lui, enchaîne les verres, les clopes et les bastons... C'est craspec, glauque et souvent truculent à l'image de l'auteur qui clopait à l'occasion dans la salle de classe. On retrouve aussi dans ce livre sa passion pour les armes à feu qu'il décrit ici avec un détail et un amour sans pareil (façon duels à la Sergio Léone, l'arme se révelant être la prolongation d'une pulsion, d'une personnalité). On retrouve aussi son goût pour le gore bien dérangeant et les citations de ses philosophes préférés comme Hegel et Nietzsche.

Cependant, cette lecture ne m'a pas pour autant convaincu. Le langage trivial et direct marche un temps mais finit par lasser, ce qui faisait la virtuosité et le charme d'un maître à penser le fait passer ici pour un vulgaire tâcheron. Il m'est très dur de le juger ainsi mais c'est l'impression générale qui se dégage à la fin de ma lecture. Beaucoup de répétitions de termes comme monstrueux, grotesque que l'on retrouve toutes les trois pages, des incohérences au niveau du scénar (les poursuivants sont vraiment trop cons pour bosser pour une société de cette envergure), des personnages d'origine étrangères qui parlent avec des termes trop pompeux... c'est bancal et finalement, ça atténue et neutralise les qualités suscitées.

Ce livre, il faut le prendre comme une série B (une série Z diraient les esprits chagrins), un petit divertissement sans prétention. Dommage que la forme ne suive pas le fond, que l'écrivain ne rejoigne pas le fabuleux maître à penser qu'il a été pour moi. Reste un regard sans concession sur la nature humaine et des fulgurances à la Lautréamont au détour de quelques pages. A chacun de s'y frotter et de juger!

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mercredi 26 janvier 2011

"La chambre des morts" de Franck Thilliez

chambreL'histoire: Imaginez…
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, un champ d’éoliennes désert. Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros, à portée de la main.
Que feriez-vous ?
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.
L’amitié a parfois le goût du sang : désormais le pire de leur cauchemar a un nom… La Bête.

La critique Nelfesque: Adepte de thrillers "à la Grangé", voici quelques temps que je croisais le nom de Franck Thilliez. Je lisais partout de bons avis sur ses romans et les "Attention Mr Grangé, Mr Thilliez frappe à la porte" ont fini de me convaincre... Avec autant d'accroches, difficile de ne pas avoir envie de découvrir cet auteur et c'est avec "La chambre des morts" que j'ai décidé de commencer.

J'ai lu ce roman en 2 jours. Franck Thilliez est un auteur qui se lit très vite. Il sait ménager le suspense, tenir le lecteur en haleine et les pages se tournent sans que l'on s'en rende vraiment compte. C'est là le point fort de Thilliez. Je suis actuellement en train de lire un autre roman de lui donc on verra si je transforme l'essai.

Pour en revenir à "La chambre des morts", bien qu'ayant lu que ce n'était pas le meilleur Thilliez, j'ai bien accroché (ce qui est plutôt prometteur pour la suite!). Plus particulièrement, c'est les rapports entre les deux amis d'enfance, Sylvain et Vigo, qui m'ont plu. Ces deux derniers trouvent une valise pleine d'argent. Ils décident de la garder et, par ce fait, leur vie va basculer. D'où vient cet argent? A quoi était-il destiné? Que vont-ils en faire? Autant de questions auxquelles les deux personnages n'ont pas les mêmes réponses. Leur rapport à l'argent est différent, leurs vies sont différentes (l'un est "vieux garçon", l'autre a une femme et un bébé) et au final leur sentiment de culpabilité va aller du néant pour l'un à l'obsession pour l'autre. Cet argent, ils en ont besoin et ça va les rendre fous, changer leurs rapports et leurs vies. Ils vont commettre des actes irréparables et rien ne sera plus comme avant. Leur amitié elle-même en souffrira de façon irréversible.

A côté de l'histoire de ces deux amis, nous suivons celle d'une Bête dont nous ignorons l'identité. Nous visitons sa maison, ses sous-sols étranges, faisons la connaissance de ses victimes... L'auteur y va franchement dans les détails sanglants et c'est avec répulsion et fascination que le lecteur retrouve cet individu sanguinaire et fétichiste. Que se cache-t-il sous cette apparence répugnante? Que justifient de tels actes? La réponse de Thilliez est originale et j'ai été surprise par sa façon d'amener les choses. Bon point!

Un bon thriller pour ceux qui aiment le suspense et qui ne tordent pas trop le nez à la vue du sang. Mieux vaut être prévenu, avec "La chambre des morts", le lecteur se retrouve du côté obscure de la force...

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mardi 25 janvier 2011

"CosmoZ" de Claro

9782742793198L'histoire: Ils sont nés en 1900, non dans ce monde mais dans l'imagionaire d'un écrivain, simples personnages d'un roman tout entier voué à la fantaisie: Le Magicien d'Oz. Mais déjà le siècle les convoque, déjà les voilà lâchés dans une réalité qui flirte avec l'apocalypse, exhibés autant que menacés, indésirables orphelins en quête d'un paradis perdu.

Séparément, puis ensemble, Dorothy, jeune femme un peu naïve, Nick Chopper, un mutilé de 14-18, et Oscar Crow, son alter ego sans mémoire, ainsi qu'Elfeba, une aviatrice qui rêve d'écrire dans le ciel et Avram et Eizik, deux nains recherchés par le FBI, vont errer de par l'Europe et les États-Unis jusqu'au bout de l'arc-en-ciel des possibles - l'Histoire les veut freaks, les sait autres, et les nouvelles politiques du pire se liguent pour leur interdire l'accès à la condition humaine.

Réclamés tour à tour par la guerre, les cirques, les asiles et les camps, manipulés par toutes sortes de charlatans, Dorothy et ses compagnons n'auront de cesse de guetter des signes de cet Oz mythique qui les a vus naître, dans l'espoir à la fois fou et saugrenu de devenir, enfin, ce qu'ils sont. Le monde est-il en train de commencer ou de finir? La tornade qui se prépare va-t-elle les sauver ou les détruire?

La critique de Mr K: Et bien, il m'aura donné du fil à retordre ce livre: 15 bons jours pour en venir à bout. Cadeau de Noël de ma chère belle doche, c'est un livre qui se mérite, un livre éprouvant et désarçonnant mais une belle expérience finalement.

Il s'agit d'une variation autour du Magicien d'Oz, équivalent pour les jeunes pousses américaines de nos contes de Perrault: un classique. Claro, auteur, traducteur et blogueur s'amuse ici à détourner l'histoire originelle et à malmener les personnages principaux que sont Dorothy, l'épouvantail, l'homme de fer et le lion. Pour les puristes, rassurez-vous, on retrouve aussi les sorcières de l'est et de l'ouest et le fameux magicien-usurpateur mais aussi la tornade, la ferme du Kansas et la fameuse route de briques jaunes. Il transpose cet univers onyrique dans la brutalité et la violence du XXème siècle, le choc est sidérant et mélancolique à la fois. Ca fait mal et ca fait du bien!

Au début, je me suis dit que j'étais en terrain connu. J'ai vite été déconcerté... Aujourd'hui, une semaine après la fin de la lecture, je n'ai toujours pas tout compris! CosmoZ est d'une lecture complexe car l'auteur passe allègrement du réel à l'imaginaire, du personnage originel à la variation de Claro, on se retrouve même parfois en face de Baum l'auteur du Magicien d'Oz lui-même. Bref, c'est complètement branque et c'est dur à suivre... Difficile dans ces conditions de pouvoir fournir un avis solide même si par définition une critique est subjective donc le reflet d'une personnalité et de ses goûts. Sachez simplement que l'écriture est une merveille d'originalité et d'imagerie nouvelle, forçant le lecteur lambda à la relecture et à une phase de digestion. Oui, je sais, ça fait peur dit ainsi mais CosmoZ fait partie de ces livres qu'il faut mâcher et remâcher pour espérer dénouer les fils de son intrigue et la portée de son histoire.

Un bon livre donc pour public averti tant il s'apparente à un marathon de la lecture. On en ressort cependant heureux quoiqu'harassé, avec le sentiment d'avoir monté l'Everest de littérature SF, Vélum d'Hal Duncan à côté c'est rien! Livre pour les amateurs uniquement...

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samedi 22 janvier 2011

"Le Livre des Choses Perdues" de John Connolly

connollyL'histoire: Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

La critique Nelfesque: Lecture coup de coeur! J'avais lu beaucoup de bien de ce "Livre des choses perdues" et je suis maintenant en mesure de dire que ces éloges étaient fondés.

Ce roman mêle pas mal de sentiments, on passe par toutes les phases. J'ai eu la larme à l'oeil, j'ai eu peur... On s'attache très rapidement au petit David qui vient de perdre sa maman et qui voit son quotidien bouleversé tout d'abord par cette épreuve douloureuse puis par son passage dans un monde parrallèle.

Les aventures qui vont lui arriver dans ce monde sont tout sauf merveilleuses. Il va croiser la route de créatures mi-loups mi-hommes, de femmes-biches, d'une chasserresse sanguinaire... Quand je dis que j'ai eu peur, j'ai eu vraiment peur (et pourtant je ne suis pas une gamine de 10 ans) alors quand je lis que cette oeuvre est un roman jeunesse, je dis: attention, à ne pas mettre entre toutes les mains! C'est très violent et glauque pour un petit bout de chou. Les actes sanglants ne sont pas édulcorés et on peut ressentir l'appréhension du jeune héros.

Mais il n'y a pas que des passages effrayants dans "Le livre des choses perdues", il y a aussi des passages très drôles notamment quand John Connolly s'appuie sur des contes revisités tels que "Blanche neige et les sept nains". Là où l'enfant trouvera amusant ce passage, l'adulte aura une lecture à un niveau plus politique. Niveau conte, on voit aussi redéfini "Hansel et Gretel", "La belle au bois dormant"...

Je conseille fortement ce livre aux grands enfants et aux adultes pour son côté merveilleux tout en étant "réaliste", pour l'humour et la plume de l'auteur qui sait remanier l'univers des contes fort bien et nous emmène avec lui dans ce monde. On en redemande!

La critique de Mr K:  Un très bon livre. Je l'ai lu suite à l'avis fort enthousiaste de Nelfe. Il est classé dans le style littérature jeunesse mais après lecture ce n'est pas le genre d'ouvrage que je refilerai à mes gamins avant un certain âge, le contenu est parfois difficile à appréhender et à supporter pour des esprits encore trop jeunes.

Un jeune garçon à la vie éprouvante va trouver un passage vers un autre monde où il va connaître de multiples aventures. Le parcours initiatique du jeune David n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui dans ce livre s'adonne au détournement systématique et mordant des contes de fée: Blanche neige est une horrible matrone et les sept nains des ouvriers exploités adeptes de Marx, la chasseresse est un sérialkiller digne héritière du Dr Mengelheim, le preux chevalier est homosexuel et ne se bat pas pour toutes les causes nobles qui viennent à lui... On rit beaucoup mais le frisson est aussi au RDV! On sent d'ailleurs ici le goût prononcé de l'auteur pour le genre thriller qui lui est plus habituel: ça saigne en abondance avec moultes détails. Sympa quand on a l'âge requis, cette lecture pourrait se révéler traumatisante pour les plus petits. Certes les originaux de Perrault sont saignants et il est important de ne pas sur-protéger nos chers têtes blondes mais là, on est parfois dans l'étalage de barbaque.

Le final bien qu'attendu est réussi et ressemble un peu dans l'esprit à la fin du film Le labyrinthe de Pan. Aventure vécue? Délire de l'inconscient? Chacun se fera sa propre idée. Une lecture que je vous conseille fortement.

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jeudi 20 janvier 2011

"La trilogie Nikopol" d'Enki Bilal

La_Trilogie_Nikopol_7310L'histoire: En ce mois de mars 2023, la ville de Paris est en effervescence. Alors qu'une parodie d'élection est sur le point de reconduire le gouvernement fascisant de Jean Ferdinand Chou Blanc, un vaisseau spaciale en forme de pyramide apparait dans le ciel parisien. A son bord, de mystérieuses divinités égyptiennes dirigés par l'immortel Anubis.

Ces Inhumains sont confrontés à une panne de carburant qui les oblige à négocier les stocks de carburant disponibles dans Paris. Le gouverneur Chou blanc réclame en échange sinon l'immortalité, du moins un allongement de vie d'au moins plusieurs siècles, ce à quoi se refusent Anubis et les siens. Les divinités égyptiennes sont de plus confrontées à la disparition de l'un des leurs, le puissant Horus.

L'échec du dieu rapace lors du dernier concil l'a convaincu de s'opposer à la Sainte Trinité et de prendre le pouvoir par la ruse. Il fera d'Alcide Nikopol, un astronaute venu du XXe siècle, la clef de sa vengeance. Divinités mythologiques, futur nauséabond et schismes temporels seront les mots d'ordre de cet incontournable de la science-fiction !

La critique de Mr K: Une BD culte qui m'a été offerte pendant les fêtes par ma chère et tendre. Y'a pas à dire, elle me connaît bien! Bilal est avec Caza, Druillet et Jodorowski un de mes auteurs favoris. J'avais lu en leur temps les deux premiers tomes du triptyque à savoir La foire aux immortels et La femme piège mais je n'avais jamais eu l'occasion de parcourir Froid Équateur. Grand mal m'en a pris, tant le dernier tome parachève parfaitement la série.

Tout au long de la trilogie on retrouve le goût de l'auteur pour l'anticipation, ici un monde futuriste glauque parfois surréaliste et burlesque. Des hommes et des dieux obsédés par le pouvoir et l'immortalité se livrent à des luttes acharnées pour les conquérir ou les conserver. Au milieu, un héros déboussolé amateur de Baudelaire, une femme étrange aux mystérieux fluides bleus et une foule de personnages secondaires plus branques les uns que les autres (mention spéciale au dictateur Chou blanc). On se perd joyeusement dans ce fatras. Passé le premier tome, on vire dans le mystique, le dédoublement de personnalité et parfois le délire pur. Bilal mène son scénario de main de maître sans forcément livrer toutes les clefs, laissant le lecteur réfléchir et conclure seul cette aventure hors du commun.

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On retrouve les magnifiques dessins du maître aux tons tantôt colorés, tantôt quasi monochromatiques; le verbiage si particulier de certains personnages: Baudelaire, quelle riche idée! Décidemment le poète maudit est véritablement immortel! Une BD culte pour tout amateur de Science-Fiction tant on s'écarte des sentiers battus et l'on va de surprise en surprise. Un vrai p'tit bijou! Merci Nelfe!

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mercredi 19 janvier 2011

"Evadés de l'Enfer!" d'Hal Duncan

duncanL'histoire: Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau... en partance pour l'Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n'en est qu'une copie... franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n'ont plus alors qu'une idée en tête : trouver un moyen de s'évader.

La critique Nelfesque: Mr K adore Hal Duncan et "Le livre de toutes les heures" avec notamment"Velum". De mon côté, je n'avais jamais lu de roman de cet auteur et c'est avec "Evadés de l'Enfer!" que j'ai fait le grand saut.

La première chose qui vient en tête c'est: "ça décoiffe!!!". Le rythme est endiablé (ha ha que je suis drôle), on ne s'ennuie pas une seconde, il se passe des choses à toutes les pages et on a fini le livre sans s'en rendre compte tant il n'y a pas de temps morts. Si on donnait l'adaptation à faire à un bon réalisateur, je suis sûre que ça ferait un très bon film d'action.

Oui mais voilà, c'est violent, c'est vulgaire, c'est crade, c'est gore, ça pue, c'est glauque. Ca tombe bien, nous sommes en enfer, et niveau descriptif, Hal Duncan n'y a pas été avec le dos de la cuillère. Pas de doute possible, on est bien dans un monde de pourris, où les "récemment décédés" passent de la surprise et de l'effarement à la colaboration. Ici la règle est simple, les morts arrivent par bateau, ils ne s'attendent pas à ce qui va leur arriver, ils ne savent même pas qu'ils sont en enfer (à peine, qu'ils sont morts) et après un petit passage à la case dépouillement, humiliation, viol et passage à tabac, ils atterrissent dans ce qui doit faire désormais leur quotidien: la représentation de leur "péché". Eli, ancien clochard, se retrouve à errer parmis les Oubliés; Belle, ancienne prostituée, se réveille dans un hôtel de passe où tous les hommes du coin viennent se vider 24h/24; Matthew, homosexuel, doit être guerri de sa "maladie" à l'hôpital et Seven, ex tueur à gages, est condamné à se faire tabasser sans discontinuer pendant l'éternité. Rajoutez à celà la TV qui hurle des infos live non stop afin d'exciter les troupes... De quoi devenir dingue! Seul susucre: si ils sont dociles et conciliants, ils pourront monter en grade et faire parti des tortionnaires. Sinon, pas d'autres choix que de s'évader pour tenter de gagner le Paradis.

L'évasion, c'est le choix que vont faire les 4 protagonistes de cette histoire et à partir de là des litres de sang vont être déversés, des boyaux vont défiler au mètre, des obtacles répugnants vont se dresser sur leur route. Trouveront-ils la sortie? Avec qui devront-ils pactiser? Par qui se feront-ils duper? Belzébuth? L'ange Gabriel? Si vous êtes catholiques, accrochez-vous à vos baskets car certaines visions du Bien et du Mal et de qui fait quoi peuvent s'avérer difficile à avaler... Mais tout comme pour "Le sang du Christ" de Frédéric Mars, il faut prendre "Evadés de l'Enfer!" pour ce qu'il est: un roman. D'autant plus que certaines descriptions bibliques, notamment celle des limbes ou encore du passage du Styx, sont très justes et superbement rendues sous la plume d'Hal Duncan... Ce roman est donc dérangeant mais en même temps fascinant sous certains aspects.

Au final, je vous conseille cette lecture mais soyez avertis, on est loin des bisounours et des simples flammes de l'enfer...

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lundi 17 janvier 2011

"Simon's cat: une calamité de chat" de Simon Tofield

untitledPour ceux qui nous pratiquent depuis quelques temps, vous savez qu'à la maison nous avons une duchesse nommée Tesfa . Nous vivons chez elle et elle mène une vie de rêve entre croquettes, balades et siestes (record: 20h en une journée! Aaaah la vie de chat, ça fait rêver...)

Amateur de félins depuis longtemps (Nelfe un peu moins mais la conversion n'est plus loin), ma chère et tendre m'a offert le présent volume pour mon anniversaire le mois dernier. Simon's cat, c'est un peu une institution pour les internautes amoureux des chats. Difficile en effet de passer à côté de ces petites séquences animées souvent hilarantes (mélange d'observations scientifiques de la vie de nos tigres de salon et de délires poétiques voir surréalistes par moment -cf. le réveil à coup de batte de baseball).

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J'ai découvert que l'auteur Simon Tofield avait décliné le maître et son affreux matou sous forme de recueil de strips lorsque j'ai ouvert mon cadeau. Une bien belle surprise! On rit beaucoup devant ses situations quotidiennes que tout possesseur de félin connait ou a connu: le chat qui quémande sa nourriture, qui s'allonge sur tout papier ou livre que vous lisez, le chasseur-flemmard, leur curiosité maladive et les conséquences parfois ennuyeuses... De vrais morceaux de vie, saisis par le crayon expert du dessinateur: des dessins simples et un humour ravageur, voila ses crédos. On retrouve l'esprit d'une BD à la Garfield, le chat qui parle en moins. En grand amateur du gros roux, je ne pouvais résister au chat de Simon. Une lecture bien distrayant vers laquelle on retourne régulièrement, histoire d'attraper un sourire (à défaut d'une souris) au passage!

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lundi 10 janvier 2011

"La onzième plaie" d'Aurélien Molas

55075563L'histoire: Ils sont tombés sur quelque chose qui les dépasse. Qu'ils n'auraient pas dû découvrir...

Dans un Paris survolté, où la violence éclate à chaque carrefour, des équipes de flics sans attaches, en proie à leurs propres démons, s'engagent avec l'énergie du désespoir dans une croisade sans merci.

La critique de Mr K: Il s'agit ici du premier livre d'un tout jeune auteur français et l'accroche éditoriale a le mérite d'être intrigante... la méthode Grangé a fait ses preuves! Ca tombe bien, j'aime bien Grangé et c'est le genre de lecture-divertissement que j'affectionne tout particulièrement...

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce livre n'a vraiment rien d'exceptionnel, il est très moyen. L'histoire est bateau et déjà lue, ici on traque un réseau pédophile particulièrement étendu et pervers (meurtres systématiques des pauvres petites victimes). À ce propos le titre fait référence aux plaies qui ont frappé l'Égypte, j'imagine que la onzième est ce crime contre-nature... L'enquête est haletante dans le sens où les chapitres sont extrêmement courts (à la Grangé) mais franchement il ne se passe pas grand chose, 4 péripéties à tout casser et franchement ça ressemble à du polar de seconde zone (des portes ouvertes comme s'il en pleuvait... ça doit faire mal!). Quant au climat chaotique évoqué dans le résumé, il n'a aucune réelle incidence sur le déroulement de l'investigation et se révèle anecdotique (là encore, on tombe dans la caricature).

La quatrième de couverture nous promettait des personnages livrés à leurs démons... On suit trois destins de flics dans des chapitres séparés (mais liés). L'idée est certes intéressante mais le résultat l'est moins. L'auteur empile les clichés, en rajoute dans la noirceur et le glauque (il paraît que ça fait vendre...) et au bout d'un moment, on passe plus de temps à suivre leurs états d'âme que l'enquête... un comble quand il s'agit d'enquêter sur des crimes particulièrement atroces! C'est vrai, travailler dans une unité spécialisée dans la lutte contre la pédophilie doit laisser des séquelles et abimer l'âme mais ce n'est pas crédible de laisser de telles épaves bosser pour la police ou alors il y a de quoi flipper!

Le gros point noir surtout, c'est que j'ai deviné la fin au bout de 40 pages! Bah ouais, faut croire que je pratique trop ce genre de littérature ou que l'auteur a raté son soufflé. Toujours est-il que je déteste trouver la solution avant la toute fin et qu'ici c'est tombé à l'eau très vite. Dommage... Vous l'avez compris, ce livre n'est pas une catastrophe mais pas non plus un bon livre. Un polar de seconde zone qui a fleuri parmi d'autres sur les étagères de nos chers revendeurs...

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vendredi 7 janvier 2011

Stéphane Guillon "Aggrave son cas"

stephaneL'histoire: Décalés, corrosifs, toujours impitoyablement justes et drôles : les portraits au vitriol de Stéphane Guillon sur Canal + ont laissé des traces indélébiles... Des papiers censurés à ses plus belles rencontres - Carole Bouquet, Joey Starr, Sean Connery, Dieudonné, Benjamin Castaldi, Nadine de Rothschild - les coulisses du spectacle réservent bien des surprises. Découvrez le best of d’un provocateur de talent!

La critique Nelfesque: Ca n'est plus un secret pour personne. Stéphane Guillon je l'aime, je l'adore, je le kiffe, je lui ai érigé un autel chez moi! Il dit tout haut ce que je pense tout bas (quand je me la ferme (si, si, ça arrive)). Bref, pour moi, Stephane Guillon est d'utilité publique!

Après avoir lu "On m'a demandé de vous calmer", je n'avais qu'une hâte, me replonger dans ses chroniques. Cette fois ci, j'ai choisi un recueil moins (pas du tout même) politique, 100% people, artistes, chanteurs, VIP, acteurs, écrivains, dans "Aggrave son cas", Guillon s'en prend aux personnages "culturels".

On est là dans les années Canal, sur le plateau de "20h10 pétantes" où les fameuses chroniques de Guillon donnaient souvent des envies de meurtres à ses "croqués" et où il se serait sans doute pris certains coups de boule si il ne débarassait pas le plancher très vite. Justement, dans ce livre, il y a des portraits inédits, de ceux qui ont été censurés par les principaux intéressés ou qui n'ont pas été assumés par la chaîne. Du croustillant, du croustillant! Parfois je me dis que certains ont un ego assez démesuré et un manque d'humour flagrant mais heureusement pour moi, Guillon ne s'est jamais intéressé à mon cas.

Ce qui diffère aussi d'autres recueils de Guillon que j'ai pu lire, c'est qu'ici, il raconte les coulisses de l'écriture de ses chroniques. A chacune d'elles, ou presque, un petit texte explique le contexte, le processus de création, l'anecdote et cela nous permet d'appréhender différemment ses écrits. Même certaines chroniques que je connaissais déjà oralement me sont apparues sous un autre jour ici.

Pour ceux qui aiment Guillon mais aussi pour ceux qui aiment comprendre ce qui se passe avant et après ces quelques minutes sur le plateau, je conseille ce recueil. En tout cas, une chose est sûre: vous allez bien vous marrer!

Posté par Nelfe à 18:34 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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