lundi 22 août 2011

"La vierge en bleu" de Tracy Chevalier

viergetracyL'histoire: Sud-ouest de la France, aujourd'hui.
Récemment arrivée des Etats-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverser sa vie.
Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée " La Rousse " en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autre choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme.
Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

La critique Nelfesque: L'an dernier, j'ai participé à un concours sur le net et j'avais remporté l'intégrale des romans de Tracy Chevalier disponible aux éditions de la Table Ronde. J'ai lu il y a quelques années son roman, "La jeune fille à la perle". J'avais beaucoup aimé l'écriture de cet auteur et avec tous ses romans à la maison, je n'avais que l'embarras du choix pour retenter l'expérience.

J'ai jeté mon dévolu sur "La vierge en bleu" qui me paraissait moins "classique" et en refermant le livre, je suis assez mitigée. On retrouve bien ici l'écriture de Tracy Chevalier, qui plonge le lecteur dans l'univers qu'elle décrit avec brio. C'est avec plaisir que l'on reprend sa lecture tant l'écriture est belle et riche. Là où je suis un peu plus circonspecte c'est sur l'histoire en elle même. Il n'y a pas vraiment de surprise, le lecteur s'attend sans cesse à ce qui va se passer dans les pages suivantes. Certes la surprise n'est pas forcément le sentiment que l'on s'apprête à ressentir quand on lit un roman de cet auteur mais là, on tombe dans une monotonie qui pourrait lasser si le roman dépassait les 300 pages.

Chapitre après chapitre, nous alternons entre l'histoire d'Ella, jeune américaine nouvellement arrivée en France et qui cherche à s'intégrer dans ce pays qu'elle aime intimement et celle d'Isabelle, jeune femme traquée et mal aimée parce qu'elle est rousse à une époque où cette couleur de cheveux s'apparentait à de la sorcellerie. L'histoire d'Isabelle est très prennante, les évènements de sa vie sont passionnant et effrayant à la fois par leur dureté. Peu à peu ces deux histoires vont se rejoindre et ne faire qu'une. Là aussi j'ai un peu tiquée... c'est un peu trop téléphoné à mon goût comme je le disais précédemment.

Mais ce qui m'a le plus déplu c'est la relation qu'entretient Ella avec le bibliothécaire du village, Jean-Paul. Je ne suis pas friande des histoires d'aldultère et les sentiments qu'ils développent peu à peu l'un pour l'autre m'ont mise mal à l'aise.

Hormis ces quelques points et pour l'histoire d'Ella qui va tout le long de sa vie vivre un véritable enfer, je conseillerai cette lecture. Tracy Chevalier sait décrire les situations et les paysages comme personne et c'est toujours un plaisir de se plonger dans une de ses oeuvres.

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vendredi 19 août 2011

"La lignée" de Guillermo del Toro et Chuck Hogan

la ligneeL'histoire: Depuis son atterrissage à l'aéroport de JFK à New York, un avion en provenance de berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi placer le sang: tous les passagers, sauf quatre, sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz? D'une bactérie foudroyante?

Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Et pas seulement pour sauver leurs proches, car c'est la survie de l'humanité tout entière qui est en jeu...

La critique de Mr K: Tentation quand tu nous tiens! Je me baladais innocemment dans un rayon librairie quand le présent volume m'a fait de l'œil. J'en avais entendu parlé, il s'est pas mal vendu à ce que j'ai pu comprendre et Nelfe l'avait dans sa wishlist. Résultat des courses: une bonne claque et une immense envie de lire la suite! Et pourtant ce n'était pas gagné...

Fuyant la mode en général comme la souris raisonnable face à Speedou (le chat du voisin), je n'ai rien suivi de la percée vampirique dans les livres dit "in". Je suis un fan inconditionnel du Dracula de Bram Stocker et quand j'ai vu une déferlante de vampires poudrés et romantiques gnangnans, je me suis dit "Le monde part à volo, on ne respecte plus rien!". Certes Dracula est un être romantique mais c'est aussi une bête sauvage, assoiffée de sang et loin d'être des plus séduisante (selon les conventions morales admises du moins). J'avais retrouvé cela dans le 30 jours de nuit de Templesmith. Aujourd'hui, je l'ai apprécié de nouveau dans La Lignée qui après un temps d'adaptation s'est révélé trépidant, ingénieux et puissant.

Vous avez bien lu, cette lecture s'est révélée décevante sur les 50 premières pages. J'ai trouvé que ça manquait d'accroche, l'écriture me semblait décevante et l'histoire tardait à s'installer. Et puis les éléments se recoupent, les pièces du puzzle commencent à s'assembler et on entraperçoit les mécanismes mis en place par les auteurs. Une gigantesque toile d'araignée où se débattent tous les protagonistes de ce premier volume d'une trilogie. Les points de vue sont multiples et on passe de personnage en personnage, d'existence en existence en l'espace de trois pages le plus souvent. Les chapitres sont courts et incisifs et sont autant de pierres posées les unes aux côtés des autres pour arriver à un grand tout, plein de promesses. Un style intéressant et fort bien utilisé qui m'a rappelé un autre très bon moment de littérature: World War Z de Max Brooks.

Plus on avance dans sa lecture plus les personnages s'épaississent et les liens apparaissent. On s'attache très vite à un certain nombre d'entre eux. Les créatures tiennent toutes leurs promesses mais sachez que la mythologie du vampire est ici ébranlée même si des fondamentaux demeurent. Attendez-vous à un savant mélange entre fantastique et cours de biologie moléculaire. L'ambiance qui se dégage m'a fait pensé à celle ressentie lors du visionnage de 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard: un mélange entre paranoïa, confrontations et quelques péquins qui essaient de s'en sortir comme ils peuvent. Mention spéciale au personnage d'Abraham Setrakian, vieux rescapé des camps de la mort, chasseur de Strigoï (vampire) aussi attachant que décalé dans un univers marqué par la modernité. Del Toro connaissant ses classiques, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a ici un hommage à peine dissimulé à Peter Cushing et autres chasseurs de Nosferatu rentrés dans le panthéon du cinéma de genre.

Ce fut une excellente lecture, très addictive et on ressort de là avec une envie furieuse de lire la suite. Parce qu'il y a une suite... pas encore sortie en poche mais que je vais me dépêcher de dégoter pour la lire pendant notre périple de l'été. Ce premier tome de cette trilogie est une vraie réussite entre respect des codes et innovations intéressantes. L'écriture est brut de décoffrage, le background bien cerné et l'intérêt constant dès que l'histoire est vraiment lancée. Vivement la suite!

lundi 8 août 2011

"Ces garçons qui venaient du Brésil" d'Ira Levin

iralevinL'histoire: De nuit, à Vienne, Yakov Liebermann, "le chasseur de Nazis", reçoit un appel du Brésil: "Six SS partent demain en mission...". La voix s'étrangle. Quelqu'un raccroche.
Aussitôt Yakov alerte un de ses amis de l'agence Reuter. Oui, toute information utile lui sera transmise.
Et presque aussitôt, partout dans le monde, des hommes tombent. En chaîne. Tués sur le coup. Des "accidents" très étranges...
Liebermann l'infatigable remonte chaque piste et fait une découverte: toutes les victimes étaient des fonctionnaires paisibles, âgés. Chacun d'eux a laissé un fils très, très jeune. Et tous ces fils se ressemblent... tels des jumeaux.
Les jumeaux! L'obsession du Dr Mengele quand il était médecin et "expérimentateur" à Auschwitz. Mengele, aujourd'hui réfugié au Brésil...

La critique de Mr K Voici aujourd'hui un livre dont on m'avait beaucoup parlé. Je suis amateur d'Ira Levin (voir liste des chroniques en fin de post) et cette œuvre-ci m'avait échappée jusqu'alors. On se trouve ici face à un roman à suspens teinté d'éléments historiques. Sans dévoiler l'histoire, sachez que vous allez être confrontés à une conspiration ourdie par des anciens nazis revanchards au but hallucinant (la révélation est tardive, il faut être patient) et qu'un homme seul (avec l'aide de son réseau de connaissances) va devoir partir en chasse tant ce qu'il a découvert est incroyable. Je n'en dirais pas plus, pas de spoiler sur ce blog!

Mon avis est très mitigé, il faut dire aussi que j'apprécie beaucoup cet écrivain et que jusqu'alors il ne m'avait jamais déçu. La grande force de ce livre est son ancrage dans une histoire encore récente et douloureuse: les abominations nazies. Certains des tortionnaires ou responsables ont pu être «évacués» avec des complicités chez les Alliés et sont allés s'installer en Amérique du Sud en toute tranquillité. De cette réalité historique (allez voir la Bio de Mengele, c'est édifiant!), Levin coud un scénario haletant dans les tenants et aboutissants sont effarants. On plonge dans le délire de Mengele obsédé par la pureté du sang et refusant la Défaite du IIIème Reich. Après moultes circonvolutions, la vérité est révélée et laisse le lecteur pantelant. Vraiment fort surtout que le suspens est excellemment entretenu par une attente et une appréhension qui ne quitte pas le lecteur du début à la fin.

C'est au niveau de la forme que se livre pèche. A-t-il mal vieilli? Sans doute car l'écriture est très abordable mais manque de relief et de puissance évocatrice. C'est plat et malgré la trame scénaristique addictive, l'ennui guette parfois au détour d'une page. Les personnages sont à l'image de la prose, convenus et raides. Les rapports entre eux m'ont semblé caricaturaux et dénoués de chaleur humaine. Malgré la noblesse de sa cause, je n'ai pas été séduit par le personnage deYakov (ersatz littéraire de Simon Rosenthal -chasseur de nazi-): manque de charisme, superficialité de ses rapports avec les autres personnages... Je suis resté indifférent à son sort et à celui de ses proches. Mengele et ses comparses sont bien rendus, et comme disait Hitchcock: "Quand le méchant est réussi...".

Pour conclure, c'est tout de même une grosse déception. Pour du Levin c'est très moyen et Ces garçons du Brésil s'apparente plus à un très bon roman de gare. Beaucoup d'ambition dans le thème traité mais la lecture s'avère décevant car commune et sans réelle efficacité à faire "décoller" le roman. J'ai entendu parlé sur la blogosphère d'une adaptation ciné plutôt sympa à priori. Je testerai sans doute.

Autres romans d'Ira Levin chroniqués sur le blog:
Un Bonheur insoutenable
Un Bébé pour Rosemary
Les Femmes de Stepford

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dimanche 7 août 2011

"Un milliard et des poussières" de Bertrand Latour

9782253129097-GL'histoire: Jules est chauffeur de limousine pour le plus grand hôtel du monde. Au volant de Mercedes rutilantes, il conduit grands patrons, call-girls, nouveaux Russes, chefs de guerre ou simples milliardaires en vacances. Toujours discret, toujours charmant, toujours disponible, il assiste aux premières loges - mais en spectateur aux fins de mois difficiles - à la vie des très riches. Il recueille leurs confidences et, surtout, attend leurs billets. Car Jules est en guerre. Avec ses collègues pour récolter le maximum de pourboires. Avec Paula, la femme qu’il aime, à qui il veut offrir une vie de milliardaire.

La critique Nelfesque: Voici un bon roman d’été. Même si dehors le temps est plus celui de la Toussaint, en s’enfermant dans une pièce avec le chauffage à fond et en mettant des lunettes de soleil, on se croirait presque à la plage…

Dans ce roman de Bertrand Latour, ancien chauffeur de maître et qui sait donc de quoi il parle, on croise Carla Bruni (période pré-Sarkozy), Kate Moss, Pete Doherty, des milliardaires "inconnus" pour le grand public, des "femmes de ...", des personnages sortis tout droit d’un roman de Beigbeder empestant l’alcool, s’en mettant dans le nez et fréquentant les partouzes chics parisiennes (si si ça existe les partouzes chics). Mais c’est surtout Jules, Louis, Robert, Valentin, Kamel et Sergeï que nous côtoyons. Avec eux, on vit la vie d’un gars de la chauffe : les "dispo" à n’en plus finir pour que Madame fasse ses emplettes chez Dior et Vuiton ou pour que Monsieur se dévergonde dans les beaux quartiers, les "courtoisies", astreintes des chauffeurs en soirée pour des petits trajets, les horaires intenables et les conditions de travail de ces sbires de luxe pour un salaire de misère. Seul palliatif à la précarité: la course au pourboire. Celle ci s’installe entre collègues et devient un jeu. Pour l’obtenir, chacun à sa méthode, entre lèche bottes (Louboutin of course!) et chantage pour les plus coquins des clients (bien plus intéressant mais bien plus risqué), tous les moyens sont bons.

Les clients ont comme point commun d’être tous très fortunés. Ce n’est pas n’importe qui qui descend au Ritz (appelé ici le Palace)! Mais en matière de générosité, tous ne sont pas logés à la même enseigne. On peut aussi être radin quand on est milliardaire. En résulte des pensées et des réflexions souvent vulgaires mais très réalistes et très drôles. Des réactions somme toutes légitimes quand on songe au fossé qui existe entre les riches et ceux qui les servent.

Un roman sympathique donc qui nous plonge dans un univers bien loin de notre quotidien mais qui ne fait pas rêver pour autant, un monde de paraître et d’humiliations.

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vendredi 15 juillet 2011

"Laisse moi entrer" de John Ajvide Lindqvist

laissemoientrerL'histoire: Oskar a 12 ans et vit avec sa mère dans une bnalieue glacée de Stockholm. Solitaire et discret, martyrisé au collège, Oskar n'a d'yeux que pour sa nouvelle voisine. Elle est si différente! La petite fille ne sort que le soir, ne craint ni le froid ni la neige, et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Oskar trouvera en elle un écho à sa propre solitude et ils deviendront vite inséparables. Mais que penser des meurtres et disparitions inexplicables qui se multiplient dans le quartier depuis son arrivée?

La critique Nelfesque: Enfin! Enfin j'ai lu le roman qui a inspiré l'excellent film "Morse" de Tomas Alfredson que je reregarderai dans les prochains jours et qui m'avait, lors de son premier visionnage, vraiment beaucoup plu. Cela faisait plusieurs mois que j'avais repéré "Laissez moi entrer" au détour d'une page de "Mad Movies" (magazine de films de genre auquel nous sommes abonnés). J'ai donc sauté sur l'occasion lorsque ce dernier a été proposé en partenariat sur Livraddict avec les Editions Milady. Merci à eux deux.

Je n'ai bien sûr pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec le film mais je n'en parlerai pas ici, me concentrant sur le roman en lui même. Je ferais sans doute un post sur le film à l'avenir où je pourrai mettre les deux en corélation comme je l'avais fait pour "In the air". Je ne vais pas y aller par 4 chemins, avec "Laisse moi entrer" j'ai pris une claque! La 4ème de couverture nous laisse entrevoir une banale histoire pour ado à base d'amourette et de surnaturel mais le roman est bien plus complexe. Je ne suis pas une adepte de la bit-lit, ça tombe bien, ça n'en est pas et le terme "Thriller" sur la couverture est à mon sens bien trop réducteur pour résumer cette oeuvre.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, à Oskar qui en prend plein la tronche à l'école parce qu'il est bouboule et a une tête et un comportement qui ne revient pas aux caïds, à Eli, petite fille solitaire et dans laquelle on sent poindre un soupçon de tristesse. Nous avons là les deux protagonistes de l'histoire, ceux sans qui rien ne se passerait. Mais on s'attache aussi aux nombreux personnages secondaires qui parsèment le roman: comme Tommy, copain de quartier d'Oskar qui passe son temps à voler et à sniffer de la colle dans la cave de la cité pour tromper son mal être, ou encore la bande d'alcooliques sillonnant les rues de Stockholm et ayant tous une personnalité et un destin propre. Lindqvist signe ici un roman froid, un roman dur, où la vie des uns n'est pas mieux que celle des autres. Une vie terne, nappée de brouillard où aucun espoir n'est permis. Le déterminisme social, la pauvreté, l'alcoolisme... Au milieu de ce brouillard, une lueur, l'amour et l'amitié. Ces deux sentiments vont sauver la vie d'Oskar et d'Eli en leur procurant un peu de bonheur, un peu de compréhension dans ce monde qui ne veut pas d'eux, mais va aussi détruire celle de nombreuses autres personnes qui gravitent autour d'eux. Dommages collatéraux. Oskar et Eli se sont trouvés, se respectent, s'aiment et s'épaulent. Ensemble ils peuvent affronter le reste du monde, la méchanceté et l'incompréhension. Seulement voilà, Eli est différente, elle ne peut pas vivre comme tout le monde, elle n'est pas ce qu'elle semble être, n'a pas l'âge qu'elle donne. Elle a une "maladie" qui l'empêche de vivre normalement. A cause de cette maladie, elle a été rejeté, est obligée de se cacher et n'a personne de proche sur qui se reposer.

Hakan vit avec Eli et une relation particulière existe entre eux. Entre désir et dépendance, un climat malsain règne dans leur appartement et certaines scènes sont difficilement soutenables... Je ne conseillerai donc pas ce roman à de jeunes ados. D'autant plus que les meurtres perpétrés dans la région sont des plus abominables. Car là est le deuxième volet de ce roman. Ce qui pourrait être un simple roman de littérature contemporaine, critique sur la société actuelle, sur la précarité, sur la vie dans la banlieue d'une capitale et sur le sentiment de solitude est aussi un thriller et un roman fantastique. Les meurtres se multiplient dans la ville alimentant de folles rumeurs. Il est difficile de parler de "Laisse moi entrer" sans en dévoiler trop mais ici nous avons les deux visions des évènements, nous sommes des deux côtés de la barrière, au côté de l'opinion publique et de la police mais aussi au côté des meurtriers.

De nombreux sentiments se mèlent à la lecture de ce roman, tant et si bien, qu'à la fin, on ne sait quel aspect mettre en avant. Pour ma part, je retiendrai de "Laisse moi entrer" l'insouciance de l'enfance, la force de l'amitié, la psychologie des personnages. Je ne connaissais pas John Ajvide Lindqvist et je compte bien fouiller dans sa bibliographie. A lire!

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samedi 9 juillet 2011

"L'envol des anges" de Michael Connelly

envol

L'histoire: Le vieux funiculaire de Bunker Hill est très fréquenté par les touristes. Mais ce soir-là, c'est un cadavre qu'y croise l'inspecteur Bosch. Et pas n'importe lequel: celui d'Howard Elias, le célèbre avocat défenseur de la communauté noire. Menaçait-il de traîner une fois encore la police de Los Angeles devant la justice? Une enquête explosive pour Harry Bosch: s'il commet la moindre erreur, c'est tout le quartier de South Central qui s'embrase...

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui sur une lecture d'un de mes auteurs préférés: Michaël Connelly. On retrouve dans cet ouvrage le charismatique inspecteur Harry Bosch dans une enquête bien tortueuse qui distribue à merveille son lot de pression et de suspens sous fond de corruption, de tensions raciales et de lutte inter-services (la police, les boeufs carottes, le FBI, les décisionnaires et les exécutants...).

On constate encore une fois tout le talent de Connelly pour conduire une histoire et nous amener là où il le veut, quand il veut. C'est avec délice que je me suis replongé dans L.A avec pour la première fois un climax bien tendu entre les différentes souches de la population: un grand avocat noir a été tué et les minorités veulent un coupable et très vite. S'il pouvait être flic ce serait encore mieux vu les heurts quotidiens qui existent entre blacks et forces de l'ordre. Mais voilà! Chez Connelly rien n'est jamais simple et sous les dehors d'un crime crapuleux se cache en fait quelque chose de bien plus important, impliquant des pontes politiques et industriels. Quels secrets se cachent derrière ce crime? Comment Harry va-t-il pouvoir résoudre l'énigme alors qu'on lui met des bâtons dans les roues?

Harry justement est en plein trouble dans ce volume. Sa femme est de plus en plus distante et malgré le désarroi qui le gagne, il doit mener l'enquête et lutter face aux obstacles dressés devant lui par des gens censés l'aider. C'est trépidant et le commun des mortels ne pourrait supporter tout ce que ce pauvre Harry endure. On souffre avec lui et il est difficile de ne pas s'émouvoir de la tristesse qui se dégage de lui durant tout le livre. Tour à tour, il passe pour un emmerdeur, un raciste, un sale flic qui couvre ses collègues plutôt que de chercher la vérité, le sauveur de ces dames... bref, on passe par toutes les étapes et il faut s'accrocher. La fin est bien sombre, des illusions disparaissent et le personnage principal semble se trouver à la croisée des chemins... ce qui me donne encore plus envie de lire la suite de l'œuvre de ce maître du policier qu'est Connelly!

Comme d'habitude, Los Angeles est le cadre des enquêtes de Bosch. On continue donc ici la visite de cette métropole aussi bruyante et pleine de vie que mystérieuse et envoutante. Dans L'envol des anges, on se promène dans les rues en ébullition de South Central, on boit un coup dans de vieux rades paumés pour flics, on rencontre des gens de la haute dans le quartier -hype-, on médite avec Harry dans sa maison sur pilotis... Plus que jamais, L.A est un personnage à part entière distillant indices et diffusant une ambiance crépusculaire.

L'écriture de Connelly reste toujours aussi limpide, exigeante et efficace. Ça fond dans la bouche et on ne peut pas décrocher avant la dernière page. Une excellente aventure d'Harry Bosch placée sous le signe de la mélancolie et de la désillusion. À lire absolument pour les amateurs du genre!

Autres romans de Connelly chroniqués sur le blog:
Les Egouts de Los Angeles
La Glace noire
La Blonde en béton
Le Dernier coyote
L'Oiseau des ténèbres
Wonderland avenue
Echo park
A genoux
Créance de sang
Le Poète

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mardi 5 juillet 2011

"Le coeur en dehors" de Samuel Benchetrit

coeurL'histoire:

Tu sais Charly, il faut aimer dans la vie,
beaucoup... Ne jamais avoir peur
de trop aimer. C'est ça, le courage.
Ne sois jamais égoïste avec ton coeur.
S'il est rempli d'amour, alors montre-le.
Sors-le de toi et montre-le au monde.
Il n'y a pas assez de coeur courageux.
Il n'y a pas assez de coeurs en dehors...
                                                                    S.B

La critique de Mr K: Retour en banlieue pour moi, cinq ans après mon retour en Bretagne après mutation. Dans ce petit livre de 248 pages, on suit Charly, un gamin de dix ans, d'origine malienne qui vit dans une cité de banlieue. Au tout début, il assiste à l'arrestation de sa mère par la police et il part à la recherche d'Henry, son frère toxico, pour démêler la situation (on ne saura qu'à la fin le pourquoi du comment). Derrière ce postulat, on se rend vite compte que l'auteur a deux objectifs à travers cet ouvrage: raconter une histoire et décrire la vie en cité.

Pari réussi tant on s'accroche aux personnages dès le début. Charly Traoré est intéressant, émouvant et à 10000 lieues des clichés véhiculés par les médias sur les ados de cité. On ne tombe pas pour autant dans la vision naïve et idyllique de la banlieue mais on a un regard neutre, un regard d'enfant encore innocent dans un monde rude, parfois sordide où la misère côtoie la misère et entraîne certains sur de mauvais chemins. C'est avec un mélange de curiosité et d'appréhension que nous suivons les déambulations de Charly dans son quartier. On se rend compte très vite de l'attachement très fort qui le lie à sa mère qui est encore toute sa vie, on rencontre sa petite-copine, on croise son frère Henry lors d'une scène mémorable et émouvante à souhait (passage sur le terril vers la fin du roman), on passe voir les employeurs de sa mère (un couple de personnes âgées vivant dans un quartier pavillonnaire), on goûte à son amour des bons mots et tout particulièrement Rimbaud... Comme écrit en quatrième de couverture, il y a du Petit Nicolas dans ce livre.

Tout cela est raconté dans un style oralisé familier. Cela se lit donc très facilement et les pages se tournent rapidement. Petit reproche, on a du mal à se dire qu'un môme tel que Charly puisse raisonner de cette matière avec un tel vocabulaire. On sent que c'est un adulte qui s'imagine enfant et du coup, l'ouvrage perd en crédibilité. Reste une histoire puissante qui m'a fait penser au Gône du Chaâba d'Azouz Begag que j'avais dévoré il y a quelques temps déjà. L'humour est aussi présent malgré la chape de plomb qui englobe de plus en plus le livre durant son déroulement (la scène du repas chez les Roland est à se tordre). La révélation sonne comme une sentence. On referme le livre avec le cœur bien remué et un léger mal de bide qui nous rappelle combien on est chanceux par rapport à d'autres dans la vie et nous incite à exercer notre devoir de vigilance contre la discrimination et le populisme d'extrême droite.

Une bonne lecture entre mélancolie et espoir. Peut-être pas le chef d'œuvre absolu mais de bien belles pages à parcourir en compagnie du petit Charly.

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lundi 4 juillet 2011

"Avant d'aller dormir" de Steve Watson

avant_daller_dorrmirL'histoire: À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd' hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.

La critique Nelfesque: Un nouveau Sonatine!? Qu'est ce que je fais? J'y vais? J'y vais pas? Les habitués de ce blog ont forcément trouvé la réponse: je fonce!

Emballée par l'histoire et curieuse de découvrir la nouvelle signature de cette maison d'édition, Steve Watson, je me suis plongée dans la lecture de ce roman. L'histoire est simple mais angoissante: tous les jours est un nouveau jour pour Christine. Dans de telles circonstances comment vivre sa vie normalement? Comment faire confiance à ses proches? Pour ne pas repartir de zéro tous les matins et mettre un peu d'ordre dans sa tête, elle commence à tenir un journal dans lequel elle puisera incessamment des informations qu'elle tentera d'étayer au fil des jours. Ce journal constitue une grande partie de ce roman. Je ne vous cache pas qu'un matin en me réveillant, ma première pensée a été pour cette héroïne (un coup à devenir dingue je le vous dis!). Obsédant? Oh, si peu.

Bon mais voilà, il y a un "mais"... Malgré l'engouement du début et l'envie de connaître le fin mot de l'histoire, on se retrouve très vite dans un récit redondant et lassant. Vous vous imaginez bien qu'il n'y a pas des révélations folles tous les jours et très vite le roman piétine. C'est un peu comme le film "Un jour sans fin" à ceci près que Christine n'a absoluement aucun souvenir et que l'ensemble est nettement moins drôle. Le lecteur doit s'accrocher pour continuer sa lecture. Long est le chemin qui mène à la reconstitution du passé de notre héroïne... Clou du spectacle? J'ai deviné la fin bien vite et la révélation finale n'a donc pas été un feu d'artifice pour moi, juste un "ah ben voilà j'en étais sûre...". Ca gâche quand même une grosse partie du plaisir et jusqu'au bout j'espérais me tromper pour être cueillie avec brio... Ce ne fut pas le cas.

Bien qu'"Avant d'aller dormir" soit désigné par les libraires comme le thriller de l'été, je ne mettrai pas ce roman au même niveau qu'un "Seul le silence" de R.J. Ellory ou un "Sorry" de Zoran Drvenkar chez le même éditeur et à ceux qui sont interressés par le thème de ce roman, je conseillerai plutôt "L'empire des loups" de Grangé que j'ai lu il y a plusieurs années.

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vendredi 1 juillet 2011

"La Ferme des animaux" de George Orwell

LA-FERME-DES-ANIMAUXL'histoire: Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement:
"Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux."
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer:
"Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres."

La critique Nelfesque: Me voici plongée dans la lecture d'un classique. "La Ferme des animaux" fait partie des incontournables de la littérature et honte à moi je ne l'avais encore jamais lu. Omission réparée!

J'ai beaucoup aimé ce roman qui avec des mots et des situations simples met en scène des évènements politiques et explique l'Histoire. Il n'y a pas d'identification mais on peut aisément y retrouver quelques épisodes connus à travers le monde.

Les animaux, qui en ont plus que marre de trimer tous les jours pour enrichir le fermier et n'avoir en retour qu'une gamelle tout juste remplie, décident de se révolter, de mettre à la porte leur maître et de s'organiser par eux-même afin de pourvoir à leurs besoins et ainsi vivre en harmonie et heureux. C'est du moins l'idée de départ de cette révolution... Mais très vite, des clans se forment. Les puissants, ici les cochons, vont s'octroyer des avantages à la barbe des autres animaux de la basse-cour, animaux qui n'y verront que du feu puisque les cochons savent manier la parole et tourner les situations à leur profit.

Ces animaux qui au départ étaient tous égaux, vont, à l'image des hommes, jouer des coudes et mettre en place une quasi dictature. George Orwell nous propose là une fable qui nous fait réfléchir sur les manoeuvres des hommes politiques pour arriver à leurs fins. On peut certes lire ce roman en restant sur la forme et le trouver drôle ("huhu des animaux qui se prennent pour des hommes" et blablabla) mais si on creuse, on s'apperçoit que dans ce roman, l'auteur nous montre les limites de la démocratie avec habileté. Tout y est: un hymne "national", des "lois" sous forme de commandements, des "citoyens" animaliers, des "meetings" à la ferme, des promesses "électorales" sous forme de doubles rations de nourriture... mais très vite l'injustice et les privilèges vont montrer le bout de leur nez et certains simples animaux en viendront à se comporter comme des hommes.

Une façon de nous dire que quoi que l'on fasse, qui que nous soyons, nous ne pouvons être égaux et devrons toujours être gouverné par des puissants aux dents longues? Chacun se fera sa propre opinion. Une chose est sûre, la lecture de "La ferme des animaux" est fortement conseillée!

Cette lecture entre dans le cadre des Babies-Challenges Drame et Contemporain 2011.

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jeudi 30 juin 2011

"L'Evangile du Serpent" de Pierre Bordage

Evangile-serpentL'histoire: Jeune Indien d'Amazonie élevé en Lozère, Vaï Ka'i incarne la sagesse du serpent double, symbole chamanique de l'ADN. Il prône l'abandon des possessions, le respect de la Terre et accomplit des miracles.
Quatre évangélistes, Mathias, tueur à gages, Marc, journaliste désabusé, Lucie, strip-teaseuse sur le Net, et Yann, premier disciple, racontent celui que la presse surnomme le Christ de l'Aubrac...

La critique de Mr K: Et un Bordage de plus à mon actif! Et quel Bordage! Il prend directement place dans mon top 5 de la bibliographie de cet auteur que j'affectionne tout particulièrement. J'ai littéralement dévoré ce petit pavé de 676 pages et ceci en trois jours (et encore je bossais!). Impossible de détourner les yeux et de penser à autre chose tant je me suis fait embarquer par l'histoire et le style de l'auteur.

L'histoire se déroule à notre époque voire dans un futur proche. Un messie d'un nouveau genre fait son apparition et prêche exactement l'inverse de la doctrine libérale-capitaliste qu'on nous sert matin, midi et soir. Face à cet énergumène qui connaît un succès grandissant les autorités avec l'appui des médias vont tout faire pour clouer le bec à ce néo baba-cool écolo et altruiste.

Extrait d'un prêche de Vaï Ka'i (page 300-301): La croyance mythologique, le vécu psychologique et l'expérience scientifique sont les facettes également légitimes d'une connaissance globale, elle-même contenue dans une banque de données infinie appelée le serpent double chez les chamans de l'Amazonie et ADN chez les scientifiques. Les Occidentaux sont partis à la découverte de cette base de donnée par l'extérieur, parce qu'ils ont toujours vécu dans l'idée d'un dieu intervenant dogmatique, d'un principe mâle, paternel. Les chamans l'ont explorée par l'intérieur, l'expérience individuelle, la connaissance intime de leur environnement. Les uns ont accusé la femme du jardin d'Éden et rejeté le concept de la déesse-mère pour mieux isoler et disséquer les mécanismes du monde. Les autres n'ont jamais cessé de regarder la terre comme leur nourriture, et, plutôt que de chercher à la comprendre, ils ont joui de son amour comme des enfants, accepté ses bienfaits, partagé ses secrets, cette connaissance symbolisée par le serpent dans la plupart des traditions. Pour résumer, le néo-nomadisme prôné par le Christ de l'Aubrac est une résurgence New Age mâtinée de préceptes et sagesses animistes. Aux yeux des puissants, il passe de gourou illuminé à ses débuts à un dangereux agitateur (il fait beaucoup d'émules) mettant à mal les valeurs individualistes et financières sur lesquelles reposent désormais l'occident.

Le point fort du bouquin c'est la construction de l'ouvrage en lui-même. Nous suivons la trame à travers les yeux de quatre personnes différentes. La lecture est donc cyclique, le même personnage revenant tous les quatre chapitres. Mathias, Lucie, Marc et Yann sont tous très différents et rien ne semble pouvoir les réunir, et pourtant... A travers ces quatre destins, ces quatre combats intérieurs, ces quatre regards croisés, nous assistons peu à peu à l'émergence d'une nouvelle manière d'appréhender de monde, de se comporter. Cela donne concrètement des passages entiers du livre où l'on assiste aux regroupements autour de ce nouveau messie qui prône avant tout la tolérance et l'écoute. On baigne totalement dans le discours christique du respect mutuel et de tendre la main à ses ennemis. D'ailleurs, les quatre voies sont autant d'évangiles pour donner corps à une idée, à une utopie incarnée par Vaï Ka'i.

Cependant L'Évangile du Serpent n'est pas seulement un trip mystique. C'est l'occasion aussi pour Bordage de régler ses comptes et de balancer à la face du monde tout ce qu'il pense de l'évolution humaine, notamment en occident. Le constat est rude mais a le mérite d'être sans appel et non enrobé derrière des discours abscons. Nous sommes dans l'erreur et nous courons à la catastrophe. Il revient sur des sujets que l'on retrouve à travers toutes ses œuvres: la place de la femme, l'écologie, la "zombification" des populations par les médias et les autorités, l'inertie de la masse, le "martyrisat" de quelques uns pour sauver une espèce qui pourtant ne le mérite peut-être pas... Des passages sont très difficiles tant certaines scènes sont crûes et font écho à une réalité très proche: les violences faites aux femmes, le tabassage de militants pacifiques, les bavures policières, les compromissions entre politiques et médias, le grand cirque du show business etc... C'est le grand huit et on dirait que ça ne s'arrête pas. On a beau être conscient de tout cela, se le faire rappeler avec talent par un immense auteur c'est autre chose. Livre somme et livre choc, je suis ressorti heureux de cette lecture mais quelques peu désabusé. En même temps, je ne suis pas d'un naturel optimiste quand il s'agit d'évoquer l'évolution de nos sociétés...

L'écriture de Bordage reste toujours aussi limpide, imagée et efficace. Les pages se tournent toutes seules et l'addiction est immédiate. Malin comme il est, il nous faut attendre en plus quatre chapitres plus loin pour savoir la suite des pérégrinations des quatre personnages principaux: infernal et dangereux pour la santé car quand il faut se lever tôt et que l'envie irrépressible d'en lire un peu plus vous tenaille, le coucher est tard et les lendemains parfois difficiles. Bref, un ouvrage très réussi que je recommande vivement! A bon entendeur...

Autres Bordage chroniqués par mes soins:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes

Posté par Nelfe à 19:13 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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