vendredi 18 janvier 2013

"Le trône de fer: Les dragons de Meereen" (vol. 14) de George R. R. Martin

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ATTENTION CRITIQUE À HAUTE CONTENANCE DE SPOILERS!!!

L'histoire: À présent que Stannis Baratheon est parti reprendre Winterfell aux Bolton pour s'assurer la domination du Nord, Jon Snow est redevenu le seul maître du Mur. Cependant, le roi autoproclamé a laissé sur place Mélisandre, la prêtresse rouge, qui semble décidée à apporter son aide au bâtard. Les flammes lui révèlent l'avenir, mais quel avenir?

À Meeren, la situation s'enlise: le blocus du port par les esclavagistes ne semble pas vouloir prendre fin, et Daenerys refuse d'envoyer ses dragons y mettre un terme flamboyant. L'enquête visant à démasquer les fils de la Harpie, coupables des meurtres qui ensanglantent le pouvoir, piétine elle aussi. Seul un mariage pourrait dénouer la situation, mais les prétendants sont nombreux et les conséquences hasardeuses. Quant aux Lannister, ils vont devoir attendre encore un peu avant de pouvoir décoller la tête de leur lutin de frère: le ravisseur de Tyrion a de tout autres projets pour ce dernier...

La critique de Mr K: J'ai réussi à patienter quelque mois avant de lire le 14ème volume de la série. Ma belle mère adorée me l'a offert pour Noël (je soupçonne fortement Nelfe de le lui avoir soufflé!) et dès que j'eus fini L'Oeil de Caine, je me jetais avidement dessus et le buvait jusqu'à la lie en deux jours. Un pur bonheur une fois de plus, cet auteur est décidément diabolique et sacrément malin car j'ai l'étrange sentiment que cette histoire pourrait durer encore quelques dizaines de volumes. Et dire que je souhaite un jour me lancer dans le cycle de La Compagnie Noire de Glen Cook qui est aussi une très longue série... pauvre de moi!

Dans la suite logique du précédent volet, on retrouve tout d'abord Jon qui a fort affaire sur le Mur. L'hiver n'arrête pas d'arriver et la menace se fait de plus en plus insidieuse. Les hommes râlent, Mélisandre nourrit quelques intrigues et sa petite sœur Arya lui manque et va être donnée en mariage au fils batard Bolton d'une cruauté sans nom (style le personnage de William dans Les Piliers de la Terre en pire, c'est dire!). On retrouve aussi Theon (alias Schlingue) de retour à Winterfell pour le fameux mariage qui doit définitivement rallier le Nord au trône Lannister. la tension est palpable et les révélations nombreuses quoique pas définitives... Il est malin, je vous l'avais dit!

De l'autre côté de l'océan, j'ai retrouvé avec le plus grand plaisir Tyrion mon personnage préféré qui ici est en butte avec un ravisseur râleur aux objectifs pas clairs. On suit leurs pérégrinations vers Meeren jusqu'à ce qu'un incident majeur change une nouvelle fois la donne. M'est avis que Tyrion n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs. Un peu plus au Nord, on suit aussi Daenyris la blanche qui a fort à faire face à l'ennemi intérieur et ses rivaux des cités voisines. Ce n'est pas ce volume qui va la faire remonter dans mon estime tant je trouve qu'elle tergiverse trop et ne semble pas vraiment prendre les problèmes à bras le corps (quand on est souverain, il me semble impossible d'être juste et parfait pour asseoir son autorité). Grosse déception, les dragons qui donnent son titre à ce quatorzième volume ne sont à aucun moment vraiment décrits ou évoqués... Entre ces deux faisceaux, on retrouve quelques personnages secondaires dont on prend par la même occasion quelques nouvelles (Davos et Jaime notamment).

Bonne et rapide lecture, Martin avance ses pions petits à petits et nous réserve encore bien des surprises. Le style inimitable est toujours là, le souffle épique aussi et on est littéralement plongé dans cet univers de complots et d'aventures. Les personnages gagnent encore plus en profondeur et l'ensemble se complexifie à merveille. Idéal pour que le pauvre lecteur-addict geigne en pensant qu'il devra attendre un peu avant de lire la suite... Au moment où j'écris (10 janvier), le volume 15 est sorti depuis un jour. Je vais essayer de me donner minimum un mois avant de replonger dans le royaume des sept couronnes... Point trop n'en faut!

Lu, chroniqués et adorés du même auteur:
- Le trône de fer, intégrale 1
- Le trône de fer, intégrale 2
- Le trône de fer, intégrale 3
- Le trône de fer, intégrale 4
- Le trône de fer, Le bûcher d'un roi, volume 13

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mardi 15 janvier 2013

"L'oeil de Caine" de Patrick Bauwen

9782253123118_1_75L'histoire: Tout le monde cache quelque chose. Votre voisin, votre femme, votre ami... Et si vous pouviez tout savoir? Connaître leurs peurs, leurs secrets intimes? Comme dans "L'oeil de Caine", un reality show qui fascine l'Amérique. Dix candidats, dix secrets. Des gens comme vous et moi. Enfin comme vous surtout. Parce que moi, je ne suis pas au programme: je suis l'invité surprise. Celui qui rôde en attendant son heure. Celui qui va les embarquer là où rien n'est prévu. Dans mon jeu sanglant. Mon propre mystère.

La critique de Mr K: Encore une lecture express et appréciée aujourd'hui avec ce thriller de Patrick Bauwen qe j'ai dévoré en une journée et demi lors de notre séjour périgourdin à Noël. Le temps était bien moche et comme notre hôtesse est fortement adepte de TV et que j'y suis allergique, les raisons étaient réunies pour me plonger dans cette histoire bien alambiquée! Ceux qui nous suivent régulièrement savent qu'au Capharnaüm Éclairé c'est Nelfe la spécialiste en terme de lectures de ce genre. C'est donc un avis de novice en la matière que je vais vous livrer.

On rentre directement dans le sujet avec la réunion des futurs candidats de L'oeil de Caine. Le temps de faire brièvement connaissance avec eux et les voilà partis à bord d'un étrange bus loin des cadillacs prévues... Rien ne va se passer comme prévu bien évidemment et très vite les dix quidams se retrouvent prisonniers d'une ancienne bourgade minière située en plein désert, surveillés et traqués par un mystérieux déséquilibré dont on suit les pensées et les actes un chapitre sur trois. Ce n'est qu'à la toute fin du livre qu'un twist final révélera l'entière vérité... que j'avoue avoir plus ou moins deviné à la moitié de l'ouvrage sans que cela ne me gâche le plaisir de la lecture.

La grande force de ce roman est sa concision dans les descriptions de ses personnages et leur développement qui suit. Ils sont tous plus ou moins des stéréotypes attendus que l'on retrouvent dans la thrash TV d'aujourd'hui: la jeune écervelée érotomane, le manuel au grand cœur, la fausse fragile, l'intelligent repoussant... Derrière le règne des apparences, l'auteur commence très vite à insinuer un sentiment de doute dans la tête de ses lecteurs. Peu à peu des ponts apparaissent entre les différents personnages, des relations anciennes ressurgissent, d'autres se tissent et l'on se retrouve aux deux tiers du roman face à une gigantesque toile d'araignée remarquablement conçue. Rajoutez là-dessus un maniaque particulièrement retors et sanguinaire, vous obtenez un cocktail explosif dont il est difficile de se détourner tant l'addiction est rapide.

Le livre se lit très vite et bien. Les chapitres courts s'enchaînent les uns les autres à toute vitesse laissant à chaque fois le lecteur dans l'expectative, attendant avec impatience la suite des développements! Tous les stratagèmes mis en œuvre dans le domaine par Patrick Bauwen ont fonctionné avec moi. Seul bémol, la fin que j'avais entraperçu à mi parcours mais rien de bien décevant vu la qualité de l'ensemble. Un excellent divertissement pour tous les amateurs du genre.

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mercredi 9 janvier 2013

"Bilbo le hobbit" de J. R. R. Tolkien

 81396274_oL'histoire: Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible. L'aventure tombe sur lui comme la foudre quand le magicien Gandalf et treize nains barbus viennent lui parler de trésor, d'expédition périlleuse à la Montagne Solitaire gardée par le grand dragon Smaug, car Bilbo partira avec eux.
Il traversera les Terres Solitaires et la forêt de Mirkwood dont il ne faut pas quitter le sentier, sera capturé par les trolls qui se repaissent de chair humaine, entraîné par les gobelins dans les entrailles de la terre, contraint à un concours d'énigmes par le sinistre Gollum, englué dans la toile d'une araignée géante...
Bilbo échappera cependant à tous les dangers et reviendra chez lui, perdu de réputation dans le monde des hobbits, mais riche et plus sage.

La critique de Mr K: Beau flashback aujourd'hui avec un "rereading" de choix! Bilbo le hobbit est ni plus ni moins que le premier roman qui m'ait réellement marqué et qui m'a irrémédiablement entraîné sur les sentiers de l'addiction littéraire. Comprenez par là que je n'ai cessé depuis de lire et que ce goût pour les fictions ne m'a jamais quitté. Les aventures de Bilbo furent aussi ma première incursion dans la fantasy et mon intérêt pour le genre est né de ce conte picaresque et initiatique au style intemporel.

L'histoire se déroule une soixantaine d'années avant la trilogie de l'Anneau. Tolkien nous invite à suivre la quête de treize nains de l'antique Erebor pour récupérer leur or et leur ancien royaume. Entre eux et leur but, un dragon du nom de Smaug s'interpose, le challenge promet donc d'être élevé! Pour les aider dans leur expédition, Gandalf le Gris, un magicien aussi puissant que malin leur adjoint un "cambrioleur" représentant de l'espèce des hobbits, petit peuple hédoniste qui aime par dessus tout la tranquillité et la bonne chair. Mais Bilbo Baggins possède des ascendants Touk et c'est cela qui va faire toute la différence... Il va aller là où nul hobbit n'est allé avant lui!

Ce retour au source s'est révélé être un pur bonheur de chaque instant. L'envie m'en avait pris après notre retour du cinéma lorsque Nelfe et moi sommes allés voir l'adaptation de Peter Jackson. Deux jours m'ont suffi pour parcourir les 380 pages de cet ouvrage qui décidément est une pièce maîtresse en la matière. Le ton est résolument léger et l'on est bien plus proche du conte que du récit de fantasy pur, sauf peut-être en toute fin de volume lors de la résolution. L'humour et la dérision sont au rendez-vous, les héros ont leurs faiblesses et le ton épique propre à la trilogie de l'Anneau est absent. L'écriture se fait plus simple mais jamais simpliste, l'auteur allant à l'essentiel dans ses descriptions pour s'attacher au plus près de ses personnages (petit vide à ce niveau dans l'adaptation de Jackson) et narrant avec verve les différents rebondissements. On sent bien que Tolkien via cette histoire a voulu tout d'abord s'adresser aux enfants et adolescents même si c'est un livre qui peut se lire à tout âge. Difficile de retenir des passages en particulier tant l'aventure est prenante du début à la fin... mais si je devais en retenir trois, ce serait le passage avec les trois trolls (très différent dans son déroulé par rapport à la version cinéma), le duel d'énigme avec Gollum (plus d'énigmes dans la version livre!) et la traversée de la forêt de Mirkwood (terrifiante et évocatrice à souhait!).

Ce livre est un "must" que tout amateur de conte, de fantasy et autres genres apparentés doit avoir lu au moins une fois dans sa vie. L'écriture a gardé tout son charme, le temps n'a pas d'effet sur elle, le récit est concis et diablement efficace. Et dire que Jackson a prévu trois films!!! Qu'est-ce qu'il va pouvoir mettre dedans? Sans doute la chasse au nécromancien (trois lignes dans le livre) va être montrée et développée pour attirer les plus âgés... Ce livre est aussi une lecture idéale pour les plus jeunes qui auront l'occasion de suivre le parcours initiatique de Bilbo et s'identifier dans ce personnage si attachant. Pour celles et ceux qui seraient passés à côté, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Lu, apprécié et chroniqué du même auteur:
- Les enfants de Hùrin

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samedi 5 janvier 2013

"L'homme nu" de Dan Simmons

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L'histoire: Et si la solitude devenait impossible? Si, un jour, nous ne pouvions plus nous isoler, fermer notre conscience? Si les pensées, les désirs, les pulsions des autres nous envahissaient à chaque minute, comme des écrans restés allumés? Bremen, un mathématicien, a ce terrible pouvoir de divination. Longtemps, son union avec sa femme Gail, comme lui télépathe, lui a servi de bouclier. Mais Gail meurt d'un cancer, et le voilà seul dans le chaos, livré à la neuro-rumeur du monde...

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui à un de mes auteurs de prédilection avec une de ses premières oeuvres L'homme nu. Nous sommes bien loin des univers SF qu'on lui connaît avec Hyperion, Endymion et autres Olympus. Ce n'est pas non plus un thriller à proprement parlé comme Terreur que j'avais adoré en son temps. Ici, le récit se situe à notre époque et on navigue en plein surnaturel.

Le héros entend les pensées des gens un peu à la manière de Sookie, l'héroïne de True Blood (superbe série soit-dit au passage). Dans son malheur (car c'en est un croyez-moi), il n'était pas seul. Sa femme avec ses pouvoirs médiumiques pouvait fabriquer une carapace mentale qui l'empêchait de devenir littéralement fou. Mais voilà... une tumeur au cerveau et Gail disparaît laissant Jeremy désespérement seul et fragile. Commence alors le début d'une errance contre l'oubli et la souffrance. Les voix intérieures deviennent de plus en plus prégnantes et rien ne semble pouvoir les atténuer. Le héros va passer par tous les stades: il brulera son passé, deviendra SDF et alcoolique, garçon de ferme (devenant par l'occasion la cible d'une serial-killeuse particulièrement retorse) et finira par trouver la rédemption.

Le livre est construit de manière étrange. Deux chapitres de suite narrent ce road movies initiatique puis s'enchaine un chapitre où un narrateur omniscient donne des données sur le passé du héros, sa relation en symbiose totale avec l'être aimé mais aussi ses recherches mathématiques concernant son étrange pouvoir. Les passages tournant autour de processus scientifiques abscons m'ont bien ennuyés il faut bien l'avouer, ayant un esprit purement littéraire. Je ne les ai pas trouvé d'un intérêt crucial pour la compréhension générale de l'histoire et je me suis plus attaché à l'histoire d'amour. Dans ce domaine, le livre fait fort en nous montrant une relation passionnelle qui en devient passionnante. J'ai été touché par le personnage de Gail, son caractère mutin et son amour débordant pour un Jérémy entier et fragile. Les passages se passant sur les dunes d'une plage témoin de leurs ébats sont d'une justesse et d'une beauté rare.

Au final, on peut dire que j'ai aimé ce livre tant les personnages sont vivants et attachants. Quelques pages sont difficiles en terme de compréhension comme dit précédemment mais l'ensemble donne une œuvre bouleversante et réflective sur les liens qui peuvent unir deux êtres et sur la manière dont on pourrait réagir à la disparition de l'autre. À découvrir si le cœur vous en dit!

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- Ilium
- Olympos
- Terreur

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lundi 31 décembre 2012

"Les morts ont tous la même peau" de Boris Vian

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L'histoire: Ce roman raconte l'histoire de Dan, un sang-mêlé (un noir à peau blanche) ayant réussi à se faire une place dans la société des blancs sans que ceux-ci ne sachent rien de ses origines. Sa vie était parfaite jusqu'au jour où un homme disant être son frère vient lui réclamer de l'argent en le menaçant de raconter aux gens ses vraies origines. Menacé, Dan assassinera «son frère», allant au-devant de graves ennuis et d'autres crimes.

La critique de Mr K: C'est chez l'abbé que le présent volume m'a tendu ses petits bras. L'écume des jours est sans aucun doute le livre que j'amènerai sur une île déserte s'il me fallait réduire mes bagages littéraires à un seul livre. C'est dire l'admiration que je porte à cet auteur hors norme qu'est Vian. Dans le même style, j'avais aussi aimé L'automne à Pékin. Avec Les morts ont tous la même peau, je m'attaque à un autre pan de l'œuvre de Boris Vian, sa période américaine comme on dit. Il signait alors ses œuvres du nom de Vernon Sullivan.

Dans ce récit, nous suivons le parcours d'un être torturé. Tout tourne autour du racisme avec cet être blanc, fils d'un noir qui n'accepte pas ses origines et qui a tout fait pour oublier ses origines. Il est videur dans un bar de nuit, trompe sa femme qu'il adore (si si, il paraît que c'est possible!) et mène une vie réglée au maximum. Tout bascule le jour où son frère de sang (noir lui) reprend contact avec lui et lui demande de l'argent. Tout ressurgit, sa carapace s'effondre et le héros commet l'irréparable. C'est le début de la descente en Enfer!

Clairement, le style est très différent et j'ai été déçu. Le récit est classique et en cela maîtrisé même si on n'est jamais vraiment surpris. J'ai trouvé l'histoire plate même si quelques fulgurances sauvent l'ensemble notamment à partir du moment où la machine s'emballe. L'hybris envahit le héros et l'on sait alors que tout fout le camp et que ça va mal finir. Pour autant, je me suis lassé de ce style sans envergure, je préfère tellement plus les délires stylistiques des deux opus cités précédemment. Pour autant, on ne peut pas dire que ce soit un complet ratage, l'objectif est noble et les tensions raciales sont bien décrites mais sur le même thème, on peut trouver dix fois mieux.

Je ne pense pas qu'on me reprendra de si tôt à me replonger dans l'œuvre américaine de Vian. Je préfère garder de lui l'image de ce poète à fleur de peau, l'immortel créateur de Colin et Chloé de L'écume des jours.

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dimanche 30 décembre 2012

"L'Epouvanteur, Tome 2 : La Malédiction de l'Epouvanteur" de Joseph Delaney

epouvanteur 2L'histoire: "Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory", me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie." L'Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. lanquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce?

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La critique Nelfesque: Après avoir lu le premier tome il y a quelques mois dans le cadre d'une lecture commune, je me suis dis que la période de Noël était un excellent moment pour poursuivre cette saga. Je ne lis pas énormément de livre jeunesse mais comme à Noël on retrouve tous un peu notre âme d'enfant, allons-y!

Encore une fois, ce tome est très court. C'est un peu le défaut que je trouve à cette saga pour l'instant (je suis loin de l'avoir terminée donc on verra avec le temps comment cela évolue) car il est difficile de développer comme il se doit les personnages et les intrigues en si peu de pages. Ce roman n'est pas bâclé pour autant mais l'ensemble manque de consistance et c'est fort dommage car il y aurait matière à décrire tout un univers vraiment intéressant.

Les évènements s'enchaînent. On en apprend un peu plus sur le passé de l'Epouvanteur et c'est tant mieux car ça le rend un peu plus "humain". Ce dernier, diminué par une maladie, va devoir faire face à une ancienne tâche fort ardue et mise de côté depuis de nombreuses années. Il va être secondé de nouveau par son apprenti, Tom, qui se montre de plus en plus courageux et va même devoir prendre quelques initiatives ici au péril de sa vie. Bon, disons le tout net, c'est un roman jeunesse... On se doute bien que "le péril de sa vie" est tout relatif ici et que Joseph Delaney ne va pas faire mourir dès le deuxième tome son jeune héros... Du coup on ne tremble pas vraiment et encore une fois je trouve que les déroulements sont beaucoup trop rapides et un peu "improbables" pour vraiment nous toucher mais l'histoire est sympathique et malgré tout on tourne les pages avec plaisir.

Nous retrouvons également Alice, la jeune sorcière, amie de Tom. De tous les personnages, c'est sans doute elle la plus complexe et c'est un peu cette dernière qui me fait poursuivre cette saga. J'ai envie de savoir où l'auteur va nous mener avec cette jeune fille ambigüe. On sent que la frontière est mince entre le bien et le mal chez elle et ça ne m'étonnerait pas que le vent finisse par tourner à un moment donné.

L'Inquisiteur fait également son apparition dans ce tome ainsi que de nombreux personnages religieux. On retrouve bien l'univers moyen-âgeux avec la main-mise de l'Eglise sur la société et la "folie" inquisitrice. Mr Grégory, l'Epouvanteur, doit également faire face à cette menace qui met un peu de piment dans ce tome.

Je vais poursuivre ma découverte de cette saga avec intérêt en espérant que l'on rentre encore plus dans les profondeurs du mal car on sent un réel potentiel de ce côté là. Mais bon, jusqu'où Joseph Delanay peut-il aller dans un roman destiné aux jeunes ados? A suivre donc...

A lire également de même auteur:
- "L'Epouvanteur, Tome 1 : L'apprenti épouvanteur"

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mardi 18 décembre 2012

"Bunker" de Serge Brussolo

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L'histoire: Une angoissante course au trésor dans une maison hantée par des fantômes à croix gammée. Une ancienne cité balnéaire où la jungle crève les trottoirs, où les singes envahissent les cabines téléphoniques. Un vieillard mythomane, concierge d'un bunker abandonné, sentinelle d'apocalypse veillant sur les ruines d'un laboratoire digne des "médecins" maudits du IIIème reich! Au bout du compte, un cocktail au goût de sang.
Quand la folie tire les ficelles du crime, tout est possible, même le pire... Surtout le pire!

La critique de Mr K: Cela faisait bien longtemps que Nelfe et moi n'étions pas retournés chez l'abbé. Devant l'arrivée des grands froids et le relatif calme en terme de travaux dans la maison, nous avons craqué! Au détour d'un bac consacré aux polars, je suis tombé sur ce volume dont la quatrième de couverture m'a tout de suite accroché: Amérique du Sud, jungle, nazisme et chasse au trésor... Tous les éléments d'un bon cocktail littéraire étaient réunis. Je ne me suis pas trompé!

La scène d'ouverture plante direct le décor, nous assistons à l'exécution de la maîtresse officielle d'un chef de guerre local à la cruauté redoutable. Ce premier chapitre est âpre, violent et nous présente Miss O, une passionaria révolutionnaire assoiffée de vengeance. Très vite, nous l'abandonnons au profit de Caine, le héros d'un récit qui va à cent à l'heure. Écrivain à la petite semaine, il est en Amérique du sud pour enterrer son mentor (ex prof de fac) et respecter ses dernières volontés. Ce dernier enquêtait sur Arturo Aguilados, un tyran local amateur des théories raciales d'Hitler et retranché dans un bunker (la fameuse casamuertas) qu'il s'est construit sur une petite île au large d'une cité balnéaire apparemment tranquille. Il y aurait commis des expériences innommables et surtout, il y aurait dissimulé un caché un trésor que beaucoup convoitent.

Très vite, la tension monte. Brussolo est un maître dans le genre et il le prouve ici de la plus belle des manières. L'ambiance est glauque à souhait avec cette cité reconquise peu à peu par la jungle, abandonnée par ses habitants fuyant la violence du gang tenant la mine d'or de la région, le terrorisme incarné par Miss O et la nature qui reprend ses droits. On suffoque avec le héros dans ce climat tropical impitoyable qui transpire des pages. Les personnages sont ambigus à souhait et on ne sait vraiment pas sur quel pied danser. Bien que court, ce récit n'est pas avare en rebondissements et bien malin serait celui qui devinera la fin avant la toute dernière page. Pour ma part, j'ai été littéralement cueilli et séduit par un parti pris pas si courant dans l'édition actuelle.

Le style est percutant et brut de décoffrage. C'est du polar pur et dur, la langue est abrupte, parfois crue. Les personnage sont ciselés en quelques formules bien senties et bien que caricaturaux parfois, ils sont attachants et bougrement vivants. L'addiction est venue très vite et je dois avouer que j'ai veillé bien tard deux nuits de suite pour savoir le fin mot de l'histoire. Une belle expérience entre dépaysement et roman noir que je ne saurais que trop vous conseiller!

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jeudi 13 décembre 2012

"La bête au bois dormant" série le Poulpe, Robert Deleuse

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L'histoire: Gabriel apprenant la mort de Serge Roussel, un de ses anciens camarades de camp disciplinaire, décide d'aller y voir de plus près. Il découvre que son ami était guide en montagne et que pour améliorer son ordinaire, il avait accepté de faire passer des clandestins d'Italie en France. Jusqu'au jour où il se fait éliminer. Enquêtant au sein de compagnies de transports européennes, le Poulpe se retrouve confronté à la bête immonde pas très endormie, dont l'ombre portée obscurcit l'ensemble du globe.

La critique de Mr K: Un petit plaisir aujourd'hui avec une nouvelle aventure du Poulpe à mon actif. Pour ceux qui nous suivent régulièrement, vous connaissez la petit tendresse qui m'envahit lors de mes lectures mettant en scène cet enquêteur hors norme, combattant de première ligne face à l'intolérance et au fascisme ordinaire. Gabriel revient ici et il n'est pas content! Un de ses anciens potes de rébellion est retrouvé mort et les coupables n'ont qu'à bien se tenir... Sauf que très vite, on se rend compte que l'adversaire est de taille!

Une fois de plus, on va voyager avec sieur Lecouvreur. Tout commence comme d'habitude au Pied de porc, le rade attitré du Poulpe, QG improvisé, aux habitués qu'il fait bon de recroiser. Pour les besoins de son enquête, il ira cette fois ci dans le Sud et l'Ouest, et finira chez les helvètes pour un final déconcertant. Pas de rôle important pour Chéryl, sa shampouineuse chérie, petit déception pour moi. On enchaîne avec les chapitres les rencontres ubuesques, véritable plongée dans un univers "grolandesque" à souhait même si la cruauté la plus perfide nous attend au détour de quelques pages bien senties.

Le récit est un peu plus long que d'habitude et les méandres qui le compose sont nombreux et inattendus. Je reste tout de même pour une fois sur ma fin avec un dénouement tarabiscoté et incomplet comme si l'auteur avait voulu en finir vite. Du coup, le lecteur reste dans l'expectative sur le destin de certains personnage et l'enquête à mes yeux n'est pas vraiment clôturée. Au début, j'ai même pensé qu'il y avait sans doute une suite mais après quelques recherches web... nada! Je dois me rendre à l'évidence, ce Poulpe est quelque peu bâclé dans la dernière ligne droite. Dommage car le background était remarquable et les attentes nombreuses.

Pour autant, ce fut une lecture plaisante et un plaisir sans nom de replonger dans le quotidien de Gabriel Lecouvreur. Les dialogues font mouche comme de bonnes répliques d'Audiard et les caractérisations de personnages (en quelques phrases, parfois juste en quelques mots) sont d'une efficacité éprouvée et appréciée. Un petit plaisir coupable en somme.

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes

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mardi 4 décembre 2012

"Contes fantastiques" de Walter Scott

844578558L'histoire: 4 contes fantastiques écrits par l'un des fondateurs du genre outre-Manche.

La critique de Mr K: À l'occasion du déballage de carton qui a suivi notre déménagement, je suis tombé sur cette ouvrage sans couverture issu des "livres du grand père". Sachez qu'ici, ces derniers sont une véritable institution vu le nombre de caisses que les copains et nous devons transporter d'un lieu à un autre à chaque déménagement (à priori, on est pas prêt de recommencer... ouf de soulagement pour les intéressés!). Ils pèsent lourds mais sont d'une valeur sentimentale inestimable. Du sieur Scott, je n'avais lu jusque là que le célébrissime Ivanhoé que j'avais adoré du temps de mon adolescence. Je décide donc de replonger dans son univers...

Le présent volume est constitué de quatre nouvelles: La veuve des Highlands, Les deux bouviers, Histoire racontée par Willie Le Vagabond et Les aventures de Martin Waldeck. Le lecteur se retrouve en présence de textes plus ou moins courts (de 13 pages pour le plus court à 95 pour le plus long). Scott mélange avec finesse des récits purement picaresques avec des éléments fantastiques qui ici sont très succincts mais distillent une ambiance bien particulière entre mystère et superstition. Ces quatre histoires ont pour cadre l'Écosse et ses coutumes, mettent en scène des personnages du crû (des bouviers -conducteurs de troupeaux-, des appelés au service militaire face aux ennemis anglais...) qui vont être confrontés au fantastique au détour d'un chemin ou de leur destin. Mais pas seulement, car derrière ses histoires en apparence anodines, on peut y voir une analyse assez fine de la nature humaine et des travers de notre espèce: l'amour possession d'une mère pour son fils, la jalousie et l'envie mères de tous les vices, l'avarice... autant de paraboles qui donnent une dimension universelle à ces historiettes.

Il faut tout de même s'accrocher car le livre est ancien et le style aussi (comprendre que le temps ne l'a pas forcément bonifié). Les descriptions sont lourdes et pas forcément toujours très utiles à part si vous devez rédiger un mémoire sur les us et coutumes des Highlands. Par contre, pour les amoureux de l'Écosse, vous aurez vraiment l'impression d'y être. Autre défaut tout relatif, la linéarité des récits qui ne réservent aucune réelle surprise et respectent à la lettre les canons du schéma narratif traditionnel, peut-être même trop... Ce classicisme absolu est donc très présent et pourra rebuter certains. Pour autant, le contenu et le message eux n'ont pas vieilli, pour moi l'effort mérite d'être tenté...

Une bonne lecture, certes pas inoubliable, mais intéressante et vraiment dépaysante de part la culture et les moeurs qu'il aborde. À chacun de se laisser tenter ou pas...

mardi 27 novembre 2012

"Globalia" de Jean-Christophe Rufin

globalia L'histoire: La démocratie dans Globalia est universelle et parfaite, tous les citoyens ont droit au "minimum prospérité" à vie, la liberté d'expression est totale, et la température idéale. Les Globaliens jouissent d'un éternel présent et d'une jeunesse éternelle. Évitez cependant d'en sortir car les non-zones pullulent de terroristes et de mafieux. Évitez aussi d'être, comme Baïkal, atteint d'une funeste "pathologie de la liberté", vous deviendriez vite l'ennemi public numéro un pour servir les objectifs d'une oligarchie vieillissante dont l'une des devises est : "Un bon ennemi est la clef d'une société équilibrée".

La critique de Mr K: Cela faisait un petit bout de temps que ce livre me faisait de l'oeil dans ma PAL avant notre déménagement. Le temps a passé, j'ai du me sevrer de lecture pendant un mois à cause des travaux importants que nous devions réaliser et je me suis dit qu'un Rufin serait parfait pour reprendre une des activités que je préfère. Grand bien m'en a pris tant cette incursion dans l'anticipation de cet auteur plutôt spécialiste des romans d'aventures est réussie, inquiétante et prenante.

Globalia nous transporte sur Terre dans un futur possible où la démocratie est absolue, tellement d'ailleurs que le lecteur se rend vite compte qu'elle s'apparente davantage à du fascisme car sous le vernis de la liberté totale d'expression des manipulateurs œuvrent. Au centre de cet univers carcéral-libéral émergent dès les premiers chapitres trois personnages clefs qui n'arrivent plus à vivre dans cette société. Baïkal jeune homme rebelle à qui on a refusé de poursuivre ses étude en Histoire (le passé est à bannir, seul le présent compte) tente à tout prix de rejoindre les non-zones, les espaces de la planètes non couvertes par les bulles protectrices de Globalia, espaces sauvages et inconnus qui fascinent notre héros autant que sa copine Kate qui ne rêve elle que de s'échapper pour rejoindre son bel amant. Ils ont à leurs trousses les autorités de Globalia qui vont tout faire pour se servir d'eux pour consolider leur cause. Là-dessus vient se rajouter le personnage de Puig, journaliste viré pour avoir découvert le pot-aux-roses dans une affaire d'attentat terroriste monté de toute pièce par les autorités. Ces trois là sont faits pour se rencontrer, ça tombe bien... c'est ce qu'il va se passer!

Pour un retour à la lecture, il s'est avéré payant et distrayant à souhait. La SF est un genre que j'affectionne tout particulièrement et je dois avouer que même si cet auteur ne m'a jamais déçu, j'appréhendais cette incursion dans un genre qu'il n'avait jamais approché auparavant. Dieu m'en garde, Rufin assure autant que dans le romanesque. Bien sûr, en filigrane, il y a cette histoire d'amour remarquablement maîtrisée par l'auteur et son goût pour la description pleine de vie de ces personnages et des lieux qu'ils parcourent. Ce qu'il y a ici de profondément nouveau est sa capacité à nous transporter vers un ailleurs futuriste à la fois réaliste (ce n'est pas antinomique) et propice à l'évasion. On y croit et on est plongé dans un ensemble parfaitement pensé et emboîté. Résultat des courses, les pages se tournent toutes seules et petit à petit notre vision de Globalia s'enrichit pour nous donner une vision d'ensemble riche et très préoccupante. Le background épouse la trame et donne un grand roman d'anticipation mais aussi d'amour et de solidarité.

J'ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Ron Altman qui se révèle être un personnage complexe et creusé à l'extrême. Plus qu'un simple "méchant", il est le double maléfique de Baïkal, son doppelganger à la fois créatif et destructif. A la manière de la Shiva hindouiste, il crée un univers et même des personnes (voir le contrat qu'il propose au héros) mais peut, quelques temps après détruire ou se détourner de ses créations. La nuance est donc de mise du début à la fin tant au niveau des personnages que de la société globalienne dans sa description et son fonctionnement. Cela laisse amplement le temps au lecteur de douter, de s'interroger, de prendre position, de retourner sa veste, de re-retourner sa veste... Bref, on a face à soi un livre à la fois réflectif et purement récréatif.

Je vais me répéter mais il faut lire Jean Christophe Rufin, le gouter, le déguster et le digérer. Il n'a pas son pareil pour littéralement transporter dans son univers le lecteur, le déraciner mais aussi l'interroger sur le monde actuel. Une belle œuvre d'anticipation que je conseille vivement à tous.

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Posté par Mr K à 18:38 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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