jeudi 9 août 2012

"Le proscrit" de Sadie Jones

le-proscritL'histoire: A Waterford, dans la banlieue de Londres, tout le monde va à l'église et fête Noël dans l'insouciance. Une façade d'hypocrisie qui se fissure le jour où Lewis, dix ans, assiste impuissant, à la noyade de sa mère.

Privé du réconfort d'un père à peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accablé par le veuvage, Lewis se rétracte dans la douleur et sombre peu à peu dans le doute, la solitude, puis la révolte...

En 1957, quand il sort de prison où il vient de passer deux ans, il n'a que dix-neuf ans... Alors qu'au village personne n'attend son retour, le proscrit, l'exilé tourmenté, pourrait bien tout faire exploser...

La critique Nelfesque: Lecture commune mise en place par Jules, j'ai profité de mes congés estivaux pour me plonger dans ce roman dont la quatrième de couverture m'avait accrochée.

Mise à part le style thriller/polar, j'affectionne les drames dans la littérature contemporaine, et tout particulièrement quand il est question d'enfants. Nous suivons ici, Lewis, un petit garçon tout ce qu'il y a de plus normal avec une mère aimante et des jeux d'enfants. Malheureusement, la noyade de sa mère, à laquelle il assiste impuissant, va chambouler sa vie. Non seulement il perd l'être qu'il aime le plus au monde mais il perd également sa seule source d'affection. Il va dorénavant déambuler dans une vie froide et sans amour avec un père glacial qui ne va pas tarder à se remarier avec une femme plus jeune, pleine de bonnes volontés, mais qui va se planter sur toute la ligne.

"Le proscrit" est l'histoire d'une descente aux enfers pour un petit bout de chou qui voit sa vie basculer par manque d'attention et tomber dans des dérives "délinquantes" pour l'attirer. L'alcool, l'automutilation, l'agression verbale et physique seront autant d'appels à l'aide que personne n'entendra...

Cette lecture émeut au plus profond et l'on a une tendresse particulière pour ce jeune héros que l'on suit jusqu'à l'âge adulte et que l'on veut voir s'en sortir. Méchanceté gratuite des enfants, incompréhension des adultes (on est bien là avant Dolto il n'y a pas de doute), Lewis ne trouvera aucune main à se raccrocher si ce n'est celle de la petite Kit dont il est l'exemple depuis qu'ils sont tout jeunes.

"Le proscrit" est un roman que je conseille pour la complexité psychologique des personnages, pour l'émotion qu'il suscite et pour l'écriture de Sadie Jones qui s'accorde à merveille avec l'histoire et nous livre une oeuvre loin du pathos et des personnages loin du manichéisme.

L'avis de ma compagne de LC: Jules

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mercredi 8 août 2012

"Bye bye Blondie" de Virginie Despentes

BBBVDL'histoire: Une fille qu'on rencontre en HP n'est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences, il pensait que c'était ça l'amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu'ils arrivent sur l'autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s'entraîner au fond. Il est temps de renoncer...

Gloria a été internée en hôpital psychiatrique. Contre toute attente, la punkette «prolo» y a rencontré Éric, un fils de bourgeois aussi infréquentable qu'elle; ils se sont aimés comme on s'aime à seize ans. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les a séparés. Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent.

La critique de Mr K: Une sacrée claque à mettre une fois de plus au crédit de Virginie Despentes avec ce Bye Bye Blondie, romance amoureuse crépusculaire mettant en scène une héroïne déglinguée qui survit comme elle peut. Gloria est despentienne à souhait: punk rockeuse tant au niveau vestimentaire que dans l'esprit (elle rentre dans tout ce qui bouge), en marge avec sa famille, elle vivote et se défonce. Suite à un dérapage de trop, elle se retrouve internée et c'est là qu'elle va rencontrer Éric, le premier être qui l'attire vraiment et l'apprécie malgré ses défauts (bavarde, agressive et forte en gueule). Mais l'idylle est de courte durée et ce n'est que quinze ans plus tard que les amants vont se retrouver, mais beaucoup de choses ont changé depuis...

Le roman est court mais d'une densité incroyable. Les personnages sont très fouillés, l'écriture à fleur de peau (marque de fabrique de cette auteur) dresse d'un trait juste et direct une jeune femme sans réels repères, très attachante et un homme épris d'amour ne sachant plus comment dompter sa maîtresse endiablée (aucune connotation SM dans cette dernière expression!). Gloria illumine de son fiel et de sa fougue les pages de ce livre. Éric est attiré vers elle comme un papillon de nuit sur une ampoule, leur relation embrase les pages et emporte avec lui le lecteur non prévenu. Il faut s'y attendre avec Virginie Despentes c'est tout ou rien... Ici c'est un grand tout avec un grand A comme Amour, l'histoire de ce couple est d'une rare intensité et d'une beauté crue, les étreintes sont décrites avec sensualité et force sans jamais tomber dans le vulgaire. On ressent pleinement l'osmose qui peut exister entre deux êtres au début d'une relation passionnée. On est chamboulé, retourné, plein d'espérance et l'auteur se joue de nous en autopsiant les réactions de l'héroïne et en la suivant au quotidien. Petites pierres par petites pierres, Despentes construit une bien belle et bien sombre histoire.

Quitte à me répéter, on ne sort pas indemne d'une lecture de Despentes. On aime ou on n'aime pas, pour ma part j'ai déjà eu l'occasion dans ce blog de dire tout le bien que je pense d'elle. Que dire? Ce roman est un de ses meilleurs, elle a su me bousculer tout d'abord en m'invitant à pénétrer l'esprit d'une femme, à en percer les secrets et à comprendre ses motivations. Elle a su aussi séduire mon côté fleur bleue avec cette romance à la fois désespérée et lumineuse. Tout va vite et fort, on est dans l'extrême, il ne faut perdre une seconde, le bonheur est si fragile nous semble nous dire les personnages... Love, sex, drugs, punk rock and jet set sont les éléments de ce cocktail explosif que je vous invite à tester au plus vite!

Oeuvres de Virginie Despentes aussi chroniquées au Capharnaüm Éclairé:
- Les chiennes savantes
- Les jolies choses
- King Kong theorie
- Apocalypse bébé

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vendredi 3 août 2012

"Dernières nouvelles de la Terre..." de Pierre Bordage

derniere-nouvelle-terre-10L'histoire: N'est-il pas trop tard? Pour faire un enfant, pour revoir les siens après trente ans de vie extraterrestre, pour dire non à la guerre et à l'endoctrinement... dans les mondes où nous projette Pierre Bordage, la dégradation de l'espèce humaine et de la terre a atteint son apogée. Se rebeller c'est mourir, au mieux se venger.

Comment respirer, comment sortir de "notre insondable prison"?

Pierre Bordage nous offre, en guise d'évasion, une nouvelle noire, une version de la quête de Perceval digne d'un jeu vidéo, un récit de pirates, une nouvelle historique où il campe Jules Verne enfant. Seuls les conteurs peuvent faire en sorte que "la minuscule planète bleue perdue dans un bras spiral de la Voie lactée" ne quitte pas les mémoires.

La critique de Mr K: Un petit plaisir aujourd'hui avec un recueil de nouvelles d'un de mes auteurs préférés: Pierre Bordage. 15 textes composent le présent volume, 15 nouvelles écrites pour l'occasion ou tirées d'ouvrages collectifs. On passe allègrement d'un genre à un autre même si la SF domine largement la sélection qui nous est ici délivrée. J'avais bien aimé le recueil Nouvelle vie et autres récits, c'est donc avec une joie non feinte que je décidai d'entamer ma lecture.

La lecture fut très rapide et le plaisir s'est renouvelé à chaque nouvelle, à part peut-être pour une ou deux (Pedrito, De ma prison) que j'ai trouvé un ton en dessous. Bon rapport qualité / quantité ici donc, ce qui n'est pas le cas de nombre de livres composés de nouvelles. On retrouve dans les histoires toutes les thématiques chères à l'auteur: la planète Terre, le futur et ce que l'homme va en faire, le thème de l'enfance qui revient ici à plusieurs reprises (très très belle nouvelle que La voix du matin que je vais du coup traiter en classe avec mes loupiots), l'écrivain et ses admirateurs (Sources, la nouvelle courte et efficace qui entame le volume), la guerre est elle aussi très présente avec la fabuleuse nouvelle Une plage en Normandie et la très réussie Fort 53 (variation SF autour du mythe du Graal), l'aventure avec un grand A avec une nouvelle épique (Eh! Oui, ça existe!) mettant en scènes flibustiers et créatures mythiques (Le chant de l'Esgasse) et aussi la religion avec le très beau texte La nuit des trois veilleurs.

Une nouvelle sort du lot car elle appartient clairement au roman noir. Mauvaise nouvelle frappe là où ça fait mal et nous rappelle que Bordage est aussi un très bon écrivain de polar. Il est ici incisif et implacable. Le lecteur est promené du début à la fin et on referme cette nouvelle avec une sueur glacée tant la pression monte en puissance. Il est question de vengeance et d'innocence bafouée, je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler...

Au final, ces Dernières nouvelles de la Terre est un excellent recueil de nouvelles qui ne fait que conforter ma profonde admiration pour l'homme et l'oeuvre. L'optimisme n'est certes pas au rendez-vous et l'ambiance est bien sombre mais ces récits sont à la fois récréatifs et réflectifs. D'un abord aisé, le style de l'écrivain fait une fois de plus merveille, nous plongeant dans des mondes, des univers et même des genres différents. Cet ouvrage me paraît être un très bon choix pour une première entrée en matière dans l'univers de cet auteur captivant. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Autres Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes
- L'Evangile du Serpent
- Griots célestes
- Nouvelle vie et autres récits

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lundi 30 juillet 2012

"genetiks™ [I]" de Marazano et Ponzio

genetiksL'histoire: Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture. Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir? Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique Nelfesque: Nous sommes rentrés des Utopiales 2011 avec entre autres dans nos valises le premier tome de la série BD "génétiks" de Marazano et Ponzio. Il s'agissait d'un exemplaire cadeau et ce fut l'occasion d'une découverte intéressante.

Je ne me serai pas procurée de moi-même cet ouvrage car le dessin ne me plait pas du tout. Certes, ça ne fait pas tout dans une bande dessinée mais c'est tout de même un point très important. J'ai donc fait fi de cela afin de me concentrer sur l'histoire. En effet, le dessinateur utilise pour cette série la technique de rotoscopie, technique cinématographique qui consiste à relever image par image les contours d'une figure filmée en prise de vue réelle pour en ne transcrire la forme et les actions dans un film d'animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés. Certains adhèrent, d'autres non. Je fais partie de cette seconde catégorie. Certes cela donne du dynamisme mais je trouve les dessins beaucoup trop froids et figés.

Et l'histoire alors? Nous sommes ici dans un thriller scientifique, un genre que je n'ai pas l'habitude de lire que ce soit en littérature ou en BD. Thomas Hale est chercheur au sein du laboratoire "genetiks". Comme tous les employés, il a donné lors de son arrivée dans l'entreprise un échantillon de son ADN. Le laboratoire a traité cet échantillon, comme les centaines d'autres en leur possession, et ont trouvé dans l'ADN de Thomas des données primordiales pour leurs recherches. Thomas se retrouve donc "acheté" par la firme et ne dispose plus librement de sa personne. Ce premier tome pose les bases de questionnements tels que l'éthique, le vieux fantasme de l'immortalité, les mutations génétiques...

"génétiks" est une BD cinématographique et l'on s'imagine aisément cette histoire sur grand écran. Les rebondissements sont nombreux, le sentiment d'oppression présent... en un mot ce premier tome est haletant et annonce une histoire surprenante. Je lirai sans doute à l'occasion la suite, sans pour autant vouloir la conserver dans ma bibliothèque faute aux dessins qui vraiment m'insupportent. Dommage...

Planche_bd_GENETIKS
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vendredi 27 juillet 2012

"L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson

ileautresorL'histoire: Dans l'auberge tenue par ses parents, le jeune Jim Hawkins fait la connaissance fortuite d'un vieux marin moribond et pétri d'alcool sur qui pèse une terrifiante menace. Après le décès du marin et celui de son propre père, Jim découvre dans les bagages de Billy Bones une carte au trésor, promesse de fortune et d'aventures. Il partage sa découverte avec le docteur Livesey et le chevalier Trelawney, qui embarquent avec lui sur l'Hispaniola. Long John Silver, dont le perroquet ne quitte jamais l'épaule, fait également partie du voyage. Arrivés sur l'île, une bande de pirates dont John Silver se révèle être le capitaine, tente de s'emparer du trésor, multipliant contre l'équipage de Jim les attaques et les traîtrises.

La critique de Mr K: Mme M., la documentaliste de mon bahut, fait les soldes à sa manière! Dans sa remise sont délaissés des centaines d'ouvrages décrépis, à exemplaires multiples, que l'on étudiait en classe avec nos chers têtes blondes. L'édition vieillissant et les gamins ayant changé, j'ai récupéré entre autre pour ma part un exemplaire de L'île au trésor de Stevenson avec sa magnifique couverture kitsch de l'édition de 1975 du Livre de Poche. Je sais que je m'enfonce en disant cela mais je la trouve vraiment tripante et représentative du contenu.

Ce bouquin est un monument! Il avait marqué mes débuts de lecteur à 8 ans, aujourd'hui la trentaine passée, je l'ai redécouvert et le charme opère toujours autant! Je l'ai littéralement dévoré en un après-midi, le samedi soir ayant été rude suite à une fête chez les voisins, j'étais en repos forcé... mais je m'égare! Je me suis plongé avec délice dans cette histoire de quête au trésor et de piraterie. Clairement, avec ce classique on est face à un des meilleurs roman d'aventure jamais écrit. Ce qu'il y a de fascinant, ce sont les différents degrés de lecture qu'il possède.

Tout d'abord, il y a le côté aventure pure et dure qui fonctionne toujours à plein. On embarque avec le jeune Jim sur l'Hispaniola et l'on vit les péripéties avec lui: la rencontre avec la figure tutélaire de Long John Silver (il aurait mérité qu'on écrive sa bio tant il semble à peine effleuré dans l'ouvrage), la traversée de l'océan vers l'île mystérieuse, la mutinerie et l'échappée belle vers le fortin, la révélation sur le trésor... C'est aussi l'histoire de la vie, la voie vers la maturité à laquelle nous convie l'auteur à travers la figure de ce gosse qui devient homme peu à peu en affrontant de nombreux périls.

L'écriture n'a pas pris une ride, on est plongé dans l'époque sans fioriture avec une économie de description qui permet aux plus fragiles des lecteurs de s'accrocher à une histoire maîtrisée pleine de rebondissements et à un message universel: qui en effet, n'a jamais rêvé d'un trésor caché dans sa prime jeunesse? L'écriture est magnifique de simplicité et d'accessibilité sans pour autant sacrifier l'émotion et l'évocation: on boit du rhum avec les pirates, on se perd dans la jungle de l'île, on surnage au milieu des courants côtiers avec Jim et on guète l'homme à la jambe de bois sur la falaise attenante à l'auberge de l'amiral Benbow, on tremble face à l'aveugle et la malédiction de la tâche noire.

Cette lecture fut pour moi l'occasion d'un retour en arrière vers une expérience qui fut essentielle dans ma vie de lecteur, un flashback vers l'enfance et l'opportunité de faire un point sur mon parcours de lecteur... Nostalgie quand tu nous tiens! J'aimerais tellement revenir à cette divine époque où je lisais tellement intensément ces romans d'aventure qu'ils peuplaient ensuite mes nuits à travers mes rêves. Une oeuvre cultissime entre toutes!

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mercredi 25 juillet 2012

"Le dernier rendez-vous" de Catherine Briat

rendezvsL'histoire: Le dernier rendez-vous, celui qui change tout quand c’est déjà trop tard... Pierre a atteint cet âge où l’on sait que l’on aborde l’ultime tronçon de la route. Il est seul, en sursis, mais a encore des ressources et une volonté d’accomplissement. Sa rencontre avec Marie va le décider à vivre jusqu’au bout comme il ne l’avait jamais fait. Tous deux iront alors à la rencontre de leurs désirs les plus profonds et trouveront ce qu’ils n’avaient pas encore cherché.
Un dernier rendez vous avec l’amour, avec le temps qui reste, quand on se met à rêver d’éternité.

La critique Nelfesque: "Le dernier rendez-vous" est un roman doux, paisible. Ici, pas de rythme à 100 à l'heure, pas de mondialisation, pas de société de consommation... Catherine Briat se rapproche des valeurs sûres et des choses simples: l'amour et la découverte de l'autre.

Pierre est à la fleur de l'âge, celui où on n'est plus tout à fait jeune mais pas encore vieux pour autant, l'âge où les premiers pépins de santé arrivent, où les désillusions ont été nombreuses et où seule compte la liberté. Lors d'un voyage à Florence, il fait la connaissance tout à fait par hasard, lors d'une vraie rencontre de cinéma, de Marie, une femme plus jeune que lui, belle et simple. Là débute l'histoire. Un homme, une femme, chabadabada chabadabada...

En suivant ces deux personnages, nous passons par tous les stades d'une relation: la rencontre, les plaisirs de la découverte, les petites attentions... mais très vite, ces deux adultes qui ont vécu avant de se connaître l'un l'autre voient ressurgir leurs démons et l'état de grâce ne dure guère.

"Le dernier rendez-vous" est à l'image de la vie. Fait de hauts et de bas, de bons souvenirs et de passages amères. La lassitude s'installe, l'un ne voit pas la relation comme l'autre et l'histoire repart à l'envers.

Une relation amoureuse peut-elle se vivre sereinement? D'autant plus quand elle semble être la dernière? Compte-t-elle plus qu'une autre? Voilà ce sur quoi l'auteur nous interroge avec son roman. Des réponses bien difficiles à amener tant il y a de schémas de vie différents. Reste une très jolie lecture qui laisse une impression de plénitude une fois la dernière page tournée.

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lundi 23 juillet 2012

"Les cosmonautes du futur - Tome 1" de Lewis Trondheim et Manu Larcenet

cosmonautesL'histoire:

- Tu sais Gildas, il faudra qu'on parle vraiment un jour... ça ne peut plus durer ces histoires d'extraterrestres...
- C'est vrai, tu as raison. Dès que je peux, je les extermine tous.
- Sérieusement, Gildas... tu ne crois quand même pas qu'il y a des Aliens partout?
- Et pourquoi pas? La terre présente un énorme intérêt économique. Il y a plein de tonnes de gâteaux, de bonbons et de jeux vidéo...

La critique Nelfesque: Notre voisin, amateur de bandes dessinées comme nous (on s'est bien trouvé), m'a prêté cette BD de Lewis Trondheim et Manu Larcenet dont je n'avais jamais entendu parler.

Manu Larcenet est un auteur que j'aime beaucoup. J'aime sa façon sensible de voir la vie dans ses BD, son bonheur des choses simples, notamment dans "Le combat ordinaire" et "Le Retour à la terre". Il a aussi un côté décalé et très drôle que j'apprécie et qui dédramatise des situations souvent lourdes (humour que l'on retrouve dans "La Légende de Robin des Bois" par exemple).

On retrouve dans "Les cosmonautes du futur" les différents éléments qui font la "patte Larcenet". N'en oublions pas pour autant Lewis Trondheim qui collabore ici à la réalisation de cette bande dessinée.

Gildas et sa copine Martina ont deux conceptions différentes du monde qui les entoure. Ils sont d'accord pour dire qu'ils ne sont pas sur la bonne planète mais là où l'un pense que les "humains" qu'ils cotoient sont des extraterrestres, l'autre dit que ce sont des robots. D'abord loin d'être copains, comme les garçons et les filles de leurs âges, ils vont s'allier pour découvrir la vérité. L'enquête débute et les situations cocasses s'enchaînent. Les répartis sont savoureuses et la fin nous montre une fois de plus que souvent la vérité sort de la bouche des enfants. Une BD à découvrir.

cosmonautes 1
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jeudi 19 juillet 2012

"Oscar et la dame rose" d'Eric-Emmanuel Schmitt

oscarL'histoire: Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans.
Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la "dame rose" qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants.
Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.

La critique Nelfesque: Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur que j'aime beaucoup. Après avoir lu et fort apprécié "La Part de l'autre" et "L'Evangile selon Pilate", c'est à "Oscar et la dame rose" que je me suis attelée dans le cadre du challenge "Livra'deux pour pal'Addict" que j'ai entrepris avec ma copinaute fée-tish. Elle avait vraiment beaucoup aimé ce roman et me l'a conseillé. Ni une, ni deux, il était entre mes mains.

"Oscar et la dame rose" est un roman dur. La maladie mortelle d'Oscar est injuste et triste. Ce petit gamin de dix ans n'a plus que quelques jours à vivre et rien que cette idée est inadmissible. Pourtant c'est un fait et plutôt que de nous apitoyer sur son sort, Eric-Emmanuel Schmitt nous offre un roman plein de sérénité, d'amour et d'humour.

Mamie Rose va donner les clés à Oscar pour faire de ces derniers jours à vivre des moments exceptionnels. Personnage positif, idéaliste et farfelu, elle va faire de ses 12 jours qui le séparent de la fin, 12 années où chaque minute est l'occasion de nouvelles expériences. Oscar grandit donc plus vite qu'il ne le devrait, urgence de vivre oblige, et vit en quelques heures son premier amour, son premier baiser, ses premières décisions d'"adulte"... Le petit Oscar si frêle et à l'apparence si fragile va s'avérer être un vrai petit homme courageux et intrépide. Plutôt que de penser à la mort, il va penser à la vie et vivre ses derniers moments heureux.

J'ai vraiment été touchée par ce cours roman qui se lit très vite (à peine 100 pages) et condense dans ses quelques lignes poésie et ondes positives. Il y a une notion de religion dans cet ouvrage mais il faut plus y voir un prétexte trouvé par Mamie Rose afin de faire sortir les sentiments d'Oscar. Je pense qu'athés et agnostiques peuvent lire ce roman sans y ressentir (trop) de bons sentiments de culs bénis. Certes il est question de Dieu assez souvent mais il n'est que l'interlocuteur imaginaire de ce petit garçon pour qui la notion de religion est bien abstraite. C'est dire...

Au final, j'ai ri, j'ai été émue, j'ai ressenti des émotions à la lecture de ce roman d'Eric-Emmanuelle Schmitt que je n'ai pas fini de découvrir avec beaucoup de plaisir. Merci fée-tish pour ton appel du pied ;)

Livra'deux pour pal'Addict

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mercredi 18 juillet 2012

"L'homme aux cercles bleus" de Fred Vargas

homme aux cercles bleusL'histoire: "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon...

Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent: un maniaque, un joueur.

Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique.

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui dans l'univers si particulier de Fred Vargas avec cet ouvrage qui est le premier où apparaît le commissaire Adamsberg, figure tutélaire de l'oeuvre de cette écrivain qui n'a pas son pareil pour planter un décor et distiller une ambiance. Dans cette première enquête, l'accent est mis sur la figure de ce policier pas comme les autres, sur son second Danglard et sur les rapports qui vont s'instaurer entre eux deux. Finalement l'enquête passe au second plan donc si vous cherchez une histoire haletante, passez votre tour... L'intérêt ici est tout autre.

Pour autant, l'enquête est là. Elle est loin d'être inintéressante, on se demande bien qui a cette idée saugrenue de tracer des cercles à la craie bleue pour cerner des objets et des débris sans importance. On pense tout d'abord à un artiste amateur de happening ou avide de faire le buzz comme on dit désormais. Mais voilà, le sang finit par couler et on se doute qu'un esprit dérangé se cache derrière cet individu à la manie étrange. La révélation est réussie même si le cheminement de la réflexion d'Adamsberg est ici tortueux et elliptique. Clairement, Vargas s'intéressait à autre chose qu'à ces cadavres égorgés...

L'intérêt principal de l'auteur se porte sur ses personnages comme d'ailleurs dans l'ensemble de son oeuvre. Comme ce volume est plutôt court (220 pages), il a fallu qu'elle fasse des choix et au centre de ceux ci on retrouve Adamsberg. Première apparition pour lui, comme je le disais plus haut, on le retrouve toujours aussi brumeux et perché, semant la confusion dans l'esprit de ses subordonnés, en premier lieu dans la tête de Danglard son fidèle lieutenant amateur forcené de vin blanc et de savoir livresque. On retrouve cette étrange alchimie qui fera la gloire de ce duo atypique dont les liens sont aussi étroits que difficiles à cerner: attirance / répulsion, admiration / consternation... Toujours est-il qu'on ne s'ennuie jamais en leur compagnie et qu'il est difficile de lâcher le livre avant sa dernière page. Rajoutez à cela un bel aveugle ronchon, une chercheuse en faune sous-marine retorse et une ex-fantôme d'Adamsberg (la fameuse Camille) et vous avez une bien belle galerie de personnages hauts en couleur.

J'ai donc passé un excellent moment en compagnie de ces êtres de papier, pas de réelle originalité dans l'histoire mais toujours le même talent de conteuse pour Vargas avec son écriture si particulière entre simplicité et humour fin. On sourit donc, on s'interroge, on cherche avec les héros... bref, on est immergé, le piège se referme sur le pauvre lecteur qui ne peut que constater impuissant son addiction! Que demander de plus?

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- L'Homme à l'envers
- Sous les vents de Neptune
- Dans les bois éternels
- Un lieu incertain

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mardi 17 juillet 2012

"L'Invisible" de Robert Pobi

invisibleL'histoire: Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jake Cole revient pour la première fois depuis près de trente ans dans la maison où il a grandi. Son père, un peintre reconnu et célébré dans tout le pays à l’égal de Jackson Pollock, y vit reclus depuis des années, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Son état a récemment empiré et une crise de démence l’a conduit à l’hôpital. Si ses jours ne sont pas en danger, ses moments de lucidité sont rares. Jake est lui aussi un artiste en son genre. Travaillant en indépendant pour le FBI, il possède un don unique pour lire les scènes de crime et entrer dans l’esprit des psychopathes.
Lorsque le shérif lui demande de l'aider à résoudre un double assassinat, Jake fait vite le lien avec le crime du passé, jamais résolu.
Alors que la ville, menacée par un terrible ouragan, est en pleine évacuation, les meurtres se succèdent et Jake est bientôt convaincu que son père connaît l'identité de l'assassin. La clé réside-t-elle dans les 5 000 mystérieux tableaux qu’il a peints inlassablement ces dernières années et qui semblent constituer une sorte d’étrange puzzle ?

La critique Nelfesque: J'ai terminé ce roman hier et je ne peux pas faire autrement, il FAUT que je vous en parle aujourd'hui. Comme une urgence. Une urgence qui a pris naissance au cours de ma lecture et qui n'a fait que s'accroitre.

"L'Invisible" est un thriller à part. Commençant comme un policier lambda, il faut attendre la moitié du bouquin pour sentir poindre un petit quelque chose qui ne va faire que grandir au fil des pages. La première moitié n'est pas particulièrement difficile à lire mais je n'ai ressenti d'intérêt qu'à mi chemin de cette lecture. Le petit intérêt se transforme rapidement en course contre la montre, en sentiment d'urgence, pour finir dans un final de dingue et un retournement de situation magistral. C'est bien simple, je n'ai plus pu le lâcher.

Jake est un flic du FBI de retour dans sa ville natale pour régler un problème personnel avec son père. Ce retour aux sources n'est pas chose aisée puisqu'il est en froid avec son paternel depuis la mort sordide de sa mère, retrouvée écorchée vive à côté de sa voiture une nuit d'été. Entre problèmes familiaux, vieux démons et une nouvelle enquête qui pointe le bout de son nez et fait échos étrangement à son histoire personnelle, Jake va cheminer sur une route de plus en plus opaque, dans une ambiance pesante et apocalyptique.

Un ouragan approche de Montauk. Robert Pobi fait de cette condition climatique, qui pourrait n'être qu'anecdotique, un élément majeur qui condition son histoire, le rythme donné à son roman et son écriture. Il frappe un grand coup et par ce biais marque le lecteur et offre un thriller "avec un truc en plus". Rajoutez à cela que "L'Invisible" est le premier roman de Robert Pobi et c'est le double combo dans ta face! Ils ont le nez fin chez Sonatine! J'ai bien hâte de voir les prochains écrits de ce monsieur et suis ravie d'avoir lu ce premier roman surprenant.

Il est difficile de parler de cet opus sans en dévoiler plus qu'il n'en faut. Il fait parti de ces oeuvres qu'il faudra relire pour déceler les indices à côté desquelles nous sommes passés. Une chose est sûre, je me suis faites complètement bernée et la fin m'est tombée sur la tronche sans que je m'y attende. Et qu'est ce que c'est bon!

Pour les psychopathes de thrillers dont je fais partie, sachez que les découvertes de corps sont glauques et "tordages de nez" (mention spéciale au dernier meurtre qui est on ne peut moins "original" (ça c'est pour le côté sanguinaire)), les personnages sont intéressants de part leurs psychologies et leurs vécus (ça c'est pour le côté noir) et le tout est servi avec une écriture propre à l'écrivain, loin de la facilité (ça c'est pour le côté exigeant!).

Vous faites quoi là!? Vous ne courez pas chez votre libraire!? Et bien vous avez tort!

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