lundi 26 décembre 2011

"Le monde enfin" de Jean Pierre Andrevon

andrevonlmeL'histoire: Un vieil homme à cheval parcourt la France, vidée de ses habitants comme la totalité de la planète, à la suite d'une pandémie foudroyante quarante-cinq ans plus tôt. En chemin, il traverse des villes envahies par la végétation et peuplées par des animaux sauvages, ainsi que quelques communautés de survivants octogénaires. Au crépuscule de savie, égrenant ses souvenirs, il veut une dernière fois voir la mer.

Dans ce monde désert, quelques destins se croisent: une femme cherche désespérement à mettre un enfant au monde, l'équipage de la première expédition avortée vers une autre étoile atterrit en catastrophe. Mais l'existence de ces survivants n'est peut-être pas due au hasard: quel est ce météore bleu vif que les rescapés aperçoivent parfois dans le ciel? Un espoir venu d'ailleurs ou le dernier signe de l'apocalypse?

La critique de Mr K: La fin de l'espèce humaine! En voila une accroche! Quand j'ai vu ce volume chez l'abbé, il ne m'a pas fallu longtemps pour jeter mon dévolu dessus. Quand en plus, je me suis rendu compte qu'il avait été écrit par l'auteur de Gandahar, je me suis dit banco! Ben... je me suis trompé!

Ce livre raconte la destinée de quelques survivants suite à la disparition massive des hommes à cause d'un virus foudroyant qui par contre a épargné toutes les autres formes de vie tant végétales qu'animales. La Nature a donc repris ses droits et l'on retrouve dans cet ouvrage un souffle épique teinté de misanthropie extrême qui n'est pas pour me déplaire. Cet aspect est ici bien traité et l'auteur tout au long des 634 pages se plait à nous décrire avec une multitude de détails à la manière des naturalistes du XIXème siècle la reconquête de la flore et les rites de la faune, nouveaux souverains de la planète Terre.

C'est justement au niveau du parti pris d'écriture que le bas blesse... Il ne se passe pas grand chose durant ces 634 pages! Ca fait une somme de descriptions assomantes et pas forcément très utiles. Au bout de 100 pages, l'ennui commence à pointer son nez mais on se prend à rêver qu'il s'agit pour Andrevon de bien planter le décor... Que nenni! La ligne directrice ne change pas d'un iota jusqu'à la dernière ligne pour arriver à une conclusion mille fois lue et pour moi pas assez ambitieuse et réaliste. L'auteur laisse entrevoir un vague espoir pour la race humaine alors que depuis le début il nous décrit un apocalypse irréversible... De qui se moque-t-on?

Bref, voilà une lecture fort dispensable! J'ai décroché pas mal de fois mais j'ai persisté par égard envers l'auteur, personnage haut en couleur que j'apprécie humainement. Pas sûr du tout par contre que je replonge un jour dans sa littérature...

Jean Pierre Andrevon déjà chroniqué ici même:
- Un horizon de cendres
- Tout à la main

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vendredi 23 décembre 2011

"Cul-de-sac" de Douglas Kennedy

culdesacL'histoire: Cul-de-sac est le récit d'un voyage au paradis des grands espaces australiens qui vire au cauchemar éveillé. Nick, héros bien malgré lui de ce thriller féroce, n'avait rien contre ce pays avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune. Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein coeur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d'un clan d'allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard. Nick, désormais n'aura qu'une seule obsession : comprendre ce qu'il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille.

La critique Nelfesque: "Cul-de-sac", aussi connu sous le nom "Piège nuptial", est un bon petit roman noir qui tient le lecteur en haleine. Certes il ne révolutionne pas le genre et peut même s'avérer redondant et peu original pour les amateurs de films d'horreur (dont je fais partie) mais j'ai tout de même été séduite par cette oeuvre qui a le mérite d'être accrocheuse.

Dès les premières phrases, l'aspect familier de l'écriture de Douglas Kennedy permet au lecteur de "sympathiser" avec Nick, le personnage principal. J'ai tout de suite aimé ce personnage naturel, aware et peacefull. Nick est américain et débarque en Australie pour visiter le pays sans stress ni contrainte. A partir de là on embarque avec lui dans son trip au coeur de bush, les kilomètres défilent, ses rencontres sont nos rencontres... L'auteur décrit à merveille les ambiances et paysages australiens et les pages défilent.

Puis vient le moment où Nick se fait avoir "comme un bleu" et entre dans la plus grosse galère de sa vie. A partir de là, comme je le disais précédemment, l'originalité n'est pas la vertue principale du roman mais encore une fois Douglas Kennedy nous dépeint tellement bien une galerie de personnages dégénérés que le plaisir est au rendez-vous. Il y a du "La colline à des yeux" dans ce roman! Une communauté vivant en autarcie au coeur du bush va "accueillir" d'une drôle de façon notre héros et on est bien content de n'être que les lecteurs de cette histoire parce qu'une chose est sûre c'est qu'il est mal barré!

L'écriture est punchy et accrocheuse, les personnages sont forts bien présentés, l'ambiance malsaine est au rendez-vous. Alors ok, à la maison on voit ce genre de film (pratiquement) tous les jours mais en littérature c'est une chose plus rare. Je ne me suis pas ennuyée, c'est bien tout ce que j'attendais de ce roman. Il a rempli son contrat!

La critique de Mr K: Voici un petit livre qui se lit en un rien de temps, sans difficulté mais qui contrairement à ce que proclame la quatrième de couverture ne révolutionne aucunement le genre du roman noir. A croire que les critiques et lecteurs cités n'ont jamais rien lu d'autre ou n'ont jamais vu un seul film d'horreur où une personne ou un groupe se retrouve seul face à des dégénérés pervers et cruels (La Colline à des yeux, Wolfcreek, série des Détours mortels et tant d'autres....).

Pour autant, il ne faut pas démolir intégralement ce premier livre de Douglas Kennedy car dans le genre, Cul-de-sac se révèle fort bien écrit et efficace. On suit les traces de Nick un héros peu sympathique (ca change et j'ai bien apprécié le garçon) qui décide de partir découvrir l'Australie sauvage. Très vite, il va se retrouver nez-à-nez avec des australiens peu amènes (c'est le moins que l'on puisse dire) et prisonnier d'une communauté étrange vivant en vase clos.

Kennedy et son écriture évoque avec force justesse le gigantisme et la beauté des paysages de l'Australie profonde. On s'y croirait vraiment d'où une empathie très forte pour le personnage principal. Quand les ennuis arrivent, on commence réellement à frémir et il est impossible de reposer le livre avant la dernière page. L'auteur a en plus choisi une focalisation interne ce qui nous met instinctivement à la place du narrateur-héros et nous immerge dans un cauchemar que l'on ne souhaiterait jamais vivre.

Mais voilà... comme évoqué plus haut, il n'y a aucune once d'originalité dans ce livre. A part le héros, tous les personnages sont des clichés ambulants vus et revus dans les productions horrifiques de ces trente dernières années et comme nous en sommes friands à la maison, j'ai suivi l'histoire avec un certain plaisir mais sans jamais réellement être surpris et la fin est loin d'être extraordinaire. Je m'attendais à un dénouement atroce, bien sombre... sans vouloir spoiler, on est bien dans un esprit ricain bien propre sur lui.

Une semi-déception dans la mesure où je ne m'attendais pas à la 8ème merveille du monde littéraire mais je n'arrive toujours pas à comprendre tout le ramdam que ce livre a pu provoquer autour de lui. Ca a fait pshiiit en quelque sorte!

thrillerCette lecture entre dans le cadre du baby-challenge thriller 2011 auquel Nelfe participe.

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mardi 20 décembre 2011

"Los Angeles river" de Michael Connelly

losangelesrivermcL'histoire: Sur la demande de la veuve de Terry McCaleb, l'ex-inspecteur du LAPD Harry Bosch accepte de remettre de l'ordre dans les papiers du défunt. Rendu méfiant par les révélations d'un associé de McCaleb, il enquête et comprend qu'il y a eu meurtre. Encore faut-il le prouver et retrouver un assassin qui a laissé des traces si évidentes qu'on a l'impression qu'il a envie de se faire prendre...

Pendant ce temps-là, l'agent du FBI Rachel Walling reçoit, elle, l'appel qu'elle redoutait depuis des années: le tueur le plus cruel et retors qu'il lui ait jamais été donné de traquer, à savoir... le Poète, est de retour.

La critique de Mr K: Encore un grand moment de lecture en compagnie d'Harry Bosch et de Connelly. Décidément, je les collectionne! Rajoutez à cela trois personnages fétiches de l'œuvre du maître: le Poète alias Bacchus ex du FBI devenu tueur sanguinaire, Terry McCaleb un des transplantés cardiaques des plus célèbres de la planète littéraire et Rachel Walling enquêtrice du FBI ici en disgrâce et vous obtenez un casting d'anthologie mêlé à une intrigue maline à souhait comme sait si bien les concocter Connelly.

Tout débute par deux enquêtes croisées. Harry Bosch est appelé par la veuve de McCaleb (un bon ami à lui déjà vu notamment dans Créance de sang) mort à priori d'une banale crise cardiaque. Dans le même laps de temps, le FBI est sur les dents car il semblerait que le Poète ait refait surface. Très vite, on se rend compte que ces deux investigations vont se rejoindre pour n'en former qu'une! Cependant la suite n'est pas de tout repos et l'écrivain ne nous épargne pas tant les fausses pistes et les rebondissements sont nombreux.

On retrouve dans cet opus toutes les qualités de Connelly et même un petit peu plus! Le style fluide et accessible est bel et bien toujours là et il fait toujours merveille dans les phases descriptives de lieux ou des phases d'actions très réalistes, ne cédant jamais aux sirènes de la surenchère. Ce qui est nouveau, c'est que pour la première fois, Connelly adopte la focalisation interne quand il suit Harry. C'est véritablement révolutionnaire pour tout fan de cet inspecteur hautement attachant. Nous sommes littéralement immergés dans sa psyché et son système de déduction. On ne peut que s'émouvoir lors de ses entrevues avec sa petite fille et ses avancées dans l'enquête gagnent en force et en impact auprès du lecteur.

Autre nouveauté et ici des plus délectables: les mises en abimes présentes dans le récit pendant tout cet ouvrage. Los Angeles river peut être considéré comme la suite de deux ouvrages précédents de Connelly Créance de sang et Le Poète. Or, le premier a été adapté au cinéma avec Clint Eastwood, il y a déjà quelques temps (l'adaptation ne m'a pas plu car fort éloignée de la matrice originelle). C'est ainsi que dans le présent ouvrage, on apprend avec un sourire au coin des lèvres que le grand Clint a assisté à l'enterrement de McCaleb en hommage au personnage qui a interprété au cinéma, une pure jouissance intellectuelle pour l'authentique fan que je suis. A un autre moment, Harry discute avec l'ex associé et ami de McCaleb, Buddy, qui lui fait part de sa colère lorsqu'il a vu son personnage sur grand écran qu'il a trouvé caricatural et avilissant. Autant de mélanges entre réalité et fiction qui font gagner en cohérence et en lien l'univers de Connelly.

Une fois de plus, j'ai été bluffé par ma vitesse de lecture, Connelly est vraiment un as. Le récit coule naturellement, accroche à chaque fin de chapitre et le dénouement ne déçoit pas. Sans doute un des meilleurs de la série.

Autres romans de Connelly chroniqués sur le blog:
Les Egouts de Los Angeles
La Glace noire
La Blonde en béton
Le Dernier coyote
L'Oiseau des ténèbres
Wonderland avenue
Echo park
A genoux
Créance de sang
Le Poète
L'Envol des anges

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lundi 19 décembre 2011

"V pour Vendetta" d'Alan Moore et David Lloyd

vendetta couvertureL'histoire: Bonsoir Londres!

Il est neuf heures, et vous écoutez la Voix du Destin sur 275 et 285, ondes moyennes. Nous sommes le 5 novembre 1997.

Il est demandé aux habitants de Londres d'éviter les quartiers de Brixton et de Streatham, actuellement en quarantaine pour des raisons de santé publique et de sécurité.

La police a organisé une rafle dans le secteur de Birmingham tôt ce matin, mettant à jour ce qui semble être un important réseau terroriste. Vingt personnes, dont huit femmes, ont été mises en détention préventive.

Le beau temps sera interrompu par une petite averse entre 00h07 et 1h30 du matin.

Bonne soirée.

La critique de Mr K: Voici un roman graphique aussi ambitieux qu'intelligent et remarquablement bien mené. A l'instar de Maus de Spiegelman, cette Bande Dessinée transcende son genre trop souvent sous-estimé pour trouver sa place à côté d'Orwell, Huxley ou encore Levin. Un copain me l'avait prêté il y a déjà un certain temps, j'étais allé voir l'adaptation au cinéma (plutôt réussie malgré certains passages et messages aseptisés) et les Utopiales 2011 ont été l'occasion de l'acquérir et surtout de rencontrer David Lloyd le dessinateur, homme chaleureux et généreux qui nous a charmé Nelfe et moi. J'ai d'ailleurs du coup eu la chance de faire dédicacer notre exemplaire à nos deux noms, c'est dire qu'on va le bichonner notre ouvrage!

V pour Vendetta a été conçu pendant les années Thatcher et il cristallise toutes les inquiétudes de l'époque concernant la perte de liberté et le totalitarisme. Presque trente ans plus tard, rien ne semble avoir changé quand on observe attentivement le monde dans lequel on évolue même si les procédés sont plus discrets et font appel davantage aux désirs de chacun qu'à sa conscience propre. L'Angleterre fasciste présentée dans la BD est proprement terrifiante. Tout est contrôlé en permanence, les marginaux ont été écartés de la société, emprisonnés et éliminés (homosexuels, étrangers, opposants politiques). La population baigne dans le tiède, endormie par les médias contrôlés par les autorités (les différents organes du pouvoir renvoient aux sens avec le nez, l'oreille, le doigt etc..., belle illustration du contrôle que l'État souhaite posséder sur ses administrés).

vendetta maskMais voilà qu'un homme masqué amateur de Shakespeare (aaah les belles citations!) semble décider à changer cet état de fait, à réveiller les consciences, un homme au lourd passé aussi mystérieux que romantique: le dénommé V. Nous le découvrons au fil des pages à travers les yeux de Evey, jeune fille qu'il sauve des doigts de la milice gouvernementale et qui représente à elle seule la condition des anglais dans ce régime totalitaire: innocente mais aussi inconsciente et endormie. La révélation sera lourde et l'éveil à la liberté méthodique et implacable à l'image de V, héros au charisme hors norme auquel on se prend à penser à de nombreuses reprises tant il est un symbole plus qu'un être humain à part entière, le symbole de l'esprit humain dans ce qu'il a de plus juste et de libérateur. Sa vengeance personnelle telle des dominos se suivant va s'abattre sans concession et mener une révolution comme jamais vous aurez pu en lire auparavant.

Les dessins de Lloyd très rétro dans le style, illustrent à merveille un récit mené de main de maître par un Alan Moore visionnaire et halluciné. Il n'y a jamais de concession à la morale bien pensante mais une réflexion aussi profonde qu'instructive sur des notions telles que l'anarchie et la propension de chacun d'obéir ou non à un ordre juste ou injuste. Il est question donc de liberté mais pas dans le sens que lui donne Sartre (Elle commence là où se termine celle des autres) mais dans un sens absolu, extrémiste. Ça vous donne des frissons dans le dos et des velléités de foutre un bon coup de pied dans la fourmilière des intérêts économiques et politiques qui nous gouvernent je vous le jure! Finalement, ce roman graphique relève vraiment du brulot révolutionnaire, un brulot basé sur l'humanisme et le refus de plier face à l'injustice.

Essentielle! Parfaite! Jubilatoire! Voici les trois mots qui résument le mieux ma lecture de cet ouvrage clef dans le façonnement d'une identité et d'une manière de penser. Une grande œuvre au service de l'Homme dans ce qu'il a plus de noble. Quoi??? Vous ne l'avez toujours pas lue?

v_pour_vendetta extrait

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dimanche 18 décembre 2011

"Les Fleurs de l'ombre" de Steve Mosby

steve-mosby-les-fleurs-de-lombreL'histoire: "Ce n’est pas l’histoire d’une petite fille qui disparaît. C’est l’histoire d’une petite fille qui réapparaît. Un matin, sur une promenade de bord de mer, venue de nulle part, une fleur noire à la main et une histoire atroce à raconter."

Telle est la trame de La Fleur de l’ombre, un thriller écrit en 1991 par un certain Robert Wiseman, mystérieusement disparu depuis lors. Neil Dawson, dont le père vient d'être retrouvé sans vie au pied d'un viaduc, apprend que celui-ci nourissait une étrange obsession pour ce roman. Bientôt il constate de troublantes similitudes entre les derniers jours de Robert Wiseman et ceux de son père. Pire encore, c’est peu à peu la réalité qui semble s’inspirer de l’abominable récit de La Fleur de l’ombre. Et Neil ne tarde pas à se retrouver aux prises avec un psychopathe d’un genre très particulier.

La critique Nelfesque: J'ai découvert Steve Mosby avec "Un sur deux" et j'avais bien envie de lire un autre de ses romans. C'est maintenant chose faite avec "Les Fleurs de l'ombre" qui sortira en librairie le 19 janvier prochain.

Il est difficile de parler de ce roman sans en dévoiler trop. L'ambiance est inquiétante, la trame sombre et mieux vaut être concentré sur sa lecture car celle-ci n'est pas aisée. Les mises en abime sont nombreuses, le lecteur est baladé entre la trame principale et celle du thriller "La Fleur de l'ombre", contenu dans ce roman. Un roman dans un autre, une poupée russe, l'ensemble se brouille, les récits s'imbriquent pour finalement ne faire plus qu'un et on ne sait plus qui est qui, ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, où commence la fiction et jusqu'où va aller Steve Mosby. Accrochez-vous à vos chaussettes et lisez "Les Fleurs de l'ombre" à tête reposée. Si vous ratez ne serait-ce qu'un paragraphe en ayant la tête ailleurs, vous aurez du mal à reprendre le fil. Chaque élément a son importance, chaque pièce a sa place, ce roman est un puzzle.

Bien qu'utilisant un procédé d'écriture original et qui porte toute la singularité de ce récit, je suis assez mitigée quant à mon avis sur ce nouveau roman. Certes la forme est intéressante, bien que complexe, le style d'écriture est audacieux et l'ensemble se tient mais il manque un je ne sais quoi pour que la sauce prenne. Trop concentré sur la trame, on en oublie les personnages et personnellement je ne me suis pas attachée à eux. La lecture de "Les Fleurs de l'ombre" se fait sans réelle empathie et peu importe ce qu'il peut arriver à tel ou tel personnage de ce roman. Je n'ai pas ressenti l'urgence de la situation dans laquelle se trouve Neil Dawson... Cette sensation est pour moi un gros handicap à la lecture d'un thriller, d'autant plus quand ce dernier est un thriller psychologique! Le fond par contre est glauque et malsain et l'idée est originale. Je l'aurai aimé un peu plus poussée pour vraiment accrocher.

Je suis curieuse de voir ce que les amateurs de thriller vont penser de ce roman. Idem pour les fans de Steve Mosby qui, avec "Les Fleurs de l'ombre", amène une dimension plus complexe à son écriture. Déroutant et à la fois risqué, chacun se fera sa propre opinion sur ce roman qui en tout cas ne laissera pas le lecteur indifférent.

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lundi 12 décembre 2011

"Le Syndrome du scaphandrier" de Serge Brussolo

Le-Syndrome-du-scaphandrierL'histoire: David est un chasseur de rêves.
Chaque nuit il s'enfonce au cœur du sommeil pour en ramener d'étranges objets que se disputent des collectionneurs avides.
Si, dans le monde réel, David est un modeste fonctionnaire au service d'une administration sans visage, en rêve il mène la vie exaltante et dangereuse d'un cambrioleur aux effractions chaque fois plus risquées.
Les psychologues lui affirment que cet univers parallèle n'existe pas, que ces complices, ces gangsters, ces femmes fatales des profondeurs sont un pur produit de son imagination.
Mais comment en être vraiment sûr?
Et si l'on pouvait émigrer, passer en fraude la frontière de la réalité pour se réfugier dans la zone libre des songes?

La critique de Mr K: Voilà un livre qui se cachait dans ma PAL depuis plus d'un an et qui aurait mérité un bien meilleur sort tant il s'apparente à une bonne claque littéraire des familles, une véritable révélation d'un talent d'écrivain hors norme et d'une histoire universelle. Je l'ai lu en non-stop quasiment, une journée pluvieuse du week-end dernier.

Avec ce roman, on nage constamment en eau trouble, entre rêve et réalité, un peu à la manière du premier et excellent film de la trilogie Matrix ou du surestimé Inception de Christopher Nolan. Le héros est un "artiste-rêveur" vivant dans un futur peu reluisant où l'existence de chacun est définie parce qu'il consomme notamment en terme d'œuvres d'art. Les scaphandriers de l'imaginaire sont des êtres qui plongent au plus profond de leur inconscient, y vivent des aventures hors normes et en ramènent des créations ectoplasmiques qui sont ensuite revendues en tant qu'œuvres. Derrière ce postulat étrange et déconcertant se cache une œuvre d'une intelligence et d'une accessibilité rare.

Dès le premier chapitre, le lecteur est immergé dans l'univers onirique du héros. Cela donne lieu à des scènes interlopes à la manière des rêves qui peuplent nos nuits: le temps s'étire ou s'écourte sans logique apparente, les objets changent de forme ou s'animent, des personnes apparaissent ou disparaissent sans raison... Et puis, c'est le réveil dans une réalité morne et désespérante. Peu à peu, par petites touches, l'auteur nous dépeint une terre ravagée par les méfaits de notre espèce et où les artistes se révèlent être des producteurs que l'on peut mettre au rebut quand ils commencent à montrer des signes de faiblesse, quand leur rentabilité chute.

Derrière tout cela, il y a une belle réflexion autour de l'art, de sa fonction et l'éternelle question du beau. On ne peut que flipper en lisant ce roman qui n'est que le prolongement des dérives actuelles notamment au niveau de l'art et des médias qui nous vantent que des produits prémachés et périmés à peine sortis. Certes nous sommes encore loin de l'univers présenté dans le livre de Brussolo mais les premiers jalons sont posés et la technologie se développant à vitesse grand V au bénéfice du "tout, tout de suite", la suite logique serait la mort de l'underground au profit de l'art officiel et soporifique. Dormez brave gens, on veille sur vous! Nombre d'idées et d'éléments du background de ce livre m'ont fait irrémédiablement penser à l'Angleterre fasciste dépeinte dans le "V pour Vendeta" de Moore et Lloyd que je chroniquerai prochainement.

Pas beaucoup d'espoir donc dans ce livre si ce n'est dans les rêves du héros et son échappée finale. Une belle oeuvre qui se dévore sans retenue, une histoire éternelle qui vous marquera pour longtemps.

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jeudi 8 décembre 2011

"Mangez-le si vous voulez" de Jean Teulé

teuléL'histoire: Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.

Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.

Pourquoi une telle horreur est-elle possible? Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?

La critique de Mr K: Un Teulé de plus à mon tableau de chasse et quel livre! Impossible d'en décrocher avant d'en être venu à bout. Attention, âmes sensibles s'abstenir car dans ce récit l'auteur nous livre la cruauté à l'état brut dans son écrin de bêtise humaine. Il faut avoir le cœur bien accroché devant l'effroyable chemin de croix qui nous est ici livré dans toute sa crudité et son abjection (l'histoire est véridique quoique légèrement romancée par Teulé). C'est marqué au fer rouge que l'on referme cet ouvrage et une marque indélébile et amère.

Tout commence par une scène de vie familiale ordinaire où un fils prodigue quitte ses géniteurs pour la foire voisine comme il le fait chaque année. Ce premier chapitre et celui du parcours sont les seuls qui constituent un répit avant l'innommable. Teulé appuie bien sur le caractère sympathique et candide du garçon pour lequel on ne peut que ressentir pitié et compassion par la suite. En effet, à partir d'un quiproquo autour de la guerre de l'empereur Napoléon III contre la Prusse, le jeune homme va passer pour traître envers sa patrie aux yeux de la communauté d'Hautefaye. Va commencer alors une mise à mort sordide allant crescendo dans l'horreur. Je vous passe les détails mais sachez que c'est éprouvant et que l'ignominie semble n'avoir aucune limite. Alain de Monéys devient la victime de la connerie ordinaire doublée de la sauvagerie la plus brute et ceci de la part d'amis d'enfance et de personnes qu'il côtoie régulièrement voir des gens qu'il a pu aider. C'est proprement hallucinant et renforce le sentiment de dégoût et d'injustice que l'on ressent à la lecture.

Décidément Teulé n'est jamais aussi fort que lorsqu'il pénètre dans les esprits et explore les travers des masses et de l'âme humaine. Sans concession, ce livre est un plaidoyer contre les rumeurs et la propagande et pour l'éducation et l'écoute mutuelle. En effet, une erreur de jugement et la foule devient folle et peut commettre l'irréparable. L'Histoire est fertile de ce genre d'événements à plus ou moins grande échelle, des hommes ou des partis surfant sur les souffrances et les rancœurs. Un brulot aussi terrible que nécessaire que je vous encourage à découvrir.

Déjà chroniqués et appréciés du même auteur:
- Darling
- Je, François Villon
- Charly 9

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mardi 6 décembre 2011

"Le Désir" de Benoit Bourdeau - ebook

le desirL'histoire: Tout a un prix.
Richard Turbide le sait mieux que quiconque.
Sa relation amoureuse s'est soldée par un échec et le juge a accordé la garde de sa fille à son ex-conjointe. Il ne peut voir sa fille qu'une fin de semaine sur deux.
L'emploi rêvé ne se matérialise toujours pas. Il travaille à un salaire à peine plus élevé que le minimum et il n’aime pas sa carrière.
Au bout du rouleau, Richard, surmené par les évènements de sa vie, décide d'engourdir ses soucis dans l’alcool. C’est bien l’une des rares jouissances de la vie qui lui reste. Au moment de quitter le bar, un étranger se présente à lui avec l’argument qu'il est l'heureux gagnant d'un tirage dont le prix est d'une très grande valeur : il aura le pouvoir de prononcer des vœux et ainsi changer sa vie. Aucune limite, aucun tracas, il n’a qu’à signer le contrat.
La chance vient enfin de tourner en sa faveur. Il peut donc renouer avec son groupe de musique et ignorer sa famille pour recréer l'existence tant désirée de sexe, drogue et rock and roll.
Mais Richard est incapable de posséder la seule chose que son coeur désire vraiment : Émilie.

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La critique Nelfesque: J'ai "rencontré" Benoit Bourdeau lors de ma lecture de "Si tu savais..." de Richard Plourde. Nous avions un avis similaire sur ce roman et ce n'était pas monnaie courante sur le net lors de la mise en ligne de mon billet. Benoit m'a contacté il y a peu afin de me proposer de lire son premier roman "Le Désir", également première publication de sa toute jeune maison d'édition consacrée aux livres numériques de la littérature de l'imaginaire, Soleil Noir. J'ai accepté avec plaisir et je suivrai de près les publications de cette dernière. Benoit Bourdeau connaissant la franchise de mes billets, c'est tout à son honneur d'avoir eu cette démarche.

Alors, venons en au roman maintenant! Que penser de "Le Désir"? Tout d'abord, l'histoire est sympathique. Qui n'a jamais rêvé d'avoir accès à une lampe d'Aladin qui assouvirait tous ses désirs? Bonnes ou mauvaises, vous auriez accès à toutes les fantaisies et votre vie en serait changée. Je vous vois déjà songer à vos premiers voeux! Avoir une grande maison, une voiture de sport, trouver l'amour, gagner au loto, tuer votre pire ennemi peut-être? Du jour au lendemain, Richard Turbide, le personnage principal du roman, a accès à ce don du ciel. Mais celui-ci est-il vraiment un bienfait? Les actes, quelle que soit leur nature, ont des conséquences irrévocables et ce que l'on souhaite dans l'absolu peut se révéler dangereux une fois émis. Richard Turbide va donc s'essayer aux souhaits, les formuler sans retenue, en jouir sans entrave et au final devoir en payer le prix. Cette facette du roman, basée sur les conséquences de nos actes et les notions de bien et de mal, est très intéressante et assez bien exploitée. Oui mais il y a un mais...

La quatrième de couverture nous annonce un univers "sexe, drogue et rock and roll" mais finalement Benoit Bourdeau se limite dans la débauche et j'aurai aimé que Richard Turbide sombre encore plus dans le glauque et le pathétique pour qu'au final le lecteur n'éprouve plus que de la pitié et du mépris à l'égard de ce personnage. Alors certes l'auteur y va à fond dans le côté "sexe" (c'est à se demander même si le seul souhait des hommes, s'ils avaient ce pouvoir, se limiterait bêtement à leur entre-jambes... laissez moi encore espérer que non...) mais il manque quelque chose pour que vraiment le lecteur torde du nez et se dise que là vraiment le personnage est au fond du trou. Le cul ne suffit pas! Tant qu'à y aller franco, mettons y plus de débauches éthyliques, de délires toxicos, de manipulations psychologiques. Un univers noir et sans espoir en somme.

Peut être que cette sensation vient du fait que ce roman est écrit en québecois et non en français international. Les tournures de phrases et les expressions empêchent par moment le lecteur français de se plonger vraiment dans l'histoire. Non que l'ensemble soit incompréhensible, mais il perd en crédibilité. Dommage donc pour nous autres petits frenchies... Mais finalement, une fois habituée à ces fantaisies de langage, j'ai trouvé l'ensemble assez scolaire dans la forme. Les phrases "sujet+verbe+complément" sont très nombreuses et ça manque d'ambiance et de description pour donner corps à l'ensemble.

Au final, je suis assez mitigée sur "Le Désir". Je lui trouve les défauts énoncés précédemment mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un premier roman et que les premiers romans parfaits sont rares. Enfin, le côté glauque que j'aurais aimé voir plus prononcé pointe finalement le bout de son nez sur la fin de la lecture et sauve l'ensemble.

Merci pour cette lecture Benoit et longue vie à ta maison d'édition!

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lundi 5 décembre 2011

"Star Wars, Le côté obscur: Dark Maul" de Marz et Duursema

001L'histoire: Les Sith, un ordre de tueurs implacables, vivent et s'entraînent secrètement depuis mille ans. Leur raison d'être: se venger de l'ordre des Chevaliers Jedi...

Le temps de sortir de l'ombre approche enfin. Mais avant cela, l'apprenti Sith Dark Maul est chargé d'une mission cruciale et terriblement difficile. Il doit s'attaquer au Soleil Noir, un puissant syndicat installé sur la planète Naboo, qui pourrait contrarier les plans de conquête des Sith. Dark Maul sera seul contre des milliers, seul contre la galaxie entière...

La critique de Mr K: En nous promenant dans une enseigne de revente de biens, Nelfe et moi sommes tombés sur une collection entière de BD Star Wars de la maison d'édition Delcourt. Sans doute un ex geek reconverti dans la vie de couple qui a dû se débarrasser à contre cœur de sa collection. Eh ouiiii! Tout le monde n'a pas la chance de vivre avec une Nelfe! N'écoutant que ma passion pour l'univers Star Wars, je décidai d'acquérir le présent volume.

A l'occasion de la sortie de l'épisode I, j'avais été globalement déçu par le film et notamment par le bad guy Dark Maul qui avait certes un look d'enfer (au sens propre comme au sens figuré) mais qui se révélait être une lavette adepte de sport de combat. Heureusement son sabre laser rouge au double effet Kisscool sauvait in extremis l'affaire! Dans ce volume unique (ça change de la série Legacy), l'action se déroule 33 ans avant la Menace fantôme (épisode I) et l'on suit Dark Maul lors d'une de ses missions d'élimination pour le compte de son seigneur et maître (le futur Empereur). Oubliez toute velléité de scénario complexe: la cible est déterminée dès le début et l'opus se termine une fois le chef ennemi éliminé comme il se doit. C'est donc une BD d'action qui nous est offerte ici avec les points forts et les points faibles inhérent au genre.

On ne s'ennuie à aucun moment durant cette série d'exécutions individuelles ou de masse notamment grâce aux dessins dynamiques. C'est brut de décoffrage mais c'est efficace. Un plaisir coupable en soit! Bon... passé cette lecture trépidante, il faut bien avouer qu'il ne reste pas grand chose mais vu que j'ai acheté cet opus à moindre prix, je ne vais pas me plaindre. A noter qu'un petit bonus, une micro-histoire autour de Dark Maul, est présent en toute fin et concentré sur une dizaine de pages. Il ravira j'en suis sûr tous les adeptes du seigneur Sith rouge et noir.

Une lecture très distrayante donc qui plaira surtout aux amateurs et autres allumés de La Guerre des étoiles!

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samedi 3 décembre 2011

"Les Mange-Rêve: Tombmor 1 et 2" de Jean-Luc Le Pogam

couv_tombmor1(1)L'histoire: Alors que l'on ne sait toujours pas si Jack se remettra ou non de sa chute par-dessus bord, les conditions climatiques, politiques et sociales ne cessent de se dégrader dans cette Europe carcérale. C'est au cœur du voyage qu'une série d'événements majeurs vient percuter de front Iwan, Thibault et Mélanie à bord du Seagull. Mais les rencontres, bonnes ou mauvaises, et les longs retours sur soi ne sont-ils pas le meilleur moyen de comprendre les rouages des mécaniques les plus effrayantes? Ne permettent-ils pas ensuite de les aborder avec plus de force et de conviction?

Si assurément. C'est la raison pour laquelle les trois préadolescents quittent définitivement cette enveloppe de l'enfance jusque-là guidée par la naïveté pour entrer de plein fouet dans un autre monde, celui de l'adolescence, qu'ils vont devoir blinder car tous les clignotants sont au rouge lorsque l'expédition parvient enfin à Tombmor...

La critique de Mr K: Les deux volumes chroniqués aujourd'hui forment le troisième tome de la série des Mange-Rêve entamée par Le Grand Dérèglement et La Route du Nord. Nous avions laissé nos héros en plein périple en direction du Nord à la recherche de leurs proches disparus, raflés par les BMR (Brigades Mange-Rêve) et envoyés à Tombmor, forteresse-prison de Bogdich, dictateur de son état détestant par dessus tout les êtres épris de liberté et d'évasion.

À signaler, que le premier de deux volumes s'ouvre sur une préface haute en couleur de Christian Descamps, leader charismatique du groupe français mythique Ange et ami personnel de l'auteur. Belle entrée en matière pour une œuvre qui aborde un tournant décisif avec ce diptyque délectable à souhait!couv_tombmor2(1)

Tout d'abord, les jeunes aventuriers franchissent un cap. Les leçons de vie se font plus cruelles et ils grandissent, commencent à mûrir face à l'adversité et les épreuves qu'ils doivent affronter. C'est le cap de l'adolescence avec son lot de colère, de déception, de questionnements et de sentiments contradictoires. Les adultes sont remis en question dans leurs actes et leurs motivations, la passion guette avec ce qu'elle a de tentant mais aussi de destructeur, c'est aussi les premières prises de décisions importantes. Le tout est mené avec brio entre sobriété, réalisme mais aussi actes de bravoure (l'accident en cataski et le séjour "au frais" d'Iwan et Thibault, l'exploration de Tombmor...).

C'est aussi des livres de rencontres avec notamment cette communauté de jeunes réfugiés dans la cité adolescente et rebelle de Taÿfa qui résiste comme elle peut au pouvoir en place. C'est une grande nouveauté tant les deux premiers volumes s'apparentaient davantage à des huis clos se concentrant sur les rapports étroits entre les trois héros et les deux papis fringants. L'auteur ne sacrifie pas pour autant cet aspect mais l'ouvre sur l'extérieur donnant à réfléchir encore davantage aux rapports humains et la nécessaire construction de soi à travers le regard de l'autre et l'interaction avec lui. Là encore, il fait mouche entre délicatesse et rudeur à l'image de l'hiver artificiel qui plonge l'Europe dans l'obscurantisme. 

On retrouve la langue simple et évocatrice de Jean-Luc Le Pogam et c'est bien vite que l'on se retrouve à la fin de ces 576 pages qui s'apparentent à bien des égards à un parcours initiatique dans lequel, espérons-le, pourraient se retrouver nombre d'adolescents se complaisant trop souvent dans la consommation et l'identité publicitaire. Une belle réussite que ces Tombmor 1 et 2 pour une œuvre définitivement humaniste et fraternelle.

Posté par Mr K à 14:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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