samedi 4 février 2012

"Les Druides, vol 1, 2 et 3" de Lamontagne, Jigourel et Istin

d1L'histoire: Gwenc'hlan... 

Mon maître, celui vers qui se tournent toutes mes pensées maintenant, à l'heure où il me tarde de le rejoindre dans l'autre monde, là-bas, par-delà les brumes... Nous, druides, pensions à raison que l'écriture ne devait pas figer nos sciences, que nous devions les enseigner par la parole et non par l'encre. 

Mais vint le crépuscule des druides, et maintenant que nombre d'entre nous se sont convertis à la religion du dieu unique et que les autres ont disparu, il nous faut consigner par écrit ce qui sera perdu faute de bouche pour initier... Il apparaît fort louable que ceux qui restent, et dont je fais partie, transcrivent notre mémoire sur ce papier, si éphémère, mais qui demeure en ce jour notre seule possibilité de perdurer au travers des époques à venir... Mes souvenirs étreignent mon coeur, se changent en larmes et mes larmes se mêlent à l'encre... 

Gwenc'hlan... Mon maître... 

d2La critique de Mr K: On ne le dira jamais assez mais avoir de bons voisins c'est bien! Tinmar (le voisin donc) et sa douce m'ont offert pour mon anniversaire le volume 3 de la série des Druides. C'est donc l'occasion pour moi de vous en parler aujourd'hui en revenant sur les volumes 1 et 2 non chroniqués jusqu'alors (Hou la honte!). 

Avec cette série, on replonge dans la Bretagne des origines, dans les temps troubles où l'ancienne religion druidique est menacée par l'évangélisation chrétienne quasi forcée des populations. Tout débute par une série de meurtres rituels perpétrés sur des hommes d'Église. Tout porte à croire que les auteurs de ces méfaits sont des druides... mais les indices sont laissés bien en évidence et bien trop voyants pour être fortuits. Un ecclésiastique va donc décider de confier l'enquête à Gwenc'hlan, druide à la renommée fameuse et à la sagesse reconnue. Il est accompagné par son jeune apprenti qui sert durant la série de narrateur à ces événements aussi lointains que nébuleux. Au cours de ces trois premiers volumes, ils vont peu à peu découvrir qu'une machination impitoyable est en marche... 

J'ai adoré ce début de cycle. Pour commencer, elle est extrêmement bien documentée. On n'est pas dans la pseudo BD historique de base mais dans une œuvre qui a l'ambition de coller au plus près de la réalité historique aussi mystérieuse puisse-t-elle être. Le d3traitement de la religion animiste des druides est non caricaturale (voir le pitoyable film Brocéliande) et permet aux non-initiés de se faire une idée assez précise des anciens rites qui étaient pratiqués dans notre si belle région. Vous y rajoutez la touche de fantastique inhérente au monde des croyances occultes et cela vous donne un mélange détonnant. On retrouve aussi d'autres éléments de la culture druidique, notamment les fameux Oghams (signes religieux proches des runes nordiques) et des éléments de croyance dispensés par le maître à son apprenti (le respect de la nature, des autres être vivants, le panthéon des dieux anciens etc...). Un vrai régal pour tout amateur! 

Pour autant, cette BD a aussi pour but de divertir et de provoquer l'évasion intérieure de son lecteur. Loin d'être confronté à un pensum-repoussoir, le lecteur suit des faits relatés qui rejoignent la légende. Ainsi, à plusieurs reprise l'île d'Avalon est évoquée, à partir du volume 2, on se retrouve dans la ville d'Is, cadeau du légendaire roi de Quimper Gradlon à sa fille Dahut (Quel charme! Je m'en suis toujours pas remis!). Enfin, à travers le parcours de Taran, l'apprenti de Gwenc'hlan, on assiste à une belle aventure, un beau parcours d'apprentissage avec ses expériences diverses entre leçons de vie et mauvais moments à passer. 

Cette BD est très bien illustrée et l'on se surprend en la relisant à remarquer des détails qui nous ont échappé à la première lecture. La langue est admirable entre traditions ancestrales et modernité nécessaire pour rendre la BD plus accessible aux jeunes lecteurs. Les pages se tournent toutes seules et c'est tout dépité que j'ai refermé le tome 3. Heureusement, le voisin n'est pas loin et possède les tomes 4 et 5!

Planche_bd_7508_DRUIDES%20(LES)

Posté par Mr K à 17:50 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 3 février 2012

"Cygnis" de Vincent Gessler

cygnisL'histoire: Est-ce le ciel ou la forêt? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…

La critique Nelfesque: Je suis revenue des Utopiales avec (entre autres) "Cygnis" dans ma besace. Après une rencontre fort sympathique avec l'auteur, j'avais hâte de découvrir le Prix Utopiales 2010. C'est à l'occasion d'une lecture commune que je me suis plongée dans ce roman et j'en suis ravie.

La couverture est superbe et l'écrin ne ment pas sur le contenu de ce roman de science-fiction qui surprend de par l'écriture poétique de Vincent Gessler. Je n'avais encore jamais lu un roman de SF capable de mêler avec brio poésie et images crues. Parfois l'histoire et les descriptions sont difficiles, éprouvantes, mais l'ensemble est tellement bien emballé que le lecteur ne peut qu'être agréablement surpris. Le monde dans lequel vit Syn est froid et hostile, pourtant sous la plume de Gessler, les paysages sont beaux. Cela donne un foisonnement de descriptions qui cassent le rythme de ce roman et le laisse glisser davantage vers le contemplatif que vers l'action. Personnellement, cela ne m'a pas gênée (bien au contraire) mais il est important de souligner cet aspect pour les futurs lecteurs.

Ce n'est pas pour autant que l'histoire se révélerait plate et sans rebondissements. Dans ce monde post-apocalyptique aux accents de Moyen-Age, le lecteur prend ses marques entre fantasy (contexte et techniques de guerre) et cyberpunk. Un étrange mélange me direz-vous? Et hop, deuxième surprise! Des robots, vestiges d'un monde disparu, semblent traquer les hommes. Pourquoi cette guerre? Et qui est ce monstre dont l'auteur sur quelques chapitres nous présente la vision et la quête? Au fil des pages de ce roman, le lecteur emmagasine des informations qui ne prendront toute leur ampleur qu'une fois la dernière page lue. C'est un final en apothéose que nous propose Gessler avec un univers gigantesque et une destinée complexe.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui sort des sentiers battus et mérite son Prix. Le fond et la forme sont surprenants, l'histoire est originale et au delà d'une fin qui mériterait à lui seul la lecture de ce roman, c'est l'univers dépeint par Gessler qu'il faut découvrir.

challenge_fin_du_monde_apocalypse_post_apo_7A lire également, les avis de mes compagnes de lecture: Cachou et Lhisbei

Ce roman entre aussi dans le cadre du Challenge [Fins du Monde] de Tigger Lilly.

Posté par Nelfe à 17:10 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 1 février 2012

"Quand la porte s'ouvre" de Béatrice Saubin

quand-la-porte-s-ouvre-89542-250-400L'histoire: Dans L'épreuve, Béatrice Saubin racontait son odyssée dramatique en malaisie: son arrestation, son séjour dans le quartier des condamnés à mort, ses années de détention et sa libération en octobre 1990.

Les jours et les mois qui ont suivi furent une autre forme d'épreuve. Après dix ans d'enfermement, la liberté est devenue une notion abstraite. Elle ne sait plus ce que c'est.

Cette liberté, il lui faut l'apprivoiser, la conquérir. La jeune femme brisée doit se reconstruire, admettre à nouveau qu'elle existe, qu'elle n'est plus un matricule, qu'elle peut redevenir un être autonome, éprouver des sentiments, aimer, se laisser aimer, enfin, renaître à la vie.

La critique de Mr K: J'avais grandement apprécié la lecture de L'épreuve que ma mère m'avait prêté il y a déjà un certain temps. J'avais été aspiré par ce témoignage à la fois brut et détaché d'une femme victime d'une injustice flagrante, condamnée tout d'abord à la pendaison puis à la prison à perpétuité. C'est une fois de plus par hasard que je suis tombé chez l'abbé sur cet exemplaire que je ne connaissais pas: la suite du récit précédent, l'histoire de la rédemption et du retour à la réalité.

On suit donc Béatrice Saubin depuis l'annonce de sa libération prochaine à trois ans après son retour en France. Sans réelle pudeur mais aussi sans voyeurisme, on assiste à ses états d'âme et sa lente transfiguration face au retour. Difficile en effet de se libérer intérieurement après dix ans de calvaire, difficile d'enlever les vêtements et l'esprit de la prisonnière pour se muer en femme libre et indépendante. Heureusement, elle peut compter sur les amis qu'elle a pu se faire durant son incarcération et qui continuent à la suivre et la soutenir après sa sortie.

C'est aussi l'histoire de l'emballement médiatique qui a suivi sa libération avec son lot de sollicitations, de paillettes et de gènes provoquées chez la rescapée. Loin de se décrire comme une victime, elle expose cependant les différentes phases de son mental: l'hésitation et l'appréhension au départ, son passage chez PPDA, le reportage photo chez l'amie qui l'héberge, la demande d'une grande maison d'édition pour rédiger son témoignage, la rédaction de ce dernier, la promo qui s'ensuit... Dure reconstruction personnelle, dur contact aussi avec sa famille (élevée depuis son plus jeune âge par sa grand mère, sa génitrice l'ayant laissée à charge à sa naissance). On ne peut pas dire que la vie l'ait particulièrement gâté...

Elle retourne même en Asie pour les besoins de repérage pour un film qui devait adapter son histoire. C'est l'occasion pour elle de se confronter avec son vécu, ses meilleurs souvenirs (des odeurs, des goûts, des gens) mais aussi ses traumatismes (des passages sont d'ailleurs assez rudes). C'est aussi vers la fin du témoignage la rencontre avec un homme qui va lui redonner le goût de l'amour et va finalement signer la fin de la reconstruction personnelle de l'auteur. Le passage est assez gnan-gnan mais j'imagine que suite aux épreuves endurées, ce fameux chevalier blanc est apparu au bon moment...

D'une lecture aisée et agréable, Quand la porte s'ouvre bien que ne dépassant pas en intensité L'épreuve reste un livre passionnant et un miroir hyper-réaliste du cheminement curatif d'un être humain avili par le désespoir et le confinement carcéral. N'y cherchez donc pas de la joie ou des sourires mais davantage des réponses à certaines questions et une forme d'espoir. Un beau témoignage que je vous invite à parcourir à votre tour.

Posté par Mr K à 14:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 31 janvier 2012

"Star Wars Legacy" - volume 8, 9 et 10

starwars

L'histoire: Peu à peu, la galaxie se dirige vers le conflit final. Les camps se renforcent, les trahisons se multiplient et les destins se forgent. La puissance Sith se révèle plus menaçante que jamais, l'Empereur destitué Roan Fel est face à un choix qui pourrait le plonger du côté et obscur et Cade Skywalker doit combattre ses fantômes pour enfin trouver la voie qu'il devra suivre...

La critique de Mr K: Suite et fin de mon voyage dans l'espace intersidéral de la série Legacy qui se déroule 140 ans après les épisodes 4, 5 et 6 de la saga cinématographique de George Lukas. Avec ces trois volumes, les auteurs mettent un point final aux péripéties du dernier descendant Skywalker à savoir Cade, être complexe qui refuse de suivre un chemin prédéterminé et lisse. Il aura fort à faire avec ses amis dans ces trois volumes où les tensions culminent et les choix cornéliens abondent.

Y'a pas à dire, ils sont forts ces scénaristes! J'ai été tenu en haleine jusqu'au bout et le tout sans redite et cross-overs qui s'essoufflent. Certes on retrouve des thématiques et des personnages typés Star Wars mais on ne tombe jamais dans le pathos pur et dur et il est difficile de prévoir tout ce qui arrive. On assiste tour à tour à nombre d'événements impressionnants qui donnent une stature de haut vol à cette BD Space Opéra d'une rare intensité: des génocides programmés et des destructions de mondes entiers via une bactérie sith, des batailles spatiales dantesques, des complots de cours nombreux aux enchevêtrements tortueux, des scènes plus intimistes et parfois drolatiques (merci Cade et ses potes) et même dans l'avant dernier tome, une pure scène romantique certes un peu niaise mais ô combien réjouissante dans ce monde de peur et de larmes!

Une belle réussite donc que cette série que se termine en apothéose avec une fin légèrement ouverte comme je les apprécie! Le graphisme est toujours d'aussi bon niveau, un petit bémol tout de même pour certains dialogues qui sont à la limite de l'indigence, il faut croire que les auteurs (ou les traducteurs d'ailleurs) ne se sont pas foulés cumulant répétitions à outrance et syntaxe inexacte (ils étaient fatigués, arrivés au tome 10?).

Mais que ces dernières remarques ne vous rebutent pas, si vous êtes fan de cet univers vous pouvez plonger dans Legacy sans aucun risque de regrets. C'est du pur Star Wars, c'est excitant à souhait et rondement construit et mené! Un must pour tout amateur!

Déjà chroniqués dans l'univers Star Wars en BD:
- Star Wars Legacy, volumes 1 à 5, volumes 6 et 7.
- Star Wars, le côté obscure: Dark Maül, La quête de Vador.

Posté par Mr K à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
samedi 28 janvier 2012

"Krondor: La Trilogie de l'Empire - Tome 1: Fille de l'Empire" de Raymond E. Feist et Janny Wurts

filledelempireL'histoire: C'est au moment où Mara, unique héritière du clan des Acoma, s'apprête à prononcer les paroles qui feront d'elle une prêtresse pour le restant de ses jours, que Papéwaio, le plus fidèle des soldats du clan, interrompt la cérémonie pour lui annoncer la mort de son père et de son frère. Propulsée à la tête du clan, Mara doit regagner ses terres de toute urgence pour sauver sa maison de la ruine et de la honte. Car au Jeu du conseil les ennemis des Acoma sont nombreux. Il faut reconstituer au plus vite l'armée décimée, pérenniser les liens commerciaux qui assurent au clan ses revenus et nouer des alliances politiques susceptibles de mettre en échec les plans des maisons rivales. A condition, bien sûr, de survivre aux assassins toujours plus nombreux qui viennent la traquer jusque dans son fief...

La critique Nelfesque: J'ai lu il y a quelques années "Les Chroniques de Krondor" de Feist. Toute nouvelle adepte de fantasy à l'époque, j'avais adoré cette série et m'étais passionnée pour l'univers qui y était décrit. J'avais lu par la suite "Les Nouvelles Chroniques de Krondor" et bien que les ayant apprécié, j'avais retrouvé les mêmes ficelles que la saga précédente et avais été un peu déçue par celles-ci.

Mr K m'avait offert ce premier tome de "La Trilogie de l'Empire" il y a quelques mois (années? j'ai honte...) et je n'avais jusqu'alors pas pris le temps de le lire. L'occasion d'une lecture commune mise en place par Mayella m'a permis de sortir enfin ce roman de ma PAL.

Et alors? Arrête de nous raconter ta vie Nelfe et dis nous ce que tu as pensé de "Fille de l'Empire". Et bien ça me fait mal de le dire tant j'avais aimé "Les Chroniques de Krondor", mais "Fille de l'Empire", présentant ce qui se passe de l'autre côté de la Faille et qui sont vraiment les adversaires de Midkémia (si vous n'avais pas lu les Chroniques, vous ne comprenez rien de ce que je viens de dire), m'a profondément ennuyée! Peut-être que je suis partie trop sûre d'aimer cette nouvelle saga ou que les héroïnes féminines me laissent de marbre (j'ai souvent constaté cela)... Toujours est-il que j'ai trouvé l'ensemble bourré de clichés et qu'à la longue la lecture s'est transformée en parcours du combattant.

Mara, sous la plume de Feist et Wurts (qui n'était pas présent à l'écriture des sagas précédemment citées), est une femme certes courageuse et fière mais la seule arme que lui ont trouvée les auteurs pour faire face au drame et riposter est... son charme. Mouais... Bien la vision machiste!... De quoi dispose donc une femme pour résister face aux hommes? Son cul bien sûr! Désolée d'être vulgaire mais vraiment ce parti pris me met hors de moi. Du coup, Mara est molle, patiente, énigmatique, elle prend les coups et ne les rend pas. En un mot, elle est soumise et sa vengeance finale (oui parce que ça finit par arriver quand même), loin d'être une apothéose, m'a semblée horriblement fade. Sans doute étais-je déjà blasée...

En conclusion, je suis loin d'être convaincue par ce premier tome de la saga "La Trilogie de l'Empire" et m'arrêterai là tant l'ennui m'a accompagnée dans ma lecture. J'ai terminé ce roman "en crabe", sautant des lignes sans grand intérêt... Un bon gros flop en somme!

Les avis de mes compagnons de LC: paikanne, Spocky,  (je mettrai à jour les liens au fur et à mesure de leurs mises en ligne)

Posté par Nelfe à 10:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

jeudi 26 janvier 2012

"Le Chuchoteur" de Donato Carrisi

Le-chuchoteurL'histoire: Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d?être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure...

La critique Nelfesque: Avec Mr K nous avions offert ce thriller à ma belle-mère lors de sa sortie en librairie. J'en avais entendu beaucoup de bien et j'avais pour idée de lui emprunter par la suite (héhé). Nous avons fait un bon gros flop sur ce coup là puisqu'elle n'a pas apprécié cette lecture. Maintenant que je l'ai lu, je comprends pourquoi... Pas vraiment son style, mais le mien assurément! 

Alors attention, si vous commencez ce roman, âmes sensibles s'abstenir. Outre le fait que les victimes soient des enfants, certaines descriptions de scènes de crime et certains faits peuvent choquer. Je ne m'en plains pas puisque j'aime les univers sombres et torturés et que les passages gores ne me déplaisent pas (au contraire (à croire que je suis une psychopathe...)) mais je peux comprendre que cela puisse mettre certains lecteurs mal à l'aise. Par contre, quand j'ai appris que "Le Chuchoteur" s'inspirait de faits réels, là j'ai commencé à tordre du nez. Il y a vraiment des tarés...

Le premier atout de ce roman est d'être efficace. Certes il n'a rien d'original, en terme de thriller il n'invente rien ni par son fond ni par sa forme mais c'est un bon livre qui tient en haleine et surprend le lecteur. Perso, c'est tout ce que j'en attendais. Quand je lis un roman de ce genre, c'est avant tout pour être prise dans l'histoire, pour ne pas pouvoir le lâcher avant de connaître la fin, pour tourner les pages à une vitesse folle et c'est ce qui s'est passé. Je devine assez aisément la fin de ce type de lecture bien souvent avant la page finale mais ce ne fut pas le cas ici. J'ai été surprise par certains rebondissements et même si ce n'est pas le roman du siècle, il est tout de même très bon!

Comme je l'ai évoqué précédemment, les scènes de découverte de cadavres raviront les plus "fondus" d'entre nous. Niveau description, Donato Carrisi envoie du lourd! Les victimes donnent à chaque fois un indice pour mener la police vers une autre affaire sordide et j'ai aimé cet aspect-ci de l'histoire plus que l'enquête en elle-même. Une sorte de serial-killer justicier. Je n'en dis pas trop tout de même pour ne pas gâcher le plaisir de futurs lecteurs mais pour ceux qui l'ont déjà lu, la scène de la maison en construction et tout ce qui en découle m'ont vraiment plu (je vous avais bien dit que j'étais toquée ^^).

En ce qui concerne les personnages, "Le chuchoteur" fait dans les clichés de la flic torturée cachant quelque chose, de la rivalité entre services, de la collègue désagréable, du collègue amouraché et du psy tirant les ficelles du groupe mais j'ai envie de dire "so what!?" . Ca fonctionne, alors pourquoi s'en plaindre? On suit avec plaisir tout ce petit monde dans une enquête glauque à souhait où chacun amène sa pierre et sa touche personnelle au paysage sombre et oppressant.

Un thriller efficace que je conseille donc aux amateurs du genre.

Posté par Nelfe à 16:30 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 25 janvier 2012

"Rêves de gloire" de Roland C. Wagner

Reves-de-GloireL'histoire: Le 17 octobre 1960 à 11h45 du matin, la DS présidentielle fut prise sous le feu d'une mitrailleuse lourde dissimulée dans un camion à la Croix de Berny. Le Général décéda quelques instants plus tard sur ces dernières paroles: "On aurait dû passer par le Petit-Clamart. Quelle chientlit..."

De Gaulle mort, pas de putsch des généraux, pas d'OAS, pas d'accords d'Évian, pas de référendum et Alger reste française.

De nos jours, à Alger, l'obsession d'un collectionneur de disques pour une pièce rare des années soixante le conduit à soulever un coin de voile qui occulte les mystères de cette guerre et de ses prolongements...

La critique de Mr K: Une belle claque bien délirante aujourd'hui avec ce roman qui m'a été offert par mes parents pour Noël (merci papa, merci maman), œuvre qui a reçu le grand prix des Utopiales 2011 de Nantes. Il s'agit d'une longue pièce de choix (700 pages) qui nous entraîne dans un univers uchronique proprement sidérant tant il s'avère paradoxalement réaliste dans sa déviation originelle. De Gaulle victime d'un attentat! Excusez du peu, je savais Wagner original depuis que Nelfe et moi avons assisté à une de ses conférences à Nantes mais l'écrit qu'il nous livre ici est proprement hallucinant et jouissif.

En fait, il ne reste dans le livre qu'une enclave française en Algérie: Alger. Le reste a été cédé aux indépendantistes et l'Algérois, comme on l'appellen a pris son indépendance vis-à-vis d'une France autoritaire aux mains de putschistes qui l'ont sortie de l'Europe! La pression est énorme sur ce lopin de terre qui essaie de résister comme il peut aux pressions étrangères qui voudraient le récupérer. En parallèle, on suit aussi le phénomène du mouvement vautrien né en France à Biarritz lors de l'été insensé sous la houlette de Tim Leary qui prône la vie communautaire et la non violence. Comme un des personnages principaux est collectionneur de disques, on suit aussi une étonnante histoire du rock des années 60' où certaines stars existent bel et bien (notamment Iggy Pop à ces début, Jeff Beck) mais où d'autres n'ont jamais existé ou sous un nom différent (Beatles et Stones notamment!). Au centre de ce maelström, un disque qui semble maudit car tous ceux qui le possèdent ou le recherchent disparaissent dans d'étranges circonstances!

Déroutant est le premier terme qui m'est venu à l'esprit au bout de 100 pages. Le livre est intégralement écrit à la première personne du singulier et comme on suit différents témoignages anonymes les uns après les autres, il est facile de se perdre. Il faut accepter ce fait pour vraiment rentrer dans le livre. Cette lecture est donc différente dans le sens où il ne faut pas s'attendre à du linéaire pur et dur, plus une sorte de patchwork qui mis bout à bout va former un tout d'une consistance et d'une maestria hors norme. La conclusion est fameuse et le construction qui y mène superbement orchestrée. Prévoyez cependant de longues plages de lecture de une à deux heures minimum pour vraiment gouter et vous imprégner de ce titre tant il faut être à 100% immergé dedans pour en apprécier le contenu et la forme.

L'écriture est un réel bonheur d'inventivité, de simplicité et d'efficacité. Le style Wagner est vraiment excellent car à la fois très abordable et ambitieux. Les personnages croqués sont criants de réalisme et nous les suivons avec passion notamment celui du collectionneur et de sa quête du Graal. Ce côté polar rajoute un petit côté ludique à ce livre-somme. Nombre de critiques insistent sur le côté parfois autobiographique de ce livre, ceci explique sans doute cette impression de vérité et de terrain connu qui s'exhale de l'œuvre au fur et à mesure qu'on en tourne les pages alors qu'on est en pleine uchronie. Il ressort de ce délire fictionnel beaucoup de questions et de réflexion sur l'Histoire, sa construction et sur l'usage qu'on peut en faire. On dépasse par là même la simple volonté d'écrire une histoire car cette dernière rencontre l'Histoire avec un grand H, une Histoire encore bien douloureuse dans notre pays (la guerre d'Algérie a laissé des cicatrices, il suffit de voir les programmes scolaires la concernant pour s'en convaincre).

Un grand et superbe livre donc, difficile d'accès au prime abord mais qui mérite vraiment qu'on s'y attarde tant on touche au sublime en terme d'évocation de la guerre, des conflits entre factions mais aussi aux voyages psychédéliques et à la passion musicale. Tout un programme non?

Posté par Mr K à 14:46 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 24 janvier 2012

"La maison du temps qui passe" de Christin et Vern

L'histoire: Un homme voit s'écrouler un manoir. Il se remémore l'histoire de ce lieu depuis le moyen âge jusqu'aux années 1930.

Le narrateur et personnage principal de La Maison du temps qui passe est une sorte de colporteur fantastique, sachant toujours amener à ses clients ce qu'ils cherchent est tout simplement immortel. Présent depuis la nuit des temps, il va remonter le passé et ses souvenirs pour nous raconter tous les évènements et les personnes qui ont marqué l'histoire d'une maison et de sa famille propriétaire de nos jours jusqu'à... loin dans le passé.

La critique de Mr K: Voici une bien belle BD que j'ai dégoté une fois de plus chez un bouquiniste. Je n'en avais jamais entendu parlé mais j'ai toujours apprécié les œuvres auxquelles a participé Christin (notamment la série des Valérian). On le retrouve ici dans un volume de la série Portraits souvenirs chez Dargaud, accompagné du dessinateur Vern pour une histoire déroutante et bien menée.

Le personnage principal est un vendeur ambulant qui régulièrement rend visite aux propriétaires d'une belle demeure campagnarde pour leur vendre gravures et autres objets. C'est l'occasion pour lui de nous en dire plus sur les mœurs des Lagorce, ancienne famille noble, proprios du fameux domaine. Une fois la première anecdote familiale passée, on retrouve le même commercial mais une génération avant et ainsi de suite dans un gigantesque compte à rebours inversé qui ne semble jamais s'arrêter. C'est donc le même narrateur témoin qui nous présente les différentes générations de Lagorce mais les époques changent ainsi que les costumes, les coutumes de l'époque concernée et la maison en elle même.

Ce qu'il y a de prenant dans ce récit, c'est l'idée de couvrir l'histoire d'une famille entière à travers les siècles et à rebours. C'est à la fois grisant et déroutant surtout que le vendeur se fait de plus en plus mystérieux au fur et à mesure qu'on se rend compte qu'il était là au moment des récits qu'il rapporte (de l'antiquité romaine à l'époque contemporaine en passant par le moyen-âge et ses inquisiteurs!). Tour à tour, le Pater familias Lagorce que le vendeur va démarcher se fait grand patron français dans l'industrie au XIXème siècle, savant expérimentateur pendant la Restauration, nobliaux de province humaniste chassé par ses paysans béotiens à la veille de la révolution Française, etc... À chaque fait, on retrouve ce fameux vendeur qui connaît le maître des lieux et participe directement ou non aux événements narrés.

Cette BD se dévore très rapidement. Le ton est léger et typique de la production de l'époque en la matière (fin 70', début des 80'). La Maison du temps qui passe est un récit ambitieux dans les thématiques qu'il explore (le temps, les histoires de famille, l'Histoire) au travers de ses personnages proches et simples à la fois. Le graphisme est griffé de cette époque et les dialogues sont souvent savoureux, fricotant parfois avec le meilleur d'Audiard. La fin vient nous souffler et c'est conquis et tout souriant que j'ai refermé l'ouvrage. À découvrir et apprécier au plus vite!

La Maison du temps qui passe

Posté par Mr K à 13:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 23 janvier 2012

"Le livre sans nom" d'Anonyme

Le_livre_sans_nomL'histoire: Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets...
Un serial killer assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom...
La seule victime encore vivante du tueur se réveille, amnésique, après cinq ans dans le coma.
Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll de l'année !

La critique Nelfesque: Whoutch! Double combo dans ta face! Ca pour être rock'n'roll, "Le livre sans nom" est rock'n'roll! C'est vulgaire, gore et bourré de caricatures mais putain que c'est bon! Très loin de ce que l'on peut avoir l'habitude de lire en matière de thriller, ce roman surprend par sa fraicheur et sa dérision. Du western, du polar, du fantastique: tout y est!

"Le livre sans nom" a beaucoup fait parler de lui. Tout d'abord parce qu'on ignore le nom de l'auteur se cachant derrière ses pages et parce que l'écriture est plus cinématographique que littéraire. Le style est punchy, les scènes fonctionnent comme des story board et la trame défile sous nos yeux à la manière d'un film de Tarantino (mince, j'ai dit le nom). Tout nous rappelle l'univers de ce réalisateur: le côté décalé, le western moderne, l'alcool et les personnages hauts en couleur. Les références cinématographiques sont omniprésentes dans ce roman et cet ouvrage a forcément été écrit par un connaisseur de cet art.

Pourtant je l'avoue, je n'aime pas les western, je ne suis pas spécialement fana des débordements de testostérone, des univers mââââles à vomir, et les dimensions fantastiques dans des romans qui ne sont pas rangés dans cette catégorie me désarçonnent souvent dans le mauvais sens. Mais là miracle, la magie opère et les pages se tournent à une vitesse folle! On se prend au jeu et on est même fasciné par l'intrigue et le personnage principal, le mystérieux et énigmatique Bourbon Kid. Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec une galerie de portraits à mourir de rire (noir): des piliers de bar indéboulonnables, des moines karatekas un peu idiots sur les bords, des bandits à la petite semaine toujours sur les bons coups...

Atypique, distrayant, original: voici les termes qui me viennent à l'esprit pour décrire ce roman. Un bon gros coup de fouet qui fait du bien et nous désencroûte de notre quotidien avec efficacité. A découvrir d'urgence! Vous saurez très vite si vous adhérez au style ou pas.

Posté par Nelfe à 16:50 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
jeudi 19 janvier 2012

"Voyage au bout du jour" de Behemoth

behemothL'histoire: La mort de sa femme hantait Philippe jour et nuit et il pensait trouver l'oubli en roulant jusqu'à cette île d'Ouessant que le soleil éclaire de ses derniers rayons avant de s'enfoncer derrière l'horizon. Mais sur sa route, il croisa Liane, la fille aux yeux pâles. Ils furent désormais deux à fuir leurs souvenirs. Et lorsqu'ils franchirent la mer pour gagner Ouessant, l'horreur tentaculaire tapie dans les abysses se mut à leur rencontre. Décidément, il est des voyages qu'il vaut mieux ne jamais entreprendre, surtout s'ils vous conduisent jusqu'au bout de la peur et jusqu'au bout du jour...

La critique de Mr K: Derrière ce pseudo démoniaque à souhait se cache Kââ et derrière ce deuxième avatar se tapissait mon ex prof de philo aujourd'hui passé dans l'outre-monde. Il me faut bien l'avouer, j'avais peu goûté au précédent ouvrage que j'avais lu et chroniqué du monsieur: Mental. Vince, un vieil ami et un blogger de renommée internationale (au moins!), me l'avait offert et m'avait sermoné suite à ma critique peu élogieuse. Pour lui, je n'avais finalement pas réussi à briser et déguster la substantifique moelle... Il y a peu, à l'occasion de mon anniversaire, il est revenu à la charge en m'offrant du même auteur ce Voyage au bout du jour et en me disant qu'avec celui-ci ça changeait de style et de genre. Mon voyage de l'autre côté de la Manche était l'occasion idéale pour me livrer corps et âme à cet ouvrage...

Un homme quitte donc Paris pour oublier la mort de sa femme, embrigade au détour d'une étape éthylique brestoise une charmante donzelle et se retrouve confronté à des pieuvres géantes! Tout est dit dans le résumé, vous l'avez compris comme il y a des B-movies, ce livre est un B-book et un morceau de choix en la matière! Amateurs du premier degré, choisissez un autre chemin sinon vous allez passer un mauvais moment! On retrouve dans ce titre les obsessions de l'auteur pour les belles filles bien roulées et la pratique du sexe en toute liberté. La picole aussi est très présente avec des morceaux de bravoure entre éclusage sec et délires alcooliques. En fait, on se retrouve dans un univers un peu à la San Antonio, la gaudriole en moins tant l'oeuvre baigne dans l'obscurité malgré l'intitulé du livre.

La violence était un des sujets qu'abordait souvent en classe ce professeur hors norme. Elle est ici abordée de plein fouet, sans concession aucune. D'ailleurs le passage à l'acte est ici marqué du sceau de la folie et de la difficulté de ne pas transgresser les règles, la norme admise communément. Attention aux âmes sensibles, ça charcute et trucide à tout va et on se plait parfois à en redemander un peu comme dans le premier Kill Bill de Tarantino lorsque la mariée se bat contre tout un gang déchaîné.

J'ai donc trouvé le contenu intéressant et la fin quoiqu'un peu abrupte est peu commune et surtout complètement barrée! Reste cependant une écriture qui décidément me désole à certaines occasions. Absence de style? Trop de style au contraire? Bien que court et aisé à lire, j'ai trouvé des passages lourdingues, beaucoup de redondances inutiles et quelques raccourcis malencontreux pour la clarté du récit.

Merci tout de même à Vince pour cette franche poilade brute de décoffrage qui est à réserver aux lecteurs avertis... qui a dit pervertis?

Posté par Mr K à 17:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,