mardi 31 décembre 2013

"Légitime défonce" - Série Le Poulpe - de Paul Milan

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L'histoire: Genève l'opulente et ses riches banlieues représentent un terrain de rêve pour les jeunes cambrioleurs des banlieues françaises toutes proches. Michel Barne n'en est du reste pas à son coup d'essai. Mais lorsque, par une belle nuit de printemps, il tombe sur un propriétaire de villa qui n'a, pour seule obsession, que la légitime défense, la vie du jeune casseur se mue en une horrible chasse à l'homme. Dont il est la proie et la bonne société genevoise la meute. Gabriel Lecouvreur, lui, se trouve étrangement embrigadé du côté des... traqueur.

La critique de Mr K: Le Poulpe et moi, c'est une grande histoire d'amour littéraire. Héros charismatique, auteurs de talents changeants et des histoires courtes et percutantes. Une fois de plus, au détour d'un étal, je me retrouvai à adopter une de ces aventures! Encore une fois, le bonheur de lecteur était au RDV!

Cap sur la Suisse et une belle brochette de facistes plein aux as! Dans leur collimateur, un jeune cambrioleur qui a eu le malheur de vouloir voler la mauvaise personne. Commence alors une chasse à l'homme impitoyable dans laquelle se trouve embringué notre cher Gabriel Lecouvreur. Vous imaginez bien que notre justicier libertaire n'a pas viré sa cuti. En mode sous-marin, il va essayer de lever le voile sur cette mystérieuse organisation des plus réactionnaires et en même temps, tenter de sauver le jeune voleur. Va y avoir du sport!

Une fois de plus, ce Poulpe est une pure réussite! Nous avons le droit à un éclairage peu flatteur des vicissitudes humaines avec notamment ici un gang de réactionnaires particulièrement belliqueux. Effroyables de méchanceté et d'inhumanité, l'argent donne tous les droits et le racisme est article de foi. Des passages à ce niveau sont assez rudes et la colère monte vite au nez du lecteur. D'ailleurs, le Poulpe se retient plus d'une fois durant son infiltration et la tension est présente tout le long de l'ouvrage qui est placé sous le sceau du suspens et de la course contre la montre. La chasse est très bien rendue, on passe du point de vue des prédateurs à celui de la bête traquée qui se révèle être un jeune con pas très intelligent qui ne comprend pas ce qui lui arrive. La peur est palpable, les pages se tournent et l'on est en plein roman noir. Cependant, rassurez-vous, c'est un poulpe et comme toujours cela se termine bien malgré des bobos et des vexations diverses.

L'écriture de Paul Milan est une merveille de concision et d'efficacité dans la pure tradition de la série littéraire qu'il rejoint avec ce tome. Les phrases fondent sous la langue comme un bon chocolat et malgré le caractère amer de l'histoire et des sous-entendus, on passe un très agréable moment. Simple regret, l'absence totale de Chéryl, la chérie de Gabriel, qui n'est qu'évoquée et dont la grande gueule et le charme extravagant manquent cruellement à l'amoureux transi que je suis. Mais ce n'est qu'un détail face à une histoire maîtrisée qui fait écho à l'ambiance générale dans laquelle baigne notre pays en ce moment.

Une très belle lecture donc, qui plaira autant aux novices qu'aux férus du poulpes! Avis aux amateurs!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant
- Arrêtez le carrelage

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vendredi 27 décembre 2013

Concours 666 - Les résultats!

concours

Nous voici, comme promis, de retour pour vous donner les résultats de notre Concours 666! Non, nous ne sommes pas morts mais en plein préparatif de nos vacances parisiennes à la rencontre d'une crevette (faut pas chercher...). Nous reprendrons une activité plus normale sur le blog dès les fêtes passées. En attendant, on en profite! Sachez tout de même que nous ne vous oublions pas et que quelques articles sont programmés dans la semaine à venir. Et ce, malgré notre absence (c'est beau la technologie et les bornes Wifi!).

Mais revenons en à nos moutons diaboliques!

La réponse à la question "Quel est le nom de l'animal domestique maléfique qui règne en maître dans notre antre?" était bien sûr Tesfa! Nous lui avions dédié un article il y a peu lors de son élection au titre de Miss Cat 2014 où nous avions indiqué en toutes lettres son nom.
Donc, non, même si elle peut s'avérer pénible par moment (et c'est peu de le dire parfois!), notre animal domestique n'est pas un cafard! Ah ah vous m'avez fait bien rire avec certaines de vos réponses :)

Venons en aux gagnants!

le-pistoleroGagnants du 1er tome "Le Pistolero":
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- faurelix
- Cébo
- lemillefeuilles (qui s'est décarcassée pour trouver une partie de la réponse sur notre blog. Je sais que tu voulais le dernier tome, ceci est un lot de consolation ^^)

Gagnants du dernier tome "La Clé des Vents":

- slay
- Marie-Hélène
- Cébo (qui avait du mal à se décider entre les 2 tomes! Ca tombe bien! ^^)

Merci à tous pour vos participations. Je transmets tout de suite et avant de partir vos coordonnées à la maison d'édition qui s'occupera de l'envoi de vos lots début janvier.

On vous souhaite de bonnes lectures et de bons moments en général pour cette fin 2014. A très bientôt!

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vendredi 20 décembre 2013

"Un Homme" de Philip Roth

un hommeL'histoire: Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première confrontation avec la mort sur les plages de son enfance jusque dans son vieil âge, quand les maux physiques l'accablent. Entre-temps, publicitaire à succès, il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles.
D'un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d'un second, une fille qui l'adore. Il est le frère d'un homme sympathique dont la santé lui inspire de l'amertume et l'ex-mari de trois femmes qu'il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte, c'est un homme qui est devenu ce qu'il ne voulait pas être.

La critique de Mr K: Encore une fois, c'est par une intuition de l'instant que je me portai acquéreur de ce livre, à moins que ce soit lui qui m'ait choisi... J'avais entendu parlé de Philip Roth, la plupart du temps en bien, mais je n'avais jamais pratiqué cet auteur jusqu'à ce que mes yeux parcourent cette quatrième de couverture aussi banale qu'énigmatique... C'est du moins ce que j'en ai pensé en la lisant. Je me lançai donc à la découverte d'Un homme.

Cet homme justement, ce pourrait être finalement n'importe qui. Jamais nous ne saurons son nom de tout l'ouvrage, le narrateur omniscient le prénommant "il". Bien qu'impersonnel, ce personnage réussi à intéresser le lecteur car tout autour de lui, gravite toute une série de personnes plus ou moins liées avec son existence. Comme cette dernière est passée en revue depuis son enfance à sa mort, on en rencontre beaucoup: ses parents immigrés juifs tenant une modeste boutique de joaillerie à New York, son frère véritable astre solaire en terme de caractère et de santé, ses différentes femmes, ses enfants, ses collègues de travail mais aussi des inconnus qui ont marqué son existence comme une météorite laisse une trainée lumineuse dans le ciel après son passage. Finalement, ce livre n'est pas autre chose qu'une étincelle de vie parmi des milliards d'autres existences.

Philip Roth commence fort en relatant dès le premier chapitre l'enterrement de cet homme ordinaire. Défile sur sa tombe tout un tas de personnes que nous apprendrons à connaître au fil des pages. L'occasion est trop belle pour marquer le lecteur dès le départ avec des tensions bien présentes et des discours funéraires éclairant quelque peu le parcours du héros anonyme. Puis très vite, on remonte le temps pour revenir à son enfance et suivre sa vie à travers les différents pépins de santé qu'il va rencontrer: un kyste très mal placé (comprendre près de la bistouquette!), l'effroi qui l'accompagne (il est très jeune) et le soutien de sa mère qui restera à jamais la femme de sa vie (Œdipe quand tu nous tiens!), une appendicite foudroyante et presque fatale, puis ses différentes opérations du cœur. A chaque fois, loin de se contenter d'un constat médical froid, Roth fait intervenir des flashbacks pour expliquer les réactions et omissions de son héros; cela donne des pages douces-amères où la lucidité reprend le dessus sur le mal. L'anonyme ne s'épargne pas, analyse ses agissements et finalement, regrette quelque peu la vie qu'il a pu mener.

La lecture de ce roman fut un plaisir de chaque instant. La langue est limpide, directe et empathique à souhait. Peu à peu, on ressent une certaine affection envers cet homme certes imparfait mais tellement humain. Surtout vers la fin de sa vie quand il se repasse en mémoire toutes les erreurs qu'il a pu commettre notamment en matière amoureuse. Le galopeur s'est assagi avec l'âge et ses errements le suivent à jamais par des fils qui le méprisent et des ex-femmes qui ne lui parlent plus ou très peu. Triste bilan d'une vie qui s'avère décevante malgré de belles réussites comme sa fille ou sa carrière. Le ton mélancolique se développe de plus en plus au fur et à mesure que les pages se tournent et c'est la larme à l'œil que l'on repose ce livre satisfait mais légèrement sonné.

Un petit bijou de réalisme, un concentré d'humanité dans ce qu'elle a de plus beau et d'incomplet, une lecture rare et véridique... un livre à découvrir!

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mercredi 18 décembre 2013

Concours 666

Il y a quelques semaines, nous avons fêté les 6 ans de notre Capharnaüm éclairé. 6 ans d'échange, de partage, de lecture et de bonne humeur! Les éditions J'ai Lu s'associent à cet évènement interplanétaire et nous permet de lancer notre concours 666! Tremblez mortels!

concours

Nous ne vous proposons pas 1, ni 2, ni 3 gains mais bien 6! A l'occasion de la sortie en librairie de la dernière parution du cycle "La Tour sombre" de Stephen King, nous vous offrons la possibilité de remporter 3 exemplaires du premier tome, "Le Pistolero" et 3 du dernier, "La Clé des vents", qui peut se lire indépendamment des autres tomes de la saga.

Stephen King, c'est toute notre adolescence et nous sommes heureux de mettre en place ce concours au doux nom diabolique de 666: 6 ans de blogging, 6 romans, 6 gagnants!

Pour participer, rien de plus simple. Comme nous souhaitons avant tout remercier nos lecteurs fidèles, les conditions de participation sont les suivantes:

- liker notre page Facebook,
- répondre à la question suivante via formulaire de contact en nous laissant vos coordonnées postales (ça se passe en haut de la colonne de droite du blog):
Quel est le nom de l'animal domestique maléfique qui règne en maître dans notre antre?
- valider votre participation en nous déclamant votre amour dans les commentaires et en précisant quel roman vous désirez gagner.

Ce concours prendra fin le 26/12/13. Ne tardez pas! Les gagnants seront annoncés le 27 pour un départ des plis début janvier.

+1 chance si vous partagez ce concours sur votre page Facebook (dans ce cas, merci de l'indiquer dans votre message).
Le concours 666 est ouvert à la France uniquement.

A vous de jouer!

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mardi 17 décembre 2013

"Mauvaise étoile" de R.J. Ellory

Mauvaise étoileL'histoire: Texas, 1964. Après l'assassinat de leur mère, Elliott et Clarence ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maison de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otage pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, les deux adolescents se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, les policiers, lancés à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy, ne sont pas au bout de leurs surprises.

La critique Nelfesque: J'ai lu cet Ellory à sa sortie en librairie. Et oui, je crois que je ne peux plus vous le cacher, je suis une fan absolue de cet auteur qui touche pour moi au sublime dans un style très populaire qu'est le thriller. Qui a dit que ce genre littéraire était fait de facilités? Lisez un Ellory et on en reparle!

"Mauvaise étoile" est la dernière traduction française de R.J. Ellory disponible en librairie depuis début octobre. Encore une fois classé en thriller, il relève plus pour moi du roman noir avec ses personnages complexes et à la psychologie fouillée et son road movie, digne des plus grandes traversées d'Amérique, angoissant et saisissant.

Ce n'est donc plus un secret pour personne, Ellory et moi c'est une grande histoire d'amour. Une histoire d'amour qui a commencé avec la découverte de "Seul le silence" et qui n'est pas prête de s'arrêter. On retrouve dans "Mauvaise étoile" tout ce qui fait la force de cet auteur: une plume qui lui est propre, de toute beauté, et cette faculté qu'il a d'emmener ses lecteurs dans une ambiance à part. Plus que lire "Mauvaise étoile", on le vit. Vraiment...

De roman en roman, j'ai l'impression d'avancer toujours les mêmes arguments mais ce n'est pas ma faute après tout si ce grand monsieur est aussi doué dans son Art! Ce serait sans doute plus facile de parler d'une déception et de trouver des défauts à une oeuvre, mais je n'y peux rien, Ellory a su encore me toucher avec ce magnifique roman. Plus encore qu'avec ses précédents qui déjà atteignaient des sommets. C'est dire!

Les personnages principaux sont frères. Des petits gosses qui n'ont pas eu beaucoup de chance dans la vie. Après l'assassinat de leur mère, et la scène poignante qui en découle, Elliott et Clarence vont vivre leur adolescence dans des maisons de correction et établissements pénitentiaires pour mineurs. Dès l'enfance, ils sont frappés du sceau de l'injustice et le jour où ils sortent enfin à l'air libre, ils se trouvent embrigader dans une histoire qui n'est pas la leur. Touchants et naïfs, ils vont alors suivre le chemin de Earl Sheridan, un psychopathe qui sème la terreur et le sang sur son passage.

Face à ces évènements, les deux frères vont vivre les choses complètement différemment. L'un va se méfier de Earl, l'autre va le prendre pour modèle. Ici se scellera la fin de ce qui les unissait jusqu'alors et commence pour le lecteur un tourbillon de sentiments à la lecture du roman. Le parti pris littéraire d'Ellory surprend alors ici avec une écriture skizophrénique qui nous fait parfois perdre le fil de l'histoire mais qui se révèle être d'une complexité et d'une maîtrise sans précédent. Si vous avez lu "Sorry" de Zoran Drvenkar, également édité chez Sonatine, vous avez déjà touché du doigt cette complexité. Ici on ne sait plus qui est qui, tant les personnages vont être mélangés, pris les uns pour les autres, perdus dans leurs têtes...

Je suis ressortie de "Mauvaise étoile" complètement sonnée! Une vraie claque! J'aime particulièrement les romans noirs où il est question de jeunes ado et de leurs difficultés de vivre. Dans ce roman ci, on va bien au delà de la souffrance et des questionnements propres à cet âge ingrat. On entre dans une histoire poignante, horriblement triste (j'ai quand même versé ma larme, ce qui arrive très rarement) et rudement bien mené.

Plus qu'un écrivain, Ellory est pour moi un génie dans son genre! Des romans à couper le souffle, la beauté et la rudesse à chaque coin de page, une expérience à vivre en tant que lecteur. "Mauvaise étoile" peut être encore plus que ses autres romans. Jetez-vous dessus! J'en ai encore des frissons...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"

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lundi 16 décembre 2013

"Ad Noctum : les chroniques de Genikor" de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait

ad noctum chroniques genikor lamarque portrait

L'histoire: Grâce à sa large gamme de produits, summum de l'ingéniérie génétique – clones, androclones, prosticlones, hybrides, thérapies géniques -, Genikor répond à tous vos besoins, devance tous vos désirs.
Pour vivre le meilleur sans avoir à redouter le pire, laissez-vous tenter par nos clones de plaisir.
Pour l'ennui, osez une de nos chasses Zaroff, sur les traces d'une manticore ou d'un cro-mag.
Pour la guerre, envoyez nos satyres la gagner à votre place.
Même pour la mort et la pénurie d'eau potable, Genikor a une solution.
Chaque jour nous donnons la vie.

La critique de Mr K: Voilà encore une belle découverte faite durant notre séjour nantais aux Utopiales 2013. En errant comme une âme en peine dans les rayons de la librairie faramineuse du festival, je suis tombé sur le présent volume dont la couverture dessinée par Manchu m'a attiré l'œil et dont la quatrième de couverture a fini par me convaincre! Préparez-vous à une plongée infernale dans une uchronie très sombre et inquiétante à souhait!

En l'année XX62, le monde a bien changé. Une entreprise d'un genre nouveau, spécialisée dans les manipulations génétiques, semble influer sans partage sur la destinée de notre planète. Fournisseuse officielle en armes génétiquement modifiées (les terrifiants satyres et chimères), elle est aussi présente dans de nombreux compartiments de la vie humaine: soins génétiques qui tendent à faire progresser notre espèce vers l'éternité, organisation de chasses d'un nouveau genre (chasse à l'homme préhistorique, aux créatures sorties de l'imagination de chercheurs quelque peu borderlines...) ou encore création de cyborgs dédiés aux plaisirs les plus inavouables, Genikor est donc au centre de ce roman qui est divisé en quatre grands chapitres reprenant les différents aspects de l'entreprise à travers les destins croisés de personnages bien différents. Ainsi au cours de la lecture, on pénètre dans l'esprit d'un soldat génétiquement modifié, celui d'un malfrat des bas quartiers ou encore dans la tête d'une femme d'ingénieur de chez Genikor qui poursuit un rêve de maternité qui lui est interdit. Agrégat de nouvelles qui se relient entre elles, peu à peu, le lecteur peut se faire une idée plus précise des ramifications de Genikor et de son influence. On termine sur les rotules avec un tableau des plus angoissants qui s'inscrit complètement dans la logique des grands bouleversements actuels de nos sociétés, où apparence, superficialité et intérêts économiques priment de plus en plus sur l'humain.

Bien que d'un style exigeant et dense, ce livre est une mine d'intelligence et de maîtrise. Très souvent, on peut faire le parallèle avec deux classiques du cinéma de science-fiction: Blade runner et Bienvenue à Gattaca. On retrouve dans Ad noctum les mêmes préoccupations philosophiques et éthiques: l'humain face au progrès, la domination d'une caste économique sur l'ensemble des sociétés humaines, l'exclusion de tous les éléments dits anormaux ou non-intégrés dans les normes imposées, le rêve de l'éternelle jeunesse et ses chimères, la cupidité et les sacrifices moraux qu'elle impose et tant d'autres questionnements qu'il serait impossible de tous les lister ici même. Loin d'apporter des réponses (ce n'est pas le but de Lamarque et Portrait), des portes sont ouvertes dans l'esprit du lecteur pris en otage par la maestria déployée en terme d'écriture et d'idées. Impossible donc de relâcher le volume où l'on a constamment l'impression de tomber de Charybde en Sylla sans réelle ouverture vers un espoir quelconque. Une impression d'étouffement s'insinue peu à peu et la clôture du roman est assez implacable.

Ce fut une expérience à la fois inoubliable et profondément marquante que cette lecture, du genre de celles qu'on n'oublie pas et qui reste en mémoire durant longtemps. L'agencement des histoires, les préoccupations évoquées et leurs mises en relation étroite avec ce que l'on peut vivre dans le monde réel sont assez bluffantes. Difficile dans ces conditions de rester optimiste. Un excellent roman d'anticipation que tout amateur du genre se doit d'avoir parcouru et digéré!

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mercredi 11 décembre 2013

"Simon et l'enfant" de Joseph Joffo

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L'histoire: Paris, 1942, Franck, dix ans, vit à Montmartre avec sa mère, qu'il adore, et Simon, qu'il déteste.

Simon qui n'est pas son père, Simon qui, croit-il, lui vole l'affection de sa mère, Simon qui se cache, parce qu'il est juif.

Mais le destin va les contraindre à faire alliance. Et des champs de courses de Paris aux maquis de Savoie, d'un orphelinat au camp de Drancy, ils devront affronter, ensemble, une série d'aventures toujours pittoresques, parfois tragiques.

Entre Simon et l'enfant, entre l'adulte un peu voyou et le gamin trop vite grandi va naître d'abord une estime réciproque, puis une amitié plus forte que la guerre...

La critique de Mr K: Une belle lecture aujourd'hui encore avec ce roman de Joseph Joffo. Vous qui nous suivez régulièrement, vous savez toute l'admiration que je porte pour cet écrivain non émoulu du cénacle littéraire, Joffo étant garçon-coiffeur de formation. Contrairement à Un sac de billes et Baby foot, ce roman n'est pas autobiographique, il s'agit d'une fiction qui prend une fois de plus comme cadre la France sous l'occupation allemande, période trouble entre toute, qui a marqué l'auteur à jamais.

On suit ici Franck, un enfant que la guerre va faire murir trop vite et Simon, un réfugié juif en ménage avec Mireille, la maman du jeune garçon. La tension entre les deux personnages est palpable dès le départ, une place se joue entre les deux auprès de la jeune femme. Son fils est jaloux de l'affection que Mireille porte à Simon mais il ne se rend pas des enjeux cachés derrière cette relation. Simon lui, fait ce qu'il peut et très vite le destin va les rattraper. Mireille va disparaître et les deux écorchés vifs vont devoir apprendre à s'apprivoiser, à vivre ensemble au mépris du danger. L'animosité va se transformer en amitié et ce lien unique qui se tisse va se révéler essentiel face à l'adversité.

On retrouve dans ce roman tout le talent de conteur de Joseph Joffo. L'écriture est simple et efficace, la reconstitution historique est fidèle et pas du tout assommante. Le background est donc très bien rendu et renforce l'évolution des personnages. Plus que l'image du juif traqué et révolté, je retiendrai particulièrement l'évolution de l'enfant qui d'innocent va devenir homme et résistant à sa manière. Sa psychologie est très bien décrite et s'ancre dans un réalisme imparable qui nous permet d'effleurer l'état d'esprit de certains de nos compatriotes de l'époque (rien ne vaut un bon vieux témoignage). L'injustice est ici criante, la révolte nécessaire. Cette lecture est particulièrement intéressante dans cette période où les prises de paroles extrémistes se banalisent et où les frontières entre le bien et le mal se font de plus en plus ténus dans une République Française que je trouve personnellement en danger.

Reste que ce roman n'est pas le plus réussi de cet auteur. Il y a tout d'abord une impression de redite qui s'installe chez le lecteur après avoir lu les deux précédents ouvrages de l'auteur. On retrouve les même thématiques et le style finalement ne se renouvelle pas beaucoup. Le fond reste cependant très prenant. Je trouve aussi que la puissance qui se dégageait de l'oeuvre de Joffo est ici un petit peu moindre, sans doute est-ce l'effet "fiction". Pas de vécu ici et un aspect moins viscéral des drames qui se jouent malgré des passages très difficiles.

Au final, ce Simon et l'enfant se révèle être une bonne lecture, d'une pratique aisée et plaisante malgré un sujet grave. À lire si la période et le thème vous intéresse. En cas de doute, préférez lui les deux autres titres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog.

samedi 7 décembre 2013

"Moi, Lucifer" de Glen Duncan

moi lucifer

L'histoire: Prisonnier (par la volonté de Dieu) du corps d'un écrivain fraîchement suicidé et chichement membré, Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres, de l'Enfer et de ce Monde, Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l'Univers Visible et Invisible (demandez donc à Ève, cette petite garce), j'ai décidé – ta-daaah! - de tout dire.

Tout? Presque. Le funk. Le swing. Le boogie. Le rock.

C'est moi qui ai inventé le rock. Si vous saviez tout ce que j'ai inventé: la sodomie, bien sûr, la fumette, l'astrologie, l'argent... Bon, on va gagner du temps: tout, absolument tout ce qui vous empêche de penser à Dieu. C'est-à-dire à peu près tout ce qui existe.

La critique de Mr K: Voici un livre sur lequel je suis tombé complètement par hasard, sans même en connaître l'existence et qui m'a interpelé fortement quand je compulsai sa quatrième de couverture dans la grande librairie du festival des Utopiales de Nantes. Le Diable! Vaste sujet qui m'a toujours intéressé et charmé. L'attirance pour l'interdit, l'immoralité qu'il induit et son parcours mythologique des plus symbolique, l'Ange déchu porteur de Lumière (Lucifer en latin), préféré de Dieu qui par son orgueil a perdu sa place et s'est retrouvé exilé au royaume des Ténèbres dont il est devenu le régisseur, personnage emblématique de la culture judéo-chrétienne, inspirateur de la musique métal que j'apprécie au plus haut point... autant d'éléments qui nous sont ici présentés à travers sa vision, son esprit tentateur. Préparez-vous à un voyage hors du commun avec comme guide, le seigneur des mouches lui-même, un être torturé et rigolard à l'humour noir et dévastateur.

Dans "Moi, Lucifer", tout commence par une ultime chance donné par son père à Satan: prisonnier du corps d'un écrivain raté qui s'est suicidé, il va devoir pendant un mois tenir le coup, résister au pêché (un comble quand on y pense!) pour espérer regagner sa place initiale à côté du Créateur. Nous suivons donc cette épreuve qui, il faut bien l'avouer, se révèle difficile pour cet être sans scrupule et tourmenteur à souhait. Ce roman est surtout un portrait totalement déjanté, hilarant et remarquablement documenté sur le Diable qui prend un malin plaisir (sic!) à digresser sur lui même, la symbolique et ses rapports avec cette humanité qu'il adore. Et oui, nous sommes tellement perfectibles que notre espèce offre un terrain de choix à ses expériences et inventions de toutes sortes: sex, drugs and rock and roll! Ce qu'il en ressort finalement, c'est un profond amour du genre humain à travers ses défauts et ses aspirations. Papy (alias Dieu) s'est vite détourné de ses enfants, à lui Lucifer de lui faire profiter de ses créations et de ses velléités. Le libre arbitre étant ce qu'il est, je vous laisse imaginer le contenu des tentations!

Cela donne corps à un roman unique, extrêmement drôle. Le ton est proche de celui que l'on peut trouver dans les œuvres des Monty Python le tout mâtiné d'un humour noir des plus dense. Il faut avouer tout de même que ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Les références sont nombreuses et parfois très subtiles, un néophyte de la Bible et de la symbolique judéo-chrétienne ratera beaucoup de références et pourrait s'ennuyer durant les longs monologues que nous livre le prince des Ténèbres. Ton insolent, décalé, il faut donc s'accrocher pour le suivre mais cette confession (sic) vaut vraiment le détour pour tout lecteur courageux. Bien évidemment, il ne plaira pas à tout le monde notamment les personnes les plus pieuses et / ou dépourvues d'humour noir. Sachez enfin que malgré tout ce que le malin représente (souffrance, malheur, violence...), ce livre le rend très attachant, sans doute parce que le Diable derrière cet océan de débauche est avant tout un fils qui s'est fait viré du Paradis par son père. Étonnant sentiment donc qui personnellement m'a quelque peu ému malgré l'aspect drolatique de l'entreprise de Glen Duncan.

Au final, cette lecture s'est révélée être un plaisir de tous les instants que je ne peux que vous conseiller malgré les quelques mises en gardes évoquées plus haut. Pour le coup, le lecteur pourra chanter: "Please to meet you, hope you guess my name" (Sympathy for the devil, The Rolling Stones).

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jeudi 5 décembre 2013

"Vies tranchées: Les soldats fous de la Grande Guerre" - Oeuvres collective

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L'histoire: La guerre est-elle cause de folie chez les soldats? Qui aujourd'hui ne répondrait pas oui à cette question? Mais lors de la Première Guerre mondiale, il en allait tout autrement.

Grâce à des documents d'époque inédits, redécouverts à Ville-Évrard par Hubert Bieser (historien en santé mentale), Vies tranchées retrace le parcours d'une quinzaine d'hommes, oscillant entre champs de bataille et asile psychiatrique. Dans ces pages d'un réalisme saisissant, vous vivrez les cauchemars de Jean Marie G., les hallucinations de Baptistin B., la dépression et la mutilation de Gabriel C., ou encore l'étrange destin de Louis N. que l'on hospitalise pour confusion mentale, et que l'on finit par condamner comme anarchiste...

Enfin se lèvela chape de plomb qui s'est abattue, durant leur vie et bien au-delà, sur ces victimes méconnues.

La critique de Mr K: Voici un ouvrage très précieux pour la mémoire collective. On a beaucoup parlé de la Grande Guerre en focalisant sur les tenants et les aboutissants, sur la guerre de tranchées en elle-même, sur les généraux qui l'ont mené et qui ont donné leurs noms à nombre de rues de nos villes. Mais jusqu'à maintenant, jamais on avait traité le cas des soldats que la guerre a fait basculer dans la folie et la psychose. Certes, on avait pu les apercevoir dans certaines œuvres comme l'excellent Croix de bois de Roland Dorgelès ou encore le classique de Kubrick Les sentiers de la Gloire (et encore, là les allusions sont très légères). Mais jamais finalement, un ouvrage n'avait été consacré à ces hommes revenus fous du front. C'est aujourd'hui chose faite depuis fin 2010 avec la parution de cette BD chez Delcourt, fruit du travail acharné d'Hubert Bieser (historien) et de sa collaboration avec une pléthore de dessinateurs et scénaristes. Désolé, ce serait trop long de tous les citer!

Le principe de cet ouvrage est très simple. A travers de micro-récits, on suit le parcours d'une quinzaine de soldats traumatisés par la guerre. A chaque fois ou presque, le dessinateur change, ce qui donne une certaine variété dans l'esthétique de cette BD. Le fil conducteur reste le même mais l'évocation de l'horreur de la guerre suit la sensibilité des différents artistes qui se succèdent tout au long des pages. S'intercale entre ces cas particuliers, un récit concernant l'histoire de l'asile qui permet de se faire une idée plus précise des conditions de placements des aliénés et l'idéologie dominante de l'époque en matière de psychiatrie. Très vite, on se rend compte qu'une grande suspicion entoure ces malades d'un genre nouveau que l'on prend bien souvent pour des simulateurs qui cherchent à déserter.

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La plupart des cas évoqués dans ces pages sont des hommes simples, issus de milieux modestes, cela rend d'autant plus ces récits poignants tant il semble que l'innocence semble profanée. Partis la fleur au fusil, ils reviennent choqués et à jamais transfigurés du front. Le vacarme assourdissant des obus, les cadavres pourrissants de leurs copains à leurs pieds, les épidémies et les infections, les mutilations, le froid, la faim... de ce chaos indescriptible (ou presque...) nait la folie et le dégoût. Arrivés à l'hôpital psychiatrique commence la lente reconstruction (si elle est encore possible) et la confrontation avec des administratifs bien souvent septiques et incompétents, qui ne mesurent aucunement le degré d'horreur et d'épouvante que pouvait atteindre l'existence du poilu, dans cette guerre d'un genre nouveau s'apparentant à une boucherie sans précédent en matière historique.

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Cela donne une oeuvre âpre, uniquement basée sur le témoignage et la vérité. Les images et les mots cinglent le lecteur comme autant de coups de fouets qui transpercent l'âme tant le voyage est éprouvant. La mort côtoie bien souvent la folie, et ses êtres semblent errer dans les limbes d'un inconscient peuplé de monstres et d'images indélébiles. Incapables bien souvent d'expliquer leur glissement dans la folie, réduits à l'état de loque humaine, ces êtres n'ont plus d'humains que leur nature physique tant leur esprit est irrémédiablement marqué au fer rouge de la violence et de l'absurdité. Je dois avouer que je suis ressorti tout chamboulé de cette lecture, étant moi-même féru de cette guerre méconnue et devant chaque année transmettre un petit bout d'histoire aux jeunes pousses qui me sont confiées.

Très belle découverte donc pour moi, à la fois dure et nécessaire, une pierre angulaire en tout cas dans le devoir de mémoire qui doit être consacré à cette période sombre de notre Histoire commune.

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lundi 2 décembre 2013

"Sans feu ni lieu" de Fred Vargas

SansFeuNiLieuL'histoire: - C'est un crétin ou quoi, ce type? Louis Kehlweiler s'énerve. Cette histoire ne tient pas debout! Il ne fait de doute pour personne que Clément Vauquer est bel et bien coupable de deux meurtres dont on l'accuse. En outre, la police possède son signalement, il ne restera pas longtemps en cavale.
Oui, mais Clément, l'accordéoniste demeuré, est un protégé de la vieille Marthe... Cela suffit pour que Kehlweiler demande à Marc, Lucien et Mathias de cacher le fugitif quelques jours. Personne n'ira le chercher dans la baraque pourrie qu'ils habitent, au fin fond du 18ème arrondissement.
Le temps d'aller à Nevers, là où tout a commencé...

La critique de Mr K: C'est mon premier Vargas sans Adamsberg. Cet ouvrage trainait dans ma PAL depuis trop longtemps pour être ignoré davantage. Je n'ai jamais été déçu par un Vargas et j'étais curieux de voir ce que donnerait un livre de cette auteure sans son personnage fétiche. Après cette lecture me voilà conforté dans ma belle opinion que j'ai de cette écrivaine.

Le héros est ici un certain Louis Kehlweiler que l'on surnomme "l'allemand" à cause de ses origines. Viré des services de l'Intérieur, il traine sa défroque dans Paris et participe à l'occasion à des enquêtes qui le touchent de près. Comme il a gardé un réseau fort développé depuis sa mise à pied, cela lui permet d'avancer très vite. Ici il est contacté par une vieille connaissance. Marthe, prostituée de son état est une personne que tout le monde respecte énormément et son petit protégé est en grand péril. Impossible de remettre sa parole en doute, si la vieille Marthe dit que le petit est innocent, c'est qu'il est! Et pourtant... tout l'accable! Il était présent sur tous les lieux du crime et il a laissé ses empreintes partout. D'abord septique, Kehlweiler va vite se rendre compte que quelqu'un a manipulé le simple d'esprit, la police et la presse. Commence alors une course contre le temps pour retrouver le ou les responsables.

On retrouve dans ce roman toutes les qualités d'un Vargas. Ainsi, les personnages sont fouillés et d'une densité telle que l'on ne peut que s'attacher à eux. Et comme à son habitude, Vargas soigne tout particulièrement les dialogues où l'on retrouve son sens du rythme et de la truculence. On fréquente ici les gens simples des quartiers déshérités et on y croit, tant l'atmosphère et les lieux sont remarquablement décrits. Par petites touches précautionneusement dispensées par l'auteur, l'intrigue avance et je dois avouer que je me suis fait complètement balader. Lorsque la révélation finale est enfin livrée, je ne m'y attendais pas notamment en terme de mobile. Pourtant tous les éléments du puzzle étaient là mais je me suis fait avoir! Belle fin en tout cas pour une enquête tortueuse où le héros devra constamment dénouer les contre-vérités et les omissions des personnes qu'il rencontre. Par moment, on retombe aussi sur des passages humoristiques caractéristiques du style de l'auteur, j'ai particulièrement apprécié les retrouvailles entre Kehlweiler et un policier de Nevers.

J'ai dévoré ce volume comme pour tous les autres de Vargas. Ce nouvel héros, même s'il n'est pas des plus original, est très vite attachant et sa méthode intuitive est très agréable à suivre. Les relations entre personnages sont d'un réalisme extrême et nous livre des tranches de vie inoubliables entre émotion et tension. Une lecture rapide et distrayante à souhait que tout amateur du genre peut tenter sans risque d'être déçu.

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- L'Homme à l'envers
- Sous les vents de Neptune
- Dans les bois éternels
- Un lieu incertain
- L'homme aux cercles bleus
- Coule la Seine

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