jeudi 12 avril 2012

"Un lieu incertain" de Fred Vargas

9782878582857L'histoire:

- Bien, dit Clyde-Fox en se rechaussant. Sale histoire. Faites votre job, Radstock, allez voir ça. C'est un tas de vieilles chaussures posées sur le trottoir. Préparez votre âme. Il y en a une vingtaine peut-être, vous ne pouvez pas les manquer.
- Ce n'est pas mon job, Clyde-Fox.
- Bien sûr que si. Elles sont alignées avec soin, les pointes dirigées vers le cimetière. Je vous parle évidemment de la vieille grille principale.
- Le vieux cimetière est surveillé la nuit. Fermé pour les hommes et pour les chaussures des hommes.
- Eh bien elles veulent entrer tout de même, et toute leur attitude est très déplaisante. Allez les regarder, faites votre job.
- Clyde-Fox, je me fous de vos vieilles chaussures veuillent entrer là-dedans.
- Vous avez tort, Radstock. Parce qu'il y a les pieds dedans.

Il y eut un silence, une onde de choc désagréable. Une petite plainte sortit de la gorge d'Estalère, Danglard serra les bras. Adamsberg arrêta sa marche et leva la tête.

La critique de Mr K: Encore un très bon moment passé en compagnie d'Adamsberg! Des pieds coupés et chaussés sont retrouvés devant l'entrée du cimetière gothique d'Highgate à Londres lors d'un passage dans la capitale anglaise d'Adamsberg et de son fidèle lieutenant Danglard. L'affaire n'étant pas dans leur zone de juridiction, ils rentrent sur Paris après la fin du colloque auquel ils assistent. Mais à peine rentrés, les voilà confrontés à un crime particulièrement atroce dans une banlieue pavillonnaire de Paname. Un meurtrier particulièrement sadique aime à concasser le corps de sa victime en petits morceaux et à les étaler dans une pièce tel un maître de l'art abstrait sur sa toile. L'enquête débute et va emmener Adamsberg et son équipe loin en Europe mais aussi dans les tréfonds d'un passé jusque là occulté.

On retrouve dans cette aventure toutes les qualités habituelles de la romancière-archéologue. Les personnages attachants tout d'abord avec le commissaire Adamsberg toujours aussi borderline navigant entre réalité et résurgences personnelles. Il patine toujours autour avant de finalement avoir ses fameux éclairs de génie. Dans ce volume, tout un pan de son passé sera révélé et vous surprendra tout autant qu'il a pu le faire chez moi. On retrouve aussi l'inénarrable Danglard au savoir encyclopédique, meilleur allié de son commissaire même s'il le réprouve à de nombreuses reprises. Les rapports entre ces deux là s'épaississent encore plus et oscillent entre méfiance et confiance à la plus grande joie du lecteur. Rajoutez là dessus une louche de Retancourt (égérie platonique d'Adamsberg), Estalère l'idiot aux intuitions géniales et toute une batterie de personnages secondaires de la brigade (y compris un chat de 6,2 kg adepte des photocopieuses) et c'est avec un plaisir sans borne que j'ai dégusté cet opus.

L'enquête en elle même démarre plutôt lentement mais prend un rythme débridé à partir de la deuxième partie du roman. Mélange de récit policier et de légendes urbaines et rurales (il est ici question de Vampire...), on navigue en eaux troubles et une fois de plus Vargas s'amuse à nous perdre en chemin pour mieux nous rattraper et nous égarer encore! Le Bad guy est machiavélique à souhait, son plan est d'une extrême finesse dans son sadisme et il en faut peu pour qu'il parvienne à ses fins. On voyage aussi entre Londres, la banlieue parisienne et l'est de l'Europe avec tout un passage savoureux d'Adamsberg enquêtant en Serbie, lui déjà incapable de maîtriser deux / trois mots en anglais! Le ton du texte reste toujours partagé en suspens et passages plus tendres notamment la naissance des chatons dans la cours d'Adamsberg ou des passages-confession de ce dernier.

Un très bon policier qui m'a littéralement emporté et dont le talent premier est de rendre addictif tant on est heureux de retrouver certains personnages et tant le style Vargas fait mouche! Un de ces petits plaisirs qu'il serait dommage de louper!

Déjà lus et appréciés du même auteur:
- L'Homme à l'envers
- Sous les vents de Neptune
- Dans les bois éternels

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lundi 9 avril 2012

"Partie de chasse" de Pierre Christin et Enki Bilal

s3cc23a5L'histoire: Une partie de chasse est organisée au début des années 80 en Pologne. Elle réunit une dizaine de dignitaires des régimes du bloc soviétique. Chacun représente un courant, une influence, un pays, une sensibilité. Chacun a son histoire, faite de putsch, de remaniements, de goulag ou de guerres. Alexandrovitch est un des plus vieux et des plus respectés d'entre eux. L'accompagnent son confident et traducteur, et un jeune étudiant qui se destine à remplacer ce dernier. Lors de leur voyage en train, le vieux traducteur initie son acolyte à l'histoire tourmentée d'Alexandrovitch.

La critique de Mr K: Très bonne plongée dans un passé pas si lointain que ça avec Partie de Chasse sortit de façon quasi prophétique en 1983, soit trois ans avant la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS et de ses pays satellites. La version que j'ai découvert est une réédition de 1990 dans laquelle les auteurs ont voulu rajouter ce qu'ils ont appelé une épitaphe présentant le destin des personnages principaux de cette BD après la chute du communisme.

À travers les yeux d'un jeune traducteur polyglotte d'origine française, on suit une réunion un peu spéciale aux confins d'une Pologne plongée dans un hiver particulièrement rude. Il a été chargé de faire office d'interprète pour une personnalité politique russe qui est conviée à une chasse pendant tout un week-end en compagnie de divers éminents apparatchiks d'URSS et de tous leurs pays alliés. Nageant en eau trouble, il se retrouve immergé dans le monde peu recommandable des puissants régissant le bloc de l'Est.

Cet ouvrage est une condamnation ferme du totalitarisme version communiste. On a de quoi faire quand il s'agit de dénoncer le nazisme et le fascisme italien mais avec cette BD on s'attaque tout de même à un régime qui a causé des dizaines de millions de morts, le régime qui dans l'histoire a fait le plus de victimes et ceci au nom de la lutte des classes chère à Marx. À travers les différents flashback qui ponctuent le récit, sont abordés de douloureux thèmes comme les grandes purges et la recherche des traitres à la cause (les initiateurs de la Révolution qui ne sont pas allés assez loin selon certains), les grands procès de Moscou, l'élimination des éléments à problème, le printemps de Prague et l'intervention des chars soviétiques... autant de pages sombres de l'Histoire contemporaine. Les auteurs ont choisi de créer des personnages fictifs pour cette histoire mais il est facile pour ceux qui ont quelques notions de l'Histoire du XXème siècle de faire le parallèle avec les grandes figures de l'époque.

Le scénario est parfait et maîtrisé de bout en bout mais je ne m'attendais pas à moins de la part de Christin qui est un des meilleurs scénariste de BD à mes yeux (La croisière des oubliés et La maison du temps qui passe notamment que j'ai adoré). En 88 pages, il réussit parfaitement à retranscrire l'ambiance paranoïaque qui pouvait régner pendant cette période. Les dessins de Bilal servent d'ailleurs admirablement ce récit à la fois sombre et tortueux. Certaines cases sont de véritables œuvres d'art et sont d'une beauté à couper le souffle. Le seul reproche que je pourrais leur faire c'est parfois leur côté statique qui fait perdre en crédibilité les actions représentées. On est plus dans la contemplation mais c'est son style, je ne suis pas forcément convaincu mais comme l'ensemble textes / dessins atteint son but, cette critique est vraiment minime.

9782203353374_1(Cliquez sur l'image pour agrandir)

Une très bonne lecture donc même s'il faut s'accrocher car le background est lourd et il faut avoir un minimum de bagages en connaissances personnelles pour profiter au maximum de cette oeuvre que Libération avait comparé en son temps au "Citizen Kane" d'Orson Welles. Une bande-dessinée à part qu'il serait dommage de rater!

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vendredi 6 avril 2012

"Rêve de fer" de Norman Spinrad

spinradL'histoire: Et si, écoeuré par la défaite allemande en 1918, Adolf Hitler avait émigré aux États-Unis? S'il s'était découvert une vocation d'écrivain de science-fiction? S'il avait rêvé de devenir le maître du monde et s'était inspiré de ses fantasmes racistes et belliqueux pour écrire Le seigneur du Svastika, un roman couronné par de prestigieux prix littéraires?

La critique de Mr K: Aujourd'hui, une lecture que je qualifierai de terrifiante! Dédicacé par l'auteur lui-même aux Utopiales 2011 de Nantes, ce livre a une sacré réputation et elle n'est pas usurpée! Ce n'est pas tous les jours où l'on lit un pseudo livre d'Adolf Hitler écrit par un juif! Car ici il s'agit d'un livre dans le livre, la projection des fantasmes nauséabonds d'un être sans relief dans une œuvre de fiction. Plus que Rêve de fer, c'est Le Seigneur de la Svastika que l'on lit et depuis mon étude approfondie de Mein Kampf, il ne m'avait jamais été donné d'éprouver autant de dégoût en lisant une œuvre littéraire. Et même si l'ouvrage de Spinrad est avant tout une parodie redoutable et une condamnation sans appel du nazisme comme précisé en quatrième de couverture, sa lecture reste dérangeante et terriblement éprouvante!

Passée l'excellente préface de Roland C. Wagner (auteur entre autre du très bon Rêve de gloire) qui recontextualise cette œuvre si particulière dans la bibliographie de Spinrad, on pénètre dans l'esprit malade d'un certain Adolf Hitler, immigré allemand aux États-Unis suite à la défaite de 1918 de l'Empire Allemand. Le Seigneur de la Svastika raconte l'émergence d'un héros pur et puissant du nom de Feric Jaggar qui prône la supériorité de la race humaine sur toutes les autres. Adepte de l'eugénisme et de la sélection non naturelle, il va peu à peu s'emparer du pouvoir et modeler la Terre à son image. Situé dans un univers post-apocalyptique (le feu nucléaire a ravagé la Terre et provoqué des mutations chez les individus et la Nature) tendance héroïc fantasy, on suit les pérégrination racistes et sanglantes de ce surhomme bientôt dictateur.

Pendant plus de trois cents pages, le pauvre lecteur enchaîne les clichés racistes, les scènes de massacres et d'injustices insoutenables. C'est très dur et plus d'une fois il a fallu que je retienne mon souffle tant j'ai souffert. À la limite du soutenable, j'ai pourtant continué ma lecture tant j'avais l'impression d'être au contact d'une œuvre culte. Plusieurs critiques y ont vu une dénonciation bien évidemment du nazisme mais aussi du genre héroïc fantasy notamment dans ce qu'il contient de fascisme larvé (notion de races), de pulsions guerrières et d'images de surhomme. Certes il y a cet aspect mais ce n'est pas ce qui m'a le plus parlé. Derrière cette ascension de Feric Jaggar, on ne peut y voir que le miroir légèrement déformé de l'ascension d'Hitler dans les années 30 puis de son exercice du pouvoir totalitaire. Du putsch raté de Munich à la construction des camps d'extermination, tout y est! Les juifs sont ici des télépathes manipulateurs et les sous-races sont les mutants résultants des radiations nucléaires... Ça fait vraiment froid dans le dos tant les mécanismes du totalitarisme (notamment brillamment étudiés par Hannah Arendt) sont ici bien rendus: la mise en scène des rassemblements fascistes, la manipulation via la propagande, la fascination des foules, la violence résultant d'une idéologie xénophobe...

Une fois ce roman terminé, j'avais une énorme boule à l'estomac résultant d'un malaise grandissant tout au long de cette lecture qui s'est révélée à la fois très désagréable mais authentiquement constructive et nécessaire. Il faut parfois se faire mal pour toucher à quelque chose d'essentiel: plus jamais ça! Lutter contre la banalisation de thèmes fascisants (avec Guéant, Sarkozy et la Le Pen on est servi!) et essayer à notre modeste échelle de transmettre des valeurs d'entraide et d'ouverture. Un livre à la fois repoussoir et nécessaire, une étrangeté au parfum de soufre que j'invite à découvrir aux plus courageux d'entre vous.

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jeudi 5 avril 2012

"Les compagnons du crépuscule: Le sortilège du bois des brumes" de Bourgeon

compagnonscrepuscule01_09092002L'histoire: Celle-ci dura, dit-on, cent ans... Rien ne la distingue vraiment de celle qui l'a précédée, pas plus que de celle qui l'a suivie...

Comme la grêle ou la peste la guerre s'abat sur la campagne quand on s'y attend le moins. De préférence, lorsque les blés sont lourds et les filles jolies... La Mariotte est jolie. Du soir ou du matin, le crépuscule s'étire entre lumière et ombre, comme entre chien est loup. Le chevalier est loup. Ces deux-là méritaient un compagnon fidèle. Mais l'Anicet est lâche...

La critique de Mr K: Je vous invite aujourd'hui à une plongée en plein moyen-âge mâtiné de quelques éléments fantastiques issus de légendes celtiques. On suit dans ce premier volume de la série Les Compagnons du crépuscules, la rencontre entre les trois principaux protagonistes de l'histoire et leur quête aveugle vers un ailleurs imaginaire (le territoire des morts). Ce tome est surtout prétexte dans un premier temps à mettre en place les personnages, leur passé et leurs motivations. Un élément perturbateur intervient au milieu de ce volume mais ne vous attendez pas à une fin répondant à toutes les questions posées en postulat. Il faut pour cela poursuivre avec les épisodes suivants...

Trois personnages je vous disais précédemment. Il y a tout d'abord La Mariotte, jeune effarouchée au charme certain vivant dans la forêt à l'écart du village et de ses habitants qui les prennent, elle et sa grand-mère, pour des sorcières. Adepte de l'hédonisme pur, elle a le tort pour ses voisins de ne pas aller à la messe ce qui, en ces temps de menace (la guerre, l'épidémie de peste noire...), est une preuve de sorcellerie! Au début du récit, elle s'embrouille une fois de plus avec des jeunes du village aussi hypnotisés par sa beauté que rebutés par sa nature libérée. À leur tête, Anicet, bellâtre stupide d'une lâcheté confondante, pur fruit de son époque, partagé entre sa méfiance superstitieuse et une attirance pour ce beau brin de fille. Leur route va croiser le chemin d'un chevalier anonyme, au visage d'une laideur extrême (on apprend très vite le pourquoi du comment) qui va les entraîner à sa suite dans une quête quasi existentielle. C'est au cours de ce début de voyage qu'ils vont devoir traverser un mystérieux bois où se tapissent d'étranges créatures sorties tout droit des croyances païennes. Le choc va être terrible et drolatique à la fois.

PLANCH~1Cliquez sur l'image pour l'agrandir 

C'est une très bonne bande dessinée que celle-ci. L'époque est remarquablement retranscrite avec des dessins aussi précis qu'esthétiques. On est immergé immédiatement dans cette époque très difficile de notre histoire. Les personnages sont ciselés comme il faut pour qu'on s'y attache et, dès ce premier volume, on les cerne assez exhaustivement même si quelques pans d'ombre subsistent. Les dialogues sont savoureux car proches de l'ancien français. On retrouve donc la légèreté et la rudesse des propos des vilains et le côté ampoulé de ce mystérieux seigneur à cheval lorsqu'il parle. Le ton oscille bien souvent vers la comédie et l'on sourit beaucoup lors de cette lecture. Le basculement dans le fantastique dans la deuxième partie rajoute à l'ensemble une dimension quasi épique sans pour autant renier l'aspect comique de cette série.

Je vais essayer dans les mois à venir de me procurer les tomes suivants de cette série fort réjouissante que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir tant on passe un bon moment entre quête historique et humour en compagnie de la Mariotte, Anicet et le chevalier défiguré.

mercredi 4 avril 2012

"La Malédiction des colombes" de Louise Erdrich

la maledictionL'histoire: L'homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la chambre. Il l'essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau... L'homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l'odeur du sang frais montait de toutes parts.

Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous "la malédiction des colombes", qui dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente insouciante, prend soudainement conscience de la réalité...

La critique Nelfesque: Quel bel ouvrage que ce roman de Louise Erdrich que j'avais découvert avec "Love Medicine" il y a quelques mois. Je n'avais pas été très emballée à l'époque mais ayant trouvé à l'auteur une très belle plume, j'ai voulu retenter l'expérience. Quelle riche idée ai-je eu là!

L'auteur nous emmène dans une saga familiale ayant pour point de départ un drame: le lynchage de quatre indiens innocents accusés du meurtre d'une famille entière de fermiers blancs. C'est par la voix d'Evelina, petite fille d'un témoin de cet évènement que Louise Erdrich commence à nous raconter l'histoire de la ville de Pluto. Tour à tour nous allons faire la connaissance des familles Milk, Harp, Peace et Coots. "La Malédiction des colombes" n'ai pas un roman facile à lire, c'est un roman qui se construit, de génération en génération, chaque élément évoqué ayant une importance dans l'histoire globale.

C'est un roman dur, traitant de sujets difficiles tels que la condition des indiens dans les réserves, le racisme, l'homosexualité dans les années 60, les mouvements sectaires et leurs dérives... mais c'est aussi un roman drôle avec des personnages "bonbons" tels que Mooshum, le grand-père farfelu d'Evelina, qui a sa manière bien à lui de vivre sa vie et raconter ses souvenirs. Autant de moments qui permettent aux lecteurs de lâcher un peu de leste et digérer le climat parfois nauséabond de l'époque.

L'écriture de Louise Erdrich est encore une fois magnifique, poétique et douce. On s'attache aux personnages, on apprend à les connaître et une part d'humanité se dégage de chacun d'entre eux, même le plus vil au premier abord revèle une fêlure. Le roman comprend plusieurs parties, chacune allouée à un personnage bien précis. Les témoignages s'accumulent, l'histoire s'enrichie, la toile se tisse de façon magistrale et nous laisse endeuillé à la fin du roman.

Au final, "La Malédiction des colombes" est une superbe fresque familiale, un hommage aux peuples aujourd'hui disparus et une ode à la tolérance et au respect. Je lirai sans nul doute d'autres romans de cette auteur.

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lundi 2 avril 2012

"La Petite fille aux oubliettes" série Le Poulpe, Sophie Loubière

9782842192341L'histoire: La petite Marie a disparu. La dernière fois qu'on l'a vue, c'était sur un manège, place du Père-Chaillet, à deux pas du Monoprix. Fugue? Enlèvement? Cheryl n'est pas du genre à rester les bras croisés. Elle a encore en tête les horreurs de l'affaire Dutroux. Les gosses, pour elle, c'est sacré. Et la coiffeuse ne veut surtout pas qu'on touche à la petite Marie (Elle lui a offert sa première coupe de cheveux).

Cheryl mène sa propre enquête, aidée d'un Poulpe sous antibiotiques et d'un mignon forain rentier. Hélas, ce qu'elle découvrira au cours de ces investigations n'est guère réjouissant.

La critique de Mr K: Retour du Poulpe dans les étagères du Capharnaüm Éclairé! Un Poulpe un peu spécial car il ne tient pas le rôle principal laissant la part belle à sa shampouineuse de cœur alias Cheryl! J'ai eu l'occasion de vous parler dans mes précédentes chroniques de mon profond attachement pour ce personnage féminin haut en couleur que l'on entraperçoit dans chacune des enquêtes de Gabriel Lecouvreur. Justice lui est enfin rendue dans cet ouvrage où on la suit dans cette affaire de disparition d'enfant.

Inutile de vous dire que cette aventure est récréative à souhait et bien que classique dans son scénario (on devine la fin à la moitié du récit), l'intérêt ici est de suivre cette coiffeuse hors norme. On visite plus en profondeur son appartement bordélique situé au dessus de son salon, on assiste à ses choix vestimentaires (et quand on connaît ses goûts étranges en terme d'habillement ici on se régale), on suit des conversations avec ses clientes (parfois aussi dingues qu'elle). C'est aussi l'occasion de faire connaissance avec Tony son petit chien aussi pleutre (il pisse en cas de stress) qu'attachant, en recherche constante de câlins et autres émoluments de tendresse, il a un petit rôle à jouer dans l'enquête de l'héroïne.

Cheryl reste donc égale à elle même, il y a des scènes d'anthologie dans ce volume. La scène de drague avec le beau gitan tenant le manège à côté duquel a disparu la petite Marie, les passages où elle soigne aux petits oignons un Poulpe malade et cloué au lit, la scène où elle et son calamar de copain se brouillent et s'ignorent... autant de moments jubilatoires qui accrochent le lecteur amateur de la belle jusqu'à l'ultime page de ce roman.

L'écriture de Sophie Loubière convient à merveille à cette série si particulière lui conférant une originalité et un style bien particulier. D'ailleurs le fait qu'une femme l'ait écrit contribue à la réussite de l'entreprise tant elle évite les clichés sur son héroïne comme aurait pu les accumuler un écrivain mâle. Familier mais jamais vulgaire, sombre mais non dénué d'espoir, La petite fille aux oubliettes est une vraie réussite!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense

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vendredi 30 mars 2012

"L'Almanach" de Jean-Claude Servais

lalmanach-jean-claude-servais-L-6L'histoire:Quiconque souhaite posséder la puissance de faire ou d'interdire peut, sans crainte d'être déçu, se forger une petite arme absolue dont il fera un usage souverain pour le bien comme pour le mal.

Celui qui mésusera ou abusera de ce pouvoir, paiera mille fois plus cher qu'il n'aura gagné, perdra mille fois plus qu'il n'aura conquis.

La critique de Mr K: Pas de réel résumé d'histoire aujourd'hui pour cette œuvre un peu particulière dénichée au fond d'un rayonnage obscur d'un bouquiniste lorientais. Comme son nom l'indique, l'auteur passe en revue les douze mois de l'année à travers douze historiettes tirées de croyances populaires ayant un lien plus ou moins lointain avec le Diable et le Mal de manière générale. Une petite introduction dessinée et une conclusion bienvenue parachève cette BD au goût de souffre.

Chaque "chapitre" porte le nom d'un ou d'une protagoniste principale. Ainsi tour à tour vous ferez connaissance avec des personnages aussi divers qu'une étrange séductrice au don d'ubiquité, d'un fantôme chassant le nouveau né à la Pleine Lune, d'une femme de mauvaise vie cachant un lycanthrope dans sa cave, d'une servante abusée par son maître qui va se venger en jetant un sort sur la maisonnée, de deux familles luttant pour la possession d'une même terre appartenant à de créatures antédiluviennes, d'un bossu qui perd son fardeau, d'un trio de voleurs assassins rattrapé par leurs victimes, d'un nouvel instituteur confronté à des crimes des temps anciens, d'un homme-cerf revenant sur les terres de son premier amour, de satanistes convoquant Lucifer en forêt... autant de petits contes cruels et étranges qui surprennent et parfois provoquent l'effroi.

On plonge avec ce recueil dans le milieu campagnard d'autrefois, celui de nos aïeux où la science n'a pas encore percée dans ces régions reculées, là où le curé tient encore le rôle de référent moral et où religion et superstitions règnent en maître sur les âmes. L'ensemble de ces douze histoires se déroule dans le même village et l'on croise donc certains personnages à plusieurs reprises. Reflets des croyances archaïques de l'époque, la femme est souvent au centre des manifestations diaboliques (remarquez qu'en couverture la demoiselle gironde à souhait a croqué dans une pomme!) et n'a pas vraiment le beau rôle même si elle se venge à plusieurs reprises. L'ignorance, la jalousie, la concupiscence et la violence règne en maître dans ce village semblable à tant d'autres. N'y voyez pas un quelconque miroir des idées de l'auteur qui était quelqu'un de très progressiste au contraire. Cet Almanach est avant tout une occasion d'explorer et de remettre au goût du jour de vieilles histoires que l'on a pu se raconter en veillée.

servais almanach janvier(cliquez pour voir en plus grand)

Les douze historiettes ne sont pas toutes du même acabit. Certaines sont très légères et décevantes, sans réel relief et intérêt. D'autres par contre en plus d'une histoire prenante donnent à réfléchir sur l'humain, son rapport aux autres (notamment le phénomène de foule) et aux croyances ancestrales. On navigue dans le fonctionnement d'un microcosme fort repoussant par moment et certains passages sont difficiles à supporter pour un esprit moderne. La qualité technique est parfaite (les dessins et textes sont parfaits pour ce type de récit), on est véritablement plongé dans ce passé pas si lointain entre réalisme des lieux, personnages et coutumes (Pâques, la nuit de la Toussaint, Noël....) et le fantastique (apparition du Démon, transformation du lycanthrope, la disparition ou l'apparition d'un fantôme....).

Une bien bonne lecture donc qui, même si elle n'est pas totalement homogène (2/3 récits faiblards), conviendra parfaitement aux amateurs de mythes et légendes rurales.

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jeudi 29 mars 2012

"In tenebris" de Maxime Chattam

in tenebrisL'histoire: Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.


La critique Nelfesque:
J'ai dans ma PAL la Trilogie du mal en version intégrale dans une très jolie édition de chez Michel Lafon. J'avance peu à peu dans cette trilogie, le premier tome, "L'Ame du mal", m'ayant moyennement embalée...

Retour donc dans l'univers de Maxime Chattam où l'on retrouve Joshua Brolin, personnage du précédent opus, reconverti en détective privé. On retrouve rapidement ses marques, l'histoire de "L'Ame du mal" nous revient à l'esprit et on découvre de nouveaux personnages tels que celui d'Annabel.

La trame de "In tenebris" est plus sombre. Le lecteur est tout de suite immergé dans l'enquête et Chattam ne se perd pas ici en définitions de sigles policiers et autres présentations détaillées, et inutiles pour tout adepte de thriller, de procédures d'enquête. Ouf! Ce "défaut" m'avait vraiment lassée dans le premier tome et la lecture de celui ci m'a paru plus aisée. Mieux que cela, j'ai été captivé de la première à la dernière page et je n'ai rien deviné avant la fin du roman (miracle!).

Malsain et glauque, le final de ce roman est atypique et le chemin nous y menant fait monter peu à peu la pression. La fin de la première partie (environ à la moitié du livre) est un excellent teaser. Annabel et Joshua, chacun de leur côté, font une découverte capitale et se retrouve seuls face à l'horreur. Comment résister et ne pas continuer tout de suite la lecture! Même si nous sommes déjà à une heure avancée de la nuit! Là dessus, l'auteur a été très fort.

On suit alors l'enquête avec engouement jusqu'au point final, passant des lieux les plus sordides à des évènements pouvant mettre en péril la carrière de nos deux héros. On tremble pour eux, on tremble devant l'horreur des faits et de ce qui peut exister dans le cerveau de certains détraqués... Ames sensibles s'abstenir! Les scènes décrivant les conditions de détention des victimes sont assez éprouvantes, le choix des victimes est aussi perturbant. Voilà, vous êtes prévenus!

Léger bémol au final, j'aurai aimé que la dernière phrase arrive moins vite. Une fois le coupable identifié, les derniers points d'ombre sont expédiés et la fin est brutale, presque bâclée. Dommage car l'issue de l'investigation est vraiment chouette... J'aurai aimé quelques pages de plus histoire de faire d'"In tenebris" un bouquin dont on se dit, en le refermant, que c'est un putain de thriller du début à la fin.

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mercredi 28 mars 2012

"Le parfum d'Adam" de Jean Christophe Rufin

Le-parfum-dadamL'histoire: Juliette est une jeune militante écologiste, fragile et idéaliste. Elle participe à une opération commando pour libérer des animaux de laboratoire. Cette action apparemment innocente va l'entraîner au cœur d'un complot sans précédent qui, au nom de la planète, prend ni plus ni moins pour cible l'espèce humaine.

L'agence de renseignements privée «Providence», aux États-Unis, est chargée de l'affaire. Elle recrute deux anciens agents, Paul et Kerry, qui ont quitté les services secrets pour reprendre des études, l'un de médecine, et l'autre de psychologie. Leur enquête va les plonger dans l'univers terrifiant de l'écologie radicale et de ceux qui la manipulent. Car la défense de l'environnement n'a pas partout le visage sympathique qu'on lui connaît chez nous. La recherche d'un Paradis perdu, la nostalgie d'un temps où l'homme était en harmonie avec la nature peuvent conduire au fanatisme le plus meurtrier.

La critique de Mr K: Ce livre est ma troisième incursion dans l'œuvre de Rufin et il confirme tout le bien que je pense de cet écrivain hors norme. Loin des clichés qui accompagnent les membres de l'Académie (vieux écrivains versant dans l'auto-satisfaction et dans la littérature roborative), j'ai été ici confronté à un thriller de haute volée, écrit dans une langue savoureuse et nous mettant aux prises d'un récit prenant du début à la fin.

La trame principale en elle-même est assez originale car elle a comme fond un phénomène peu connu mais cependant bien réel: l'éco-terrorisme. Sans doute fait-il moins d'audimat ou vendre moins de papier que les islamistes... mais après avoir lu ce roman (inspiré de théories et d'actes ayant été commis) peut-être changerez vous d'avis comme moi!

Tout débute par le cambriolage d'un laboratoire d'expérimentation par une jeune écolo naïve. Elle libère les animaux séquestrés et a été chargée de dérober une mystérieuse fiole emplie de liquide rouge. Chargée de le remettre à un commanditaire, elle refuse et impose à ce dernier de la mettre en contact avec les responsables d'une organisation extrémiste. Le personnage de Juliette est remarquable dans le sens où on la voit évoluer au fil des 750 pages de ce roman. Réaliste à l'extrême, elle incarne tour à tour la rébellion adolescente à la fois pulsionnelle et inconséquente (bien qu'elle ait dépassé la vingtaine) puis la femme libérée (quand elle décide de prendre son destin en main après l'action menée en Pologne). Elle grandit, expérimente et ouvrira finalement les yeux sur la cause qu'elle a épousé et ceux qui l'entourent.

Parallèlement, nous faisons la connaissance de Paul et Kerry, deux ex agents de la CIA qui avaient juré de se relancer dans les "affaires" si les circonstances s'y prêtaient. 10 ans ont passé depuis cette promesse et ils ont chacun suivi leur parcours de vie. Elle est devenue psy, est mariée et a deux enfants. Quant à lui, il est médecin pour les pauvres dans une clinique qu'il a monté de toute pièce mais qui périclite face au manque d'investissements financiers. Archie, leur ancien patron, fait appel à eux et c'est un retour aux sources. Les vieux démons et réflexes se réveillent. Ces deux personnages sont aussi très attachants notamment par le fait qu'ils replongent dans un univers auquel ils ont tenté d'échapper mais qui les rattrape. Loin de jouer aux héros et aux super agents, ils ont leurs fêlures, leurs coup de blues et l'enquête est aride. Leur relation complexe est développée avec finesse et chaleur comme sait si bien le faire Rufin.

Une fois de plus, ce roman de Rufin est aussi une invitation au voyage. Son passé de médecin humanitaire n'y est pas étranger et l'on visite nombre de contrées notamment la Pologne, la Suisse, l'Autriche, les États-Unis et surtout à la fin le Brésil que l'auteur avait déjà magnifiquement décrit dans les deux premiers ouvrages que j'ai pu parcourir de lui: Rouge Brésil et La Salamandre. Loin des clichés et du tape à l'œil, on oscille constamment entre réalisme crû et paysages mentaux (les regards croisés des différents protagonistes et des seconds couteaux rendent à merveille la complexité d'un pays comme le Brésil). C'est dépaysant, désarçonnant souvent mais toujours prenant! L'écriture est une merveille et les pages se tournent une fois de plus toutes seules et malgré un livre long et dense, il ne m'a fallu aucun effort pour en venir à bout surtout que Le Parfum d'Adam se révèle être un excellent polar, au suspens distillé parfaitement et au scénario sans faille.

Ce fut donc une lecture d'une rare intensité, qui procure un plaisir de tous les instants et à l'addictivité tenace. Je vous conseille donc chaudement ce livre qui, en plus de vous faire frissonner, vous fera certainement réfléchir à notre monde et notre planète, à la notion de combat et aux limites que l'on doit se poser quand on défend une cause. Une petite bombe au sens propre comme au sens figuré!

Posté par Mr K à 13:50 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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lundi 26 mars 2012

"La Légende de Robin des Bois" de Manu Larcenet

Robin-Larcenet-couvertureL'histoire: L'affection du sieur Alzheimer me paralyse tous les jours un peu plus. Il m'arrive trop souvent de voler aux riches sans plus me souvenir à qui je dois donner le pognon...

La critique Nelfesque: Ah Manu Larcenet! J'avais adoré "Le Combat ordinaire" et "Le Retour à la terre". Ces deux séries de bandes dessinées font partie de mes préférées. Je suis tombée par hasard sur "La Légende de Robin des Bois" au détour d'un vide grenier et connaissant l'auteur je n'ai pas hésité longtemps avant de repartir avec.

Dès les premières cases, je suis déjà prise d'un fou rire. La rencontre avec ce Robin des Bois version papi est hilarante. Atteint d'alzheimer, à l'image de Doris dans Némo, Robin ne sait jamais plus de 10 minutes ce qu'il fait là, qui est la personne qui l'accompagne et part dans des délires musicaux allant d'Annie Cordi à Carlos. On sent que c'est un trentenaire qui a fait cette BD, on a les mêmes références et on se poile franchement!

Petit Jean, de la même génération que Robin, est un vieux moine, est un peu la mémoire de ce dernier et l'aide franchement dans ses actions. Sans lui, il serait très certainement dans un hospice. Au lieu de ça, ils arpentent ensemble les chemins forestiers de Rambouillet à la recherche de touristes à détrousser. Bob Ricard, marcel et youki en laisse, pas de doute, c'est le signe d'une noblesse de grande lignée! Toujours décalé, à l'humour second degré et absurde, cette bande dessinée est un concentré de bonne humeur.

Assimilés à des serial kilers de touristes, ils sont recherchés par le célèbre shériff de Nottingham, en mal du pays. Ici point de cactus et d'indiens, il doit s'acclimater à la province française et trouve très vite en Lord Greystoke (alias Tarzan) un spécialiste de la forêt pour l'aider dans ses recherches. Quand je vous disais que c'était de grand n'importe quoi! 

Quand le troisième âge côtoie les héros de notre enfance, ça donne un mélange détonnant qu'il est vraiment plaisant de lire. Bataille en duel entre Tarzan et Robin, crise d'amnésie de ce dernier, réparties hilarantes, sans oublier Frère Tuck qui fait une apparition en Pape Tuck (les années ont passé et il a eu de l'avancement), quelques clins d'oeil à d'autres références BDesques telles que Tintin ou encore mythologiques avec le Cheval de Troie revu et corrigé à la sauce Larcenet: voici un aperçu de ce qui se passe dans "La Légende de Robin des Bois". Entre délires forestiers et incursion dans la cité, ce Robin est beaucoup plus drôle que l'original (beaucoup plus vieux aussi). Larcenet dépoussière nos classiques tout en les respectant. On sent une vraie tendresse dans cet ouvrage qui nous propose une vision drôle et fraîche de nos souvenirs d'enfance. A découvrir d'urgence!

la legende de robin des bois
(clic pour voir en plus grand)

Posté par Nelfe à 19:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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