jeudi 31 mai 2012

"L'échappée belle" d'Anna Gavalda

echappee-belleL'histoire: Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.
Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes.

La critique Nelfesque: J'avoue, j'aime Anna Gavalda. Que dis-je, j'adore Anna Gavalda! C'est mon petit péché mignon girly en littérature. J'ai tenté d'autres auteures estampillées "fille" comme Cecelia Ahern avec "Un Cadeau du ciel", Katherine Pancol avec "Les Yeux jaunes des crocodiles" ou encore Rachel Johnson avec "Le Diable vit à Notting Hill". J'ai pleuré d'ennui parfois, trouvé quelques points d'accroche à certains mais je n'ai jamais ressenti ce que me procure la lecture d'un roman d'Anna Gavalda. Cette auteure me touche, je me sens proche de ce qu'elle dit, la façon dont elle écrit me parle. Je suis en symbiose avec cette nana. Voilà c'est dit!

J'ai lu "L'Echappée belle" en une après-midi et ce roman-ci ne déroge pas à la règle évoquée plus haut. J'ai été encore une fois émue par sa plume. Emue mais aussi amusée, touchée, happée par ses mots et ses personnages. Je suis ressortie de cette lecture le sourire aux lèvres et celle-ci m'a fait l'effet d'un bonbon sucré. Je me retrouve totalement dans un des personnages de ce roman (Garance), les situations sont excellentes et l'humour distillé au cours des pages m'a permis vraiment de m'échapper avec ce livre. N'est ce pas l'une des premières choses que l'on demande à un roman?

J'avais lu pas mal d'avis négatifs sur "L'Echappée belle" qui ont retardé ma découverte de cette oeuvre. Certains le jugent facile et creux, d'autres le voient comme du vol (beaucoup trop court pour le prix), j'ai même lu que c'était du "foutage de gueule" et que seul le nom de l'auteur faisait vendre le roman... Bien mal m'en a pris de retarder ma lecture à l'aulne de ces mots! Je l'ai certes acheté d'occasion mais je veux bien le racheter neuf demain s'il le faut. Sans prétention, frais et avec un effet "baume au coeur", Anna Gavalda remplit son contrat avec ce roman qui se rapproche plus de la nouvelle de par sa taille.

L'écriture est simple et fluide, sans fioritures ni superflu. Chez Gavalda, et dans "L'échappée belle" en particulier, les plaisirs sont simples. Ca peut paraître niais, c'est vrai, mais je trouve que dans notre monde actuel, on ne laisse pas assez de place à la simplicité, à ces petits moments de bonheur sans prétention. J'aime qu'un auteur me les remette sous le nez et d'autant plus avec talent comme c'est le cas ici. Le petit côté nostalgique présent également dans cet ouvrage n'est pas non plus pour me déplaire (hey ce n'est pas pour rien que j'aime Vincent Delerm ;) ).

La fuite de cette fratrie de trentenaires, entre espièglerie, je-m'en-foutisme et conscience du fait qu'ils font là un acte que l'on ne fait pas lorsque l'on est adulte, est savoureuse. Partir sur un coup de tête, le jour d'un mariage où toute la famille est endimanchée, laissant femmes et enfants sans explications, pour retrouver un frère qui n'a pas pu se libérer pour ce jour particulier a un côté pied de nez qui me plait bien. Un coup de pied dans les conventions, préférant la simplicité de retrouvailles entre frères et soeurs au paraître en société. A partir de là, le roman est le reflet de ce qui se passe dans l'intimité d'une fratrie ou d'un groupe d'amis très proches: la franchise, l'humour, l'intimité, les souvenirs que l'on se construit ensemble...

"L'Echappée belle" est un roman tendre et frais que l'on prend plaisir à lire en quelques heures, en toute simplicité.

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samedi 26 mai 2012

"Les hommes de paille" de Michael Marschall

9782290349182_1_75L'histoire: Mercredi 30 octobre 1991, à 12h53, dans un fast-food de Palmerston, Pennsylvanie, une femme hurle. Deux hommes, jeunes, vêtus de longs manteaux et armés de fusils semi-automatiques, abattent soixante-huit personnes. Avant de prendre la fuite, ils écrivent en lettres de sang: "Les Hommes de Paille".

Onze ans plus tard, à Santa Monica, Californie, une adolescente, Sarah Becker, est kidnappée. Le serial killer que le FBI a surnommé l'Homme Debout a encore frappé.

À Dyerburg dans le Montana, Donald et Beth Hopkins trouvent la mort dans un accident de voiture. Ward, leur fils, est incapable d'envisager la réalité de leur disparition. D'autant qu'il découvre un message caché dans le fauteuil de son père: "Nous ne sommes pas morts".

Trois faits divers, trois énigmes dont la clef est enfouie sous une chape de plomb.

La critique de Mr K: Un polar de plus à mon actif trouvé chez l'abbé ! Tout commence par un premier chapitre apocalyptique où deux individus lourdement armés massacrent apparemment sans remord des dizaines de personnes dans un Mc Do (ils n'avaient pas qu'à y aller d'abord! -sic-). Après cette entrée en matière sanglante et furieuse, on suit le deuil d'un homme qui vient de perdre ses deux parents dans un banal accident de voiture et le calvaire d'une jeune fille, enlevée et séquestrée par un être abominable. Le pitch est intéressant et accrocheur à souhait et on se prend à croire que pour une fois le commentaire commercial de Stephen King apposé sur la couverture (Hors norme, terrifiant... c'est un véritable chef d'œuvre) est justifié...

Mais voilà... ce n'est pas le cas. Non que ce livre soit une perte de temps mais pendant les 3/4 du livre, il ne se passe pas grand chose et l'auteur enfonce des portes ouvertes et enfile les clichés comme des perles. On s'ennuie donc pendant trois cents pages environ où le lecteur averti que je suis s'est coltiné un énième avatar de flic usé par les épreuves qui ici n'est pas vraiment attachant ni même repoussant, juste caricatural. Les rapports entre la jeune victime et son kidnappeur sont du même ordre et dans le genre j'ai lu beaucoup mieux. Je n'ose pas imaginer ce que Nelfe aurait pu en dire tant elle est LA spécialiste du genre dans notre couple! Bref pendant, une bonne partie de cette œuvre, Marschall accumule les détails, les petites actions habituelles (filatures, recherches, discussions d'enquêtes, simili-révélations...) sans réel talent à mes yeux tant j'avais du mal à rester concentré et concerné par le récit proposé.

Heureusement, l'auteur semble se réveiller à 100 pages du dénouement (le lecteur aussi par la même occasion) avec enfin des rebondissements qui en sont vraiment et une fin qui m'a cueilli sans que je m'en doute. Le rythme gagne en rapidité, toutes les vérités assénées jusque là, parfois assommantes il faut bien l'avouer, se révèlent caduques et laissent le champ libre à l'innommable et à la Vérité la plus crue. Je m'en suis trouvé fort bouleversé et finalement rassuré sur les qualités de cet écrivain que je découvre avec ce volume.

Nous ne sommes donc pas en présence d'un chef d'œuvre mais plutôt d'un petit thriller sympa des familles qui vaut le coup qu'on s'accroche sans pour autant qu'on puisse crier au génie. Il semblerait qu'il y ait deux autres tomes de la même série... pas sûr que je me laisse tenter, le genre abondant de classiques et autres œuvres cultes à côté desquelles Les hommes de paille fait tout de même pâle figure...

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jeudi 24 mai 2012

"L'histoire du corbac aux baskets" de Fred

72814375L'histoire: Un matin, Armand se réveille, se regarde dans la glace et s'aperçoit qu'il est devenu corbeau.

Corbeau avec un bec, des plumes, et en plus, il a des baskets aux pieds!

La critique de Mr K: Attention œuvre culte! Et pourtant, ce n'est pas la plus connue du dessinateur, plus célèbre pour la série des Philemon. Ce récit en un tome part d'un postulat bien étrange: un homme lambda se réveille en corbeau et se voit rejeter du coup par les humains car il porte des baskets! Il décide d'aller voir un psychanalyste pour tirer tout cela au clair! Dès le résumé, on sait qu'on va retrouver l'humour mais aussi la tendresse et l'absurde propre à cet auteur bien à part dans le paysage français de la BD.

Ce qui frappe le plus en début de lecture, c'est l'humour propre à Fred. On a l'impression que rien ne tourne rond et on est plongé délicieusement dans l'absurde et le non-sens à l'anglaise. Normalement, c'est le corbeau humanoïde qui devrait marquer le plus les esprits de chacun dans le récit mais il semble que porter des baskets soit encore plus étrange aux yeux des personnes que le corbeau rencontre! D'où des dialogues truculents à souhait fonctionnant essentiellement sur la répétition et l'accumulation. Loin de tomber dans la lourdeur, ces effets donnent de la consistance au personnage d'Armand et le métamorphose en figure tragique par excellence.

Derrière le ton léger adopté par l'auteur, le sujet est des plus sérieux: la mise à l'écart des gens différents et l'intolérance latente qui caractérise le genre humain. Rejeté et refoulé, Armand n'a plus d'espoir et passe par tous les états. Belle critique toute en douceur d'un monde qui va mal, malade de sa peur de l'autre, de sa différence. Pour autant, il reste un espoir que Fred étudie plutôt dans la deuxième partie du recueil: cette lueur est vacillante mais elle existe... Malheureusement le destin est facétieux et un dernier retournement de situation va tout bouleverser à nouveau.

Une bien belle lecture où l'on retrouve toute la poésie de Fred accompagnée cette fois ci d'un message plus net et marqué du sceau des incroyables talents de scénariste et de dessinateur du regretté auteur. Courrez-y, vous ne serez pas déçus!

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(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

Autres BD de Fred chroniquées au Capharnaüm Éclairé:
-Philémon, Le naufragé du A
-Philémon, L'arche du A

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mercredi 23 mai 2012

"Mako" de Laurent Guillaume

makoL'histoire: Paris, la banlieue...
A la sortie d'un night-club, une jeune fille est victime d'une sauvage agression. Mako, policier de la BAC, taciturne et endurci, obsédé par l'idée d'en punir lui-même l'auteur, s'investit dans l'enquête au-delà de la raison.
Il déclenche une traque qui l'emmènera loin, aux confins de la folie, là où le bien et le mal se confondent. De l'enfer des trottoirs aux boîtes de nuit branchées, Mako hante les bas-fonds d'une société en perdition.

La critique Nelfesque: Ce premier roman de Laurent Guillaume est une petite tuerie! Foi d'amatrice de polar! La préface d'Olivier Marchal, le flic du 36 quai devenu réalisateur, est magistrale. Elle nous explique en quelques mots la vie de flic, loin de la facilité, de la lumière et des lois à suivre sans déroger. Le lecteur est tout de suite dans l'ambiance...

Vous allez le voir, j'ai adoré "Mako". Ce roman noir présente la face cachée de la police, le service de la BAC patrouillant de nuit, avec pour personnage principal un flic borderline. L'ambiance est noire. Mafia, vendetta, drogue, prostitution et fantômes du passé se côtoient avec une intensité rare. Le lecteur est ébranlé, poussé à bout et au final ce roman éprouvant est une vraie claque.

La réalité ici présentée est violente, sans fioriture ni chichi. Nous descendons avec l'auteur dans les bas-fonds de tout ce que la ville a de plus poisseux, de plus noir. Mako, personnage torturé, y sombre peu à peu et laisse entrevoir certains de ses démons. Il va frôler la ligne, la dépasser, décevoir ses coéquipiers... mais en ayant toujours en tête de faire justice. La sienne certes, une loi du Talion, mais son unique solution.

Mako, de son vrai nom Makovski, est un homme peu engageant il est vrai mais tellement attachant sous la plume de l'auteur qui a dans les veines une tendresse des flics de terrain! Sans concession, c'est un personnage droit dans ses bottes qui assume ses choix et va jusqu'au bout quoi qu'il advienne. Un homme blessé, au grand coeur, qui ne peut laisser le lecteur indifférent. Je parle principalement de Mako mais il y a aussi Pépé, flic qui prend sa retraite, vieux de la vieille qui sait voir au delà des apparences, Vincent, jeune recrue intégrée dans l'équipe de Mako et qui va apprendre son métier avec quelques désillusions...

Les scènes de violence sont décrites elles aussi sans artifices. Dans les premières pages, celle du viol de Lily, jeune étudiante en psychologie, la veille de ses examens est à la limite de l'insoutenable. Laurent Guillaume ne ménage pas le lecteur, il lui montre un monde dont on ignore tout, un monde que l'on croit connaître mais qui change les hommes qui y bossent, les pousse à se transformer, à voir les choses autrement pour survivre, sorte de mutation animale. Le ton également est cru. Les mots qui sortent de la bouche des flics ne sentent pas toujours la rose mais le décor est planté.

Dois-je rajouter que les amateurs de roman noir doivent lire cet ouvrage? Oui? Alors toi derrière l'écran, file chez ton libraire dégoter cette bombe!

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samedi 19 mai 2012

"Peau d'âne" de Christine Angot

paL'histoire: Peau d'âne ne connaissait rien, elle habitait une petite ville du centre de la France et n'avait rien vu de très extraordinaire. Sa mère, qui était très belle, l'aimait.

Il y avait un mimétisme entre Peau d'âne et sa mère. Un jour, le directeur financier de l'hôpital psychiatrique rattaché à la Sécurité sociale où travaillait sa mère, avait dit, à la suite du Noël de Gireugne, puisque c'était le nom de cet hôpital: c'est incroyable le mimétisme.

L'école de Peau d'âne était une école de filles, une école privée. Pourquoi? Parce que sa mère, qui était si belle, n'était pas mariée avec le père de Peau d'âne, et à l'époque c'était extrêmement rare. En 58-59 une femme dans une petite ville qui se baladait avec un ventre de femme enceinte, on appelait ça une fille mère, sa mère disait mère célibataire, c'était son combat de dire ça.

La critique de Mr K: Une bonne lecture de plus à mon actif avec mon deuxième Angot! Ce n'est pas vers ce genre de littérature que mon cœur balance d'habitude mais j'avais dévoré Les désaxés de la même écrivaine. Déambulant chez l'abbé en compagnie de ma chère Nelfe, mon regard s'est porté vers ce Peau d'âne, réécriture contemporaine du conte de Perrault. Quoi de plus normal finalement que Christine Angot s'intéresse à cette histoire quand on sait qu'au centre du conte originel il est question d'inceste, thème abordé quasiment dans toutes les œuvres de cette auteur à fleur de peau, à l'écriture si particulière.

Pour permettre au lecteur de mieux pouvoir juger cette adaptation, on trouve accolé au récit d'Angot, le texte original de Perrault (une pure merveille soit dit au passage). L'idée est vraiment intéressante car on se figure mieux les transformations, les changements et autres déviations opérés par l'auteur. Adepte de l'écriture de soi, à travers ces différentes œuvres, Angot parle d'elle en romançant sa vie sous un mode impersonnel. C'est le cas ici avec Peau d'âne qui est un autre avatar de l'auteur. Même histoire, même enfance sans père et même acte incestueux qui va traumatiser la chair et l'esprit d'une jeune fille. Mais là où le roi (père de Peau d'âne dans le conte de perrault) va finalement assister au mariage de sa fille, dans la version moderne, il meurt de honte et de dégoût face à la transgression morale qu'il a effectué sur sa fille.

C'est sombre, très sombre même. Quoique courte, cette lecture s'est révélée très éprouvante tant on côtoie l'aspect obscur de l'âme humaine. On suit avec un malaise grandissant le regard clinique et neutre du narrateur omniscient sur ce destin brisé et les conséquences désastreuses d'un baiser qui n'était pas le bon comme il est écrit dans ce livre. Le style contemplatif faisant écho aux douleurs abordées, rehausse les émotions suscitées et l'on ressort secoué de cette expérience. Ce livre n'est vraiment pas à mettre entre toutes les mains tant il est rude dans le fond (le côté Rock and Roll de Despentes mais ici propret dans l'écriture) mais pour les amateurs, il a la saveur de l'authenticité et d'une analyse psychiatrique rondement menée. Étrange lecture vraiment qui ne peut laisser indifférent mais qui peut soit susciter l'admiration soit l'indignation (les avis sont vraiment très partagés). À lire pour se forger sa propre opinion!

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jeudi 17 mai 2012

"Ondine" de Benjamin Lacombe

OndineL'histoire: Benjamin Lacombe revient avec le mythe d’Ondine à ses amours romantiques et pré-raphaélites. Inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux, il propose sa version du conte, où prédominent des images très picturales faisant écho aux peintures de Millais ou Waterhouse. Vibrant pour le beau chevalier Huldebrande, Ondine se noie dans les tumultes de l’amour, ses marivaudages et ses trahisons.

La critique Nelfesque: lnculte que je suis, je ne connaissais le mythe d'Ondine que de nom. En revanche, celui de Benjamin Lacombe m'est plus famillier puisque j'ai déjà lu quelques oeuvres de cet auteur / illustrateur et que je suis régulièrement son travail et son actualité à travers son blog.

L'histoire d'"Ondine" est loin des contes pour enfants classiques. Oubliez le "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", oubliez également l'insouciance et les petits oiseaux. L'univers Disney est bien loin de celui qui nous est présenté ici.

"Ondine" est noir, cruel et triste. On ne peut pas empêcher un sentiment de vague à l'âme à la fin de la lecture de cette oeuvre. Benjamin Lacombe nous entraine dans un monde d'obscurité où le personnage d'Ondine brille par sa naïveté. Cela se ressent dans ses dessins évanescents et vaporeux et leurs couleurs crépusculaires. La chevelure d'Ondine, d'un roux lumineux, tranche avec l'ensemble et pourrait d'abord nous faire penser à une lueur salvatrice. Il n'en est rien. Ondine fait parti du peuple des ondins et ne peut se soustraire à sa condition. 

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Ondine est une créature, belle et mystérieuse, vivant dans les eaux vives. Elle a été recueillie par une famille de paysans, pauvres mais aimants, bien qu'assez rustres. Un soir d'orage, un beau chevalier va faire son apparition et demander l'hospitalité. Tout de suite il tombe sous le charme d'Ondine et, ensemble, ils vont partir à la ville pour y vivre pleinement leur amour. Ca c'est ce qu'ils croient... car c'était sans compter la jalousie de la belle Ursule.

Faux-semblant, perfidie et trahison vont faire leur apparition et la belle rousse et la conquérante brune vont alors s'affronter, l'une par esprit de conquête, l'autre pour gagner son âme. L'issue de l'histoire, vous vous en doutez, sera funeste.

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Un conte sombre mais beau avec des illustrations tout aussi réussies. Benjamin Lacombe n'a pas fini de nous éblouir par son talent!

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mercredi 16 mai 2012

"Le Guide Galactique II: Le Dernier restaurant avant la fin du monde" de Douglas Adams

le-dernier-restaurant-avant-la-fin-du-monde_1951250-ML'histoire: La cuisine anglaise est exécrable. Moins abominable, cependant, que la poésie Vogons, un peuple fier, ombrageux, et éminemment irritable. D'ailleurs, les Vogons ont fait sauter la planète terre, soi-disant par erreur. Pas de panique!

Grâce au fabuleux Guide galactique, le pauvre Arthur Accroc, ex-citoyen britannique désormais apatride et passablement désemparé devant tant d'inconvenance, pourra affronter sans crainte les improbables méandres d'un univers en folie. Rien ne l'empêchera, pas même un ascenseur dépressif, d'arriver à temps pour déguster le Plat du jour au Dernier Restaurant avant le fin du monde.

La critique de Mr K: Un intermède comique aujourd'hui avec le deuxième volume du Guide galactique de Douglas Adam. On retrouve tous les personnages du précédent opus dans de nouvelles aventures absolument déjantées, entrecoupées de passages hilarants du fameux guide. Ainsi, dès la première page ça commence:

"Au commencement, fut créé l'Univers.
La chose a considérablement irrité tout un tas de gens et bon nombre de personnes estiment même que ce fut une erreur.
Bien des races croient y voir l'oeuvre de quelque espèce de dieu, bien que les Jeuhtlavédis de Méth-Técho VII croient pour leur part que tout l'univers fut en réalité violemment éternué de la narine d'un être qu'ils nomment le Gros Patatchoum Vert.
Les Jeuhtlavédis (qui vivent dans la crainte perpétuelle de ce qu'ils appellent l'Avènement du Grand Mouchoir Blanc) sont de petites créatures bleues munies de plus de cinquante bras chacune, ce qui leur vaut ce trait unique d'être les premiers êtres de toute l'histoire à avoir inventé le déodorant corporel avant la roue.

Le ton est donc donné dès l'incipit de ce roman et l'intensité drôlatique ne faiblit jamais tout au long des 214 pages de cet ouvrage! C'est d'ailleurs préférable que ce livre soit court, on évite ainsi l'effet de lassitude qui pourrait s'installer. On retrouve Arthur, le héros terrien qui avait fuit à la dernière seconde sa planète annihilée pour cause de déviation d'autoroute spatiale. Anglais, jusqu'au bout des ongles, il tente désespérément dans ce volume de boire un thé authentique. Zappy Bibicy ex-président de la galaxie est lui aussi de la partie avec ses deux têtes et toute sa verve. Il y a aussi Ford Escort (sic) le meilleur ami extra-terrestre d'Arthur toujours aussi lunatique et débrouillard. Marvin le robot dépressif (paranoïd androïd en anglais, origine sans doute du nom du meilleur album de Radiohead) reste égal à lui même. Ils sont toujours poursuivis par les Vogons, des créatures hideuses et vindicatives à la poésie mortifère!

On navigue en plein délire durant tout ce livre, on y fait des rencontres improbables à souhait, le temps et l'espace sont distordus, les réactions des uns et des autres totalement farfelues, le non-sens à l'anglaise fonctionne à plein pour le plus grand plaisir du lecteur. Les pages se tournent très vite et le rire est au rendez-vous à chaque détour de phrase. C'est suffisamment rare pour être souligné surtout dans le domaine de la science-fiction. C'est donc une lecture-détente très agréable à laquelle je vous convie, tout en sachant que la série est assez longue et qu'il me semble vraiment nécessaire d'espacer la lecture de chacun des tomes pour en retirer le meilleur et éviter l'indigestion.

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mardi 15 mai 2012

"Sérum - Saison 1, Episode 2" de Henri Loevenbruck & Fabrice Mazza

serum2L'histoire:

1773 : MESMER INVENTE L'HYPNOSE
1886 : FREUD INVENTE LA PSYCHANALYSE
2012 : DRAKEN INVENTE LE SÉRUM

Une injection.
Sept minutes pour accéder au subconscient d'Emily Scott.
Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.
Quelques jours pour empêcher le pire.
Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel?

La critique Nelfesque: Après avoir lu le premier épisode de "Sérum", je n'avais qu'une hâte: continuer cette saga d'Henri Loevenbruck et de Fabrice Mazza au concept original et inattendu.

J'ai lu ce second opus pratiquement dans la foulée du premier. J'avais donc encore l'histoire du précédent dans la tête. Toutefois, un "previously" semblable à ceux des séries télévisées (décidément le concept est poussé jusqu'au bout) est présent en début d'ouvrage.  Ce condensé de scènes clés ravive la mémoire du lecteur et lui permet de débuter ce second épisode sous les meilleurs auspices.

Dans cet épisode 2, de nouveaux personnages apparaissent dont le père du docteur Draken et un couple d'activistes politiques à la WikiLeaks, John Singer et sa femme.

On retrouve Lola là où on l'a laissé et sa situation personnelle et familiale se dévoile peu à peu. On la découvre femme forte sur tous les fronts, auprès d'Emily mais aussi de son frère et de son fils. Draken laisse également entrevoir une facette de sa personnalité que l'on ne connaissait pas encore. C'est grâce à la relation qu'il entretient avec son père, ancien psychiatre également, que ce processus a lieu. J'ai particulièrement aimé cette facette du roman.

L'histoire se complexifie, on commence à entrevoir certains enjeux et le rythme est toujours aussi dense. La tension est palpable, le lecteur est embarqué dans cette course folle et quand la fin arrive, on se retrouve avec encore plus de questions! Quelle frustration! Vivement le 3ème épisode prévue pour le mois de juin.

Notez bien le petit dessin présent en dessous du titre de la série. Il change à chaque épisode et son choix n'est pas anodin. On se croirait dans le générique de "Fringe" ;)

La suite au prochain épisode...

Egalement lu et chroniqué au Capharnaüm Eclairé:
- Sérum - Saison 1, Episode 1

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lundi 14 mai 2012

"Le prisonnier des étoiles: Le dôme des plaisirs" d'Alphonso Font

prisonnierdesetoilesLe02_11070L'histoire: Le sosie du Méga, dirigeant de la planète Terre dans un futur proche, est poursuivi par les forces de sécurité de tout l'empire qu'il semble menacer de part son existence même. Il n'est pas seul, une plantureuse blonde gouailleuse l'accompagne...

La critique de Mr K: Impossible de vous donner le résumé exact de cette BD, je n'en ai trouvé nulle trace sur le web... Sachez qu'il s'agit d'un tome 2 et que je n'ai pas lu le tome 1 qui semble-t-il est épuisé... Il me manque donc un certain nombre d'éléments pour pouvoir éclairer complètement votre lanterne mais cette pongée dans l'univers d'Alphonso Font est un beau voyage qu'il me semblait important d'aborder dans un post.

L'histoire en elle-même est classique et ce volume s'apparente à un road movie où nos deux héros doivent s'enfuir et se cacher face à une menace obsédante. Mitraillés par un hélicoptère sur une plage où ils tentent de se reposer, ils se font faire prisonnier par des pirates embarqués dans un sous-marin. Pendant ce temps là, le Méga envoie à leur trousse un cyborg indestructible... À partir de là, on enchaîne les rebondissements, le récit est haletant à la manière d'un Indiana Jones ou d'un volume des aventures de Tintin.

Les personnages principaux n'ont rien de vraiment original en eux-mêmes mais les rapports qu'ils entretiennent entre séduction et chamaillerie égayent une BD d'aventure que l'on prend un grand plaisir à parcourir. On voyage beaucoup entre les fonds sous-marins, une cité lacustre perdue dans un marais des plus malsain et une ville où culmine à son sommet le fameux dôme des plaisirs où le seigneur des lieux s'adonne au plaisir sous toutes ses formes (il ne fait pas partie du FMI pour autant!). Les dessins sont agréables et sortent de l'ordinaire, on reconnaît au passage la patte de l'école espagnole de la BD, on peut faire le rapprochement avec Gimenez notamment. Les dialogues sont fournis et ne tombent jamais dans la médiocrité et la vulgarité.

Un bon récit d'aventure que je vous conseille si vous êtes amateurs. De mon côté, je vais essayer de dégoter le volume 1 pour savoir enfin de quoi il en retourne exactement!

prisonnierdesetoilesLe02p_11070(Cliquez sur l'image pour agrandir)

dimanche 13 mai 2012

Challenge "Livra'deux pour pal'Addict"

Et hop un nouveau petit challenge avec ma copinaute fée-tish!

Le principe? En binôme, chacun choisi dans la PAL de l'autre, trois livres :
- qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
- dont il aimerait avoir l'avis d'un ami
- dont les titres l'interpellent pour leur résumé...

Sur ces trois livres, chacun en choisit un et dans un délai imparti, le lit et en fait un billet sur son blog.

Rien de contraignant puisque avec Mr K, nous utilisons souvent ce principe à la maison et qu'avec fée-tish nous avons des goûts littéraires assez proches. Un bon moyen donc de faire baisser nos PAL :)

Livra'deux pour pal'Addict

Les 3 livres choisis par fée-tish:
- "La Compagnie des menteurs" de Karen Maitland (parce qu'elle hésite à l’acheter chaque fois qu'elle va en librairie)
- "Oscar et la dame rose" d’Eric-Emmanuel Schmitt (très touchant, une magnifique leçon de vie)
- "La mort est mon métier" de Robert Merle (un livre qu’elle aimerait beaucoup découvrir, qui lui fait de l’oeil depuis déjà un moment)

Mes 3 propositions pour fée-tish (très thriller je l'avoue):
- "Au-delà du mal" de Shane Stevens (parce que je l'ai aussi dans ma PAL et que j'ai envie d'avoir ton avis)
- "Les anges de New-York" de R.J. Ellory (parce que je voue un véritable culte à cet auteur)
- "Cul de sac" de Douglas Kennedy (parce que j'ai aimé sa belle brochette de cinglés)

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Nous avons jusqu’au 25 mai pour choisir notre lecture finale, jusqu'au 15 juillet pour le lire et le 30, le challenge prendra fin. Suivant les choix de fée-tish, je n'exclus pas le fait d'en lire plusieurs. J'ai hâte de voir ses propositions et vous donne rendez-vous tout bientôt pour découvrir mon (mes) choix!

Edit du 25 mai: Et voici l'heure du choix! Je commencerai pas "Oscar et la dame rose" d'EES. Si j'ai le temps, je lirai un second roman dans sa liste. Lequel? Ca sera la surprise! ;)

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