mardi 26 mars 2013

"Lumière morte" de Michael Connelly

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L'histoire: Harry Bosch a pris sa retraite. Mais une chose est sûre: il élucidera le meurtre d'Angella Benton, jeune assistante de production tuée quelques jours avant le braquage sanglant d'un studio d'Hollywood. Même si, dès le départ, "on" lui ordonne de renoncer...

La critique de Mr K: Cela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas replongé dans le Los Angeles de Connelly et que je n'avais pas suivi les pas d'Harry Bosch, un de mes inspecteurs préférés. Dans la chronologie générale des romans le mettant en scène, Lumière Morte est un des derniers. Le vieux briscard (enfin pas si vieux que ça) est désormais un jeune retraité mais il n'arrive pas à se détacher d'un certain nombre d'enquêtes non résolues. Parmi celles-ci, le mystérieux meurtre d'une jeune femme travaillant pour les studios de cinéma.

Assez vite, Harry va remarquer que cette affaire n'est qu'un arbre masquant la forêt. Les procédures ont été déviées ou déguisées, derrière ce meurtre à priori anodin se cache quelque chose de bien plus gros. À partir de là, l'inspecteur se rapproche de la vérité mais il va se heurter à la raison d'État et va faire un séjour fort peu réjouissant dans les geôles des services anti-terroristes US. Je n'en dis pas plus mais je ne peux qu'abonder dans le sens de la critique reproduite en quatrième de couverture exprimant l'idée que ce roman est sans doute le plus noir de l'auteur. Deux chapitres sont particulièrement éprouvants et l'on ne peut que ressortir choqué du traitement que l'on réserve en démocratie aux pseudos terroristes.

On retrouve ici tout le talent de Connelly dans le développement de ses personnages et c'est avec un plaisir sans borne que j'ai retrouvé la défroque d'Harry Bosch, éternel mélancolique amateur de jazz. Très vite on prend peur face au déroulé de l'intrigue, il est quand même bien mal parti ce cher Harry et c'est vraiment in extremis qu'il s'en sort cette fois ci. Los Angeles est toujours aussi bien évoquée et on fréquente tour à tour les studios, quelques bars miteux et surtout la route, élément omniprésent dans l'ensemble de l'oeuvre de Connelly qui se plait à décrire avec son style inimitable les déplacements de ses héros à travers la cité des anges.

Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour en terminer avec ce récit bien sombre. Immédiatement pris par l'histoire, ravi de mes retrouvailles avec Harry et la langue virevoltante de Connelly, j'ai passé un grand et beau moment de lecture. Il doit m'en rester quelques uns encore à lire, je vais persévérer dans la quête des volumes manquants chez l'abbé et autres brocantes...

Autres romans de Connelly chroniqués sur le blog:
Les Egouts de Los Angeles
La Glace noire
La Blonde en béton
Le Dernier coyote
L'Oiseau des ténèbres
Wonderland avenue
Echo park
A genoux
Créance de sang
Le Poète
L'Envol des anges
Los Angeles river

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jeudi 21 mars 2013

"Balancé dans les cordes" de Jérémie Guez

BalancedanslescordesL'histoire: Tony est un jeune boxeur. Garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de la cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. La faveur demandée a un prix, celui du sang.

La critique Nelfesque: Jérémie Guez signe à 25 ans son second roman. Fasciné par les Paris et ses quartiers nord, il poursuit l'écriture de sa trilogie parisienne dont "Balancé dans les cordes" fait partie. A noter que l'on peut tout à fait lire ce roman sans avoir lu son premier, "Paris la nuit". Je n'ai d'ailleurs eu connaissance de son projet de trilogie qu'une fois ma lecture achevée.

J'aime l'univers de la boxe et j'aime les romans noirs. Ce roman ci mêle ces deux aspects nous narrant l'histoire de Tony, jeune banlieusard, ayant vécu à Paris mais migrant dans les quartiers nord suite aux problèmes financiers de sa mère, qui voit dans la boxe un échappatoire à la vie de la cité et dans la salle d'entraînement le seul lieu où il se sent bien.

Ce roman est très court mais ses 190 pages sont suffisantes pour nous dépeindre la vie d'un quartier et les aspirations d'un jeune boxeur plein d'ambition. Par quelques procédés de flash-back, Jérémie Guez nous donne des indications sur la prime jeunesse de Tony et ses début à la salle. Dès son arrivée à la cité, son oncle, pour l'éloigner des mauvaises fréquentations possibles, le mène à Patrick, entraîneur et directeur de salle, qui va faire de lui un futur grand boxeur. Son premier combat professionnel est d'ailleurs le pivot central du roman le faisant basculé du roman contemporain au roman noir.

Ressorti victorieux de ce combat, il est remarqué par Miguel qui voit en lui un futur homme de main. Sournoisement, il va se rapprocher de lui et de sa famille, le paterner et le faire basculer dans la délinquance. Mais de délinquant, Tony n'en a pas le CV et encore moins l'attitude. Il en voit tous les jours en bas de son immeuble et un de ses amis d'enfance, Moussa, est devenu un caïd de la cité mais il est fondamentalement honnête et se tient autant que faire se peut éloigné des magouilles du quartier.

Sa mère, en revanche, n'a pas les mêmes états d'âme. On ne sait pas clairement de quoi elle vit et les types louches se succèdent dans son appartement. Arrive ce qui devait arriver, elle se fait agressée chez elle par l'un d'eux. Tony voit rouge, décide de se venger et contacte Miguel. C'est le début d'une descente aux enfers. Oeil pour oeil, dent pour dent et service rendu pour service rendu. Il va devoir se plier aux quatre volontés de Miguel et faire des choses que sa morale réprouve. Mais jusqu'où Miguel peut-il aller pour s'allouer définitivement les services de Tony?

Les phrases sont courtes et le style de l'auteur percutant à l'image du sport mis ici en lumière. Je l'ai déjà dit, Jérémie Guez n'a que 25 ans et si il écrit ce genre de roman à son âge, c'est assurément un auteur à suivre à l'avenir. On est ici dans le même état d'esprit que dans "Un amour fraternel" de Pete Dexter (auteur plus mur et roman plus abouti que je vous conseille vivement!).

Amitié, respect et valeur sont autant de sujets abordés dans "Balancé dans les cordes" avec leurs pendants, violence, trahison, sang. Loin du manichéisme, l'auteur nous montre qu'un homme est rarement tout noir ou tout blanc. On se prend d'affection pour le personnage principal et on souffre avec lui dans les dernières pages du roman. Un roman noir se finissant rarement bien, on en prend plein la tête. Je vous le conseille!

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mardi 19 mars 2013

"Eternus 9: Le fils du cosmos" de Victor Mesquita

eternus9L'histoire: Un voyage hallucinant comme un "trip" au LSD: des visions prodigieuses, fabuleuses, mythologiques qui s'imposent comme en paramnésie, inoubliables et pourtant... une logique implacable et, sur plusieurs vrais problèmes contemporains, une lucidité perforante comme un rayon laser.

Suivez Eternus 9, le héros étrange qui naît au milieu de sa vie...

La critique de Mr K: Il est des oeuvres rares qui marquent l'esprit. Ceci pour diverses raisons, elles nous inspirent, nous paient un voyage hors-norme, nous émeuvent au plus profond de nos entrailles, d'autres nous amusent ou au contraire nous causent de profonds soucis...

Eternus 9 est une pièce unique, un improbable mix de mythes et croyances mâtiné de SF bien marquée par les seventies expérimentales en terme de drogue et de digressions narratives.

Bref, on ne comprend pas grand chose mais on a l'impression d'avoir vécu en dehors du temps et de l'espace. Cette BD vient sans doute de la quatrième dimension. Je reviens sur terre pour essayer de vous décrire ce curieux objet...

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Un homme se réveille adulte, il vient de naître. De mystérieux individus lui confie une tâche qui l'emmènera aux confins de l'espace et du temps. À partir de là ça se corse et je me refuse de tenter le moindre résumé. Sachez simplement que la BD pullule de symboles et d'effets d'optique. Peu de paroles, beaucoup de pensées sont livrées pèle mèle au lecteur qui se demande bien où il a mis les pieds. On se raccroche un temps à une histoire d'amour en apesanteur mettent en scène deux êtres humains en exploration spatial mode Major Tom de David Bowie... barré je vous avais prévenu! Il y a du Jodorowski qui flotte dans l'air et bien d'autres fumées aux odeurs étranges.

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Vous l'avez compris, l'intérêt ici est tout autre. Au delà du mysticisme affiché, on ne peut que succomber à l'incroyable beauté des planches qui nous sont ici livrées. Bel exemple de ce que l'école psychédélique a fait de mieux entre vaisseaux spatiaux ubuesques, rayons de lumière, paysages urbains, ballades romantiques dans l'espace... Impossible de ne pas penser à Druillet tant l'aspect visuel se rapproche des Voyages de Loan Sloane. J'ai pris une belle claque en parcourant ce volume.

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Même après quatre lectures successives, je n'ai pas tout saisi mais je me dis que c'est le jeu. J'ai adoré cette BD avant tout pour sa plastique et les thèmes abordés. Il faut y voir plus un voyage initiatique, quasi shamanique, à l'instar de la scène finale du film Blueberry de Jan Kounen que j'ai aimé au plus haut point. Are you experienced?

lundi 18 mars 2013

"Je nous trouve beaux" de Cyril Montana

montanaL'histoire: On peut avoir 40 ans, une femme, deux enfants, un métier et se conduire comme un ado plus que border line. Surtout quand on a été élevé par des parents soixante-huitards, qu’on vient de perdre sa grand-mère adorée et que son propre fils vient de fuguer.
"Je nous trouve beaux" est le portrait drôle et tendre d’un quadra qui a autant peur de vieillir que de ne pas être à la hauteur de ses responsabilités de père au sein d’une famille recomposée. Et qui est prêt à tout pour s’en libérer.

La critique Nelfesque: J'aime les romans contemporains qui traitent de la vie de tous les jours. Je les aime d'autant plus quand on en retire quelques choses et qu'ils font réfléchir. "Je nous trouve beaux" fait partie de la première catégorie mais malheureusement pas plus.

J'ai lu ce roman d'une seule traite. J'étais pourtant fatiguée mais je n'ai pas décroché de cet ouvrage de la première à la dernière page. Point positif donc pour "Je nous trouve beaux", il n'est pas ennuyeux et le style de l'auteur est fluide. Ce dernier point est autant un avantage qu'un inconvénient. En effet, plus qu'avoir une écriture fluide, Cyril Montana écrit comme il parle... Alors certes son roman se lit bien, se digère bien mais on en ressort limite abruti, comme lorsque l'on vient de se regarder une émission sans grand intérêt à la télévision et que l'on se dit qu'on aurait pu profiter de ce temps libre pour faire autre chose au lieu de végéter devant une émission prémâchée. "Je nous trouve beaux" est exactement cela: un roman easy reading.

Les pages se tournent, l'histoire suit son cours et on s'aperçoit peu à peu que cette dernière n'est ni plus ni moins que celle de la vie de tout un chacun. Rien d'extraordinaire dans la vie du personnage principal, rien de dramatique non plus (j'ai tout de même été émue par l'épisode de l'accident de sa grand-mère et de son séjour à l'hôpital). Rien de quoi en faire un roman en somme!

J'ai poursuivi ma lecture, tout de même avec plaisir grâce au style fluide déjà évoqué plus haut, mais en me demandant si la fin allait sauver l'ensemble. Et bien... non... même pas... Il n'y a pas vraiment de fin et le roman aurait pu continuer ainsi indéfiniment...

Bilan mitigé (tendance "moins") pour ce roman qui sera aussi vite oublié que lu. Dommage car certains aspects auraient mérité d'être plus développés comme l'expérience du personnage principal chez les francs-maçons ou encore sa relation avec sa grand-mère. "Je nous trouve beau" n'est donc pas un roman indispensable en littérature contemporaine sans être désagréable pour autant.

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samedi 16 mars 2013

"Zéro pointé - Quand les profs se lâchent"

zeroLe sujet: Quand un élève n'a pas compris la question, répond n'importe quoi ou tente de faire de l'humour dans sa copie, c'est le drame: le professeur se lâche dans son commentaire, lui répond sur le même ton, se défoule, en rajoute... et cela donne des textes pleins d'humour et de dérision, surprenants et hilarants!

Retrouvez dans ce livre près de 300 copies d'élèves, 100% véridiques, qui sentent bon l'encre bleue, les feuilles à grands carreaux et les radiateurs au fond de la classe...

La critique Nelfesque: Les éditions "J'ai Lu" viennent de lancer une nouvelle collection "humour". J'aurai l'occasion de parler d'autres titres dans les prochains jours mais commençons par ce "Zéro pointé".

Dans ce recueil de copies d'élèves de collège / lycée, rien de nouveau sous le soleil pour moi. Vous savez que Mr K est prof de Lettres Histoire et j'ai l'occasion de temps en temps de lire certaines copies "collector". Je ne le fais pas souvent car cet exercice me fait à chaque fois hésiter entre grosses poilades et désolation...

Ici, c'est la même chose. Des orthographes approximatifs qui donnent un tout autre sens aux phrases, des bouteilles lancées à la mer pour se dédouaner de ne pas avoir appris sa leçon, de gros foutages de gueule de la part de certains élèves qui me font prendre conscience que non, jamais, je ne ferai JAMAIS prof. Face à autant de crétinerie, bêtise, naïveté, voir insolence ou inconscience, les profs ont du mal à garder leurs sérieux parfois. Comme je les comprends...

Ce qu'il y a de drôle dans ce recueil, ce n'est pas tant les réponses des élèves que la répartie des profs. Certains sont sérieux, s'inquiètent pour l'avenir de leurs chérubins (ce qui est tout à fait compréhensible vu les inepties qu'ils sont capable de pondre...). D'autres (ceux que je préfère et qui me rappelle mon prof d'Histoire Géo au lycée) s'en donnent à coeur joie dans leurs corrections. Cynisme, rire jaune, jeux de mots, ironie. Un festival!

Quelques exemples pour le fun:

- Ce qui a entraîné le choc émotionnel au départ c'est les règles.
- Oui, c'est toujours un choc...

- 30,76923% des électeurs il a convaincu.
- Arrêter de regarder "La Guerre des Etoiles" tu dois!

- Si vous nous demandez de démontrer que le triangle est équilatéral c'est qu'il l'est. Donc le triangle ABC est équilatéral.
- Bravo pour cette démonstration de bon sens. Moi je dis: "Vivement le brevet!"

Certains élèves ont tout de même le chic pour sortir des réponses plus évoluées mais malheureusement pour eux complètement hors sujet (ils me plaisent bien ceux là):

- Exercice 5: Flavie veut connaître la concentration en sirop de son diabolo menthe. Proposer un protocole expérimental qui permettrait de résoudre son problème.
- Chère Flavie, comment peux-tu te poser de telles questions alors qu'en ce moment même, le monde s'écroule petit à petit? Si tu veux une réponse claire, ressers toi un verre et mesure la quantité de sirop AVANT de mettre l'eau. Cordialement, Un littéraire.

- Une corde de guitare coûte 2.25€. Le jeu compet de 6 cordes est à 13€. Est-ce plus intéressant d'acheter le jeu complet ou 6 cordes?
- C'est mieux d'acheter les 6 cordes à 13€ parce que imagine que tes 3 cordes pètent tant qu'à faire pour pas aller au magasin toutes les 5 minutes autant prendre le jeu complet.
- Certes, mais j'attendais plutôt un calcul ici.

"Zéro pointé" est donc une lecture détente où l'on peut piocher quelques anecdotes quand on en a envie. Je ne vous dirai pas où j'ai mis ce recueil mais je vais vous donner un indice:  c'est le genre d'endroit où on ne passe pas longtemps mais où on aime bien s'occuper... Je vous conseille de le mettre au même endroit, c'est parfait!

Amis profs, bon courage pour vos corrections (vous faites un boulot usant psychologiquement). Quant à vous, amis élèves, quitte à faire ma vieille conne, profitez bien de vos années d'insouciance parce que la vie se chargera de vous donner un peu plus de sérieux... Parole d'une nana qui a passé sa scolarité à côté du radiateur au fond de la classe ^^ (mais qui était un petit gabarit comparée aux énergumènes présents dans ce bouquin).

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jeudi 14 mars 2013

"Le secret de Ji" de Pierre Grimbert

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L'histoire: Un jour vint Nol, le prophète, et il demanda à tous les royaumes de dépêcher leurs plus sages représentants pour un mystérieux voyage vers l'île de JI. Peu en revinrent, et ceux qui le firent ne parlèrent jamais de ce qu'ils virent. Et ainsi la tragique histoire sombra peu à peu dans l'oubli, seulement commémorée par les descendants des élus...

Jusqu'à aujourd'hui, où les fanatiques de la secte Züu ont entamé une traque impitoyable pour les éliminer l'un après l'autre. Qui commandite ces assassinats? Les héritiers devront répondre à ces questions au plus vite: ils ne sont déjà plus que six. Mais il leur faudra avant tout revenir à la véritable source de tous ces mystères: que s'est-il passé sur l'île de Ji, cent dix-huit ans auparavant?

La critique de Mr K: Deux volumes pour le prix d'un aujourd'hui avec ce roman trouvé dans un troc et puce d'une ville voisine. Il y a eu comme un tilt lorsque je les ai vus parmi d'autres titres de fantasy. Grimbert a plutôt bonne presse et je n'avais pas des masses de fantasy dans ma PAL. Le temps a passé et je suis retombé dessus il y a peu. Après une semaine et demi de lecture mon avis est plus que mitigé et je ne pense pas retourner dans l'univers de cet auteur malgré les quelques opus supplémentaires qu'il a pu écrire par la suite.

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Pourtant tout commence bien: il y a quatre pages de cartes en début de chaque volume! J'adore! Ça me fait tout de suite penser au trip Tolkien ou Martin quand on peut se référer à une carte pour se repérer lors du développement de l'intrigue. Je commence ma lecture réjoui. Tout est réuni pour que la mayonnaise monte. Un groupe de simili-exilés à la quête nébuleuse et pleine de rebondissements, tous les éléments ne sont pas donnés dès le départ et on suit le déroulement de l'histoire en se demandant bien ce qui va suivre. L'écriture est agréable, simple mais cependant exigeante. On plonge dans les tableaux de paysages qui nous sont livrés et l'on apprend à connaître les personnages peu à peu.

L'illusion tient ainsi durant le premier volume puis le soufflé retombe. On devine ce qui va se passer ensuite au fil de la progression, les personnages se révèlent caricaturaux dans leurs rapports et leurs caractères, le lecteur a du mal à s'attacher à eux. La coquille sonne de plus en plus creux et je dois avouer avoir lutté quelques peu dans les 100 dernières pages. Tout cela pour aboutir à une fin abrupte et ouverte... frustration extrême! J'ai fini ma lecture énervé et un peu dégouté.

En y repensant, cet ouvrage m'a semblé vain et exempt de toute surprise. C'est vraiment dommage car le pitch de départ est excellent et Grimbert a du style. Tout est ici une question d'originalité et de surprise, deux concepts qui m'ont semblé totalement absent de cet ouvrage. Next!

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samedi 9 mars 2013

"Room" d'Emma Donoghue

roomL'histoire: Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque.
Il ne pense qu'à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l'entoure, comptant sur sa mère pour répondre à ses questions. Celle-ci occupe dans sa vie une place immense, d'autant plus qu'il vit seul avec elle dans la même pièce, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec lui. Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle ne peut pas continuer à entretenir l'illusion d'une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s'enfuir.

La critique Nelfesque: Je n'avais encore jamais entendu parlé de ce livre. J'ai flashé sur la quatrième de couverture qui présente un enfant en proie à des souffrances morales (conscientes ou inconscientes). Au risque de passer pour une dérangée, j'aime ce genre d'histoires qui mélangent drames familiaux et complexité des sentiments... J'ai donc ouvert la première page de "Room" et j'ai été prise en otage par Emma Donoghue!

J'ai failli dire "kidnappée" mais le mot aurait été mal choisi ici... La jeune femme, maman de Jack, âgé de 5 ans, a justement été kidnappée il y a 7 ans par le Grand Méchant Nick. Depuis, elle vit dans une chambre, La Chambre, dans une cabane au fond du jardin. Une cabane "grand luxe" puisqu'elle est équipée d'une porte blindée, de murs ultra isolés phoniquement, de grillage anti intrusion sous le sol... Une vie entre 4 murs d'où on ne peut s'échapper.

Dans cette pièce, comme dans un tombeau éclairé par une unique lucarne sur le toit, elle va donner naissance à Jack. Son rayon de soleil, sa raison de vivre, sa porte de sortie dans un quotidien fait d'angoisse. Ce petit garçon est comme tous les petits garçons, exception faite qu'il ne connait rien d'autres que son environnement immédiat. Madame Télé lui raconte des histoires, Monsieur Tapis est son aire de jeu, Madame Table protège Madame Araignée qui tisse sa toile dessous. Monsieur Mur Côté Lit et Monsieur Mur Côté Porte sont ses uniques repères. Pour lui, cette vie est normale... Maman lui donne son Doudou-Lait, joue avec lui à la course autour de Monsieur Lit, lui lit des histoires. Tout va bien. Maman est là. Mais un jour, elle lui explique ce qu'il s'est vraiment passé et il découvre qu'un Dehors existe. La chambre n'est pas le monde réel. Ensemble, ils vont mettre au point un plan pour s'évader et Jack va se montrer très "peurageux". Il va alors prendre la réalité de plein fouet.

Ce roman est un bijou et j'ai vraiment été touchée par cette lecture. L'auteur a écrit cet ouvrage avec des mots d'enfants, des raisonnements d'enfants... Dérouté au départ, le lecteur se laisse attendrir par ce petit bonhomme si fort et si fragile. Sa relation avec sa mère, pure et belle, nous rappelle que l'essentiel est là mais n'est pas forcément suffisant. Cette mère, dont on ne connaitra jamais le prénom, a vu sa vie basculer à l'âge de 19 ans et à 26 elle va devoir réapprendre à vivre sans brusquer son petit garçon. S'évader de la Chambre est un pas mais le chemin est encore long vers la libération.

Le roman est contruit en plusieurs parties: "Mes cadeaux", "Pour de vrai", "Mourir", "Après" et "Le dehors". Chaque page qui se tourne est une claque. L'amour filial, le regard d'une mère pour son fils dans l'horreur de l'enfermement, la création d'un monde à part, la découverte de l'inconnu, le réapprentissage de la vie pour l'un et la découverte de la vraie vie pour l'autre sont autant de sujets abordé dans "Room" de façon pudique et poignante.

Je vous conseille fortement cette lecture qui je pense me marquera longtemps à l'image d'un "Des fleurs pour Algernon" de Daniel Keyes (dans un autre genre). C'est le type de romans dont on ne ressort pas indemne, qui fait réfléchir sur la vie et nous incite à la vivre à 100%. Une grosse claque!

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mardi 5 mars 2013

"Conjuration Casanova" de Giacometti et Ravenne

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L'histoire: En Sicile, de nos jours. Cinq couples, réunis afin de pratiquer des rituels mêlant spiritualité et érotisme, sont immolés sur les ordres d'un maître de cérémonie, Dionysos. Seule Anaïs en réchappe miraculeusement.

À Paris, le ministre de la Culture, franc-maçon, est retrouvé près du corps sans vie de sa maîtresse. Le commissaire Marcas, frère d'obédience, est chargé d'enquêter sur les circonstances étranges de cette mort.

De rites érotiques en courses-poursuites sanglantes, de Paris à Venise, Marcas et Anaïs vont remonter la piste meurtrière d'un mystérieux manuscrit signé de la main du sulfureux Casanova...

La critique de Mr K: Lu en quatrième de couverture: "Aussi haletant que le Da Vinci code" 20 minutes. Je vous rassure c'est tout d'abord son prix modique (0,5 euros chez l'abbé) qui m'a attiré et m'a obligé à commettre l'irréparable: l'acheter! Je vous rassure encore (ou alors je fais tout pour garder notre lectorat...), je ne pense vraiment pas que 20 minutes soit un journal très indiqué pour apprécier la littérature et conseiller d'éventuels lecteurs... Et oui, je l'avoue avec ce volume, j'ai touché le fond de l'indigence littéraire et franchement on ne m'y reprendra plus: Giacometti et Ravenne pour moi, c'est du passé! Pour info, j'avais apprécié l'oeuvre de Dan Brown sans crier au génie pour autant...

Pourtant, il y avait matière à pondre un polar bien sordide et saignant avec la quatrième de couverture: sexe, meurtre et complot politique... tout était réuni pour emmener le lecteur dans une enquête prenante. Mais voilà, Giacometti et Ravenne écrivent avant tout pour faire du fric et comme il ne faut pas trop choquer les foules, on appâte le chaland avec des formules toutes faites et au lieu de déranger, cette oeuvre ennuie profondément. En effet, finalement, il ne se passe quasiment rien dans ce livre, tout est extrêmement prévisible et même si les pages se tournent facilement, on a impression de perdre son temps. C'est plat, convenu et la fin est vraiment ratée à mon avis.

Les personnages sont plus des caricatures qu'autre chose. Certes Marcas reste attachant mais que dire d'Anaïs qui franchement est d'une bêtise et connerie sans non (désolé pour la vulgarité) mais franchement les gars - Ravenne et Giacometti - il faut essayer de prendre des cours de psychologie de base, parce que là, on frise à plusieurs reprises le grand n'importe quoi. Dionysos est loin d'être un dieu du crime et franchement, les scènes de meurtre et de sexe sont davantage du voyeurisme qu'autre chose. Mal écrites, leur intérêt est mineur sauf pour le compte en banque des auteurs et éditeurs. Dommage car l'érotisme quand il est maîtrisé et sert l'histoire peut donner des oeuvres inoubliables (L'Amant de Lady Chatterley pour n'en citer qu'un ouvrage). Ici nous avons clairement affaire à du bankable et uniquement cela.

Bien fait pour moi! Il est bon parfois de réfréner ses instincts. Je n'ai perdu finalement que 5h de ma vie en lisant cette bouse. Désolé pour les amateurs mais moi, ça ne passe pas. J'ai vraiment l'impression d'avoir été pris pour un imbécile à qui l'on a fait croire que ce roman était très bon alors qu'il a fait pshiiiit très vite lors de ma lecture. Je ne peux donc que le déconseiller...

Autres livres chroniqués ici même des mêmes auteurs:
- Le rituel de l'ombre
- Le septième templier

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samedi 2 mars 2013

"Créatures fantastiques et monstres au cinéma" de John Landis

1331434-gfSujet: Le maître des films d'épouvante, John Landis, vous invite dans l'univers des vampires, des zombies, des loups-garous, des sorcières et bien d'autres monstres qui ont marqué le cinéma de ces 100 dernières années. Il révèle aussi les secrets des effets spéciaux légendaires et s'entretient avec les grands cinéastes et acteurs du film fantastique: John Carpenter, Christopher lee, David Cronenberg, Sam Raimi, Joe Dante, Guillermo Del Toro, Rick Baker et Ray Harryhausen.

La critique de Mr K: Pour ceux qui nous connaissent depuis un certain temps, vous savez que je suis un fervent adepte des films de genre. Abonné maintenant depuis un certain temps à la revue Mad Movies, je suis tombé dedans étant petit quand j'ai vu pour la première fois Les griffes de la nuit de Wes Craven. Depuis, j'ai fait ma route et elle est parsemée de films plus marquants les uns que les autres dans le genre fantastique-horreur vers lequel je retourne régulièrement. Shining, Ring, Dellamorte Dellamore, La Maison du Diable, The Thing, Legend, L'Antre de la folie, Le labyrinthe de Pan... autant de films que l'on peut retrouver à travers leurs monstres et autres créatures dans ce superbe livre que m'a offert Nelfe pour mon anniversaire.

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Attention c'est du gros et du lourd à ranger dans la catégorie "beaux livres". En tout 317 pages peuplées de cauchemars, d'anecdotes, de références et d'interviews liés à la thématique développée. Le livre est divisé en chapitres correspondants à des types de monstres aussi divers et variés pour le plus grand plaisir de l'amateur que je suis. Ainsi vous retrouverez vampires, loups garous, savants fous, zombies et tous leurs amis dans une compilation dantesques de photos avec à chaque fois une petite pensée de l'auteur pour chacun. Autant il peut adorer, autant par moment John Landis taille dans le vif. Étant aussi amateur à mes heures perdues de nanars bien bis, j'ai pu ainsi découvrir des titres que j'essaierai de dénicher dans les mois à venir.

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(La Mort version Del Toro dans Hellboy II)

J'ai aussi bien aimé les parties où il interview ses potes réalisateurs, acteurs et techniciens. Ainsi, il discute notamment avec Christopher Lee, Joe Dante (j'adore), John Carpenter et Sam Raimi. Cela donne lieu à des échanges directs et constructifs sur des sujets sérieux comme: qu'est-ce qu'un monstre? Que recherche-t-on quand on regarde un film d'horreur? On se surprend à rire en même temps qu'eux quand ils échangent anecdotes et blagues. Vu qu'en plus, je voue littéralement un culte aux ¾ des guests stars invitées dans ce livre, vous imaginez le plaisir que j'ai pu avoir à les lire et à pénétrer davantage dans leur esprit et ainsi frôler leurs aspirations artistiques.

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(Gizmo, sans nul doute une de mes créatures préférées)

Là où le livre pèche un peu, c'est tout d'abord au niveau des introductions de chaque chapitre. John Landis n'est pas écrivain et cela se sent. Le style est plat et journalistique, sans réelle profondeur et j'ai retrouvé à chaque fois un côté inachevé dans la présentation de chaque créature. Comme si cela avait été bâclé ou laissé en chantier, c'est dommage car les créatures concernées valaient bien mieux que cela. Deuxième et dernier point négatif, il se dégage de cet ouvrage un côté copinage américano-américain qui m'a personnellement dérangé. Exemple: John Landis aborde la série des The Grudge sans jamais évoquer Ring version originale japonaise qui est cultissime dans son genre. Serait-ce parce que son pote Raimi a produit la série des fims The Grudge? Rien n'est moins sûr. J'ai remarqué des petites choses comme cela qui parsemaient le livre sans pour autant le polluer je vous rassure. Mais on est fan ou pas, étant assez furieux dans le genre, j'aurais aimé voir davantage de créatures déviantes et authentiquement bis comme par exemple les toxics avengers ou les hommes calamars chers au cinéma d'exploitation japonais.

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(Justice est rendue aux Toxic avengers!)

Mais j'arrête de râler, ce livre reste tout de même un must dans son domaine et ce serait bien dommage de passer à côté si on est fan de films de genre. On passe de bons moments, on se rappelle de bons souvenirs cinématographiques et cela donne aussi beaucoup d'idées pour occuper ses soirées d'hiver. Avis aux amateurs!

nightbreed cabal cut
(Un des plus beau film de monstre qui soit, Cabal -alias Nightbreed - de Clive Barker, à voir absolument si ce n'est déjà fait)

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mardi 26 février 2013

"Le Diable et Daniel Silverman" de Theodore Roszak

lediableL'histoire: Daniel Silverman, un romancier dont le dernier succès remonte à près de vingt ans, est invité par le collège évangélique d'une petite ville perdue du Minnesota: on lui demande de faire une conférence. Lorsqu'il arrive à destination, il découvre que les membres du collège en question sont des fondamentalistes chrétiens, dont le mode de vie et la vision du monde sont plutôt déroutants. Quel intérêt présente alors à leurs yeux Daniel Silverman, juif athée et homosexuel, autrement dit l'incarnation quasi parfaite de l'Antéchrist? Alors que le blizzard se déchaîne, Daniel va de surprise en surprise et vit un véritable cauchemar.

La critique de Mr K: Une excellente lecture aujourd'hui avec un deuxième livre de Théodore Roszak à mon actif après une lointaine mais superbe lecture de son opus le plus connu: La conspiration des ténèbres, livre que j'avais adoré en son temps. On change d'univers ici et l'on suit les pérégrinations de Daniel, juif homosexuel vivotant de médiocres cours à la fac en attendant le retour de l'inspiration. En effet, depuis son premier roman et un certain succès d'estime, il tourne à vide, reproduit les mêmes schémas d'écriture, ne surprend plus et du coup... ne vend plus! Ainsi, quand une association chrétienne le contacte pour qu'il vienne participer à un colloque en échange d'une belle petite somme, il lui est quasiment impossible de refuser. Bien mal lui en prend comme le lui avait plus ou moins prédit son petit ami.

Passé les quarante premières pages de présentation du personnage principal, de sa vie et de ses attentes, on rentre très vite en contact avec une étrange communauté pieuse et renfermée sur elle-même. Peu à peu, au fur et à mesure que la météo se dégrade, un sentiment de défiance envahit à la fois Daniel et le lecteur, le brouillard d'hiver ne pourra pas masquer longtemps la réalité: Daniel est cerné par des fanatiques fous furieux! L'ambiance devient alors très pesante et je dois avouer que c'était aussi très éprouvant pour le lecteur, gage d'un récit à la fois prenant et réaliste. La dimension psychologique est très développée à la fois pour les personnages principaux que pour le moindre personnage secondaire ce qui donne à ce roman une densité peu commune, à la manière de La conspiration des ténèbres dont je parlai plus haut.

Mais ce livre ne se contente pas de faire peur, on rit aussi beaucoup. Vu le pitch du roman, on pourrait se dire que c'est déplacé... Et bien pas du tout! Ces moments de répit sont salutaires et bienvenus. Le personnage de Daniel en devient encore plus attachant car profondément humain et juif (l'humour est bien typé dans ce livre, on aime ou on aime pas, moi j'ai adoré!). Cela donne donc un cocktail détonnant où l'on passe très vite du rire à l'effroi avec notamment une scène de prise de parole de Daniel dans une église face à un parterre de fachos intégristes à la fois drolatique et dramatique. J'ai aussi beaucoup apprécié la relation amoureuse entre Daniel et son copain, sensible, loin des clichés et du pathos habituel, et une relation de confiance bien rendue entre vannes et moments tendres. Très touchante, je crois que c'est la première fois qu'une relation homosexuelle me touche à ce point là.

Rajoutez à cela une écriture aérienne, souple mais cependant exigeante et vous obtenez une vraie petite bombe littéraire qui se parcourt en à peine deux jours et dont on ressort à la fois réjoui et un peu inquiet (y'a vraiment des dingues sur terre, les actus nous le rappellent tous les soirs!). Une belle expérience que je vous conseille de tenter au plus vite!

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