jeudi 4 décembre 2014

"Fables nautiques" de Marine Blandin

fables-nautiques couvertureL'histoire: Construit sur un ancien cimetière animalier, un espace nautique à l'architecture surréaliste devient le théâtre de phénomènes et situations pour le moins étranges. Une baleine mystérieuse, des disparus inexpliqués, une clé de casier jetée il y a bien longtemps dans la fosse à plongée réputée pour ne pas avoir de fond... Cette piscine renferme décidément bien des secrets!

La critique de Mr K: Je vous convie à un voyage au fin fond de l'étrange aujourd'hui avec ces Fables nautiques de Marine Blandin. J'avais offert ce volume il y a déjà quelques temps à Nelfe qui ne l'a guère apprécié. J'ai voulu tenter l'expérience à la vue des dessins délirants que j'avais pu entre-apercevoir et les avis positifs que j'avais pu lire ici ou là. Belle inspiration de ma part tant j'ai été conquis par cette œuvre vraiment originale!

Tout commence dans un cimetière pour animaux où une petite fille inconsolable vient déposer une carotte sur la tombe de son lapin. Moment émouvant, la menace pèse que ce lieu de recueillement disparaisse au profit d'une infrastructure de loisir nautique. Bingo! Quelques planches après, l'action est transportée dans une piscine gigantesque à la forme digne de l'imaginaire des architectes les plus fous! Multiples bassins aux formes étranges et au fond indiscernable, personnages plus ou moins délirants vacants à des activités diverses et variées, nature foisonnante et un dehors à priori inaccessible! Tout cet équilibre précaire va être bousculé par la recherche d'une clef de casier introuvable et une course-poursuite haletante entre un maître nageur et une petite vieille têtue!

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Après lecture, je comprends mieux pourquoi Nelfe n'a pas trop aimé cette BD. Elle est complètement délirante et il est impossible de se raccrocher à quoique ce soit de connu pour essayer d'y trouver du sens. En fait, le mieux est de se laisser emporter au gré des images et des quelques paroles échangées. La grosse particularité des Fables nautiques tient au fait que les bulles sont réduites au minimum, le parcours de lecture s'apparentant davantage à une divagation dans l'imaginaire débridée de l'auteur. Cette dernière nous ballade entre relations et activités absurdes, symbolisme ésotérique et quête insensée. Mais si on persévère et que l'on se laisse manipuler jusqu'au bout, c'est à un très voyage du style Alice au pays des merveilles que nous sommes conviés!

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Vous croiserez nombre de personnages hors norme dans ce récit. Un maître nageur prénommé Moutte qui poursuit une petite vieille venant régulièrement rendre hommage à son lapin mort depuis fort longtemps, une meute de nageurs à tuba que rien ne peut détourner de son couloir de nage, une troupe de nageuses synchronisées complètement barrées dont la meneuse souhaite plus que tout quitter ce monde clos, trois baigneuses de jacuzzi semblant diriger à la baguette tout ce petit monde (elles m'ont fait penser aux sorcières de Macbeth de Shakespeare), les fantômes des animaux morts qui semblent chercher le repos, une baleine apparaissant à l'improviste et au rôle nébuleux... Autant de figures improbables qui contribuent à l'étrangeté de l'entreprise de Marine Blandin. Très vite, on se questionne sur le pourquoi et c'est en grande partie grâce à l'exploration des fosses sous-marines de cette piscine que les clefs de la compréhension globale nous seront données.

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Économie de mots donc mais pas de talent! Les dessins d'apparence simple sont d'une profondeur réelle à l'image de cet univers clos mais disproportionné où l'insolite cache un lourd secret révélé dans les ultimes planches. On navigue dans un univers où la logique n'est plus la même, un monde curieux, singulier parfois effrayant souvent rigolo. Une grande part de l'enfance transparaît dans les dessins et les relations entretenues entre les personnages mais on sent bien que l'on dépasse le simple récit plaisant. Derrière se cache une réflexion sur la réalité, la convergence des points de vue et finalement l'humain et ce qu'il est capable de faire subir à la nature.

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Ce fut donc une lecture vraiment rafraîchissante, originale au possible et à tenter si le cœur vous en dit. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut être ébranlé et surpris!


mercredi 3 décembre 2014

"Trois coeurs, trois lions" de Poul Anderson

trois coeursL'histoire: Holger Carlsen, Danois vivant aux États-Unis, décide de rejoindre sa terre natale pendant la Deuxième guerre mondiale. Alors qu'il est impliqué dans des actions de résistance, sur le point de mourir, il se réveille dans un monde étrange, médiéval, peuplé de nains et de sorcières... Dans cet univers, la Loi et le Chaos se livrent une lutte sans merci et il semble que Holger ait un rôle essentiel à jouer dans ce combat. Mais qui est réellement Holger Carlsen, héros malgré lui?

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui à la SF avec un ouvrage de Poul Anderson dont j'avais apprécié La Patrouille du temps, un récit classique dans la thématique des voyages dans le temps. Avec Trois coeurs, trois lions, j'abordais un autre versant de l'œuvre de cet auteur, celui de la fantasy, un genre que j'aime beaucoup mais que je trouve bien trop souvent enfermé dans des codes qui brident l'imaginaire.

Le pitch de départ est simple et a tout pour plaire. Un homme de notre époque se retrouve embarqué dans ce qui semble être une autre dimension, un autre monde où la réalité diverge particulièrement de la nôtre. Ingénieur de métier, Holger Carlsen va vite se rendre compte que les lois physiques ne sont plus exactement les mêmes et qu'il est entré de plein pied dans un univers où la magie règne en maître, où les chevaliers font régner l'ordre et la justice et où l'on peut rencontrer nombre de créatures interlopes et extraordinaires. Mais que fait-il ici? Au fil de ses pérégrinations, il va devoir se redécouvrir et trouver un but à sa nouvelle existence.

Le livre commence dare-dare. Après un court chapitre où un mystérieux narrateur nous fait un petit point topo sur le jeune héros, ce dernier est très vite plongé dans la contrée onirique de Faërie. Poul Anderson remplit bien son contrat et nous fait partager avec une grande maîtrise le décalage et le déphasage du héros par rapport au monde qui l'entoure. Pataud et désorienté, il croise déjà un drôle de nain pas farouche et une sorcière peu ragoûtante. S'ensuit alors tout un voyage abracadabrantesque avec passage obligé en auberge, lutte contre un dragon cracheur de feu, combat homérique contre un troll, séduction par des créatures malicieuses et fatales, et tout une autre palanquée de péripéties des plus rafraîchissantes! Le rythme est haletant, pas le temps de s'ennuyer surtout que Poul Anderson ne fait pas l'erreur de se prendre trop au sérieux et une petite dose d'autodérision dans les personnages donne à cette entreprise une saveur toute particulière.

Bien qu'assez classique dans sa conception et son déroulé (pas de réelle grande surprise dans cette lecture), l'aventure surprend par son côté léger. Il y a une touche de ton épique mais les personnages ramènent l'entreprise au niveau terrestre. L'immersion est totale dans ce monde qui par bien des aspects ressemble un peu à notre bonne vieille Terre. Ainsi, vous y croiserez des éléments de la quête arthurienne mais certains personnages feront directement référence à des royaumes moyen-âgeux ayant vraiment existé. Il ressort donc une drôle d'impression qui mêle fiction et réalité historique, je dois avouer que cet aspect m'a touché et a rendu ma lecture encore plus enthousiaste.

Ajoutées à ce récit principal, les éditions Folio SF ont mis à la la suite deux nouvelles qui n'ont qu'un rapport lointain avec Trois coeurs, trois lions. Il y est question d'une auberge fabuleuse qui a la particularité de se mouvoir à travers le temps et où les habitués sont de célèbres personnages de l'histoire. Vous pourrez par exemple discuter avec Villon ou encore assister à des échanges fort à propos entre Léonard de Vinci et Albert Einstein. Très dépaysant et très réussi.

L'écriture de Poul Anderson fait une fois de plus merveille. Son apparente simplicité n'est en fait prétexte qu'à fournir des personnages ciselés et bien amenés avec une économie de mots peu commune. Les phases plus descriptives sont dans la même veine et provoque l'adhésion immédiate du lecteur prisonnier qui ne peut décemment s'échapper avant d'avoir lu le mot fin. Cet ouvrage fait partie des meilleurs représentants du genre des années 60. Si le cœur vous en dit, vous ne serez pas déçu!

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- La Patrouille du temps
- Les Croisées du Cosmos

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lundi 1 décembre 2014

Challenge "Destockage de PAL en duo"

Je vous disais hier sur notre page Facebook que mon rythme d'article sur le blog était sérieusement ralenti. C'était sans compter l'arrivée d'un nouveau challenge dans la blogo littéraire qui me redonne de la motivation. Pas contraignant, plein de bonne humeur, je signe ! Et quand en plus, je le fais avec ma copinaute faurelix, je signe doublement ! Toujours partantes pour ce type d'échanges et en général carrément branchées par les mêmes bouquins, nous nous sommes inscrites ensemble au "Destockage de PAL en duo".

destock

Sur une idée très sympathique de Zina et Licorne, voici le principe de ce challenge léger qui nous aidera à faire table rase au plus vite de cette ÉNORME pile de livres à lire que nous avons tous !

L'expérience binôme dure 3 mois, c'est le temps que nous avons pour farfouiller dans la pal de l'autre et trouver sa prochaine lecture. Mais attention, pas n'importe quelle lecture, nous présenterons à notre partenaire 2 livres ayant un thème commun (qui sera changé tous les 3 mois).
Notre partenaire aura donc le choix entre ces deux lectures, ou les deux s'il le souhaite …

Pour ce premier trimestre, le thème indiqué est : AUTEUR HOMME FRANÇAIS

Il faut donc trouver deux livres dans la PAL de notre binôme dont l'auteur est un homme français, jusque-là fastoche ! Si toutefois il n'y a pas 2 auteurs hommes français, JOKER et uniquement dans ce cas-là, nous choisissons nous-même le thème pour les deux livres de notre partenaire.

Si cette mission nous a plu (et jusque là c'est bien parti pour), nous pourrons renouveler l'expérience avec le même partenaire... ou pas ! Il n'y a aucune obligation de renouvellement, l'inscription est pour 3 mois ! Et ça c'est cool !

Première mission : du 1er décembre 2014 au 28 février 2015 !
ORDRE DE MISSION : AUTEUR HOMME FRANÇAIS

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C'est ainsi que faurelix et moi nous sommes vues attribuer le nom de code "First Class" pour notre binôme. Je n'aurai pas dit mieux !

Après avoir fouillé dans sa PAL, voici les 2 romans que je lui propose de lire :

- "Le Serment des limbes" de Jean-Christophe Grangé sans surprise pour elle je pense puisque Grangé est un de mes chouchous en matière de thriller français. Avec celui ci, j'étais restée sur le cul. Un roman haletant !

le serment

- "Le Cercle" de Bernard Minier que je n'ai pas lu et que je ne connaissais pas jusqu'à hier soir quand j'ai mis le nez dans sa PAL. Si il plaît à faurelix, il y a de forte chance qu'il se retrouve dans la mienne. Pas sûre que ça arrange mes affaires ce challenge en fait !

cercle

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De son côté, faurelix a choisi pour moi les deux romans suivants :

- "Robe de marié" de Pierre Lemaître qui est arrivé assez récemment dans ma PAL :

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- "Fleur de tonnerre" de Jean Teulé que Mr K a lu, petit clin d'oeil à notre BZH :

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Comme le but premier est de casser ma PAL et que le Teulé est déjà dans la bibliothèque car déjà lu par l'un d'entre nous, je vais choisir "Robe de marié" de Pierre Lemaître ! Oh non, ENCORE un thriller ! Trop dur !

Pour découvrir le choix de faurelix, je vous laisse vous rendre sur son blog. Si ce challenge vous plait, n'hésitez pas à vous y inscrire. Plus on est de fous, plus on rit ! Bonnes lectures !

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dimanche 30 novembre 2014

"Chagrin d'école" de Daniel Pennac

pennacL'histoire: Un livre de plus sur l'école, alors? Non, pas sur l'école! Sur le cancre. Sur la douleur de ne pas comprendre et ses effets collatéraux sur les parents et les professeurs.

La critique de Mr K: Lecture un peu différente aujourd'hui avec cet ouvrage de Pennac. Chagrin d'école a fait grand bruit à sa sortie, ne faisant pas l'unanimité chez mes pairs notamment. N'étant pas forcément un grand amateur d'essai sur l'éducation et voulant surtout lire pour m'évader, je l'avais squizzé. L'occasion s'est présentée de l'obtenir à un prix défiant toute concurrence (big up à l'abbé!); du coup j'ai sauté sur l'occasion surtout que j'apprécie beaucoup la personnalité de Pennac et bien évidemment son œuvre romanesque.

Je m'attendais essentiellement à des souvenirs d'enfance et à des traumatismes d'écolier-cancre. Il est vrai qu'il partage avec nous (surtout au début) quelques souvenirs de jours de classe difficiles et son incapacité chronique à apprendre. Cela donne des pages douces-amères des plus appréciables et qui nous permettent de s'immerger dans l'esprit d'un cancre, d'un élève en difficulté, à la différence que Pennac a eu la chance d'avoir des parents qui le suivaient un minimum (ce qui n'est pas le cas de 80% des parents de mes élèves), parents qui lui ont transmis le goût de la lecture ce qui le sauvera pour plus tard.

À partir de son expérience et de ces pages intimes, le livre vire à l'essai et c'est je pense à partir de là que la polémique a dû naître. Ben oui, il a eu des mauvais profs et il explique le pourquoi du comment. Il n'y va pas par quatre chemins, il ne règle pas pour autant ses comptes et essaie de ressortir de cela une méthode, une façon d'appréhender l'élève en difficulté pour le sortir de l'ornière. Là où le bât blesse, c'est que toutes ces théories et pratiques sont déjà largement répandues dans le cadre des lycées professionnels (là où je travaille). Nous recevons quasiment tous les damnés du système à bout de souffle du collège unique et si on se contente de réitérer les erreurs du passé scolaire de nos chérubins, on va droit dans le mur et l'on risque de se retrouver à faire de la garderie. Personnellement, le rôle de garde-chiourme, je le réserve plutôt aux forces de l'ordre ou aux parents... D'où des stratégies type projet et séquences différenciées dans les LP avec plus ou moins de réussite selon les classes, les équipes et bien évidemment les élèves.

Du coup, mon avis est plutôt mitigé sur cet ouvrage. Pas de réelle nouveauté pour moi (attention, je ne dis pas pour autant que tout est parfait dans la voie professionnelle, il y a des imbéciles et des incompétents dans tous les corps de métier de toute façon) mais une belle approche cependant du cancre dans sa psychologie et sa représentation de l'école (il y a vraiment des pages d'une grande beauté et touchantes au possible). Beaucoup de professeurs ont toujours aimé l'école, se sont révélés de parfaits élèves... Comment pourraient-ils alors imaginer / comprendre les difficultés rencontrées par certains éléments hostiles viscéralement au système scolaire? Cet ouvrage a le mérite de révéler cette vérité et même si elle ne fait pas plaisir à tout le monde, elle est étayée et bien amenée.

L'écriture de Pennac reste un bonheur de tous les instants. On retrouve ce brin de fantaisie qui le caractérise même si ici il est moins présent pour cause de genre à réflexion. Le style est donc souple, la réflexion bien emmenée et accessible à tous y compris à ceux et celles qui ne travaillent pas dans l'éducation. Rappelons que Pennac a été lui-même professeur et qu'il s'avère ici un grand et fin pédagogue. J'ai donc lu ce livre avec plaisir même si je suis finalement resté un peu sur ma faim, j'en attendais sans doute trop alors qu'il s'adressait sans doute avant tout au grand public.

À découvrir par tous ceux et celles que le sujet intéresse tant il est traité avec intelligence, tact et pudeur. Un bel ouvrage pour la plus grande des causes.

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mercredi 26 novembre 2014

"Personne n'en saura rien" de Sylvie Granotier

personne n'en saura rienL'histoire: Mélusine, Jeanne, Irène... Aucune n'est ressortie vivante de l'arrière de cette camionnette qui sillonnait les côtes françaises. L'assassin n'a jamais été inquiété. Isabelle a seize ans quand elle croise sa route. Elle est prête à tout pour survivre.
Aujourd'hui, elle est seule à savoir qui se cache derrière ce gros type solitaire jugé pour viol sur mineure. Pourtant elle se tait et c'est lui qui a peur. La victime est-elle bien celle que l'on croit?

La critique de Mr K: "Personne n'en saura rien" est une histoire de face à face. Isabelle est une rescapée, elle a réussi à échapper à l'ogre des temps modernes Jean Chardin. Le procès commence et étonnamment les rôles semblent s'inverser entre la victime et le bourreau. Il est sur ses gardes et pétrifié alors que la jeune fille a un comportement peu commun entre silence et instrumentalisation. Le récit alterne donc scènes de procès et flashbacks, la vérité est peu à peu levée au fil des révélations successives...

Je suis plus que mitigé sur cet ouvrage qui m'a laissé de marbre. Pourtant il se lit vite et avec un certain intérêt. Ce dernier réside essentiellement dans le jeu de l'auteur consistant à lier les souvenirs épars des uns et des autres et le jugement en cours. J'ai particulièrement aimé les passages concernant Jean Chardin dont l'enfance porte en germe le monstre en devenir qui croît peu à peu en lui. Bien mené à défaut d'être original, le parcours de ce personnage tour à tour émeut, effraie et révulse le lecteur. En parallèle, nous vivons les derniers instants de quelques unes de ses victimes et rentrons dans la tête d'Isabelle. Là, je dois avouer que je m'en suis complètement désintéressé! Terrible quand même! L'auteur enfile cliché sur cliché, on navigue dans le commun et finalement l'accroche n'est pas là. On en viendrait presque à regretter qu'elle ait survécu. Bon... j'avoue que j'exagère un peu mais vu le rôle que lui a attribué Sylvie Granotier, je m'attendais vraiment à une figure beaucoup plus puissante et plus soignée dans sa caractérisation.

Là où le bât blesse c'est surtout sur la promesse non tenue par la quatrième de couverture! Le suspens n'a rien de sombre et d'intense, tout retombe comme un soufflé. On se doute dès la première moitié de ce qui se trame. D'ailleurs en relisant le résumé au dos, je me rends compte que tout est dit implicitement... Vraiment ballot pour un roman de la série Special Suspense! Raté à ce niveau là, il ne reste pas grand chose pour sauver ce volume qui ne m'a pas donné spécialement envie de découvrir davantage cette auteure qui en plus n'écrit pas de manière marquante. Il y a des passages vraiment fulgurants (toujours autour de Jean Chardin) mais le reste m'a semblé plat et sans rythme. Dommage, dommage car le thème et l'histoire me séduisaient sur le papier...

Au final, je considère cette lecture comme purement alimentaire et je ne peux vraiment pas vous la conseiller tant il se fait beaucoup de choses bien mieux et plus haletantes dans le domaine. Les forcenés du genre en tout cas feraient mieux de passer leur chemin!

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lundi 24 novembre 2014

"La Longue Guerre" de Terry Pratchett et Stephen Baxter

la longue guerre

L'histoire: Dix ans ont passé depuis que Josué Valienté est revenu des profondeurs de la Longue Terre. Il mène désormais une existence paisible dans une jeune colonie à plus d'un million de mondes de sa Terre d'origine et n'aspire plus qu'à vivre en famille sans se mêler des problèmes du multivers.
C'est alors que surgit sa vieille amie Sally Linsay, porteuse de graves nouvelles. Les trolls, nos cousins pacifiques, sont de plus en plus souvent victimes de la maltraitance des hommes. Josué restera-t-il longtemps les bars croisés?
D'autant que la tension monte entre les mondes lointains et la Primeterre, où l'inquiétant Brian Cowley, le nouveau président des États-Unis, ne cesse de durcir sa politique à l'égard des colonies. Exaspérés par les spoliations et les abus dont ils font l'objet, les pionniers déclarent leur indépendance. Il n'en fallait pas plus pour décider l'administration Cowley à lancer une expédition punitive censée ramener les brebis égarées dans le droit chemin.

La critique de Mr K: J'avais adoré La Longue Terre lors de ma lecture, une œuvre fleuve, sensible et drôle. Assez unique en son genre! Quand j'avais appris qu'il s'agirait d'une trilogie, ma première réaction ne fut pas tendre, il faut dire qu'aujourd'hui la mode est aux sagas, à la multiplication des volumes dans un ensemble qui souvent ressemble à un délayage informe, sans saveur et finalement uniquement commercial. Mais bon... quand on connaît sieur Pratchett, on ne peut décemment l'accuser de telles fourberies, c'est donc plutôt confiant que j'entamais le présent volume. Quel bonheur encore une fois!

Il s'en est passé du temps depuis le premier roman. Les héros d'hier ne sont plus les mêmes, Josué vit désormais en père de famille comblé, l'agent Jansson est en retraite et atteinte d'une maladie, Sally Linsay reste elle totalement imprévisible quant à Lobsang je vous laisse le découvrir par vous-même! L'exploration des multivers continue, on cherche désormais à dépasser les 2.000.000 de planètes parallèles à la notre et la colonisation progresse avec son lot d'incertitudes et de défis. La tension monte entre les colonies florissantes et la Primeterre qui voit d'un bien mauvais œil la diaspora humaine se développer dans ces mondes parallèles sans pouvoir la contrôler. On s'oriente donc vers un conflit. C'est à travers le prisme de multiples personnages, très différents les uns des autres que les auteurs nous proposent un voyage à nul autre pareil entre exploration, realpolitik et échanges entre populations et espèces.

On retrouve toutes les qualités du premier volume dans celui-ci. Tout d'abord un monde foisonnant, neuf dans sa représentation qui tranche pas mal dans l'univers SF traditionnel. Certes le thème des mondes parallèle a été et reste traité régulièrement mais il y a ici une ambiance bien particulière partagée entre le côté scientifique de cette expérience littéraire (des explications forts pointues mais bien menées ponctuent certains chapitres) et une écriture décontractée, marque de fabrique de Terry Pratchett qui ici n'abuse point de l'humour mais le dispatche avec finesse et efficacité. Ce n'est pas la grande gaudriole comme pouvaient se révéler l'être les aventures se passant dans le Disque-monde. L'écriture souple, accessible et parfois enchanteresse accompagne à merveille le lecteur pris immédiatement en otage par deux auteurs au sommet de leur forme.

On voyage énormément entre petites colonies de quelques âmes, grandes cités de la Primeterre et tout un ensemble de mondes plus étranges les uns que les autres malgré leur ressemblance avec notre bonne vieille terre pour paraphraser le capitaine Haddock. Des passages entiers sont consacrés aux nouvelles organisations nées de ces installations dites "sauvages" par le gouvernement central. Cela donne de belles pages évoquant l'aventure avec un grand A, celle notamment des premiers explorateurs du XVIème siècle avec des problèmes à régler propres à une primo-installation (l'accès à l'eau, l'électricité, les lois, la justice...). C'est aussi la rencontre avec l'Autre. On retrouve avec grand plaisir les trolls, grands humanoïdes proches de nous, pacifiques et avides de connaissances qui malheureusement doivent se heurter à la nature égoïste et agressive de l'être humain. Plus étonnant, drôles et inquiétantes en même temps, une race d'hommes-chiens que l'on rencontre vers la fin de ce volume et qui va s'avérer être au centre de la trame principale. Les descriptions des créatures, des paysages, la gestion des différents personnages de chapitre en chapitre sont d'une rare qualité et clarté, ce qui ne peut que faire avancer la cause de la SF!

Ici c'est le plaisir immédiat et l'impression de rentrer dans un univers différent qui prédominent, les deux auteurs ont bien eu raison de prolonger l'aventure car il y a de quoi faire. Surtout qu'au détour des méandres de l'histoire, on se surprend à s'interroger sur soi-même et l'évolution du monde actuel. Pas de catastrophisme pour autant (ce n'est pas le genre de Pratchett) mais quelques piqûres de rappel bien placées pour ne pas ressortir de cette lecture sans bagage réflectif. Intelligent et drôle, je vous l'avais dit!

Il est fortement conseillé d'avoir lu le premier volume pour s'attaquer à celui-là mais croyez moi ça vaut le détour! Il y a une vraie fin à La Longue Guerre même si on imagine aisément vers où les auteurs veulent nous mener pour le troisième et ultime volume. Gageons qu'il soit aussi réussi que ses deux prédécesseurs!

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jeudi 20 novembre 2014

"Neonomicon" de Alan Moore et Jacen Burrows

couvL'histoire: New York, de nos jours.
Les agents du FBI Brears et Lamper enquêtent sur une sinistre affaire de meurtres rituels. Les premiers éléments de l'enquête les mènent sur la piste d'Aldo Sax, un ancien confrère détenu dans un asile hautement sécurisé de la région. Sans le savoir, cette première rencontre, brève et indéchiffrable, marque le début d'une descente aux enfers vers un monde insoupçonné, peuplé de dealers mystiques, de fétichistes sectaires et de créatures dignes des plus angoissants romans fantastiques.

La critique de Mr K: C'est aux Utopiales 2014 que je suis tombé par hasard sur cette BD qui faisait partie de la compétition officielle BD. Alan Moore et Lovecraft, une grande histoire d'amour que ce scénariste de talent décide de porter à l'image via un récit original inspiré fortement de l'œuvre du génie de Providence. Ayant une grande admiration des deux bonshommes, je ne pouvais laisser passer l'occasion d'adopter ce volume. Belle découverte et un bon moment de lecture à la clef!

Les auteurs nous plongent directement dans une ambiance bien déviante avec un agent du FBI infiltré dans une cité-ghetto où sont commis des crimes rituels d'une rare violence. Il creuse son trou et, via un contact, rentre dans un cercle ésotérique fermé où la prise d'une mystérieuse drogue permet de communiquer (communier?) avec les grands Anciens chers à Lovecraft. Bond dans le temps ensuite avec deux agents qui marchent sur les traces de leur prédécesseur, devenu fou, marmonnant un étrange langage et enfermé dans un asile d'aliénés. L'enquête progresse et va plonger les deux héros dans un univers interlope dépassant leur imagination.

L'univers de Lovecraft est très bien retranscrit dans ce petit récit. On retrouve les obsessions du maître entre paranoïa et mythologie des grands Anciens. Transposé à notre époque, l'aura perdure et l'on sent que l'univers lovecraftien reste actuel et marquant. J'ai particulièrement apprécié les personnages-adeptes, littéralement possédés et illuminés par leurs croyances et ne reculant devant rien pour assouvir leur soif de pouvoir et de plaisirs.

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(cliquez sur les planches pour voir en plus grand)

Absente de façon frontale dans les œuvres originales, Moore a rajouté la dimension sexuelle qui n'était qu'évoquée à travers les monstruosités décrites par Lovecraft (les Profonds, Cthullu ou encore Shub-Niggurath). Loin d'être une vitrine pour attirer le chaland, elle rajoute une dimension infernale qui l'ancre dans un quotidien d'êtres humains déviants aux frontières de la folie. Les deux enquêteurs ne sont pas en reste, entretenant une relation trouble et lourde de sous-entendus. L'agent Lamper quant à elle sort d'une désintox après une longue période de vie agitée sous la couette! Héhé! Climax poisseux, absence d'espoir... L'ambiance est pesante et plus le récit se déroule plus on se dit que toute cette affaire va mal finir!

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Le scénario ne déçoit pas et ne s'accroche que modérément au matériau d'origine. On sent la patte Moore dans sa description des rapports humains notamment entre riches et pauvres, citoyens et forces de l'ordre. Méfiance, faux-semblants, autant de thématiques ici déroulées dans le cadre du fantastique, de façon intelligente et nuancée malgré des planches parfois très crues en gore et relations intimes de toute sorte. Abstenez-vous en cas d'extrême sensibilité parce qu'ici ça déroule sec! Pour public averti, c'est noté sur la couverture de mon exemplaire! Jacen Burrows illustre à merveille le propos général avec des planches de toute beauté, descriptives à souhait mais aussi dynamiques pour une histoire sans temps morts. Trait fin, cases majoritairement basées sur la bichromie, il contribue grandement à la réussite de l'entreprise. L'Art book final est très beau et les illustrations de grands anciens sont parmi les plus belles qu'il m'ait été données de voir.

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Au final, je ne m'étais pas trompé. Ce volume est absolument à découvrir pour tous les amateurs de Lovecraft, l'auteur de V pour Vendetta réussissant à rendre un bel hommage en imposant sa touche personnelle que l'on sait fertile et talentueuse. Un must dans le genre!

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mardi 18 novembre 2014

"Graal, La Légende des chevaliers" de Christian de Montella

GraalL'histoire: Entrez dans la légende du Graal...
Découvrez les origines de la quête,
la puissance du Magicien Merlin,
les terribles fées Viviane et Morgane...
Chevauchez aux côtés des valeureux chevaliers Lancelot,
Perceval et galahad.
Combattez au nom du roi Arthur
pour la victoire de la Table Ronde,
de la Lumière contre les Ténèbres...

La critique de Mr K: Depuis ma découverte de Merlin l'enchanteur des studios Disney, la méga-claque cinématographique que fut Excalibur de Boorman (d'ailleurs il faudrait que je me le revisionne un de ces jours...) et le cycle des Dames du lac de Zimmer Bradley en littérature, j'ai toujours adoré le cycle arthurien qui est tout de même un élément fondateur de notre culture commune. On y trouve à la fois les origines païennes et barbares de l'Europe ainsi que l'émergence du christianisme symbolisé par la quête du fameux Graal. L'occasion m'a été donné de parcourir Graal, la légende des chevaliers de Christian de Montella, un ouvrage jeunesse fort malin et d'une très grande beauté.

Le présent volume est divisé en trois grandes parties. La première est consacrée aux origines du Graal. En 18 pages, l'auteur revient sur les derniers jours du Christ, sa crucifixion et Joseph d'Arimathie recueillant le sang du messie dans la fameuse coupe. Il finit par fuir vers le nord et la mystérieuse île d'Avalon. S'ensuit un bond dans le temps avec une partie de 26 pages consacrée à Merlin, figure tutélaire de la légende du Graal. Christian de Montella commence par la naissance de Merlin (fils du Diable et d'une humaine tout de même! Ce n'est pas rien!) jusqu'à l'intronisation d'Arthur suite au défi d'Excalibur. Pour achever l'ouvrage, 22 pages sont réservées à la quête du Graal et surtout la désignation de l'élu qui pourra l'approcher. Trois grands chevaliers sont alors évoqués: Lancelot, Perceval et surtout Galahad. Quête mystique et intérieure, voie vers la révélation de la présence de Dieu et promesse de mille ans de paix, tels sont les enjeux de cette recherche éperdue.

Graal 1

J'ai volontairement noté le nombre de pages dans mon petit résumé pour vous faire part de ce qui révèle être un point fort ou un point faible selon la manière dont on aborde cet ouvrage. Pour un premier contact, ce recueil est idéal, court en terme de textes, il permettra aux novices d'aborder la légende arthurienne sans crainte et d'une manière certes survolée mais allant à l'essentiel. Les symboles forts sont là ainsi que les principales péripéties, il ravira les jeunes gens en quête d'un premier contact à la fois flamboyant et mystique. A la nuit tombée, il suivra les pas du Christ sur le mont Golgotha, frissonnera autour de la vraie nature de Merlin et chevauchera en compagnie des chevaliers de la table ronde.

Il sera sans nul doute conquis par la beauté des textes et des images. Les illustrations sont en effet de toute beauté mélangeant symboles christiques et païens, naturalisme et images chevaleresques. Elles ne ressemblent à rien d'autre de ce que j'ai pu voir dans mes anciens ouvrages destinés aux jeunes et marquent les esprits. Elles font merveilleusement écho aux textes accessibles et exigeant qui immergent à souhait le lecteur dans ces temps de légende et d'histoire. Le livre a un défaut, il se lit très vite et je vois déjà les jeunes âmes en réclamer encore plus... mais tant mieux si cela leur permet d'ouvrir leurs horizons à d'autres cieux littéraire. Je pense vraiment que ce livre est une porte qui ne demande qu'à s'ouvrir.

Graal 2

Par contre, si votre enfant ou pré-adolescent est un grand fan de cette période et de cette thématique, la déception risque d'être grande. L'auteur allant à l'essentiel ne vise pas un public de passionnés. Passez alors votre chemin et dirigez-vous plutôt vers un Zimmer Bradley qui est ce qui se fait de mieux à mes yeux en roman tournant autour de la légende arthurienne. Cependant, l'ouvrage de Montella conviendra parfaitement aux plus jeunes lecteurs en quête d'aventures.

Une belle découverte en tout cas, faites avec intelligence et finesse. Profitons-en, il paraît que ça se fait de plus en plus rare!

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lundi 17 novembre 2014

"Goat Mountain" de David Vann

0794-cover-goat-53635e7a01eb5L'histoire : Automne 1978, nord de la Californie. C'est l'ouverture de la chasse sur les 250 hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser sur les terres familiales. À leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu'ils observent de la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l'arme et à venir regarder. Et l'irréparable se produit. De cet instant figé découle l'éternité : les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonnances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l'homme, abandonné à ses instincts sauvages, se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l'homme.

La critique Nelfesque : Il y a des romans qui marquent profondément un lecteur et "Goat Mountain" en fait partie. Lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire, je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds. Ayant "Sukkwan Island" dans ma PAL depuis déjà pas mal de temps, je me réjouis de retrouver bientôt la plume de David Vann. Mais pas avant d'avoir digéré totalement celui-ci...

Pourquoi cette réticence alors que je vous disais quelques lignes plus haut que j'avais été marquée par ce roman ? Tout simplement parce que l'univers de David Vann est noir, très noir et que ce roman procure un certain malaise à ses lecteurs. Son écriture fouille au plus profond de l'âme humaine et fait éprouver à qui la lit des émotions qui bien qu'intenses ne sont pas des plus agréables.

"Goat Mountain" est un huit clos des grands espaces. Etrange antinomie. Nous suivons une partie de chasse menée par une famille sur ses terres. Tom, 11 ans, s'apprête à tuer son premier cerf et cet évènement qui fera de lui un homme dans sa lignée enthousiasme déjà son père, le meilleur ami de celui-ci ainsi que son grand-père. Tous les quatre s'apprêtent à vivre un grand moment, un moment clé dans l'histoire de leur famille. En revanche, ils ne savent pas encore que celui-ci ne sera pas celui auquel ils s'attendaient...

Rien n'est caché sur la quatrième de couverture. Ce n'est pas un cerf que Tom va abattre mais un homme, un braconnier sur les terre de ses ancêtres qu'il va viser sciemment avant d'appuyer sur la gâchette. Ces secondes où ignorance de la conséquence de ses actes et folie du moment se sont côtoyées pour arriver à cette fin funeste vont semer le trouble dans les esprits de chacun et faire de cette partie de chasse, ce moment de joie vécu en famille, un enfer sur terre. Le roman prend alors une tournure poisseuse à l'image du sang qui va couler sur les terres de "Goat Mountain".

Comment réagir lorsqu'un enfant de 11 ans commet un tel acte ? Doivent-ils maquiller ce meurtre ou joindre la police ? Quelles répercussions découleront de tel ou tel choix ? David Vann nous livre ici une ode à la nature et aux grands espaces et une personnification de l'âme humaine sur fond de roman noir. Chaque description du paysage trouve sa justification et l'écriture sublime l'ensemble. Pour dire vrai, à la dernière page, au moment de fermer ce livre, on ne sait pas quoi penser de ce roman. Nous a-t-il plu ? Nous a-t-il dégoûté ? Pour ma part, il a fallu du temps pour rassembler mes pensées et arriver à la conclusion que cette lecture est un moment rare dans la vie d'un lecteur. Un moment où l'auteur met toute son âme dans une production, et la livre au monde avec une écriture léchée qui hypnotise le lecteur. Un petit bijou de littérature qui ne plaira pas à tout le monde de part son thème mais qui ne peut pas laisser indifférent.

Si vous aimez lire des romans qui vous font ressentir des choses peu communes, si les questionnements sur les remords et la folie ne vous font pas peur et si la qualité d'écriture est pour vous primordiale lors du choix de vos lectures, lisez "Goat Mountain". Cette lecture dérangeante laissera des traces dans votre esprit et vous fera voir le monde différemment.

dimanche 16 novembre 2014

Cadeaux d'anniversaire !

Il y a quelques jours, je vous présentais sur notre page facebook et sur notre compte twitter, l'étendue des dégâts côté PAL, rebaptisée pour l'occasion PALM (Pile A Lire Monstrueuse) :

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Oui, je sais, ça fait peur... Et il va nous falloir plusieurs mois pour éliminer cette réserve de bouquins et les envoyer du côté obscur de la force !

Seulement voilà... Mercredi dernier, nous avons fêté les 7 ans du Capharnaüm et le mercredi... c'est le jour d'ouverture d'Emmaüs !!! Il fallait bien qu'on fasse un petit cadeau à notre blogounet pour son anniversaire ! Nous ne sommes pas des parents indignes !

Et ce qui devait arriver, arriva :

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De mon côté, j'ai été plutôt sage, avec seulement 2 romans de plus à ajouter à ma PAL :
- "Le Secret de L'Epouvanteur" de Joseph Delaney parce que pour l'instant j'aime bien la saga de l'Epouvanteur (chroniques des tomes 1 et 2 à retrouver ici et ).
- "Spellman et associés" de Lisa Lutz parce que j'en ai entendu beaucoup de bien donc c'est l'occasion de tenter.

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Pour Mr K, BIM ! PAL + 12 ! Ce qui donne en vrac entre SF, humour, horreur et contemporain :

- "Le Livre du grand secret" de Serge Brussolo parce qu'il est incapable de résister à cet auteur et que cette histoire de livre secret l'a fortement intrigué.
- "Une Etoile m'a dit" de Fredric Brown parce que chacune de ses lectures précédentes l'avaient ravi notamment le cultissime "Martiens, go home". Ici, il s'agit d'un recueil de nouvelles SF à chute.
- "Le Temps des changements" de Robert Silverberg où il est question de négation de l'individu et de drogue permettant d'explorer son inconscient. Ca a l'air bien barré et dans la mouvance de K Dick.
- "Trois coeurs, trois lions" de Poul Anderson un ouvrage de fantasy pour un auteur connu surtout pour le genre SF. Le pitsch avait l'air sympathique, Mr K verra si la lecture le sera tout autant.
- "Créature" de John Saul un petit livre d'horreur-épouvante à la quatrième de couverture séduisante, histoire de passer un bon moment de lecture-détente.

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- "La Dimension fantastique 1, 2 et 3" compilation de récits fantastiques du XIXème et XXème siècle. C'est un des genres préférés de Mr K, il était temps pour lui d'acquérir ces trois volumes qui le tentaient déjà depuis de nombreuses années.
- "Humour noir" de Serre un dessinateur que Mr K apprécie énormément et qui ici se livre une fois de plus à l'humour noir le plus féroce.

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- "Comme un roman" de Daniel Pennac. Mr K a adoré "Chagrin d'école" (chronique à venir) et le hasard a fait qu'il tombe sur celui-ci juste après. Et hop! Dans son escarcelle pour une lecture prévue début 2015.
- "La Chambre des officiers" de Marc Dugain car le film est génial, l'occasion était trop belle de se replonger dans le conflit de 14-18 !
- "La Controverse de Valladolid" de Jean-Claude Carrière est riche de promesse : le film qui en a été tiré est plutôt réussi et Mr K a hâte d'en voir le matériau d'origine forcément plus poussé dans la réflexion.

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Cette fois ci c'est décidé, et vu que notre Emmaüs commence des travaux qui vont durer plus qu'un an dans la partie dédiée aux bouquins et a donc considérablement réduit ses stocks, on fait une grosse pause sur l'achat de romans en seconde main. Le temps de faire respirer un peu notre PAL et faire de la place pour de nouveaux arrivants !