vendredi 28 mars 2014

"Le Magasin des suicides" de Jean Teulé

le-magasin-des-suicidesL'histoire: Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...

La critique de Mr K: Un Jean Teulé a toujours une saveur particulière surtout si le titre est attendu au tournant. Que ne m'a-t-on pas dit concernant Le magasin des suicides? Génial, drôle à souhait, piquant, dérangeant, ignoble... j'en passe! Avant ma lecture, je dois bien avouer que je pars avec un sentiment de confiance tant j'ai adoré nombre de lectures de cet auteur (liste des chroniques disponible en fin de post) et que je n'ai jamais été déçu.

L'auteur nous présente une famille très particulière. Espèce de famille Adams à la française, ils tiennent un magasin qui fournit tout ce qu'il faut pour se suicider: cela va de la corde classique, au revolver, aux poisons les plus raffinés aux effets divers et variés. Inutile de vous dire que ce n'est pas la joie de vivre qui les étouffe! Le fils aîné est mono-maniaque et crée des inventions plus macabres les unes que les autres et sa sœur ne s'aime pas et se révèle dépressive. Tout ceci fait le bonheur des deux parents qui prospèrent économiquement et ne voient aucune raison de changer. Mais voilà, en voulant tester un préservatif percé (nouvel acquisition du magasin pour se refiler des MST) les voilà parents pour une troisième fois... le petit Alan naît et au grand malheur de ses parents, il s'avère animé d'une joie de vie indéfectible!

Il faut bien avouer que le postulat de base est vraiment appétissant. Tout tourne autour du renversement des valeurs établies. On nage ici en plein univers ubuesque où les relations entre être humains et idées sont déviantes disons-le clairement! Mort, souffrance, suicide autant de notions souvent éludées ou évitées dans nos sociétés occidentales. Ainsi par exemple, les séquences narratives mettant en scène les commerçants et les clients sont toutes plus délirantes les unes que les autres, les amateurs d'humour noir (dont je fais partie) sont logés à la bonne enseigne. Les personnages sont croustillants à souhait, les parents qui ne comprennent pas leur petit dernier, le grand frère qui fait penser au Vincent du premier court métrage de Tim Burton, Alan le délirant et joyeux petit dernier... mais ma préférence va sans conteste à la sœur qui m'a touchée dans son évolution et qui me paraît être la grand réussite du livre avec la toute dernière phrase que j'ai trouvé lapidaire à souhait! On retrouve toute la verve et l'inventivité de Teulé pour nous marquer au détour d'une bonne phrase et d'une belle formulation. La langue fait une fois de plus merveille et c'est avec délectation que les pages s'enchaînent sans difficultés.

Pour autant, ce titre est loin d'être mon préféré de l'auteur. Je n'ai pas apprécié le tournant pris par la famille au contact du petit dernier, j'ai trouvé l'ensemble convenu et quelque peu cucul voir lénifiant, un comble pour un Teulé! Attention, ce livre est tout de même une belle expérience mais elle est loin d'être aussi marquante qu'un Darling, Le Montespan ou un Je, François Villon. Je trouve que Teulé ne va pas au bout de son concept et se complet dans un récit qui devient finalement assez prévisible hormis l'ultime pirouette finale qui rattrape tout de même ce qui précède.

C'est donc une semi-réussite ou une semi-déception pour moi, la première concernant un livre de cet auteur. Peut-être en attendais-je trop? Toujours est-il qu'à mes yeux, on est loin pour moi du côté "définitif" qui caractérisait ses œuvres jusqu'ici...

Déjà lus et appréciés du même auteur au Capharnaüm Éclairé:
- Darling
- Je, François Villon
- Charly 9
- Mangez-le si vous voulez
- Le Montespan
- Fleur de tonnerre

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lundi 24 mars 2014

"Un coeur simple" de Gustave Flaubert

un coeur simpleL'histoire: Pour Félicité, vivre, c'est servir. Elle se dévoue à sa maîtresse, aux enfants de celle-ci, à son neveu, et... à son perroquet! Hélas, ce don de soi ne trouve guère de récompense dans l'existence terrestre de Félicité. Toute sa vie, elle dispense son amour sans retour, ce qui lui vaudra une bien singulière apparition du Saint-Esprit lors de son décès...

La critique de Mr K: Petit retour dans le classique pur et dur avec ce livre une fois de plus trouvé dans mon casier et qui m'a replongé dans mes premiers amours: les grands classiques du 19ème siècle avec cet ouvrage de Flaubert, auteur qu'on ne présente plus et dont j'avais dévoré et adoré L'Éducation sentimentale. Format court avec cette nouvelle d'une soixantaine de pages dont je suis venu à bout très vite et qui m'a laissé un doux goût de nostalgie et une légère pointe de déception.

On suit ici le parcours de Félicité, jeune fille d'extraction modeste qui après avoir vécu une jeunesse difficile va finir par se faire embaucher par une femme de la bourgeoisie normande qu'elle va servir jusqu'à sa mort. Nous faisons ainsi connaissance de Madame qui agit dans un premier temps avec beaucoup de froideur mais qui va finalement finir par s'ouvrir à elle avec le temps qui passe, des invités qui viennent partager des parties de carte au manoir et qui profitent des largesses de la maîtresse de maison, nous voyageons dans la Normandie de l'époque et explorons les différentes couches sociales d'une société encore très hiérarchisée malgré la révolution française.

Au milieu de ce monde difficile où la maladie, la cupidité et les conventions règnent, la figure de Félicité émerge comme celle d'une sainte toute dévouée à sa tâche. Elle en devient presque énervante tant elle semble parfois tendre le cou pour se le faire trancher; malgré que l'on se conduise mal envers elle, elle ne rechigne jamais à la tâche et se dévoue corps et âme pour son employeur et sa famille. Son quotidien est d'une monotonie désespérante et laisse peu ou pas de place aux plaisirs des nourritures terrestres. Félicité malgré tout avance, maintient ses efforts et se consacre à son travail jusqu'à s'épuiser et perdre de sa vitalité. Cette histoire finit forcément mal, vous vous en doutez!

Le point de vue externe donne à l'ensemble un côté témoignage indéniable et permet au lecteur une distanciation vis-à-vis du personnages principal ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. Flaubert nous offre des portraits saisissants et en profite pour croquer la société de l'époque, n'épargnant rien ni personne. J'ai aussi particulièrement apprécié les descriptions des conditions de vie des paysans et bourgeois de l'époque, les uns étant nécessaires aux autres, vivant si proches les uns et les autres mais ne partageant rien ou si peu de choses. On retrouve tout le talent évocateur de Flaubert avec une écriture alerte et complexe, ce qui en rebutera sans doute un certain nombre d'entre vous.

Reste tout de même que je me suis légèrement ennuyé pendant cette lecture et qu'il n'aurait pas fallu le double de pages tant certains passages m'ont apparu plats et sans consistance. La dénonciation est bel et bien présente mais manque parfois de finesse avec un personnage principal qui finit par agacer fortement et dont on se détache finalement assez vite. C'est dommage car à trop vouloir en faire, Flaubert pour moi a raté sa cible... je sens que je vais être frappé par la foudre qui va s'abattre sur moi mais je trouve que ce volume est indigne de son talent et vire à la charge facile et manquant de nuance.

Je ne le conseillerai donc pas plus que ça et vous oriente bien volontiers vers son chef d'œuvre nommé ci dessus qui pour moi reste à jamais à placer au panthéon des œuvres réalistes de l'époque.

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jeudi 20 mars 2014

"Trilogie New-Yorkaise" de Paul Auster

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L'histoire: Trilogie parue entre 1985 et 1986 sous trois romans puis éditée en un seul volume en 1987, les trois histoires se déroulent à New York et dans sa proche banlieue.

Cité de verre: Le personnage principal Quinn, écrivain de série policière au passé douloureux, accepte d'être pris par erreur pour un détective du nom de Paul Auster et se voit confier une mission bien étrange.

Revenants: Le détective privé, Bleu, payé par Blanc, doit suivre Noir, qui ne fait rien de ses journées.

La Chambre dérobée: Fanshawe disparaît. Il laisse derrière lui sa femme Sophie, son fils Ben, et des manuscrits qu'il a confiés à un ami, le narrateur. Celui-ci prend alors possession de la vie de Fanshawe: il publie les manuscrits, qui connaîtront le succès, il épouse Sophie et adopte Ben.

La critique de Mr K: J'avais été enchanté par ma première incursion chez Paul Auster avec le très réussi Leviathan que j'avais chroniqué ici même, il y a déjà quelques temps. C'est une fois de plus le hasard qui a guidé mes pas vers le présent volume que je trouvai à un prix imbattable chez... l'abbé! J'adore la typo des livres parus chez Babel ce qui a rendu ma lecture aisée et vous allez le voir aussi agréable qu'étrange. Paul Auster nous livre ici trois récits décalés et mystérieux au possible. Amateurs de récits linéaires où tout le boulot est mâché d'avance, passez votre chemin! Ici, on a plutôt affaire à du Lynch période Lost Highway... Ça tombe bien je suis fan! Et puis... il en faut pour tout le monde!

Dans ces trois histoires, tout tourne autour des thématiques de l'identité et de la liberté. On retrouve aussi les personnages-type du polar et du roman noir avec en premier plan celle du détective privé qui traîne ses guêtres sur les trottoirs de big apple pour dégoter des indices et des preuves pour résoudre ses affaires. Il est à chaque fois question de retrouver quelqu'un ou quelque chose de perdu qui a un lien plus ou moins proche avec l'identité du héros. Tout paraît simple au départ mais Auster aime redistribuer les cartes et cela donne des retournements de situation aussi inattendus que subtiles et prenants. Je dois avouer qu'il m'a fallu reprendre deux / trois passages pour bien capter la nouvelle inclinaison de l'histoire mais l'on peut dire que l'on ne s'ennuie pas tant on est pris régulièrement au dépourvu.

L'ambiance générale est vraiment angoissante. Pourtant, les situations ici livrées sont plutôt banales mais le déroulé vire toujours vers une zone inexplorée de notre imagination. Un peu comme si Paul Auster s'amusait à nous faire réfléchir et voir les choses autrement, du moins selon un point de vue que nous n'utilisons presque jamais. Il en résulte un certain malaise car on n'a pas l'habitude de voir des personnages se faire malmener de cette manière et ne cherchez nul espoir dans ces pages car même quand les choses semblent se calmer, un ultime et fatal revirement fait que l'on reste littéralement soufflé devant le mot fin.

La lecture se fait plutôt facilement malgré des circonvolutions parfois obscures et de nombreuses digressions dont cet auteur est coutumier. L'avantage, c'est que l'on s'endort moins bête qu'au réveil et que ces apports qui semblent au premier abord inutiles et futiles s'avèrent de précieux alliés pour appréhender le sens général de l'œuvre. On réfléchit beaucoup mais sans heurt ni mal sur notre propre condition et sur notre existence. A-t-elle un sens? Faut-il d'ailleurs qu'elle ait un sens? Qu'est-ce qu'une vérité? Qu'un point de vue? Autant de questions abordées ici à travers des destins torturés qui nous sont livrés en pâture sans lourdeur ni faux-semblant, attendez-vous donc à en prendre plein la face!

Bien que différente de mes lectures habituelles, j'ai vraiment aimé cette trilogie qui est une belle et grande réussite qui fait du bien à l'âme tant elle aborde des sujets qui nous touchent en tant qu'être humain et de trentenaire essayant d'avancer dans la vie. Il paraît que c'est l'âge où l'on commence à regarder derrière soi et à faire un premier bilan... Laissez-vous tenter si le cœur vous en dit, vous ferez un voyage à nul autre pareil!

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dimanche 16 mars 2014

"De l'eau pour les éléphants" de Sara Gruen

de_l_eau_pour_les_elephants_sara_gruen_couvertureL'histoire: Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis, Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur "plus grand spectacle du monde". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités.

La critique de Mr K: Voici de nouveau un livre dégoté chez l'abbé, fournisseur quasi officiel de ce blog pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué! Beaucoup de choses ont été dites sur ce roman et sur son adaptation au cinéma. Je suis particulièrement friand de romans se déroulant dans le milieu des foires et des cirques, je pense ici notamment au très bon Liliputia de Xavier Mauméjean, à La foire des ténèbres de Ray Bradbury, au Un Froid d'enfer de Joe R. Lansdale ou encore le cultissime Cristal qui songe de Théodore Sturgeon. Vu que le succès monstre de ce roman, je pouvais tabler sur une lecture au moins agréable voir marquante. Mon avis est mitigé.

On suit ici les tribulations du jeune Jacob qui décide de planter ses examens finaux à l'école de vétérinaire car ses parents meurent brutalement lors d'un accident de voiture. Sans projet précis en tête, sa route va croiser celle d'un cirque dans lequel il va réussir à se faire embaucher comme soigneur attitré de la ménagerie. Il va y découvrir l'envers du décor du monde du cirque, un monde d'exploitants et d'exploités, où chacun doit se battre pour survivre. Artistes, videurs, ouvriers; tous sont sous le joug d'oncle Al, patron du convoi et véritable despote. Au milieu de cette jungle humaine des plus repoussante et souvent cruelle, Jacob rencontrera la belle écuyère Marlène et une drôle d'éléphante répondant au doux nom de Rosie.

Je peux comprendre l'énorme succès de ce livre. Il est tout d'abord très facile d'accès, l'écrivain enfile les mots et les phrases avec délicatesse, livrant une langue sans chichi, ni figures trop complexes. Les personnages sont très bien plantés bien que caricaturaux et l'histoire ménage suffisamment le suspens tout au long de l'ouvrage. Bonne idée en tout cas de régulièrement faire le parallèle entre le périple de jeunesse de Jacob et sa situation actuelle dans un hospice où il semble se laisser mourir. Pour ma part, c'est ce que j'ai préféré dans le roman, les parties où l'on retrouve Jacob allant sur ses 93 ans. J'ai trouvé ces passages très touchants et je dois avouer avoir été ému aux larmes sur certains passages parlant de la dépendance et du côté liberticide des maisons de retraite. Bien heureusement, la fin arrive à point nommée et lui réserve une surprise de taille. Rien que pour cela, ça valait le coup de lire ce livre. J'ai aussi apprécié le traitement du background, la crise de 29 et ses conséquences sur la société US de l'époque sont remarquablement rendus et ceci par petites touches subtiles. Bien réalisé aussi, la critique au vitriol de l'univers des cirques de l'époque et les petites cruautés et vexations quotidiennes auxquelles sont soumis tous les travailleurs des cirques. La lecture est aisée et ne m'a pris que deux jours.

Malgré tout, je n'ai pas été emballé plus que cela. J'ai eu la désagréable impression d'avoir déjà lu tout cela autre part (surtout la partie se déroulant pendant la jeunesse de Jacob). Peu ou pas de surprises dans les rebondissements (on devine comment les choses vont se dérouler au fil du récit), des personnages sans réel relief / caricaturaux auxquels on ne s'attache guère (sauf Jacob vieux, j'insiste!) et dont la psychologie de bazar ne m'a pas du tout touché. Auguste est ainsi bien trop méchant et sadique pour être crédible, Marlène est une cruche hésitante et agaçante et Jacob ma foi... ne m'a pas plus plu que cela dans le rôle du jeune homme découvrant la vie. Reste cependant quelques personnages secondaires bien croqués comme le vieil alcoolique Camel ou le nain Walter.

Au final, je dirai qu'on a ici affaire à un bon livre détente pour la plage, il ne demande peu ou pas de réflexion, se lit très facilement mais ne révolutionne aucunement le genre. Aussi vite lu qu'oublié, sa lecture est donc dispensable tant le choix est énorme en la matière.

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jeudi 13 mars 2014

"Magie des neiges" de Graham Masterton

magie-des-neiges-graham-masterton-9782266102308L'histoire: De mémoire de météorologue, on n'avait jamais vu ça: une piscine qui se transforme en patinoire, de l'eau qui gèle à peine sortie du robinet, une rampe d'escalier si froide que ceux qui la touchent s'y retrouvent collés... tout ça en plein été, et en Californie!
Jim Rooks, qui a dans sa classe un élève dont le père revient justement du Pôle Nord, se demande s'il n'y aurait pas un lien entre tous ces événements et cette légende inuit qui raconte que les explorateurs perdus dans les étendues désolées de l'Arctique voient venir à eux un vieil homme qui leur propose de les sauver en échange ce ce qu'ils ont de plus précieux. Afin de comprendre pourquoi cette entité a entrepris un si long voyage, Jim devra se rendre en Alaska, dans une drôle de maison que seuls ceux qui ont frôlé la mort peuvent voir...

La critique de Mr K: Masterton fait partie de mes petites faiblesses littéraires, des coups de cœur que je ne m'explique pas mais qui me comble de joie après chaque lecture. J'ai lu nombre de ses ouvrages dont Le portrait du mal chroniqué ici. Auteur de thriller-épouvante à la renommée certaine (et pour moi méritée), il se distingue par son talent de conteur d'histoires délicieusement horribles qui tiennent ses lecteurs en haleine jusqu'à la dernière page et je n'ai jamais été déçu par lui jusqu'ici. Le présent volume me tendait ses petits bras dans un bac de l'abbé, inutile de vous dire que le débat intérieur entre raison et pulsion a tourné court...

Le personnage principal, Jim Cook, est un jeune professeur dynamique et passionné s'occupant de jeunes en grande difficulté. Enseignant l'anglais, il refuse de cantonner ses élèves à des textes puériles et enfantins, il se fait l'apôtre de la nécessité de leur apporter les éléments de la culture classique en leur proposant des textes à priori inabordables pour eux. Cela donne lieu à des scènes ubuesques et assez réussies dans la description de ce que peuvent être les rapports profs-élèves en milieu difficile. Rien qu'avec cela, j'étais emballé. Surtout que l'histoire débute avec un Jim à la gueule de bois carabinée qui arrive en retard à son cours et demande à ses ouailles de le décrire de manière poétique (il y a matière!). Très vite, on vire tout de même dans le fantastique pur avec d'étranges manifestations surnaturelles qui se produisent au sein de l'établissement, des phénomènes physiques inexplicables et inexpliqués qui mettent très vite en danger l'intégrité physique des adolescents que le jeune professeur a sous sa garde. Adepte des sciences occultes et médium à ses heures perdues, il s'attèle à enquêter pour faire cesser tout cela avec la complicité d'une chatte énigmatique et d'un aventurier des temps modernes sur le retour.

La première partie du livre est vraiment réussie. On s'attache vite aux personnages, particulièrement en ce jeune professeur idéaliste qui lutte contre un système injuste et inégalitaire qui a tendance à laisser sur la touche les plus fragiles. La dimension sociale est vraiment intéressante et permet de livrer des personnages riches et des questionnements plus généraux. La distillation du fantastique par petites touches et la montée d'adrénaline qui l'accompagne sont remarquablement maîtrisées et les pages s'enchainent avec bonheur. L'écriture est toujours aussi accessible et évocatrice. Bref, on accroche et on veut en savoir bien plus sur cette mystérieuse présence qui pourrit la vie de ce lycée moyen d'Amérique, une espèce d'esprit vengeur capable de geler instantanément tout matériaux et qui sème mutilations et morts sur son passage (ben oui, c'est du Masterton tout de même!).

Mais voilà, pour la première fois avec une œuvre de Masterton le bât finit par blesser! La finesse laisse place à la caricature avec des forces adverses puérilement décrites notamment le docteur Friendly qui est trop désagréable pour être crédible et un Jim Rook qui part en roue libre totale, laissant le réalisme derrière lui et nous livrant un défenseur de la veuve et l'orphelin grossier et repoussoir (il ne lui manque plus que les collants et la cape...). On n'y croit plus, du moins beaucoup moins qu'en la force maléfique venue du fin fond de l'Alaska pour récupérer son lot d'âmes. Un comble tout de même! Vraiment dommage car l'aspect mythologie du Nord est très bien géré, novateur aussi car on a peu l'habitude de lire à propos des légendes inuits. La fin est elle classique avec une victoire finale qui arrive comme un cheveu sur la soupe comme si Masterton avait torché son récit en trente pages, laissant un amer goût de déception sur le palais du fan que je suis. Sans compter une ultime volte-face du héros qui ne tient décidément pas la route et qui rentre en complète contradiction avec tous les idéaux prônés jusqu'ici. Bâclage, avez-vous dit bâclage?

Belle déception donc malgré une lecture record en terme de temps, les regrets sont d'autant plus grands. Masterton se laisse aller à la facilité et au gore gratuit dans une œuvre qui démarrait plutôt bien mais qui sombre dans le médiocre sans jamais retrouver les forces qui m'ont fait aimer cet auteur. Vraiment dommage!

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mardi 11 mars 2014

"Terremer" de Ursula Le Guin

terremerL'histoire: Ici, il y a des dragons. Il y a des enchanteurs, une mer immense et des îles.
Ged, simple gardien de chèvres sur l'île de Gont, a le don. Il va devenir au terme d'une longue initiation, en traversant nombre d'épreuves redoutables, le plus grand sorcier de Terremer, l'Archimage.

La critique de Mr K: Depuis une dizaine d'années le nom d'Ursula le Guin me trottait dans la tête. Référence culte dans le domaine du médiéval fantastique, je n'avais jamais eu l'occasion de la pratiquer jusqu'à maintenant, l'occasion ne s'étant pas présentée. C'est une fois de plus la main du hasard qui me guidait à sa rencontre lors d'un chinage de plus dans un dépôt-vente de la région lorientaise. Le présent volume est la compilation des trois premiers récits composant l'ensemble des Contes de Terremer. Vous aurez donc l'occasion de découvrir ici: Le Sorcier de Terremer, Les tombeaux d'Atuan et L'Ultime Rivage.

Au centre de ces trois récits, on retrouve la thématique du voyage initiatique. Que ce soit Ged découvrant la voie des mages, Tenar future prêtresse des forces obscures ou encore Arren descendant d'une grande dynastie régnantes, ils vont tous être confrontés à des épreuves et divers autres tests pour accomplir leur destinée. Les obstacles et menaces sont nombreux, et le sort du monde de Terremer (gigantesque monde océanique parsemé d'îles et d'archipels) dépendra plus d'une fois d'eux. On croise nombre d'éléments classiques de la fantasy au fil des pages: les dragons susnommés, des magiciens-mages, des peuples humains bien différents aux coutumes aussi exotiques qu'étranges, mention spéciale aux enfants des hautes mer, peuplade nomade vivant sur des radeaux et voyageant au gré des courants (pour les amateurs, les créateurs de la série de RPG Suikoden les ont intégrés dans l'opus V sur PS2). On voyage beaucoup à l'image des héros, on traverse nombre de paysages remarquables et les péripéties sont nombreuses.

Là où Ursula Le Guin frappe fort, c'est dans la caractérisation de ses personnages. On les sent autant travaillés qu'aimés, un peu à la manière d'un George R. R. Martin dans sa saga Games of Thrones. Rien n'est ici laissé au hasard, la psychologie est très poussée et non caricaturale ce qui est gage de qualité dans un genre qui se cantonne souvent à nous livrer des personnages mille fois lus. Les rapports qu'ils entretiennent entre eux sont complexes et gérés de main de maître, l'auteur n'hésitant pas à les confronter et les mettre à mal, ce qui se révèle parfois être un vrai supplice pour le pauvre lecteur pris en otage. J'ai particulièrement aimé le personnage de Ged alias Épervier qui évolue beaucoup au cours de ces trois récits passant d'un garnement impulsif au vieux sage au caractère parfois un peu difficile. Le lecteur ne peut que se prendre d'affection pour lui et bien d'autres, accroché par ce biais, les 700 pages qui composent ce volume se laissent lire avec plaisir et délectation.

La langue de l'auteur est elle aussi remarquable. Évitant l'écueil des descriptions à tout va, elle réussit tout de même à nous livrer un monde clef en main avec ses propres règles de fonctionnement et d'une beauté sauvage à couper le souffle. On retrouve d'ailleurs dans sa méthode, la manière dont J. K. Rowling en quelques lignes réussissait à planter un décor. Grosse performance ici aussi, soulignée par une aptitude incroyable à aller à l'essentiel sans trahir le fond. L'écriture est accessible, précise, très addictive et poétique à souhait notamment dans les monologues intérieurs des personnages et les quelques descriptions des lieux approchés par les héros. Nulle longueur, nul ennui donc et un plaisir de lecture optimum! Sachez qu'il y a deux autres récits qui vous attendent, si vous avez apprécié ce triptyque mais qu'ils peuvent se lire indépendamment.

Un bon et grand moment de fantasy que tout amateur du genre se doit de tenter sous peine de passer à côté d'une lecture essentielle! Pour ma part, il ne me reste plus qu'à regarder l'adaptation qu'en à faite Goro Miyasaki.

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dimanche 9 mars 2014

"Crime parfait, Les Mauvaises Lectures : deux nouvelles à chute" d'Eric-Emmanuel Schmitt

schmittL'histoire: Gabrielle assassine son mari qu'elle ne supporte plus. Elle croit son crime parfait... jusqu'à l'arrivée d'un témoin inattendu. Enquête bouclée ? Et si notre meurtrière s'était trompée de mobile ?
Maurice méprise les romans ; sa cousine, au contraire, ne jure que par eux. Les deux cousins s'écharpent sur le sujet, jusqu'à ce que Maurice, entraîné malgré lui dans un thriller qui le passionne, ne quitte pas la réalité...

La critique de Mr K: C'est avec une grande joie que je découvrais le présent volume dans mon casier de boulot. En effet, je n'ai jamais été déçu par cet auteur que nous affectionnons tout particulièrement au Capharnaüm Éclairé (voir liste des critiques en fin de post). Les éditions Magnard dans cette version destinée essentiellement au public scolaire proposent aux jeunes et moins jeunes lecteurs de découvrir deux nouvelles dites "à chute" dans le genre policier. C'était pour ma part ma première incursion dans ce genre avec Éric-Emmanuel Schmitt, je n'ai pas été déçu!

Ici, il est avant tout question de la condition humaine avec deux personnages particulièrement torturés. Gabrielle tue son mari parce qu'elle n'en peut plus. S'ensuit une enquête et un témoin gênant qui vont la faire s'interroger sur les raisons profondes de son crime. Là réside l'intérêt de cette nouvelle, le parcours mental de l'héroïne qui s'oriente vers une révélation à la fois surprenante et tragique. Maurice lui est un intégriste de la réalité et s'avère imperméable à toute forme d'imagination d'où son aversion pour le genre romanesque. Se laissant tenter par un auteur de thriller à la mode, sa rencontre avec le genre honni va faire plus que des étincelles!

On retrouve ici une fois de plus tout le talent de Schmitt pour nous livrer des personnages clefs en main, réalistes et attachants malgré leurs défauts (dieu sait qu'ils en ont dans ces deux histoires!). Ils ont autant sinon plus d'intérêt que l'intrigue principale qui s'avère très vite n'être qu'un prétexte pour étudier la nature profonde de l'être humain. Ce n'est pas joli joli, nos personnages principaux cédant à l'égoïsme, la paranoïa, l'angoisse et finalement à leurs pulsions inavouées. L'auteur décortique leurs réactions, leur évolution mentale frisant bien souvent la folie pure, mais toujours en respectant le crédo de la réalité ce qui rend ces écrits percutants et marquants. Je dois avouer cependant qu'en terme de chute, le pari est à moitié gagné. Autant la nouvelle Crime parfait a fait mouche avec un retournement de situation inattendu et réussi, autant dans Les Mauvaises lectures, j'ai deviné à la moitié du récit le dénouement et ses raisons. Dommage tant le personnage de Maurice était très bien traité et assez flippant dans son parcours intérieur. Pour autant le plaisir de lecture était au rendez-vous et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde.

La dimension philosophique et réflective de ces deux nouvelles est indéniable. La subjectivité de Maurice et de Gabrielle les enferment dans une prison mentale, le malheur est ici provoqué par l'absence de communication et d'empathie envers les autres. De scènes quotidiennes et banales, Éric-Emmanuel Schmitt réussit à travers le genre policier à nous faire raisonner jusqu'à la surprise finale qui nous permet ensuite de repasser tous les épisodes à la lumière des révélations. Tout cela est remarquablement servi par le style aérien, accessible et évocateur de l'auteur qui réussit une fois de plus à nous transporter.

Une très bonne lecture que je ne peux que vous conseiller.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- L'Evangile selon Pilate
- La Part de l'autre
- Oscar et la dame rose

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jeudi 6 mars 2014

"Monsieur Jean - Les Nuits les plus blanches" de Dupuy et Berberian

monsieur jeanL'histoire: "Le sommeil c'est comme l'amour, plus on le cherche, moins on le trouve" Clément V. (un ami de Monsieur Jean)

La critique de Mr K: Et de deux! J'ai enfin réussi à mettre la main sur un autre volume de la série de Monsieur Jean de Dupuy et Berberian. Comme dit dans mon précédent post concernant le volume 1 L'amour, la concierge, cette série est un plaisir de chaque instant entre humour et constat sur la vie quotidienne d'un néo trentenaire. Et oui, Monsieur Jean fête ses trente ans au début de ce volume et il broie du noir!

Pourtant, il a son petit appartement, il est publié (Monsieur Jean est écrivain) et a une vie somme toute confortable. Mais voilà, comme chacun d'entre nous, cela ne lui suffit pas. Éternel célibataire collectionnant les conquêtes féminines, il n'est toujours pas posé familialement (cela semble le titiller de plus en plus) et les trente ans sonnent un peu comme un échec. Il a beaucoup de mal à dormir ce qui donne des historiettes drolatiques à souhait livrant pèle mêle toutes les visions oniriques de ses rêves. On rit beaucoup de lui dans ces moment là même si on ne peut s'empêcher d'être touché par cet être un peu esseulé qui plane parfois à 10000! Mention spéciale à l'attaque dévastatrice de pizzas aux anchois sur une armée de Monsieur Jean terrés dans des tranchées. 14-18 quand tu nous tiens!

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On le retrouve tout de même entouré de ces deux amis déjà aperçus dans le volume précédent. Il y a toujours Félix qui squatte moins l'appart de Monsieur Jean mais se révèle toujours aussi gaffeur et gamin. Ainsi vous verrez comment au nom de l'amitié, le héros va aider son copain de toujours à déménager et louper par la même occasion un rencard crucial dans sa vie sentimentale plutôt morne. Il y a aussi Clément un autre ami du héros qui le vanne à chaque entrevue et qui par là même, l'aiguillonne sur quelques choix cruciaux de la vie. Vous verrez aussi notre héros aller à contre cœur au Portugal pour présenter son ouvrage avec son traducteur attitré bavard comme une pie. Cela donne lieu à des quiproquos de première classe et à des rencontres hors norme. Enfin, une autre micro récit le met aux prises avec son double négatif désirant par dessus tout le pousser vers le bas. C'est encore une charmante demoiselle qui le sortira de ce mauvais pas.

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Au final, j'ai à nouveau passé un excellent moment en compagnie du héros de Dupuy et Berberian. On retrouve son flegme d'écrivain parisien si attachant et un humour à la fois stylé et percutant. Les dessins restent égaux à eux mêmes et soulignent à merveille la finesse des scénarios livrés. Il y a une fois de plus une part de nous même dans les personnage de cette BD est c'est sans doute ce qui fait qu'elle fait mouche à chaque fois. À découvrir si ce n'est pas déjà fait!

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dimanche 2 mars 2014

"La Main froide" de Serge Brussolo

la-main-froideL'histoire: Pour pirater la surveillance électronique de la banque où travaille son mari Adam Smart, Dorana a besoin de deux choses: sa voix et sa main. Cela peut s'arranger, surtout lorsque, à la clef, il y a quelques millions de dollars... Mais elle doit, ainsi que ses complices, affronter le compagnon favori d'Adam Smart: Dust, le chien policier recueilli par le banquier. Une bête d'une intelligence redoutable, dressée à flairer et à tuer, réformée pour agressivité pathologique, "une saloperie vivante", avaient averti les flics.

La critique de Mr K: Un nouveau Brussolo à mon actif aujourd'hui avec cet ouvrage dégoté chez un brocanteur où nous avons nos habitudes avec Nelfe. C'est un auteur qui n'a certes pas réinventé le genre mais qui a le mérite de proposer des histoires haletantes, qui bien souvent réservent nombre de surprises et où l'auteur prend un malin plaisir à explorer les travers du genre humain. Avec ce titre, je n'ai pas été déçu!

La trame est classique. Une femme déconsidérée et maltraitée par son phallocrate de mari décide de faire main basse sur son argent et de repartir de zéro. Pour mettre en œuvre son plan, elle a besoin d'un imitateur et c'est là qu'intervient le héros Dan. Artiste raté suite à une indélicatesse envers un baron du crime de Las Vegas, il tente de survivre tant bien que mal poursuivi par les sbires du criminel outragé. La proposition de la jeune femme est très alléchante et à priori sans risques. Il est loin de se douter de ce qui est prévu. Il va vite faire la rencontre des autres hommes impliqués dans l'affaire et devoir se confronter à Adam Smart (le mari à léser) et de son fidèle compagnon à quatre patte, ersatz de Cujo la rage en moins, mais au caractère aussi agressif. Commence alors une lente plongée dans un cauchemar éveillé.

Le départ est je dois l'avouer un peu plan-plan. Brussolo insiste sur la mise en place de son intrigue et perd un peu son temps à nous décrire la situation de Dan dans la capitale du jeu, surtout que les éléments apportés n'ont pas de réel intérêt sur ce qui se passe ensuite. Une fois l'action transposée à Los Angeles, la pression monte d'un cran. La tension est palpable page après page montant crescendo jusqu'au dénouement final qui pour moi m'a surpris, ce qui est toujours agréable dans ce genre de littérature. Les personnages secondaires sont très bien amenés et rajoutent à l'ambiance délétère et glauque qui s'installe au fil du récit. On a vraiment l'impression d'être dans cette équipe de truands qui prépare le coup d'une vie. On partage leurs espoirs, leurs doutes et on s'imagine très bien à leur place.

Là où le bouquin frôle le génie, c'est dans la description de la relation particulière qui s'est nouée entre Adam et le chien qu'il a recueilli. Véritable épouvantail à criminel, son ombre rôde durant les 400 pages environ du livre, sa menace est pesante et angoissante à souhait. Pourtant, on aperçoit en filigrane la relation unique qui peut se nouer entre un chien et son maître notamment dans des situations extrêmes et dieu sait qu'il y en a un certain nombre dans ce roman. Très vite le lecteur se pose beaucoup de questions sur cet animal tout droit sorti des enfers. Il agit étrangement, possède une intelligence hors du commun et franchement fait flipper! Adam Smart n'est pas mieux tant il inspire méfiance et colère se révélant un mari tyrannique et froid. Bien évidemment, il ne faut pas se fier aux apparences et la fin balaie l'ensemble d'un revers de main franc et direct comme Serge Brussolo en a le secret.

Comme tout Brussolo qui se respecte, l'histoire est maîtrisée et implacable. L'écriture est accessible, souple et agréable malgré ici quelques longueurs inutiles qui alourdissent quelque peu l'ensemble sans pour autant provoquer l'ennui. Simplement, l'auteur aurait pu (dû?) aller plus à l'essentiel dans la première partie tant des éléments secondaires semblaient finalement inutiles comparés à la trame principale. Reste un très bon roman qui se dévore et qui m'a laissé pantois par sa conclusion venue de nulle part. Une belle expérience de plus avec cet auteur qui est décidément à suivre!

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"

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samedi 1 mars 2014

Pétage de plombs littéraire de début de vacances

Depuis hier soir, Mr K est en vacances. Remarquant que nous n'avions pas assez de choses à lire à la maison (hum...), il a eu la bonne idée d'aller chez Emmaüs aujourd'hui. Je suis faible, j'ai suivi... Et là, c'est le drame... pour notre PAL!

Roooo bon, ça va, c'est pas comme si c'était tout le temps!!! Je pars me cacher et je vous laisse découvrir le craquage du jour.

Côté BD:

Emmaus

- Les Passagers du vent (Tomes 1 à 5) de François Bourgeon, auteur hautement apprécié de Mr depuis sa lecture de "Les Compagnons du crépuscule". Depuis le temps que cette série lui faisait de l'oeil, il n'allait pas s'en priver vu le prix affiché.
- Monsieur Jean - Les Nuits les plus blanches de Dupuy et Berberian. Un Monsieur Jean ne se refuse pas pour Mr K!
- Légende et réalité de Casque d'or d'Annie Goetzinger. Une dessinatrice déjà dans la bdthèque et très apprécié ici.
- Je m'appelle Jean Cyriaque de Jean-Pierre Dionnet et Jean Solé. Une BD bien barrée datant d'une époque dorée.

Acquisitions Nelfesques:

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- "Bernard" de David Foenkinos parce que j'ai été intrigué par ce roman/nouvelle qui reprend les personnages et la trame de "La Tête de l'emploi" que j'ai lu il y a peu tout en ayant l'air différent. Etrange!
- "La Couleur des sentiments" de Kathryn Stockett que Mr K m'a déniché et que nous voulions lire tous les 2. Future chronique à 4 mains!
- "L'Abandon" de Peter Rock. Là encore, future chronique à 4 mains. Ca m'a l'air bien malsain et éprouvant comme roman...
- "Itinéraire d'un salaud ordinaire" de Didier Daeninckx. Premier Daeninckx pour moi et ici il est question de la seconde guerre mondiale. Je n'ai pas pu résister.
- "Les Vacances d'un sérial killer" de Nadine Monfils. Aaaaah! Depuis le temps que je veux le lire!
- "Le Petit monde du Golem" de Joann Sfar. Parce que j'adore cet homme autant en auteur de BD qu'en roman ou en réalisateur.

Acquisitions de Mr K:

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- "Une Dernière chance pour Rebus" et "Du fond des ténèbres" de Ian Rankin. C'est toujours un plaisir de suivre les enquêtes de Rebus l'écossais. Ces deux là me tendaient leurs petites menottes.
- "L'Armée furieuse" de Fred Vargas. Enfin en poche et d'occas'! Trop la classe!
- "Un Blues de coyote" de Christopher Moore. L'occasion m'est enfin donné de lire un autre ouvrage de l'auteur du cultissime "L'Agneau".
- "Le Premier cavalier de l'Apocalypse" de John Case. Epidémie virale, complot, sciences, sectes, prophétie, Apocalypse... Il ne m'en fallait pas plus pour acquérir ce volume.

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- "Les Conseils de Tonton DSK" de Plantu parce qu'un Plantu, ça ne se refuse pas!
- "Le Complot contre l'Amérique" de Philip Roth. Cet auteur m'avait ému aux larmes avec "Un Homme", gageons qu'il me fasse frissonner avec cette uchronie bien sombre.

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- "Les Déferlantes" de Claudie Gallay. Sujet du DNB 2013, auréolé du Grand Prix des Lectrices Elle, de multiples critiques positives m'ont encouragé à tenter l'aventure.
- "Concerto à la mémoire d'un ange" d'Eric-Emmanuel Schmitt. Un ouvrage de l'auteur que je n'avais pas encore lu et comme on l'adore au Capharnaüm, pas question de ne pas lui ouvrir notre bibliothèque.
- "Le Magasin des Suicides" de Jean Teulé. Parce que je ne l'ai toujours pas lu et c'est une honte quand on sait que j'adore Teulé!
- "La Mort du roi Tsongor" et "La Porte des Enfers" de Laurent Gaudé. Car l'écriture de Gaudé, c'est comme le chocolat, ça fond dans la bouche et c'est un bonheur renouvelé à chaque lecture.
- "Baise moi" de Virginie Despentes. Pour le relire, le réapprécier et puis comme tous nos lecteurs fidèles le savent, je suis profondément amoureux de la dame et de son style.
- "J'irai cracher sur vos tombes" de Boris Vian. Depuis des années, on m'en a parlé, je l'ai cherché, je l'ai enfin trouvé! Je vais bientôt avoir mon avis fixé.
- "La Joueuse de go" de Shan Sa. J'aime les jeux, j'aime l'Histoire, à priori ce roman devrait me plaire surtout qu'il a bonne presse.
- "Les Charmes discrets de la vie conjugale" de Douglas Kennedy. Une histoire de passé qui ressurgit, entre les mains de Douglas Kennedy, ça promet de faire des étincelles.

Conclusion: Mr K a explosé sa PAL qui était déjà fort bien remplie. Quant à la mienne, son sort n'est pas enviable.
Bon ben je crois que vous avez là les principales occupations de nos prochains mois!!!
Et encore... On s'est retenu...