jeudi 10 octobre 2013

"L'épée de la Providence" d'Andrzej Sapkowski

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L'histoire: Geralt de Riv n'en a pas fini avec sa vie errante de tueur de monstres. Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, Geralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l'espoir. Mais la rencontre avec la petite Ciri, l'Enfant élue, va donner un sens nouveau à l'existence de ce héros solitaire. geralt cessera-t-il enfin de fuir devant la mort pour affronter la providence et percer à jour son véritable destin?

La critique de Mr K: Ma PAL étant un problème consistant, il m'aura fallu beaucoup plus de temps que prévu pour attaquer le deuxième tome de préquelle de la saga du Sorceleur de l'auteur polonais Andrej Sapowski. J'avais apprécié ce premier contact malgré quelques réticences sur le manque de profondeur des nouvelles présentées et le manque global de descriptions de lieux et des personnages juste esquissés. Bien m'en a pris de persévérer avec ce deuxième volume qui s'est révélé plus dense psychologiquement et addictif à souhait.

On retrouve dans ce volume deux le principe qui avait régi l'édification du précédent: l'auteur y a compilé toute une série de micro-récits mettant en scène les principaux personnages qui interviendront dans la saga principale. Contrairement au tome 1 qui était plutôt concentré sur des scènes de bastons plutôt réussies, ici l'accent est mis sur les liens qui se créent, se brisent ou s'étoffent entre le fameux sorceleur Geralt de Riv et toute une batterie de personnages. Geralt reste le même sorceleur faux solitaire, au charme inquiétant et aux pouvoirs mystérieux. Moins monolithique, il se laisse gagner par certains sentiments que pourtant il ne devrait pas éprouver de part sa condition et son activité. Cela reste léger mais on sent que dans le futur, Sapowski va utiliser ce levier pour continuer d'explorer ce personnage très particulier.

Dans la dernière nouvelle présente dans ce volume, apparaît un personnage de jeune princesse promise au sorceleur qui devra en faire son élève: Ciri. Derrière cette image classique de l'univers fantasy, ce personnage s'est révélé très vite attachant et marquant. Joli bout de chou de 10 ans à la langue bien pendue, elle s'attache très vite au loup blanc solitaire (Geralt) et va révéler son côté sensible que sa corporation a inhibé en lui depuis sa formation. Au choc de la rencontre initiale, commence à se dégager un lien unique et puissant qui sera sans doute développé dans la saga principale. Cela m'est apparu très prometteur, espérons que je ne sois pas déçu.

Au final, j'ai passé un excellent moment. La lecture fut très rapide et prenante à souhait. Le style est plus fin, fluide et virevoltant. On se prend au jeu et on s'attache vraiment aux personnages. Belle entrée en matière avant le lancement de la saga principale avec Le Sang des Elfes. Mauvaise nouvelle pour ma PAL qui va s'étoffer de nouveaux volumes dans les mois qui viennent. Aie aie aie!

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lundi 7 octobre 2013

"Le Mystère Fulcanelli" d'Henri Loevenbruck

fulcanelliL'histoire: Un meurtre dans une vieille église de Séville.
Un assassinat dans une bibliothèque parisienne.
Un ancien manuscrit dérobé.
Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXème siècle: Fulcanelli!

Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme.
En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier. Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l'histoire de l'alchimie?

La critique de Mr K: Cet ouvrage est ma deuxième incursion dans l'oeuvre d'Henri Loevenbruck après le très réussi "L'Apothicaire" que j'avais apprécié lors de sa lecture malgré quelques scories. L'occasion s'est présentée pour que je lise son dernier livre en avant première pour en livrer la chronique sur Le Capharnaüm Éclairé. La quatrième de couverture m'ayant immédiatement accroché, l'alchimie et les mystères qui l'entourent m'ayant toujours fascinés, j'acceptai cette mission avec enthousiasme et hâte. Ne tournons pas autour du pot, je n'ai pas été déçu bien au contraire!

Deux meurtres mystérieux sont perpétrés à quelques heures d'intervalle, les deux victimes étaient amatrices d'ésotérisme. Très vite, Ari MacKenzie retraité volontaire de la DCRI (héros de deux autres ouvrages que je n'ai pas lu de cet écrivain) fait le lien avec une figure importante de l'alchimie moderne: Fulcanelli. À l'aide d'un copain policier et d'une ex petite amie au bord du gouffre amoureux, il va remonter la piste d'un des secrets les plus convoité du siècle. Qui était réellement Fulcanelli et quel est son héritage? Quel est cette énigmatique cercle d'initiés qui semble au coeur des derniers événements dramatiques et quel est son but? Autant de questions sur lesquelles l'auteur va lever le voile peu à peu avec une science du suspens hors du commun et une documentation assez impressionnante.

On s'attache très vite au héros qui même s'il n'est pas des plus originals a remporté mon adhésion dès le premier chapitre le mettant en scène. Ari est aigri, râleur et finalement très malheureux. Séparé de Lola depuis plusieurs années et sans nouvelles d'elles depuis lors, il se complait dans une forme de nihilisme sentimental. Désagréable au possible, il utilise ses relations amicales (si on peut appeler cela ainsi) pour mener à bien ses investigations. Grand connaisseur en matière ésotérique et fin limier, on navigue constamment avec lui entre érudition et dialogues enlevés. Lola, est elle aussi très présente dans ce livre. Au début, ce personnage m'a fait très peur par son caractère stéréotypé et neuneu. Heureusement, vers les 2/3 du livre, Loevenbruck nous révèle ses capacités et l'étoffe assez pour la faire devenir l'égal de son grincheux de héros. Les seconds rôles sont ciselés avec finesse avec une mention spéciale pour le brigadier Jacquet, homme de main efficace à l'argot désuet délectable à souhait et l'ami policier Radenac avec qui Ari a des relations très spéciales et qui se révèle à la fois fidèle et d'une aide importante.

J'ai adoré cette plongée dans l'ésotérisme façon XIXème siècle. C'est une époque qui me parle énormément et qui m'a toujours intéressé. Dans ce livre, on côtoie tout de même la famille De Lesseps, Anatole France, Victor Hugo, Rosny Ainé, le tout paris mondain de l'époque. Le mysticisme avait le vent en poupe et l'alchimie exerçait une fascination dans les plus hauts milieux. Le lecteur est donc invité à une exploration historique teintée ici ou là d'éléments romancés, mais la plupart des éléments avancés sont ici facilement vérifiables en cherchant sur le net. L'auteur dans ce livre avance une théorie sur la véritable identité de Fulcanelli et laisse aux historiens la possibilité de lever ce mystère toujours irrésolu (m'est avis qu'il va encore falloir pas mal de temps pour savoir le fin mot de cette histoire). Seul petit défaut de l'ouvrage, quelques passages que j'ai trouvé surfait, notamment la reprise de contact entre le héros et Lola. Cependant plus on avance dans notre lecture, plus la fascination grandie face à l'énigme Fulcanelli. L'auteur n'ayant pas son pareil pour mener la danse et dérouter son public, difficile dans ses conditions de relâcher l'ouvrage avant le mot fin.

Justement, dans le précédent ouvrage que j'ai lu de lui, cette dernière m'avait déçue tant je l'avais trouvée nébuleuse et finalement bâclée. Ici rien de tout cela, chaque question a sa réponse et aucune frustration ne nait de cette lecture. C'est plutôt rare dans le domaine du thriller ésotérique pour le mentionner. Rajouter à cela, des chapitres courts, haletants qui obligent le lecteur à enchaîner les pages et vous obtenez un page-turner à la fois diaboliquement addictif, intelligent et immersif au possible.

Vous l'avez compris, ce livre qui sort dans deux jours est un must dans son genre et Loevenbruck est décidément un auteur à suivre de part les qualités dépeintes précédemment. Amatrices et amateurs du genre ne boudez pas votre plaisir et foncez-y!

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mercredi 2 octobre 2013

"Graine d'immortels" de Pierre Bordage

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L'histoire: Cent cadavres dans un ashram: comme premier contact avec l'Inde, on a fait plus zen... mais ce n'est qu'un début: pour récupérer le dossier Kali, les fanatiques intouchables sont prêts à tout. Et les magnats de la bio-ingéniérie américaine aussi. Quel trésor génétique le biologiste Jean Hébert a-t-il donc découvert pour mettre l'Inde à feu et à sang?

La solution se trouve quelque part entre les superstitions ancestrales et la biologie moléculaire de pointe. À moins que Mark Sidzik ne sache faire parler les morts...

la critique de Mr K: Cela faisait déjà un petit bout de temps que je ne m'étais pas plongé dans un Bordage. L'occasion m'est faite avec cet ouvrage dégoté par un heureux hasard chez l'abbé. J'avais entendu parler de cette incursion d'un de mes auteurs préférés dans le genre thriller. N'ayant jamais été déçu par lui, je me faisais une joie de le découvrir sous un jour nouveau. Mon avis est pour une fois mitigé concernant un ouvrage du maître.

Le roman commence fort en nous mettant en présence de deux mercenaires à la recherche d'un mystérieux dossier devant les mettre sur la piste de données génétiques qui pourraient renverser l'ordre mondial. Très vite, on se rend compte qu'ils ne sont pas les seuls sur le coup, le sang coule à flot et le temps semble bien court face à l'imminence d'une apocalypse biologique. Au milieu de cette trame, nous suivons Mark, un mystérieux jeune homme appartenant à une organisation secrète gardienne des libertés fondamentales qui tente d'équilibrer les forces en présence et de préserver le monde tel que nous le connaissons. Lâché lui aussi sur la piste du dossier Kali, accompagné d'un ami aussi râleur que fidèle, il va rencontrer une étrange et séduisante hindoue qui va le guider vers l'objet de sa quête.

Le faux semblant règne en maître dans ce livre et très vite le lecteur se rend compte qu'il ne peut faire confiance à personne comme le personnage principal. Individus aux velléités troubles, pratiques sadiques dénuées de tout remord, on plonge dans l'univers des puissances de l'argent et des mouvements intégristes religieux. Le voyage n'est pas de tout repos et Bordage ne nous épargne pas. Nombre de scènes se révèlent d'une cruauté brute mais jamais gratuite et l'on retrouve tout son talent pour planter une situation. L'auteur connaît bien l'Inde pour y avoir séjourné et cela donne lieu à des tableaux aussi réalistes que prenant. On alterne les moments de grâce avec des descriptions de la pauvreté et des mentalités aussi fortes que repoussantes par moment.

Malgré ces indéniables qualités, j'ai trouvé l'histoire plutôt bateau, sans réelle innovation et sans surprise. La fin se révèle même décevante vu toutes les attentes suscitées au gré du récit. Le scénario se révèle bâclé et finalement ne tient pas debout. Les personnages principaux m'ont aussi paru fades de part leur côté caricatural et attendu: le héros est trop bien sous tout rapport, son faire valoir d'ami est plus énervant que vraiment drôle. Pas d'attachement donc et aucune empathie envers leurs difficultés et doutes. Dommage quand on connait les qualités de cet auteur et ses réussites précédentes.

Une petite déception donc même si ce livre nous livre de très belles pages sur un pays à la fois attirant et répulsif. J'attendais beaucoup plus de l'auteur immortel des Guerriers du silence. J'ai eu l'impression de me retrouver face à une oeuvre alimentaire et sans relief. Mais bon... cela devait forcément arriver vu l'ampleur et la densité de l'oeuvre de Bordage. Je ferai mieux la prochaine fois!

Autres Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes
- L'Evangile du Serpent
- Griots célestes
- Dernières nouvelles de la Terre
- Nouvelle vie et autres récits

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samedi 28 septembre 2013

"Tamara" de Eeva Kilpi

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L'histoire: Ce roman décrit la relation ambiguë d'une femme, Tamara, avec son amant devenu impuissant à la suite d'un accident. À travers le récit qu'elle lui fait de ses aventures sentimentales, nous sommes progressivement amenés à découvrir que ce texte n'est pas la pure et simple description de l'existence d'une femme éperdue d'amour physique, mais l'expression d'une volonté farouche d'émancipation de la psyché féminine.

La critique de Mr K: Quand je suis tombé sur cet ouvrage dans un des bacs de la succursale de l'abbé, je n'ai pu m'empêcher de faire le rapprochement avec le film Breaking the waves de Lars Von Trier, réalisateur que j'apprécie au plus haut point. La similitude des deux histoires est vraiment sidérante, on se demanderait presque si l'auteur de Melancholia et Antechrist ne se serait pas inspiré de ce livre finlandais. Un prix modique et un parallèle avec le livre Emmanuelle (que j'avais en son temps aimé) évoqué en quatrième de couverture achevèrent de me convaincre de l'acquérir.

C'est une bien étrange relation qui nous est décrite sur les 250 pages que composent ce livre à la couverture aussi énigmatique qu'attirante. Nous suivons le point de vue d'un homme diminué par un mystérieux accident, complètement paralysé en dessous de la ceinture. Il aime passionnément une femme dénommée Tamara avec qui il partage le plus clair de son temps et son logement. Impuissant mais toujours aussi possessif, il recueille ses confessions et états d'âme à chaque retour de virée mondaine et sensuelle. La jeune femme est amatrice des plaisirs terrestres mais ne peut en effet s'empêcher de revenir vers lui pour se confier et quelque part, recevoir son approbation / absolution.

Je vous le dis d'entrée, il faut s'accrocher. Il y a beaucoup de verbiage dans ce roman, beaucoup de détours et de retours, de digressions sur des sujets annexes touchant aux pensées et convictions des deux principaux personnages. Même si au cours de quelques chapitres, nous croisons d'autres protagonistes, on s'aperçoit très vite à chaque fois qu'ils sont secondaires et ne comptent pas vraiment face à cette relation à la fois fusionnelle et malsaine. Ces deux là s'aiment à leur manière, s'aiment à se faire mal, s'aiment jusqu'à se haïr tant on frôle l'autodestruction par moment, mais ils nous livrent aussi de beaux moments de tendresse. Loin d'être un enchainement de descriptions érotiques, il n'y en a d'ailleurs pas tant que cela (libidineux, passez votre chemin, vous serez déçus!). On est ici plus face à une description clinique et psychologique d'une relation déviante et pourtant entière, dérangeante mais aussi fascinante. On entraperçoit les limites humaines dans le domaine de l'attachement, de l'amour et du supportable.

Cet ensemble est servi dans un écrin linguistique à la fois précieux et féroce donnant lieu à des passages quasiment philosophiques. Il est parfois difficile de tenir, surtout quand l'heure devient tardive. Il m'a fallu parfois relire des passages pour en retirer le sens profond et encore, je crois que je n'ai pas tout compris! Je suis sûr que selon notre âge, notre sexe et nos expériences propres, on peut percevoir dans ce livre tout plein de non-dits et autres éléments implicites.

Ce fut donc une lecture atypique et marquante mais difficile pour autant de dire si j'ai vraiment aimé ou non ce livre. Tout ce que je peux vous dire c'est que cette auteure finlandaise est talentueuse et soucieuse de la portée réflective de son œuvre. La chair se fait donc réflexion et destruction pour une expérience hors du commun. Vous laisserez-vous tenter?

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mardi 24 septembre 2013

"L'Elimination" de Rithy Panh (avec la collaboration de Christophe Bataille)

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L'histoire: "A douze ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et mes neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmère rouge. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien."

Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1.7 millions de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille sa légende.

La critique de Mr K: Énorme claque littéraire aujourd'hui avec ce témoignage hors de commun que je rangerai immédiatement à côté de "Si c'est un homme" de Primo Levi. On peut parler ici de livre-mémoire, de livre essentiel et incontournable où le pouvoir des mots prend tout son sens dans le nécessaire éclaircissement d'une sombre période de l'Histoire. Étrange coïncidence, j'ai lu ce roman quelques semaines après la mort de Jacques Vergès alias l'avocat de la terreur et notamment de Duch, personnage central de ce témoignage qui m'a bouleversé au plus haut point.

Ce qui est très intéressant dans cet ouvrage, c'est le parti pris par son auteur qui nous livre trois points de vues différents pour nous présenter l'horreur du régime des Khmers rouges. Ces trois visions sont intimement entrelacées durant tout l'ouvrage et nous offrent une perspective à la fois distanciée et intimiste qui nourrit le malaise grandissant qui ne manque pas de s'insinuer chez le lecteur. Il y a Ranthy Panh, le jeune enfant dont la famille va être emporté par la folie meurtrière du régime khmers. Ces passages sont difficilement supportables car perçus et vécus par un jeune enfant désarmé et innocent qui ressortira à jamais changé de cette tragédie. Il y a Ranthy Panh le cinéaste (qui parcourt le Cambodge à la recherche des anciens tortionnaires toujours libres et des victimes rescapées pour les filmer pour son documentaire) qui va devoir se confronter à la banalité du mal et aux blessures toujours ouvertes de son pays. Et il y a aussi des citations et des slogans khmers rouges prônant l'ordre communiste et le collectivisme forcené. Constamment balancé d'un point de vue à l'autre, le lecteur se retrouve immergé dans une époque de terreur pure, comparable à aucune autre réalité historique.

La lecture se partage donc entre rigueur historique et témoignage. Il en ressort un tableau unique d'une période peu connue et peu enseignée en Europe. On parle souvent des dictatures d'extrême droite mais rarement des régimes d'obédience communiste qui ont elles aussi poussé l'aliénation de l'être humain à son paroxysme. Ici, au nom du sacro-saint dogme du collectivisme et de l'égalitarisme total, le nouveau peuple est renvoyé aux campagnes. Ainsi, étaient jugés comme ennemis du peuple (paysans et ouvriers) tous les lettrés et classes supérieures: internements forcés, tortures physiques et psychologiques, exécutions sommaires, autant de crimes perpétrés au nom de Marx, Lénine et Mao, les grands maîtres à penser des khmers. Cela donne lieu dans ce livre à des descriptions brutes, sans concession et difficilement supportables. Plus d'une fois, j'ai du reposer le livre afin de reprendre mes esprits et de mettre de la distance entre moi et le contenu livresque, sortir de cet univers concentrationnaire inhumain. Malgré tout la fascination nous gagne, on veut en savoir plus et surtout savoir pourquoi, à travers notamment Duch et ses confessions parfois forcées, parfois naturelles mais toujours souriantes! Le bourreau se fait ici obscène et malsain, comme détaché de son oeuvre. Le malaise n'en est que plus grand.

Au détour du parcours de son auteur, on entraperçoit la société érigée par ce régime et l'on se rend compte que derrière cette égalité promue et construite de toute pièce, toute forme de liberté disparaît et que le totalitarisme n'en est que plus violent. Diviser pour mieux régner, suppression des libertés individuelles notamment l'impossibilité de se marier par amour au nom de la construction du peuple parfait, exploitation des femmes et des enfants, autorisation du sadisme et de la violence au nom de la raison d'Etat, paranoia ambiante entretenue pour maintenir la population sous la coupe du régime, idéalisation des dirigeants et des buts poursuivis... autant d'éléments révélés avec simplicité et sans fioritures qui font entrer cet ouvrage dans le panthéon des livres traitant du totalitarisme.

Difficile donc de parler de ce livre tant il est dense en contenu et émotion. Le traumatisme est encore grand chez l'auteur et le lecteur désarmé se le prend en pleine face, un uppercut à la fois violent et nécessaire pour que comme le disait Primo-Levi: nul ne l'ignore, nul ne l'oublie. Incontournable!


lundi 23 septembre 2013

Challenge "Livra'deux pour pal'Addict" - C'est reparti! / Challenge Thrillers

Voici un challenge que j'aime bien et pour lequel je participe à chaque édition (bon ok lors de la dernière, je l'ai un peu mangé en route et oublié de lire le roman sélectionné dans le temps imparti mais que voulez-vous je suis faillible... (et oui, un mythe s'écroule!)).

Livra'deux pour pal'Addict

Le principe du challenge "Livra'deux pour pal'Addict" est simple: en binôme, chacun choisi dans la PAL de l'autre, trois livres :
- qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
- dont il aimerait avoir l'avis d'un ami
- dont les titres l'interpellent pour leur résumé...

Cette fois ci, c'est avec ma copinaute Véro du blog 1000-et-1 que je me lance dans l'aventure!

On a pris un peu de retard mais on est dans les temps... Le challenge se termine le 31 octobre et nous avons jusque là pour lire un (ou plus suivant affinités) roman(s) de la sélection.

Les 3 livres choisis par Véro: A VENIR
- "Les Visages" de Jesse Kellerman (que Mr K a déjà lu)
- "Train d'enfer pour Ange Rouge" de Franck Thilliez
- "La Trilogie du mal" de Maxime Chattam (que j'ai déjà lu et dont les billets sont en lien dans celui de vendredi, le dernier tome n'étant pas chroniqué, je ne l'avais pas ôté de ma PAL (c'est ma faute))

Mes 3 propositions pour Véro (piochées dans sa PAL de 290 titres (ça va, j'avais le choix!)):
- "Le Livre sans nom" d'Anonyme (parce qu'il est fun et ne ressemble à aucun autre roman)
- "L'Elégance du hérisson" de Muriel Barbery (parce que c'est un roman qui m'a beaucoup touchée)
- "Miserere" de Jean-Christophe Grangé (parce que c'est Grangé déjà (!!!) et parce qu'il est vraiment très bon en suspens)

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traindenfer

challenge thriller

Pour ma part, je choisis de lire "Train d'enfer pour Ange Rouge" parce que je fais ainsi d'une pierre deux coups avec mon "Challenge Thrillers" chez Nbsjof_16! Maligne Nelfe!

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Merci Véro de faire ce challenge littéraire avec moi qui nous permettra à toutes les deux de faire baisser nos PAL respectives. J'espère que tu prendras autant de plaisir que moi à participer à ce challenge. Bon choix et bonne découverte! Je suis curieuse de connaître ton choix :)

vendredi 20 septembre 2013

"La Conjuration primitive" de Maxime Chattam

LA_CONJURATION_PRIMITIVEL'histoire: Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
D'un endroit à l'autre, les scènes de crime semblent se répondre. Comme un langage ou un jeu. Plusieurs tueurs sont-ils à l'oeuvre? Se connaissent-ils?
Très vite, l'hexagone ne leur suffit plus: l'Europe entière devient l'enjeu de leur monstrueuse compétition.
Pour mettre fin à cette escalade de l'horreur, pour tenter de comprendre: une brigade pas tout à fait comme les autres épaulée par un célèbre profiler.

La critique Nelfesque: De Maxime Chattam, je n'avais lu que "La Trilogie du mal" il y a moins de 2 ans. Autant dire que j'ai commencé ma découverte de l'auteur un peu tard et que bien qu'ayant aimé cette trilogie (surtout le tome 2, "In tenebris", pour dire vrai), je n'ai pas poursuivi dans ma découverte de cet auteur. Mr K de son côté a lu d'autres romans qu'il n'a pas trouvé plus prenants que cela (je mets les liens en bas de billet), du coup je n'ai pas emboité ses pas dans ces lectures.

"La Conjuration primitive" a toutefois éveillé ma curiosité et j'ai retenté l'expérience Chattam. Quelle riche idée j'ai eu là! On retrouve ici l'écriture halentante et le suspens insoutenable d'"In tenebris". De plus, avouez que la quatrième de couverture laisse présager une trame qui a tout ce qu'il faut pour me plaire.

Tout le long du roman, le lecteur est tenu en haleine par une plume concise, simple mais allant droit au but, sans fioritures et un rythme endiablé donné au roman. En lisant la première page, il ne s'imagine pas qu'il ne fera qu'une bouchée de cet ouvrage, que le temps filera à une allure folle et qu'il ira de surprise en surprise.

L'histoire est sordide, les meurtres sont glauques, les tueurs sont vraiment tordus et les gendarmes qui suivent l'enquête ont ce qu'il faut d'humain et d'attachant pour nous paraître familier. Tout est là pour faire passer aux lecteurs adeptes du genre d'excellentes heures de lecture. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé pour moi! J'ai frémi, j'ai été gentiment dégoutée par certaines scènes (oui, oui, on peut être "gentiment" dégouté, c'est possible), j'ai été en colère, surprise, hallucinée... J'ai vraiment vécu ce roman jusqu'à la dernière page.

Dans "La Conjuration primitive", autant être prévenu dès le départ, rien ne vous sera épargné. Votre personnage préféré se prend une méchante claque à un moment de l'histoire? Attendez-vous à ce qu'il s'en prenne une autre quelques pages plus loin et pourquoi pas un gros coup de poing dans la face encore plus loin! A l'image de ce que se prend le lecteur notamment à mi roman (ceux qui ont lu ce livre verront sans doute à quoi je fais allusion). "La Conjuration primitive" est une expérience physique et quand on est fan de thrillers c'est un plaisir total! L'excitation grandit, les évènements s'accélèrent, le huit clos oppressant fait son apparition et c'est dans une apothéose de stress que le roman prend fin.

Le lecteur referme le livre avec l'impression d'avoir pris une méchante raclée, un double combo Yama Zuki en pleine poire! Quel bonheur! Le Chattam de "La Conjuration primitive" ne prend pas ses lecteurs pour des noobs et leur assène scène choc sur scène choc sans temps mort. Mention spéciale également pour le clin d'oeil à "La Trilogie du mal" à la fin du roman qui m'a vraiment ravie et mis le sourire jusqu'aux oreilles à l'instant T.

Bon alors, qu'est ce que vous attendez? Vous n'êtes pas déjà chez votre libraire pour vous procurer cette bombe!?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"

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mardi 17 septembre 2013

"La bête et la belle" de Thierry Jonquet

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L'histoire : Léon est vieux. Très vieux. Léon est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C'est dans sa nature... C'est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ?

La critique de Mr K : C'est avec un plaisir sans borne que j'ai dégoté cet ouvrage une fois de plus chez l'abbé. J'avais adoré mes deux premières incursions chez cet auteur et ce livre n'a duré longtemps non plus, deux sessions de lecture fiévreuses m'ont suffi pour en venir à bout. Le constat est sans appel, Jonquet était sans doute un des plus grand auteur du genre de part son écriture et sa maîtrise de ses récits notamment à cause de chutes à la fois imprévisibles et bouleversantes.

Au premier abord, cette histoire est très étrange. Les personnages principaux sont pour la plupart flous, réduits à leur titre ou leur métier (le garçon boucher, le coupable, le commissaire Gabelou...). On sent bien que dès le début Jonquet cherche à embrouiller le lecteur. Un commissaire recueille un vieil homme (le fameux Léon de quatrième de couverture) qui semble lié à un criminel ayant commis des meurtres particulièrement violents. Même si nous n'avons pas le détail complet de l'affaire au début de l'histoire, on se doute qu'il y a quelque chose qui cloche, un mystère plane autour de Léon et de ses relations précises avec le coupable qui au détour de confessions audios commence à lever le voile sur les événements passés. La piste est mince, les propos délibérément abscons et ce n'est qu'à la toute fin que le lecteur est littéralement cueilli par une vérité à la fois implacable et logique expliquant toutes les ellipses délicieusement semées tout le long du texte par un auteur décidément diabolique dans son genre.

On retrouve dans ce roman tout le talent de Jonquet pour tenir en haleine ses lecteurs. On retrouve notamment un sens du suspens hors du commun, on assiste à l'élaboration d'un puzzle complexe et méthodique où aucun personnage n'est épargné et où le lecteur manipulé ne peut que se laisser aller au gré des fausses pistes imaginées par l'auteur. On suppute beaucoup et on se trompe souvent. Personnellement, j'adore cela ! Les personnages sont ciselés à merveille et c'est peu à peu que Jonquet éclaire leur zone d'ombre, mention spéciale à Léon, vieillard rejeté de tous dont la vraie nature est révélée dans les ultimes pages flamboyantes de ce roman vraiment pas comme les autres.

Vous l'avez compris, Jonquet récidive ici dans le genre polar court et efficace. Impossible de relâcher le livre avant d'en avoir parcouru la dernière page, une fois de plus l'addiction est au rendez-vous et le bonheur de lecture est total. Ce serait bien dommage de ne pas se laisser tenter !

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur :
- Mygale
- La vie de ma mère!

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dimanche 15 septembre 2013

"Le trône de fer: Une danse avec les dragons" (vol. 15) de George R. R. Martin

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ATTENTION CRITIQUE À HAUTE CONTENANCE DE SPOILERS!!!

L'histoire: Daenerys a eu beau se plier à toutes les exigences du peuple de Meereen – épouser Hizdahr zo Loraq, rouvrir les arènes de combat, pactiser avec des mercenaires qui l'ont déjà trahie-, rien n'y fait: la paix précaire risque à tout moment de dégénérer en un siège sanglant.

D'autant plus que la jument pâle, cette peste incurable, continue de faire des ravages aux portes de la ville. Yezzan zo Qaggaz, le maître de Tyrion, figure parmi les dernières victimes en date. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le nain y voit une occasion unique de prendre la poudre d'escampette.

Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses remparts servent-ils à protéger ses occupants de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Barathéon ou à sceller leur tombeau?

La critique de Mr K: Ils sont marrants chez Pygmalion... pour ne pas dire cynique! En quatrième de couverture, sous le résumé, ils osent écrire que ce volume 15 clôt un chapitre important du Trône de fer! Qu'est-ce qu'on ne raconterait pas comme mensonges pour vendre! Autant vous le dire de suite, comme depuis quelques volumes (le 13 et le 14 notamment), il ne se passe pas grand chose, l'auteur se complaisant dans la description du devenir de chaque personnage sans réellement avancer ses pions sur l'échiquier.

Ne vous méprenez pas, la série littéraire est toujours aussi prenante mais je dois avouer que je suis quelques peu gagné par la frustration! J'ai comme l'impression que cela pourrait durer éternellement, heureusement j'ai lu une interview de Martin où il disait qu'il avait déjà la fin en tête et qu'elle devrait survenir dans environ 6 à 8 volumes!

Bon, j'ai un peu exagéré, il se passe tout de même certaines choses mais rien de vraiment bluffant comme dans les deux premières intégrales, qui à mes yeux sont toujours inégalables. J'ai retrouvé avec plaisir Tyrion qui réussit à s'affranchir de son maître pour mieux tomber dans d'autres soucis. Daenyris reste toujours aussi juvénilement insignifiante mais par contre... enfin, les dragons prennent de la place dans le récit. Il était temps! Cela donne lieu à de magnifiques descriptions et une mort bien fumeuse pour un prince de sang! Délectable à souhait pour un dragonophile tel que moi! Les quelques chapitres se concentrant sur le Nord et Winterfell m'ont parus plutôt anecdotiques et il me tarde vraiment que l'hiver vienne parce que là... il se fait attendre nom de Dieu! Deux chapitres sur Cerseï m'ont aussi particulièrement plus, il faut dire qu'elle est en fâcheuse position ma garce préférée, on la plaindrait presque... Par contre quid de Bran? Plus de nouvelle depuis longtemps, il me tarde de revoir l'héritier Stark!

Reste un talent intact de conteur et de beaux morceaux de bravoure au détour de certaines pages. J'espère tout simplement que le sieur Martin va enfin enclencher la marche rapide pour que l'on revienne au bon temps des trahisons de palais à Westeros. Des chevauchées fantastiques près de Hautjardin et autres Eyrié. Non vraiment, revenons au jeu des trônes à proprement parlé, il est grand temps! Ce serait dommage de tomber dans l'alimentaire quand on tient une trame aussi riche et puissante que ses luttes inter-familles. A trop vouloir soigner le background, j'ai l'impression parfois que Martin s'éloigne de l'essentiel: le trône de fer en lui même!

Je râle mais je l'ai quand même lu en un temps record alors que je l'avais acheté en début d'année. L'univers est intact, toujours aussi prenant et évocateur. Le style est toujours aussi alerte et exigeant ce qui permet d'excuser beaucoup de choses. Le plaisir de la lecture est bel et bien là, et comme je ne suis pas rancunier, j'attends tout de même le suivant avec impatience. J'espère que je ne serai pas déçu...

Lu, chroniqués et appréciés du même auteur:
- Le trône de fer, intégrale 1
- Le trône de fer, intégrale 2
- Le trône de fer, intégrale 3
- Le trône de fer, intégrale 4
- Le trône de fer, Le bûcher d'un roi, volume 13
- Le trône de fer, Les dragons de Meereen, volume 14

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vendredi 13 septembre 2013

"Science fiction, weird fantasy 1952-1953" de Wood, Kamen, Williamson, Orlando et Frazetta

ScienceFiction19521953_10092004

L'histoire: Dans cet album, les auteurs nous emmènent au coeur des étoiles pour une série de périples drolatiques ou effroyables!

Vous découvrirez entre autre pourquoi il ne faut pas tomber amoureux d'une femme de vingt centimètres, pourquoi la Terre peut paraître inhospitalière aux gentils extra-terrestres, une machine à l'intelligence artificielle bien particulière...

La critique de Mr K: Je suis un grand amateurs des Tales from the crypt et de toutes les productions du même genre. Les récits courts avec une fin improbable qui chavirent le lecteur me ravissent et c'est donc avec grand plaisir que je vous chronique aujourd'hui cette anthologie de récits SF de l'aube des années 50' qu'un copain m'a prêté. Composé de six récits d'égale qualité, il ne m'a pas fallu longtemps pour dévorer cet ouvrage qui cumule plaisir esthétique et narratif, et réflexion plus générale sur le genre humain et la quête du progrès.

Dans L'Exilé, un être humain est envoyé en exil sur une planète prison qui s'avère être la planète Terre durant la Première Guerre mondiale. Qui l'a condamné? À quel fin l'a-t-on envoyé à cette période précise de l'histoire? La fin m'a littéralement cueillie et m'a fait froid dans le dos. Ce récit propose une belle réflexion sur l'idée de processus de développement d'une civilisation, sur la notion de mal et de l'effet papillon. Une belle réussite!

By George enchaîne avec une histoire plutôt farfelue au premier abord. Deux archéologues trouvent un mystérieux objet contant une histoire prodigieuse. Un jeune extra-terrestre d'apparence monstrueuse a jadis volé le vaisseau particulier de ses parents. Inexpérimenté, il se retrouve naufragé involontaire sur la planète Terre. Le contact avec les êtres primitifs peuplant cette boule bleue perdue dans l'univers est des plus difficile et la chute n'en sera que plus rude et surprenante. Derrière cette histoire, les auteurs se sont amusés à revisiter un des mythes les plus connu dans le monde anglo-saxon. Une belle réussite qui aborde au passage le droit à la différence et le côté impulsif de l'esprit humain.

Ce qu'il vit est un huis clos planétaire des plus paranoïaque et réussit à mettre la chair de poule au pauvre lecteur! Un astronaute échoué sur une petite planète à priori déserte est en proie à des visions aussi charmantes que flippantes. D'adorables et sublimes jeunes filles lui apparaissent pour lui apporter de l'aide alors que c'est impossible de survivre sur ce caillou inhospitalier et que ces apparitions ont vite fait de disparaître avant le moindre contact. Qui se cache derrière tout cela? Le héros devient-il fou? Ce court récit est une merveille de concision et d'efficacité.

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Révulsion est un récit d'exploration d'un nouveau monde par deux spationautes expérimentés. Au delà de découvrir de ce nouvel astre, on en apprend un peu plus sur leurs phobies intimes. Ils ne se doutent pas qu'elles vont prendre vie au delà de leur imagination. Ce récit est un petit bijou d'humour noir comme je les affectionne, la fin est implacable ce qui a ravi l'être sadique qui sommeille en moi (N'ayez pas peur, je ne mords pas!).

Celui qui attend présente une histoire d'amour peu commune entre un savant et une lilliputienne mesurant vingt centimètres de haut. Cette histoire sort du lot par son ton mélodramatique et son caractère très intimiste. Touchante à souhait, la fin est désespérante pour son héros et m'a attristée tant la charge émotionnelle était forte. Chose rare dans le style ici chroniqué.

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Enfin, La Tête de l'emploi clôture se recueil avec un récit oscillant clairement entre la SF et l'horreur avec un mystérieux serial killer coupeur de tête sévissant avec régularité dans une métropole américaine. Mais que peut-il bien faire des têtes de ses victimes? La fin apportera une réponse assez effarante et m'a laissé cloué dans mon lit. Un bon récit dans la pure veine de Jack Davis.

Au final, cette anthologie s'est révélée distrayante à souhait. Les histoires sont rondement menées et les dessins bien que classiques se révèlent efficaces et très agréables à parcourir. Cette Science-fiction là est certes un peu désuète en terme de forme mais reste immortelle par la portée de son message et le métier dont font preuve ses auteurs. Les fifties sont vraiment indémodables tant ce volume est un beau concentré d'une époque avec ses modes mais aussi ses interrogations quasi métaphysiques par moment. Une bien belle lecture que les amateurs du genre ne doivent pas ignorer!

Posté par Mr K à 21:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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