samedi 31 mai 2014

"Mémoire en cage" de Thierry Jonquet

memoireencageL'histoire : Qui ? Pourquoi ? Comment ?
Voilà les trois questions que se posait le commissaire Gabelou. Trois questions pour trois cadavres. Comment en était-on arrivé là ? La fatalité, l'injustice et la vengeance...
Cynthia a beau être prisonnière de son fauteuil roulant et de son corps souffrant, elle n'est peut-être pas si débile qu'il y paraît. Sa vie est fichue alors il ne lui reste plus qu'à réussir la mort de l'ordure qui a tout gâché. Mais comment ?

La critique de Mr K : Voilà un auteur que j'aime tout particulièrement et qui a réussi à chacune de mes lectures à me surprendre et me tenir en haleine. Quand j'ai vu le présent livre dans un bac de chez l'abbé, je n'ai pu résister à la tentation et je l'ai immédiatement adopté. Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour me plonger dans cette lecture pleine d'espoir et de promesses !

Comme d'habitude avec Jonquet, on est directement plongé dans une histoire par bien des aspects désespérante et sordide. Nous nous retrouvons dans les pensées les plus intimes de Cynthia, une jeune handicapée réduite quasiment à l'état de légume. Elle voue une haine sans borne pour le docteur Mourier qui vient régulièrement consulter au sein de l'institut spécialisé dans laquelle elle végète. Cette hargne contenue par la force des choses nous bouscule dans nos retranchements intérieurs et dès les dix premières pages, on nage en plein roman noir où l'on sait qu'on ne sera pas épargné et dont on ne ressortira pas indemne. Chapitre après chapitre, le procédé du point de vue interne se répète nous plongeant dans des moments de pur voyeurisme malsain. Le lecteur est ainsi placé tour à tour dans la tête du docteur et des autres personnages gravitant autour d'un trio mu par des forces peu recommandables. L'enquête policière est bien présente mais la vérité réside dans ces parcelles de vie exposées qui vont au final livrer une vérité crue et marquante.

On est immédiatement happé par le jeu de piste machiavélique de l'auteur car comme il est de coutume chez lui, les personnages sont soignés à l'extrême, leur âme trifouillée au scalpel, pour finalement en ressortir une explication à la fois clinique et trouble. Attendez-vous à du lourd, du très lourd même, avec cette histoire mêlant drame intime et agissements nauséeux, où les certitudes ne durent que quelques pages pour être mieux remises en cause par les révélations successives. L'auteur se plait à nous balader, les apparences sont trompeuses et les personnages entretiennent à merveille leur face sombre et bien souvent inavouable. Bien malin sera celui qui dénouera les fils d'une intrigue dense, où les faux-semblants sont nombreux. Le commissaire Gabelou aura bien des difficultés pour cerner les tenants et les aboutissants d'un drame sanglant amené par des raisons tortueuses.

On retrouve ici toutes les qualités de l'auteur. La langue est simple, directe comme un uppercut sec. Des mondes antagonistes se rencontrent, celui feutré et cultivé de l'univers de la médecine et le registre plus vulgaire et direct de la jeune fille. Le choc est violent et l'auteur le retranscrit avec justesse et vérité. C'est éprouvant, parfois transcendant tant l'empathie fonctionne et l'acte final est un coup derrière la nuque dont on ressort quelque peu groggy mais heureux. C'est ce côté plaisir pervers que l'on retrouve à chaque lecture de ce type. Que de maestria ici déployée! Que de surprises et de changements d'orientation! Autant de bonheur de retrouver un auteur décidément à part.

Ce fut donc une lecture d'une rare intensité et d'un plaisir extatique que je vous propose d'entreprendre à votre tour. Je la prescrits même de toute urgence aux grands amateurs du genre qui seraient passés à côté ou qui ont laissé jusqu'ici ce merveilleux opus dans leur PAL.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Mygale
- La vie de ma mère !
- La bête et la belle

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vendredi 30 mai 2014

Opération Bookcrossing "Le Trône de Fer"

bookcrossing

Au Capharnaüm éclairé, on est très heureux de s'associer aux éditions J'ai Lu pour une grande opération Bookcrossing nationale au mois de juin !

Le bookcrossing est un phénomène fun qui m'intéresse depuis déjà pas mal de temps et ici, double combo de bonne humeur, il s'agit de libérer la bonne parole de George R. R. Martin. Rien que ça ! "Le Trône de Fer" est une saga que l'on ne présente plus et que l'on connait bien chez nous puisqu'on est accro à la série TV et que Mr K ne tarit pas d'éloge sur la saga littéraire.

Comment cela va-t-il se passer?

Sur tout le mois de juin, 1 fois par semaine, le jeudi ou le vendredi, je vais placer dans un lieu publique de la région lorientaise un exemplaire du 1er tome de la saga. A chaque fois, une photo du roman en liberté sera prise et publiée sur notre page Facebook pour que vous lecteurs de la région puissiez reconnaitre l'endroit et aller chercher le roman si vous le souhaitez ! La même photo sera également publiée sur la page Facebook officielle du roman (où vous pourrez retrouver peut être d'autres points de dépôt proches de chez vous) pour donner la chance à d'autres lecteurs de découvrir ces pochettes livresques. Le hasard pourra également faire des heureux et j'aime beaucoup cette idée.

Pour couronner le tout, dans ces pochettes hermétiquement fermées (oui parce que je sais pas si vous l'avez remarqué mais l'été n'est pas encore tout à fait là...), vous retrouverez un petit mot et une petite surprise. Mais chut, je ne dis plus rien et vous laisse découvrir tout ça!

Bonne chance à tous et surtout bonne lecture !

Posté par Nelfe à 17:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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jeudi 29 mai 2014

"Le Serpent aux mille coupures" de DOA

doaL'histoire: CHASSELAS (n. m.) : Cépage blanc surtout apprécié comme raisin de table. Le chasselas de Moissac, qui bénéficie de l'Appellation d'Origine Contrôlée, est le plus réputé. Il est produit dans le Bas Quercy, à hauteur de 7000 tonnes par an pour un chiffre d'affaires à la revente estimé à 45 millions d'euros.
COCAÏNE (n. f.) : Alcaloïde dérivé de la coca. Parfois utilisée en médecine. En général prisée sous forme de poudre blanche aux effets excitants. Les principaux pays producteurs (Colombie, Venezuela et Bolivie) en fournissent 900 tonnes par an pour un chiffre d'affaires à la revente estimé à 250 milliards d'euros.
MONDIALISATION (n. f.) : Propagation de phénomènes au monde entier. Interdépendance croissante des hommes, de leurs systèmes politiques et économiques, et de leurs activités à l'échelle de la planète.

La critique Nelfesque: J'ai découvert DOA il y a quelques années avec l'excellent et non moins exigeant "Citoyens clandestins". "Le Serpent aux mille coupures" est à mettre en perspective avec ce dernier, chose que j'ignorais totalement au début de ma lecture.

Il faut dire aussi que la 4ème de couverture de ce présent roman est on ne peut plus énigmatique. On se dit qu'il y a de fortes chances que l'on se lance dans une lecture ayant pour sujet la drogue dans une région viticole avec en toile de fond un commerce illicite mondial. Bingo! C'est faible niveau détails mais on a ici les grandes lignes.

Une famille de jeunes viticulteurs nouvellement installées dans la région est persécutée par les anciens du coin. Ici, on ne veut pas de nouveaux et on ne veut encore moins d'un africain. Inlassablement, ils font l'objet de pressions et de harcèlements. De nombreuses plaintes sont déposées à la gendarmerie locale mais rien n'avance et ces derniers sont voués à continuer de subir, au péril de leur vie, les menaces de leurs voisins ou à quitter les lieux et leur rêve de vie à la campagne au milieu des vignes.

Dans ce climat déjà tendu, le destin va s'acharner... Une même nuit où certains sabotent pour la énième fois les vignes d'Omar Petit, 3 dealers colombiens se font liquider au même endroit, au même moment. S'en suivent une cavale, une prise d'otage dans la ferme des Petit, une vengeance, une course poursuite... 213 pages de quiproquo, de bêtise crasse, d'injustice, de survie. Une plongée dans le monde des cartels de la drogue à l'échelle du sud ouest de la France. Al Capone chez les bouseux.

Ce thriller / roman noir est un petit bonheur pour qui aime le genre. Le lecteur se questionne, se perd, retrouve son chemin, s'interroge, s'indigne et passe par tous les sentiments. Qui est coupable? Qui est victime? Tout est beaucoup plus compliqué qu'il n'y parait et en peu de pages DOA livre un roman beaucoup plus simple et accessible que "Citoyens clandestins" mais où pointe des questionnements qui trouveront réponse dans ce dernier. Sa lecture étant assez lointaine pour moi, il a fallu que je me replonge dans ses pages prisent au hasard pour raviver ma mémoire et comprendre la toute fin du "Serpent aux mille coupures". Lire la dernière phrase d'un roman et ne rien comprendre, je crois qu'il n'y a rien de pire!

Je vous conseille donc cette lecture si vous avez lu "Citoyens clandestins" et si vous aimez les histoires se passant dans les milieux de la drogue. Egalement si des sujets tels que le racisme et l'injustice vous touchent. D'autant plus en ce moment, vu l'actualité politique...

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dimanche 25 mai 2014

"Love & pop" de Ryû Murakami

loveandpopL'histoire: Par l'intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s'acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d'une jeune fille qui, désirant absolument s'offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l'avait prévu.

La critique de Mr K: Un Murakami peut en cacher un autre, ceux qui nous suivent connaissent mon fort penchant pour Haruki Murakami. J'avais déjà entendu parlé de Ryû Murakami et notamment de son Bébés de la consigne automatique (dans ma PAL aussi) mais je ne l'avais pas pratiqué jusqu'ici. L'occasion de le découvrir s'est présentée avec ce livre trouvé une fois de plus chez notre fournisseur officiel et dont la thématique m'attirait.

On partage une journée entière en compagnie d'Hiromi Yoshii, jeune lycéenne de deuxième année qui a décidé de partir en séance shopping avec trois de ses amies. Très vite, elle tombe en pâmoison devant une bague qu'elle veut acheter au plus vite, c'est-à-dire avant la fermeture du soir! Appartenant à la génération du "tout, tout de suite", quel meilleur moyen de réunir la somme requise en si peu de temps, si ce n'est en vendant sa petite personne au plus offrant... Avec l'aide de ses copines, puis seule, elle va répondre à quelques annonces. Commence alors une lente plongée en eaux troubles qui va lui réserver bien des surprises...

C'est un certain aspect du Japon (plutôt méconnu d'ailleurs) que Ryû Murakami nous invite à découvrir ici et c'est loin d'être le plus reluisant. On baigne constamment entre la curiosité malsaine et un grand sentiment de solitude qui semble habiter la plupart des protagonistes, à commencer par ces hommes en quête de présence féminine pour le moindre acte quotidien (aller louer une vidéo, faire ses courses, manger du raisin, aller au restaurant...). Ces "clients" sont plus bizarres les uns que les autres, la longue litanie des annonces qui s'étire sur parfois quatre à cinq pages nous dévoile des marasmes affectifs et sociaux forts, des frustrations et des désirs inassouvis. Il se dégage de l'ensemble un côté pathétique et inquiétant, surtout qu'au fil des pages, la tension monte et on perçoit la violence latente de la situation.

Jeune et pas forcément innocente, Hiromi va surfer sur le phénomène et tenter de faire fortune en un temps record pour répondre à un désir consumériste. Mais voilà, de consommatrice à objet de consommation, il n'y a qu'un pas que sa morale ne détecte pas au premier abord. Plutôt détachée, cachée derrière les apparences de la jeune fille parfaite japonaise (effacée et disponible), elle pense que rien ne peut l'atteindre et que finalement ce ne sera pas si difficile que cela d'arriver à ses fins. Cependant, les deux "rencontres arrangées" ne vont pas se dérouler comme prévu, changeant irrémédiablement l'héroïne.

J'ai adoré ce livre que j'ai lui aussi avalé d'une traite, entrecoupée d'une courte phase de sommeil. Rien à voir avec Haruki Murakami dans la langue, celle de Ryû est plus abrupte, moins imagée mais frappe en plein cœur par son caractère d'urgence. La réalité est ici crûe et prégnante, rien ne nous est épargné. D'ailleurs dès la quatrième de couverture, l'éditeur annonçait la couleur avec cette citation de l'auteur: La littérature n'a que faire des questions de moralité. Mêlant récit et extraits d'infos, de radios et les fameuses petites annonces, l'immersion est totale dans ce Japon côté face. On est au centre d'une fourmilière dans laquelle semble se débattre Hiromi, jeune fille engluée dans ses contradictions. La lecture s'est révélée aisée et agréable même si certains passages sont assez rock&roll!

Au final, ce fut une expérience vraiment rafraîchissante quoiqu'éprouvante par moment, je m'attacherai à suivre cet autre Murakami qui propose un univers radicalement différent d'Haruki Murakami et sa poésie de tous les instants. Ryû Murakami semble plus adepte de la littérature qui frappe fort et juste, j'aime aussi ça par moment. Je mettrai à l'épreuve ce nouvel engouement avec le fameux volume toujours dans ma PAL, lecture prévue dans les mois à venir.

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samedi 24 mai 2014

"L'Ordre et le chaos" de Maud Tabachnik

ordre et chaos

L'histoire: À quarante ans, après la mort de sa mère, Merryl réalise enfin son rêve : quitter son pays de Galles natal et prendre la route à bord d’un camping-car. Mais ce qu’elle découvre n’est pas la liberté, plutôt l’injustice et la brutalité des hommes. Prise dans l’engrenage de la violence et de ce qu’elle croit être la légitime défense, Merryl devient la criminelle la plus recherchée du royaume. Mais comment l’inspecteur Milland, ex-star de Scotland Yard, pourrait-il imaginer, en remontant une route jonchée de cadavres, que cette folie meurtrière est l’œuvre d’une femme ?

La critique Nelfesque: Maud Tabachnik est une auteure de thriller que j'ai toujours voulu découvrir. Après la mauvaise expérience de Mr K avec "Tous ne sont pas des monstres", j'ai été quelque peu refroidi mais la 4ème de couverture de "L'Ordre et le chaos" a fini de me convaincre. C'est maintenant que je tente l'expérience!

Ce roman ci est à la frontière entre thriller et roman noir. Le personnage principal, Merryl, est une femme en souffrance. Elle vient de perdre sa mère qu'elle n'avait jamais quitté mais là n'est pas le plus dramatique, bien au contraire. La vie qu'elle a vécue à ses côtés était un tel enfer, inconscient jusque là, que sa mort est une vraie délivrance. Brimades, vexations, oppressions, chantage affectif, humiliations... Merryl est passée par tout cela et par là même à côté de sa vie.

Elles qui ont toujours vécu chichement, se refusant tout plaisir, pour Merryl c'est un véritable choc de découvrir que sa mère constituait un "petit" pécule en réquisitionnant son propre salaire et n'était rien de moins qu'une folle, égoïste et castratrice. Elle décide de vendre leur maison, d'acheter un camping-car toutes options et partir à l'aventure sur les routes. Son rêve de toujours est enfin là, à portée de main: découvrir le monde et profiter de la vie! Maud Tabachnik entraîne alors ses lecteurs dans un road movie sur les routes de l'Angleterre profonde à la découverte de ses petits villages et de ses paysans.

Oui mais voilà, la prison qu'avait constitué sa mère autour d'elle était aussi une protection et Merryl va vite le découvrir en même temps que la cruauté des gens ou au mieux leur indifférence. Elle pensait naïvement que le monde n'était qu'amour, piou piou, échanges enrichissants et licornes colorées mais elle va vite déchanter. Et Merryl, quand elle déchante, elle devient colère, elle devient vengeance et elle tire dans le tas!

Efficace, ce roman se lit très vite et très facilement. L'écriture est simple et claire, le style cinématographique est plaisant et permet de donner du rythme à l'ensemble. Je n'ai donc pas été rebuté comme Mr K a pu l'être mais je ne dirai pas que c'est un roman à lire absolument pour autant...

Le manichéisme "Merryl la gentille déçue vs les méchants vivant dans un monde hostile" fini par lasser et les personnages caricaturaux au possible ôtent toute empathie de la part du lecteur. Les situations sont alors prévisibles et j'ai trouvé que ce parti-pris ne servait pas du tout le roman. Bien au contraire.

Alors oui, "L'ordre et le chaos" se lit bien mais il se lit juste bien. Ce n'est pas le thriller de l'année, c'est un roman sympa à lire le temps d'un voyage en train ou affalé au soleil sur la plage. Il a un petit côté défouloir qu'on ne va pas bouder mais il est aussitôt lu, aussitôt oublié. La fin pourra surprendre certains lecteurs je pense bien que ce ne fut pas mon cas (en grande amatrice du genre que je suis, on ne me la fait plus! héhé!). Cela ne lui enlève pas pour autant toute sa puissance et ce dernier souffle salvateur, développant jusqu'à son paroxysme la psychologie de Merryl, me fait dire que cette lecture valait tout de même l'aventure.

A lire si vous êtes en manque de thriller en ce moment mais ne vous attendez pas à plus qu'à un divertissement qui fait passer le temps. A vous de voir...

Posté par Nelfe à 19:46 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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mercredi 21 mai 2014

Déstockage de Serpent à Plumes

C'est LE bon plan littéraire du moment! Si vous avez un magasin Noz près de chez vous, courrez-y! En ce moment, de très nombreux titres du catalogue du Serpent à plumes, filiale des Editions du Rocher, sont à des prix très attractifs. De 2.50€ à 2.90€ le roman neuf, initialement à 20€ en moyenne. A ce prix là, on se fait plaisir!

Arriva ce qui devait arriver, on a fait une razzia qui fait pleurer nos PAL mais danser la gigue à nos portes monnaies.

Voici le tableau de chasse:

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- Au bord du gouffre de David Wojnarowicz
- Sirtaño ou la légende du serpent-roi de Renaud Joubert
- Les Couloirs du temps de Iouri Mamleïev

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- La Plage de Marie Hermanson
- Axolotl Roadkill d'Hélène Hegemann
- La Sarabande des soupirs de Gianni Celati

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- Animals tristos de Jordi Punti
- Cinéma mental de Gianni Celati
- La Madone au manteau de fourrure de Sabahattin Ali

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- Finnigan et moi de Sonya Hartnett
- Une Fille de pasteur de George Orwell
- Le Tumulte des roses de Manuel Peyrou

12 romans neufs pour le prix d'1. C'est pas trop beau ça!? Franchement, pourquoi se priver? De quoi faire des découvertes, tenter des auteurs jusqu'alors méconnus et surtout se faire du bien au moral en pensant aux longues heures de lecture au soleil qui nous attendent (quand le soleil reviendra...).

Vous avez un Noz dans les alentours? Qu'est ce que vous faites encore devant l'écran de votre ordinateur!? Go go goooo!

mardi 20 mai 2014

"Tu ne m'échapperas pas" de Lisa Gardner

lisagardnerL'histoire: "À toutes les unités, à toutes les unités... On nous signale une fusillade à la cité scolaire."
Baskerville, bourgade tranquille de l'Oregon. Il est 13 h 50 lorsque Rainie Conner reçoit l'appel : on a ouvert le feu sur des collégiens. Quand l'inspectrice arrive sur place, deux adolescentes et leur enseignante gisent à terre. Le meurtrier est là. Il n'a que treize ans. Pis, c'est le fils du shérif - le supérieur hiérarchique et l'ami de Rainie... Pour la jeune femme, qui s'est engagée dans la police afin d'oublier le drame qui l'a marquée, l'épreuve ne fait que commencer. Il lui faut mener l'enquête alors que la pression exercée par les parents, les médias et le FBI se fait chaque jour plus forte... Pourra-t-elle faire face, elle qui se sait si fragile psychologiquement et ne cesse d'être hantée par les ombres de son passé?

La critique de Mr K: Ah! Un Lisa Gardner! Voilà une écrivaine au talent machiavélique que j'aime pratiquer à l'occasion. Dans mes deux précédentes lectures, j'ai jubilé face à ses thrillers haletants et aux multiples rebondissements. Mais voilà, il y a une fin à tout et je dois bien avouer que je suis resté sur ma faim même si ce livre s'avère être un divertissement juste sympathique. Une icône tombe!

Dans Tu ne m'échapperas pas, tout commence par une fusillade en milieu scolaire comme cela arrive encore trop souvent aux États-Unis. Une professeur et deux petites filles ont été tuées et un jeune garçon du nom de Danny est arrêté les armes à la main, le regard hagard. Il avoue bien vite le triple meurtre et on se dit que l'affaire va être vite pliée. Mais voilà, quand on en arrive là, on n'est qu'à la page 100 et on se doute bien que derrière cet aspect simpliste se cache quelque chose de plus gros et de plus sombre. D'autant plus qu'à l'occasion de fins de chapitre, un mystérieux inconnu rode dans les parages s'intéressant de très près à notre héroïne d'inspectrice et aux conséquences de la tuerie. Bizarre, vous avez dit bizarre? Effectivement, le mystère s'épaissit et on ne peut que continuer en attendant que l'auteur nous livre toute la vérité.

On retrouve ici les qualités des précédents opus que j'ai pu lire de Lisa Gardner. Un style direct et franc qui n'épargne personne et un don certain pour planter une situation dramatique. On touche en plus ici à un sujet brûlant et cet aspect est bien traité: l'horreur de l'assassinat de jeunes enfants, le traumatisme qui en découle pour la communauté et les dérives vengeresses d'une foule en colère. Nous suivons une fois de plus le point de vue de l'enquêtrice et le voile ne se lève que par toutes petites pièces, on enrage d'en savoir si peu et pourtant la lecture se poursuit plutôt agréablement. Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour en venir à bout, pour autant je ressors déçu de cette lecture.

J'ai tout d'abord trouvé les personnages principaux plutôt insipides. On lorgne bien souvent vers le soap à deux dollars notamment l'attirance mutuelle qui s'installe entre Rainie et Quincy le super flic du FBI. On flirte avec la collection Harlequin et cela discrédite ces deux personnages plutôt attachants de prime abord. De manière générale, j'ai trouvé les protagonistes plutôt plats et caricaturaux, l'empathie ne fonctionne pas et on en arrive presque à se désintéresser d'eux, ce qui est tout de même un comble pour ce genre de littérature. Je dois aussi vous dire que même si l'intrigue se tient et marque le lecteur dans sa chair, je l'ai trouvé plutôt convenu et sans surprise. Les rebondissements ne sont pas si nombreux et j'ai deviné à l'avance certains d'entre eux. Cela m'a quelques peu gâché le plaisir.

Au final, cette lecture m'a contrarié tant j'en attendais plus. On vire dans le thriller commun, chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout de la part de Lisa Gardner. Attention, on est loin de la purge littéraire mais Tu ne m'échapperas pas s'apparente davantage à un petit roman de plage qu'à un thriller percutant. Vous voilà prévenus!

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- Disparue
- Sauver sa peau
- La maison d'à côté

Posté par Mr K à 19:32 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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dimanche 18 mai 2014

"Joyland" de Stephen King

joylandL'histoire: Les clowns vous ont toujours fait peur?
L'atmosphère des fêtes foraines vous angoisse?
Alors, un petit conseil: ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d'orage...

La critique Nelfesque: En premier lieu et avant de donner mon avis sur "Joyland", je tiens à dire que si vous avez toujours eu peur des clowns et si l'atmosphère des fêtes foraines vous angoisse, vous pouvez lire ce livre. Je ne sais pas ce qu'a fumé la personne qui a rédigé la 4ème de couverture ou si même, pire, elle a bien lu le roman, parce qu'il n'est pas du tout question de clown dans cet ouvrage! Quant à l'atmosphère de cette fête foraine, elle est tout sauf angoissante. Une vraie publicité mensongère que ces quelques lignes! Moi qui au contraire attendez des clowns pour renouer avec l'ambiance "Ca", j'ai bien été déçue sur ce point.

Cela faisait de nombreuses années que je n'avais pas lu d'ouvrage de Stephen King. J'en ai été très fan à mon adolescence puis peu à peu j'ai commencé à me lasser, voyant de grosses ficelles reprises maintes et maintes fois, étant déçue par les fins de roman bâclées... Le cycle "Désolation" / "Les régulateurs" en 96 a signé ma rupture avec l'auteur.

Et aujourd'hui, arrive en librairie un nouveau roman qui attise ma curiosité, me donne envie de renouer avec l'univers de SK. Une fête foraine, des clowns (je croyais en trouver...), une ambiance malsaine... Je me lance avec l'espoir de retrouver l'engouement de mes jeunes années. Bien que n'ayant pas trouvé dans "Joyland" les ingrédients promis dans le résumé, j'ai retrouvé, contre toute attente, l'envie de poursuivre ma lecture au fil des pages, une véritable empathie pour les personnages et la joie d'une sensation depuis longtemps perdue.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé "Joyland"! J'ai aimé me perdre dans ses pages, suivre Devin dans son quotidien d'étudiant et sa découverte de Joyland, un parc d'attraction dans lequel il va travailler pendant l'été 1973. Jeune homme attachant et respectueux, presque trop gentil, il va durant cet été vivre en accéléré une expérience enrichissante et grandir en quelques mois comme jamais il ne l'avait fait jusqu'alors. Autour de lui gravite toute une clique de saltimbanques originaux, gais et sympathiques qui vont le prendre sous leurs ailes et lui raconter les secrets du parc d'attraction, et plus particulièrement ceux de la Maison de l'Horreur.

Il fera aussi la connaissance d'Erin et Tom, ses colloc' et collègues le temps d'un été et amis pour la vie, Mike et sa maman, petit garçon handicapé aux pouvoirs surprenants... Les personnages gravitant autour de Dev sont des plus attachants. On ressent une vrai sympathie pour eux tout le long de la lecture, ce qui facilite l'identification aux personnages et l'appât du lecteur pour ce roman qu'il ne peut plus lâcher.

Habituée aux romans d'horreur avec Stephen King, ici on en est bien loin. Ce sont les rapports humains qui sont le point central de "Joyland" et la découverte d'un autre monde, celui des forains. Il y a bien une petite dimension fantastique mais pour moi on est ici dans de la littérature contemporaine.

C'est un Stephen King apaisé et recentré que j'ai retrouvé dans "Joyland" avec beaucoup de plaisir et de tendresse. Il nous prouve ici qu'il n'y a pas besoin d'en faire des tonnes dans le gore et l'épouvante pour faire vibrer les lecteurs et qu'un peu de finesse est la bienvenue dans ce monde de surenchère. Un roman que je vous conseille, même si d'ordinaire vous détestez Stephen King. Je prends les paris qu'il saura ici vous charmer!

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samedi 17 mai 2014

"Combat de fauves au crépuscule" d'Henri-Frédéric Blanc

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L'histoire: "Comment lui, si prudent, si futé, si prompt à déjouer les manœuvres sournoises des autres, lui dont l'intelligence et l'imagination créatrice étaient réputées dans tout le milieu publicitaire parisien, lui qui possédait le don de flairer les bons coups avant ses concurrents et d'agir plus vite qu'eux, comment avait-il pu se faire piéger aussi bêtement?"
En cherchant un appartement, Charles Cuvelier, jeune loup de la pub, se retrouve bloqué dans un ascenseur, à la merci des occupants de l'immeuble. Cette fois le stratège surdoué va devoir lutter pour sa vie.

La critique de Mr K: Voilà une très belle surprise que m'a réservé un séjour de plus chez l'abbé. J'aime beaucoup la collection Acte Sud (elle édite notamment Laurent Gaudé), la couverture m'a attiré l'œil de suite avec ce chat malicieux et la quatrième de couverture n'a fait qu'attiser ma curiosité. Vu le prix modique, il me semblait dommage de ne pas tenter l'aventure... Bien m'en a pris!

Il y a des jours où il n'est pas bon sortir de chez soi, Charles Cuvelier va l'apprendre à ses dépens. Publiciste renommé et redoutable, il se rend dans un immeuble afin de visiter un appartement à louer. Erreur fatale, il prend l'ascenseur et le coup de la panne prend une autre dimension. Coincé dans cet espace clos, le jeune loup va devoir s'accrocher à la vie. Loin de lui venir en aide, la proprio du dernier étage et quelques autres hurluberlus vivant là semblent se complaire dans la situation inconfortable dans laquelle se retrouve Charles. Ce dernier essaie nombre d'approches différentes, diverses tentatives de séduction mais il rencontre un mur. Peu à peu, son mental se fissure et le huis-clos vire au cauchemar.

Très court (106 pages), "Combat de fauves au crépuscule" se dévore d'une traite. On est constamment balancé entre répugnance pour le personnage principal (pur produit de la société consumériste que nous subissons) et l'inhumanité du traitement qu'il subit. Plus les pages se tournent, plus nous le voyons plonger. Il passe du simple souci à l'inquiétude grandissante quand il se rend compte que ses tours ne fonctionnent pas sur ses "kidnappeurs". Mais rien n'y fait, son charme et son éloquence ne fonctionnent pas et le récit s'envenime très vite pour mener à des sommets insoupçonnés. La froideur des lieux et des gens qui y vivent l'atteignent le plein de fouet, on sent bien que Charles peu à peu se rapproche du gouffre, de la folie. Ses contradicteurs mettent en relief la chute du héros par leur froideur et leur normalité. On nage en pleine folie ambiante dans un quotidien implacable et désespérant. La révélation finale est de toute beauté et vient couronner d'une aura plus forte cette petite histoire à visée universelle.

Ce livre se lit avec une facilité déconcertante. La langue est accessible, sans chichi (sans grand relief diront les plus durs) et on est immergé complètement dans le récit. On accompagne avec douleur et un soupçon de perversité le puissant d'hier devenu simple mortel. C'est l'occasion en filigrane de se poser des questions sur la réussite mais surtout sur la solitude de nos civilisations modernes. L'esprit humain est ici mis à nu avec une simplicité déconcertante et rafraichissante. On n'en ressort pas forcément indemne tant l'auteur fait appel à notre ressenti et notre libre-arbitre. Les limites ne sont plus très claires et c'est ce qui rend cette histoire aussi haletante que novatrice.

Ce fut donc une très bonne lecture à la fois récréative et réflective. Un petit bonheur de littérature et de condensé de l'âme humaine, un petit bijou quoi!

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jeudi 15 mai 2014

"Tunnel" d'André Ruellan

tunnelL'histoire: En 2025, à Paris, rue de Rivoli... Une croix d'acier tous les cent mètres. Sur vingt kilomètres. Et sur chaque croix, un homme qui saigne et meurt. Un "Crâne".
Qui sont-ils, ces hommes à la tête rasée que traque la police? Des voyous venus des mpontagnes d'ordures de la banlieue et qui, de nuit, se glissent dans Paris pour tuer? Ou bien des révolutionnaires porteurs de l'espoir d'un avenir plus humain? Qu'importe ce soir à Manuel Dutôt qui ne songe qu'à sauver sa femme carole – plongée dans le coma et qui attend un enfant. À l'arracher à la mort que prescrit une loi impitoyable. Dans cette ville maudite, Manuel fuit, erre, croit enfin trouver refuge dans les ruines puantes de Clichy.
Il est sur le territoire des Crânes...

La critique de Mr K: Une nouvelle couverture de Caza, une quatrième de couverture flirtant bien avec la série B et l'annonce d'un brin de dénonciation de l'autoritarisme... Il n'en fallait pas moins pour que je me laisse tenter par le présent volume lors d'une énième visite chez notre abbé préféré. André Ruellan, ancien médecin reconverti nous invite à un voyage dans un futur des plus ténébreux et angoissant avec Tunnel, un ouvrage qui va vous plonger dans un Paris à nul autre pareil.

En 2025, le monde a bien changé et notamment dans l'ancienne capitale parisienne. Dirigée par un conglomérat autoritaire, les libertés individuelles n'existent quasiment plus, laissant place à un modèle global et consumériste. La répression est terrible pour les opposants, en témoignent les routes parsemées de croix où se meurent lentement de mystérieux prisonniers au crâne rasé. Manuel et Carole font partie de ce nouveau monde mais très vite leur vie bascule quand Carole est victime d'un accident et se retrouve plongée dans un profond coma. Selon la loi en vigueur, elle doit être euthanasiée. Fou de douleur, son mari se refuse à accepter cette fatalité, enlève le corps de sa femme et s'exile dans la banlieue extérieure, territoire échappant au contrôle de Paris, zone de non-droit réputée extrêmement dangereuse. Il va y faire la rencontre des Crânes...

De manière générale, cet auteur ne perd pas son temps en fioritures et se concentre sur l'essentiel: l'immersion et l'action. On rentre dans le vif du sujet dès le premier chapitre avec une première scène marquante se déroulant rue de Rivoli. L'immersion est fulgurante dans ce futur où la technologie la plus poussée n'arrive pas à masquer les cris des mourants sur leur croix. Véritable référence à l'histoire de Spartacus, le lecteur sent poindre un malaise qui ne va aller que grandissant au fil de sa lecture. Bien que relativement courtes, les descriptions de ce futur sont efficaces et très vite, je me suis fait une idée précise de cet univers déviant et terrifiant. Tout à tour, vous côtoierez le luxe et l'uniformisation de néo-Paris, puis vous irez dans la ceinture parisienne qui s'est transformée en véritable décharge publique, où seule semble régner la loi du plus fort et du Talion. Belle réussite sur ce plan pour ce roman qui parvient vraiment à nous transporter dans un ailleurs bien dépaysant quoique loin d'être joyeux.

Là où le bas aurait tendance à blesser, ce serait en terme de personnages et d'histoire. Je les ai plutôt trouvés creux et stéréotypés dans l'ensemble malgré quelques nuances des plus agréables par moment. On ne verse pas vraiment dans le manichéisme à tout crin mais on s'en rapproche dangereusement ce qui peut laisser une impression de platitude à l'ensemble. Dommage quand on voit les possibilités qui s'offraient avec un background tel que l'a imaginé André Ruellan. J'ai été aussi rarement surpris par les démêlés du scénario qui ne surprennent jamais vraiment avec une trame qui ressemble beaucoup à de nombreuses autres histoires que j'ai pu lire en SF ou autres transfictions. Comme les personnages sont monolithiques, on finit par s'attendre à leurs réactions et on peut même parfois deviner ce qui va arriver.

Pourtant ce livre se lit bien, la langue n'est pas forcément exceptionnelle avec parfois des lourdeurs de style, notamment les descriptions de blessures et autres maux. On sent bien alors que l'auteur a été médecin dans une autre vie. Ces scories sont compensées par un récit sans temps morts et un rythme assez enlevé malgré parfois des ellipses qui m'ont semblé hasardeuses.

Au final, la lecture de ce livre m'est apparue plaisante mais pas sensationnelle. Une sorte de petit plaisir coupable que tous les amateurs de série B SF peuvent tenter si l'histoire les inspire.

Posté par Mr K à 17:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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