jeudi 23 janvier 2014

"Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine

 

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L'histoire: Lundi, j'ai tué un oiseau. C'est vrai.

Ellie, ma maîtresse, a sangloté si fort en me serrant contre elle que j'ai cru me noyer. Mais dites-moi, qu'est-ce que je suis censé faire quand une petite boule de plumes m'arrive entre les pattes? Je suis un chat, tout de même.

Mercredi, j'ai rapporté une souris morte à la maison. Je ne l'avais même pas tuée. Ellie a encore beaucoup pleuré.

Et jeudi, il y a eu cette regrettable histoire de lapin...

La critique de Mr K: C'est une lecture un peu particulière que je vais vous présenter aujourd'hui avec ce recueil pour enfants qui aiment déjà lire tous seuls. Il m'a été offert par une amie pour mon anniversaire. Merci Miss T! J'adore les chats et tout leur univers, ce cadeau est un joli petit pied de nez à ma passion dévoreuse de livre. J'amenais ce petit livre en voyage à Paris pour éviter de trop penser à ma Tesfa laissée seule à la maison. Non non, je ne suis pas du genre bileux quant il s'agit de ma fifille adorée...

Tuffy est un chat comme tant d'autres: indécrottable explorateur, goinfre et fainéant, il se révèle à ses heures perdues (il y en a peu!) un chasseur des plus habile et sans pitié ce qui ne va pas sans déplaire à sa petite maîtresse! Mais voilà, comment peut-on aller contre sa nature profonde quand on est un chat? Le dilemme est posé, sa petite maîtresse pleure toutes les larmes de son corps à chaque cadavre ramené à la maison... La tension monte et Tuffy semble être mis sur la sellette par toute sa famille horrifiée devant ce prédateur en série!

Cette lecture très rapide (à peine 20min) est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui conviendra parfaitement à tout néo-lecteur amateur de félins! L'histoire étant racontée par Tuffy lui-même, le processus d'identification se fait ici drôle et emprunt d'une justesse de bon aloi. Même si l'enfant regrettera la perte d'une souris, d'un oiseau et d'un lapin; il ne doutera jamais de la bonne volonté de Tuffy pour prouver son innocence dans cet affreux crime envers un lapinou des plus mignon! Drôle donc mais aussi formateur, ce livre à travers cette petite histoire sans prétention aborde la question du chagrin et de la Mort. Sujets que j'imagine très complexes à aborder avec des loupiots, ce livre permet une approche de ces questions-clefs d'une manière à la fois divertissante, directe et sans chichi, le tout servi dans un écrin humoristique des plus salvateur et empreint de non-sense à l'anglaise.

Une petite lecture très distrayante qui n'est que le prélude à une série de trois livres (pour le moment) qui s'ancrent à chaque fois dans cette même famille anglaise. La langue est très simple, abordable mais pas simpliste. De quoi améliorer le vocabulaire de votre enfant tout en le divertissant et en lui donnant quelques éléments pour développer son autonomie face à la lecture. Miaou!

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samedi 18 janvier 2014

"La Maison d'à côté" de Lisa Gardner

gardnerL'histoire: Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu.
Seul témoin: sa petite fille de quatre ans.
Suspect n°1: son mari Jason.
Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille?
Mais de qui?

La critique de Mr K: Nelfe avait ouvert la voie avec Disparue, puis j'avais aimé Sauver sa peau de la même auteure. Quand l'occasion s'est représentée de me frotter à nouveau à la diabolique Lisa Gardner, je ne me suis pas fait prier. C'est encore une fois en un temps record que je dévorai un thriller haletant à souhait!

Tout part d'un drame familial: une mère de famille bien sous tout rapport disparaît de son domicile en pleine nuit. Seul témoin, sa petite fille qui ne livre qu'un témoignage nébuleux et incomplet sur les circonstances de cette disparition qui choque l'opinion publique. Le père quant à lui semble étrangement froid face au vide laissé par son épouse, son comportement détonne et va très vite attirer sur lui les soupçons des enquêteurs. En suivant ces derniers, on se rend très vite compte que ce genre d'enquête est très difficile à mener tant il faut essayer de comprendre le fonctionnement d'une famille avec ses non-dits. En parallèle, des chapitres nous mettent dans la peau de Jason (le père) que l'on ressent profondément étrange et marqué par la vie. Mais aussi, un proche voisin, ancien délinquant sexuel en pleine réinsertion et qui a tout aussi le profil du coupable idéal. Plus la lecture avance et plus le lecteur se perd en hypothèses jusqu'à la révélation finale qui m'a pris totalement au dépourvu.

Ce thriller est d'une redoutable efficacité! Aucun temps mort n'est alloué au lecteur que Lisa Gardner se plaît à balader et manipuler. Et pourtant, en y repensant tout était là pour nous mettre sur la voie. Le développement des personnages est un modèle du genre notamment celui de Jason qui est confondant de froideur et de complexes au début non élucidés. Les indices sont rares et soufflent le chaud et le froid. Qui se cache derrière ce père attentionné totalement épris de sa fille? Le traitement réservé au voisin est aussi remarquable, nous oblige à explorer nos convictions sur les questions de justice, de ressenti d'un condamné et de la rédemption de manière générale. Pour les contrebalancer, Lisa Gardner fait intervenir son enquêtrice D. D. Warren qui se révèle ici particulièrement vindicative (le sujet la touche énormément) et parfois même extrémiste. Sur le moment, c'est un personnage qui me répugnait mais peu à peu, je me suis rendu compte qu'elle mettait en lumière la part de lumière des principaux accusés. La conclusion va la dépasser et la fera réfléchir sur elle-même et sa pratique du métier.

Au final, ce page-turner est une vraie réussite qui m'a tenu en haleine du début à la fin. Je me suis fait balader comme jamais et j'avoue que j'ai adoré! La lecture se fait simple et distrayante à souhait dans le pur style des montagnes russes chères au genre thriller. On passe par tous les états et on ne peut réprimer une satisfaction quelque peu sadique à la fin de chaque chapitre. Elle sait y faire la Gardner! L'écriture est lumineuse, simple et tranchante. Les éléments du récit sont superbement amenés, le tout dirigé vers une fin qui n'épargne personne! Jubilatoire!

Tout amateur de thriller se doit, s'il ne l'a déjà pas fait, de pratiquer Lisa Gardner qui réussit à chaque fois à surprendre le lecteur, à l'emmener dans des rivages sombres mais révélateurs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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mercredi 15 janvier 2014

"Requiem Chevalier Vampire - Tome 1 : Résurrection" de Mills et Ledroit

Requiem-chevalier-vampire-tome-1 couvL'histoire: Lorsqu'Heinrich est mort sur le front russe durant la deuxième guerre mondiale, il pensait trouver la paix. Au lieu de cela, il a découvert Résurrection, une planète cauchemardesque sur laquelle le temps recule. Là, il est devenu Requiem Chevalier Vampire.
Alors qu'il recherche Rebecca, son amour perdu, il se trouve entrainé dans un conflit cosmique entre des dieux étranges, parce qu'il détient l'épée qui en est la clef, et qui le mènera à la victoire ou à la damnation éternelle.

La critique de Mr K: Pour ceux qui nous suivent depuis un certain temps, vous n'êtes pas sans savoir que j'ai adoré le cycle des Chroniques de la Lune Noire que j'ai chroniqué en intégralité il y a déjà quelques temps. J'avais adoré à l'époque ce mélange unique d'héroïque fantasy et d'humour. Olivier Ledroit y officiait déjà en tant que dessinateur. On retrouve dans cette série que je débute (je pense déjà aux autres tomes que je vais devoir acquérir, vive les broquantes!) tous ces éléments transposés dans un Enfer des plus particulier!

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Tout commence par la mort du héros ce qui n'est pas banal en soi! Heinrich, soldat de la Wehrmach est tombé au champ d'honneur mais c'est à ce moment bien précis que commence son destin. Il se réveille sur une planète désolée, peuplée par les morts de notre Terre. Très vite, il va se rendre compte qu'une hiérarchie existe, que les rapports dominés / dominants sont ici poussés à leur paroxysme (on est en Enfer après tout!) et qu'il va devoir tracer sa voie pour se faire une place au chaud (sans mauvais jeux de mots). Le récit alterne alors entre découvertes pittoresques sur les us et coutumes en vigueur et scènes d'apprentissage en vue de devenir chevalier vampire.

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Tour à tour, vous seront présentés des dieux, des sous-classes au rôle hautement nutritif, les gardiens de l'ordre dans un monde chaotique (non, non, ici ce n'est pas antinomique!) et les chevaliers vampires aux mœurs dirons-nous particulières... Bien que classique le scénario est prenant et les personnages quoique stéréotypés sortent quelques peu des sentiers battus dans quelques fulgurances bien venues. Les notions de bien et de mal sont ici redéfinies et l'inversion temporelle que subit la planète Résurrection fait écho à l'inversion des valeurs. C'est à la fois saisissant et dérangeant, ce dernier point étant plutôt rare dans ce genre de production. Riche idée d'ailleurs dans ce domaine qu'on eut les auteurs de glisser le personnage de Rebecca, l'amante disparue de Requiem qui a un rôle central dans le développement du personnage principal.

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Nous avons affaire ici à une très belle BD en terme purement esthétique. Les dessins sont d'une beauté à couper le souffle entre paysages cauchemardesques et scènes plus intimistes et triviales. Le trait est précis et rend honneur à la vision infernale que le scénariste voulait donner. Les scènes chocs sont légions et la psychologie est développée sans trop en révéler sur les futurs développements. Bien évidemment, on reste sur notre faim mais on est dans une époque où le côté bancable est assez envahissant, y compris dans la production artistique. Je cherche en priorité à lire des œuvre en un ou deux volumes mais je ne pouvais décemment résister à cette tentation de lire une histoire se déroulant dans l'au-delà, ce thème étant des plus fascinant à mes yeux.

Un beau prélude riche en futurs possibles et en promesses aussi. J'ai bien hâte de retourner traîner mes guêtres en Enfer!

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lundi 13 janvier 2014

"En un monde parfait" de Laura Kasischke

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L'histoire: Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark dorn, un superbe pilote, veuf et père de famille de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu'elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, plus paisible, croit-elle, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre.
L'existence de Jiselle prend alors un tour dramatique...

La critique de Mr K: Nouvelle incursion dans le petit monde de Laura Kasischke. Auteur que nous chérissons à deux désormais, depuis que Nelfe a lu et dévoré Esprit d'hiver et que j'ai ouvert la voie, il y a quelques mois avec le très réussi A Suspicious river. Sous les conseils de Cachou, je viens de terminer En un monde parfait. L'auteur y change encore de genre avec ici un récit oscillant entre le drame intimiste et l'anticipation pessimiste. Force est de constater qu'une fois de plus, on se trouve devant un incontournable et un livre de grande classe!

On suit ici une jeune hôtesse de l'air, Jiselle, qui tombe follement amoureuse d'un beau pilote de ligne, le dénommé Mark Dorn. Derrière ce cliché des plus répandu, on suit la phase de séduction, sous forme de flashbacks où l'on retrouve le rêve éveillé de l'héroïne. Cette passion aboutit très vite au mariage et, par amour, Jiselle devient femme d'intérieur et va faire la connaissance des trois enfants de Mark: deux filles ados et un jeune garçon. Très vite les tensions montent devant l'arrivée d'une usurpatrice que les deux jeunes filles vont traiter avec mépris et insolence. En filigrane, on suit quelques bulletins d'infos et l'on se rend compte qu'une étrange épidémie commence à s'étendre à travers le monde. L'étude de mœurs cède peu à peu à l'anticipation, la rencontre va faire des étincelles pour le plus grand bonheur du lecteur! Chose rare dans le mélange des genres en littérature, Laura Kasischke réussit sur tous les tableaux et signe ici une autre belle réussite littéraire.

Je dois avouer que je me tourne rarement vers le drame intimiste et qu'ici j'ai été cueilli par le tableau qui nous est livré. L'auteur fait montre d'une justesse et d'un talent sans pareil pour décrire les émotions qui émeuvent les êtres humains et les parcours de vie de tout à chacun. Même si je n'ai pas eu d'empathie particulière pour Jiselle (mon Dieu qu'elle est gourde par moment!), la difficulté de construire une famille recomposée est très bien rendue et d'un réalisme sans fard. Les relations ambigües entre les belles filles et "la remplaçante" (rejet puis adoption) sont remarquables de construction et d'intelligence. Le personnage de Mark bien que souvent absent est traité avec maestria car finalement on le voit peu mais on ne peut que comprendre son importance et son impact sur le reste de la cellule familiale. On en est réduit à des hypothèses comme pour les protagonistes de l'histoire. On partage les aspirations, les inquiétudes et les doutes de la famille restée au pays et qui est sans nouvelle du pater-familias. Peu à peu, les révélations pleuvent sur la vraie nature de ce dernier ce qui distille encore plus le sentiment de malaise qui envahit le lecteur de façon progressive.

Sur cette touche excessivement sensible, un drame plus général se joue. Une mystérieuse maladie prend de l'ampleur et à travers l'expérience familiale, transparait des informations plus générales et les comportements humains liés à une menace que l'on n'arrive pas à endiguer. Cela donne lieu à des pages saisissantes sur les pénuries en magasin, les réactions en chaine au niveau international (USA isolés du reste du monde car la maladie vient de là) et l'on suit les réactions des communs des mortels face au péril imminent (les voisins, les amis etc....). Cela donne à ce roman une impression de fin du monde beaucoup plus crédible que dans le commun récit de catastrophe apocalyptique. Point d'effets de style pompeux ou d'effets surjoués, le malheur s'insinue peu à peu dans le quotidien ce qui le rend plus touchant et inquiétant.

On retrouve ici tout le talent de Kasischke qui nous livre une fois de plus une œuvre sensible à la portée universelle, le tout servi par une langue simple d'accès, évocatrice et efficace. Difficile de relâcher ce livre avant d'en avoir terminé avec ce destin au départ anodin mais qui va éclairer petit à petit un lecteur pris en otage devant les enjeux individuels et collectifs.

Une très belle lecture que je ne peux que vous recommander chaudement!

dimanche 12 janvier 2014

Anthologie Creepy, volumes 1 et 2 - Collectif

collage creepy

L'histoire: Le magazine Creepy, créé par Jim Warren au début des années 1960, a révolutionné le monde de la bande dessinée. Servi par une équipe d'artistes exceptionnels dont Frank Frazetta, Gene Colan, Steve Ditko, Wallace Wood, Alex Toth, Neal Adams ou Reed Crandall, il a atteint des sommets artistiques inégalés, redéfinissant les codes de la BD fantastique et d'épouvante.
Pendant plus de vingt ans, aucune autre publication n'est allée aussi loin dans la création et l'exploration d'univers imaginaires. Dans l'esprit des classiques littéraires d'Edgar Allan Poe ou de Bram Stoker, et dans la mouvance des fleurons du cinéma fantastique produits par les studios Universal ou par la Hammer, l'oeuvre des artistes ayant signé les pages de ce magazine culte est restée résolument moderne.

La critique de Mr K: C'est avec une joie sans borne qu'il y a quelques mois j'ai fait la découverte par hasard de la maison d'édition Delirium. Grand amateur des Tales from the crypt en BD et en série télévisée, ils rééditent enfin le magazine Creepy (ou du moins les meilleurs récits) et ce mensuel culte a enfin sa place au rayon des librairies françaises. Je n'en avais pour l'instant qu'un seul exemplaire, acheté en version espagnole il y a déjà un petit bout de temps dans les Asturies lors d'un voyage scolaire au lycée! J'ai donc craqué et acheté les deux premiers volumes sortis en France. De biens beaux objets qui témoignent du soucis de proposer une réédition à la hauteur de la qualité des originaux.

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(clic sur les planches pour voir en plus grand)

J'adore le genre fantastique et encore plus sous la forme de nouvelles ou d'historiettes en BD. Dans ces deux volumes, on croise nombre de créatures du panthéon classique: vampires, momies, zombies, sorciers vaudous, hommes bêtes de tout poil (héhé!)... Mais c'est ici aussi l'occasion de croiser des êtres humains sans scrupules qui nous jouent là des scènes terribles et quotidiennes: les amants lassés, la quête d'un héritage par tous les moyens, l'appât du gain au détriment de la morale, le culte de l'apparence, l'orgueil mis à l'épreuve et tout un panel de situations types merveilleusement détournées et griffées de la marque de l'oncle Creepy, narrateur régulier des effroyables histoires qui nous sont livrées ici. Les récits et les twist finaux s'enchainent et ne laissent aucun répit au lecteur. On côtoie aussi à l'occasion la SF ou encore le roman noir, montrant par là-même la diversité des inspirations et la grande ouverture d'esprit qui soufflait au sein de la rédaction.

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Pour l'aspect visuel, le noir et blanc est ici de rigueur et colle remarquablement aux thèmes abordés. On passe de récit en récit, tout en changeant de scénariste et de dessinateur d'où une impression de voyage et de changement. Bien qu'assez éloignés les uns des autres parfois, les dessinateurs font mouche à chaque fois, suspens et noirceur extrêmes sont au rendez-vous et la mise en image des classiques de Poe et consorts sont à la hauteur des textes originaux. Rajoutez à cela quelques Lugubres légendes de Creepy consacrées aux grands monstres du fantastique mis en image par Frazetta et l'on frôle l'extase!

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(ici en VO)

En plus des récits compilés, des pages supplémentaires sont consacrées à l'histoire du magazine, aux auteurs et dessinateurs, les tensions et pressions autour de la parution d'une revue ne faisant pas l'unanimité. Autre temps, autres mœurs... Le tout est remarquablement documenté et agencé. Cela permet une douce plongée dans les arrières cuisines de l'édition et de la création de l'époque. Tout ne se fit pas sans heurts mais le résultat est là et intemporel. Aujourd'hui, de jeunes passionnés pourront se plonger avec délice dans ces histoires qui ont traversé les décennies mais n'ont pas du tout pris de rides.

Une bien belle lecture que tous les amateurs du genre se doivent d'avoir effectuée. Vous voilà prévenus!


jeudi 9 janvier 2014

"Les Furies de Boras" de Anders Fager

furiesdeborascouvrvb-500x500L'histoire: La lande de Skanör voit s'écraser une météorite d'où émerge une créature avide ; cent cinquante et une personnes convergent des environs de Stockholm pour un suicide collectif ; une boutique d'aquariophilie est tenue par une femme étrangement proche de ses poissons...
Dans ces contes horrifiques, Anders Fager s'empare des grands thèmes de la mythologie, du folklore et du fantastique pour créer des territoires sensuels et sombres, où il fait surgir des créatures d'épouvante. Mais le monstre n'est pas toujours celui qu'on imagine. Avec un humour noir confinant à la jubilation, l'auteur construit ses récits à coup de petits détails dissonnants qui font basculer un quotidien banal: dans cet univers de cauchemar, dans ce monde dévasté, violence et folie sont partout.

La critique de Mr K: Aujourd'hui, c'est une œuvre atypique et fascinante que je vais vous présenter. Cette lecture est le fruit d'un partenariat avec les jeunes et prometteuses éditions Miroboles. Vu la claque que j'ai prise lors de la présente lecture, je pense qu'ils ont un bel avenir devant eux!

Anders Fager n'est pas encore reconnu à sa juste valeur en France et pourtant... Plus qu'un écrivain, cet ancien dyslexique, véritable touche à tout (historien de l'antiquité, punk rockeur, créateur de jeux de rôles) est un artiste à part. Ce suédois qui arpente dans l'ombre les mêmes sentiers qu'Advide Lindqvist (l'auteur remarquable et remarqué de "Laisse moi entrer") s'attaque ici à la nouvelle fantastique mâtinée d'horreur pure et polymorphe. Avec ces sept récits compilés à partir de trois recueils de nouvelles uniquement parus en Suède, Miroboles nous invite à une plongée dans un univers où les déviances et les étrangetés sont légion.

Les différentes nouvelles traitent de sujets bien différents à priori: conception et déroulé d'un rituel érotico-satanique, la résistance acharnée d'une famille face à l'envahisseur, la découverte d'un mystérieux trou par un jeune garçon, une tenancière de boutique d'aquariophilie vieille fille à la vie bien réglée, le compte rendu d'un suicide collectif hors-norme, la passion dévorante d'un couple, le rêve de l'escalier de Buzzati revisité à la mode nordique... Autant d'histoire à priori basiques qui vont s'ouvrir vers un ailleurs, une dimension ou une intimité déviants. Point commun: l'être humain qui se trouve au centre de toutes ces histoires, ce qui permet à Fager à travers ces récits fantastiques de nous livrer un reflet implacable et fidèle des vicissitudes humaines. Le tableau n'est donc pas des plus reluisant et les âmes que l'on croise dans cet ouvrage sont torturées, marquées d'un fatum oppressant. Flirtant bien souvent avec le roman noir tant les personnages semblent entravés par des chaînes invisibles, on souffre beaucoup dans cette lecture, le lecteur-éponge en prend plein les dents et l'estomac. À la fin d'un récit, on repose bien souvent le livre encore tout chamboulé par ce que l'on vient de lire. La surprise est très souvent au rendez-vous ce qui est gage de qualité quand on s'essaie à la nouvelle.

Le plaisir de lecture est immédiat et durable. Les histoires se lisent avec une facilité déconcertante malgré l'aspect glauque et repoussoir des univers et personnages qui nous sont donnés à découvrir. Le mérite revient beaucoup au style de l'auteur qui de prime abord peut paraître simple et dénué de profondeur. Très vite, on se rend compte qu'un peu à la manière des impressionnistes, c'est par petites touches qu'il développe personnages et décors, le rythme lent s'accélère pour bien souvent finir par une révélation saisissante et renversante. L'addiction est immédiate et l'on ne peut lâcher ce livre tant qu'on en arrive pas au mot FIN. Pour garantir une cohérence et maintenir l'intérêt du lecteur, les éditions Miroboles ont intercalé entre les nouvelles principales des textes nommés Fragments qui sont numérotés. On y retrouve des personnages déjà aperçus dans des nouvelles et on y fait des rencontres peu rassurantes comme cet étrange créature venu sur Terre via une météorite! L'ensemble est donc très bien structuré, stimule le cerveau en terme d'hypothèse et le rendu final est remarquable.

Je ne peux que vous conseiller cette lecture tant elle m'a charmé et marqué. À partir de trames à priori simple, Fager développe tout un univers qui n'appartient qu'à lui et vous dépaysera à coup sûr! Vous lirez ici ou là pas mal de comparaisons avec Stephen King, je les trouve justifiées en terme de thématiques cependant je trouve que le style est beaucoup plus fin chez Fager et qu'il maîtrise mieux ses récits. Ici pas de gros effets de manches ou de fins bâclées, juste des textes accrocheurs et sans concession pour un effet garanti! Courrez-y!

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mercredi 8 janvier 2014

Acquisitions parisiennes

Comme vous le savez, nous étions jusqu'à samedi dernier en vacances à Paris. Une semaine à cheval sur 2013 et 2014 qui, à l'image de notre séjour londonien d'il y a 2 ans, nous a fait le plus grand bien. Bon, je ne suis pas là aujourd'hui pour développer notre semaine en long en large et en travers, d'autres posts sont à venir pour ça.

Il y a une chose de bien à Paris, une chose formidable, une chose que l'on a du mal à oublier quand on change de région comme nous il y a maintenant 6 et 7 ans: le quartier St Michel! A chaque passage par Paris, que ce soit pour un week-end ou plusieurs jours, nous DEVONS faire notre pèlerinage là bas. Gibert Jeune, Gibert Joseph, Boulinier, Crocodisc... pour faire le plein de mots à mettre sous nos yeux et de sons à mettre dans nos oreilles. Ce sont des lieux incontournables! Rajoutez à cela la nouvelle boutique Métaluna, anciennement Movies 2000 dans le 9ème, qui s'est installée il y a quelques mois rue Dante et vous comprendrez que pour nous il est impossible de faire l'impasse sur St Michel!

Trêve de blabla, voici le carnage (et encore, je trouve qu'on a été soft (enfin... surtout moi...)).

Côté lecture:

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- Pete Dexter - "Deception point" parce que j'ai adoré "Un amour fraternel"
- Alexandre Dumas - "Vingt ans après" pour renouveler le plaisir de lecture de "La Reine Margot"
- Patrice Garcia - "Allande, Le Secret d'Alcande" pour son prix modique et une expérience inédite
- Sara Gruen - "De l'eau pour les éléphants" parce qu'encensé par beaucoup
- Nick Hornby - "Vous descendez?" parce qu'il n'est plus édité et que je suis une grosse quiche puisque je l'avais déjà dans ma PAL... Donc je veux bien le troquer! ^^
- Imbert et Gaukler - "Suicide commando" pour son prix modique et une expérience inédite (bis repetita)
- Jeff Lindsay - "Ce cher Dexter" parce qu'après avoir vu l'intégralité de la série, il faut bien que je découvre les romans originels (je commence donc par le premier)
- Yogo Ogawa - "La Petite pièce hexagonale" afin de découvrir un nouvel auteur japonais
- Ryü Murakami - "Les Bébés de la consigne automatique" depuis le temps que Mr K le cherchait d'occaz'!
- Ian Rankin - "La Mort dans l'âme" pour un Rebus de plus
- Jean-Jacques Reboux - "Le Poulpe, La Cerise sur le gâteux" parce qu'un Gabriel Lecouvreur ça ne se refuse pas
- Duong Thu Huong - "Au zénith" pour découvrir la face cachée de Ho Chi Minh
- Robert Charles Wilson - "Mysterium" pour retrouver un auteur hautement apprécié

Côté musique et DVD:

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- Ghost BC - "Infestissumam" groupe découvert au Hellfest sur la scène du Temple
- Seb Martel - "Re-ragalet" pour les souvenirs de fucking concerts parisiens!
- Nightwish - "Imaginaerum" parce qu'il nous fallait la BO de ce film vu aux Utopiales
- Opeth - "Ghost reveries" le meilleur album d'un groupe que Mr K vénère
- Oranssi Pazuzu - "Valonielu" ENFIN le second album en import!
- Satyricon - "Now, diabolical" album cultissime
- Wall of death - "Main obsession" parce qu'après un super concert à Lorient pendant le Festival IndisciplinéEs on voulait pouvoir le réécouter à la maison
- "The Theatre Bizarre" de collectif (Richard Stanley, Buddy Giovinazzo, Douglas Buck, Tom Savini, Karim Hussain, David Gregory, Jeremy Kasten) parce qu'on attendait sa sortie en salle et qu'il n'est pas passé par chez nous...

Bon ben y'a plus qu'à! :)

mardi 7 janvier 2014

"Lyrica" de Thomas F. Monteleone

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L'histoire: "Ma star s'est transformée en monstre! S'écrie l'imprésario de Lyrica, affolé. Elle a choppé la lèpre. Sa peau part en lambeaux!" Mais le lendemain, il a tout oublié.
Lyrica connaît une carrière fulgurante; elle est splendide mais, en Europe comme aux États-Unis, elle sème la mort avec désinvolture. Pour demeurer en vie, poussée par une faim insatiable, elle consomme les hommes qui tous dépérissent mystérieusement.
Qui est-elle donc? Une nymphomane? Un être chimérique? Une lamie? Et pourquoi disparaît-elle à chaque nouvelle lune?
Mathieu Cavendish, un écrivain à l'affût des phénomènes étranges, pressent l'épouvantable secret de Lyrica. Il la traque sans répit. Éliminera-t-il l'ensorceleuse au cours de leur ultime face à face?

La critique de Mr K: Cela faisait un petit peu de temps que je n'avais pas lu un roman dit "d'épouvante". C'est un genre que j'affectionne tout particulièrement et même si bien souvent, je me retrouve face à des écrits ordinaires et pas forcément mémorables, je reconnais volontiers leur côté page-turner et distrayant. Avec Lyrica, on rentre complètement dans cette catégorie de livres!

Tout commence par une étrange profanation de cimetière dans un petit village de montagne italien. Un caveau familial a été forcé et quelque chose semble en être sorti... pas des plus rassurant surtout quand dès le chapitre suivant, nous faisons la connaissance de Lyrica, une femme fatale aux pouvoirs surnaturels, pouvoirs qu'elle exerce exclusivement sur les hommes. Elle les hypnotise pour mieux les séduire et après l'acte de chair, ces derniers se retrouvent vidés de leur substance vitale. Lyrica laisse donc derrière elle des traces bien macabres ce qu'il va attirer l'attention d'un écrivain spécialisé dans l'étrange et le paranormal: Mathieu Cavendish.

Alternativement, nous suivons Lyrica et Mathieu Cavendish. La sublime créature va traverser l'océan pour tenter sa chance en Amérique. Au delà de ses actes immondes, on l'accompagne dans sa recherche de succès: rencontre avec son impresario, ses premières photos, le premier rôle décroché... Monde impitoyable à la clef, Lyrica est dans son élément, un monstre dans un monde de requin ne peut manquer de faire des ravages! De temps à autre, des flashbacks nous renseigne sur sa longue vie passée dans laquelle elle a charmé quelques hommes célèbres comme Mozart ou encore Van Gogh, la belle aimant se trouver des amants hors du commun pour renforcer ses pouvoirs et sa force. En parallèle, on découvre un écrivain anglais pas des plus sympathique: raciste affiché envers les français (cela donne une belle avalanche de clichés qui personnellement m'ont mis mal à l'aise), intransigeant et intéressé. Il va enquêter sur les morts suspectes qui accompagnent le parcours d'une jeune femme intrigante. Personnage repoussoir, je dois avouer que je ne souhaitais qu'une chose: qu'il disparaisse!

Ce livre se lit très vite avec un léger plaisir coupable. Le rythme est assez haletant et bien que l'écriture ne soit pas exceptionnelle, on peut dire qu'elle se révèle efficace en ce qui concerne le suspens. Pourtant, une impression de déjà vu (et en mieux!) s'installe et la fin m'a particulièrement déçue comme si l'auteur l'avait bâclé en une dizaine de pages. Attendue et prévisible, il gâche tous les effets qu'il avait mis en œuvre pour envelopper Lyrica de mystère. Monteleone aurait pu aussi se dispenser facilement d'une cinquantaine de pages qui s'apparentent clairement à du remplissage et les scènes de sexe deviennent vite lassantes et gratuites. Dommage car les premières du genre sont remarquables de sensualité et instaurent un climat bien glauque, mais très vite on a l'impression d'être devant un grand déballage!

Au final, voici une lecture assez dispensable mais qui peut se révéler utile si vous devez prendre le train ou perdre trois / quatre heures sans avoir besoin d'une concentration extrême. Loin d 'être inoubliable, vous ne regretterez pas non plus de passer à côté...

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mardi 31 décembre 2013

"Légitime défonce" - Série Le Poulpe - de Paul Milan

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L'histoire: Genève l'opulente et ses riches banlieues représentent un terrain de rêve pour les jeunes cambrioleurs des banlieues françaises toutes proches. Michel Barne n'en est du reste pas à son coup d'essai. Mais lorsque, par une belle nuit de printemps, il tombe sur un propriétaire de villa qui n'a, pour seule obsession, que la légitime défense, la vie du jeune casseur se mue en une horrible chasse à l'homme. Dont il est la proie et la bonne société genevoise la meute. Gabriel Lecouvreur, lui, se trouve étrangement embrigadé du côté des... traqueur.

La critique de Mr K: Le Poulpe et moi, c'est une grande histoire d'amour littéraire. Héros charismatique, auteurs de talents changeants et des histoires courtes et percutantes. Une fois de plus, au détour d'un étal, je me retrouvai à adopter une de ces aventures! Encore une fois, le bonheur de lecteur était au RDV!

Cap sur la Suisse et une belle brochette de facistes plein aux as! Dans leur collimateur, un jeune cambrioleur qui a eu le malheur de vouloir voler la mauvaise personne. Commence alors une chasse à l'homme impitoyable dans laquelle se trouve embringué notre cher Gabriel Lecouvreur. Vous imaginez bien que notre justicier libertaire n'a pas viré sa cuti. En mode sous-marin, il va essayer de lever le voile sur cette mystérieuse organisation des plus réactionnaires et en même temps, tenter de sauver le jeune voleur. Va y avoir du sport!

Une fois de plus, ce Poulpe est une pure réussite! Nous avons le droit à un éclairage peu flatteur des vicissitudes humaines avec notamment ici un gang de réactionnaires particulièrement belliqueux. Effroyables de méchanceté et d'inhumanité, l'argent donne tous les droits et le racisme est article de foi. Des passages à ce niveau sont assez rudes et la colère monte vite au nez du lecteur. D'ailleurs, le Poulpe se retient plus d'une fois durant son infiltration et la tension est présente tout le long de l'ouvrage qui est placé sous le sceau du suspens et de la course contre la montre. La chasse est très bien rendue, on passe du point de vue des prédateurs à celui de la bête traquée qui se révèle être un jeune con pas très intelligent qui ne comprend pas ce qui lui arrive. La peur est palpable, les pages se tournent et l'on est en plein roman noir. Cependant, rassurez-vous, c'est un poulpe et comme toujours cela se termine bien malgré des bobos et des vexations diverses.

L'écriture de Paul Milan est une merveille de concision et d'efficacité dans la pure tradition de la série littéraire qu'il rejoint avec ce tome. Les phrases fondent sous la langue comme un bon chocolat et malgré le caractère amer de l'histoire et des sous-entendus, on passe un très agréable moment. Simple regret, l'absence totale de Chéryl, la chérie de Gabriel, qui n'est qu'évoquée et dont la grande gueule et le charme extravagant manquent cruellement à l'amoureux transi que je suis. Mais ce n'est qu'un détail face à une histoire maîtrisée qui fait écho à l'ambiance générale dans laquelle baigne notre pays en ce moment.

Une très belle lecture donc, qui plaira autant aux novices qu'aux férus du poulpes! Avis aux amateurs!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant
- Arrêtez le carrelage

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vendredi 27 décembre 2013

Concours 666 - Les résultats!

concours

Nous voici, comme promis, de retour pour vous donner les résultats de notre Concours 666! Non, nous ne sommes pas morts mais en plein préparatif de nos vacances parisiennes à la rencontre d'une crevette (faut pas chercher...). Nous reprendrons une activité plus normale sur le blog dès les fêtes passées. En attendant, on en profite! Sachez tout de même que nous ne vous oublions pas et que quelques articles sont programmés dans la semaine à venir. Et ce, malgré notre absence (c'est beau la technologie et les bornes Wifi!).

Mais revenons en à nos moutons diaboliques!

La réponse à la question "Quel est le nom de l'animal domestique maléfique qui règne en maître dans notre antre?" était bien sûr Tesfa! Nous lui avions dédié un article il y a peu lors de son élection au titre de Miss Cat 2014 où nous avions indiqué en toutes lettres son nom.
Donc, non, même si elle peut s'avérer pénible par moment (et c'est peu de le dire parfois!), notre animal domestique n'est pas un cafard! Ah ah vous m'avez fait bien rire avec certaines de vos réponses :)

Venons en aux gagnants!

le-pistoleroGagnants du 1er tome "Le Pistolero":
tour_sombre_cle_vents

- faurelix
- Cébo
- lemillefeuilles (qui s'est décarcassée pour trouver une partie de la réponse sur notre blog. Je sais que tu voulais le dernier tome, ceci est un lot de consolation ^^)

Gagnants du dernier tome "La Clé des Vents":

- slay
- Marie-Hélène
- Cébo (qui avait du mal à se décider entre les 2 tomes! Ca tombe bien! ^^)

Merci à tous pour vos participations. Je transmets tout de suite et avant de partir vos coordonnées à la maison d'édition qui s'occupera de l'envoi de vos lots début janvier.

On vous souhaite de bonnes lectures et de bons moments en général pour cette fin 2014. A très bientôt!

Posté par Nelfe à 20:06 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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