mardi 31 mars 2015

"Ganesha" de Xavier Mauméjean

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L'histoire: Londres, fin du XIXème siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu'on surnomme "l'Homme-Éléphant"? Homme ou bête? Monstre de foire ou curiosité scientifique? Une simple anomalie de la nature ou... un dieu? Lorsqu'il rédige ses Mémoires, il n'a pas trente ans et réside depuis peu à l'hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Fréderick Treves. Un refuge qui lui permet d'observer splendeurs et misères de la capitale, et d'enquêter: quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car "le monde s'efface dans les rêves de l'éléphant..."

La critique de Mr K: Bien étrange expérience que cette nouvelle lecture de Xavier Mauméjean, un auteur qui m'avait bien transporté dans mes lectures précédentes que furent Lilliputia et American Gothic. Dédicacé par l'auteur lors de nos dernières Utopiales, je n'ai pu retarder plus avant la lecture de Ganesha, une de ses premières œuvres, récompensée en 2000 par le prix du roman fantastique à Gerardmer. Bien que plus ésotérique et exigeante envers le lecteur, cet ouvrage est une fois de plus une belle réussite entre plaisir de l'évasion et érudition perlée à chaque page.

Joseph Merrick réside désormais à l’hôpital au bon soin du docteur Crook qui lui voue une certaine curiosité. Son physique disgracieux ne l'empêche pas d'avoir un esprit vif et plein de répartie, il est très cultivé et est doté d'un esprit de déduction très fin faisant irrémédiablement penser à un certain détective anglais très connu de l'époque. À l'aide de ses amis (un jeune garçon travaillant à l'hôpital et un mystérieux aventurier) et de ses relations (du beau linge vient le voir à son chevet tout de même!), il va enquêter sur des affaires tantôt étranges, tantôt effroyables: meurtres, disparition, dédoublement de personnalité... Car Joseph Merrick n'est pas seulement ce qu'il paraît être au premier regard, n'est-il pas Ganesh le Dieu à tête d'éléphant?

Très énigmatique que cette lecture comme je le disais en début de chronique. On oscille entre plusieurs genres: des descriptions cliniques sur le héros, des digressions sur le panthéon hindouiste, des passages sur l'époque victorienne, l'organisation de l'hôpital, une plongée dans les quartiers populaires, dans les mondes interlopes, sur le monde des foires (thème récurrent de l'œuvre de Mauméjean)... le tout sous la forme de petits paragraphes resserrés à l'écriture souple mais gorgée de références. Plus d'une fois d'ailleurs, je me suis surpris à faire quelques recherches parallèles sur le net pour ne pas passer à côté de certains détails. Peu à peu, l'ensemble prend corps et l'on se concentre sur les fameuses enquêtes qui loin de nous épargner, nous plongent dans des abîmes bien sombres avec notamment un tueur d'enfants plutôt retors!

Au prime abord, il faut bien l'avouer, il faut s'accrocher. L'auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes, à multiplier les références, il perdra d'ailleurs sans doute quelques lecteurs au passage. Mais si l'on persévère et qu'on prend le temps parfois de relire certains passages, on découvre une mine d'informations, de détails et une finesse d'esprit assez extraordinaire. À travers le regard de Joseph Merrick, Xavier Mauméjean nous donne à voir une société anglaise décortiquée au scalpel à la fois attirante et repoussoir, entre modernité en marche et vieilles superstitions. Elephant man est beaucoup moins pathétique que dans le film éponyme de David Lynch, il a son destin en main et même si son quotidien est difficile (son infirmité est vraiment handicapante), il ne cède pas au désespoir et répond aux quolibets grâce à son sens de l'à propos très vif.

Une fois plongé dans la première affaire, difficile de relâcher ce volume qui s'apparente à une belle fantasy autour d'un personnage culte et d'une époque attirante. Une belle lecture pour un livre vraiment réussi si on se donne la peine de se laisser convaincre.

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vendredi 27 mars 2015

"Silo" de Hugh Howey

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L'histoire: Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, une communauté d'hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l'atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d'antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l'illusion. Pourtant, certain continuent d'espérer. Ces individus, dont l'optimisme pourrait s'avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent: sortir.

La critique de Mr K: Belle découverte que cette occasion trouvée à un très bon prix chez notre abbé chéri fin janvier où nous avions une fois de plus craqué! La quatrième de couverture m'a séduit immédiatement et Nelfe m'avait plus ou moins parlé de phénomène littéraire concernant cet ouvrage. C'est plus tard que j'appris que Hugh Howey était capitaine de yacht, qu'il s'était auto-publié et qu'il a depuis connu un grand succès avec Silo qui se décline désormais en une trilogie que je ne manquerai pas de compléter vu le goût de revenez-y certain que m'a procuré ce premier tome (qui d'ailleurs pouvait se suffire à lui-même).

Ce volume est constitué de cinq grands chapitres, plus ou moins cinq grandes nouvelles qui tissent une histoire plutôt classique (ce sera mon seul reproche). Le monde extérieur n'est plus vivable et une communauté humaine s'est installée dans un silo souterrain géant qui s'étale sur 140 niveaux. On trouve de tout: une cafétéria avec vue imprenable sur le monde extérieur inhabitable, un shérif et ses bureaux (plus une cellule), des fermes hydroponiques, des mines et des mécanos, une manufactures pour la fabrication de pièces et objets, un mystérieux niveau réservé aux instances dirigeantes qui proscrivent absolument toute idée d'évasion et d'espoir, se contentant de faire appliquer des règles fixées il y a des décennies. Tout contrevenant est relâché en dehors du silo et se voit ainsi condamné à une mort certaine, empoisonné par un air devenu irrespirable. Pour autant, on ne peut empêcher les personnes de réfléchir et de se poser des questions, le changement est en marche...

Il s'agit du premier livre de SF édité par Acte Sud et franchement c'est une belle réussite. Pas étonnant d'ailleurs que ce soit eux qui l'ait signé tant cette œuvre sort des sentiers battus et se révèle très "littéraire" dans sa forme. Ne vous attendez-pas à une débauche d'action et de détails très science-fictionnels... Hugh Howey semble avant tout chose s'attacher à ses personnages et l'évolution de leur psychologie. Ils sont nombreux et c'est peu à peu qu'on apprend à les connaître avec leurs fêlures et leurs aspirations. Attention cependant à ne pas trop vous attacher à eux car l'auteur n'hésite pas à en sacrifier un certain nombre pour le bienfait de l'histoire générale. Vous côtoierez la shérif, le maire, les mécanos prolos du fin fond du silo, des enfants perdus, de mystérieux commanditaires et bien d'autres personnes que je vous laisse découvrir. Tout ce petit monde vis en vase clos ce qui apporte une touche indéniable de paranoïa et de claustration à un ouvrage à nul autre pareil.

En effet, l'auteur s'attache aussi beaucoup à nous décrire ce monde isolé, tourné sur lui-même et ses certitudes qui lui sont assénés par une rigueur implacable. On voyage beaucoup à l'intérieur du silo, on découvre des us et coutumes proches des nôtres mais tout de même modifiées à cause des conditions de vie étriquées et soumises à un avenir qui semble bouché. Ainsi la démographie est contrôlée pour éviter la surpopulation (un système de loterie permet d'élire les heureux élus pour former une famille), les rations calculées pour éviter toute pénurie et les esprits maintenus dans une ignorance crasse de ce qui s'est passé auparavant et des réalités du monde extérieur. Drôle d'ambiance donc qui fait sortir ce roman du lot et maintient un mystère durant tout ce premier volume qui en appelle clairement d'autres pour lever le voile sur des éléments non dévoilés et seulement évoqués au détour d'un paragraphe et d'une page. Si si, il y a un côté frustrant!

Le suspens ne retombe jamais durant ces quelques 550 pages qui se dévorent littéralement, la faute à un sens du récit certain, un goût pour le réalisme et des scènes chocs d'une rare intensité. L'écriture est agréable, exigeante par moment (surtout au départ, cela devient plus classique sur les deux derniers chapitres) et évocatrice à souhait. On partage vraiment la vie de ce silo et on en explore vraiment tous les aspects. Il y a un côté livre-somme avec un background très bien travaillé. Les mauvaises langues diront qu'il n'y a rien de nouveau (beaucoup d'éléments et de thématiques ont déjà été explorées) mais en toute honnêteté, je ne me suis pas ennuyé une seconde et l'ensemble se tient, maintenant une balance équilibrée entre récit vif et passages plus descriptifs forçant la réflexion. Beau mélange qui a fonctionné pour moi à plein.

Ce fut donc une lecture des plus plaisantes, longue, parfois plombante, parfois emplie d'espoir, où l'émotion fait la part belle à la réflexion et l'anticipation. Un bel ouvrage que je prolongerai dans les mois à venir en essayant de me procurer les tomes suivants.

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mardi 24 mars 2015

"Le Secret d'Orbae" de François Place

9782203063754

L'histoire: Il y a cette île de l'autre côté du monde, entourée de fleuves de brume, dont le nom se prononce dans un souffle: Orbae. Il y a aussi une mystérieuse toile à nuages, et certaines cartes qui ne se lisent qu'à la clarté de la Lune… Il y a Cornélius, le jeune marchand de drap des froides villes du nord. Il y a Ziyara, la petite gardienne de chèvres des montagnes de Candaâ. Même les routes les plus contraires peuvent se rencontrer…

La critique de Mr K: J'avais entendu parler de François Place essentiellement en tant qu'illustrateur dans des œuvres jeunesses notamment avec les trois tomes de l'Atlas des géographes d'Orbae, œuvre cartographique imaginaire présentant un monde foisonnant et très complet. L'occasion s'est alors présentée à moi de lire le présent volume Le secret d'Orbae édité en poche chez Casterman, et donc de lire une œuvre faisant la part belle au voyage et à la découverte. Je ressors déçu de cette lecture.

L'auteur nous invite à suivre deux destins bien distincts qui vont finir par se rencontrer. Il y a tout d'abord Cornélius, un jeune drapier qui n'a qu'un rêve, trouver les mystérieuses montagnes bleues qui peuplent ses rêves et où il trouvera l'origine d'étranges étoffes aux reflets changeants comme le ciel. Sa route va le mener très loin de chez lui et il connaîtra moultes aventures avant d'avoir la révélation finale sur le but de son voyage. Dans la deuxième partie du volume, Ziyara simple bergère va connaître elle aussi un bouleversement dans son existence au détour d'une cérémonie qui lui révélera son destin. Commence alors la grande aventure de sa vie entre bannissement fondateur de sa contrée natale et exploration des océans du monde entier. Ces deux là vont finir par se rencontrer.

Vous l'avez compris, cet ouvrage est une invitation au voyage et l'on en traverse des régions durant les 400 pages que compte cet ouvrage. C'est la grande réussite de ce livre sur lequel souffle un vent d'aventure. Nos héros font de multiples rencontres, se heurtent à d'autres us et coutumes, traversent des paysages grandioses et observent des créatures étranges. Le hic réside dans le fait qu'il se dégage une impression de superficialité de l'ensemble. En effet, l'auteur passe très vite sur les différents lieux et les péripéties rendent une impression de "liste de course" d'actions et de descriptions bâclées au détriment de la profondeur de l'intrigue et de la psychologie des personnages. À faire trop d'ellipses, on ne fait que survoler les voyages de Cornélius et Ziyara. Du coup, même si la trame principale intrigue et accroche le lecteur, j'ai eu le plus grand mal à m'attacher aux deux héros et à leur destinée. On pourrait alors se dire que ce n'est qu'un ouvrage jeunesse mais j'en ai lu un certain nombre et celui-ci m'a semblé creux en terme de matière. Vraiment dommage car la quatrième de couverture était évocatrice à souhait.

Autre défaut, la tendance de François Place à s'attarder par contre sur les techniques de la cartographie dans son monde imaginaire et sur d'autres notions de géographie. Déjà que le récit manque de liant mais ces lourdeurs risquent d'égarer en chemin un certain nombre de jeunes lecteurs pour qui certains passages pourraient s'apparenter à du verbiage inutile (ils ne le dirait d'ailleurs certainement pas ainsi!). La langue de l'auteur est agréable mais j'ai trouvé qu'elle manquait d'épaisseur et de pouvoir de captation. C'est sans doute lié à ma perception négative de sa gestion du récit.

J'ai donc mis pas mal de temps à lire cet ouvrage alors qu'en général, je ne peux décrocher d'une lecture. La preuve s'il en est que celle-ci s'apparente à un coup dans l'eau… Dommage.

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lundi 23 mars 2015

"Qui ?" de Jacques Expert

Qui Jacques ExpertL'histoire : 1994, Carpentras, résidence pavillonnaire du Grand Chêne. Un lotissement où tout le monde connaît tout le monde, calme et sans histoires. Jusqu'à ce jour de mars, où la petite Laetitia Doussaint, est retrouvée violée et assassinée dans les bois alentours. Crime crapuleux dont l'auteur ne sera jamais identifié.

2013 : Quatre hommes s'apprêtent à regarder à la télé l'émission " Affaires non résolues ", dont le thème, ce soir là, est le meurtre de Carpentras. Quatre hommes hantés par l'affaire depuis ce jour où ils ont retrouvé le corps de Laetitia. Tous étaient voisins à cette époque, tous habitaient la résidence du Grand Chêne. Durant l'heure que va durer l'émission, avec son lot de questions et de révélations, ceux-ci se souviennent. Leurs épouses également. Certains secrets reviennent à la surface, des suspicions anciennes, des non-dits. Au terme de l'heure que dure l'émission, le voile sera levé. L'un de nos quatre hommes est en effet bel et bien le coupable du viol et du meurtre de Laetitia. Mais qui ?

La critique Nelfesque : En lisant la quatrième de couverture de "Qui ?" j'ai eu tout de suite envie de tenter l'expérience. Et le mot "expérience" est tout à fait justifié ici. Jacques Expert nous fait vivre le temps d'une soirée télé banale l'horreur d'un meurtre vieux de presque 20 ans.

La petite Laetitia a été retrouvée morte en 1994 après avoir été enlevée et avoir subi un viol. Deux décennies plus tard, l'assasin n'a toujours pas été retrouvé. Pourtant, l'enquête est toujours en cours et le commissaire Bouvard est bien déterminé à débusquer le coupable. Mais après tant d'années, difficile de faire la lumière sur cette affaire. Le temps a passé, les habitants du quartier du Grand Chêne ont déménagé, la vie a continué...

L'émission TV de ce soir vient à point nommé pour réveiller les souvenirs enfouis. Une sorte de "Complément d'enquête" qui va semer le trouble dans la vie bien rangée du coupable, de sa famille mais aussi de ses voisins de l'époque. Le temps d'une soirée, ils vont revivre les faits et l'enquête au cours des années suivantes pour enfin peut-être ce soir mettre un nom sur le meurtrier de Laetitia.

Jacques Expert nous livre là un thriller psychologique rondement mené. Tour à tour, le lecteur entre dans le salon de plusieurs familles ayant vécu de près ou de loin le drame de 94. Certaines ont aidé pour les recherches, d'autres ont payé le prix de rumeurs, d'autres encore ont perdu un membre de leur famille et l'un d'eux est l'assassin. Mais qui ? Une chose est sûre, tous ont vu leurs vies changées. L'auteur nous balade d'un personnage à un autre, nous perd dans les méandres des souvenirs des uns et des autres, nous fait croire à la culpabilité de l'un pour mieux nous surprendre...

Parfois caricaturaux, les personnages sentent la misère, la vie à l'usine, l'alcool, bobonne aux fourneaux et la soumission. Il existe une vraie solidarité dans ce quartier et le drame vient ébranler les certitudes, réveillant les plus vils instincts chez les habitants. Qui va devenir un tyran, qui va devenir fou, qui va s'inventer une vie pour mieux dissimuler ses méfaits... La valse des hypocrites est en marche.

Chaque couple présenté ce soir se connaît, ont été voisins, sont partis en vacances ensemble. Dès le début du roman, Jacques Expert nous présente le premier d'entre eux. Le mari est le coupable, sa femme le soupçonne. Le ver est dans le fruit, le lecteur est hameçonné. La suite se déroule à une vitesse folle et les pages sont dévorées.

Roman à la construction singulière, "Qui ?" mêle passé et présent pour mieux perdre le lecteur. Chacun aura sa petite idée, chacun sa théorie et ses certitudes. Tous se planteront ! Si vous êtes amateurs de thrillers psychologiques et romans noirs aux ambiances lourdes et au rythme lent, lisez cette oeuvre qui vous baladera pour mieux vous cueillir. Un autre Sonatine à découvrir !

Posté par Nelfe à 19:22 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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samedi 21 mars 2015

Le printemps dans nos PAL

Alors que certains sont en train de craquer leurs slips au Salon du Livre qui se tient en ce moment sur Paris, de notre côté, on fait la part belle aux secondes mains. Vous savez comment on est, depuis le temps que vous nous connaissez maintenant, quand on est devant des petits orphelins en attente de nouveaux parents, nous ne savons pas dire non !

Les acquisitions Nelfesques :

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- Revue XXI : Une revue toujours très intéressante avec des sujets de fond, c'est toujours bon à prendre. Surtout quand on la dégote à 1€ (pour info, c'est 15€ dans le commerce). A ce prix là dommage qu'il n'en restait qu'une...
- "Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson : "Quoi !? T'as JAMAIS lu "Millénium" !?" Hey ça va détend toi ! Bien sûr que je l'ai déjà lu. Tu me prends pour une fana de thriller en carton ou quoi ? Seulement voilà, mon tome 1, issu d'un troc est une vilaine édition France Loisir donc hop, on le remplace par la vraie de chez Actes Sud et ainsi les 3 tomes sont tous pareils dans la bibliothèque (comment ça, je suis une maniaque?).
- "Nickel Blues" de Nadine Monfils : Parce que j'ai déjà "Les Vacances d'un serial killer" dans ma PAL et que celui ci m'a l'air complètement déjanté, encore une fois !
- "La Répétition" de Eleanor Catton : Parce que j'ai flashé sur la couv' et que l'histoire est glauque à souhait. Pile le genre d'histoire qui me branche.
- "Purge" de Sofi Oksanen : Parce que ça fait longtemps que j'ai ce roman ci dans ma wish list et que la semaine passée j'ai vu l'adaptation sur Arte (sans savoir que c'était cela à la base sinon j'aurai stoppé le visionnage vu qu'en général je préfère lire les bouquins avant). Cette adaptation m'ayant complètement retournée, il fallait que je lise ce roman au plus vite. La vie est bien faite parfois, il m'est tombé dans les bras !
- "Beach Music" de Pat Conroy : Parce que j'ai adoré "Le Prince des marées" du même auteur et qu'un pavé de plus ne me fait pas peur.
- "Conséquences" de Darren Williams : Parce qu'on se trompe rarement avec un Sonatine.

Même si j'ai déjà une PAL à faire peur, j'ai été plutôt raisonnable et quand on sait que j'en ai eu pour 18€ l'ensemble, ça aurait été dommage de se priver !

Place maintenant à Mr K qui a perdu tout sens commun ...

Les acquisitions de Mr K :

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Côté horreur / fantastique :

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- "Ring" de Koji Suzuki : J'ai adoré l'adaptation d'Hidéo Nakata qui avait réussi à me filer la frousse de ma vie et le recueil de nouvelles "Dark Water" du même auteur m'avait bien plu... Tentation quand tu nous tiens!
- "Otage de la nuit" de Richard Matheson : On ne peut résister à un Matheson! Vous me dites que si? Je vous dis que non! Surtout que l'histoire de celui-ci mêlant couple à la dérive et femme fatale fantomatique semble réserver de belles surprises.
- "La Boucle" de Koji Suzuki : Tentation again avec mister Suzuki qui revient cette fois-ci avec une histoire de virus très très contagieux!

Côté policier :

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- "Les Orpailleurs" de Thierry Jonquet : Je ne l'ai pas lu celui-là, Thierry Jonquet ne m'a jamais déçu et ce volume a de très bonnes critiques. J'ai déjà hâte de le lire!
- "L'Epée de Darwin" de Dan Simmons : Ca fait un p'tit bout de temps que je n'ai pas fréquenté cet auteur. L'occasion fait le larron et cette histoire d'accident qui ne semble pas en être vraiment un est intrigante... Wait and see.
- "Le Jardin des pendus" de Ian Rankin : LE Rankin que je cherchais pour pouvoir ensuite enchaîner sur trois autres de la série mettant en scène l'innénarrable inspecteur Rébus! O joie!
- "La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond" de Serge Brussolo : Pour le titre complètement décalé, pour cette histoire de métro englouti où auraient survécus des rescapés, pour Brussolo enfin qui m'a souvent fait chavirer par son imagination si fertile.

Côté SF :

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- "Arche" de Stephen Baxter : Une histoire classique de fin du monde avec aux manette cet auteur que j'ai connu grâce à sa très belle collaboration avec Terry Pratchett. Hâte de voir ce que cela donne en solo.
- "La Face des eaux" de Robert Silverberg : Ben... face à un Silverberg , je ne peux pas résister... no comment!
- "Saison de rouille : hommes sans futur" de Pierre Pelot :  Pierre Pelot est aussi un auteur que j'affectionne et cette histoire d'apocalypse (une de plus me direz-vous) me parait bien thrash dans son développement.
- "American Gods" de Neil Gaiman : Ce sera mon premier livre de cet auteur dont la réputation n'est plus à faire. Couvert de récompenses, cet ouvrage a l'air bien barré et rentre complètement dans mes goûts.

Côté contemporain :

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- "Poulailler" de Carlos Batista : La quatrième de couverture est barrée de chez barrée avec une histoire d'enfant sadique reproduisant son monde déviant au sein d'un poulailler! Bien thrash à priori!
- "Les Anges vagabonds" de Kerouac : Pour retrouver la belle expérience que fut la lecture de Sur la route quand j'étais ado. En plus, la couverture est top!
- "Les Vieilles" de Pascale Gautier : La couverture m'a attiré l'oeil de suite et cette histoire de nouvelle retraitée qui va se confronter aux vieilles habitudes des plus anciens a l'air à la fois touchante et drôle.
- "Insupportable" de Giacomo Sartoni : Un petit livre plein de promesse à classer dans le noir le plus profond et que je lirai très prochainement avec l'histoire d'un jeune homme humilié dans sa vie de tous les jours et qui va réagir de façon extrême.
- "Petite" de Geneviève Brisac : Un coup de poker que cette chronique de l'anorexie à travers les yeux d'une jeune malade. C'est une pathologie qui m'a toujours interpellé, ce sera l'occasion d'en comprendre un peu plus les mécanismes physiques et surtout mentaux.
- "Malevil" de Robert Merle : La mort est mon métier a été un choc lors de sa lecture, j'ai hâte de replonger dans cet auteur avec ce livre traitant de l'apocalypse (again!).
- "Les Domestiques" de Gustavo Bossert : Une histoire étrange de domestiques cinglés squattant de force une maison. Bien branque et en provenance directe d'Amérique du Sud. Je prends!
- "On n'empêche pas un petit coeur d'aimer" de Claire Castillon :  Claire Castillon m'avait bien marqué avec Insecte, recueil de nouvelles bien noires. J'en redemande avec celui-ci qui à l'air tout aussi perché que le premier!
- "Le Monde selon Garp" de John Irving : Livre culte pour beaucoup, je vais tenter l'expérience. Je dois avouer que je ne sais même pas à quoi m'attendre!
- "Un Long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot : J'avais vraiment aimé le film et certains amis historiens m'en avait dit le plus grand bien. Comme en plus j'adore la littérature traitant de la Première Guerre mondiale, je saute le pas!
- "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson : Nelfe avait dévoré ce roman qui lui avait été prêté par l'ami Franck. Je voulais moi aussi le lire et le prix modique m'a fait basculer du côté obscure de la force!
- "Jeux de maux" de David Lodge : Pour tester cet auteur dont j'ai entendu le plus grand bien, il est question ici du Diable. Raison de plus pour s'y intéresser!
- "Le Violon noir" de Maxence Fermine : J'avais adoré "Neige", il m'était donc impossible de passer à côté de celui-ci qui est aussi très bien côté dans la blogosphère.

Bon j'ai craqué dans les grandes largeurs mais pour seulement 31€... Je suis pardonné, hein?

Je crois que là, on est privé de librairie pendant plusieurs mois !


vendredi 20 mars 2015

"L'Armée furieuse" de Fred Vargas

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L'histoire: Avec sa petite blouse à fleurs et son air timide, Valentine Vendermot et son histoire de fantômes ne sont pas de taille à mobiliser une brigade parisienne. Pourtant, le commissaire Adamsberg a très envie de s'intéresser à cette chevauchée nocturne dans le bocage normand. Il délègue l'enquête en cours et se rend sur les lieux: Ordebec, son église, son bistrot, son chemin de Bonneval, ses crimes atroces.

La critique de Mr K: L'Armée furieuse est l'avant dernier roman en date de Fred Vargas dans les aventures du commissaire Adamsberg. Je l'ai dégoté déjà depuis un certain temps et il me faisait de l'œil dans ma PAL de romans policiers. Je cédai donc à la tentation et plongeai avec délice dans l'univers si particulier de cette auteure que j'affectionne tout particulièrement.

Une fois de plus Adamsberg et son fidèle second Danglard (ainsi que toute la fine équipe) se retrouvent confrontés à une série de meurtres sanglants, cette fois-ci dans la campagne normande profonde. Il décide de se mettre plus ou moins au vert suite à l'escapade d'un suspect depuis les geôles de son commissariat (une histoire de riche personnalité assassinée et de bouc-émissaire banlieusard). Dans les brumes de Normandie, une compagnie fantastique erre dans les chemins de traverse en quête d'âmes à emporter en Enfer. Les cadavres s'accumulent, les indices moins... L'enquête progresse très lentement au rythme des éclairs de génie d'un Adamsberg toujours aussi nébuleux dans ses raisonnements et ses rapports aux autres.

Ce qu'il y a de bien chez Vargas, c'est l'impression de se retrouver chez soi avec des familiers dès le premier chapitre. Adamsberg reste égal à lui même, son charme reste toujours aussi prégnant avec en plus dans ce volume la découverte de son fils oublié qu'il avait retrouvé lors du roman précédent. Zerk et lui se ressemblent beaucoup et ils commencent à s'apprivoiser l'un l'autre, vu leur natures taciturnes, ce n'est pas évident au départ. On retrouve aussi Danglard à l'érudition digne d'une encyclopédie et au goût immodéré pour le vin blanc (mais comment fait-il pour tenir autant!) qui aura fort affaire avec Veyrenc dont il jalouse la relation étrange avec Adamsberg. C'est aussi au détour de certaines pages les apparitions remarquables et remarquées de Rettancourt, ogresse de la police nationale aussi efficace que forte en gueule et tous les autres membres de la brigade ainsi que le gros chat qui paresse à longueur de journée sur la photocopieuse (elles savent ce qui est bon ces bestioles-là!).

Vargas n'a pas son pareil pour planter un décor et des personnages de la ruralité. La Normandie des campagnes est très bien décrite dans ce roman depuis les descriptions du village d'Ordebec au caractère quelques peu renfermé des habitants. Nous nous promenons en compagnie du commissaire dans les bois et les chemins de d'exploitation à la recherche de lord Hellequin, seigneur mort-vivant venu sur Terre chercher les pêcheurs ne méritant pas une vie meilleure. Naturalisme, expressionnisme et même une pointe de fantastique à l'occasion, curieux mélange que ses errances champêtres où Adamsberg cherche une vérité enfouie dans le passé commun de cette commune où amitiés et haines perdurent entre les familles et les personnes. Les dialogues sont aussi succulents entre les parisiens tout frais débarqués et les personnes du crû aussi familières que pleines de bon sens. Au fil des rencontres, des expériences, les fausses pistes abondent et tour à tour le lecteur se prend à envisager toutes sortes de pistes sans vraiment pouvoir affirmer qu'elles soient bonnes pendant plus de dix pages tant l'auteur se complaît à nous surprendre de chapitre en chapitre.

Écriture une fois de plus simple et efficace, un sens du suspens vraiment incroyable, des personnages très attachants, une révélation finale qui se tient et difficile à deviner... autant de bons points qui font de cet opus une très belle réussite de plus à mettre à l'actif de Fred Vargas. À lire!

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
L'Homme à l'envers 
Sous les vents de Neptune
Dans les bois éternels
Un lieu incertain
L'homme aux cercles bleus
Coule la Seine
Sans feu ni lieu
- Ceux qui vont mourir te saluent

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mardi 17 mars 2015

"Voyages en absurdie" de Stéphane De Groodt

voyageL'histoire: Vous le sachez peut-être, oui bon je dis ce que je veux... et si vous le savez pas je vais vous le dire quand même parce qu'un homme averti en vaut deux et qu'une femme avertie en vaut la peine, mais ces chroniques, du latin chronicum et du franco-grec chroNikos, m'auront permis-de-conduire ma plume à Londres de moi-même, aux six côtés de l'Hexagone, aux plus hauts sommets des profondeurs, dans les régions les plus reculées, avancées, assises, debout, couchées des quatre coins du monde pour des rencontres aussi sûres que réalistes, aussi curieuses que rieuses.
D'une simple touche sur mon clavier à spirale j'ai rencontré Reza Pahlavi, le fils de feu le Shah et de la chatte, ai vu danser Régine le twist à gaine, me suis transporté de la baraque d'Obama au jacuzzi de Silvio, me suis encastré dans Fidel, suis entré dans la reine, ai fait marcher Delon en large, ai été à la peine avec Jean-Marine, et laissé à terre Mitt...

La critique de Mr K: Chronique de chroniques aujourd'hui avec cet ouvrage de Stéphane De Groodt qui m'a été offert à mon anniversaire par Nelfe herself! J'adore le bonhomme que j'avais découvert interloqué lorsqu'il campait le rôle d'un père de famille dépassé par les questions intellos de son jeune fils Clovis (le format court télé File dans ta chambre). Depuis, De Groodt a officié sur Canal Plus comme chroniqueur aimant dézinguer notre si belle langue française. Ce volume, Voyages en absurdie (un autre est paru depuis) nous invite à rencontrer nombre de personnalités connues de manière loufoque et délirante. Résultat garanti avec un livre qui m'a fait rire de bout en bout mais qui nécessite une certaine concentration!

Le champ des possibles est large dans le domaine de la chronique dite culturelle mais dans cet exercice De Groodt s'en sort avec les honneurs et même plus, grâce aux manipulations soniques et sémantiques dont il a le secret. Seul bémol à mon enthousiasme avant de rentrer dans la lecture: retrouverais-je le plaisir que l'on éprouve quand les mots sont prononcés avec la finesse de l'intonation? Après un nécessaire temps d'adaptation, je vous répondrai avec un grand oui!

A travers pas moins de 50 chroniques, Stéephane De Groodt en rencontre du monde! Dans le désordre la Reine d'Angleterre, les Le Pen, Drucker, Johnny Hallyday, Arnaud Montebourg, Zahia, Jacques Vergès, Claude Lelouch, mère Thérésa, Angelina Jolie (dont l'auteur est profondément épris!) et bien d'autres (y compris Dieu, excusez du peu!) vont recevoir la visite d'un belge pour le moins original à qui il arrive des aventures extraordinaires et surréalistes. Il faut dire qu'un simple mot ou une simple expression transformée peuvent l'amener à dévier sa route de plusieurs milliers de kilomètres! Quiproquos et autres incompréhensions sont nombreux pour le plus grand plaisir du lecteur happé par sa lecture autant que dérouté par les procédés d'écriture usités par l'auteur et les références au patrimoine culturel ringard français (paroles de chansons notamment).

De Groodt aime la langue française et il le lui rend bien en la malmenant au possible. Les sons, l'orthographe et autres règles de grammaire lui servent de tremplin aux jeux de mots les plus aléatoires et hallucinatoires. Il n'est pas rare de devoir relire certains passages pour en comprendre la substantifique moelle qui pour le coup à un goût vraiment inégalable. On ne s'ennuie jamais et la lassitude ne se pointe pas. En même temps, le livre est plutôt court et peut-être est-ce mieux ainsi. Difficile de comparer avec les sketchs en direct à la télé, le plaisir est à mes yeux différents et il est intéressant de revoir certains d'entre eux après les avoir lus. Les deux se complètent bien.

Au final, on passe un excellent moment qui déride et détend. Franchement, ce serait dommage de passer à côté de cela!

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samedi 14 mars 2015

"La Piscine-bibliothèque" d'Alan Hollinghurst

piscine

L'histoire: Au bord de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, un jeune dandy extraverti rencontre un homme plus âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d'écrire sa biographie…

La critique de Mr K: L'occasion m'a été donné de pouvoir lire La Piscine-bibliothèque qui était jusque là introuvable en France, n'ayant jamais été réédité en langue française depuis sa sortie initiale en 1988. C'est désormais chose faite chez Albin Michel avec cette ressortie du livre majeur d'Alan Hollinghurst, un des auteurs britanniques contemporains les plus importants de sa génération avec ici une histoire se déroulant dans le milieu gay du Londres débridé des années 80.

William, jeune héritier oisif d'une grande famille anglaise passe sa vie à passer de bras en bras, à faire la fête et à fréquenter le club sélect Corinthian (haut-lieu du milieu homo du Londres de l'époque) avec sa piscine et sa salle de sport. Il a une attirance toute particulière pour les jeunes noirs et ne s'interdit aucune aventure suivant sa philosophie de jouisseur hors-norme. Il n'est jamais réellement tombé amoureux, a peu d'ami à part James, un médecin généraliste avec qui il partage ses ressentis et ses aventures.

Cependant rien n'est éternel et plusieurs rencontres vont le marquer chacune à sa manière. Il y a Arthur un jeune black issu des quartiers difficiles de l'est de Londres qui va lui faire entrapercevoir le sentiment amoureux qui se confirmera par la suite avec Phil, un jeune employé timide travaillant dans un hôtel de luxe et parfaisant son corps d'athlète au Corinthian. Il y a aussi la rencontre avec Charles, vieil aristocrate au bord de la sénilité qui va le convaincre d'écrire sa biographie et lui confier ses journaux intimes livrant par la même toutes les clefs d'une vie remplie et aventureuse au possible. Peu à peu, on sent de légères failles se dessiner dans l'idéal de vie de William qui va irrémédiablement changer et peut-être d'une certaine manière trouver le bonheur…

Ce qu'il y a d'épatant dans ce livre, c'est la langue de Hollinghurst. D'une finesse et d'une pureté incroyable même dans les moments les plus scabreux, elle met merveilleusement en lumière la profondeur des personnages. Jamais précieuse mais exigeante et limite poétique par endroit, c'est un plaisir renouvelé de lecture qui se présente au lecteur à chaque page tournée. Et même si je n'ai pas forcément beaucoup aimé le personnage de William qui est très éloigné de mes choix de vie, ce fut un réel plaisir que de lire son histoire qui réserve bien des moments forts.

Il y a évident la drague, le désir et le sexe qui sont centraux dans ce roman. Âmes prudes passez votre chemin car la chair est ici déballée et détaillée assez régulièrement entre très belles descriptions de l'autre, naissance et accomplissement du désir mais aussi parfois érotisme violent et passages purement pornographiques mais jamais gratuits. Même si l'aspect purement sexuel m'a laissé de marbre (on n'est pas du même bord), j'ai grandement goûté les descriptions mentales et physiques des amants de Will qui finalement traduisent bien cet état d'émerveillement que l'on peut ressentir lors d'une première rencontre ou d'un premier RDV. Loin d'être à classer dans le porno soft à la mode depuis quelque temps en littérature (vous savez de quoi je parle…), il est ici question de la recherche de l'Amour avec un grand A, celui qui fait mal et nous habite pendant longtemps, chose inconnue pour William avant les rencontres-clefs narrées dans ce volume.

Au delà du milieu gay qui est très bien retranscrit sans clichés ni portes-ouvertes, c'est une certaine époque de liberté exacerbée qui nous est décrite. Notamment, la liberté sexuelle sans sida qui ne fera son apparition que quelques années plus tard. C'est aussi de manière larvée une belle description des différences de classe existant au Royaume-Uni notamment au travers du trajet que fait le bourgeois de héros dans les quartiers difficiles pour essayer de retrouver son jeune amant disparu. C'est aussi au détour d'un passage tétanisant racontant l'agression physique et verbale que subit le héros par deux skins, l'occasion d'aborder la discrimination dont fait encore parfois preuve la communauté gay souvent montrée du doigt. Les différentes ambiances sont très bien retranscrites et on navigue constamment entre des sentiments changeants tant cet ouvrage fait la part belle à l'humanité la plus profonde et les surprises que la vie peut nous réserver.

J'ai donc passé un très bon moment avec ce livre assez unique d'Alan Hollinghurst. Je comprends maintenant bien mieux l'engouement qu'il a pu susciter notamment dans la communauté homosexuelle. Une très belle écriture, des personnages marquants et une histoire d'une grande richesse en font un ouvrage de référence que je vous invite à découvrir au plus vite si le cœur vous en dit.

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vendredi 13 mars 2015

Bye Bye Mister Pratchett...

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C'est un grand monsieur qui nous a quitté hier en la personne de Terry Pratchett. Avec son look de professeur de Poudlard, il était un auteur que j'affectionne particulièrement avec ses volumes drôlatiques et merveilleux se déroulant dans le Disque-Monde où personnages ubuesques se croisaient et devaient faire face aux situations les plus délirantes. Qu'est-ce que j'ai pu rire et m'évader au travers des aventures débridées du mage Rincevent ou de la sorcière Mémé Ciredutemps entre autres... J'ai aussi découvert plus récemment l'étendue du talent de cet auteur hors-norme avec les plus classiques mais tout aussi réussis volumes de La Longue Terre et La Longue Guerre (La Longue Mars devrait bientôt se retrouver dans ma PAL) où il livrait avec son camarade Baxter des romans SF à la fois divertissants et réflectifs. 

66 ans, c'est vraiment trop jeune pour mourir, il rejoint La Mort personnage récurrent de ses oeuvres avec lequel il marchera et ne manquera pas de philosopher. Il nous laisse un grand vide dans le petit monde merveilleux de la littérature de genre. Reste son oeuvre universelle et conséquente qui n'attend plus que d'être découverte par de néo-lecteurs. Soyez sûr que nous serons à l'avant garde de ceux qui partageront et inspireront (nous l'espérons) de nouveaux lecteurs qui découvriront à leur tour un univers d'une richesse et d'un humanisme rare.

Chapeau bas l'artiste, vous nous manquez déjà...

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samedi 7 mars 2015

"La Guerre des Mūs : L'Empire d'Atlantia" de Lisa Fiedler

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L'histoire: On peut être petit et avoir le coeur grand. Dans la mystérieuse cité d'Atlantia, Hopper se retrouve plongé au milieu d'une dangereuse guerre des territoires entre chats et rats. Pour rétablir la paix, la souris devra faire preuve d'un grand courage et accepter le secret qui entoure sa naissance.

La critique de Mr K: Voici une bien belle découverte que ce premier volume d'une tétralogie à venir dont ce premier tome est sorti le 4 mars. Décidément Flammarion a de beaux titres dans sa collection jeunesse avec ici un roman faisant la part belle à l'aventure et l'amitié sans concéder la moindre once de terrain à la facilité et au "mâchage" de travail pour nos chères têtes blondes.

Hooper est un souriceau qui vit dans une animalerie avec sa turbulente sœur et son chétif de frère. Maman a été enlevé un beau matin et les voila orphelin. C'est avec horreur qu'ils voient rentrer dans la boutique un ado boutonneux amateur de serpents convoitant avec sadisme le bocal à rongeur pour nourrir son beau boa (sic!). Ni une ni deux, les rongeurs élaborent un plan d'évasion et arrivent à leur fin. Le hasard les sépare et voici Hopper perdu dans le sous sol interlope du Bronx. Échappant de peu à une mort atroce grâce à un mystérieux prince rebelle, il va devoir affronter de multiples dangers pour trouver sa voie et peut-être retrouver ses proches.

L'immersion est immédiate avec Lisa Fiedler, une auteur qui va dans le fond du sujet très vite. La caractérisation des personnages est rapide mais non dénuée de nuance, les protagonistes gagnant en consistance au fil de ce premier volume. On se prend très vite d'affection pour le jeune héros qui se retrouve projeté héros malgré lui dans un univers à la fois étrange et effrayant. Il pourra compter sur l'aide du jeune prince Zucker en rébellion contre son empereur de père (qui s'est allié aux chats au mépris de toute morale) et sur une jolie rate hors-la-loi au tempérament de feu. Amoureux de la gente féline, point de mignons chat-chats à sa mémère ici mais plutôt des créatures cyniques et sans scrupules sous des oripeaux des plus séduisants! On croise aussi des criquets, des réfugiés concentrés dans des camps (écureuils et autres animaux perdus dans les sous sols de New York) et de-ci delà quelques humains plutôt inquiétants. Le petit monde souterrain s'anime sous les yeux du lecteur séduit par cet univers si proche et si éloigné à la fois où nos petits déchets représentent une mine de convoitise pour les créatures du monde du dessous.

L'écriture est très abordable, elle conviendra à merveille aux néo-lecteurs qui se laisseront happer par une histoire certes classique mais bien menée et amenant quelques questionnements pas inintéressants sur la notion d'amitié et de respect. On ne sombre pas pour autant pas dans la mièvrerie totale, certains passages sont même plutôt dark pour le jeune héros qui va devoir apprendre les aléas de la vie et se confronter à la tristesse et la déception. Le lecteur passe donc par tout pleins d'états entre exaltation, curiosité, inquiétude et même par moment par de légers passages mélancoliques (pas de quoi le faire rentrer en dépression pour autant je vous rassure!). Le rythme est enlevé, pas le temps de s'ennuyer et l'on arrive très vite au mot fin sans s'être rendu compte du temps passé. Si ça ce n'est pas un bon point, je ne m'y connais pas!

Jolie, sympathique et fraîche lecture donc que ce tome 1 de La Guerre des Mūs qui je l'espère sera prolongé de belle manière dans les tomes à venir. Wait and see!

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