mercredi 29 juillet 2009

"Un bonheur insoutenable" Ira Levin

iraL'histoire:

Dans un futur qui n'est peut-être pas très éloigné, toutes les nations sont désormais gouvernées par un ordinateur géant, enfoui sous la chaîne des Alpes.

Les humains sont programmés dès leur naissance -du moins ceux qui ont été autorisés à naître- et sont régulièrement traités par des médicaments qui les immunisent contre les maladies, mais aussi contre l'initiative et la curiosité.

Il y a cependant des révoltés.

L'un d'eux, surnommé Copeau, va redécouvrir les sentiments interdits et d'abord l'amour. Il s'engage alors dans une lutte désespérée contre ce monde trop parfait, inhumain, qui accorde, certes, le bonheur à tous, mais un bonheur devenu insoutenable parce qu'imposé.

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La critique de Mr K:

Voici mon avis sur un autre des livres que j'ai pu lire durant notre séjour dans les gorges du Tarn. Rappelons ici que l'auteur Ira Levin est surtout connu pour une oeuvre maîtresse dans le domaine du fantastique "Rosemary Baby" adaptée avec brio par Roman Polansky pour le cinéma. Dans cet ouvrage, Levin se replonge dans le genre de la SF après un précédent livre intitulé "Les femmes de Stepford" très bien noté selon les sites d'amateurs de SF mais que je n'ai toujours pas lu (ça ne devrait pas tarder vu les qualités de l'oeuvre ici critiquée).

Ce livre se situe dans la droite ligne d'ouvrages déjà commentés dans ce blog à savoir "Le meilleur des mondes" et "L'oiseau d'Amérique", il se rapproche aussi énormément de "1984" d'Orwell. Disons le tout net, il ne dépasse pas ces oeuvres mais trouve sans rougir sa place sur les mêmes rayonnages! On retrouve l'idée d'une espèce humaine autrefois en perdition qui se retrouve régie par une forme larvée de totalitarisme (ici incarnée par l'ordinateur UNI) qui sous couvert d'égalité, pervertit  et annihile la notion de liberté individuelle. Plongé dans une "prison dorée", chaque être humain voit sa naissance, sa vie, sa mort contrôlées: les pulsions et les velléités individualistes ont disparu pour laisser place à "la Famille". Chaque individu se voit attribuer un "conseiller" à qui il doit se confier sans réserve, notamment à propos de ses désirs, ses éventuelles pensées impropres et autres dérapages... Un traitement chimique est attribué à chaque début de mois afin de laisser les humains dans une espèce d'état d'hébétitude permanent. Contrôle des naissances, eugénisme, mort programmée pour tous à 62 ans, bracelet obligatoire servant à pister les déplacements de chacun et celà en permanence, 4 prénoms au choix pour les nouveaux nés seulement avec un matricule (ainsi le héros, surnommé Copeau par son grand-père maternel, s'appelle en réalité LI RM35M4419). Quant aux "incurables" (ceux qui tentent de vivre à l'ancienne, période dite "pré-UNI"), tout est mis en oeuvre pour les "aider" et les remettre dans le droit chemin.

Toute cette nouvelle société et ses fondements sont explorés à travers les yeux de Copeau depuis sa naissance à l'acte final. Personnage rebelle, en formation durant tout l'ouvrage, il est le révélateur que quelque chose ne tourne pas rond et que le bonheur ambiant est factice et cache quelque chose de peu recommandable. A la manière d'un thriller ou de la dégustation d'un mille-feuilles, le lecteur éberlué entrevoit la vérité petit à petit et reste sous le choc d'une révélation finale bien d'actualité sur la nature profonde de l'être humain (attention, livre pessimiste!) et son irrésistible besoin d'être contrôlé (religions, utopies et idéologies).

Très bon livre donc que celui-ci tant la langue et les idées développées me touchent et font mouche. Malgré le temps qui s'est écoulé depuis son écriture, le message reste toujours contemporain. Cet ouvrage est très abordable et est à conseiller à tout le monde y compris aux néophytes. A lire donc!

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dimanche 26 juillet 2009

"God save la France" de Stephen Clarke

godsavelafranceL'histoire:

Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d'un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham.

Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s'adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n'est pas au bout de ses surprises...

La critique Nelfesque: Si vous cherchez une lecture de vacances, STOP!!!! Vous avez trouvé. Dans le pur style anglais, ce livre de Stephen Clarke, de son vrai nom "a year in the merde", est très drôle et venge nos amis d'outre manche de toutes les idées reçues que nous véhiculons sur eux en France. Cette fois ci, c'est à notre tour d'en prendre pour notre grade! Mieux vaut savoir rire de soi-même et de nos compatriotes avant de se lancer dans cette lecture...

Paul, débarque fraîchement d'Angleterre et s'installe dans la ville lumière qui n'a de lumière que son nom... Il y a beaucoup trop de crottes de chiens sur les trottoirs, sans parler des prix exorbitants pratiqués dans les cafés de la capitale (serait-ce dû à sa tête de rosbif?). L'amour à la française il n'y comprend rien et aux femmes françaises encore moins. Les grèves à répétition, les effusions de "bonjour/bonsoir/bon appétit/bonne nuit/bonnes vacances...", les lourdeurs administratives, tout celà est nouveau pour lui. 

Le style d'écriture n'est pas des plus littéraires mais plutôt oralisant, dans la lignée d'un Bridget Jones. La différence se trouve dans le fait que cette fois ci nous sommes dans la tête d'un homme et les centres d'intérêt sont différents (exit les recherches d'homme idéal et de robes parfaites). On suit avec plaisir les pérégrinations d'un anglais à Paris et on rit avec lui de toutes ces énormités qui font notre quotidien et auxquelles on ne fait pas attention.

A lire en été, entre la plage et le transat, sous le parasol, les pieds en éventail. De mon côté, "Merde actually" (le tome 2) est prévu au programme des prochaines lectures tant le 1er m'a donné envie d'en prendre encore plus dans la tronche (serait-ce le propre des français d'être masos?!). 

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samedi 25 juillet 2009

"Nom de code: Witch" Ian Rankin

witchL'histoire:

Cela fait des années que la Special Branch et le MI5 essaient de mettre la main sur une femme: Witch, terroriste internationale particulièrement dangeureuse et performante. Le problème, c'est que personne n'est capable de la décrire avec précision.

Il suffit de l'étrange explosion d'un bateau de plaisance au milieu de la Manche, de l'assassinat d'un banquier en Ecosse et de l'arrivée imminente, à Londres, de nombreux chefs d'État, pour semer la panique: aucun doute, Witch s'apprête à frapper de nouveau.

Entre Calais, Paris, l'Allemagne et une fête foraine à Brighton, la traque fébrile menée de front par les services secrets français et britaniques se resserent autour du Centre de conférences proche de Buckingham Palace et connaît un dénouement renversant sous les remparts de York.

La critique de Mr K:

Très bonne lecture pour un excellent thriller. J'ai découvert cet auteur par hasard au détour d'un bac et je pense creuser d'avantage la question dans les temps à venir, tant l'addiction se met vite en place (dès les 20 premières pages en fait!). La trame se déroule dans le milieu de l'anti terrorisme, vous serez confronté à une enquête sans temps morts, au suspense halletant et au dénouement vraiment surprenant. J'ai ressenti en lisant cette oeuvre l'excitation que j'avais ressentie à la lecture d'un Connelly ou de l'un des 3 volumes de la Trilogie du mal de Chattam.

La grande force de Nom de code: Witch, c'est d'abord sa structure qui s'organise autour d'un compte à rebours s'étallant sur 15 jours, les 15 jours précédants la fameuse conférence des chefs d'État à Londres. A la manière d'un 24 heures chrono, les agissements des différents personnages s'entremêlent pour peu à peu révéler la nature profonde d'un scénario parfaitement huilé. Ensuite, les personnages qui, à la manière de Connelly, sont nombreux et psychologiquement détaillés (Rankin ne dépasse tout de même pas le maître!): vous rencontrerez entre autres un inspecteur-profiler à la retraite au passé mystérieux et douloureux manipulateur et autodidacte, un bleu faisant ses premières armes sur le terrain après des années cloitré dans un bureaux, une série de chefs du MI5 et de la Special Branch tous plus névrosés et attachants les uns que les autres, une espionne française sexy et fonceuse (personnage pas vraiment réussi pour le coup, caricatural à souhait - elle conduit une 2 CV! -) et bien évidemment Witch, femme fatale agissant dans l'ombre, aux multiples identités (personnalités?), qui pour moi a sa place au panthéon des "bad girls" les plus réussies de la littérature policière.

J'ai lu ce livre en très peu de temps tant l'envie d'en savoir plus me tenaillait. Je n'ai finalement pas été déçu, l'écriture est très abordable, raffinée (à l'anglaise, on est à 10.000 lieues de Tom Clancy) et efficace. Les réponses sont distillées au goutte à goutte, le scénario se tient de la première à la dernière ligne et fait preuve d'une finesse étonnante pour une oeuvre traitant de la menace terroriste. A lire sans modération!

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mardi 14 juillet 2009

"Les neuf milliards de noms de Dieu" Arthur C. Clarke

clarkeL'auteur:

Né en 1917 en Angleterre. A douze ans, il établit une carte précise de la lune. A vingt-huit ans, il invente le principe de l'orbite géostationnaire. Mais il doit sa célébrité à ses romans de science-fiction traduits dans le monde entier. Son oeuvre la plus connue reste 2001 l'odyssée de l'espace dont l'origine est une nouvelle La sentinelle contenue dans le présent volume.

 

L'histoire:

Dieu existe-t-il?

Pour ce lama, chargé de trouver le véritable nom de Dieu parmi 9 milliards de combinaisons possibles, la question ne se pose pas. Avec un supercalculateur, en cent jours, il aura le compte. Et, au terme de l'opération, devinez quoi... La fin du monde... Divine surprise!

Le sort de la nébuleuse du Phénix relance le débat. pourquoi détruire une civilisation dans la fleur de son essor? Mystère! Mais Dieu a-t-il besoin de se justifier?

Dans l'univers, on trouve tour à tour l'Eden ou l'Enfer. Et puis, cet ilôt de vie, la Terre, qui, vue de l'espace, dépasse nos rêves. Enfin, de temps à autre, sur la lune ou ailleurs, une sentinelle, témoin d'une existence lointaine... Humaine ou divine? Faut-il choisir?

La critique de Mr K:

Avis mitigé cette fois-ci! Ce volume fait partie des livres dégotés déjà il y a quelques temps à Emaüs Rédéné. J'ai eu le plus grand mal à terminer ce livre, ce sont surtout les premières nouvelles qui m'ont rebutées. Sous les apparences d'interrogations métaphysiques et religieuses, on se trouve face à des textes plutôt creux et finalement assez "légers" en terme de réflexions par rapport à ce à quoi Clarke m'avait habitué. Sur les huit nouvelles de ce recueil, les quatre premières manquent donc d'intérêt et le lecteur de SF assidu que je suis s'est ennuyé!

Puis on arrive dans la deuxième partie de l'opus. Pour le coup, je l'ai terminé d'un trait au cours de notre première journée sur Périgueux! Non que je m'ennuie chez ma belle mère adorée mais Clarke retrouve ici sa verve et son talent de narrateur hors pair! Ces quatre dernières nouvelles se nomment: Avant l'Eden, Un été sur Icare, Le réfugié et La sentinelle. Elles abordent des thèmes chers à l'auteur comme la peur de la solitude, le mystère de nos origines et l'exploration spatiale. Je conseille fortement aux amateurs de 2001 de lire La sentinelle car elle éclaire sur un angle différent la scène finale du  film de Kubrick et apporte quelques réponses aux questions que l'on peut se poser.

Livre à lire donc mais peut-être en "visant" quelques nouvelles en particulier afin d'éviter de tomber sur des textes "mineurs" dont la lecture est loin d'être obligatoire...

 

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lundi 6 juillet 2009

"La Moustache" d'Emmanuel Carrère

La_moustacheL'histoire: Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l'avoir pas remarqué, et c'est vous qui ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n'avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou? Voudrait-on vous le faire croire? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens? L'histoire, en tout cas, finit forcément très mal et, d'interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie. Ou bien, si, une, qu'ouvrent les dernières pages et qu'il est fortement déconseillé d'emprunter pour entrer dans le livre. Vous voici prévenu.

La critique Nelfesque: Quand le film est sorti au cinéma en 2005 avec Vincent Lindon à l'affiche, à la vue de la bande annonce, je me suis dit qu'il fallait absolument que j'aille le voir. Voilà un film qui m'avait l'air bien tordu! Et puis les jours et les semaines ont passé et le film n'était plus à l'affiche. Je me suis consolée en me disant que j'allais lire le livre et puis les jours ont passé... Bref vous connaissez la suite...
Il y quelques semaines, le film est passé à la TV et m'a rappelé à ses bons souvenirs. Vu que j'avais maintenant dans l'idée de lire de livre, j'ai refusé de voir ce long métrage qui pourtant me tentait vraiment beaucoup. Suis-je maso? Hum...

Enfin! Ca y est! 4 ans plus tard, j'ai enfin lu ce livre (c'est pas trop tôt)! Il est assez court et il n'est pas resté très longtemps entre mes mains.
Qu'en dire? Et bien je suis partagée. L'idée de départ est intéressante. Le genre d'histoire sur laquelle je saute. Qui a raison? Qui a tort? Qui croire? De qui se méfier? On est entraîné dans un tourbillon de questions en même temps que le personnage principal s'interroge.
Mais là où le bât blesse c'est que j'aime les réponses et que dans cette oeuvre, il n'y en a aucune! Ne vous attendez donc pas à être éclairer sur les 3 questions de la 4ème de couverture: "Deviendriez-vous fou? Voudrait-on vous le faire croire? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens?".
Il faut plus lire ce livre pour le cheminement de pensée et le raisonnement (et déraisonnement) de Marc, pour la folie dans laquelle il tombe (ou celle de sa femme?).

A la fin du livre, vous aurez une idée de qui est fou dans l'histoire mais ne saurez pas pourquoi, ni quand est advenu cette folie... Moi, je dis "dommage". J'aime les fins bien nettes qui ne laissent pas de doutes possibles. Ceux qui sont pour les fins ouvertes trouveront sûrement leur compte.

Il ne me reste plus qu'à voir le film!

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jeudi 2 juillet 2009

"L'oiseau des ténèbres" Michael Connelly

l_oiseauL'histoire:

Tout ce qu'Hollywood compte de stars vibre au procès David Storey, un producteur que l'inspecteur Harry Bosch s'est juré de confondre à la barre, lorsque Terry McCaleb, le héros de Créance de sang, reçoit la visite de l'inspectrice Jaye Winston qui n'arrive toujours pas à élucider l'assassinat d'un petit malfrat, Edward Gunn. McCaleb jette un coup d'oeil au dossier et reste pétrifié par ce qu'il découvre: les mains dans le dos et la tête dans un seau, Gunn s'est étranglé lui-même en resserrant le noeud coulant relié à ses pieds.

Plus étrange encore, sur son bâillon le tueur a écrit "prends garde, prends garde, Dieu voit". Où le meurtrier voulait-il mener la police avec ces mots? Telle et l'énigme que doit résoudre McCaleb s'il ne veut pas céder à l'évidence: l'assassin est un flic passé de l'autre côté - celui des ténèbres.

La critique de Mr K:

Diabolique! J'ai commencé à lire mardi matin pendant mes surveillances d'épreuve du DNB (bah ouais, mes p'tits loups y sont enfin passés!) et je n'ai pas pu le lâcher. Faut croire que je suis devenu un "Connelly-addict"! En même temps mes parents, ma frangipane et quelques uns de nos lecteurs m'avait prévenu: "T'as commencé avec Le Poète, mais tu vas voir quand tu vas te frotter à l'inspecteur Bosch!".

Ce volume est en fait un cross-over comme le disent nos amis les rosbifs, s'y entrecroisent deux personnages bien connus des fans de Connelly, sauf que pour ma part ce n'est que ma deuxième incursion dans l'univers de ce maître du Thriller! Pas grave, je suis allé faire un tour sur Wiki et ait demandé conseil à ma chère moman pour m'expliciter quelques détails comme l'origine de la maladie cardiaque de McCaleb. Mais passons... Ce livre rend accro tant Connelly se révèle être un orfèvre en matière de suspens, de fausses pistes et autres twists ("and shot" pour le coup!). On se fait avoir, on croit reprendre le dessus pour de nouveau se faire léser par un auteur qui a priori a le plaisir sadique de malmener son lecteur et détruire en lui toute forme de certitude.

Rajoutez à cela un sens du récit implacable, une psychologie des personnages fine, nuancée et ceci pour tous les acteurs (y compris les seconds rôles); une ambiance glauque, poisseuse comme dans un bon film noir des années 50 (où plus récemment The Barber des frères Coën). Tous les ingrédient du parfait thriller sont ici réunis dans une langue agréable, simple, efficace mais non dénuée de subtilité. On retrouve toute la verve de l'ancien journaliste qui durant des années a écrit dans la rubrique criminelle de son journal. Un excellent livre dont le seul défaut est d'encourager le pauvre toxico que je suis à lire le reste de l'oeuvre de Connelly!  Raaa Lovely! En attendant, je vais quand même tenter de lire autre chose histoire d'éviter la redite notamment au niveau de notre rubrique "Des mots sous nos yeux"...

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mercredi 24 juin 2009

"L'Arbre des possibles" Bernard Werber

arbredespossibles1L'histoire:

Vingt petites histoires sous forme de contes, de légendes, de mini polars.

Bernard Werber nous offre avec L'Arbre des possibles des récits fantastiques où les dieux vont à l'école pour apprendre à gouverner les peuples, où les objets sont soudainement remplacés par leurs noms, où les gens ne savent compter que jusqu'à 20, où l'on part en vacances au XVIIIème siècle sans oublier de se faire vacciner contre la peste...

La critique de Mr K:

Belle déception que ce livre dégoté à Emaus perdu qu'il était entre deux Stephen King. Pourtant, l'idée était originale, voici ce qu'en dit l'auteur dans sa préface: après mon premier roman j'ai eu envie d'entretenir ma capacité d'inventer rapidement une histoire en consacrant une heure le soir à la rédaction d'une nouvelle. Cela me détendait de ma matinée consacrée à l'écriture de "gros romans".

Autant j'ai adoré certains de ces romans notamment Les Thanatonautes que j'avais littéralement dévoré trouvant son écriture à la fois accessible et très évocatrice, autant la lecture de cet opus m'a laissé un goût amer dans la bouche. Dans ce volume de nouvelles, pour moi Werber s'est complu dans la facilité. Autant vous le dire tout de suite; l'ensemble est très inégal, les deux tiers des récits présentés sentant l'escroquerie intellectuelle et littéraire. Ca sent la redite  au niveau des thèmes abordés qui ont déjà été traités et de manière bien supérieure par de grands auteurs de littérature américaine des années 50 à 80 dont Matheson, Dick et consorts. A force de ne faire qu'effleurer les sujets qu'il aborde, j'ai senti une frustration grandir et finalement une certaine colère envers un écrivain que je respecte. En cela la nouvelle Le totalitarisme douceâtre est un parfait exemple: Werber s'attaque à trop gros (en l'occurence Orwell et Ticson) et nous livre une dénonciation de la société du spectacle tout juste digne d'un raisonnement de lycéen acnéïque fils de médecin qui s'érige contre un monde désespérant... Si si, je vous assure, Werber peut se révéler puéril, je lis suffisament de copies de cet acabi pour en plus m'en farcir pendant mes lectures-loisir!

Cependant quelques textes sortent du lot par un traitement beaucoup plus approfondi et des dénouements parfois surprenants. Ainsi la nouvelle intitulée Noir m'a totalement estomaqué par sa fin tout à fait inattendue et son univers quasi onirique, proche des récits de chevalerie d'antan et du conte de fée. Plusieurs nouvelles proposent des thèmes intéressants. Un monde trop bien pour moi est un excellent texte où là encore la fin sonne le glas de toute certitude pour le lecteur. Un homme vit dans un futur proche où les objets parlent ce qui commence à l'agacer terriblement, il va rencontrer une femme qui va à jamais bouleverser sa vie et lui révéler un secret terrifiant. Je ne spoilerai pas, je peux juste vous dire que la révélation finale est digne d'un film à la Seven.

Reste des textes convenables mais sans réelle surprise et approfondissement comme Transparence, La dernière révolte, Attention: fragile, Du pain et des jeux dont les idées de départ sont vraiment malines mais que l'auteur semble avoir seulement survolé. Alors certes, j'ai lu ce livre assez rapidement avec parfois un certain plaisir mais de là à le recommander... il y a un pas que je ne franchirais pas. A réserver aux fans et uniquement à eux.

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vendredi 12 juin 2009

"Une course d'enfer" Clive Barker

course_enferCe recueil de nouvelles est le deuxième volume de la série "Livre de sang" du génial créateur de la série de films déviants Hellraiser, le 1er opus avait déjà été critiqué ici. Cette fois ci, nous nous retrouvons face à cinq textes plus ou moins courts et disons-le franchement très inégaux.

Terreur: Ou l'histoire d'un étudiant dont le sujet de recherche est la terreur et qui s'efforce de confronter ses cobayes à leurs plus grandes peurs afin d'en tirer des règles et peut-être une solution à sa propre phobie. Cette nouvelle est une véritable réussite avec un suspens ménagé à souhait, une écriture simple et directe. D'un concept simple au départ, le récit nous confronte à une réalité qui dérape jusqu'à révélation finale qui n'est pas sans rappeler les finals "moralisants" des Tales from the crypt dont je raffole!.

Une course d'enfer: Une course de demi-fond est organisée dans les rues de Londres. Ce que les coureurs et le public ne savent pas, c'est que les enjeux dépassent l'exploit sportif mais qu'il s'agit d'une épreuve disputée tous les 100 ans opposant la race humaine à un représentant des enfers qui s'il venait à gagner, plongerait la terre dans la fureur et le chaos. Récit sportif teinté de fantastique, le mélange est assez savoureux et les rebondissements nombreux au détour des foulées de Joël, héros black d'un jour et des actes qui se trament autour de la course. L'écriture est là encore basique et les amateurs de détails anatomiques seront comblés tant les "possessions-transmutations" sont détaillées et disons-le franchement, ragoutantes! Pour moi, la meilleure histoire de ce recueil, tant l'écrivain nous accroche et qu'il est impossible de s'en détacher avant d'en avoir terminé avec cette nouvelle tout en contraste entre espoir et fatum inéluctable.

Le testament de Jacqueline Ess:
Du jour au lendemain, une femme désespérée découvre qu'elle peut remodeler à volonté la matière humaine. Elle se venge de son mysogine de mari et cherche à contrôler ce "pouvoir". On retrouve ici les thèmes de prédilections que Barker avait abordé dans Hellraiser à savoir les liens entre sang et sexe, ivresse du pouvoir et perdition de l'être. Force est de constater que le résultat est faiblard, la psychologie des personnages à peine ébauchée voir simpliste et l'ensemble n'est qu'un prétexte à une accumulation de descriptions gores sans véritable intérêt. Intéressant pour des étudiants en médecine et encore...

Les démons du désert:
Un automobiliste malchanceux se retrouve embarqué dans une véritable guerre entre une petite ville perdue dans le désert de l'Arizona et une horde de démons. Mais que veulent-ils? Au fur et à mesure de l'histoire, nous apprendrons les origines de ces raids contre les humains et même les origines des hommes et des femmes. La deuxième meilleure nouvelle de ce tome tant les révélations sont surprenantes et où le "switch" final est tout bonnement terrible. On retrouve ici le Barker sensible, posé et déroutant (y'a tout de même quelques scènes bien "salées"!).

Nouveaux assassinats dans la rue Morgue: Inspiré de la nouvelle célèbre de Poe, l'auteur nous propose de retourner sur les lieux où de nouveaux meurtres ont eu lieu. Franchement, c'est la plus mauvaise du lot. C'est lent et il ne se passe pas grand chose (un comble pour une nouvelle!). La fin quant à elle est totalement farfelue, elle ferait passer celle de Terminator renaissance pour un sommet d'inventivité et de justesse... c'est dire!

Pour résumer, il y a à boire et à manger et à mes yeux seules 3 des 5 nouvelles méritent le détour. Je me suis procuré un autre volume de nouvelles du même auteur chez Émaüs le weekend dernier. Je vais attendre un peu avant de le lire, histoire d'évacuer la petite déception qui a accompagné la lecture du présent volume. Reste un auteur intéressant et non dénué de malice que je vous invite à découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas pratiqué et que les sensations fortes ne rebutent pas!

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mercredi 10 juin 2009

Ainsi soit-il

_vangile_pilateL'histoire:

Première partie: Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le pardon?
Deuxième partie: Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant! A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit. Et avec le doute, l'idée de foi.

La critique Nelfesque:

J'ai adoré ce roman. Un vrai régal!

Eric-Emmanuel Schmitt a mis 10 ans pour écrire "L'évangile selon Pilate". Et pour cause, on touche là LE sujet pour les catholiques, à savoir la naissance du Christianisme. Alors l'Eric-Emmanuel, fallait pas qu'il se la joue "moi je connais la Bible et les Evangiles" et nous la faire à la one again! Beaucoup l'attendaient au tournant et risquaient de le lapider sur place s'il vulgarisait trop l'Histoire. Il a donc pris son temps, s'est longuement documenté sur Jésus, son procès, la vie quotidienne à Jérusalem, les mouvements politiques et religieux dans cette région du monde et a même lu des traités de médecine sur la crucifixion. Et il faut dire que cette longue démarche de recherche paye! Moi qui suis catholique et qui connait assez bien ma religion (faut dire aussi que toute une scolarité dans des écoles privées catholiques, ça aide...), je n'ai été choqué par aucun propos. A aucun moment je ne me suis dis "oula, là, il a fumé pour écrire des inepties pareilles!". Au contraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, à mon sens très juste, qui repose principalement sur la question "Le Christ était-il conscient de sa messianité?".
Jésus nous apparaît là sous les traits d'un homme comme les autres qui, peu à peu, comprend et accepte la route qui est tracée pour lui.

A ce moment de ma critique certains se diront sûrement: "Roooo non, ça va hein, je vais pas lire un bouquin de cul béni pour grenouilles de bénitier..." Et bien détrompez vous! Certes, ce roman est du petit lait pour les croyants (et est bien moins soporifique que certaines séances de cathé...) et/ou les personnes intéressées par la religion mais il est aussi à la portée des athés et des personnes d'autres croyances. Je dirais même plus (mon cher Dupond), l'écriture est simple et le suspens est bien mené. La deuxième partie du roman est une vrai enquête avec ses doutes et ses rebondissements. Passionnant!

Quant à la fin... La dernière phrase est tout simplement LA phrase. C'est peut être pas bien clair ce que je raconte mais je ne veux pas spoiler et ainsi vous laissez ce sentiment d'apaisement à la fermeture de votre livre.

"L'évangile selon Pilate", un roman à lire absolument! Que l'on soit croyant ou non...
Et qu'après on vienne pas me dire que Jésus n'était pas un type cool!

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jeudi 4 juin 2009

"L'oiseau d'Amérique" de Walter Tevis

Walter_tevisL'auteur:

Professeur de littérature à l'université d'Ohio, Walter Tevis, né en 1928, fait ses débuts d'écrivain dans la revue Galaxy, en 1957. Il publie L'homme tombé du ciel, son premier roman, en 1963. Puis Tevis cesse d'écrire pour faire un retour en 1980 avec L'oiseau d'Amérique, qui sera comparé, à sa publication, au Meilleur des Mondes
d'Aldous Huxley et à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.

Walter Davis est également l'auteur de romans policiers et de littérature générale. L'arnaqueur et La couleur de l'argent ont tous deux été adaptés au cinéma.

l_oiseau_d_am_riqueL'histoire:

Au XXVème siècle, l'humanité s'éteint doucement, abreuvée de tranquilisants prescrits en masse par les robots qu'elle a elle-même programmés à cette fin. Le monde repose désormais sur les épaules de Robert Spofforth, l'androïde le plus perfectionné jamais conçu, qui possède des facultés inouïes... sauf, à son grand regret, celle de se suicider.

Mais l'humanité moribonde se fend d'un dernier sursaut, Paul Bentley, petit fonctionnaire sans importance, découvre dans les vestiges d'une bibliothèque l'émerveillement de la lecture, depuis longtemps bannie, dont il partagera les joies avec Mary Lou, la jolie rebelle qui refuse ce monde mécanisé.

Un robot capable de souffrir, un couple qui redécouvre l'amour à travers les mots, est-ce là que réside l'ultime espoir de l'homme?

La critique de Mr K:

Attention, chef d'œuvre! Cet ouvrage s'inscrit dans la droite lignée de "1984" d'Orwell et du "Meilleur des mondes" d'Huxley. Nous retrouvons l'idée d'un monde futuriste totalitaire qui "encadre" les sociétés humaines, ne laissant aucune place au désir et à l'initiative individuelle. Ici ce sont les hommes eux-même qui par le biais du "progrès" (la robotisation essentiellement) se condamnent eux-mêmes. c'est ainsi qu'ils vivent dans un monde aseptisé, plongés dans un bonheur artificiel entretenu par la prise régulière de Sopor (drogue équivalente au Soma du "Meilleur des mondes"), l'abêtissement devant des "murs écrans" et l'interdiction de toute intrusion dans la vie privée des autres humains sous peine d'être accusé de "Crime envers la vie privée", aucune amitié et aucun amour n'étant toléré au nom de la sacro-sainte recherche du bonheur qu'aucune tension d'aucune sorte ne doit troubler ("Sexe vite fait = sexe bien fait").

C'est au milieu de ce monde en pleine déliquescence que le lecteur se retrouve plongé. Il l'explore à travers le regard de trois personnages qui tour à tour tiennent une sorte de journal intime. Tout d'abord Robert Spofforth, androïde de type 9 dernier de son espèce et témoignage de la technologie la plus avancée en matière de robotique. il vit et pense comme un humain, se pose nombre de questions. Torturé intérieurement et incapable de mettre fin à ses jours (sa programmation le lui interdit), il va découvrir la réelle définition de l'existence humaine. Paul Bentley ensuite, être humain "normalisé", professeur d'université enseignant des contenus dépourvus de toute substance, qui va du jour au lendemain apprendre à lire et par là même redécouvrir les notions de choix, de lien affectif et d'humanité. En effet, la lecture a été proscrite depuis longtemps, considérée comme une activité dangereuse et vecteur d'instabilité. Les livres ont été détruits ou remisés dans des endroits hors d'atteinte des homo-sapiens. Paul va partager ses connaissances avec Mary Lou, jeune femme rebelle, vivant dans la rue, avide d'apprendre et qui possède une intelligence supérieure à la moyenne. Ce "trinôme" va se croiser et modifier totalement la donne.

D'une lecture aisée, ce livre se lit d'une seule traite tant la langue et les événements narrés tendent vers le réalisme en matière de (re)découverte et d'expériences vécues. Nous suivons avec enthousiasme ces trois personnages en quête du bonheur, en quête d'eux-même finalement. Contrairement à Orwell ou à Huxley, Tevis se révèle être un indécrottable optimiste et la fin se différencie nettement des deux oeuvres précédemment citées, laissant la voie ouverte à une possible rédemption de l'humanité. Un livre à lire d'urgence pour tout afficionado "d'anticipation-réflective" qui le placera à coup sûr en bonne place dans sa bibliothèque!

Posté par Mr K à 19:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]