jeudi 2 juillet 2009

"L'oiseau des ténèbres" Michael Connelly

l_oiseauL'histoire:

Tout ce qu'Hollywood compte de stars vibre au procès David Storey, un producteur que l'inspecteur Harry Bosch s'est juré de confondre à la barre, lorsque Terry McCaleb, le héros de Créance de sang, reçoit la visite de l'inspectrice Jaye Winston qui n'arrive toujours pas à élucider l'assassinat d'un petit malfrat, Edward Gunn. McCaleb jette un coup d'oeil au dossier et reste pétrifié par ce qu'il découvre: les mains dans le dos et la tête dans un seau, Gunn s'est étranglé lui-même en resserrant le noeud coulant relié à ses pieds.

Plus étrange encore, sur son bâillon le tueur a écrit "prends garde, prends garde, Dieu voit". Où le meurtrier voulait-il mener la police avec ces mots? Telle et l'énigme que doit résoudre McCaleb s'il ne veut pas céder à l'évidence: l'assassin est un flic passé de l'autre côté - celui des ténèbres.

La critique de Mr K:

Diabolique! J'ai commencé à lire mardi matin pendant mes surveillances d'épreuve du DNB (bah ouais, mes p'tits loups y sont enfin passés!) et je n'ai pas pu le lâcher. Faut croire que je suis devenu un "Connelly-addict"! En même temps mes parents, ma frangipane et quelques uns de nos lecteurs m'avait prévenu: "T'as commencé avec Le Poète, mais tu vas voir quand tu vas te frotter à l'inspecteur Bosch!".

Ce volume est en fait un cross-over comme le disent nos amis les rosbifs, s'y entrecroisent deux personnages bien connus des fans de Connelly, sauf que pour ma part ce n'est que ma deuxième incursion dans l'univers de ce maître du Thriller! Pas grave, je suis allé faire un tour sur Wiki et ait demandé conseil à ma chère moman pour m'expliciter quelques détails comme l'origine de la maladie cardiaque de McCaleb. Mais passons... Ce livre rend accro tant Connelly se révèle être un orfèvre en matière de suspens, de fausses pistes et autres twists ("and shot" pour le coup!). On se fait avoir, on croit reprendre le dessus pour de nouveau se faire léser par un auteur qui a priori a le plaisir sadique de malmener son lecteur et détruire en lui toute forme de certitude.

Rajoutez à cela un sens du récit implacable, une psychologie des personnages fine, nuancée et ceci pour tous les acteurs (y compris les seconds rôles); une ambiance glauque, poisseuse comme dans un bon film noir des années 50 (où plus récemment The Barber des frères Coën). Tous les ingrédient du parfait thriller sont ici réunis dans une langue agréable, simple, efficace mais non dénuée de subtilité. On retrouve toute la verve de l'ancien journaliste qui durant des années a écrit dans la rubrique criminelle de son journal. Un excellent livre dont le seul défaut est d'encourager le pauvre toxico que je suis à lire le reste de l'oeuvre de Connelly!  Raaa Lovely! En attendant, je vais quand même tenter de lire autre chose histoire d'éviter la redite notamment au niveau de notre rubrique "Des mots sous nos yeux"...

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mercredi 24 juin 2009

"L'Arbre des possibles" Bernard Werber

arbredespossibles1L'histoire:

Vingt petites histoires sous forme de contes, de légendes, de mini polars.

Bernard Werber nous offre avec L'Arbre des possibles des récits fantastiques où les dieux vont à l'école pour apprendre à gouverner les peuples, où les objets sont soudainement remplacés par leurs noms, où les gens ne savent compter que jusqu'à 20, où l'on part en vacances au XVIIIème siècle sans oublier de se faire vacciner contre la peste...

La critique de Mr K:

Belle déception que ce livre dégoté à Emaus perdu qu'il était entre deux Stephen King. Pourtant, l'idée était originale, voici ce qu'en dit l'auteur dans sa préface: après mon premier roman j'ai eu envie d'entretenir ma capacité d'inventer rapidement une histoire en consacrant une heure le soir à la rédaction d'une nouvelle. Cela me détendait de ma matinée consacrée à l'écriture de "gros romans".

Autant j'ai adoré certains de ces romans notamment Les Thanatonautes que j'avais littéralement dévoré trouvant son écriture à la fois accessible et très évocatrice, autant la lecture de cet opus m'a laissé un goût amer dans la bouche. Dans ce volume de nouvelles, pour moi Werber s'est complu dans la facilité. Autant vous le dire tout de suite; l'ensemble est très inégal, les deux tiers des récits présentés sentant l'escroquerie intellectuelle et littéraire. Ca sent la redite  au niveau des thèmes abordés qui ont déjà été traités et de manière bien supérieure par de grands auteurs de littérature américaine des années 50 à 80 dont Matheson, Dick et consorts. A force de ne faire qu'effleurer les sujets qu'il aborde, j'ai senti une frustration grandir et finalement une certaine colère envers un écrivain que je respecte. En cela la nouvelle Le totalitarisme douceâtre est un parfait exemple: Werber s'attaque à trop gros (en l'occurence Orwell et Ticson) et nous livre une dénonciation de la société du spectacle tout juste digne d'un raisonnement de lycéen acnéïque fils de médecin qui s'érige contre un monde désespérant... Si si, je vous assure, Werber peut se révéler puéril, je lis suffisament de copies de cet acabi pour en plus m'en farcir pendant mes lectures-loisir!

Cependant quelques textes sortent du lot par un traitement beaucoup plus approfondi et des dénouements parfois surprenants. Ainsi la nouvelle intitulée Noir m'a totalement estomaqué par sa fin tout à fait inattendue et son univers quasi onirique, proche des récits de chevalerie d'antan et du conte de fée. Plusieurs nouvelles proposent des thèmes intéressants. Un monde trop bien pour moi est un excellent texte où là encore la fin sonne le glas de toute certitude pour le lecteur. Un homme vit dans un futur proche où les objets parlent ce qui commence à l'agacer terriblement, il va rencontrer une femme qui va à jamais bouleverser sa vie et lui révéler un secret terrifiant. Je ne spoilerai pas, je peux juste vous dire que la révélation finale est digne d'un film à la Seven.

Reste des textes convenables mais sans réelle surprise et approfondissement comme Transparence, La dernière révolte, Attention: fragile, Du pain et des jeux dont les idées de départ sont vraiment malines mais que l'auteur semble avoir seulement survolé. Alors certes, j'ai lu ce livre assez rapidement avec parfois un certain plaisir mais de là à le recommander... il y a un pas que je ne franchirais pas. A réserver aux fans et uniquement à eux.

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vendredi 12 juin 2009

"Une course d'enfer" Clive Barker

course_enferCe recueil de nouvelles est le deuxième volume de la série "Livre de sang" du génial créateur de la série de films déviants Hellraiser, le 1er opus avait déjà été critiqué ici. Cette fois ci, nous nous retrouvons face à cinq textes plus ou moins courts et disons-le franchement très inégaux.

Terreur: Ou l'histoire d'un étudiant dont le sujet de recherche est la terreur et qui s'efforce de confronter ses cobayes à leurs plus grandes peurs afin d'en tirer des règles et peut-être une solution à sa propre phobie. Cette nouvelle est une véritable réussite avec un suspens ménagé à souhait, une écriture simple et directe. D'un concept simple au départ, le récit nous confronte à une réalité qui dérape jusqu'à révélation finale qui n'est pas sans rappeler les finals "moralisants" des Tales from the crypt dont je raffole!.

Une course d'enfer: Une course de demi-fond est organisée dans les rues de Londres. Ce que les coureurs et le public ne savent pas, c'est que les enjeux dépassent l'exploit sportif mais qu'il s'agit d'une épreuve disputée tous les 100 ans opposant la race humaine à un représentant des enfers qui s'il venait à gagner, plongerait la terre dans la fureur et le chaos. Récit sportif teinté de fantastique, le mélange est assez savoureux et les rebondissements nombreux au détour des foulées de Joël, héros black d'un jour et des actes qui se trament autour de la course. L'écriture est là encore basique et les amateurs de détails anatomiques seront comblés tant les "possessions-transmutations" sont détaillées et disons-le franchement, ragoutantes! Pour moi, la meilleure histoire de ce recueil, tant l'écrivain nous accroche et qu'il est impossible de s'en détacher avant d'en avoir terminé avec cette nouvelle tout en contraste entre espoir et fatum inéluctable.

Le testament de Jacqueline Ess:
Du jour au lendemain, une femme désespérée découvre qu'elle peut remodeler à volonté la matière humaine. Elle se venge de son mysogine de mari et cherche à contrôler ce "pouvoir". On retrouve ici les thèmes de prédilections que Barker avait abordé dans Hellraiser à savoir les liens entre sang et sexe, ivresse du pouvoir et perdition de l'être. Force est de constater que le résultat est faiblard, la psychologie des personnages à peine ébauchée voir simpliste et l'ensemble n'est qu'un prétexte à une accumulation de descriptions gores sans véritable intérêt. Intéressant pour des étudiants en médecine et encore...

Les démons du désert:
Un automobiliste malchanceux se retrouve embarqué dans une véritable guerre entre une petite ville perdue dans le désert de l'Arizona et une horde de démons. Mais que veulent-ils? Au fur et à mesure de l'histoire, nous apprendrons les origines de ces raids contre les humains et même les origines des hommes et des femmes. La deuxième meilleure nouvelle de ce tome tant les révélations sont surprenantes et où le "switch" final est tout bonnement terrible. On retrouve ici le Barker sensible, posé et déroutant (y'a tout de même quelques scènes bien "salées"!).

Nouveaux assassinats dans la rue Morgue: Inspiré de la nouvelle célèbre de Poe, l'auteur nous propose de retourner sur les lieux où de nouveaux meurtres ont eu lieu. Franchement, c'est la plus mauvaise du lot. C'est lent et il ne se passe pas grand chose (un comble pour une nouvelle!). La fin quant à elle est totalement farfelue, elle ferait passer celle de Terminator renaissance pour un sommet d'inventivité et de justesse... c'est dire!

Pour résumer, il y a à boire et à manger et à mes yeux seules 3 des 5 nouvelles méritent le détour. Je me suis procuré un autre volume de nouvelles du même auteur chez Émaüs le weekend dernier. Je vais attendre un peu avant de le lire, histoire d'évacuer la petite déception qui a accompagné la lecture du présent volume. Reste un auteur intéressant et non dénué de malice que je vous invite à découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas pratiqué et que les sensations fortes ne rebutent pas!

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mercredi 10 juin 2009

Ainsi soit-il

_vangile_pilateL'histoire:

Première partie: Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le pardon?
Deuxième partie: Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant! A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit. Et avec le doute, l'idée de foi.

La critique Nelfesque:

J'ai adoré ce roman. Un vrai régal!

Eric-Emmanuel Schmitt a mis 10 ans pour écrire "L'évangile selon Pilate". Et pour cause, on touche là LE sujet pour les catholiques, à savoir la naissance du Christianisme. Alors l'Eric-Emmanuel, fallait pas qu'il se la joue "moi je connais la Bible et les Evangiles" et nous la faire à la one again! Beaucoup l'attendaient au tournant et risquaient de le lapider sur place s'il vulgarisait trop l'Histoire. Il a donc pris son temps, s'est longuement documenté sur Jésus, son procès, la vie quotidienne à Jérusalem, les mouvements politiques et religieux dans cette région du monde et a même lu des traités de médecine sur la crucifixion. Et il faut dire que cette longue démarche de recherche paye! Moi qui suis catholique et qui connait assez bien ma religion (faut dire aussi que toute une scolarité dans des écoles privées catholiques, ça aide...), je n'ai été choqué par aucun propos. A aucun moment je ne me suis dis "oula, là, il a fumé pour écrire des inepties pareilles!". Au contraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, à mon sens très juste, qui repose principalement sur la question "Le Christ était-il conscient de sa messianité?".
Jésus nous apparaît là sous les traits d'un homme comme les autres qui, peu à peu, comprend et accepte la route qui est tracée pour lui.

A ce moment de ma critique certains se diront sûrement: "Roooo non, ça va hein, je vais pas lire un bouquin de cul béni pour grenouilles de bénitier..." Et bien détrompez vous! Certes, ce roman est du petit lait pour les croyants (et est bien moins soporifique que certaines séances de cathé...) et/ou les personnes intéressées par la religion mais il est aussi à la portée des athés et des personnes d'autres croyances. Je dirais même plus (mon cher Dupond), l'écriture est simple et le suspens est bien mené. La deuxième partie du roman est une vrai enquête avec ses doutes et ses rebondissements. Passionnant!

Quant à la fin... La dernière phrase est tout simplement LA phrase. C'est peut être pas bien clair ce que je raconte mais je ne veux pas spoiler et ainsi vous laissez ce sentiment d'apaisement à la fermeture de votre livre.

"L'évangile selon Pilate", un roman à lire absolument! Que l'on soit croyant ou non...
Et qu'après on vienne pas me dire que Jésus n'était pas un type cool!

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jeudi 4 juin 2009

"L'oiseau d'Amérique" de Walter Tevis

Walter_tevisL'auteur:

Professeur de littérature à l'université d'Ohio, Walter Tevis, né en 1928, fait ses débuts d'écrivain dans la revue Galaxy, en 1957. Il publie L'homme tombé du ciel, son premier roman, en 1963. Puis Tevis cesse d'écrire pour faire un retour en 1980 avec L'oiseau d'Amérique, qui sera comparé, à sa publication, au Meilleur des Mondes
d'Aldous Huxley et à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.

Walter Davis est également l'auteur de romans policiers et de littérature générale. L'arnaqueur et La couleur de l'argent ont tous deux été adaptés au cinéma.

l_oiseau_d_am_riqueL'histoire:

Au XXVème siècle, l'humanité s'éteint doucement, abreuvée de tranquilisants prescrits en masse par les robots qu'elle a elle-même programmés à cette fin. Le monde repose désormais sur les épaules de Robert Spofforth, l'androïde le plus perfectionné jamais conçu, qui possède des facultés inouïes... sauf, à son grand regret, celle de se suicider.

Mais l'humanité moribonde se fend d'un dernier sursaut, Paul Bentley, petit fonctionnaire sans importance, découvre dans les vestiges d'une bibliothèque l'émerveillement de la lecture, depuis longtemps bannie, dont il partagera les joies avec Mary Lou, la jolie rebelle qui refuse ce monde mécanisé.

Un robot capable de souffrir, un couple qui redécouvre l'amour à travers les mots, est-ce là que réside l'ultime espoir de l'homme?

La critique de Mr K:

Attention, chef d'œuvre! Cet ouvrage s'inscrit dans la droite lignée de "1984" d'Orwell et du "Meilleur des mondes" d'Huxley. Nous retrouvons l'idée d'un monde futuriste totalitaire qui "encadre" les sociétés humaines, ne laissant aucune place au désir et à l'initiative individuelle. Ici ce sont les hommes eux-même qui par le biais du "progrès" (la robotisation essentiellement) se condamnent eux-mêmes. c'est ainsi qu'ils vivent dans un monde aseptisé, plongés dans un bonheur artificiel entretenu par la prise régulière de Sopor (drogue équivalente au Soma du "Meilleur des mondes"), l'abêtissement devant des "murs écrans" et l'interdiction de toute intrusion dans la vie privée des autres humains sous peine d'être accusé de "Crime envers la vie privée", aucune amitié et aucun amour n'étant toléré au nom de la sacro-sainte recherche du bonheur qu'aucune tension d'aucune sorte ne doit troubler ("Sexe vite fait = sexe bien fait").

C'est au milieu de ce monde en pleine déliquescence que le lecteur se retrouve plongé. Il l'explore à travers le regard de trois personnages qui tour à tour tiennent une sorte de journal intime. Tout d'abord Robert Spofforth, androïde de type 9 dernier de son espèce et témoignage de la technologie la plus avancée en matière de robotique. il vit et pense comme un humain, se pose nombre de questions. Torturé intérieurement et incapable de mettre fin à ses jours (sa programmation le lui interdit), il va découvrir la réelle définition de l'existence humaine. Paul Bentley ensuite, être humain "normalisé", professeur d'université enseignant des contenus dépourvus de toute substance, qui va du jour au lendemain apprendre à lire et par là même redécouvrir les notions de choix, de lien affectif et d'humanité. En effet, la lecture a été proscrite depuis longtemps, considérée comme une activité dangereuse et vecteur d'instabilité. Les livres ont été détruits ou remisés dans des endroits hors d'atteinte des homo-sapiens. Paul va partager ses connaissances avec Mary Lou, jeune femme rebelle, vivant dans la rue, avide d'apprendre et qui possède une intelligence supérieure à la moyenne. Ce "trinôme" va se croiser et modifier totalement la donne.

D'une lecture aisée, ce livre se lit d'une seule traite tant la langue et les événements narrés tendent vers le réalisme en matière de (re)découverte et d'expériences vécues. Nous suivons avec enthousiasme ces trois personnages en quête du bonheur, en quête d'eux-même finalement. Contrairement à Orwell ou à Huxley, Tevis se révèle être un indécrottable optimiste et la fin se différencie nettement des deux oeuvres précédemment citées, laissant la voie ouverte à une possible rédemption de l'humanité. Un livre à lire d'urgence pour tout afficionado "d'anticipation-réflective" qui le placera à coup sûr en bonne place dans sa bibliothèque!

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jeudi 28 mai 2009

"Hygiène de l'assasin" d'Amélie Nothomb

HygieneAssassinL'histoire:

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se téléscopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu.
Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci.
Dans ce premier roman d'une extraordinaire intensité, Amélie Nothomb manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.

L'avis Nelfesque:

Je suis une novice en Amélie Nothomb. Je n'ai lu que 2 bouquins d'elle. Le premier était "Cosmétique de l'ennemi" que j'ai beaucoup aimé et que nous sommes allés voir au théâtre avec Mr K. Le second, le voici...

Comment dire... J'essaye de trouver les mots justes... De ne pas me laisser entraîner vers l'exagération que je pratique assez souvent (oui, on s'aime bien, c'est ma copine)...

J'ai trouvé ce livre "à chier"! Voilà, c'est dit...

Pour moi ces 222 pages de lecture ont été 222 pages d'ennui. Enfin, j'exagère (je vous avez prévenu...), les 100 premières pages passent à peu près. Dès les premières pages, on se rend vite compte que le personnage principal est assez horripilant. Non pas parce qu'il est désagréable, de mauvaise foi, méchant... mais parce qu'il aime répéter 50 fois les mêmes arguments, tourner tout à son avantage. C'est bien simple, j'ai une personne comme ça en face de moi, j'ai envie de la tarter!

La suite est un seul et même chapitre de plus de 100 pages qui nous restitue l'interview de Prétextat Tach (y a pas idée d'avoir un nom pareil!) par LA journaliste. Il n'aime pas les femmes, donc vous imaginez la suite... Sauf que, contrairement à ses collègues masculins, elle ne se laisse pas faire...

Donc voilà, ce roman est un interminable match de boxe à base de "J'ai toujours raison." "Non c'est moi!" "Alors ça ça m'étonnerait!!" "Je vous prouverai le contraire..." "Ben essayez pour voir!" "Vous voyez, vs me laissez déjà la possibilité de vous prouver que j'ai raison..." ......... Interminable... 222 pages! Et le roman tourne en rond.

Et je passe les propos plus que misogynes que l'on peut trouver dans ce livre. Au secours... (Au secours)² quand on pense que c'est une femme qui a écrit ce livre.

Vous avez donc comprit que je ne suis pas du tout de l'avis de la dernière phrase de la 4ème de couverture. Si j'avais lu ce 1er roman dès sa sortie, croyez moi que je n'aurai pas poursuivi ma découverte d'Amélie Nothomb! Oui, ce roman agace, certains y verront là la force de ce livre qui dénote le talent de son auteur etc etc. A ceux là, j'ai envie de dire que quand notre ancien proprio nous harcelle de lettres avec accusé de réception et qu'on peut y lire des propos aberrants, ça aussi ça m'agace! Et ça ne fait pas de lui un grand écrivain!

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lundi 25 mai 2009

"Orchéron" de Pierre Bordage

orch_ronL'histoire:

Plusieurs siècles se sont écoulés depuis l'atterrissage de l'Esterion. Les colons des origines sont devenus des légendes, certains des dieux. Orchéron, l'enfant trouvé, vit paisiblement son adolescence au sein d'un mathelle, sans autre prétention que de reprendre le métier de son père adoptif. Son avenir bascule lorsque les Protecteurs des sentiers décrètent sa mort, l'accusant d'appartenir à une lignée maudite. Pour survivre, le jeune homme n'a d'autre choix que de fuir aux confins de la grande plaine du Triangle. Course à travers l'espace, course à travers le temps... Orchéron se découvre d'étranges et dangereux pouvoirs. Les Protecteurs des sentiers auraient-ils vu juste?

La critique:

Ce volume est la deuxième partie d'un diptyque entamé par Abzalon déjà chroniqué par mes soins sur ce blog. Inutile de vous dire que mes attentes étaient grandes vu les qualités (et les menus défauts...) de l'ouvrage sus-cité. C'est ainsi que Bordage invite ses fervents lecteurs à poursuivre un bout de chemin sur le Nouveau monde découvert par les rescapés d'Ester (planète mourrante du premier opus). L'action se déroule quelques siècles après "Abzalon". L'auteur-conteur reprend la structure de son précédent ouvrage alternant des extraits de journaux intimes et autres "mémoires" et épisodes narratifs mettant en scène les héros du récit.

Trois personnages se partagent l'affiche. Le héros éponyme Orchérion tout d'abord, au passé nébuleux qui découvre en l'espace d'une journée le frémissement inhérent à un premier amour et la haine qu'il suscite au sein des Protecteurs. Personnage mi-adolescent mi-homme dont on suit le chemin de vie et la métamorphose. Il y a aussi Alma, ancienne Djémale (vestale d'un culte ancestral) qui elle aussi doit découvrir sa voie et Ankrel jeune chasseur émérite qui s'apprête sans le savoir à vendre son âme en signant un pacte dont il ne connaît pas les aboutissants. Vous l'imaginez, ces trois là vont finir par se croiser et leurs destins s'entremêler.

Force est de constater que la mise en place de l'intrigue est lente et qu'il faut attendre les pages 200 pour commencer à faire le lien entre les différents éléments mis en place depuis le début. C'est tout d'abord un esprit de doute qui m'a habité durant le début de ma lecture mais je me disais en mon for intérieur que Bordage ne pouvait pas tomber dans la médiocrité. La persévérance est une vertue-reine comme me l'a prouvé cette expérience. Les bases étant posées, l'auteur retrouve son style épique et sa maîtrise du suspens. Les éléments du puzzle se rassemblent et laissent le lecteur pantois! L'intrigue est diabolique et l'écrivain méthodique. La fin tient toutes se promesses, les révélations étant nombreuses et éclairantes notamment sur des pans secondaires d'Abzalon. L'écriture reste légère, accessible mais non dénuée de subtilités langagières et poétiques. A déguster!

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vendredi 15 mai 2009

"Les enfants de Hùrin" de J.R.R Tolkien

tolkienL'auteur:

John Ronald Reuel Tolkien est né en 1892 à Bloemfontein, en Afrique du Sud où son père Arthur avait déménagé pour raisons professionnelles. En 1895, sa mère Mabel retourna en Angleterre avec Ronald et son frère cadet Hilary. Son père meurt en 1896 et sa mère en 1904. A la King's Edward School, il découvrit ses talents linguistiques et étudia les anciennes langues anglo-saxonnes. Il fut diplômé d'Oxford et épousa Edith Bratt juste avant de partir pour la France en juin 1916 comme sous-lieutenant des Lancashire Fusiliers. Il combattit pendant la bataille de la Somme mais fut ensuite rapatrié pour avoir contracté la fièvre des tranchées. Il consacra les années suivantes à son travail d'enseignant en tant que professeur d'anglo-saxon et se révéla bientôt comme l'un des meilleurs spécialistes de philologie du monde. En marge de sa carrière académique, il continuait d'écrire un grand cycle de mythes et légendes situées dans un monde imaginaire appelé Terre du milieu, qu'il avait entâmé dès son adolescence. Il eut quatre enfants, pour qui il écrivit d'abord Bilbo le hobbit en 1936. Celui-ci fut publié et ce fut aussitôt le succès, si bien que son éditeur réclama une suite. Tolkien travailla 14 ans à l'élaboration de cette suite, Le  eigneur des anneaux, dont le premier tome ne parut qu'en 1954, et qui remporta un succès phénoménal dans tous les pays.

Tolkien prit sa retraite à Bournemouth, où sa femme mourut en 1971 et où lui même décéda le 2 septembre 1973, laissant à son fils Christopher la tâche gigantesque mais passionnante de publier, notamment sous la forme d'un récit suivi et cohérent (Le Silmarillion), la masse énorme de  anuscrits qu'il avait accumulé tout au long de sa vie.

Les_enfants_de_HurinL'histoire:

Des milliers d'années avant Le Seigneur des Anneaux, la Terre du Milieu est en proie aux luttes entre Morgoth, le premier Seigneur Ténébreux, et les Elfes, alliés aux Hommes. C'est contre Tùrin et Niënor, les enfants de Hùrin, que Morgoth va lancer une terrible malédiction, les contraignant à une vie malheureuse et érante, pour se venger du héros qui a osé le défier.

La critique:

Finalement, il a fallu six mois pour que je reçoive mes cadeaux d'anniversaire de la part des potes de Quimper... Mais ça valait le coup! Je ne saurais assez remercier les copains d'avoir laissé à Céline la délicate mission de choisir les cadeaux. Vous l'avez compris, elle aussi fait partie des fans de Tolkien! L'étincelle qui a fait de moi un lecteur assidu, voir mono-maniaque, fut la découverte dans ma prime jeunesse du Seigneur des Anneaux qui a fait l'effet de révélateur et m'a ouvert les mondes du merveilleux.

Pour cet opus posthume, il m'aura seulement fallu deux jours (chez la belle-mère...) pour dévorer l'oeuvre du Maître. Il est des auteurs qui nous transporte, nous sublime! Tolkien chez moi fait partie de ces êtres d'exception. Dès les premières pages, je me suis retrouvé happé, replongé dans des sensations de mon enfance que j'avais oublié ou du moins remisé dans un vieux tiroir de mon cortex. L'écriture littéraire, poétique et évocatrice en diable qui prouve que l'Héroic-fantasy est un genre noble. Le ton épique, le charisme (l'anti-charisme parfois) des personnages et l'impression de vivre les aventures qui nous sont contées. Magique! Le lecteur aguerri que je suis, c'est retrouvé piégé dans la toile d'araignée tissée par un écrivain hors-norme.

N'allez pas croire pour autant, que Tolkien fait de la redite! L'atmosphère ici est sombre, mortifère! Chercheur d'espoir, passez votre chemin! Nulle place pour cela ici-bas! L'auteur se fait ici devin et nécrologue, tant la destinée des personnage est assujetie à un Fatum implacable. Parfois aux accents Shakespearien, parfois aux accents d'un Napoléon narrant ces batailles; on sent l'angoisse, le souffle des harpies sur notre cou! Maudite est cette lignée, maudite est sa destinée! Le mal dans ce livre est présent dans les gènes et non dans des ennemis réels. L'ennemi vient de l'intérieur ce qui le rend d'autant plus redoutable, c'est donc avant tout des héros face à eux-même que vous retrouverez (il y a quand même de beaux morceaux de bravoure).

Une merveilleuse lecture que je ne saurai que vous conseiller.

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mardi 5 mai 2009

"Le poète" de Michael Connelly

connellyL'auteur:

Michael Connelly est né à Philadelphie en 1956. Journaliste, il a travaillé au Daytona Beach News-Journal et au Fort Lauderdale Sun-Sentinel où grâce à ses comptes-rendus d'affaires criminelles, il a remporté le prestigieux Prix Pulitzer. Puis, il a assuré la chronique judiciaire de Los Angeles Times.

En 1987, il s'installe au sud de la Californie et commence à écrire des romans inspirés de sa longue expérience du journalisme. Son premier livre, Les égouts de Los Angeles, reçoit le Prix Edgar Award 1992. En France, il reçoit le Prix Calibre 38.

Michael Connelly se consacre désormais à l'écriture et compte parmi les meilleurs auteurs de romans policiers choisis par le New York Times. Il a reçu en France le Grand Prix de Littérature Policière pour Créance de sang en 1999.

le_poeteL'histoire:

Pour le journaliste Jack McEvoy , l'horreur de vivre commence le jour où Sean, son frère jumeau, est retrouvé mort au volant de sa voiture de police. Il s'est tiré une balle dans la bouche. Le suicide ne fait aucun doute: Sean n'a pas supporté son échec dans une enquête sur un crime de sadique. Jack, lui, n'y croit pas une seconde. Certains indices demeurent inexpliqués. Et par exemple, pourquoi cette citation d'un poète sur le pare-brise de la voiture: "Hors de l'espace, hors du temps"?

Jack rouvre le dossier et s'aperçoit que d'autres flics sont suicidés après avoir eux aussi échoués dans des affaires similaires, et laissé des messages tous tiré de l'oeuvre poétique d'Edgar Allan Poe. Une première constatation s'impose: il y a eu meurtre et on a peut-être affaire à un tueur de flics particulièrement redoutable...

La critique:

Depuis le temps que mes padres me disaient de lire cet auteur, je me suis lancé! Par hasard (et bien rasé), c'est au détour d'un étal de bouquiniste que je suis tombé sur ce roman mélé à du Daniel Steel et du Barbara Cartland.

Le livre est très réussi, ce thriller tient en haleine le lecteur possédé de la première page à l'ultime. Les personnages sont ciselés à souhait notamment le héros-journaliste pour lequel on a parfois du mal à s'attacher, déchiré qu'il est entre son chagrin de frère endeuillé et la recherche du scoop qui fera de lui un journaliste reconnu et riche. Les autres acteurs de l'histoire sont à l'avenant entre zones d'ombre et zones de lumière, Connely excellant dans le traitement psychologique des personnages. Mention spéciale au "bad guy" qui se révelle pervers et méthodique, un réel "génie du mal". L'écriture est limpide mais aussi exigente, preuve que le polar n'est pas forcément un sous-genre en littérature au même titre que la science fiction. Et oui! Y a encore des "intellectuels" qui le pensent! Orwell, Sturgeon, Bordage, Dantec pardonnez leurs, ils ne savent pas ce qu'ils disent! Et puis à vrai dire, on s'en fout un peu...

Un livre à lire donc, pris que vous serez jusqu'à la révélation finale qui moi m'a prise totalement au dépourvu.
Merci papa, merci maman. Je n'en resterai pas là avec cet auteur aussi machiavélique qu'habile de la plume.

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mardi 21 avril 2009

Le petit théâtre de la rue

notes_2"Notes 2 - Le petit théâtre de la rue" de Boulet est sorti en Février. Je l'ai eu en cadeau pour mon anniversaire et l'ai dévoré en quelques heures tout comme le tome 1.

Ce deuxième volume de la série "Notes" regroupe les pages parues sur le site entre 2005 et 2006 avec comme trame de fond le festival "Creuse ta bulle" à Aubusson. Ce festival pluvieux est prétexte à raconter d'autres festivals, ateliers à l'étranger (Réunion, Cameroun...), petits tout et rien du quotidien et comme d'habitude on se marre. Certaines planches m'ont fait pleurer de rire. Boulet et moi partageant la même passion pour les chats, celle intitulée "La griffe du passé" est un pure bonheur...

Savant mélange de strips léchés, de dessins "à la volée" que je pleure tellement j'aimerai savoir dessiner ainsi (en même temps moi j'ai pas fait les Beaux-Arts...), avec différents styles graphiques et moins de planches colorisées à la tablette (palette? pas taper! PAS TAPER!!!) graphique que pour le tome 1, nous continuons de suivre l'évolution stylistique de Boulet avec autant de ferveur et d'admiration (ouais! rien que ça!).

En attendant le Tome 3 :

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Posté par Nelfe à 16:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]