dimanche 1 février 2009

"Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley

huxley_aldousL'auteur:

Aldous Huxley est né le 26 juillet 1894, dans une famille appartenant à l'élite intellectuelle britannique. À seize ans, une maladie des yeux le rend presque aveugle. Il parvient pourtant à obtenir son diplôme à Oxford, où il rencontre de nombreux écrivains, et se lie d'amitié avec D. H. Lawrence.

En 1916, il publie son premier recueil de poèmes. En 1919, il épouse Maria Nys, qui lui donne un fils, Matthew. Installés à Londres, ils voyagent en Inde et aux États-Unis.

En 1931, quatre mois lui suffisent pour écrire Le meilleur des mondes, qui connaît rapidement un succès international. En 1937, il s'installe avec sa famille aux États-Unis, où il devient scénariste à Hollywod. En 1958, il publie le Retour au meilleur des mondes. Dans les années cinquante, il s'intéresse aux drogues psychédéliques, et publie Les portes de la perception en 1954, Le ciel et l'enfer en 1956, L'île en 1962.

En 1959, il se voit décerner le Award of Merit for the Novel par l'académie américaine des Arts et Lettres. Il meurt en 1963.

MeilleurMondesL'histoire:

La Terre future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l'une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide : les Alphas (l'élite), les Bêtas (les éxécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Epsilons (destinés aux travaux pénibles).

On les conditionnent pendant leur sommeil, par des messages qu'on leur répète en boucle, par exemple : "les Epsilons, la plus basse catégorie d'individu, sont extrêment heureux de veiller aux fonctionnement des machines".

Les sentiments sont neutralisés par une drogue, le soma, qui rend perpétuellement heureux... Le sexe est totalement libre, mais l'amour, le mariage est la parenté sont refusés et jugés obscènes. Bref c'est le meilleur des mondes possible...

Seulement, l'un d'eux est différent, solitaire, pensant différemment, haïssant toutes les choses futiles comme le sport et la danse. Il est exclu de cet univers. Lors d'une visite dans un réserve naturelle de Sauvages, là où la vie a continué comme elle l'était, une rencontre va lui faire changer d'avis.

Critique de Mr K:

Sans doute l'un des livre les plus important jamais écrit à ce jour sur les dangers du modernisme et de la recherche de la perfection. Quand uniformisation rime avec la fin de l'individualité, du désir et finalement de la liberté / du libre-arbitre. "Communauté, identité, stabilité" telle est la devise de cette société parfaite et utopique. Derrière les apparences d'une démocratie se cache une réelle dictature, une sorte de prison dorée qui ne sera révélée que dans la deuxième partie du livre quand apparaîtra la figure du "sauvage", en fait "un humain à l'ancienne" vivant dans une réserve qui va se retrouver confronter à cet univers déshumanisé d'où tout sentiment "extrême" (amour, haine, colère) est banni au nom de la sacro-sainte stabilité grâce à une drogue (le Soma) qui permet de contrôler les esprits et surtout, les pulsions.

Ce livre devrait être une lecture obligatoire pour tous ceux qui s'intéressent à l'organisation de la société, et au-delà pour tous ceux qui cherchent un sens à leur vie. Sa force, tient en fait, à la fois dans l'énonciation d'une société inhumaine et utopique, mais aussi de l'attrait que cette évolution exerce sur notre société sans en évaluer toutes les conséquences (clônage, médias-propagande, manipulation des esprits...). Tout est dans l'ambiguïté. C'est dans tous les cas un antidote contre toutes les dérives totalitaires, quelque soit leur origine idéologique.

Pour terminer, je reprendrai la citation qu'effectue l'auteur en tout début de roman:"Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante: comment éviter leur réalisation définitive?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins "parfaite" et plus libre". Nicolas Berdiaeff.

Posté par Mr K à 12:42 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

vendredi 16 janvier 2009

"Neuromancien" de William Gibson

william_gibsonL'auteur:

William Ford Gibson est né le 17 mars 1948. Il est le fils unique d’un entrepreneur civil. Après la mort de son père, il passe son enfance auprès de sa mère en Virginie. A 19 ans, il quitte les Etats-Unis pour le Canada afin d’éviter son service militaire durant la Guerre du Vietnam et depuis 1972, il vit à Vancouver avec sa femme et ses deux enfants.

Gibson écrit ses premières nouvelles à la fin des années 70 dans des magazines de SF. Lorsque sort son premier roman en 1984,"Neuromancien" et malgré qu’il soit un jeune auteur presque inconnu c'est un succès fulgurant, et tous les prix lui sont décernés : Hugo, Nebula et P.K.Dick. Son livre devient l'emblème d'un nouveau courant de la SF, déjà apparu depuis quelques années : le cyberpunk. Le cyberpunk décrit un monde hyper-informatisé de mégalopoles en décrépitudes, de luttes de corporations sans âme où les hackers au cerveau directement branché sur le silicium plonge dans un monde virtuel : le cyberspace, dont on lui doit la paternité du terme. Ses deux romans suivants, "Comte zéro" et "Mona Lisa s'éclate" constituent des suites au "Neuromancien", bien que pouvant se lire indépendamment. 

Gibson est immédiatement proclamé chef de file de ce genre. Le plus surprenant c’est qu’à cette époque, Gibson ne savait rien des ordinateurs, il n’en possédait même pas ! C’est uniquement grâce à son imagination et à des informations récoltées çà et là qu’il parvint à le publier. Même s'il admet aujourd’hui disposer d’un ordinateur portable il déclarait, il y a peu, ne pas avoir de modem... un comble pour la légende vivante du Réseau des réseaux. Une chose est sûre, il n’a pas d’adresse électronique : “Je ne veux pas avoir d'adresse e-mail, parce que je ne veux pas avoir trop de courrier.”!

NeuromancienL'histoire:

Jusqu'à aujourd'hui, Case était le meilleur hacker à croiser sur les autoroutes de l'information. Le cerveau directement relié à la matrice, il savait comme personne se frayer un chemin parmi les labyrinthes du cyberspace et pirater des données confidentielles pour le compte de ses clients richissimes.

Mais il a commis l'erreur de vouloir doubler un de ses employeurs qui, en guise de représailles, l'a amputé de son système nerveux, le privant ainsi de son accès à la matrice.

De retour dans la prison de chair de son corps, Case tente de s'échapper à nouveau par le biais des drogues, jusqu'à ce qu'une obscure conspiration lui offre une seconde chance... mais à quel prix?

La critique de Mr K:

Si la matrice m'était comptée... En effet sans ce livre (sorti en 1984!) point de film des frères Wachowski. Considéré comme une oeuvre fondatrice du genre "Cyberpunk", je me suis lancé à l'assaut de cet éverest de la SF. Bien que court, il n'en est pas moins difficile à pénétrer (à "hacker" diront les puristes!!!). L'écriture de Gibson est assez ésotérique passant du narratif le plus classique à des touches plus picturales que littéraires: transitions quasi inexistantes et itinéraires de déroutages égarant le lecteur. Durant toute ma lecture, je me suis senti balloté entre un scénario bien pensé et des "flash" qui au premier abord n'ont pas l'air d'avoir de liens entre eux (sentiments, montées d'acide du héros, monde réel / virtuel, personnalités multiples de certains personnages...). Bref, un univers fort étrange et déconcertant: un monde dominé non plus par les gouvernements, mais par de grandes multinationales aux pouvoirs immenses qui utilisent l'informatique notamment les IA, les intelligences artificielles, pour mieux asseoir leur domination. Des pirates informatiques ou hacker se battent contre le totalitarisme technocratique de cette société et surtout de ses grandes institutions.

Au fur et à mesure que l'on rentre dans le sujet, les pièces du puzzle commencent à s'assembler, s'imbriquer jusqu'à la toute fin de cette oeuvre qui pour le coup se mérite vraiment. Oeuvre visionnaire pour son époque , elle n'a pas pris une ride et ne souffre pas la comparaison avec des oeuvres plus contemporaines. A ce propos nombre d'auteurs et réalisateurs se sont inspirés de cet opus (voir absolument "Blade Runner" de Ridley Scott tiré du maître K. Dick). A vous de voir, si le voyage vous tente, tout en sachant qu'il sera âpre et éprouvant.

Posté par Nelfe à 19:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 5 janvier 2009

"Lilliputia" de Xavier Mauméjean

Maumejan150_2L'auteur:

Né en 1963, diplômé en philosophie et science des religions, directeur de collections, Xavier Mauméjean est un auteur aux multiples facettes.

Prix du roman fantastique du festival de Gérardmer en 2000 pour "Les Mémoires de l'Homme-éléphant", il aime le rock, Hendrix, le roman d'aventures, Nick Drake et Robert Wyatt, J. G. Balard et Michaël Moorcook.

Il vit dans le Nord avec sa femme et leur fille.

 

                                              .

 

lilliputiaL'histoire:

Bonnes gens, bienvenue à Dreamland!

Érigé sur l'île de Coney Island au début du XXème siècle, ce parc d'attractions d'un nouveau genre abrite en son sein le plus phénoménal des divertissements: Lilliputia, la Cité des Nains, qui accueille pour votre plus grand bonheur trois cents petites personnes venues du monde entier. Construite sur le modèle du Nuremberg du XVème siècle, mais en réduction, cette exemplaire cité possède un parlement, un théâtre, des bas-fonds et même une compagnie de pompiers qui va jusqu'à déclencher ses propres feux pour divertir les visiteurs du parc!

Venez écouter l'histoire édifiante d'Elcana, ce courageux jeune homme de petite taille conduit depuis son Europe de l'Est natale jusqu'à Lilliputia. Là, il comprendra bien vite qu'il lui revient de libérer ses semblables de la servitude dans laquelle on les placés, pour leur "apporter le feu". Avec l'aide de la monstrueuse parade des Freaks, il mènera la révolte contre son propre Zeus - le mystérieux et richissime démiurge, propriétaire de Dreamland - et conduira Lilliputia jusqu'à l'embrasement final...

La critique de Mr K:

Très bonne lecture que ce livre qui m'a été offert à Noël par ma belle doche. Écriture imagée qui contraste avec des propos et des situations parfois rudes. Ainsi, ne cherchez pas dans ce livre une once de certitude. A l'image des philosophies orientales, nul être ou abstraction n'est ici bon ou mauvais. Nul manichéïsme donc, mais un savant mélange d'idéaux et de réactions typiquement humaines (voir lilliputiennes!).

Les références sont ici nombreuses. De "Freaks" de Tod Browning et "Elephant man" de David Lynch (la monstrueuse parade est ici présente ainsi que les thématiques qui lui sont liées: le droit à la différence, la rébellion...), "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury (le personnage du héros et forcément le rôle des pompiers dans l'histoire). Ce récit pour moi fait écho au magnifique "Crystal qui songe" de Théodore Sturgeon considéré à raison par nombre de fans de SF comme un chef d'oeuvre. On retrouve dans "Lilliputia", des notions comme celui du droit à la liberté pour des êtres considérés comme "anormaux" par une société américaine naissante fortement inégalitaire, société créée dans la rue par les gangs (la filiation avec le "Gangs of New York" de Scorcese est évidente), les lilliputiens au cours de l'histoire devront à leur tour décider de leur sort.

Non exempt de défauts (notamment une fin un peu précipitée), ce livre est une agréable distraction qui mérite qu'on s'y attarde pour son écriture singulière et les questions qu'il évoque chez le lecteur sur la nature humaine. A compléter cependant (si la thématique vous intéresse) par les quelques références sus-citées.

Posté par Mr K à 12:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 23 décembre 2008

"Abzalon" de Pierre Bordage

abzalonL'histoire:

Ester : un monde menacé par l'instabilité de son étoile. Sur le continent Nord, le gouvernement, pressé par l'Eglise du Moncle, décide l'annexion du Sud, où vivent les Kroptes, peuple pacifique, religieux et polygame. Une invasion brutale qui dissimule un autre projet : la recherche d'une nouvelle planète habitable.

Abzalon et Loello, incarcérés dans la sinistre prison de Doeq, se battent pour leur survie sous l'oeil des "mentalistes", les spécialistes du comportement. Ils ignorent qu'une épreuve plus terrible encore les attend. Celle-là même peut-être que devine dans ses visions Ellula, jeune Kropte rebelle mariée d'autorité : un interminable voyage à travers le néant.

Un jour, Abzalon fait une étrange rencontre dans les souterrains de Doeq. Serait-ce un Qval, un de ces êtres légendaires dont on dit qu'ils furent les premiers Estériens ? Or un gigantesque chantier s'achève sur un satellite d'Ester : le projet "Estérion"...

La critique de Mr K:

Quitte à me répéter, Pierre Bordage est décidément un conteur hors pair! Dans ce livre, Bordage revient au Space-Opéra: ton épique au service d'une histoire une fois de plus très bien ficelée. Dans une ambiance post-apocalyptique (mais confinée!), c'est 150 ans d'Histoire qui nous sont ici contés. Deux destins qui vont se croiser et une bonne idée de ce que feraient des individus livrés à eux-même  et devant composer les uns avec les autres afin d'élaborer une nouvelle société. Nous retrouvons la plume alerte et imagée de l'auteur, son goût pour la psychologie et le relationnel de ses personnages. Nous suivons l'histoire par le biais des personnages mais aussi quelques extraits de journaux intimes, lettres et autres messages télépathiques de personnages secondaires mais néanmoins essentiels pour la bonne compréhension du scénario. Le lecteur est constamment balancé entre des personnages très attachants et une évocation d'un monde en péril qui ne laisse que peu de place pour l'espoir.

Quelques menus défauts cependant, liés au fait que je commence à bien connaître la bibliographie de l'auteur: peu de surprises par rapport à ces autres opus (je reste un inconditionnel de la trilogie "Les guerriers du silence") d'où une histoire parfois prévisible et quelques personnages secondaires un peu trop caricaturaux pour être crédibles! Reste un livre très agréable à lire et un talent de narrateur incroyable.

Nelfe s'y est mis depuis peu, c'est son premier Bordage! Quant à moi, c'est le dernier Grangé qui me tend ses pages... Bonne lecture à tous!

Posté par Mr K à 17:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 21 décembre 2008

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé...

miserereL'histoire:
Ce sont des enfants.
Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits.
Aucune ombre. Aucune inclusion. Aucune faille.
Mais leur pureté est celle du Mal.

La critique Nelfesque:
J'ai fini ce bouquin ce matin. Méga claque, double Kansetsu Geri retourné dans la face.
Nous avons là un Grand, un Très Grand Grangé. Des phrases courtes, incisives. Un histoire effroyable. Des détails sordides non présentés pour le plaisir de faire du trash mais nécessaires à la compréhension de l'ensemble. De la torture des camps nazis au régime d'Allende, ce roman nous fait voyager entre l'Allemagne, le Chili et la France, entre passé et présent. En pleines fêtes de Noël, des crimes atroces et inexpliquables sont perpétrés au sein même d'églises. Un mort, deux, trois...  Est ce l'oeuvre d'un tueur en série? Sont-ils plusieurs? Quel est le passé de ces victimes? Quel lien les rassemble? Les chorales d'enfants? La musique classique?

Kasdan et Volokine, deux flics respectivement arménien et russe, l'un à la retraite et l'autre en cure de désintox, vont mener l'enquête ensemble. Et seuls... contre le Mal.

A chaque nouveau Grangé je suis de plus en plus séduite. J'attends donc le prochain avec impatience. Cet auteur est décidément un très grand écrivain de polar.
A lire absolument tout en l'éloignant des yeux chastes de nos petites têtes blondes. Je vous garantie qu'en refermant ce livre, vous ne les verrez plus jamais comme avant...

Posté par Nelfe à 16:10 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

samedi 13 décembre 2008

"Olympos" Dan Simmons

olympos_simmonsL'histoire:

Échappant au scénario d'Homère, Achille et Hector se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l'espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer...

Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de se révolter. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre…

La critique de Mr K:

A l'image du volume précédent, j'ai dévoré cet ouvrage qui se mérite tout de même! On dépasse allègrement les 1000 pages! C'est avec plaisir que lecteur suit la suite des péripéties des personnages ébauchés dans "Ilium". Le décor planté, "Olympos" enchaîne sur le devenir des humains à l'ancienne, des Moravecs et des Dieux de l'Olympe martienne. L'auteur s'éloigne de la trame homérienne initiale (rébellion oblige!). En suivant toujours le même axe directeur: voir le déroulement des faits par l'entremise de regards croisés parfois totalement antinomiques. Dans cette ambiance post-apocalyptique, une nouvelle menace venue des temps anciens plane sur tous les protagonistes et l'ancienne Terre plus particulièrement. Nous assistons successivement à des phases de survie, de découvertes de compétences et connaissances perdues, des batailles épiques dans la pure lignée de la bataille du gouffre d'Helm dans "Le Seigneur des anneaux" ou celles visionnées au cinéma devant un bon vieux "Star Wars". Sans compter les interrogations métaphysiques et existencielles des humains et mêmes des créatures artificielles que sont les Moravecs.

Le style épique n'a rien perdu de ses qualités déjà énoncées lors de la critique du précédent tome. Le scénario précis et bien ficelé ne peut être pris en défaut mais à la manière d'un Bordage ou d'un Grangé dans un autre genre, chaque chapitre se termine sur un "switch" qui maintient le lecteur accro au déroulement du récit. On passe de révélations en révélations et il est bien difficile de lâcher prise (Nelfe pourrait vous en parler!).

Ce livre a suscité une polémique à cause de références uchroniques expliquant que la Terre a été livrée au chaos par des extrémistes islamistes recherchant essentiellement à exterminer le peuple juif. A partir de là, certains y voient une forme de sionnisme exacerbé et une haine de l'Islam. Je préfère me contenter d'y voir un avenir possible, certes apocalyptique mais crédible dans le cadre d'un roman. Pour ma part, on est loin des romans prosélytiques à la Ron Hubbard (fondateur de la scientologie). D'autres auteurs avant lui ont subi les foudres de la critique (Dantec, Houellebecq, K. Dick...)... En tant que lecteur, je ne cautionne aucunement les prises de positions de tel ou tel auteur. Je recherche avant tout le plaisir et le voyage, et "Olympos" fait partie de ces livres qui vous embarquent et qui sont extrêmement bien écrits. A chacun donc de se forger son opinion...

Posté par Mr K à 16:54 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 26 novembre 2008

"Ilium" de Dan Simmons

dan_simmons_L'auteur:

Dan Simmons naît à Perolia, dans l’Illinois, en 1948. Sa première rencontre avec le genre S-F a lieu alors qu’il est en 3rd grade (CE2), via une caisse rapportée par son frère aîné, caisse renfermant de nombreux magazines, romans et fanzines de science-fiction. Il se met alors à écrire, choisissant le nom de plume de Christopher Starr.

Il rentre ensuite au Wabash College, où il écrit quelques textes pour The Satyr, un journal étudiant. Il obtient un diplôme d’anglais en 1970, et devient instituteur l’année suivante. Il commence à enseigner en 1973, et restera professeur pendant 18 ans, l’écriture étant relégué a rang de hobby. La légende veut que les prémices d’Hypérion aient vu le jour durant ses années d’enseignement, sous la forme d’histoire qu’il racontait à ses élèves, histoires qui faisaient intervenir des personnages comme le Gritche et des lieux comme Mare Infinitus, Alliance Maul, etc.

Il publie sa première nouvelle, "Le Styx coule à l’envers" en 1982, en remportant un concours organisé par le magazine Twilight Zone. Il publie ensuite son premier roman, "Le voile de Kali", en 1985, qui remporte le World Fantasy Award.

En 1990, il publie deux de ses principaux chef d’œuvre : le premier tome d’ "Hypérion", et "L’échiquier du mal". Le second, qui est une histoire pouvant se rattacher à la thématique du vampirisme pschique, remporte pléthore de prix (Locus Award, Bram Stoker Award, British Fantas Award). "Hypérion" quant à lui gagne le prix Hugo, et est, avec les 3 volumes qui suivirent, l’une des œuvres les plus riches de la SF, avec le "Dune" de Frank Herbert. Pour "Hypérion", Simmons s’est inspiré autant du "Décaméron" de Boccace que des contes de Canterbury, dont son space-opera emprunte la structure narrative ?

Son dernier cycle, "Illium", s’inspire quant à lui de l’"Odyssée" d’Homère. Le premier tome reçut le Locus Award du meilleur roman de science-fiction de l’année 2003.

Ses autres œuvres compte une trentaine de romans fantastiques (dont "Les fils des ténèbres", qui est un roman vampirique sur fond de chute du régime de Ceausescu), des thrillers ainsi que des recueils de nouvelles (parmi lesquels "l’amour, la mort", dont une bonne moitié des nouvelles ont trait aux vampires).

L'histoire:Ilium_couv

Imaginez que les dieux de l'Olympe vivent sur Mars. Ils se déplacent librement dans le temps et l'espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c'est la Guerre de Troie qui se joue sous leurs yeux. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les événements à leur gré, en gardant toutefois le récit d'Homère comme référence. Mais en orbite autour de Mars, de petits observateurs surveillent les jeux divins...

La critique de Mr K:

Excellente lecture que ce recueil de Dan Simmons. Il faut dire que j'affectionne tout particulièrement l'univers de cet écrivain vu par la plupart des adeptes de SF comme le digne héritier de K. Dick, Silverberg et autres Asimov. Je ne peux m'empêcher de le mettre à la droite de Pierre Bordage autre écrivain bien présent dans notre bibliothèque. J'avais particulièrement aimé "le cycle d'Hypérion" (8 volume d'une science fiction mélangeant habilement anticipation et mythologie / culture poétique) et "l'échiquier du mal" (pour beaucoup son chef-d'œuvre!) du même Dan Simmons.

"Ilium" figurera en bonne place au milieu d'autres romans-culte du genre. Je l'ai littéralement dévoré (valait mieux, vu l'épaisseur du pavé: 870 pages!). Nous rentrons de plein pied dans la guerre de Troie transposée dans le présent volume sur la planète Mars. Nous suivons le récit par le biais de trois narrations différentes: "les humains à l'ancienne" (vivant dans un monde aseptisé et où l'espérance de vie est limitée à 100 ans), un scholiaste (érudit spécialiste d'Homère de notre époque envoyé dans le futur par les dieux  afin de "vérifier" le bon déroulement du conflit) et deux Moravecs (chargés d'une mission mystérieuse sur la planète rouge, plus particulièrement sur le Mont Olympus -qui existe vraiment sur Mars!-). Cette triple trame narrative permet au lecteur de cerner les événements et autres "deus ex machina" par des regards, des ressentis aux antipodes les uns des autres mais qui finissent par se rejoindre à la fin du livre.

Dan Simmons signe ici un "livre-somme", dense par les éléments de l'histoire et léger par le ton et la langue. Bien sûr, il est préférable de connaître au préalable les grandes étapes de la guerre de Troie mais l'auteur nous fait grâce de lourdeurs stylistiques en utilisant une langue alerte, intuitive et captivante. Nous allons de révélations en révélations, à aucun moment le lecteur ne se sent perdu ou escroqué (tout se tient sans artifices narratifs) et c'est avec un plaisir rarement égalé que l'on retourne se plonger dans cette épopée (trame gigantesque et ton épique de rigueur!) pour suivre les destins croisés de Hockenberry, Daeman, Ada, Mahnmut, Achille, Odysseus,  Orphu d'Io, Mars, Zeus et consorts... Un livre à lire absolument pour les adeptes de SF, en particulier les fans de tout poil du concept d'uchronie. Quant aux autres, c'est un bon point de départ pour entrer dans un genre que j'apprécie tout particulièrement.

Depuis hier, je me suis penché sur la suite et fin de ce cycle: "Olympos". Les critiques semblent plus partagées sur le deuxième volume. Certains adorent, certains y voient un écrit fasciste. C'est plus qu'il m'en faut pour me laisser tenter. Le goût du souffre est tellement agréable... Comptez sur votre "serviteur-scripteur" pour vous en parler dans les semaines à venir!

Posté par Mr K à 16:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 25 novembre 2008

Nous tournons les pages à l'improviste...

J'ai récupéré ce tag chez Eve qui dans sa rock'n'roll attitude se refuse de faire chier 5 blogueurs et le refile à qui veut. Sympa la meuf! Moi, beaucoup moins... héhé...

1. Le dernier livre que j'ai acheté ET terminé, mon verdict :

Voyons voir... le dernier livre que j'ai acheté, je suis entrain de le lire... hum... avant... c'était "Un horizon de cendres" de Jean-Pierre Andrevon. Il est pourri et j'en ai déjà parlé (si tu veux connaître le pourquoi du comment ce livre est divertissant mais sans plus, clique).

horizon

2. Le livre que je suis en train de lire, ce que j'en pense, citer l'extrait qui s'y trouve à la ligne 13 de la page 42, "parce que c'est important, 42" :

En ce moment, je lis "Miserere" de Jean-Christophe Grangé et comme pour tout ses bouquins que j'ai lu, je le trouve ENORME. J'en ferai la critique une fois que je l'aurai fini mais, à moins d'une grosse déception sur la fin (ce qui m'étonnerait), pour l'instant je n'en pense que du bien. Look at this extrait de saison de la page 168 (parce que c'est 4 X 42 et c'est important la page 42! Par contre, la ligne 13, on s'en tape...)

"Il serra les poings. La promesse qu'il s'était faite à lui-même. Pas le moindre gramme avant le dénouement de l'enquête. Pas un seul fix avant de regarder dans les yeux le ou les assasins.
Il éclata en sanglots. De chaudes larmes, coulant sur sa sale gueule de défoncé. La morve lui sortit du nez, lui mouilla les lèvres, avec un goût de mer salée. Il songea à ses dents branlantes, à son corps pourri de junk en rémission - et ses larmes redoublèrent.
- Ca va pas, m'sieur?
Le chauffeur de taxi lui lançait des coups d'oeil circonspects dans le rétroviseur.
- Ca va. C'est Noël. Je supporte pas.
- Alors ça, moi non plus. Avec tous ces cons..."

miserere

3. Un de mes livres favoris, ce que j'en pense, citer la dernière phrase de la page 65 (parce qu'on en a marre des pages 42) :

Un de mes livres favoris... Ca c'est pas facile! Bon ce qui me vient spontanément à l'esprit là, maintenant, tout de suite, c'est "Les chroniques de Krondor" qui se classent dans le style fantasy. Oui je sais, un Maupassant, un Hugo ou un Rimbaud ça en aurait jeté plus... Que veux-tu c'est comme ça!

Alors de quoi ça cause ces chroniques? D'une famille noble vivant à Midkémia (un monde imaginaire, va pas le chercher sur une carte tu le trouveras pas) aux temps des chevaliers. Imagine toi le seigneur des anneaux et tu auras l'"époque". Autour de cette famille il va se passer des tas d'évènements qui font que tu ne peux plus lâcher ton bouquin avant de l'avoir fini. Dedans il y a des failles temporaires, des mondes parallèles, des magiciens à la pelle, de valeureux guerriers, des rois, des princesses, des créatures féériques... Bref, c'est de la fantasy et c'est vachement bien!
Par contre, je suis bien emmerdée pour la page 65 car ces chroniques sont en 4 volumes. Je chope donc le 1er "Pug, l'apprenti" et je m'en vais te donner la sacrosainte phrase: "Il finit presque en criant". Wahou! Ca c'est de la phrase!

chroniques


4. Le dernier livre que j'ai lu et que je n'ai pas aimé :

Ah ben j'ai déjà répondu à la question en 1. Mais je suis sûre que je peux en trouver un autre...

...

Non, je ne vois pas. C'est à croire que je les choisi bien.


5. Les cinq blogueurs à qui je passe le relais 
:

Marie qui a peut être le temps de lire entre 2 concerts.
maia qui a peut être le temps de lire entre 2 conseils de classe.
CZ qui a peut être le temps de lire entre 2 films de zombies.
Mr K qui a le temps de lire entre 2 concerts, au milieu des conseils de classe et avant de mater un film de genre. Il est trop fort! C'est normal c'est le mien!!!

Et puis c'est tout! Bonne lecture!

Posté par Nelfe à 19:50 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
mercredi 29 octobre 2008

"Velum part 1: le livre de toutes les heures" de Hal Duncan

Hal_DuncanL'auteur:

Hal Duncan est écossais. Il vit à Glasgow. Le succès de "Vélum" (son premier roman!) traduit dans de nombreux pays, l'a consacré comme un des meilleurs écrivains du genre.

L'histoire:

Depuis des temps immémoriaux, le siège de Dieu est vacant. Ses anges et tous ceux dont le sang se charge d'une parcelle de divin, les Amortels, se sont divisés en deux clans: les Souverains et l'Alliance. Leur guerre n'a pas lieu dans les cieux, mais sur le Vélum, ce tissu de mondes en comparaison duquel notre Terre n'est qu'une trace de crasse sous l'ongle d'un pouce. Pour Finnan et Phreedom, qui refusent de choisir leur camp, le temps est compté, car la guerre des cieux sera bientôt totale.

La critique de Mr K:couverture_velum

SUBLIME! Ce livre touche au sublime!!! Je viens de terminer deux semaines de âpre lecture... C'est une livre qui se mérite, "faut mouiller le maillot" pourrait-on dire! Langue tortueuse, références mystico-religieuses... On passe beaucoup de temps à relire, rechercher et "réflexionner"!

Vous côtoierez titans et anges (Gabriel, Enoch [alias Métatron] et consorts), des tueurs à gage "similis-divins" impitoyables, une future maman en fuite, une déesse des temps immémoriaux condamnée à descendre aux enfers, un irlandais à moitié dingue qui se prend pour (qui est?) Prométhée, des étudiants américains sur la piste d'un mystérieux livre...

Vous l'aurez compris, ce livre ne prône pas la facilité. Les personnages multiples ne sont parfois que différents avatars d'une seule et même entitée (Phreedom, Anna, Inanna par exemple). Sans compter que chaque "personnalité" voit l'histoire se dérouler différemment: élisions, ellipses, changement de point de vue du narrateur (interne, externe, omniscient). J'ai été désarçonné comme jamais depuis le fameux "Villa Vortex" de Dantec.

En effet, nous sommes loin de la linéarité commune à la majorité des romans. Impossible de vous faire un résumé précis et simple de ce livre tant l'histoire se rapproche d'un gigantesque Maëllstrom bouillonnant que nous ne pouvons que survoler. Des personnages se débattent au sein du Vélum (ensemble des mondes possibles, l'Histoire dans toutes ses dimensions, tous les présents, les passés et les futurs envisageables... et tout cela en même temps!!!) et nous suivons leurs pérégrinations à travers une exploration à la fois spatiale et temporelle (Amérique de la grande dépression, Grande-Bretagne actuelle, France des tranchées de 14-18, Espagne de la guerre civile, Enfer d'Eschyle et de Virgile etc...). Force est de constater que notre auteur maîtrise parfaitement ses sujets et ceci sans pédanterie aucune.

Beaucoup de lecteurs passeront leur chemin, il faut attendre le dernier quart du livre pour que la trame du livre devienne clair. Pour ceux qui s'accrochent, qui n'ont pas peur de passer du temps à percer ses secrets; Vélum est un livre incroyable mais cependant inachevé... En effet, la partie 2: "Vélum part 2: Encre" va n'arriver qu'au début 2009 dans nos librairies. Il me tarde d'y être...

Posté par Mr K à 13:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 20 octobre 2008

Jusqu'à ce que la mort nous sépare...

horizonL'histoire:
Premier jour: Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe. Jusqu'au moment où vous réalisez qu'il est décédé depuis des semaines...
Troisième jour: La télé enchaîne les émissions spéciales: partout dans le monde les morts reviennent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants...
Cinquième jour: Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...
Huitième jour: Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l'ignominie qu'elle appelait "maman".
Neuvième jour: La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant...
Ils sont désormais des millions et vous ne vous posez qu'une question: mon monde n'est-il pas désormais le leur?

La critique Nelfesque: Des films de zombies, j'en ai vu pas mal. Des bouquins, j'en ai lu beaucoup moins. Je me décide donc à lire "Un horizon de cendre", tout d'abord parce que j'adore la couverture (quand je ne sais pas trop quoi lire, j'y vais au feeling) et parce que je me dis qu'une histoire de zombie, ça doit être tordant. Il faut me voir devant un film gore, je suis morte de rire plus souvent que je ne sursaute!

Résultat des courses j'ai été bien déçue... Non seulement ce n'est pas drôle, mais en plus je n'ai pas flippé une seule seconde. Si encore il y avait eu du suspense, de la surprise, j'aurai été plus clémente avec ce bouquin plein de clichés vus, revus et d'un ridicule sans nom.

Je ne sais pas ce qui m'a le plus déplu.. Est-ce la comparaison de l'éradication des zombies dans des crématorium avec la Shoah, la référence au 11 Septembre pour évoquer la fin du monde ou la fuite du Président rappelant Vichy? Autant de comparaisons complètement nazes et déplacées.
Allez, une petite pour la route. Qui, d'après vous, a le plus de chance de survivre si tous nos morts venaient à se lever et vouloir nous croquer? Qui? Mais voyons, c'est très simple, ce sont les gars de banlieue!!! Les cailleras (dans le texte) en profitent pour "faire des razzias de montres Kenzo ou de pompes Cerruti...". Ben oui! C'est normal, ils sont pas comme nous hein, ils penseraient pas à sauver leur peau mais bien à nous piller, nous les honnête gens! Mourad, Malika, Fatoumata, M'mumba et sa Mercedes nous donnent, dans la plume d'Andrevon, du "zy va" bien lourd, qu'on utilisait peut être en banlieue dans les années 80... "T'es guedin ou quoi? Ca te sert à oiq de m'emboucaner?".

Comme ce livre est écrit tel un journal, on pourrait pardonner le côté amateur du style littéraire... Je trouve que c'est une excuse trop facile, on est tous capable d'écrire un bouquin pareil. Les zombies récupèrent la masse cérébrale de leurs victimes pour régénérer la leur, ils recouvrent la vue, changent leurs loques pour des vêtements plus propres. Peu à peu, ils prennent la place de l'homme et finiront peut être par le faire passer lui-même pour un zombie? Là, l'idée était intéressante, mais elle tombe à l'eau... quand je vous disais "décevant"...

Au mieux, un divertissement sans grand intérêt...

Posté par Nelfe à 19:56 - - Commentaires [19] - Permalien [#]