jeudi 25 mars 2010

"Disparue" de Lisa Gardner

disparueL'histoire: Sur une route déserte de l'Oregon noyée par la pluie, une voiture abandonnée, moteur en marche, un sac de femme sur le siège du conducteur. Rainie, une avocate séparée de son mari, Pierce Quincy, ex-profiler, a disparu. Dérive d'une femme au passé d'alcoolique ou conséquence d'une des redoutables affaires dans lesquelles elle s'investissait parfois dangereusement?
Un homme sait ce qui s'est passé cette nuit là.
Et lorsqu'il contacte les médias, le message est clair, terrifiant: il veut de l'argent, la célébrité.
Sinon, personne ne reverra Rainie.
Aidé de sa fille, agent du FBI, Pierce se lance dans l'enquête la plus désespérée de sa vie, sur la piste d'un criminel sans visage et de la femme qu'il n'a jamais cessé d'aider.

La critique Nelfesque: Je n'ai pas l'habitude de lire des thrillers. Mise à part les thrillers psychologiques glauques et à dimension mystique "à la Grangé", je ne vais pas spontanément vers ce genre de roman.

Alors pourquoi celui-ci me direz-vous? Pour la couverture vous semblera être une réponse un peu farfelue... Et pourtant! Cette photo sombre et lourde m'a attirée. A la lecture des premières pages, j'ai tout de suite plongé dans cette course contre la montre qui débute un mardi à 0h24 pour nous emmener dans l'enquête de la police et le calvaire de la captive minute par minute. Pendant exactement 37h05 nous allons suivre à la trace chaque protagoniste de cette histoire, leurs émotions, leurs questionnements...

J'ai trouvé un léger ralentissement du rythme à mi-parcours, dû au piétinement des forces de l'ordre dans ce qui semble être un "vrai merdier incompréhensible". Mais, n'écoutant que mon courage, j'ai poursuivi ma lecture et j'ai été récompensé puisque le rythme reprend assez vite et s'accélère pour atteindre un seuil insoutenable de stress. Le suspens est vraiment bien mené et j'ai souffert avec Rainie. Va-t-elle s'en sortir? Sera-t-il trop tard? On bascule constamment entre ces deux questions.

Les personnages et situations sont très réalistes, fruit de nombreuses recherches de la part de l'auteur auprès de représentants des forces de l'ordre mais aussi de médecins spécialisés. J'ai particulièrement aimé celui de Dougie, enfant pyromane de l'assistance publique, qui est émouvant et horripilant à la fois.

"Disparue" est donc un thriller que je conseillerai, et ce malgré la perte de rythme centrale, pour son déroulement à la "24h chrono", pour une approche plus professionnelle de tous ceux qui travaillent au dénouement d'un enlèvement et pour la psychologie des personnages poussée et crédible.

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dimanche 21 mars 2010

"Quartier lointain" de Jirô Taniguchi

quartier_lointainL'histoire: Qui n'a jamais rêvé de retourner en enfance? C'est exactement ce qui arrive à cet homme mûr, qui de retour d'un voyage d'affaires, fait un détour involontaire par sa ville natale. Profitant de l'occasion pour se recueillir sur la tombe de sa mère, il est alors projeté dans le passé. Il y revivra un morceau de son enfance, tout en gardant son caractère et son exprérience d'dadulte. Pour la première fois, il verra ses parents avec son regard de quelqu'un à même de les comprendre.

Père de famille de 48 ans, transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi poursuit la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il prend conscience de tous les détails de son enfance qui lui avait échappé. Et peu à peu, l'année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Hiroshi peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant? Et retrouvera-t-il un jour sa vie d'adulte, aux côtés de sa femme et de ses filles?

La critique Nelfesque: Je n'ai pas l'habitude de lire des mangas. Mis à part "Ghost in the shell" que je possède et les quelques "Ranma 1/2" de Mr K que j'ai lu, ma connaissance en matière de manga est très mince. Je ne suis pas spécialement attirée par les traits des dessins et les histoires culculs qui accompagnent souvent ce genre de lecture me laissent de marbre.... Toutefois, la lecture commençant par la fin n'est pas une chose qui me dérange puisque je suis gauchère et que lire "dans ce sens" me semble naturel. Pour les côtés "négatifs" que j'ai évoqué précédemment, j'ai conscience que je fais des raccourcis faciles là mais ce sont ceux empruntés par les gens, dont je fais partie, qui n'y connaissent rien à ce style de lecture!

Pourquoi me suis-je alors lancée dans la lecture de "Quartier lointain"? L'histoire tout d'abord m'a bien plu, loin des écolières à couettes et des créatures roses kawaï, puis les critiques que j'ai pu lire à droite à gauche. Partout je n'ai vu que des éloges sur ce qui semblait être LE manga à lire et pour cause il a obtenu un prix au festival de la BD d'Angoulème en 2003. Le trouvant à la bibliothèque que je fréquente, j'aurai été bien bête de ne pas tenter...

Et alors, qu'est ce que ça a donné au final? Et bien j'ai pris grand plaisir à me lancer dans cette lecture inhabituelle. J'y ai trouvé une histoire somme toute assez banale, dans le sens où ce thème a déjà été abordé maintes et maintes fois dans les romans et/ou films, mais très agréable. Le point fort de ce manga est le côté psychologique et intime de la lecture. Qui n'a jamais voulu revivre une situation de son passé, pas forcément pour changer les choses mais simplement pour comprendre! Revivre des moments charnières, revoir des personnes aujourd'hui disparues... Je ne sais pas vous mais moi ça me plairait bien!

Le personnage principal a un peu de mal à appréhender son "nouveau passé". Passé le moment de la surprise, vient le temps du quotidien nouveau qui bien entendu différera de celui qu'il a vécu puisqu'il n'a plus le même âge mental. Cette façon de vivre les choses différemment ne va-t-elle pas changé son futur? Arrivera-t-il à revenir dans sa vie actuelle? Et surtout comprendra-t-il les choses essentielles qui manquaient à sa vie?

Ce manga est très sensible, entre nostalgie et douceur de vivre. J'ai passé un moment agréable avec cette oeuvre qui se lit comme du petit lait et qui me fait admettre que les mangas ne sont pas tous à ranger dans la même catégorie. Si l'occasion se représentait, je recommencerai avec plaisir!

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samedi 20 mars 2010

"Chroniques de la Lune Noire" vol 7, 8, 9 de Pontet et Froideval

Retour aujourd'hui sur Les chroniques de la Lune Noire pour les trois volumes suivants qui avait laissé Wismerhill néo-vassal de l'Empire dans une position de force...

cln7Vol7: "De vents, de jade et de jais".

La destinée du baron de Wismerhill, maître et seigneur de Moork et d'Orkher, semble éclatante. Devenu l'un des plus puissants féodaux de l'Empire, rien ne semble lui résister. Pourtant, à mesure que sa rencontre avec l'empereur se rapproche, Wismerhill sent cette odeur indicible de souffre et de mort se rapprocher de lui. Bonne chance, Wismerhill... Ce volume est définitivement marqué du sceau de la conversion: celle du héros pour la religion de la Lune Noire. Il devra affronter les différentes forces de la Nature pour pouvoir accéder au rang de haut prêtre. Il est aidé (manipulé?) dans cette tâche par le chef de la Lune Noire: Haazhell Thorn, personnage hautement charismatique et insaisissable (il a pas l'air sympa tout de même!). Plus qu'un apprentissage, Wismerhill au passage y laissera plus que quelques souffrances physiques...

En parallèle, les forces de la Lumières rentrent en rébellion contre l'Empire et prennent une à une, une série de citadelles des marches. Wismerhill continue sa course aux armements en faisant une commande spéciale au peuple des nains des montagnes, mais les caisses commencent à se vider... C'est alors que l'on parle au baron et à ses amis d'une mystérieuse nécropole renfermant d'indicibles richesses dont nul ne serait revenu vivant. Bien évidemment, nos amis y vont histoire de se dérouiller d'une longue période d'oisiveté. La fin du volume s'achève avec l'apparition du chef des non-morts dont la puissance est redoutable...

cln8Vol8: "Le glaive de la Justice".

Tandis que le Prince hors vivant de Der Hem Shelbem referme ses ténèbres sur Wismerhill, le seigneur Parsifal décide d'attaquer la toute puissante Altenberg. Qui sortira vivant de ces chocs titanesques? Le visage de l'Empire en sera-t-il modifié?

J'ai moins apprécié ce volume car il fait la part belle à Parsipal et son ordre. Je le trouve niais et insipide, le trait est trop poussé et le rythme s'en ressent avec des longueurs inhabituelles pour cette superbe série. De l'affrontement annoncé résultera un certain nombre de péripéties dont la Chute de Frater qui à la toute fin du volume s'alliera avec... Wismerhill! Les ennemis d'hier se retrouvent dans leur haine envers l'empereur. Ce dernier bien qu'appréciant les actes héroïques de Parsifal ne se résout cependant pas à lui faire confiance tant il se raccroche désespéremment au pouvoir.

Wismerhill lui, affronte dans un terrible combat singulier le seigneur des non morts qui s'avère être un archimage très puissant. De sa victoire sur cet être maléfique, il héritera d'un pouvoir encore plus important venant se rajouter à sa maîtrise des arcanes de la Lune Noire. Le seigneur des Enfers clot le volume sur une sentence lourde de présages funestes pour le monde des vivants...

cln9Vol9: "Les chants de la négation".

Après le ralliement des chevaliers de la Lumière à l'ordre de Justice, l'Empire semble avoir retrouvé un semblant d'ordre. Mais dans l'ombre de sa forteresse Haazheel Thorn prépare sa revanche et tandis qu'il propose à Wismerhill de perdre son humanité, ses innombrables armées se lèvent poussées par les vents du destin et le souffle de la guerre.

Ce volume s'apprente à une course à la guerre. Les petits flous diplomatiques encore présents dans le tome précédent sont levés et nous assistons aux tractations et aux déchirements qui en découlent. Wismerhill devient au cours d'une cérémonie très particulière Seigneur de la négation et mènera à la guerre contre l'Empire les troupes de la Lune Noire plus fortes que jamais (mélange hétéroclites d'orques, de démons et d'humains). L'ombre de Methraton plane toujours et des forces immenses observent la tragédie qui se joue.

Wismerhill se voit confier une mission bien particulière par sa compagne succube: procréer! Il doit en effet assurer l'avenir de ses possessions. À la fin, Wismerhill n'est vraiment plus le demi-elfe du volume 1. C'est un être hybride, mort puis réssuscité, à cheval entre deux mondes.

Ces trois volumes se sont lus aussi rapidement que les précédents, ils font la part belle aux tractations des puissants et aux aventures rocambolesques de Wismerhill et de ses amis. Ces derniers sont toujours aussi attachants et croustillants de part les dialogues et leurs actes. Beaucoup de bouleversement ont lieu et pourtant ils restent les mêmes. Suite aux prochains épisodes en Avril! 

A lire également:
Les chroniques, volumes 1, 2 et 3
Les chroniques, volumes 4, 5 et 6

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jeudi 18 mars 2010

"Quand le dormeur s'éveillera" H.G. Wells

dortL'histoire:

Un homme se réveille 200 ans après son endormissement. Le monde a bien changé et son rôle va s'avérer déterminant...

La critique de Mr K:

Attention livre plus rare qu'à l'habitude, il me semble que ce roman de SF de Wells n'a jamais été réédité. J'ai eu le plus grand mal à trouver l'illustration ci-jointe qui d'ailleurs est celle de mon édition. Héritage de mon grand père, il m'avait "échappé" jusque là... C'était sans compter une exploration inopinée d'un vieux carton de livre!

Disons-le tout net: cet opus ne restera pas dans les mémoires comme une des oeuvres majeures du maître: je lui préfère largement "L'île du Dr Moreau" ou "La machine à remonter le temps". Graham, le dormeur se réveille dans un monde futuriste qui n'a vraiment plus rien à voir avec le XIXème siècle qu'il a connu. En plus, sa position est délicate car il se rend vite compte qu'il est quelqu'un d'important et qu'il attise la soumission mais aussi la jalousie et la crainte... Je n'en dirai pas plus pour ne pas divulguer la clef du roman (livrée d'ailleurs bien trop tôt à mon goût).

Pour l'époque ce roman était sans doute visionnaire mais à mes yeux il ne rentrera pas au panthéon des oeuvres SF du XIXème aux côtés de Pierre Boulle, Rosny Aîné et autres Jean de La Hire (voir l'excellente compile de vieux récits de SF française "Chasseurs de chimères" aux éditions Omnibus). "Quand le dormeur s'éveillera" a plutôt mal vieilli, le style est pesant et les descriptions ont du mal à passer tant elles semblent aujourd'hui dépassées. Pratiquement à aucun moment, je n'ai réussi à me "transposer" à la place du héros, à m'imaginer errant deux siècles dans le futur: la mécanique n'a pas fonctionné. Plusieurs fois, j'ai failli refermer l'ouvrage tant je sentais l'ennui me gagner... mais une petite voix interne me disait: "Non Mr K, tu ne peux pas faire ça. Tu as trop de respect et de goût pour cet auteur. La fin sera mieux...".

Résultat des course: un livre plus que moyen avec quelques fulgurances intéressantes éparses dans un ensemble gâté par les ravages du temps qui passe selon moi. Une curiosité tant il date de l'époque où la SF était encore un genre balbutiant... Une curiosité dispensable cependant...

 

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vendredi 12 mars 2010

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" de J.K. Rowling

HP5L'histoire: A quinze ans, Harry entre en cinquième année à Poudlard, mais il n'a jamais été si anxieux. L'adolescence, la perspective des examens et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Le ministère de la Magie semble ne pas prendre cette menace au sérieux, contrairement à Dumbledore. La résistance s'organise alors autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours...

La critique Nelfesque: Pfiou, ce tome est un pavé! Un bon gros pavé de 1031 pages mais un pavé qui se lit très facilement et au final on arrive à la dernière page en se disant: "Oh!? Déjà!?".

Dans la lignée des 4 tomes précédents, on retrouve Harry et ses amis pour une année scolaire à Poudlard. Au programme les bons ingrédients dont on a l'habitude et dont on ne se lasse pas: les cours, les profs foldingues ou désagréables, le Quidditch, l'amitié et les p'tits malins qu'on aimerait bien tarter si on en avait l'occasion. Mais pas seulement...

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" démarre sur les chapeaux de roue avec une agression perfide à grand coup de détraqueurs. Que font-ils là dans une rue Moldue? Les choses s'enchaînent à toute vitesse. Harry se retrouve devant les Magenmagots (tribunal pour utilisation abusive de la Magie), Fudge se montre d'une débilité sans nom, Dumbledore devient froid. Puis nous apprenons l'existence de l'Ordre du Phénix faisant suite à l'évènement survenant à la fin du tome 4, l'année scolaire commence, nous faisons connaissance du professeur (future inquisitrice puis directrice) Ombrage . Ce personnage est à baffer! Là où l'auteur est très forte c'est qu'on ressent une véritable haine pour cette "fouille merde" (oups j'ai dit un gros mot...) qui n'a qu'un but dans la vie: faire chier le monde mener Poudlard à la baguette pour le ministère. Des têtes tombent dans ce tome... Pas forcément celles qu'on voudrait...

Le personnage de Harry m'a vraiment agacé. Ses amis font tout pour lui, lui parlent en prenant des pincettes mais Mônsieur est un incompris, Mônsieur est désagréable et irrascible! Mônsieur est un adolescent! Et moi, les ados, j'ai vraiment du mal... Il m'a donc fallu faire de gros efforts par moment pour supporter ses états d'âmes mais malgré ça, ce tome est très bon (non, je ne suis pas maso).

On découvre de nouvelles choses sur les parents d'Harry et sur Rogue qui, donnant des cours particuliers à Harry, est très présent dans ce tome. On comprend alors sa façon d'être avec Harry. On fait la connaissance des parents de Neville qui décidément mérite encore plus d'être mon chouchou car il se montre très courageux et fort. Ron aussi s'etoffe avec ses fonctions de préfet et de gardien dans l'équipe de Quidditch. Hermione qui m'horripilait au tout début de la série passe maintenant pour une fille "normale". Il faut dire que niveau personnage "tête de turc spéciale Nelfe", elle a trouvé une bonne remplaçante!

Quand à la fin, elle est atroce... Un personnage meurt. Et pas n'importe lequel! On ne devrait pas mourir dans "le monde merveilleux d'Harry Potter"! C'est un bouquin pour enfants oui ou m****!? A coup sûr, d'autres vont prendre la même voie... et moi je vais me taper une dépression! Merci J.K. Rowling!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"

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mardi 9 mars 2010

"King kong theorie" de Virginie Despentes

kktRésumé?

"J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas" V.D.

La critique de Mr K:

Hasard du calendrier, je chronique le présent ouvrage le lendemain de la journée de la femme. On ne pouvait mieux faire! Certes Virginie Despentes est dérangeante, déroutante... mais en voilà une qui écrit avec ses tripes et ne mâche pas ses mots. C'est sa qualité première et c'est ce que j'aime! De sa bibliographie inégale, je n'avais pour l'instant retenu comme essentiels que "Baise moi" et "Mordre à travers"... j'y rajouterais celui-ci!

Dans cet essai, l'auteur aborde un thème qui lui est cher: le féminisme. Nous sommes tous touchés par ce thème, hommes autant que femmes, puisque le féminisme parle du rapport entre les deux. King Kong Théorie parle donc des femmes, de toutes celles qui ne trouvent pas leur place, mais aussi des hommes qui refusent celle qu’on leur réserve habituellement. Il n'est donc pas question d'opposer les deux sexes (comme cela a déjà pu être fait) mais bien de réfléchir aux tenants et aux aboutissements des relations hommes-femmes de l'intimité du couple au corps social tout entier.

C'est à travers le prisme de trois réalités qu'elle a vécu ou connu que Despentes écrit ce "manifeste pour un nouveau féminisme" comme le proclame certains et certaines: le viol, la prostitution et la pornographie. À travers ces trois exemples, elle essaie de montrer que la perception traditionnelle de ces trois sujets est profondément ancrée dans nos sociétés et vise à perpétuer la domination du mâle (le dictat de l'apparence, la féminité-putasserie, la morale ambiante machiste, la jouissance sadique du violeur...).

Et le tout... au chalumeau! La langue est malmenée, directe, vulgaire mais oh combien vivante, provocatrice et donc réflective. Personnellement, j'ai trouvé par moment que ce livre ressemblait davantage à une espèce de thérapie dans laquelle veut nous entraîner l'auteur. On la sent bourrée de complexes (elle ne s'aime pas, c'est sûr) et revancharde (violée à 17 ans et prostituée occasionnelle par la suite) mais comme elle le dit si bien au dos: elle écrit pour les laisser pour compte et elle a le sentiment d'appartenir à leur clan. Je n'ai pas été séduit par l'ensemble de l'argumentaire (notamment en ce qui concerne le porno) mais dans les jours qui suivirent je n'ai pu m'empêcher d'analyser les différents programmes que nous avons pu suivre Nelfe et moi sur la boîte à connerie. Bien que conscient du machisme ambiant, j'ai pu mesurer l'étendue des dégâts à sa juste valeur! C'est super d'être un mec et je ne changerais pour rien au monde! Le pire exemple était une émission appelée "Nouveau look pour une nouvelle vie" en deuxième partie de soirée où deux filles de 9 et 14 ans avaient inscrit leur mère qu'elles ne trouvaient plus belle! Grâce à son relooking (comme disent les cakes!), elle allait retrouver sa place dans la société et dans le coeur de ses filles! À vomir! La mère consent et là... j'ai éteint la télé me sentant près à commettre un geste pourtant salutaire pour mon esprit: la balancer dehors!

Mais là, je m'égare... Qu’on soit d’accord ou non avec son propos, King Kong Théorie fait réfléchir et aborde des sujets de société importants sous des angles nouveaux. Il s'apparente à un cri (ou plutôt une bonne gueulante) brisant la démocratie et la pensée molle. C’est surtout avant tout, "un manifeste pour que les femmes soient enfin libres et que les hommes vivent leur masculinité d’une autre manière que celle imposée par la société traditionnelle", et là... y'a du boulot!

I love you Virginie...

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dimanche 7 mars 2010

"Le Chat du Rabbin - Jérusalem d'Afrique" de Joann Sfar

rabbin5L'histoire: Le mari de Zlabya a commandé des livres, et voilà que c’est un Russe qui débarque. Tout blond, qui parle en cyrillique, un vrai Russe, sauf qu’il est juif, quand même. Et peintre. Forcément, ça fait des histoires. Surtout que personne ne comprend rien à son charabia. Sauf le chat, qui ne se fait pas mieux entendre. Heureusement, la très minuscule communauté russe d’Alger compte un certain Vastenov, Russe aussi mais du genre blanc, vieux, et sanguinaire.
Et ce Russe blanc là s’ennuie. Ça tombe bien : l’artiste ashkénaze a envie de voir du pays. D’ailleurs, s’il a atterri à Alger, c’est par erreur. Lui visait Jérusalem, en Éthiopie. Si les bolcheviques disent qu’elle existe, c’est que c’est vrai : ces gens-là sont bien renseignés, surtout quand ils projettent d’exiler leurs juifs sous d’autres latitudes. Va pour Jérusalem d’Afrique. À bord d’une autochenille Citroën, les Russes, le rabbin, son chat et le cheikh Sfar, qui passait par là, s’embarquent pour un périple qui leur fera, entre autres, croiser des bédouins un peu à cheval sur les principes religieux, un reporter belge féru d’hygiène et une jolie serveuse. Il y aura des drames, du suspense, des surprises, des bagarres et de la rigolade.

La critique Nelfesque: "Pendant longtemps j'ai pensé qu'il était superflu de faire un album contre le racisme. Il me semblait que c'était une évidence, qu'il ne fallait pas enfoncer des portes ouvertes. Les temps changent, semble-t-il. Tout a sans doute déjà été dit mais comme personne n'écoute, il faut recommencer." Ce sont les premières phrases de Sfar dans ce "Jérusalem d'Afrique", cinquième et dernier tome du Chat du Rabbin. Il est donc question de racisme dans ce tome. Pas vraiment dans le tome entier, plutôt dans les dernières pages où vraiment il n'y a rien à faire. Avant, il est surtout question d'incompréhension et d'ignorance. De différences entre ashkénazes et séfarades qui, grâce au chat et à un orthodoxe russe, apprennent à se connaître et décident de rejoindre les falashas d'Ethiopie. L'herbe est-elle plus verte là-bas? Est-ce un oasis de sérénité et de quiétude pour le peuple juif? Ce tome relate le voyage de ces expéditeurs, les péripéties et rencontres d'ethnies.

Pas mal de longueurs dans ce tome que j'ai eu plus de mal à lire. Malgré un début sur les chapeaux de roue avec la découverte du russe dans une caisse de livres, la suite a du mal à prendre forme. Ce tome est surtout une longue route vers l'Ethiopie, un road movie qui, comme dans la vie, n'est pas trépidant du début à la fin. Toutefois, il y a toujours autant de choses à apprendre. Et puis, le chat retrouve la parole! Alors, rien que pour ça...

A lire également:
"Le Chat du Rabbin - La Bar-Mitsva" tome 1
"Le Chat du Rabbin - Le Malka des lions" tome 2
"Le Chat du Rabbin - L'Exode" tome 3
"Le Chat du Rabbin - Le Paradis terrestre" tome 4

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samedi 6 mars 2010

"Le rêve de l'escalier" de Dino Buzzati

buzzatiL'histoire:

Dans l'Epouse ailée, une comtesse mal mariée se voit pousser des ailes, mais les perd dès qu'elle se donne à l'homme qu'elle aime.
Dans Les vieux clandestins, le héros possède des lunettes qui lui mermettent de voir son entourage tel qu'il sera dans trente, quarante ou cinquante ans...
Le Rêve de escalier est un recueil de nouvelles fantastiques qui fait reculer les limites de l'imagination.

La critique de Mr K:

Il y a bien longtemps que je n'avait pas lu du Buzzati. Ca doit bien remonter à une dizaine d'années. Lors de mon adolescence, je l'avais découvert grâce à un prof de français qui nous avait fait étudier Le K. Ensuite, ce fut la claque du Désert des Tartares et depuis plus rien...

Ce recueil de nouvelles n'a lui aussi pas fait long feu. Il m'a fallu à peine 3 jours pour en venir à bout et le moins que je puisse dire c'est que c'est un bon livre! Bon, c'est un recueil de nouvelles et certaines sont plus faibles que d'autres ayant mal vieillies. Mais on retrouve dans Le rêve de l'escalier des textes qu'on peut considérer comme des classiques, prétexte littéraire pour une réflexion profonde sur l'absurdité de l'existence humaine, notamment face au temps qui passe. Une certaine mélancolie est distillée pendant l'ensemble du recueil, servie par une langue toujours aussi efficace, à la fois précise et simple d'accès.

Vous trouverez des textes fantastiques, des contes (voir des fables), des résultats d'ateliers d'écriture... Un recueil varié dont la cohérence tient plus aux thèmes qu'il aborde. Vous voyagerez entre réalité altérée et voyage spirituel, les évolutions technologiques et les réactions les plus animales... En fait, vous accompagnerez Buzzai dans son exploration de l'âme humaine.

Un bouquin que je conseille pour passer de bonnes soirées d'hiver, surtout si votre conjoint vous trompe avec un adolescent boutonneux amateur de sorcellerie...

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vendredi 5 mars 2010

"L'âge d'ombre" de Caza

cazaL'histoire:

Avant l'ère de la Masse, il y eut l'Age d'Ombre, cette époque où la Terre tournait encore sur elle-même, mais de plus en plus lentement...

C'était le temps où, dans leurs cités-cavernes, vivaient encore les 'oms, les habitants du crépuscule. Et les remparts de la nuit se refermaient sur eux, les pétrifiant, les digérant...

Pourtant, ici ou là, des rêves s'insurgeaient, on les nomma les autres. Des êtres élémentaires aussi dépourvus de pitié que de haine, simplement impatients de recouvrer leur bien, leur territoire: la Terre.

La critique de Mr K:

Un pur chef d'oeuvre! Un autre de plus pour Caza, l'un de mes auteurs de BD SF préférés avec Bilal, Gimenez, Jodorowsky et Corben. Vous l'avez compris avec le résumé ci-dessus, l'action des 14 récits mis en parallèle se déroule sur notre chère planète Terre dans une ambiance post-apocalyptique. Les hommes ont déconné, mutés en Oms et vivent retranchés dans des cités machines isolés de la destruction et de la pollution que leur chute a provoqué. A travers ces 14 micro-histoires, ces 14 destins, nous assistons à une sorte de renaissance, un juste retour des choses: les Oms doivent disparaitre. Car quelque chose a subsisté!

Ce sont les autres. Hybrides mélangeant sous les formes les plus phantasmagoriques le règne animal et végétal désormais modifié génétiquement par un holocauste nucléaire. Au fil du déroulement des récits, nous assistons un renversement de situation qui voit la nature reprendre ses droits. Tout commence pourtant par le récit Nuages où un enfant nu, étendu sur une colline observe le ciel et voit dans les nuages des êtres et des paysages oniriques. La fin, pessimiste au possible, plonge directement le lecteur dans une réalité sombre: le monde tel qu'on l'a connu n'existe plus. Dans les récits suivant, on en apprend plus sur les Oms: descendants des humains, êtres dégénérés, sans pensées et sentiments individuels ayant définitivement tournés le dos à la nature, vivant dans un monde de métal informatisé (ils vont régulièrement dans une machine pour vider leur esprit de tous "leurs déchets psychiques"). Au fur et mesure qu'on tourne les pages de l'album, leur passé et surtout leurs actes innomables ressurgissent et la vengeance de Gaïa est effroyable. Il est aussi question d'amour impossible entre Om et Sylvin, on trouve une variation futuriste sur le thème de King Kong (La Baîte), il est aussi question d'amitié et de solidarité. Les dernières histoires mettent en image la fin du règne des Oms et la ressurgence de la Nature.

J'ai retrouvé dans L'âge d'ombre tout le talent de conteur hors pair de Caza et la simplicité évocatrice de ses dessins. J'ai particulièrement apprécié la poésie précieuse se dégageant des bulles narratrices immergeant littéralement le lecteur dans une Terre mortifère où l'espoir n'est pas tout à fait absent: la froideur et l'aphasie des Oms, la beauté-laideur des paysages et les êtres merveilleux mais aussi inquiétants qui se révoltent contre le nouvel ordre établi. On retrouve les thématiques chères à Orwel, Levin et autres Wells.

Une grande BD intelligente, onirique et esthétiquement parfaite. Amateur de SF, cet album est indispensable. Et dire que Nelfe me l'a dégoté par hasard dans une foire...

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dimanche 28 février 2010

"Apocalypses" de Clive Barker

clive_barkerL'Histoire:

Construire le Nouvel Enfer, y ttirer Satan et les Anges des Ténèbres: tel est le projet grandiose de Grégorius, qui, ne lésinant devant aucun moyen, mène lui-même la danse entre la poix fondue des fosses et les culs-de-sac étouffants...

L'Enfer n'étant pas toujours le pire, Jérôme aurait peut-être préféré mourir dans les flammes plutôt que brûler de désir, lui, la victime désignée d'un plan diabolique: ne lui a-t-on pas inoculé un aphrodisiaque qui l'érotise à mort et le conduit aux pires excès?

Plus dévastateur encore, ce couple d'amants qui s'entre-tué quelque trente ans plus tôt et décide de revivre une seconde fois le cataclysme qui l'a anéanti...

La critique de Mr K:

Ben ca y est! Je chronique le volume 4 des livres de sang de Barker. À l'image des volumes 1, 2 et 3; il y a à boire et à manger dans ce volume et je pense que j'en resterais là en ce qui concerne les nouvelles horrifiques de cet auteur. D'ici quelques mois, je lirai un de ses romans qui m'ont échappé.

Le corps politique est le titre de la première des cinq nouvelles qui composent le présent volume. Le thème est classique, un homme commun perd progressivement le contrôle de ses mains qui veulent faire la révolution! Le pire, c'est que l'épidémie se propage au monde entirer. Rien de bien follichon dans ce texte: plutôt mal écrit et le thème est sous exploité. Grosse déception à la fin de ces 60 pages, le soufflé retombe sur... rien! Je passe à la suivante, l'esprit plein d'appréhension!

La condition inhumaine. Tout commence par l'agression et le tabassage d'un SDF par une bande de p'tits cons. Il décède des suites de ses blessures et l'un des abrutis trouve dans les affaires de la victime une curieuse cordelette avec trois noeuds. Cet objet va s'avérer magique puis maléfique au fur et à mesure que le héros va le triturer. Autant le début est assez haletant, autant on retombe bien vite dans une classique vengeance d'outre-tombe. La fin bien amenée sauve l'ensemble sans vraiment transcender le lecteur. Là encore les 60 pages sont de trop, Barker aurait gagné en efficacité en étant plus concis. À ce moment de ma lecture, j'avais presque envie de laisser tomber malgré le respect que j'ai pour l'auteur.

Apocalypse. La nouvelle éponyme est une réussite et je reprends confiance par la même occasion. On suit un pasteur intégriste, sa femme et leur chauffeur qui font une halte dans un motel où un drame a eu lieu des années auparavant. Justement, les acteurs de ce sanglant fait divers sont de retour d'entre les morts pour rejouer la scène en essayant de modifier les événements, savoir si les choses auraient pu se dérouler autrement. Très bonne histoire que celle-ci, les destins se croisent et finissent par se confondre. Tout en nuance (contrairement aux deux premières nouvelles), on sombre peu à peu en compagnie des malheureux humains, on perd ses repères et finalement la fin nous bluffe. Un bon moment et un Barker qui semble se reprendre.

Retro satanax. Un homme décide de transposer l'Enfer sur Terre afin d'y attirer le seigneur des mouches (Belzébuth en araméen) et sa cohorte de démons. Très brève (6 pages), on nage entre réalité et onirisme, cette nouvelle est plus ouverte et peu caractéristique du style Barker. J'y ai trouvé des similitudes avec l'écriture de Lovecraft dans Démons et merveilles que j'avais dévoré.

Le siècle du désir. Un homme victime d'expérimentation en laboratoire se voit soumis à une libido galopante qui devie rapidement vers la folie furieuse. On replonge là dans les obsessions propres à l'auteur: le sexe, la souffrance et la violence. J'ai bien aimé la caractérisation du héros qui dans un premier temps reste lucide sur ses actes et essaie de comprendre et de contrôler ses pulsions. Mais décidément l'univers de Barker est irrémédiablement sombre comme l'atteste la fin pathétique et triste qui nous est offerte.

Je ressors de cette lecture plutôt déçu avec l'impression que ce volume à part deux pièces intéressantes retourne sur des sentiers que Barker a déjà explorés. Un sentiment de déjà vu ne m'a pas quitté de toute la lecture et je me dis que c'était peut-être Le livre de sang de trop. À réserver aux amateurs!

Posté par Mr K à 16:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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