dimanche 27 juin 2010

"L'idiot du village" de Patrick Rambaud

idiotL'histoire: Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950.
Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va vite savourer sa supériorité : il connaît l'avenir...

La critique Nelfesque: Chouette petit bouquin que cet "Idiot du village" qui nous fait voyager à l'époque de nos grands-parents. Par on ne sait quel "miracle", le personnage principal se retrouve catapulté dans les années 50. Bonne excuse pour l'auteur, Patrick Rambaud, qui par ce phénomène fantastique, nous relate les fait marquants de cette période si proche de la Seconde Guerre Mondiale et en plein dans la Guerre d'Indochine.

En 125 pages, le lecteur s'imprègne de l'atmosphère 50's, une époque où trouver du travail était beaucoup plus facile qu'aujourd'hui et où les gens se méfiaient bien moins de leurs voisins. Ainsi en quelques minutes seulement le héros de l'histoire rencontre Jambe-de-laine, vétéran d'Indochine, et trouve un travail dans un restaurant parisien. Là, gravitent des personnages de milieux sociaux divers et variés: chef de rang, serveuse, patron, clients des hautes sphères... Peu à peu, grâce à sa connaissance du "futur", il va épater son monde et gravir les échelons de la société.

Mais que faut-il qu'il fasse pour revenir à son époque "actuelle"? Doit-il changer un évènement de l'Histoire? Un évènement de son histoire? Le synopsis m'a beaucoup fait penser à "Quartier lointain" de Jirô Taniguchi, que j'ai lu il y a quelques mois. Dans ce dernier nous étions au Japon, ici nous sommes à Paris. L'histoire n'est donc pas originale, rien de neuf sous les étoiles, mais de par l'écriture de l'auteur et les petites anecdotes d'antan parsemées au fil des pages, ce roman vaut la peine d'être lu. Il ne faut pas le prendre pour une oeuvre de science fiction mais plus comme une chronique du Paris des années 50.

Quant à la fin, elle n'apporte pas de réponse mais continue de nous plonger dans les abîmes du temps. Une lecture courte et apaisante que je conseille.

Posté par Nelfe à 17:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

samedi 26 juin 2010

"Harry Potter et les Reliques de la Mort" de J.K. Rowling

harry_potter_et_les_reliques_de_la_mortL'histoire: Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints et la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage les choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal.

La critique Nelfesque: Bouhouhouhouhou c'est finiiiiiii...

Rien qu'avec cette phrase, vous avez un aperçu de l'état d'esprit dans lequel je me trouve: DEGOUTEE que cette saga prenne fin! Pour une nana qui ne voulait pas entendre parler d'Harry Potter à la base, ça craint... Et bien oui, il faut se rendre à l'évidence: Harry Potter, ça tue!

Que dire de ce tome "Harry Potter et les Reliques de la Mort"? Est-il décevant? Aime-je plus Rogue après cette lecture? Et Harry toujours aussi pénible? Attendez j'y viens!

La révélation finale sur la véritable personnalité de Rogue ne m'a pas scotchée mais ce n'est pas pour autant que j'ai été déçue par la fin. Bon, ok, j'ai peut être été un peu dure avec Rogue que j'ai détesté pendant 6 tomes 3/4... Je comprends mieux pourquoi les membres du "(Re) reading Harry Potter", et plus particulièrement ceux de la Team Severus, se sont mangés les ongles (voir les doigts) après mes précédents billets. D'ailleurs aujourd'hui, ils n'ont plus de mains! Si, si c'est vrai! J'en ai un à la maison, en la personne de Mr K!

J'ai beaucoup aimé dans ce tome les révélations sur Dumbledore. On connaissait jusqu'à aujourd'hui son côté gentil et protecteur, ici, on touche du doigt ses ambitions de jeunesse, ses envies de pouvoir... Comme tout être humain, et tout sorcier, il n'est pas tout blanc ou tout noir. Cette faculté à donner du relief aux personnages et de la complexité à leurs personnalités est un des points pour lesquels j'ai beaucoup aimé cette série de livres. Loin d'être manichéens, les personnages sont humains et proches de nous.

Ce tome est différent des précédents car il ne se passe pas à Poudlard. Cette rupture donne un nouvel attrait au roman et de nouveaux horizons s'ouvrent au lecteur. Nous continuons à avoir des nouvelles de l'école par le biais de la radio (super trouvaille magique qui nous donne plusieurs points de vue en même temps). Même si ce tome est très centré sur Harry, Ron et Hermione, nous continuons à suivre les autres personnages.

Et niveau personnages, pour ce tome final, c'est l'hécatombe! Il ne fait pas bon s'être trop attaché à certains d'entre eux sous peine de grosse envie de suicide à la lecture... Paix à l'âme, entre autres, de mon totem de team... Hedwige, t'étais une chouette chouette (je suis en forme)! Il m'arrivait souvent à la fin d'un chapitre de me dire: "Oh non c'est pas possible!!! Untel est mort!!!" Et oui, J.K. Rowling n'a pas fait dans la dentelle et tant mieux! Ce tome est crédible!

Et voilà, l'aventure Harry Potter s'arrête ici pour moi. Merci à Cachou et Mr K de m'avoir un peu forcé la main. Aujourd'hui, je suis une tête de mûle repentie!

Hedwige forever!

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"
"Harry Potter et la Coupe de Feu"
"Harry Potter et l'Ordre du Phénix"
"Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé"

Posté par Nelfe à 15:51 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 23 juin 2010

"Wonderland avenue" de Michael Connely

9782020590778L'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch surveille l'enlèvement des deux premiers cadavres de l'année lorsqu'on l'informe qu'un humérus d'enfant vient d'être retrouvé sur les hauteurs de Hollywood. Qui plus est, l'ossement porte des traces laissant entendre qu'il y aurait eu mauvais traitements répétés. Horrifié par la nouvelle - il n'y a rien de plus éprouvant que d'enquêter sur la mort d'un enfant -, Harry Bosch se rend sur les lieux et s'aperçoit que l'enfant semble avoir été tout à la fois victime d'un assassinat prémédité et, contradiction majeure, enterré à la va-vite. Et pour corser la difficulté, l'affaire remonterait à une vingtaine d'années.

La tâche qui l'attend pourrait devenir désespérante au possible, si Harry Bosch ne faisait pas alors la rencontre d'une jeune recrue éperdue d'admiration pour lui...

La critique de Mr K:

Et un Connelly de plus! Retour de Harry qui cette fois ci enquête sur un sordide crime: celui d'un enfant. Une fois de plus, nous voila replongés dans les sombres ruelles et artères de la cité des anges. On retrouve une fois de plus tout le talent de Connelly pour décrire cette ville décidément hors du commun, bouillonnante d'activité et cachant les plus terribles secrets.

On accompagne ce cher Harry, inspecteur de la police judiciaire qui de nouveau est confronté au mensonge, aux fausses pistes et à la hiérarchie tatillonne et "entravante" pour le bon déroulement de l'enquête. Il y a aussi un Harry plus solaire rencontrant une jeune femme bien attirante et attirée par lui... Cela donne de bons chapitres entre romantisme rétro et échanges vifs et charmeurs. Beau personnage que cette "bleue" qui tente de faire son trou dans la profession.

Durant toute cette lecture (qui fut rapide vous vous en doutez!), on navigue constamment à vue, sans certitude aucune sur la suite des événements. On va de surprise en surprise avec une certaine fascination face aux drames et contours d'enquête qui s'enchassent les uns aux autres. Il faut une fois de plus attendre les dix dernières pages pour comprendre l'ensemble des tenants et des aboutissants. Un grand Connelly? Un Connelly tout court! Rendons grâce une fois encore au génie et au talent de cet écrivain qui livre après livre continue de créer et de surprendre! Encore!

Posté par Mr K à 13:58 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 22 juin 2010

"Période glaciaire" de Nicolas de Crécy

periodeglaciaireL'histoire: Dans un futur très lointain et totalement indéterminé, notre continent a été enseveli sous les glaces. Cet axiome posé, une expédition scientifique s'aventure dans ces contrées gelées, avec l'espoir de retrouver des traces de cette mythique civilisation disparue.
L'équipe est composée de chercheurs mais aussi de chiens-cochons au remarquable flair "historiologique". Bien sûr, il va de soi que ceux-ci parlent comme vous et moi, portent des lunettes et savent skier.

Un jour, émergeant des étendues glacées, tel un grand iceberg à la dérive, un immense bâtiment richement décoré s'offre à la curiosité des membres de l'expédition. Ils pénètrent dans cet étrange lieu et découvrent alors l'impensable : les richesses incroyables de la civilisation préglaciaire. Ils viennent sans s'en douter de pénétrer dans le Louvre, dont les collections sont miraculeusement intactes. Chaque scientifique tente alors de donner un sens aux oeuvres afin d'expliquer la civilisation disparue dont ils ne connaissent rien. Ils élaborent aussitôt les plus folles extrapolations.
Au moins, savent-ils le nom du continent disparu : l'Euro.
La découverte d'une pièce de monnaie frappée à ce nom, ne laisse aucun doute.

La critique Nelfesque: Superbe couverture que cette "Période glaciaire" de Nicolas de Crécy. C'est en me basant uniquement sur cette illustration que j'ai décidé de lire cette BD. Pari risqué me diriez-vous et vous auriez bien raison.

Les dessins sont très beaux, les couleurs chaudes des vêtements des explorateurs et de l'intérieur du Louvre (que vous aurez reconnu sur la couverture) tranchent avec les tons froids de l'immense désert de neige qu'est devenu la surface de la Terre. De nombreuses oeuvres d'Art sont présentes dans cette BD et une liste complète de celles-ci avec la correspondance des planches est présente à la fin de l'oeuvre. Très pratique si on veut pousser plus loin les recherches.

Mais tout cela mis à part... Au secours! Mieux vaut ne pas y aller par 4 chemins, j'ai trouvé le ton de cette bande dessinée très pompeux.  Au final, ça brasse beaucoup d'air pour pas grand chose... Pire que tout, l'ennui guette le lecteur et je ne retiendrai ni l'"intrigue", ni les "à côté" de l'histoire (notamment avec la déclaration d'amour de Hulk pour le personnage féminin principal), ni la fin qui est bien creuse... En même temps j'aurai dû m'en douter dès la page 5 avec l'exhibition par un des explorateurs d'une étoffe OM avec cette réplique: "Ce "O" imbriqué dans ce "M", ça me fascine... "Droit au but", c'est un beau mystère."

Voilà donc ce qu'il resterait de notre histoire si une telle catastrophe devait survenir... Le foot...

Sans commentaire.

Posté par Nelfe à 19:10 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 16 juin 2010

"Mastodonia" de Clifford D. Simak

MastodoniaL'histoire:

Même en vacances dans le verdoyant Wisconsin, impossible quand on est un distingué paléontologue comme Asa Steele d'oublier les ères et les millénaires...
Il y a votre chien Bowler qui vous rapporte des os de dinosaures tout frais...
Il y a dans votre champ des morceaux d'un métal inconnu dont les formes évoquent celles d'un vaisseau spatial désintégré...
Il y a dans votre verger un insaisissable animal dont seuls sont visibles la Face de Chat et le drôle de sourire...
Alors on se passionne, on s'interroge, on s'inquiète...
Mais le jour où, lors d'une paisible promenade, on bascule soi-même un instant dans un paysage inconnu et glacial -glaciaire- où foncent des mastodontes du pliocène... alors on fait plus que s'inquiéter!

La critique de Mr K:

J'ai dégoté ce volume lors du vide grenier de Landévant dont nous avions déjà parlé ici. Simak est un auteur de SF que j'affectionne tout particulièrement avec notamment le classique "Demain les chiens". "Mastodonia" n'est pas le plus connu de ces livres et c'est sans aucun à priori que j'ai entamé ma lecture.

Je l'ai lu très rapidement, on retrouve les grandes qualités de narrateur de l'auteur et son écriture simple et avenante. L'histoire bien que classique est bien menée, elle traite du voyage dans le temps avec dans "Mastodonia" un angle plus matérialiste. Que ferait-on d'une telle découverte? Comment en profiterions-nous? On retrouve en cela l'axe d'approche d'un Werber explorant la mort dans le génial "Thanatonautes". Malheureusement, et c'est le gros défaut de cet ouvrage, le héros bien qu'allant de découvertes en découvertes garde jusqu'au bout une vision purement égoïste et capitaliste des voyages dans le temps. Sûr, ce livre est le pur fruit de "l'american way of life" où l'idéal se résume à avoir un gros compte en banque (synonyme de l'accomplissement de la recherche du bonheur).

C'est d'autant plus dommage qu'il y a des personnages fortement intéressants dans ce livre. Au premier rang, Hiram homme-ermite limité intellectuellement qui a le don de communiquer avec les bêtes et notamment la mystérieuse créature à face de chat qui semble être à l'origine de ces brèches temporelles. Ce personnage est touchant de naïveté et de gentillesse, représentant d'une humanité originelle non ternie par le pêché du désir et de la possession. Le personnage de face de chat au fur et à mesure du récit prend de l'importance et de l'épaisseur. Par contre, le reste des êtres humains du livre se révèlent cupides, orgueilleux et finalement peu sympathiques. Dédicace spéciale à Rila, compagne du héros, obsédée par l'argent et son bien-être mais il y a aussi Ben, l'ami banquier, et Courtney, l'avocat arriviste et ambitieux. Asa quant à lui bien que passionné d'archéologie ne résiste pas longtemps aux sirènes de la renommée et de l'enrichissement et son choix final m'a déçu au plus haut point!

Mon avis est donc mitigé, partagé que je suis entre un roman bien écrit, qui se tient et une "morale" finale que je réprouve. À vous de voir si vous voulez tenter l'aventure...

Posté par Mr K à 14:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 14 juin 2010

"Le diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson

diableL'histoire: L'argent ne fait pas le bonheur... même quand on habite sur un square privé de Notting Hill, l'adresse la plus branchée, la plus recherchée, la plus snob de Londres.
Prenez Clare et Mimi. Elles ont moins de quarante ans, sont mariées, copines, voisines, mènent une existence de rêve. Jusqu'au jour où débarque un milliardaire américain, célibataire et démon tentateur. Le ver est dans la pomme.
Chassés-croisés amoureux et intrigues immobilières se succèdent sur la verte pelouse. Ce coin de paradis si cher payé se révèle infernal. Notting Hill ? Notting Hell plutôt ! La tranquillité des beautiful people vole en éclats. Et le lecteur, lui, éclate de rire.

La critique Nelfesque: Attention bouquin de nana! Oui mais bouquin de nana qui ne fait pas dans le cucul et les bons sentiments. Tant mieux, je n'aurai pas aimé si ça avait été le cas.

Mr K m'a offert ce livre pour mon anniversaire. Ayant une tonne de livres dans ma PAL j'ai eu du mal à l'extirper mais une fois cet exploit accompli, j'ai avalé "Le diable vit à Notting Hill". Nous sommes là en pleine bourgeoisie anglaise. Les MNH (Mothers de Notting Hill) s'activent à la manière des "Desperate housewives". Mais qu'est ce qu'une MNH?

"Une vraie MNH mène une vie organique jalonnée de thérapies holistiques et de cours de gym avec un coach privé, vit dans une maison hors-hors de prix, est servie par une paire de Philippines enchaînées au sous-sol, possède une mine éclatante et se trouve extrèmement concernée par les problèmes d'environnement. Elle doit être belle, riche et humaine, le tout à la fois! Avoir une Porsche Cayenne et une Prius. Des panneaux solaires pour chauffer sa maison de Londres et une demeure de 8 chambres à coucher dans le Shropshire. Et, côte à côte dans son dressing un cilice et une chemise Helmut Lang..." Tout un chapitre est dédié à la présentation de la MNH, personnage phare de ce livre. Mais il n'y a pas que la MNH, il y a son mari, riche banquier/architecte/homme d'affaire/homme politique... à la fois hype et détendu. Pour la détente, chaque îlot urbain (terme technique du vulgaire "pâté de maison") possède son propre square privé. Celui de Clare et Mimi, le Lonsdale Gardens, est jalousement protégé des intrus et son entretien est savamment hiérarchisé avec son président et son assemblée générale. Autant dire qu'on ne rigole pas avec les jardins privés!

Toute l'histoire de ce roman tourne autour de ce square et de la vie privée des occupants des maisons qui le bordent. Il y a matière à disserter entre familles sans enfants vs celles avec des animaux, couples de personnes âgées vs familles avec enfants, les adultères et le paraître en société version "Baronne de Rothschild"...

Là où le livre devient intéressant c'est avec les 2 personnages féminins principaux, Clare et Mimi. L'une n'a aucun soucis d'argent, l'autre est quasi sur la paille, l'une a des difficultés à avoir un enfant, l'autre est une "poule pondeuse", l'une est maniaque, l'autre est bordélique... et pourtant elles sont amies. Amies de potins, amies de langue de p***, chacune est inconsciemment un modèle pour l'autre et leurs réflexions sur la vie de ce jardin sont drôles et justes. Là où 'Le diable vit à Notting Hill" n'aurait pu être qu'un roman puant l'argent et l'hypocrisie, il se révèle être un puits de second degré et d'auto-dérision que je conseille fortement à qui veut passer un bon moment.

Posté par Nelfe à 19:31 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 12 juin 2010

"Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis

ogreL'histoire:

Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d'une famille préhistorique: Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles...

Ces êtres délicieux font le monde autour d'un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...

Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde.

La critique de Mr K:

Voila un petit livre (182 pages) bien malin et que j'ai lu sans pouvoir m'arrêter! En deux soirée, j'en avais fait le tour et franchement, je m'en suis payé une bonne tranche. À la fois drôle et réflectif, c'est avec plaisir que j'ai suivi cette famille de pithécanthropes (Homo erectus).

Les personnages sont particulièrement bien caractérisés avec une répartition des rôles bien précises, voir caricaturales. Mais bien souvent c'est d'un renforcement des traits que surgit l'humour et c'est exactement le cas ici. Il y a Édouard le père, l'inventeur du clan qui pousse toute sa petite famille à accepter et provoquer le progrès, ses cinq fils tous très différents, les femmes de la tribu et un de mes personnages préférés: oncle Vania. Figure du réactionnaire, réticent à toute espèce d'amélioration, ayant peur des conséquences des trouvailles de son frère et qui régulièrement déclame sa maxime personnelle "Back to the trees"! Ceci en référence à la situation des hommes avant l'évolution! Hilarant et contrepoids idéal à l'enthousiasme du reste de la tribu, ce personnage de grand ronchon m'a séduit de la première à la dernière ligne.

Mais le comique de ce livre réside essentiellement dans le style adopté par le narrateur (un des fils, l'intello) qui adopte un vocabulaire soutenu digne des meilleurs anthropologues et qui contraste avec la rudesse des conditions de vie de nos hommes des cavernes. Beaucoup d'anachronismes donc et surtout de situations loufoques! Ce serait trop long de toutes les exposer ici (puis ça gâcherait le plaisir de la découverte!) mais j'ai particulièrement apprécié la découverte de la fabrication du feu qui entraîne le premier incendie de forêt criminel de l'histoire de l'humanité ou encore la scène de drague des quatre garçon face aux quatre filles d'un fou furieux, patriarche d'une autre tribu! J'en ai pleuré tant l'auteur se lâche et l'on retrouve quelques éléments de difficulté auxquels sont confrontés tous les jeunes mâles boutonneux du monde! Les filles étaient déjà des chieuses à l'époque et les mecs de gros lourdauds! No comment Nelfe!

Enfin, il y a une dimension philosophique à cet ouvrage. Réflexion sur la science et le progrès certes mais surtout sur la nature humaine. Bien que drôle dans son ensemble, cette oeuvre m'a semblé faire écho à ma vision pessimiste de l'homme avec une fin bien thrash que je ne dévoilerai pas ici. Et oui, la fin m'a cloué mais finalement s'avérait la seule logique si l'on suit le développement humain à travers les âges. Je vous rassure, on s'en remet mais l'on retrouve l'idée que l'intérêt particulier et la méfiance de l'étranger l'emporte sur le principe d'universalisme et de partage... Un livre que je vous invite à découvrir tant il s'apparente à un miroir de notre espèce, de ses affres mais aussi de ses joies.

Posté par Mr K à 18:58 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 10 juin 2010

"Le combat ordinaire" - tome 1 - Manu Larcenet

le_combat_ordinaire_T_1L'histoire:

C'est l'histoire
d'un photographe fatigué,
d'une fille patiente,
d'horreurs banales,
et d'un chat pénible.

La critique Nelfesque: Voilà une BD que j'avais très envie de lire. J'en avais beaucoup entendu parler, partout en bien. Les lecteurs avaient été très touchés, leurs vies avaient quasiment changé depuis. Je ne pouvais pas passer à côté!

Effectivement, cette BD est un bijou de réalisme et de pudeur. Dans "Le combat ordinaire" il y a un peu du combat de chacun d'entre nous. Les problèmes que rencontrent le personnage sont les nôtres, nos interrogations, nos doutes, nos craintes... La relation qu'il entretient avec son frère, très adulescente, est à mourir de rire. Le mélange d'amour et de distance qu'il y a entre lui et ses parents est très réaliste. Chaque lecteur d'une trentaine d'année ne peut que se retrouver dans ces quelques planches.

Ce tome est le premier d'une série de 4 que nous chroniquerons par la suite. Je conseille vivement à tout ceux qui ne l'ont pas lu de réparer cette erreur au plus vite. Cette BD vous touchera, vous fera rire, vous fera pleurer... Cette BD est un condensé de la vie tout simplement.

La critique de Mr K: Belle redécouverte que celle-ci. J'avais lu les trois premiers tomes, il y a un certain temps et ils m'avaient drôlement plû. Dans le premier, nous faisons connaissance avec Manu, un photographe trentenaire angoissé de la vie qui décide de faire un break à la campagne en compagnie de son chat Speed (voici ici expliqué le nom que le voisin a donné à son chat, grand copain de Tesfa et squatteur officiel de la maison!). On suit ses pérégrinations avec plaisir, en riant souvent, en ayant une boule à l'estomac parfois. Modèle de réalisme et de justesse, j'ai été saisi par sa relation à lui-même (je m'y suis un peu retrouvé), à son frère (de grands moments de rigolade) et sa véto (sosie de sa nana dans "Le retour à la Terre" et charmante à souhait). Mention spéciale aux planches bichromatiques où l'auteur fait le point sur lui et sa relation aux autres. À lire!

Posté par Nelfe à 19:04 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 9 juin 2010

"Porteurs d'âmes" de Pierre Bordage

bordageL'histoire: Léonie, achetée au Libéria, alors qu'elle n'était qu'une enfant, sequestrée, prostituée, s'enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, un inspecteur de la Crim', déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu'il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d'un genre nouveau, pour trouver le frisson de l'extrême: le transfert de l'âme dans un corps d'emprunt...

Leur point commun? Tous trois sont porteurs d'âmes, comme tous les êtres humains. Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être...

La critique de Mr K: Et un Bordage de plus! Une bonne lecture une fois de plus sur un genre un peu différent de ce à quoi le "Balzac de la Science Fiction" (selon certains) m'avait habitué. Ici, l'auteur rentre pleinement dans le domaine du thriller matiné d'anticipation et d'histoire d'amour. Cependant, cela reste du Bordage avec ses qualités mais aussi ses menus défauts...

Dans Porteurs d'âmes, nous suivons les destins de trois personnages totalement différents les uns des autres. Vous l'avez compris, ces trois trajectoires vont finir par se rejoindre! À défaut d'être original, ce procédé narratif permet au vendéen de nous immerger dans une histoire très sombre où tout espoir semble absent sauf peut-être dans le personnage de Cyrian, jeune fils de bourges avide d'expérience frappant à la porte d'un mystérieux groupe: les Titans. Léonie quant à elle, est une sans papier. On est ici loin de l'image édulcorée et consensuelle qui nous est régulièrement présentée au JT de Pujadas ou de Chazal. À travers les yeux et l'âme de cette jeune africaine en perdition, ce sont toutes les souffrances liées à cette situation que l'auteur nous donne à voir, à ressentir et finalement à partager (la faim, le froid, la peur de se faire prendre par les forces de l'ordre, les mauvaises rencontres...). Et puis, il y a Edmé, figure classique du flic désabusé, au bord de la rupture, qui ne sait plus à quoi ou à qui se raccrocher. Personnage sensible sous une carapace épaisse, il va se réouvrir au monde via une intéraction émotionnelle vieille comme le monde (et un peu cucul pour le coup dans ce livre). C'est en grande partie grâce à ces trois figures que ce livre s'avère être fort, porteur d'émotions et de sensations. Des passages entiers vous resteront en mémoire un certain temps vu la charge qu'ils impriment sur le lecteur.

Autre point fort de ce livre, pour la première fois, Bordage nous livre au détour de quelques pages sa vision du monde et de notre société occidentale. Portrait au vitriol (cela va sans dire) d'un modèle de vie et de pensée qu'il trouve abjecte et créateur de désespoir. Personnellement, je me suis régalé et m'y suis retrouvé. J'ai même relevé les meilleurs passages pour ensuite les étudier avec mes chères têtes blondes. Je vous livre ici un passage concernant la télévision avec en ligne de mire la télé-réalité, c'est un peu long mais ça vaut son pesant d'or: "Les acteurs, chanteurs, artistes, écrivains et autres intellectuels n'avaient plus d'autre cause à défendre qu'eux-mêmes, un travail à plein temps avec la multiplication des célébrités vomies par la télé-réalité. Les programmes n'offraient plus que des défilés ininterrompus d'individus de tous âges et de toutes conditions qui venaient partager leurs expériences, leurs obsessions, leurs maladies, leurs goûts, leurs petites et grandes misères. L'assurance, la volubilité, la crudité avec lesquelles ils parlaient d'eux-mêmes sidéraient Léonie. Ils adoraient s'exposer, se plaindre, se disputer, revendiquer, exiger, caqueter, des poules. Fallait voir comment ils se dressaient sur leurs ergots, ébouriffés, si un intervenant émettait le moindre soupçon de doute sur leur sincérité. Ils venaient du réel, eux, pas de ces officines parisiennes où l'on faisait et défaisait les opinions, ils étaient vrais, inattaquables. Ils s'exhibaient, main sur le coeur, pour susciter compassion ou admiration, et Léonie n'éprouvait pour eux qu'une indifférence teintée de pitié. Elle voyait bien qu'ils ne racontaient pas la vérité, ou racontaient une vérité qui arrangeait tout le monde. [...] La télé était devenu un confessionnal géant où l'on s'accusait en grande pompe de fautes vénielles afin de recevoir l'absolution solennelle du public, le souverain des âmes" page 176. Tour à tour, Bordage aligne avec la même verve la société de consommation, le ministère de l'immigration avec force mais néanmoins nuance (le contraire du NPA si vous préférez!).

Une bonne lecture donc pour un auteur que j'apprécie et pratique depuis maintenant un temps certain. À ce titre d'ailleurs, j'émets cependant quelques réserves concernant deux points. Un sentiment de redite quant à certaines situations présentes dans cet opus (les scènes d'amour-charnel fusionnel lues et relues dans l'oeuvre du maître et qui à force lassent, la redite quant aux impressions et sentiments que ressentent les héros qui alourdissent le roman qui aurait gagné en efficacité en perdant une vingtaine de pages vraiment inutiles) et une histoire qui bien que prenante n'est pas originale et dont on capte les tenants et les aboutissants dès la moitié du livre ce qui peut s'avérer génant! Mais que ces dernières remarques ne vous rebutent pas pour autant, c'est un grincheux et un ronchonchon fan de Bordage qui les expose. Vous passerez un agréable moment (quoiqu'un peu rude par moment) en compagnie de Léonie and co, Porteurs d'âmes est idéal pour découvrir cet auteur qui reste à mes yeux un des meilleurs conteurs d'histoire de sa génération.

La critique Nelfesque (edit du 01/06/12): Le challenge "Un mot, des titres..." de Calypso ayant ce mois ci l'"Ame" en thème, c'était l'occasion rêvée de découvrir ce roman de Bordage que Mr K aime tant.

J'ai été surprise de découvrir cet auteur dans le genre thriller. Je n'avais lu jusqu'alors que "Abzalon" (excellent d'ailleurs) et je sais que la SF est son genre de prédilection. Ici, on ne s'en éloigne pas totalement, Bordage n'ayant pas pu s'empêcher d'en insérer quelques touches de-ci de-là mais à bon escient et de façon crédible.

Le lecteur suit tour à tour les histoires de Léonie, Cyrian et Edmé. Léonie est une jeune sans papier au passif lourd qui se voit administrer ce qu'elle croit être un médicament pour gagner quelques centaines d'euros. Cyrian est un jeune bourgeois appartenant à une confrérie qui va lui proposer un voyage hors du commun. Enfin Edmé est un policier de la Criminelle qui enquête sur un mystérieux charnier fluvial en périphérie de Paris. On s'imagine très vite que ces destins parralèles vont un jour se croiser mais Bordage, très finaud, amène les indices au compte goutte.

Ce thriller est efficace et se lit aisément. Dans le genre, il y a d'autres auteurs bien plus talentueux car moins prévisibles mais Bordage n'a pas à rougir de cette semi-infidélité à la SF car le lecteur croit vraiment ce qu'il lit. Une histoire possible, des faits malheureusement emprunts de la réalité (clandestinité, esclavage sexuel, suprématie de l'argent, confrérie secrète, meurtres atroces...) et une dose du "Voyage intérieur" qui donne à "Porteurs d'âmes" son originalité: voici les ingrédients nécessaires pour un roman plaisant.

Le lecteur est tour à tour dégouté par l'atrocité des actes de torture que subissent les victimes avant leur mort, inquiet pour tel ou tel personnage aux détours de certaines situations (difficile d'en parler sans trop en dire), révolté par la façon d'être de la "tante" de Léonie qui profite de son jeune âge en la prostituant dans des conditions abjectes... Les différents milieux sont très bien représentés, que ce soit le milieu bourgeois, celui des clandestins squattant des immeubles vacants, celui du crime organisé, celui de la police... Bordage n'est pas un jeune premier de l'écriture et ça se sent. Il ne prend pas ses lecteurs pour des jambons et nous livre un thriller efficace.

Je ne suis pas autant emballée que Mr K par ce roman. Je lis beaucoup de thriller et il faut avouer que celui ci n'est pas le thriller du siècle mais je suis de son avis quand il dit que "Porteurs d'âmes" est idéal pour découvrir l'auteur. Il y a ici une juste dose de science-fiction qui ne rebutera pas ceux qui n'en sont pas fana et surprendra les amateurs de thrillers plus ancrés dans la noirceur de la réalité.

Un-mot-des-titres

Cette lecture entre dans le cadre du challenge "Un mot, des titres..." auquel Nelfe participe.

Posté par Mr K à 14:45 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 6 juin 2010

"Le portrait du mal" de Graham Masterton

portrait_du_malL'histoire: Ils étaient prêts aux pires atrocités pour conserver l'éternelle jeunesse. Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l'oeuvre d'un certain Waldegrave, ami d'Oscar Wilde et passionné d'occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordelia Gray veut-elle à tout prix s'en emparer? Quel est le secret du portrait? Qui sont ces douze personnages? Vincent Pearson, l'actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette oeuvre démoniaque et une série de meurtres particulièreme,t abominables qui secouent la Nouvelle-Angleterre depuis quelques mois.

La critique de Mr K: Encore un livre que j'ai lu très rapidement tant j'ai été emporté par l'histoire! Il faut dire que je ne suis pas à mon coup d'essai avec Graham Masterton que j'ai pratiqué assez fidèlement à une certaine époque. En son temps, j'avais tout particulièrement apprécié "Manitou" quand légende amérindienne et fantômes vont de concert, "Tengu" un esprit assoiffé de vengeance ou encore "Démences" se passant dans un hopital psychiatrique hanté... Vous l'avez compris, cet auteur ne s'est pas spécialisé dans le drame sentimental ou la science-fiction! C'est un auteur de thriller-épouvante pur et dur.

Le présent ouvrage n'est en fait qu'une espèce de "variation transgénique" de l'oeuvre phare d'Oscar Wilde "Le portrait de Dorian Gray". Les références y sont multiples (le nom de famille de la mystérieuse famille, leur lieu de résidence, le tableau...) et l'on y croise en chemin d'ailleurs le célèbre auteur dandy! Il est donc ici question d'éternité et surtout des moyens mis en oeuvre pour la conserver. Ils sont, vous l'avez deviné, prétexte à d'horribles pratiques sanguinaires et autres joyeusetés. Comme à son habitude, Masterton excelle dans cet exercice, le lecteur se retrouvant dans la tête du fou dangereux lors du passage à l'acte. D'où par moment, une impression de malaise bien dérangeante et finalement excitante. Notre curiosité morbide toute naturelle (je vous rassure, je n'ai jamais tué personne même si parfois la tentation est grande, notamment avec mes élèves -sic-!) est attisée et il est très difficile de résister au chapitre suivant! Il m'a fallu trois jours...

Le héros est galleriste et l'aventure se déroule dans le monde de l'Art et du commerce d'oeuvres. J'aime beaucoup cet univers dans le domaine de la littérature. J'avais déjà lu, il y a quelques temps, un thriller US se passant à New York dans ce milieu là:Les visages. Ici, Vincent le propriétaire du fameux tableau est un personnage atypique notamment dans sa relation avec les femmes et sous son aspect conformiste se cache un être doué de sensibilité et de compassion. Au fur et à mesure de ses démélés avec la famille Gray, il va se découvrir, se livrer à nous sans pudeur pour un final assez inattendu (la révélation bien que classique comporte un élément que je n'avais vraiment pas soupçonné et qui à lui seul mériterait que l'on relise le roman afin de le décoder!).

Amateurs d'horreur, d'épouvante et de mystères ce livre est pour vous! Relativement bien écrit (ce n'est tout de même pas de la grande littérature), Masterton nous livre une histoire haletante, bien ficelée. Le cahier des charges du genre est rempli et les personnages sont assez attachants, y compris les affreux! Une bien bonne lecture pour passer le temps et se distraire.

Posté par Mr K à 12:19 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , ,