jeudi 27 août 2009

"Le Liseur" de Bernhard Schlink

le_liseurL'histoire: Pour une fois je ne vous retranscrirai pas la 4ème de couverture de cet ouvrage. Plutôt que de vous inciter à ouvrir ce livre, elle ne fait que vous synthétiser la totalité de l'oeuvre de façon froide et quasi mathématique. Une bonne méthode pour vous en dégoûter... Sachez juste que ce livre parle d'amour et de lecture dans une Allemagne des années 40.

La critique Nelfesque: Bon ok, hier vous avez eu droit à une critique d'"Inglourious Basterds", aujourd'hui "Le liseur" et dans les prochain jour la BD "V pour Vendetta". Malgré les apparences, nous ne sommes pas en ce moment en plein trip "seconde guerre mondiale et nazisme". Non, non...

Ce livre est une pure merveille traitant d'amour, de lecture et d'érotisme sur un fond de violence et d'inacceptable. Constitué de 2 parties distinctes, on découvre dans une première partie Michaël et Anna, leur histoire d'amour, leur différence d'âge, leur aptitude à rendre la lecture sensuelle. Toujours le même rituel: le bain, l'amour et la lecture à haute voix. Il est lycéen et découvre Homère, Cicéron, Hemingway. Elle a 35 ans, belle, mystérieuse, elle aime passer des heures à écouter son "garçon".
Cette première partie peut rendre mal à l'aise tant nous entrons dans l'intimité de ce jeune couple par une écriture simple et sans fioriture. Je me rappelle m'être fait la réflexion de lire un "vrai bouquin de gonzesses" (oui, je sais, j'en suis une). Mais ces pages sont belles de simplicité, d'évidence, un vrai baume au coeur.

La deuxième partie se situe dans un tribunal. Changement de décor brutal pour un univers froid et un procès ayant pour thème la shoah. Nous sommes là bien loin du petit cocon douillet auquel nous nous étions habitués dans les premières pages. Michaël est étudiant en droit, Hanna est sur le banc des accusés, ils ne se sont pas revus depuis 7 ans et Michaël nous entraine avec lui dans un tourbillon de questions. Comment a-t-il pu aimer une femme jugée aujourd'hui pour crime de guerre? Qui est-elle vraiment? A-t-elle conscience de ce qu'elle a fait? Doit-il s'en vouloir?...

Autant de questions qui resteront sans réponse car la vie est ainsi faite de contradictions. Ce livre a été traité, par certaines critiques, d'antisémite. Selon eux, il donne une justification, une âme aux bourreaux nazis. Je ne suis pas d'accord; il n'y a rien d'antisémite dans ce livre, pas de justification. Hanna reste une énigme jusqu'à la fin, un ovni froid qui ne recevra ni pardon, ni absolution. Il traite avant tout de l'amour sous toutes ses formes et d'une génération qui tente de survivre aux crimes perpétrés par leurs parents.

Un livre à lire donc. Emouvant et dérangeant.
Je suis très curieuse de voir l'adaptation cinématographique sortie en salle début août et soit disant très fidèle à l'oeuvre littéraire.

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mercredi 12 août 2009

"Bulles et Nacelle" de Renaud Dilliès

bulles_et_nacelle_couvL'histoire: Sur un fond musical de Django Reinhardt, un "muridé solitaire", Charlie, est plongé dans les vicissitudes de la vie : la peur de l'existence, les visites d'un petit oiseau nommé Solitude qui apparaît quand il se sent seul et le drame de la page blanche pour lui qui souhaiterait tant rendre le monde plus beau par son écriture. Le lecteur, transporté dans l'esprit de Charlie, suit ses pérégrinations oniriques héritées de l'enfant qui est en lui et qui ne demande qu'à se réveiller... Un récit tendre et émouvant sur l'écriture et la solitude...

L'avis Nelfesque: En faisant un tour chez le libraire, je suis tombée sur "Bulles et nacelle", attirée par la couverture et séduite par le dessin et la couleur de cette BD. Comme je suis du genre prudente (des fois...), je rentre chez moi et jette un oeil sur les différentes critiques glanées ça et là sur la toile.
Partout, je lis des éloges, partout les lecteurs sont ravis, comme changés par la lecture de cet ouvrage de Renaud Dillies, auteur de "Betty Blues", récompensé du prix du meilleur premier album à Angoulême.
Le lendemain, je l'ai entre les mains et commence la lecture de ce qui semble être la BD de l'année.

Je serai plus nuancée que les auteurs de critiques que j'ai pu lire.
Une certaine douceur se dégage de ses pages. Le scénario, dans son déroulement, fait penser à une oeuvre cinématographique. Le dessin est beau dans sa simplicité et les couleurs, à prédominance de tons chauds, donnent une sensation de quiétude. La mise en page est aussi très intéressante: de 1 ou 6 cases par page avec des découpages en carré, pages volantes, nuages...

J'ai aimé cette BD qui m'a laissé une sensation agréable mais personnes stressées / speed / aimant l'action s'abstenir sous peine d'ennui ou de lassitude. Cette oeuvre est pleine de poésie mais nous ne sommes pas toujours disposés à la recevoir.

bulles_et_nacelle

"Vivre dans le tintamarre de nos rêves et feindre le silence." (Charlie)

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samedi 1 août 2009

"Les égouts de Los Angeles" Michael Connelly

connellyL'histoire:

Né d'un père inconnu et d'une prostituée qui a fini assassinée, l'inspecteur Harry (Hieronymus) Bosch est obsédé par le souvenir des " rats de tunnels " avec lesquels il " nettoyait " jadis les galeries creusées par le Vietcong.

Vingt ans après encore, seul le travail lui permet d'échapper à ses cauchemars. C'est dire si la découverte du corps d'un de ses anciens compagnons d'armes risque de le mettre à mal : Billy Meadows, c'est clair, a été liquidé, et ce meurtre est lié au pillage d'une banque organisé à partir des égouts de Los Angeles.

L'affaire devient plus traumatisante lorsque, avec l'aide de la belle Eleanor Wish, Agent Spécial du FBI, il comprend qu'à tenter d'en percer le mystère, il devra sûrement redescendre dans des souterrains où, la justice ressemblant beaucoup à la vengeance, la mort peut frapper à tout instant.

La critique de Mr K:

La magie a encore opéré. J'avais particulièrement apprécié mes deux premières incursions dans l'univers de Connelly (merveille de noirceur et d'authenticité et génie scénaristique). Je me suis donc décidé à continuer mon exploration mais en suivant l'ordre de parution afin de mieux cerner l'évolution de son personnage fétiche, celui qui est le plus présent dans son oeuvre: l'inspecteur Harry Bosch. "Les égouts de Los Angelès" est l'ouvrage où il fait sa première apparition.

Un cadavre est retrouvé dans une canalisation d'égout et Bosch arrive sur place et se retrouve confronté à son passé d'ancien GI du Viet-Nam. Il s'avère que la victime est un ancien membre d'une section de chasseurs de tunnel à laquelle il a aussi appartenu. L'enquête peut démarrer... Dans ce volume, on fait connaissance avec Bosch et on en apprend de belles! Son enfance dans les différentes institutions de l'État, son passage dans l'armée puis sa progression fulgurante au sein de la police. Nous nous retrouvons face à un héros torturé, perclus de contradictions et séquelles psychologiques qui ne s'épanouit que dans son travail. On soulignera au passage le gros travail de recherche de l'auteur sur cette fameuse section (qui a réellement existé) qui rend son récit réaliste et touchant.

On croise aussi une certaine Eleanor Wish qui ne laisse pas insensible ce cher Harry. J'ai cru lire ici ou là qu'on la retrouverait dans les volumes suivants, je me suis gardé de lire des avis / notifications là-dessus afin de garder la surprise... déjà qu'en lisant "L'oiseau de nuit" quelques révélations m'ont sauté à la figure avant l'heure! Personnage fort bien conçu et attachant, la fin du roman laisse cet ancien agent du FBI dans une situation difficile, que va-t-il advenir d'elle? On retrouve comme dans tout Connelly des seconds rôles bien fouillés, je pense ici à l'acolyte de Bosch mais aussi à l'agent Rourke, collègue de Wish lors de cette enquête (du moins au début...).

Addictif que je suis, j'ai lu ce livre en deux jours, on retrouve tout le talent de Connelly à ficeler une histoire et mener son lecteur par le bout du nez, même si c'est vrai que cette fois-ci j'ai capté une partie de la fin une cinquantaine de pages avant de refermer le livre. Reste un bouquin essentiel et fondateur diront certains dans la mythologie Bosch. On en redemande! Prochaine étape: "La glace noire"...

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mercredi 29 juillet 2009

"Un bonheur insoutenable" Ira Levin

iraL'histoire:

Dans un futur qui n'est peut-être pas très éloigné, toutes les nations sont désormais gouvernées par un ordinateur géant, enfoui sous la chaîne des Alpes.

Les humains sont programmés dès leur naissance -du moins ceux qui ont été autorisés à naître- et sont régulièrement traités par des médicaments qui les immunisent contre les maladies, mais aussi contre l'initiative et la curiosité.

Il y a cependant des révoltés.

L'un d'eux, surnommé Copeau, va redécouvrir les sentiments interdits et d'abord l'amour. Il s'engage alors dans une lutte désespérée contre ce monde trop parfait, inhumain, qui accorde, certes, le bonheur à tous, mais un bonheur devenu insoutenable parce qu'imposé.

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La critique de Mr K:

Voici mon avis sur un autre des livres que j'ai pu lire durant notre séjour dans les gorges du Tarn. Rappelons ici que l'auteur Ira Levin est surtout connu pour une oeuvre maîtresse dans le domaine du fantastique "Rosemary Baby" adaptée avec brio par Roman Polansky pour le cinéma. Dans cet ouvrage, Levin se replonge dans le genre de la SF après un précédent livre intitulé "Les femmes de Stepford" très bien noté selon les sites d'amateurs de SF mais que je n'ai toujours pas lu (ça ne devrait pas tarder vu les qualités de l'oeuvre ici critiquée).

Ce livre se situe dans la droite ligne d'ouvrages déjà commentés dans ce blog à savoir "Le meilleur des mondes" et "L'oiseau d'Amérique", il se rapproche aussi énormément de "1984" d'Orwell. Disons le tout net, il ne dépasse pas ces oeuvres mais trouve sans rougir sa place sur les mêmes rayonnages! On retrouve l'idée d'une espèce humaine autrefois en perdition qui se retrouve régie par une forme larvée de totalitarisme (ici incarnée par l'ordinateur UNI) qui sous couvert d'égalité, pervertit  et annihile la notion de liberté individuelle. Plongé dans une "prison dorée", chaque être humain voit sa naissance, sa vie, sa mort contrôlées: les pulsions et les velléités individualistes ont disparu pour laisser place à "la Famille". Chaque individu se voit attribuer un "conseiller" à qui il doit se confier sans réserve, notamment à propos de ses désirs, ses éventuelles pensées impropres et autres dérapages... Un traitement chimique est attribué à chaque début de mois afin de laisser les humains dans une espèce d'état d'hébétitude permanent. Contrôle des naissances, eugénisme, mort programmée pour tous à 62 ans, bracelet obligatoire servant à pister les déplacements de chacun et celà en permanence, 4 prénoms au choix pour les nouveaux nés seulement avec un matricule (ainsi le héros, surnommé Copeau par son grand-père maternel, s'appelle en réalité LI RM35M4419). Quant aux "incurables" (ceux qui tentent de vivre à l'ancienne, période dite "pré-UNI"), tout est mis en oeuvre pour les "aider" et les remettre dans le droit chemin.

Toute cette nouvelle société et ses fondements sont explorés à travers les yeux de Copeau depuis sa naissance à l'acte final. Personnage rebelle, en formation durant tout l'ouvrage, il est le révélateur que quelque chose ne tourne pas rond et que le bonheur ambiant est factice et cache quelque chose de peu recommandable. A la manière d'un thriller ou de la dégustation d'un mille-feuilles, le lecteur éberlué entrevoit la vérité petit à petit et reste sous le choc d'une révélation finale bien d'actualité sur la nature profonde de l'être humain (attention, livre pessimiste!) et son irrésistible besoin d'être contrôlé (religions, utopies et idéologies).

Très bon livre donc que celui-ci tant la langue et les idées développées me touchent et font mouche. Malgré le temps qui s'est écoulé depuis son écriture, le message reste toujours contemporain. Cet ouvrage est très abordable et est à conseiller à tout le monde y compris aux néophytes. A lire donc!

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dimanche 26 juillet 2009

"God save la France" de Stephen Clarke

godsavelafranceL'histoire:

Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d'un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham.

Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s'adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n'est pas au bout de ses surprises...

La critique Nelfesque: Si vous cherchez une lecture de vacances, STOP!!!! Vous avez trouvé. Dans le pur style anglais, ce livre de Stephen Clarke, de son vrai nom "a year in the merde", est très drôle et venge nos amis d'outre manche de toutes les idées reçues que nous véhiculons sur eux en France. Cette fois ci, c'est à notre tour d'en prendre pour notre grade! Mieux vaut savoir rire de soi-même et de nos compatriotes avant de se lancer dans cette lecture...

Paul, débarque fraîchement d'Angleterre et s'installe dans la ville lumière qui n'a de lumière que son nom... Il y a beaucoup trop de crottes de chiens sur les trottoirs, sans parler des prix exorbitants pratiqués dans les cafés de la capitale (serait-ce dû à sa tête de rosbif?). L'amour à la française il n'y comprend rien et aux femmes françaises encore moins. Les grèves à répétition, les effusions de "bonjour/bonsoir/bon appétit/bonne nuit/bonnes vacances...", les lourdeurs administratives, tout celà est nouveau pour lui. 

Le style d'écriture n'est pas des plus littéraires mais plutôt oralisant, dans la lignée d'un Bridget Jones. La différence se trouve dans le fait que cette fois ci nous sommes dans la tête d'un homme et les centres d'intérêt sont différents (exit les recherches d'homme idéal et de robes parfaites). On suit avec plaisir les pérégrinations d'un anglais à Paris et on rit avec lui de toutes ces énormités qui font notre quotidien et auxquelles on ne fait pas attention.

A lire en été, entre la plage et le transat, sous le parasol, les pieds en éventail. De mon côté, "Merde actually" (le tome 2) est prévu au programme des prochaines lectures tant le 1er m'a donné envie d'en prendre encore plus dans la tronche (serait-ce le propre des français d'être masos?!). 

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samedi 25 juillet 2009

"Nom de code: Witch" Ian Rankin

witchL'histoire:

Cela fait des années que la Special Branch et le MI5 essaient de mettre la main sur une femme: Witch, terroriste internationale particulièrement dangeureuse et performante. Le problème, c'est que personne n'est capable de la décrire avec précision.

Il suffit de l'étrange explosion d'un bateau de plaisance au milieu de la Manche, de l'assassinat d'un banquier en Ecosse et de l'arrivée imminente, à Londres, de nombreux chefs d'État, pour semer la panique: aucun doute, Witch s'apprête à frapper de nouveau.

Entre Calais, Paris, l'Allemagne et une fête foraine à Brighton, la traque fébrile menée de front par les services secrets français et britaniques se resserent autour du Centre de conférences proche de Buckingham Palace et connaît un dénouement renversant sous les remparts de York.

La critique de Mr K:

Très bonne lecture pour un excellent thriller. J'ai découvert cet auteur par hasard au détour d'un bac et je pense creuser d'avantage la question dans les temps à venir, tant l'addiction se met vite en place (dès les 20 premières pages en fait!). La trame se déroule dans le milieu de l'anti terrorisme, vous serez confronté à une enquête sans temps morts, au suspense halletant et au dénouement vraiment surprenant. J'ai ressenti en lisant cette oeuvre l'excitation que j'avais ressentie à la lecture d'un Connelly ou de l'un des 3 volumes de la Trilogie du mal de Chattam.

La grande force de Nom de code: Witch, c'est d'abord sa structure qui s'organise autour d'un compte à rebours s'étallant sur 15 jours, les 15 jours précédants la fameuse conférence des chefs d'État à Londres. A la manière d'un 24 heures chrono, les agissements des différents personnages s'entremêlent pour peu à peu révéler la nature profonde d'un scénario parfaitement huilé. Ensuite, les personnages qui, à la manière de Connelly, sont nombreux et psychologiquement détaillés (Rankin ne dépasse tout de même pas le maître!): vous rencontrerez entre autres un inspecteur-profiler à la retraite au passé mystérieux et douloureux manipulateur et autodidacte, un bleu faisant ses premières armes sur le terrain après des années cloitré dans un bureaux, une série de chefs du MI5 et de la Special Branch tous plus névrosés et attachants les uns que les autres, une espionne française sexy et fonceuse (personnage pas vraiment réussi pour le coup, caricatural à souhait - elle conduit une 2 CV! -) et bien évidemment Witch, femme fatale agissant dans l'ombre, aux multiples identités (personnalités?), qui pour moi a sa place au panthéon des "bad girls" les plus réussies de la littérature policière.

J'ai lu ce livre en très peu de temps tant l'envie d'en savoir plus me tenaillait. Je n'ai finalement pas été déçu, l'écriture est très abordable, raffinée (à l'anglaise, on est à 10.000 lieues de Tom Clancy) et efficace. Les réponses sont distillées au goutte à goutte, le scénario se tient de la première à la dernière ligne et fait preuve d'une finesse étonnante pour une oeuvre traitant de la menace terroriste. A lire sans modération!

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mardi 14 juillet 2009

"Les neuf milliards de noms de Dieu" Arthur C. Clarke

clarkeL'auteur:

Né en 1917 en Angleterre. A douze ans, il établit une carte précise de la lune. A vingt-huit ans, il invente le principe de l'orbite géostationnaire. Mais il doit sa célébrité à ses romans de science-fiction traduits dans le monde entier. Son oeuvre la plus connue reste 2001 l'odyssée de l'espace dont l'origine est une nouvelle La sentinelle contenue dans le présent volume.

 

L'histoire:

Dieu existe-t-il?

Pour ce lama, chargé de trouver le véritable nom de Dieu parmi 9 milliards de combinaisons possibles, la question ne se pose pas. Avec un supercalculateur, en cent jours, il aura le compte. Et, au terme de l'opération, devinez quoi... La fin du monde... Divine surprise!

Le sort de la nébuleuse du Phénix relance le débat. pourquoi détruire une civilisation dans la fleur de son essor? Mystère! Mais Dieu a-t-il besoin de se justifier?

Dans l'univers, on trouve tour à tour l'Eden ou l'Enfer. Et puis, cet ilôt de vie, la Terre, qui, vue de l'espace, dépasse nos rêves. Enfin, de temps à autre, sur la lune ou ailleurs, une sentinelle, témoin d'une existence lointaine... Humaine ou divine? Faut-il choisir?

La critique de Mr K:

Avis mitigé cette fois-ci! Ce volume fait partie des livres dégotés déjà il y a quelques temps à Emaüs Rédéné. J'ai eu le plus grand mal à terminer ce livre, ce sont surtout les premières nouvelles qui m'ont rebutées. Sous les apparences d'interrogations métaphysiques et religieuses, on se trouve face à des textes plutôt creux et finalement assez "légers" en terme de réflexions par rapport à ce à quoi Clarke m'avait habitué. Sur les huit nouvelles de ce recueil, les quatre premières manquent donc d'intérêt et le lecteur de SF assidu que je suis s'est ennuyé!

Puis on arrive dans la deuxième partie de l'opus. Pour le coup, je l'ai terminé d'un trait au cours de notre première journée sur Périgueux! Non que je m'ennuie chez ma belle mère adorée mais Clarke retrouve ici sa verve et son talent de narrateur hors pair! Ces quatre dernières nouvelles se nomment: Avant l'Eden, Un été sur Icare, Le réfugié et La sentinelle. Elles abordent des thèmes chers à l'auteur comme la peur de la solitude, le mystère de nos origines et l'exploration spatiale. Je conseille fortement aux amateurs de 2001 de lire La sentinelle car elle éclaire sur un angle différent la scène finale du  film de Kubrick et apporte quelques réponses aux questions que l'on peut se poser.

Livre à lire donc mais peut-être en "visant" quelques nouvelles en particulier afin d'éviter de tomber sur des textes "mineurs" dont la lecture est loin d'être obligatoire...

 

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lundi 6 juillet 2009

"La Moustache" d'Emmanuel Carrère

La_moustacheL'histoire: Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l'avoir pas remarqué, et c'est vous qui ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n'avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou? Voudrait-on vous le faire croire? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens? L'histoire, en tout cas, finit forcément très mal et, d'interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie. Ou bien, si, une, qu'ouvrent les dernières pages et qu'il est fortement déconseillé d'emprunter pour entrer dans le livre. Vous voici prévenu.

La critique Nelfesque: Quand le film est sorti au cinéma en 2005 avec Vincent Lindon à l'affiche, à la vue de la bande annonce, je me suis dit qu'il fallait absolument que j'aille le voir. Voilà un film qui m'avait l'air bien tordu! Et puis les jours et les semaines ont passé et le film n'était plus à l'affiche. Je me suis consolée en me disant que j'allais lire le livre et puis les jours ont passé... Bref vous connaissez la suite...
Il y quelques semaines, le film est passé à la TV et m'a rappelé à ses bons souvenirs. Vu que j'avais maintenant dans l'idée de lire de livre, j'ai refusé de voir ce long métrage qui pourtant me tentait vraiment beaucoup. Suis-je maso? Hum...

Enfin! Ca y est! 4 ans plus tard, j'ai enfin lu ce livre (c'est pas trop tôt)! Il est assez court et il n'est pas resté très longtemps entre mes mains.
Qu'en dire? Et bien je suis partagée. L'idée de départ est intéressante. Le genre d'histoire sur laquelle je saute. Qui a raison? Qui a tort? Qui croire? De qui se méfier? On est entraîné dans un tourbillon de questions en même temps que le personnage principal s'interroge.
Mais là où le bât blesse c'est que j'aime les réponses et que dans cette oeuvre, il n'y en a aucune! Ne vous attendez donc pas à être éclairer sur les 3 questions de la 4ème de couverture: "Deviendriez-vous fou? Voudrait-on vous le faire croire? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens?".
Il faut plus lire ce livre pour le cheminement de pensée et le raisonnement (et déraisonnement) de Marc, pour la folie dans laquelle il tombe (ou celle de sa femme?).

A la fin du livre, vous aurez une idée de qui est fou dans l'histoire mais ne saurez pas pourquoi, ni quand est advenu cette folie... Moi, je dis "dommage". J'aime les fins bien nettes qui ne laissent pas de doutes possibles. Ceux qui sont pour les fins ouvertes trouveront sûrement leur compte.

Il ne me reste plus qu'à voir le film!

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jeudi 2 juillet 2009

"L'oiseau des ténèbres" Michael Connelly

l_oiseauL'histoire:

Tout ce qu'Hollywood compte de stars vibre au procès David Storey, un producteur que l'inspecteur Harry Bosch s'est juré de confondre à la barre, lorsque Terry McCaleb, le héros de Créance de sang, reçoit la visite de l'inspectrice Jaye Winston qui n'arrive toujours pas à élucider l'assassinat d'un petit malfrat, Edward Gunn. McCaleb jette un coup d'oeil au dossier et reste pétrifié par ce qu'il découvre: les mains dans le dos et la tête dans un seau, Gunn s'est étranglé lui-même en resserrant le noeud coulant relié à ses pieds.

Plus étrange encore, sur son bâillon le tueur a écrit "prends garde, prends garde, Dieu voit". Où le meurtrier voulait-il mener la police avec ces mots? Telle et l'énigme que doit résoudre McCaleb s'il ne veut pas céder à l'évidence: l'assassin est un flic passé de l'autre côté - celui des ténèbres.

La critique de Mr K:

Diabolique! J'ai commencé à lire mardi matin pendant mes surveillances d'épreuve du DNB (bah ouais, mes p'tits loups y sont enfin passés!) et je n'ai pas pu le lâcher. Faut croire que je suis devenu un "Connelly-addict"! En même temps mes parents, ma frangipane et quelques uns de nos lecteurs m'avait prévenu: "T'as commencé avec Le Poète, mais tu vas voir quand tu vas te frotter à l'inspecteur Bosch!".

Ce volume est en fait un cross-over comme le disent nos amis les rosbifs, s'y entrecroisent deux personnages bien connus des fans de Connelly, sauf que pour ma part ce n'est que ma deuxième incursion dans l'univers de ce maître du Thriller! Pas grave, je suis allé faire un tour sur Wiki et ait demandé conseil à ma chère moman pour m'expliciter quelques détails comme l'origine de la maladie cardiaque de McCaleb. Mais passons... Ce livre rend accro tant Connelly se révèle être un orfèvre en matière de suspens, de fausses pistes et autres twists ("and shot" pour le coup!). On se fait avoir, on croit reprendre le dessus pour de nouveau se faire léser par un auteur qui a priori a le plaisir sadique de malmener son lecteur et détruire en lui toute forme de certitude.

Rajoutez à cela un sens du récit implacable, une psychologie des personnages fine, nuancée et ceci pour tous les acteurs (y compris les seconds rôles); une ambiance glauque, poisseuse comme dans un bon film noir des années 50 (où plus récemment The Barber des frères Coën). Tous les ingrédient du parfait thriller sont ici réunis dans une langue agréable, simple, efficace mais non dénuée de subtilité. On retrouve toute la verve de l'ancien journaliste qui durant des années a écrit dans la rubrique criminelle de son journal. Un excellent livre dont le seul défaut est d'encourager le pauvre toxico que je suis à lire le reste de l'oeuvre de Connelly!  Raaa Lovely! En attendant, je vais quand même tenter de lire autre chose histoire d'éviter la redite notamment au niveau de notre rubrique "Des mots sous nos yeux"...

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mercredi 24 juin 2009

"L'Arbre des possibles" Bernard Werber

arbredespossibles1L'histoire:

Vingt petites histoires sous forme de contes, de légendes, de mini polars.

Bernard Werber nous offre avec L'Arbre des possibles des récits fantastiques où les dieux vont à l'école pour apprendre à gouverner les peuples, où les objets sont soudainement remplacés par leurs noms, où les gens ne savent compter que jusqu'à 20, où l'on part en vacances au XVIIIème siècle sans oublier de se faire vacciner contre la peste...

La critique de Mr K:

Belle déception que ce livre dégoté à Emaus perdu qu'il était entre deux Stephen King. Pourtant, l'idée était originale, voici ce qu'en dit l'auteur dans sa préface: après mon premier roman j'ai eu envie d'entretenir ma capacité d'inventer rapidement une histoire en consacrant une heure le soir à la rédaction d'une nouvelle. Cela me détendait de ma matinée consacrée à l'écriture de "gros romans".

Autant j'ai adoré certains de ces romans notamment Les Thanatonautes que j'avais littéralement dévoré trouvant son écriture à la fois accessible et très évocatrice, autant la lecture de cet opus m'a laissé un goût amer dans la bouche. Dans ce volume de nouvelles, pour moi Werber s'est complu dans la facilité. Autant vous le dire tout de suite; l'ensemble est très inégal, les deux tiers des récits présentés sentant l'escroquerie intellectuelle et littéraire. Ca sent la redite  au niveau des thèmes abordés qui ont déjà été traités et de manière bien supérieure par de grands auteurs de littérature américaine des années 50 à 80 dont Matheson, Dick et consorts. A force de ne faire qu'effleurer les sujets qu'il aborde, j'ai senti une frustration grandir et finalement une certaine colère envers un écrivain que je respecte. En cela la nouvelle Le totalitarisme douceâtre est un parfait exemple: Werber s'attaque à trop gros (en l'occurence Orwell et Ticson) et nous livre une dénonciation de la société du spectacle tout juste digne d'un raisonnement de lycéen acnéïque fils de médecin qui s'érige contre un monde désespérant... Si si, je vous assure, Werber peut se révéler puéril, je lis suffisament de copies de cet acabi pour en plus m'en farcir pendant mes lectures-loisir!

Cependant quelques textes sortent du lot par un traitement beaucoup plus approfondi et des dénouements parfois surprenants. Ainsi la nouvelle intitulée Noir m'a totalement estomaqué par sa fin tout à fait inattendue et son univers quasi onirique, proche des récits de chevalerie d'antan et du conte de fée. Plusieurs nouvelles proposent des thèmes intéressants. Un monde trop bien pour moi est un excellent texte où là encore la fin sonne le glas de toute certitude pour le lecteur. Un homme vit dans un futur proche où les objets parlent ce qui commence à l'agacer terriblement, il va rencontrer une femme qui va à jamais bouleverser sa vie et lui révéler un secret terrifiant. Je ne spoilerai pas, je peux juste vous dire que la révélation finale est digne d'un film à la Seven.

Reste des textes convenables mais sans réelle surprise et approfondissement comme Transparence, La dernière révolte, Attention: fragile, Du pain et des jeux dont les idées de départ sont vraiment malines mais que l'auteur semble avoir seulement survolé. Alors certes, j'ai lu ce livre assez rapidement avec parfois un certain plaisir mais de là à le recommander... il y a un pas que je ne franchirais pas. A réserver aux fans et uniquement à eux.

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