Cafards at home

Le capharnaüm éclairé

dimanche 22 novembre 2009

"Confessions d'un linceul" Clive Barker

clivebL'histoire:

Et si les fantômes prenaient corps? À la morgue, le médecin légiste vient de déloger la balle qui trouait le front de Ronnie. L'ouverture, bien nette, est soudain une terre promise à son esprit encore lucide. Revivre, mais comment? Le drap qui le recouvre absorbe ce qui reste de sa conscience comme un Kleenex efface les traces de larmes...

Mais peut-être vaut-il encore mieux ce revenant drapé dans son linceul que Rawhead, l'ogre dévoreur d'enfants, qui sort de terre après des siècles... Et que dire de cette statue qui s'incarne dans ses victimes, pompant leur existence, aspirant leur âme?

La critique de Mr K:

Et de trois! Ce volume est en effet le troisième d'une série intitulée Livres de sang qui réunit les nouvelles du maître britannique de l'horreur: Clive Barker. Le présent opus est très réussi, je le classerai même en pôle position par rapport à ces prédécesseurs que j'avais trouvé inégaux (ici et ). Ici nous avons affaire à cinq nouvelles d'une soixantaine de pages chacune où le suspens est maintenu de bout en bout.

L'enfant de celluloïd ouvre ce bal mortifère avec une histoire de dimension parallèle et de revenant se déroulant dans un vieux cinéma. On retrouve ici une des obsessions de l'auteur, le rapport entre réalité et fiction. Très efficace, au style enlevé, la conclusion ne manquera pas de surprendre le lecteur averti.

Vient ensuite Rawhead Rex, une des deux meilleures nouvelles de ce recueil. Un ogre pluri-millénaire est réveillé par un paysan labourant son champ et son éveil est des plus brutal. Meurtres gores, personnages cernés et tués en une page, la religion comme sauf-conduit; c'est quasiment un opéra gothique flamboyant qui se déroule devant nos yeux. Là encore, le style alerte fait merveille et la fin abrupte laisse le lecteur pantelant.

S'ensuit Confessions d'un linceul (de pornographe) qui nous narre les déboires d'un comptable injustement accusé de pornographie, revenu d'entre les morts sous la forme de son suaire pour assouvir sa juste vengeance. Une bonne première partie, juste et réaliste à souhait. Petite déception cependant quand sa réincarnation passe à l'action, limite ridicule la vengeance reste trop douce à mes yeux par rapport au crime originel. L'écriture reste fluide et agréable mais le scénario limité m'empêche de classer cette nouvelle parmi les meilleures, la plus faible de ce lot en tout cas!

Les boucs émissaires est la quatrième nouvelle de ce volume et pour moi la meilleure. Quatre jeunes gens échouent sur une île absente de toute carte, caillouteuse aux relents de pourriture. Seuls êtres vivants présents, trois moutons dans leur enclos... Une merveille de suspens mais aussi de poésie. Le lecteur flotte entre descriptions impressionnistes et passages d'action fulgurants. La chute est terrible et laisse peu de place à l'espoir. Sans aucun doute, une des meilleures nouvelles de Barker.

Débris humains clôture ce volume en nous racontant l'histoire de Gavin, gigolo au visage d'ange qui au détour d'une passe va faire la rencontre d'une statue des plus étranges. L'entrée dans le fantastique se fait ici encore plus lente avec 2/3 d'histoire d'un réalisme glauque puis une course poursuite infernale. On retrouve ici les thèmes de l'ubiquité, de pacte diabolique. Une belle réussite même si la fin est attendue et ne surprendra pas grand monde.

Une bien bonne lecture que celle-ci. Dans les mois qui vont suivre, il me restera à vous critiquer le volume 4 que j'ai dégoté il y a déjà un petit moment...

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mardi 17 novembre 2009

"Je, François Villon" Jean Teulé

francois_villon_L_1L'histoire:

Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes: l'absolue liberté.

L'avis de Mr K:

Mon premier contact avec Villon remonte à fort longtemps lorsque je n'étais qu'un littéraire boutonneux de lycée. Puis est venue la période de mes chères études d'Histoire avec ma spécialisation sur la période médiévale. Et puis, il y a eu le post de l'amie Ys concernant ce livre et mon père qui me prête le bouquin en me disant que j'allais prendre une claque et que l'époque est fidèlement retranscrite par Teullé.

J'ai dévoré ce volume. Déjà la vie de Villon en soi est passionnante: personnage historique abject par ses actes (viols, meurtres et tutti quanti) il a été aussi un génie hors norme: inventeur stylistique et linguistique, centrage de son oeuvre sur les réprouvés et esprit en avance sur son temps. Bien que parcellaire (beaucoup d'éléments restent encore inconnus pour les historiens), la vie de Villon nous emmène dans les prieurés, le faste des châteaux de la noblesse et dans les culs de basse fosse les plus sordides. C'est d'ailleurs dans la description de ces derniers, des cimetières de l'époque (manquent plus que les cochons qui dévoraient les cadavres!), des demeures des pauvres et tavernes mais aussi des tortures judiciaires pratiquées à l'époque que Teulé excelle, on retrouve ici la fascination morbide de l'auteur de Darling.

Le personnage du tuteur de Villon est une merveille: homme bon de nature qui se laisse dépasser par son filleul et ne pourra l'empêcher de faire les pires atrocités. Isabelle la jeune fille noble amoureuse de Villon qui lui fera subir la pire des humiliation (attention scène choc!) est un véritable éclat de soleil au milieu de la fange qui nous est ici décrite. Niveau glauque, on est servi par les personnages de la prostituée initiatrice, le charcutier cannibale, le bourreau sadique, un inquisiteur complètement félé et un Villon véritable génie du mal pour qui je n'ai eu aucune sympathie si ce n'est pour son oeuvre.

Une bien bonne lecture avec un tout petit reproche cependant. La fascination morbide de Teulé éclipse tous les pans positifs de l'époque notamment la grande solidarité sociale qui pouvait exister dans la société française au niveau du peuple (fêtes, entraide etc...).

Alors certes, le Villlon fut un bien mauvais garçon mais sa vie fut un roman et Jean Teulé maîtrise son sujet. Tout cela m'a donné envie de replonger dans l'oeuvre du célèbre poète en commençant peut-être d'ailleurs par les adaptations qu'en a fait Brassens.

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mercredi 11 novembre 2009

"Junky" de William S. Burroughs

junkyL'histoire:

"On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans une autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé m'ont fait part d'une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une raison dont ils pussent se souvenir. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué".

La critique de Mr K:

Lu en deux traites! Un classique des classiques concernant le thème de l'addiction et ses conséquences. William Lee, le héros héroïnomane de ce roman est en pleine errance: nous le suivons pendant ces deals, ses prises mais aussi (et surtout!) pendant ses phases de privation et ses démélés avec les forces de l'ordre. Véritable descente aux enfers, on assiste petit à petit à la lente déchéance d'un être humain qui à la base n'est pas plus stupide qu'un autre mais qui devenu "accro" va cumuler les revers et les conneries. Plus qu'un plaisir, la thèse implicite de ce recueil est que la came est un mode de vie. Ca fit scandale, le livre sera interdit de publication pendant plusieurs années (voir la très bonne préface d'Allen Ginsberg qui recontextualise parfaitement ce moment de l'histoire littéraire américaine).

Plus qu'un roman, c'est un témoignage. Celui indirect de Burroughs qui par ce premier roman nous raconte ses propres errances dans les paradis artificiels de sa prime jeunesse. Le style est lumineux: phrases courtes, syntaxe mécanique, froide. Pas d'apologie ni de condamnation ferme de l'usage de stupéfiants, juste une trajectoire d'un camé comme un autre. On est loin d'un univers humanisé à la Trainspotting, l'humour est totalement absent et des passages sont vraiment glaçant de réalisme (recherche d'une bonne veine pour se piquer, les rapports entre junky...). Une oeuvre qui se rapproche plus d'un Requiem for a dream tant l'amertume est ce qu'il reste comme goût dans la bouche à la fin de sa lecture. Livre culte donc mais à ne pas mettre entre toutes les mains!

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jeudi 5 novembre 2009

"Harry Potter et la Chambre des Secrets" J.K. Rowling

Harry_Potter_2L'histoire: Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s'abat sur les élèves, cette deuxième année à l'école des sorciers ne s'annonce pas de tout repos! Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry Potter trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets? Un livre magique pour sorciers confirmés.

La critique nelfesque: J'ai tout simplement dévoré ce second tome. Et dire que je ne voulais pas lire la série... Je serai vraiment passée à côté de quelque chose! Merci Mr K pour le harcèlement et merci Cachou pour la goutte d'eau.

Ce deuxième tome est construit de la même façon que le premier: une année à l'école, une intrigue, une enquête et Harry en héros à la fin. Mais était-il indispensable de nous réexpliquer les règles du Quidditch, de nous faire revivre la cérémonie du Choixpeau...? Mise à part  ce souci de "radotage" qui m'a un peu agacé et donné l'impression de perdre mon temps (mais en même temps ce livre est à la base destiné aux enfants, ceci explique sans doute cela...), j'ai encore une fois été happée par l'histoire. Les personnages prennent de l'épaisseur, certains points sont éclaircis (notamment pourquoi Hagrid a été  renvoyé de l'école) et de nouveaux personnages font leur apparition (le professeur Lockhart que je me serai fait un plaisir de tarter, le père de Ron très attachant et drôle en amateur d'objets Moldus customisés à la sauce sorcier...).

Rowling a vraiment un don pour rendre accro ses lecteurs et son écriture fluide et simple fait qu'on ne peut pas fermer son livre à la fin d'un chapitre. La tentation est grande de lire les 7 tomes d'un coup... Toutefois, l'idée de devenir monomaniaque ne me branchant pas des masses, je fais une petite pose d'un bouquin avant de me lancer dans le troisième tome que je lirai avec grand plaisir. A bientôt Harry!

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lundi 2 novembre 2009

"Les derniers hommes" de Pierre Bordage

derniers_hommesL'histoire:

Le futur proche, après la Troisième Guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades, qui ont pris chacune en charge l'exploitation d'une denrée spécifique. Solman le boîteux, du peuple aquariote - qui découvre et contrôle les sources d'eau -, possède le don de clairvoyance: infaillible juge des âmes, cet atout le tient aussi à l'écart de tous, car son talent dérange. Seuls Raïma la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l'ancien monde accepteront de l'accompagner dans sa quête pour échapper à l'apocalypse qui menace les derniers hommes.

La critique de Mr K:

Il est des auteurs vers lesquels on retourne régulièrement car on apprécie leur style et les thématiques qu'ils abordent dans leurs ouvrages. Pierre Bordage (aux talents de conteur inouïs) en fait partie pour moi. Mais j'avais noté au cours de précédentes critiques des soucis de redondances et un certain manque d'originalité, tant des points communs finissaient par apparaître entre différentes oeuvres. C'est tout de même plein d'espoir que j'ai commencé ma lecture des "Derniers hommes" considéré par beaucoup comme "un très bon Bordage". Mon avis est plus mitigé...

Certes le lecteur est très vite pris par l'histoire, happé par la qualité du texte du vendéen: personnages ciselés, coexistence de plusieurs intrigues et le background impressionnant (mention spéciale aux descriptions de la planète ravagée par les méfaits de la race humaine: marquantes et réalistes malheureusement...). Cependant très vite s'est installé chez moi un sentiment de "déjà lu", d'éprouvé... chez Bordage lui-même! Les personnages sont finalement assez caricaturaux (handicap = don = messie, attirance laideur / beauté, meilleur ami grincheux simple "faire-valoir" qui va avaliser le sauvetage final etc...) et tous quasiment des obsédés par le plaisir charnel source selon l'auteur de libération mentale et physique (idem que dans Abzalon et Les guerriers du silence -son chef-d'oeuvre-). D'où parfois l'impression parfois de tourner en rond au lieu de tourner les pages et de perdre son temps: j'ai pas mal râlé, Nelfe peut en témoigner!

Rien de bien original donc si vous êtes un fan de Bordage mais un style efficace, un monde crée de toute pièce réaliste et riche. Rajoutez par dessus un complot ourdi de longue date par une secte chrétienne millénariste et de la SF vous passer dans le thriller d'anticipation. Les révélations sont nombreuses et il est dur de relâcher son livre à partir du milieu. Un bon moment de lecture surtout pour ceux qui veulent découvrir cet auteur.

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mercredi 28 octobre 2009

"Bis" de David Eagleman

bisL'histoire: Qu'y a-t'il après la mort? Le Paradis existe-t'il? A quoi ressemble-t'il? Avec un humour inattendu, Bis propose 40 variations sur le thème de Dieu et de l'Au-delà. Ici, Dieu est une femme; là, c'est un homme ou un couple... Ici, Il a la taille d'un microbe et ne sait pas que l'homme existe; là, Il vénère Mary Shelley et son Frankenstein. Dans l'Au-delà, vous revivez votre vie à rebours; vous devenez la personne de votre choix ou vous êtes un acteur dans les rêves des vivants... Autant de scénarios loufoques et d'hypothèses insolites qui bousculent avec optimisme nos représentations étroites et font écho aux grandes questions de l'humanité.

La critique nelfesque: Je suis assez mitigée sur cet ouvrage. L'écriture est fluide, les nouvelles sont courtes, pas plus de 4 pages. A peine le temps d'entrer dans l'histoire, de "digérer" une nouvelle, que l'on passe à la suivante. Ce premier point m'a un peu déroutée et je n'ai pas vraiment pu accrocher à certaines nouvelles que je me suis surprise à lire sans être là (en laissant mon cerveau de côté). Je suis donc passée à côté de pas mal de chroniques. Peut être aurai-je dû lire ce livre avec parcimonie, entre 2 chapitres d'un autre bouquin pour vraiment l'apprécier. C'est en tout cas ce que je conseillerai de faire aux futurs lecteurs de cet ouvrage.

Un second point m'a gêné: le thème de l'ensemble. Pour recadrer les choses et afin de faire comprendre au mieux mon point de vue, il faut savoir une chose: je suis une catholique croyante. J'ai une image assez nette de ce qu'est Dieu et à quoi ressemble l'autre côté du miroir. Que j'ai raison ou tort n'est pas la question, je m'en rendrai bien compte un jour ou l'autre quand je passerai de vie à trépas mais, au jour d'aujourd'hui, j'ai du mal à m'imaginer que Dieu puisse être un microbe ou que l'Au-delà puisse être un remake de notre vie ici bas. C'est mon éducation religieuse qui veut ça. Alors quand l'auteur utilise le "vous" ou le "nous" comme système d'énonciation, n'adhérant pas à l'idée, je ne peux m'identifier. Pas mal de chroniques m'ont donc quelque peu agacées. Celles qui trouvent grâce à mes yeux, et que j'ai trouvé vraiment pas mal, sont celles qui ont prit le partie de verser dans la SF ou, comme celle intitulée Oz, se termine sur le néant. Ces dernières sont intéressantes et originales et mériteraient d'être développer ou creuser.

Je ne peux donc pas dire si j'ai aimé ou détesté cet ouvrage. Si il n'était pas aussi hétéroclite, il aurait été plus facile de se prononcer. Pour moi il y a, dans ces chroniques, du bon, du très bon, du déjà vu et du mauvais goût évident.

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mardi 20 octobre 2009

"Le retour à la terre" de Larcenet / Ferry

le_retour___la_terreL'histoire: Que se passe-t-il lorsqu'un natif de Juvisy, riante bourgade de la banlieue parisienne, part s'installer à la campagne au milieu des veaux, vaches, cochons ? Au minimum, un énorme choc culturel. Il faut apprendre à parler le patois, découvrir les effets de l'alcool local et surtout se désintoxiquer du périf.

La critique nelfesque: Lecteurs de ce blog, lisez tout de suite "Le retour à la terre" si ce n'est pas encore fait! C'est un ordre!!! Un ordre parce que je n'ai jamais lu une BD aussi marrante, subtile et vraie. C'est un vrai bonheur de suivre l'évolution de la vie de Manu Larssinet (double BDesque du dessinateur Larcenet) et Mariette: leur installation définitive à la campagne et toutes les petites questions de logistique que cela engendre, leur envie de bébé, la naissance de la petite Capucine... On se retrouve dans toutes les étapes de la vie de ce jeune couple, on en sourit avec tendresse et on se poile franchement.
Les personnages sont excellents. Ma petite préférence va à Madame Mortemont, mamie à blouse bien campagnarde (le genre de mamie qui s'éteint peu à peu à mon grand regret... le genre de mamie qui a de magnifiques toiles cirées à fleurs sur sa table de cuisine et qui cultive ses radis) qui se révèle être une formidable commère au grand cœur.

A titre personnel, je n'ai pas pu m'empêcher de me voir sous les traits de Manu car son retour à la terre est un peu le notre qui avons emménagé il y a quelques mois en pleine campagne (quand même moins reculée que la leur). Leur chat Speed est aussi dans notre entourage... Nous sommes cernés!

"Le retour à la terre" est une BD qui donne la pêche et file le sourire. Je la conseille vivement! Un vrai coup de cœur!

mortemont

La critique de Mr K: Superbe découverte que ces cinq volumes. J'ai découvert Larcenet un peu par hasard plus jeune lorsque je m'achetais Fluide Glaciale. Puis ce fut le choc avec la série Le combat ordinaire qui m'a mis la larme à l'oeil plus d'une fois. Une amie à nous s'est alors donnée pour mission de nous faire découvrir Le retour à la terre  du même auteur. Le ton est beaucoup plus léger et les personnages croustillants. J'ai particulièrement apprécié le chat Speed, une merveille de matou râleur, l'ermite (ersatz du cousin-machin complètement barré et limite magicien parfois) qui distille ses conseils au héros. Mais le summum est atteint avec Mme Mortemont condensé de tout ce que la campagne peut générer comme personne âgée: méfiante, commère, râleuse, parlant un patois incompréhensible (sauf par les nouveaux nés!) mais finalement généreuse, altruiste et attachante. Un bon bol d'air frais que cette BD qui nous propose une approche intelligente, sensible et drôle d'un changement de vie radical. À lire et à relire!

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jeudi 15 octobre 2009

"Harry Potter à l'école des sorciers" J.K. Rowling

HP1L'histoire: Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie où une place l'attend depuis toujours. Voler sur des balais, jeter des sorts, combattre les Trolls: Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Mais quel mystère entoure sa naissance et qui est l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom?

La critique nelfesque: Et bien non je n'avais jamais lu "Harry Potter"! Je n'ai jamais vu les films non plus! Et oui, ça existe! La preuve.
J'ai du mal avec l'effet de masse. Voir tout le monde lire le même bouquin dans le métro m'agace, la déferlante sudoku aussi... Mon grand esprit de contradiction me pousse à faire l'inverse de la majorité (quand j'en ai la possibilité). Un jour, je vous raconterai peut être pourquoi je déteste "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain"... "QUOI!???? Tu n'aimes PAS Amélie Poulain!!??" Oui, bon, ça va hein!

Si on ne m'avait pas mis un couteau sous la gorge en me disant "Bon ça suffit, tu vas le lire maintenant!!!", je ne serai sûrement pas là aujourd'hui à critiquer ce livre que tout le monde a lu.
C'est donc avec 10 ans de retard (et oui, ça vous rajeunit pas ça!) que je me suis plongée dans la lecture d'"Harry Potter". Je ne vous cache pas que c'est avec un certain a priori que j'ai commencé ce premier tome mais, au fil des pages, je me suis surprise à aimer l'histoire, les personnages, l'univers et l'écriture de J.K. Rowling. Alors je dois me rendre à l'évidence... Je n'aime pas avoir tort mais... "Harry Potter" semble être une très bonne histoire... (Là je vois déjà Mr K faire la danse de la joie devant le PC)

Plus que l'univers fantasy, ce sont les personnages que j'ai le plus apprécié. On s'attache vraiment à eux et c'est vrai qu'il est plaisant de se dire qu'on va les retrouver au fil des tomes. J'ai particulièrement aimé ceux d'Hagrid et de Neuville, sûrement leur côté paumé attendrissant, derniers de la classe un peu bétas dont il est facile de se moquer...
Ca fait du bien de se dire que certains écrivains peuvent encore donner le goût de la lecture aux enfants, à l'heure des ordinateurs et des consoles dans les chambres. Enfant, on m'aurait mis ce livre dans les mains, j'en aurais fait des insomnies, cachée sous les couvertures à la lueur de la lampe électrique. Il est un peu dommage d'ailleurs d'être "trop grand" quand on lit ce livre car on passe à côté de tout les "si ça se trouve". Combien d'enfants en le lisant ont dû se dire qu'ils étaient peut être des sorciers dans des familles de Moldus et se sont mis à regarder les hiboux différemment!

Je n'ai pas spécialement envie de regarder les films mais une chose est sûre... "Harry Potter" m'a eu!

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lundi 12 octobre 2009

Misère sexuelle textuellement miséreuse

Michel_HouellebecqL'histoire:

"Dès lors qu'une mutation métaphysique s'est produite, elle se développe sans rencontrer de résistance jusqu'à ses conséquences ultimes. (...) Aucune force humaine ne peut interrompre son cours - aucune autre force que l'apparition d'une nouvelle mutation métaphysique".

Les particules élémentaires est la chronique du déclin d'une civilisation -la nôtre-, qu'illustre l'existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition.

Tandis que Bruno s'abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d'être un pitoyable désastre. Ni résigné, ni satisfait, ce dernier chercheur en biologie, reste persuadé que ses travaux seront déterminants pour l'avènement d'une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, et la disparition -enfin!- de l'humanité.

La critique de Mr K:

Que de temps perdu pour un bouquin qui s'apparente plus à l'expulsion forcenée de bile contre ces êtres haïssables que peuvent être les femmes (sic!) et la désagrégation de la société qui a suivi mai 68. Autant le dire de suite, on est face à un bouquin réac de chez réac!

Les femmes ne semblent exister que pour satisfaire les plus bas instincts de l'homme (en témoigne les multiples scènes de fellations et autres masturbations présentes dans l'ouvrage), souvent caricaturales et malmenées rien ne sauve les personnages féminins dans ce récit. Très dérangeant au début, l'ouvrage tombe dans sa deuxième partie dans le voyeurisme gratuit sans concession qui donne quasiment envie de gerber. La chair est triste, purement physionomique, calculée chez Houellebecq. Mais l'Amour alors? Un personnage s'en fiche éperdument préférant l'éclate pure qui au fur et à mesure ne le contente plus et l'autre est bien trop con pour l'attraper quand il est à portée de main. Sans compter les allusions racistes de l'auteur (certains diront que c'est juste les idées évoquées par le personnage...): les noirs ont des organes sexuels proéminents qui en font des bêtes lubriques, les arabes cantonnés dans le rôle du délinquant, une homophobie à peine voilée par moment, les hippies sont tous des feignasses... j'en passe des vertes et des pas mûres.

Au début, je trouvais l'analyse qu'il faisait de l'évolution de la société française dans les années 50 / 60 assez intéressante notamment dans l'évocation de la démocratisation de la chirurgie esthétique, du tout artificiel. Cependant, on tombe vite dans la diatribe anti 68, anti babas responsables selon l'auteur de la décadence (et le mot n'est pas trop fort!) de la société française. C'était bien mieux avant mon cher monsieur! Et Houellebecq de ressortir les bonnes vieilles ficelles bien démagos des portes flingues de l'UMP (Mr Lefebvre en particulier). Puant! Dernier affront, la fin du livre qui est d'un ridicule rarement atteint. Une fin à la SF qui arrive comme un cheveu sur la soupe après une dizaine de pages de simili-explication qui ne fait qu'embrouiller le lecteur. En plus il pompe éhontement sur les théories de Dantec sur les Protohumains (déjà bien fascisantes soit dit au passage).

En lisant quelques critiques sur internet, les avis étaient très tranchés: soit on aime soit on aime pas. Malgré ma nature plutôt conciliante, sur ce livre aucun doute: j'ai détesté. Certes le bonhomme écrit très bien mais les propos sont vraiment dignes du café PMU du coin tendance droite dure, et ce discours là me débecque.

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mercredi 7 octobre 2009

Tag littéraire

livre

Nous avons été taggué par Fée de passage donc comme on est bons élèves, on s'y colle!

1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?
Nelfe: "Misery" de Stephen King. Je devais avoir 12 ans et c'était le début de mes lectures qui font peur. Celui ci m'a bien fait flipper.
Mr K:"Contes et légendes du monde grec et barbare" de Laura Orvieto dans une vieille édition Fernand Nathan héritée de ma grand mère que j'ai dévoré à l'arrière de la caisse de mes padres vers mes huit ans en allant voir mon aïeule dans les Pyrénées! Mon premier contact avec la mythologie, j'ai jamais pu lâcher l'affaire depuis tant au niveau de mon goût pour l'Histoire et les histoires que mon goût pour la lecture. Aaaah! Ulysse, Achille, Priam et consorts!

2. Quel est le chef-d'oeuvre "officiel" qui te gonfle?
Nelfe: "Les confessions" de Rousseau. Obligation de le lire l'année de mon bac français, je ne me suis jamais autant fait chier.
Mr K:"La condition humaine" de Malraux. C'est difficile de faire plus chiant! Je suis sûr qu'il n'y a pas la moitié de ceux qui disent qui l'ont lu qui l'ont vraiment fait!

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu?
Nelfe: Plein! Il en faut un: "Le rouge et le noir" de Stendhal.
Mr K:"Paul et Virginie" de Bernardin de Saint Pierre. Jamais tenté et toujours pas d'ailleurs!

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer?
Nelfe: "Les oiseaux se cachent pour mourir" de Colleen McCullough. Oui, je sais, c'est la honte... Du même acabit: "Nord et Sud" de John Jakes. J'étais jeune quand je les ai lus et ils m'ont laissé un doux souvenir.
Mr K:"Villa vortex" de Maurice G. Dantec éreinté par la critique et considéré comme illisible. J'ai adoré! Je n'ai pas honte par contre et en parcourant ma bibliothèque perso, je n'ai trouvé aucune lecture honteuse (pas de bluette, de série Z...).

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer?
Nelfe: "Mad about the boy" d'Emmanuel Adely. Une longue litanie sans ponctuation, ni point final.
Mr K:"La divine comédie" de Dante. Je connais personne que je fréquente qui l'ait lu en entier et pourtant quel délice! L'amour est éternel tout de même!

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?
Nelfe: "Ensemble c'est tout" de Gavalda pour mettre un peu de baume au coeur à tout le monde.
Mr K:"Les racines du mal" de Maurice G. Dantec, classique des classiques pour moi. Un polar nerveux, bien noir et complètement barré. Ames sensibles s'abstenir!

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le  torturer?
Nelfe: "Le quid" n'importe quelle édition.
Mr K:"Foi et compréhension" de Rudolf Bultmann, une horreur lue du temps de mes études secondaires pour le cours de philosophie. J'ai toujours pas compris le contenu et franchement c'est pas grave, on peut vivre sans!

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire?
Nelfe: Je ne relis jamais des livres déjà lu.
Mr K:"L'écume des jours" de Boris Vian. Du bonheur à tartiner, l'Amour avec un grand A, une écriture qui fond dans la bouche comme un Léonidas, ouaaaah! Je m'y remets de suite!

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?
Nelfe: Alors là, je sèche...
Mr K:"Dracula" de Bram Stocker pour mon côté sombre et clair à la fois... Dure dure cette question...

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes?
Nelfe: "La consolante" d'Anna Gavalda. Je n'ai peut être pas pleurer à chaudes larmes (je suis une dure!) mais il m'a bien retourné. J'avais perdu quelqu'un de très cher peu de temps avant...
Mr K:"Ensemble c'est tout" de Gavalda. Des larmes de bonheur avec la scène finale sur le quai. C'est p'têt con et débile mais ce livre est un véritable bonheur! Il devrait être remboursé par la Sécurité Sociale!

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique?
Nelfe: "Lolita" de Vladimir Nabokov qui est sans doute le seul livre aussi chargé érotiquement que j'ai pu lire.
Mr K:"Emmanuelle" de Emmanuelle Arsan (on est jamais aussi bien servi que par soi-même!). Au delà du caractère érotique efficace (scène dans l'avion), c'est une oeuvre qui pour la première fois a bousculé les repères moraux de la société gaullienne (vendu sous le manteau -oh oh- pendant des années!).

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?
Nelfe: "La bible" car il y a plein d'"histoires" dedans et que, seule, j'aurai besoin de me rapprocher du vieux monsieur en blanc sur son nuage.
Mr K:"L'écume de jours" de Boris Vian, et oui on a le droit de mettre deux fois le même titre!

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience?
Nelfe: Le prochain Grangé! :p
Mr K:"Vélum 2: le livre des heures" de Hal Duncan qui a été "MA claque littéraire" de l'année dernière.

14. Quel est selon toi le film adapté d'un  livre le plus réussi?
Nelfe: "La moustache" réalisé et écrit par Emmanuel Carrère (on est jamais aussi bien servi que par soi même) ou sinon "L'adversaire" de Nicole Garcia tiré du livre d'Emmanuel Carrère (ah ben tiens, encore lui!)
Mr K: "Le festin nu" de Cronenberg issu du livre de Burroughs avec Peter Weller dans le rôle principal (époustouflant!).

Nous passons le relai à Ys et Cachou. Bon courage les filles!

Posté par Nelfe à 19:18 - Des mots sous nos yeux - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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