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L’histoire : J’ai envie de crier, de crier et de pleurer. De pleurer de joie. Mais je ne peux pas. Entre mes larmes, je vais sourire. Et sa mère est là qui me regarde. Ses yeux ne m’ont pas quittée de tout le procès. (…) J’ai seize ans et j’étais accusée d’avoir tué Alex. Son fils. Mon mec.

Le bonheur et la honte après l'annonce de l'acquittement. Mais pour Célia, c'est de sa vie qu'il s'agit. Une vie sans Alex, et pourtant une vie à vivre.

La critique de Mr K : Petite lecture sympathique à défaut d’être transcendante aujourd’hui au programme de la chronique du jour au Capharnaüm éclairé. La Piscine était vide de Gilles Abier fait partie de la collection D’une seule voix de chez Actes sud junior, une série de livres que je découvre depuis plusieurs semaines via mes emprunts au CDI de mon établissement. D’une lecture aisée et rapide (25 min à peine pour moi), dans ce titre, on suit le long monologue d’une jeune fille qui vient d’être acquittée du meurtre de son copain. Partagée entre soulagement et tristesse, elle se livre sans filtre sur une soixantaine de pages.

Très vite, elle revient sur leur rencontre improbable, le coup de foudre qui s’ensuit et le début de leur relation. Classique et efficace, la partie romance fait sourire l’adulte que je suis. À travers ces mots bruts, lâchés tels quels sur ces pages, on entrevoit cette passion soudaine et la puissance qui l’accompagne. Au passage, la jeune fille dessine un portrait cru d’elle-même, fashion victime qui souhaiterait plus tard travailler dans la mode. Cela ne plaît pas à tout le monde, notamment la maman de son mec qui la voit comme une coquille vide indigne d’intérêt.

La narratrice-héroïne revient aussi plus précisément sur la fameuse journée où son copain meurt stupidement en tombant dans la piscine qui donne son nom à l’ouvrage. Par petites touches, au fil du livre, elle apporte des éclairages différents, des détails qui permettent au lecteur de se faire une idée plus précise des faits et la chute (sans mauvais jeu de mot -sic-) viendra cueillir les moins expérimentés des lecteurs, beaucoup moins les autres... Pistes et fausses pistes sont employées de manière conventionnelles mais efficace, sans plus je dirais...

Les personnages par contre sont bien caractérisés, en peu de mots et de pages, on a tout de même affaire à des êtres de chair et de sang qui poursuivent leurs buts respectifs et se révèlent crédibles (mention spéciale à la mère éplorée). Certes ce n’est pas original mais c’est relativement fin et l’ensemble est assez dense. Reste qu’au final, quand on a refermé ce livre, on a l’impression d‘avoir lu un récit certes vif mais un peu creux, commun. À voix haute devant un auditoire, il prendra sans doute plus de densité...