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L’histoire : La petite ville de Promise Falls est sous le choc : les Langley viennent d'être sauvagement assassinés.

Qui pouvait en vouloir à cette famille en apparence tranquille ? Oui a bien pu commettre cet acte aussi barbare que gratuit ? Les rues de cette banlieue réputée paisible sont-elles encore sûres ? Seul témoin du drame : Derek Cutter, dix-sept ans, qui n'aurait jamais dû se trouver là. Alors que tous les regards se tournent vers cet ado déjà connu pour quelques méfaits, Jim Cutter, bien décidé à prouver l'innocence de son fils, va mener sa propre enquête et découvrir que 'certains sont prêt à aller très loin pour préserver les apparences...

La critique de Mr K : C’est en tout début d’année lors d’un chinage de plus que je suis tombé sur Les Voisins d’à côté de Linwood Barclay, un auteur de thriller que j’affectionne tout particulièrement. Même s’il n’a pas inventé l’eau chaude en la matière, il possède une science du récit assez épatante et propose toujours des histoires bien ficelées, qui rendent addict de manière définitive et proposent des heures de plaisir de lecture intense. Ce n’est pas cet ouvrage qui me fera mentir !

Des coups de feu claquent dans la nuit, une famille est exécutée de sang froid dans une banlieue américaine typique. Les Langsley étaient pourtant des gens sans histoires et ce crime épouvantable frappe de plein fouet le voisinage et plus particulièrement leurs voisins immédiats qui habitent dans la même allée. Le fils, Derek était sur place la nuit du crime, caché dans le sous-sol en attendant que les proprios partent pour y faire venir sa petite amie pour une semaine à venir sentant bon la transgression. L’enquête débute, elle piétine même jusqu’au jour où la police découvre que Derek était présent le soir du meurtre, il n’en faut pas moins pour qu’il soit accusé du triple homicide qui a été commis. Jim, le père de Derek ne peut y croire, en parallèle il mène sa propre enquête. Il va tomber de Charybde en Scylla au fur et à mesure qu’il va lever des secrets jusqu’ici bien gardés...

On retrouve tout le talent de Linwood Barclay pour nous immerger dans un quotidien qui bascule dans l’horreur. Au fil des premiers chapitres (après un prélude assez éprouvant où se noue le crime en lui-même), il installe tranquillement ses personnages à force de flashback bien sentis qui posent les bases. Un héros dépassé par les événements mais qui garde son sang froid malgré les fêlures du passé, une épouse qui boit un peut trop et semble cacher des choses, un président d‘université autocentré et désagréable au possible, un flic faussement débonnaire, un maire populiste et très ambitieux et toute une foule de personnages secondaires qui au départ ne sortent pas du lot peuplent ces pages. On n’a finalement en face de nous que des quidams lisses, sans réelle consistance qui mènent leur barque sans faire de vague.

Très vite le vernis des apparences commence à se fissurer. Des découvertes étranges et des révélations vont libérer la parole, précipiter les événements et la réaction en chaîne peut débuter. Prenant de l’ampleur, n’épargnant pas grand monde du casting du livre, les certitudes s’ébranlent sérieusement. Chacun a quelque chose à cacher et contribue à l’édification d’un sac de nœuds difficile à dénouer pour le héros, la police mais aussi le lecteur qui bien des fois voit ses hypothèses réduites à néant au gré d’une phrase bien placée ou d‘une fin de paragraphe qui vient le cueillir sans qu'il s'en aperçoive de prime abord. C’est diaboliquement bien construit et même si on ne tombe pas dans la surenchère d'hémoglobine ou de révélations extraordinaires (les personnages sont tous des gens du commun), ce thriller fait son petit effet, on ne se doute vraiment pas de la résolution de l’énigme et les phases de suspens sont vraiment haletantes.

Très bien écrit dans une langue simple, vive et qui cerne à merveille les enjeux, les personnages et leur psychologie, c’est un régal de se faire balader durant 520 pages. C’est bien simple, on ne les sent pas passer et on en redemande. En période de confinement, c’était plus qu’il n’en faut pour passer un excellent moment. Avis aux amateurs !

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- Cette nuit-là
- Crains le pire