The Last days of American CrimeL’histoire : Marginaux contre État sécuritaire : voici l'histoire du "dernier crime américain !". Le gouvernement des États-Unis a prévenu : dans deux semaines, terrorisme et crime organisé seront éradiqués de la surface du globe. Un laps de temps nécessaire à Graham pour monter le cambriolage du siècle...
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La critique de Mr K : Petite incursion dans la Bdthèque de Nelfe aujourd’hui pour moi avec un triptyque bien hardboiled comme je les aime et que ma douce a bien apprécié en son temps même si elle a totalement oublié d’en faire la chronique ! The Last Days of American Crime de Rick Remender et Greg Tocchini propose un récit enlevé autour d’un casse qui pourrait rapporter gros sous fond de menace terroriste généralisée (médiatisée ?) et de basculement d’une démocratie dans l’autoritarisme. Cela ne vous rappelle rien ?

Graham est un malfrat des plus actifs mais il aimerait bien prendre sa retraite au soleil et donner un semblant d’espoir à sa vieille mère atteinte du syndrome d’Alzheimer. Pour cela, il compte profiter de la suppression par le gouvernement américain du papier-monnaie au profit de cartes chargées par des machines. Justement, Graham a trouvé le moyen d’en dérober une mais il ne peut réaliser ce coup seul, il va faire appel à un couple de jeunes truands dont la très belle Shelby. Commence alors un compte à rebours haletant avec son lot d’imprévus, d’effusion de sang et de punchlines bien senties !

the last days 1

En parallèle, le pays est en ébullition car le gouvernement a décidé de révolutionner la lutte contre le crime face à la recrudescence d’attentats terroristes. Dans quinze jours, un signal sera émis qui agit sur les cerveaux et empêche quiconque de perpétrer volontairement une action illégale. La découverte de cette information sensible par le grand public met le feu aux poudres, des émeutes se déclenchent un peu partout, tout le monde semble vouloir toucher une dernière fois au vertige de la criminalité. L’ambiance est donc électrique et accompagne à merveille le récit principal.

Dans le genre rentre dedans, cette BD fait fort. Ça dépote sévère entre phrasé à la Audiard, bastons d’anthologie et exécutions sommaires graphiques. Les bad guys ont la part belle dans ce récit mené tambour battant, sans temps morts. On ne s‘ennuie pas une seconde et l’on se demande bien où tout cela va nous mener. Polar bien noir sur-vitaminé, volontiers anarchiste par moment (yes !), on prend une belle claque et mêmes si certains arcs narratifs sont attendus / prévisibles, les auteurs nous réservent de belles surprises et ça part parfois dans tous les sens. Dans le genre hardboiled, ça se pose là et l’ensemble est délectable à souhait si on est amateur. Les âmes sensibles passeront leur chemin par contre...

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Bien qu’ils soient tous repoussoirs, on apprécie beaucoup les personnages hauts en couleur qui peuplent ces pages. Tensions intérieures, trajectoires de vie tendues, relations complexes sont au menu avec parfois au détour de quelques planches, un espoir, une petite touche de douceur... jamais trop longue tout de même car un lourd fatum plombe tous les protagonistes et va faire le tri au fil des pages.

Ce triptyque est aussi un très bel objet en soi, de toute beauté, le style explosif et coloré fait merveille, sort de l’ordinaire pour un néo polar qui fera date et propose une expérience extrême. À découvrir au plus vite pour tous les amateurs du genre !