lundi 7 octobre 2019

"Ad astra" de James Gray

ad astra afficheL'histoire : L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

La critique Nelfesque : Passe de deux ce soir avec de nouveau Brad Pitt au premier rang, après "Once Upon a Time... in Hollywood" de Quentin Tarantino vu au cinéma le mois dernier. Avec "Ad astra", on le retrouve, dans un futur proche, dans la peau d'un astronaute. La date n'est jamais évoquée mais il est fort probable que nous nous situions ici aux alentours de 2100. Roy McBride est un caïd dans sa discipline. Reconnu et respecté pour ses précédentes missions et sa personnalité, il va se voir confier une tâche particulièrement éprouvante et dangereuse.

Des phénomènes magnétiques importants sont de plus en plus comptabilisés à la surface de la Terre et dans l'espace. Provoquant d'importants dégâts, il est urgent de les faire cesser. Pour ce faire, il n'y a pas d'autre solution qu'envoyer une expédition dans l'espace afin d'en neutraliser la cause. Celle-ci est connue puisque les signaux viennent de la base la plus reculée de la galaxie, celle pour laquelle le père de Roy a pris le départ lorsqu'il était jeune et dont il n'est jamais revenu. Déclaré mort, personne n'a jusqu'alors pris sa suite et plus aucun contact n'est aujourd'hui établi entre cette base et le commandement sur Terre.

Ad astra 1

Roy McBride va alors être appelé pour tenter l'impossible et entrer en contact avec cette base. Peut-être y retrouvera-t-il son père, peut-être ne la rejoindra-t-il jamais, toujours est-il qu'en l'état actuel, si rien n'est tenté, la Terre et l'Homme sont voués à leur perte.

Ne vous attendez pas à voir un film catastrophe en allant voir "Ad astra". Malgré l'urgence de la situation, le film est lent mais les rares scènes de suspens sont assez efficaces. En revanche, ce long métrage est beau et si vous aimez les histoires se déroulant dans l'espace, les plans risquent de vous plaire grandement. Pour ma part, je l'ai plus vu comme un objet visuel que comme un film qui laissera en moi une trace indélébile.

Ad astra 4

En effet, contre toute attente et malgré un pitch allant en ce sens, je n'ai à aucun moment été touchée. J'ai trouvé l'ensemble bien lisse et assez fade côté sentiments. Je n'ai pas accroché aux questionnements de Roy, je n'ai pas été émue par les différentes étapes le menant à cette base si lointaine. Pour le dire clairement, je me fichais un peu de savoir si il retrouverait son père, si il arriverait à endiguer la catastrophe annoncer ou même si psychologiquement il en ressortirait indemne. Je ne saurais véritablement pointer du doigt la cause de cette indifférence (peut-être le ton monocorde de Brad Pitt et sa gestion des sentiments inhérente à sa fonction) mais on est ici bien loin d'un film tel que "Interstellar" de Christopher Nolan ou encore "Premier contact" de Denis Villeneuve. Il faut dire aussi que côté réalisateur, on ne joue pas non plus dans la même cour (tout cela étant évidemment une question de goût, bien entendu).

Pour autant, je ne me suis pas ennuyée, "Ad astra" étant un film facile à regarder avec des acteurs qui jouent très bien. Il n'y a pas de parti pris fort dans le choix de la réalisation ou de la narration et on passe un moment agréable tout de même. Ce n'est malheureusement pas l'idée que je m'étais faite en allant voir ce film, ayant en tête des références bien plus marquantes. A voir donc par un après-midi pluvieux, pour passer le temps...

Ad astra 3

La critique de Mr K : 4/6. Nous sommes donc allés voir le dernier James Gray qui s’offre avec Ad Astra une incursion dans le monde de la SF intimiste avec en star principale un Brad Pitt toujours aussi magnétique. Un réalisateur que j’adore, un acteur que j’admire énormément... Tout était réuni pour une séance dantesque, finalement je n’aurais vu qu’un bon film qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

De mystérieuses ondes magnétiques font des ravages sur Terre et elles auraient pour origine une expédition ancienne menée aux confins du système solaire par le père du héros porté disparu depuis. On charge Brad Pitt d’aller sur Mars pour essayer de contacter le paternel qui serait devenu fou. Entre un voyage éprouvant avec son lot d’impondérables, les questions existentielles qui l’assaillent dans la perspective de revoir son géniteur et le face à face tant attendu, on peut dire que Gray ne ménage pas son personnage principal.

Ad astra 5

Le film au niveau de la technique est sublime. Les images et plans sont léchés mais ce n’est pas étonnant quand on connaît l’esthète aux manettes, on a le droit à de très belles images des astres croisés par le héros, de beaux plans sur les vaisseaux empruntés et des scènes d’action bien menées même si comme je le dirai plus tard, je m’interroge encore sur leur utilité. Ce qui m’a encore plus bluffé que le visuel, c’est le score du film. La musique est vraiment à tomber par terre et accompagne merveilleusement bien cette odyssée intimiste.

Ad Astra doit aussi beaucoup à son interprète principal. Brad Pitt est impeccable comme toujours et il porte le métrage sur ses épaules. Il campe un astronaute maître de lui-même en toute situation (superbe scène d’introduction) mais qui commence à être soumis à une pression inhabituelle pour lui l’homme de glace qui contrôle tout. Il pourrait revoir un père parti depuis plusieurs décennies pour un voyage exploratoire, lui le héros d’une nation dont le travail prime sur la vie privée. Au fil du voyage qui le rapproche de son père, Brad s’interroge sur lui, sa relation avec un père absent et finalement sur le sens global de tout cela, notamment les objectifs cachés par l’agence spatiale qui lui a demandé d’essayer de retrouver son père (Tommy Lee Jones pas mal du tout).

Ad astra 2

Au détour du déroulé de la trame, certains détails et évocations marquent l’engagement du réalisateur avec une dénonciation à peine voilée de la société de consommation qui s‘installe sur les bases lunaire ou encore la reprise des hostilités entre grandes puissances pour la recherche de ressources (l’histoire se répète encore et toujours). Le film en lui-même s’apparente tout de même plus à un voyage initiatique dans l’intimité d’un homme qui réfléchit sur lui, ses liens biaisés avec sa femme (Liv Tyler toujours aussi quiche) et le sens qu’il veut donner à son existence.

Mais voila, l’équilibre n’est pas trouvé. On monte en pression en terme d’enjeux personnels pour le héros mais finalement le scénario accouche d’une souris. La confrontation attendue ne donne vraiment pas le résultat escompté et fait tomber à plat les attentes légitimes du spectateur. On est bien loin de la puissance évocatrice et réflexive d’œuvres comme Interstellar de Nolan, Premier contact de Villeneuve ou encore l’indépassable 2011 L’Odyssée de l’espace de Kubrick. Les scènes d’action ne m’ont pas paru utiles si ce n’est pour meubler un récit lent et accrocher au passage les plus jeunes. Bref, ça sonne un peu creux.

Reste un film quand même bourré de qualités et qui est un beau spectacle à voir en salle. Et puis, il y a Brad...

Posté par Nelfe à 17:42 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,