Us afficheL'histoire : De retour dans sa maison d’enfance, à Santa Cruz sur la côte Californienne, Adelaïde Wilson a décidé de passer des vacances de rêves avec son mari Gabe et leurs deux enfants : Zora et Jason. Un traumatisme aussi mystérieux qu’irrésolu refait surface suite à une série d’étranges coïncidences qui déclenchent la paranoïa de cette mère de famille de plus en plus persuadée qu’un terrible malheur va s’abattre sur ceux qu’elle aime. Après une journée tendue à la plage avec leurs amis les Tyler, les Wilson rentrent enfin à la maison où ils découvrent quatre personnes se tenant la main dans leur allée. Ils vont alors affronter le plus terrifiant et inattendu des adversaires : leurs propres doubles.

La critique Nelfesque : Tension est le mot qui me vient lorsque je me remémore le visionnage de ce film que nous avons été voir en salle lors de sa sortie. Après avoir aimé le précédent long métrage du réalisateur, "Get out", c'est tout naturellement que nous avons décidé d'aller voir cette nouvelle production. Ici, il est encore une fois question d'identité mais les problématiques et le ton sont différents.

Un malaise plane sur la vie d'Adélaïde, cette femme qui enfant a vécu un événement traumatisant, et ensuite tu, lors d'un séjour à Santa Cruz. Aujourd'hui mariée et mère de deux enfants, elle revit cette angoisse à l'approche des lieux de son traumatisme. L'angoisse va aller crescendo et se révéler fondée. Que s'est-il réellement passé dans cette fête foraine de son enfance ? Quel jeu se rejoue aujourd'hui dans la maison de son enfance ? Et qui sont ces gens qui au beau milieu de la nuit vont les prendre pour cible ?

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"Us" n'est pas un film comme les autre, un énième film d'horreur cliché jouant sur le jump scare jusqu'à la nausée. "Us" est fin, intelligent, angoissant. Il prend le spectateur en otage, lui faisant se poser mille et une questions. Bien plus qu'un simple home invasion, ce film joue sur les ambiances. On ne saute pas littéralement de peur dans nos sièges mais la tension nous prend aux tripes.

Imaginez voir apparaître chez vous, dans votre maison de vacances, des gens vous ressemblant étrangement mais présentant des troubles certains. Ces personnes vous attaquent, sans dire un mot, se comportent d'une façon qui n'est pas naturelle et semblent vouloir vous faire du mal. La situation est incompréhensible, la peur surgit. On est ici dans l'étrange, l'inconnu et la peur de cet autre qui pourrait être nous.

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Et c'est dans la seconde partie du film que "Us" dévoile tout son intérêt. Lorsque l'on commence à comprendre qui sont ces gens, pourquoi ils sont là et surtout d'où ils viennent. Je n'en dirai pas beaucoup plus pour ne pas dévoiler l'intrigue mais sachez que vous allez alors avoir affaire à des scènes en miroir superbement construites et brillamment orchestrées. La photographie est bluffante, l'idée fait froid dans le dos et les acteurs sont bluffants. Quant à la bande son, elle accompagne avec brio l'image. Loin de la caricature et de la facilité, Jordan Peele nous livre ici un long métrage qui marque l'histoire du film de genre. Un film bien plus intelligent qu'il n'y parait et qui hantera longtemps votre esprit.

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La critique de Mr K : 6/6. Sacrée claque à nouveau avec ce réalisateur qui décidément renouvelle bien le film de genre avec chacun de ses films successifs. Get out m’avait bien plu (surtout la première partie) et réussissait le tour de force de conjuguer bon film d’horreur avec satire sociale féroce. Jordan Peele remet le couvert avec Us qui met une famille américaine black aux prises avec des doubles mal-intentionnés auxquels ils vont devoir échapper.

La première partie du film s’apparente clairement à un Home invasion. On commence par une vingtaine de minutes où le spectateur découvre une petite famille qui part en vacance dans la résidence de vacances familiale. Sans clichés et plutôt bien ficelée, la caractérisation nous présente un papa très cool, une maman un peu flippée à l’idée de revenir sur les lieux d’un drame qu’elle a vécu gamine (scène d’introduction terrible) et deux enfants qui se chamaillent mais s’aiment beaucoup. On les apprécie, on aime le ton léger qui se dégage des dialogues, des situations. Bref, on les aime bien ! Mais voila que pendant la première nuit, une étrange famille apparaît dans le jardin et commence à les séquestrer. Tension psychologique, courses poursuites avec effets de scare jump… on est dans le classique. C’est efficace mais au final ça ne casse pas des briques.

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Lorsque l’action finit par changer de lieu (difficile de ne pas spoiler, mais rassurez vous ce sera le cas jusqu’au terme de cette chronique), le film prend une toute autre dimension. Derrière une histoire qui pourrait s’apparenter au thème classique de maniaques attaquant des innocents ou une énième variation autour du doppelgänger se cache un film drôlement malin qui va très loin dans les révélations successives. Derrière des détails qui paraissaient au départ anodins, il y a une vérité terrifiante à laquelle vont être confrontés les héros. Le film reste axé film de genre mais en filigrane on devine un certain nombre de thématiques très contemporaines liées aux USA. Jordan Peele n’a pas pu s’empêcher de traiter en parallèle la césure qui existe dans nos sociétés avec les notions d’exploitation et d‘individualisme, la déshumanisation du monde du travail notamment ou encore le consumérisme excessif (compétition savoureuse entre les deux amis pères de famille).

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Je n’en dirai pas plus sur le contenu, attendez-vous simplement à une surprise de taille et à un film finalement très dense sous ses aspects de slasher basique. Remarquablement réalisé avec des plans inventifs, une photo superbe (le même responsable que le cultissime It follow), une musique splendide qui trotte longtemps dans l’esprit du spectateur, un scénario retors et un switch final plus que génial, des acteurs au diapason avec notamment une Lupita Nyong’o au charme magnétique, ce film est un petit bijou d’inventivité et d’intelligence. Seul bémol, je n’ai pas vraiment eu peur une seule fois mais l’ambiance glauque et le background sont assez flippant dans leurs implications. Du bon et du grand cinéma comme on aimerait en voir plus souvent !