mercredi 10 avril 2019

"La Dernière chasse" de Jean-Christophe Grangé

La Dernière chasseL'histoire : En Forêt-Noire, la dernière chasse a commencé...
Et quand l’hallali sonnera, la bête immonde ne sera pas celle qu’on croit.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouveau Grangé ! Joie et bonheur ! (oui je sais, je commence toute mes chroniques de Grangé sensiblement de la même façon mais que voulez-vous quand on aime un auteur, chaque nouvelle parution est une joie immense !)

Vous trouvez la quatrième de couverture énigmatique ? C'est une habitude avec les romans brochés de cet auteur. Pour ma part, je l'ai déjà dit, l'histoire m'importe peu quand un de ses romans sort en librairie : je me le procure tout de suite. "La Dernière chasse" sort aujourd'hui et j'ai la chance de ne pas avoir eu à camper devant la boutique ce matin puisque j'ai lu les épreuves non corrigées il y a déjà quelques semaines. J'étais comme une dingue, j'ai laissé tout en plan et me suis plongée dans ce roman sans en savoir grand chose. Depuis, j'attendais avec impatience le jour J pour pouvoir vous en parler ! Un conseil : n'attendez pas une seconde et courez en librairie !

On retrouve ici Pierre Niémans, dont le nom devrait vous dire quelque chose si vous êtes adepte des écrits de Jean-Christophe Grangé puisque c'est ce même Pierre Niémans qui enquête dans "Les Rivières pourpres". Les fans apprécieront ! Pas de panique en revanche si vous ne l'avez pas lu (qu'est-ce que vous attendez ?) puisqu'il ne s'agit pas ici d'une suite. Pierre a pas mal bourlingué depuis sa dernière aventure (il faut dire aussi que "Les Rivières pourpres" datent de 1998 !) et se retrouve aujourd'hui en binôme avec Yvana Bogdanovic, une de ses anciennes élèves à l'Ecole nationale supérieure de la police de Cannes-Ecluse. Le coup de foudre professionnel fut immédiat et lorsque Pierre est sorti de sa "retraite de terrain" et appelé pour constituer un Office central, unité spéciale et officieuse permettant d'aider les équipes de gendarmes pataugeant dans leurs enquêtes mettant souvent en scène des crimes sordides, Pierre rempile avec sa petite protégée. Ces deux là se ressemblent, se comprennent sans se parler, se respectent et, avouons-le, sont tout aussi branques l'un que l'autre.

Le roman débute très vite après la constitution de ce nouveau "bureau", en les envoyant sur une enquête pour le moins délicate et mystérieuse. Les voici en route pour l'Allemagne, la Forêt-Noire plus précisément, où un riche notable vient d'être assassiné sur ses terres. Au coeur d'une de ses forêts, s'étendant jusqu'en Alsace, ce dernier a été retrouvé complètement nu, décapité, castré et éviscéré. Aucune trace de lutte ou d'indice à proximité. Côté français, on piétine, côté allemand, la police prend des gants avec cette famille au bras long. Page 20, l'enquête débute. On ne perd pas de temps avec Grangé ! A partir de là, le rythme va s'accélérer de plus en plus jusqu'à la révélation finale.

On retrouve ici tous les ingrédients inhérent au genre et si bien maîtrisés par le Maître du thriller. C'est bien construit, le suspens est dosé comme il faut et l'écriture est nerveuse. On ne s'ennuie pas une seconde, le rythme est effréné, les chapitres s'enchainent. Le style Grangé fait une fois de plus mouche en alliant suspens, petits détails importants et personnages forts. Pierre Niémans est un gros nerveux qui a pris du plomb dans l'aile et montre ici quelques faiblesses. Yvana suit ses traces et se révèle être ici une adjointe précieuse. Quant aux autres personnages, on navigue entre officiers allemands très sûrs d'eux et soucieux des procédures et un entourage de la victime froid et déconnecté, la famille Geyersberg pesant plus de 10 milliards de dollars.

Dans ce roman, Grangé se focalise sur le milieu de la chasse (d'où le titre du roman). On en apprend donc beaucoup sur les différentes techniques et bien que personnellement je ne goûte guère à l'exercice, je dois dire que ce fut passionnant. Grangé a le talent d'intéresser ses lecteurs à n'importe quel sujet tant il va au bout des choses et se documente énormément avant chaque écriture de roman. On se retrouve donc avec un thriller qui tient de bout en bout et qui intégre avec brio des éléments qui jusqu'alors nous étaient inconnus.

L'écriture d'un bon thriller est un exercice loin d'être simple. Même si certaines recettes peuvent être utilisées pour tenir en haleine le lecteur, seuls les auteurs capables de le passionner ainsi sortent leur épingle du jeu. Grangé est un grand ! Définitivement le plus grand ! Et "La Dernière chasse" est un excellent opus qui ravira autant les adeptes de la première heure que les amateurs de thrillers solides.

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "La Terre des morts"
- "Congo Requiem"
- "Lontano"
- "Kaïken"
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"

Posté par Nelfe à 18:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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