samedi 13 octobre 2018

"Le Monde de la mort" de Harry Harrison

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L'histoire : Joueur professionnel, Jason ne se sent vivre que dans le défi. Alors, quand on lui offre de gagner aux dés trois mille millions d'unités galactiques, il ne résiste pas. Qu'importe si la partie achevée - qu'elle soit gagnée ou perdue - sa vie doit être en danger...

Il gagne et relève aussitôt un nouveau défi : affronter la planète Pyrrus, appelée aussi le Monde de la Mort.

Tout sur Pyrrus est hostile à l'homme : la plus délicate des fleurs est poison, les cailloux sont meurtriers, chaque insecte est mortel. Et dès l'âge de six ans les enfants sont adultes, prêts au combat. Les autres ont été éliminés.

Pour Jason, c'est la plus formidable partie de sa carrière : il joue sa vie contre le sort de toute une planète.

La critique de Mr K : Avant cette lecture, je n'avais jamais pratiqué Harry Harrison, un des pionniers de la SF des sixties à qui l'on doit le roman originel qui donne le cultissime film Soleil Vert. Réparation est faite aujourd'hui avec ma découverte du jour : Le Monde de la mort. Ne vous fiez pas à la couverture qui verse plutôt dans la fantasy cheap, on est ici dans un roman de SF pur jus, dans la tradition pulp de l'époque de son écriture : aventure, suspens et tensions sont au programme d'un bouquin qui à défaut de révolutionner le genre a le mérite de tenir son lecteur en haleine.

Jason dinAlt navigue dans les traces d'un Han Solo: gentil vaurien et joueur professionnel, il gagne sa vie au dépend des autres et s'éloigne vite et loin du théâtre de ses opérations frauduleuses. La roue tourne quand il est chargé par un représentant de la planète Pyrrus de gagner une importante somme au jeu. Vainqueur, il se retrouve embarqué sur le vaisseau de son commanditaire et va se retrouver sur Pyrrus (aka Le monde de la mort), sur une planète plus qu'inhospitalière où deux factions rivales se tirent la bourre et où toutes les espèces végétales et animales peuvent se révéler mortelles pour l'homme. Jouant plus d'une fois avec sa vie, notre héros va aller de découvertes en révélations et finir par laisser de côté son intérêt particulier pour une cause plus vaste et plus noble.

Comme évoqué précédemment, pas de grosses surprises dans ce livre. Ainsi les personnages sont plutôt stéréotypés avec notamment un héros bien décalé comme on les aime à qui rien ne semble pouvoir arriver. Malin, obstiné mais aussi parfois pris de doute, on aime à suivre ses aventures et il va en connaître un certain nombre ici, de celles qui remettent parfois en cause une vie entière. Très vite isolé sur un monde hostile, il va devoir composer avec les mœurs étrange de ce monde perdu au milieu de nulle part où seule la notion de survie compte. Le déroulé de la trame principale est vraiment classique (pas de grosse révélation incroyable et bluffante) mais le cahier des charges est rempli avec des péripéties nombreuses et des twists pas dénués d'intérêt. Certains personnages secondaires (dont Kerk et Méta) relèvent l'ensemble grâce à des trajectoires individuelles bien différentes de ce que l'on pressentait pour eux, leurs caractères affirmés, leur antagonisme avec le héros (puis les éventuels rapprochements) donnent une saveur particulière à certains passages qui en deviennent délectables à souhait.

Ce que j'ai vraiment préféré dans ce livre, c'est plus le background, le contexte de cette planète hostile qui semble presque douée d'une conscience. Plutôt avare en descriptions longues (elles n'excèdent jamais les dix lignes), peu à peu, par couches successives, on se fait une idée plus précise de Pyrrus avec ses villes surprotégées, ses jungles impénétrables où vivent d'étranges tribus, ses insectes dont la moindre piqûre est fatale, ses animaux sauvages aussi féroces qu'exotiques. On pénètre vraiment dans un monde nouveau, interlope où toutes les règles sont remises à plat et où le chasseur peut devenir chassé suite à n'importe quel coup du sort. J'ai aimé cette ambiance glauque, de celles qui font naître une certaine paranoïa chez le lecteur / le héros et qui poussent l'imagination vers une sensation de danger imminent. Mission réussie en terme de suspens !

En ce qui concerne l'écriture pure, on ne tombe pas dans le génie. C'est plutôt commun et pas transcendant. Pour autant, l'auteur fait le job, maîtrise la construction de son récit et nous offre même quelques passages de bravoure. On est donc loin d'être face à un chef d’œuvre mais bel et bien devant une authentique série B littéraire qui fera son office pour quelques heures d'évasion fort sympathiques. Avis aux amateurs !

Posté par Mr K à 17:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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