petit traitéL'histoire : Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade aussi les monuments à mains nues.
Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes.
Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

La critique Nelfesque : Sylvain Tesson est quelqu'un que j'aime beaucoup. Autant pour ses écrits, ses réflexions, ses essais, son travail d'écrivain que pour l'homme qu'il est tout simplement. Il m'apaise, me donne à réfléchir et ses phrases résonnent incroyablement en moi.

Le lire n'est pas forcément chose aisée. Il est fortement conseillé de se poser, de se préparer à un moment d'introspection quand on ouvre un livre de cet auteur. Parfois, j'ai besoin de relire ses phrases plusieurs fois pour m'en imprégner, chacune étant fortement travaillée, mais ce qu'il dit est d'une telle justesse... Sylvain Tesson n'est pas homme à livrer ses sentiments de façons brutes et certains trouveront que cela manque de spontanéité. Ce n'est pas faux. Cependant, pour qui adhère à sa plume et à sa façon de voir les choses, il va directement à l'âme du lecteur. Personnellement, ça me touche et je n'aborde pas cet auteur comme n'importe quel autre. Il a vraiment une place à part. Je ressors de ses écrits un peu moins con qu'avant (c'est déjà pas mal), en entamant ou poursuivant une réflexion qui a du sens.

Bon mais trêve de blabla, parlons un peu de ce "Petit traité sur l'immensité du monde".

Comme toujours, les propos de Tesson sont ici très justes. Il nous livre ses pensées sur ses voyages, ses marches, son rapport à la nature. L'ouvrage est court (166 pages seulement) et on aborde différents types d'errance. Chaque chapitre traite une réflexion, revient sur une expérience, tire des leçons et on avance pas à pas. Déconcertant par moment car différent des autres ouvrages que j'ai pu lire de Tesson, ici on survole plus les choses. Cela est dû au format court et à une approche qui fait plus penser à la nouvelle qu'à l'ouvrage que l'on dévore de bout en bout. A déguster donc, en livre de chevet, un peu comme un ouvrage de développement personnel qui aide à y voir plus clair. Les propos perdent de leur impact si on lit avidement les chapitres les uns après les autres, nous noyant quelque peu dans des expériences sans lien apparent, si ce n'est ce besoin de vivre d'une façon opposée à la politique libérale et le monde capitaliste et consumériste que l'on nous sert chaque jour jusqu'à la nausée.

Voilà ce qu'est le "Petit traité sur l'immensité du monde" de Sylvain Tesson. Une marche à contre-courant de l'urbanisation quasi omniprésente, de l'asphalte et du béton. Une ode à la découverte, à la marche, à la connexion ou la reconnexion à la nature et à ce que nous sommes vraiment. Certains choisissent de partir sur les routes pour comprendre ce qui leur échappe, retrouver leur élément. Comme ce fut le cas par le passé avec les grandes découvertes et les expéditions vers l'inconnu. Tesson nous livre ici un essai d'une grande poésie à travers les grandes étendues sauvages, au sommet d'un arbre ou d'une cathédrale. Toujours en fuite et en quête. Un état d'esprit.

Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu cet ouvrage dans le cadre du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".