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L'histoire : Lorsque Dirk T'Larien reçoit le joyau-qui-murmure, des souvenirs douloureux et profondément enfouis reviennent à la surface, réveillant d'anciennes cicatrices : pourquoi Gwen, son amour perdu, fait-elle appel à lui de cette manière ? Pourquoi si longtemps après leur rupture ?

A l'idée qu'il existe une possibilité de renouer les liens avec celle qu'il a tant aimée, Dirk n'hésite plus et embarque dans le premier vaisseau interstellaire : direction Worlorn ! Worlorn, planète-festival maintenant à l'abandon, cadre baroque et décadent condamné à l'extinction.

Sur cette planète qui se meurt, Dirk tentera de raviver la flamme de Gwen et devra, pour cela, l'arracher aux Kavalars, un peuple violent régi par un code d'honneur chevaleresque... et mortel.

La critique de Mr K : George R. R. Martin est un de mes auteurs préférés en fantasy, son cycle du Trône de fer est fameux quoique encore incomplet à mon plus grand désespoir. Histoire de me faire patienter (le bonhomme est connu pour sa lenteur à écrire), je me rabats à l'occasion sur des œuvres de jeunesse, époque où il œuvrait davantage dans le domaine de la SF. L'Agonie de la lumière faisait partie de ma PAL depuis trop longtemps, le tort est désormais réparé même si je dois avouer que cette lecture m'a laissé un sentiment mitigé...

Dirk T'Larien notre héros voit sa vie basculer lorsqu'il reçoit un objet-message de son ancienne amante, Gwen. Jamais vraiment guéri de cette séparation douloureuse, menant une vie solitaire, il n'hésite pas une seconde à la rejoindre sur la planète Worlorn où elle appartient désormais au clan des Kavalars, un peuple aux coutumes moyenâgeuses où l'honneur prime sur tous le reste et où les rapports entre individus sont réglés de manière stricte voire autoritaire (le personnage de Sheldon Cooper de Big bang theory adorerait !). Débarquant de nulle part, Dirk va se révéler très vite comme un grain de sable fort gênant et va réveiller des sentiments enfouis depuis longtemps chez Gwen. De fil en aiguille, la situation dérape entre désirs, trahisons, découverte d'un monde au bord du gouffre et chasse à l'homme impitoyable.

Il n'y a pas à dire, on reconnaît de suite la patte du maître dans sa manière d'appréhender ses univers, à la fois complexes, vastes, maîtrisés et très bien pensés. Peut-être même trop ici, ce qui pose un sérieux problème de rythme. L'action réelle avec des enjeux puissants ne démarre vraiment qu'à une centaine de pages et encore, par la suite, régulièrement l'auteur pose encore des jalons qui bien qu'éclairants ralentissent le récit et l'embourbent parfois dans des pistes certes intéressantes mais pesantes. Alors oui, le monde Worlorn, monde vagabond au bord de la destruction est saisissant voir vertigineux, on se plaît à en explorer les extérieurs grandioses, les calculs politiques en jeu, les cités abandonnées auto-suffisantes et les mœurs de ses habitants. Mais on a parfois plus l'impression de lire un atlas historique qu'autre chose. Je suis assez amateur de ce genre de lecture mais pas sûr que cela plaise à tout le monde !

Mis à part ce souci, le reste est de bonne teneur avec des personnages nuancés et notamment un héros pas si attachant que ça. Engoncé dans ses certitudes, il ne va pas être au bout de ses surprises avec une Gwen changée et emprisonnée par son nouveau statut, une planète aux mœurs étranges où il a bien du mal à se situer et surtout à se comporter. Finalement, c'est un amour insaisissable qui va lui jouer bien des tours, mettant sa vie clairement en danger. Comme souvent avec cet auteur, mieux vaut ne pas trop s'attacher aux êtres qui peuplent ses pages, on ne navigue pas vraiment dans l'optimisme et les traîtrises-révélations s’enchaînent. Bon, je dois avouer que certaines ficelles sont assez grosses et que j'ai vu venir de loin certaines péripéties mais le plaisir de lire s'est révélé quasiment constant (hormis les problème de rythme cités auparavant).

Au final, un ouvrage un peu en dessous de la production habituelle de George R. R. Martin mais un bon ouvrage tout de même. Bien mené, distrayant et d'une grande profondeur, L'Agonie de la lumière est cependant à réserver aux fans du maître ou de ce genre de SF car certaines lourdeurs pourraient émousser l'enthousiasme des lecteurs novices ou non amateurs du Trône de fer car il faut l'aimer le George pour apprécier cet ouvrage. À bon entendeur !

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