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Le Capharnaüm Éclairé
13 septembre 2018

"Les Fantômes de Manhattan" de R. J. Ellory

 

L'histoire : Annie O'Neill tient une petite librairie en plein coeur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu'elle. Un nommé Forrester entre un jour dans sa boutique et se présente comme un très bon ami de ses parents, qu'elle n'a pratiquement pas connus. Il est venu lui apporter un manuscrit, l'histoire d'un jeune rescapé de l'Holocauste, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, avant de devenir une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport y a-t-il entre cette histoire et la famille d'Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu'elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu'elle a pu imaginer.

 

La critique Nelfesque : Je suis une inconditionnelle de R. J. Ellory. A chaque nouvelle sortie de roman, je me jette dessus, sans même lire la 4ème de couverture. Ça ne m'arrive pas pour beaucoup d'auteurs, croyez-moi (en fait il n'y en a que 2). C'est ainsi que j'ai débuté la lecture de ces "Fantômes de Manhattan". D'ordinaire très enthousiaste une fois un roman d'Ellory terminé, je suis ici plus mitigée et je m'en vais vous expliquer pourquoi.

 

Annie est une jeune libraire. Sa vie, c'est sa boutique. Elle n'a pas d'amis, si ce n'est ce vieil alcoolique, ancien vétéran de l'armée américaine qui ne cesse de rabâcher ses faits de guerre et les traumatismes qui vont avec. Elle n'a pas de vie amoureuse et sexuelle non plus, elle n'a pas vraiment la tête à ça, elle est un peu psychorigide. Non, sa vie c'est sa librairie, ses vieux bouquins dont elle s'entoure et même si sa petite entreprise connaît la crise faute de clients (et d'horaires fixes (elle fait un peu ce qu'elle veut Annie, elle est un peu dilettante, elle vit la vie comme elle vient)), elle ne met pas l'énergie nécessaire pour que les choses changent et s'en accommodent.

 

Jusqu'au jour où un étrange bonhomme rentre dans sa librairie. Forrester, un vieux monsieur, très propre sur lui, très poli, veut poursuivre le club de lecture qu'il avait initier avec le père d'Annie, père qu'elle n'a jamais connu. Cela la questionne, la bouleverse et ces futurs rendez-vous du lundi où un nouveau chapitre de roman lui est remis par Forrester sont une bulle d'air nécessaire à la poursuite de sa vie. C'est quasiment au même moment que Sullivan, le voisin, lui lance un pari, celui qui consiste à s'arréter de boire si elle s'envoie enfin en l'air et profite de la vie.

 

C'est ainsi que "Les Fantômes de Manhattan" prend deux chemins différents et qu'Ellory alterne entre les moments de lecture d'Annie et sa vie amoureuse. Étonnant et déroutant, c'est comme si nous avions alternativement deux romans différents entre les mains.

 

Celui de ses lectures, la partie "roman" dans le roman est une histoire poisseuse qui tient en haleine. On suit Harry Rose de son enfance dans les camps de concentration en Allemagne (vous connaissez ma passion pour la Seconde Guerre Mondiale) à sa montée en puissance dans le domaine du banditisme à NY. C'est passionnant et digne d'un roman noir. Les personnages sont incroyables, l'histoire est pleine de rebondissements et l'ambiance du New-York des années 50/60 palpable. Les images se superposent dans nos têtes, on se croirait dans un film de mafieux, "Les Affranchis", "Le Parrain", tous ces films inégalables sur le sujet qui nous ont laissé un souvenir impérissable.

 

Puis vient s'ajouter les passages "feel good" qui de mon côté n'ont eu d'intérêt que pour prolonger le plaisir et me donner envie de revenir à l'histoire de Harry. C'est un peu cucul et ce n'est pas le genre d'histoire que je prends plaisir à lire. Agacée au début par ce choix, j'ai eu la bonne surprise de constater que tout cela prenait de l'épaisseur au fil des pages (ouf, tout n'est pas perdu). Annie se dévoile, on voit arriver les choses bien avant elle (elle est un peu naïve l'Annie !) mais ce personnage est intéressant à voir évoluer, encore plus celui de Sullivan qui est émouvant dans son combat contre l'alcool et ses vieux démons et touchant par ses relations avec Annie.

 

Bien entendu, tout cela va se rejoindre à un moment donné et va prendre sens. On comprend alors pourquoi l'auteur a fait cohabiter un scénario de polar avec une histoire à l'eau de rose. Ce n'est pas ma came et finalement Annie, bien que centrale dans l'histoire, est sans doute le personnage qui m'a le moins touchée mais le procédé est original. On ne lit pas ça tous les jours !

 

"Les Fantômes de Manhattan" n'est pas le meilleur roman d'Ellory mais c'est toujours un plaisir de retrouver cet auteur ne serait ce "que" pour son style. Le "roman" dans le roman est vraiment empreint de sa patte et se déguste avec plaisir et envie. Je me serai bien contentée juste de cela mais ça aurait été me priver d'un final magistral où vengeance et rancoeur se côtoient et où les plus belles histoires s'écrivent dans la souffrance. Un roman très cinématographique.

 

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"
- "Mauvaise étoile"
- "Les Neuf cercles"
- "Papillon de nuit"
- "Les Assassins"
- "Un Coeur sombre"

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Commentaires
J
Hello, et merci de m'avoir répondu. très sympa<br /> <br /> J'y ai depuis réfléchi et je suppose que lors de leur dernière rencontre, juste avant le casse qui a "foiré", Harry a annoncé à Forrester qu'il s'appelait Fannk O Neil depuis qu'il avait rencontré la mère d'Annie. <br /> <br /> Par ailleurs, il peut paraître étonnant que Forrester ( qui a beaucoup lu et étudié lors de son long séjour en prison) n'ait pas pigé le coup du livre que O Neil a laissé à sa fille, livre qui valait une fortune.. pas très creusé cette histoire!!<br /> <br /> Quel livre de R.J as tu préféré toi?<br /> <br /> A te lire<br /> <br /> Jésaig
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J
Bonjour<br /> <br /> Je suis aussi un inconditionnelle de RJ Ellory depuis Seul le Silence qui est un des plus beaux romans que j'ai lus...<br /> <br /> Dans celui ci, perso je n'ai pas trop aimé le côté cul cul de l'historie de Annie mais bon, c'est plutôt l'autre histoire qui m'a intéressée. Une question SVP Comment Annie peut-elle s'appeler Annie O Neill, nom de famille qui n'a jamais été mentionné tout au long du bouquin? Son père s'appelait Haim Rosen, puis Harry Rose, sa mère Maggy Erickson, comment son père a t-il pu être enregistré sous le nom de Franck O Neill à la prison où il a fini ses jours? et elle s'appeler Annie O Nei<br /> <br /> Merci
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P
C’est le premier roman d’Ellory que je lisais et j’avoue que j’ai mis du temps à « embarquer » dans cette double histoire, mais je me suis laissé prendre dans la deuxième moitié du livre. J’ai eu l’impression que ce n’était peut-être pas son meilleur roman. Après, pour en être certain, j’ai lu Les Assassins, et là j’ai dévoré! Je lirai sûrement d’autres romans de cet auteur.
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E
étrange ce choix ! du coup tu me laisses perplexe
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I
Je suis bien curieuse maintenant tiens! Cette histoire de roman noir dans le roman éveille ma curiosité... Et c'est quoi cette fin magistrale?! Je veux savoir <br /> <br /> <br /> <br /> (le personnage de Joseph Vaughan dans Seul le silence m'a laissé un souvenir impérissable... mais quel plaisir ce roman!)<br /> <br /> <br /> <br /> (et j'aime aussi tout ce qui a trait à la seconde guerre mondiale)
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