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L’histoire : En Provence, dans une région aride et sauvage, un berger solitaire plante des arbres, des milliers d’arbres. Au fil des ans, les collines autrefois nues reverdissent et les villages désertés reprennent vie.

La critique de Mr K : Chronique d’une belle réédition aujourd’hui avec L’Homme qui plantait des arbres de Jean Giono, un auteur qu’on ne présente plus et dont le présent ouvrage a fait le tour du monde, suscitant même des mouvements citoyens de plantation d’arbres un peu partout sur Terre. Ode à la nature et à l’humanisme, c’est une expérience vraiment à part que je vous invite à découvrir aujourd’hui.

La narrateur (qui emprunte beaucoup à l’auteur lui-même) va faire une rencontre lors d’une session de randonnée dans le sud-est de la France. Amoureux lui-même des grands espaces et de la nature, il fait la connaissance d’Elzéard Bouffier, un berger amoureux de son terroir et qui, à sa manière, pratique déjà l’écologie. En effet, il plante année après année des milliers d’arbres, tantôt des chênes, tantôt des frênes pour que la nature reconquière des espaces livrés à l’aridité. Au delà de la biodiversité qui regagne le terrain, les effets se font aussi sentir sur les communautés humaines.

Cet ouvrage est un très beau portrait d’un homme ordinaire qui accomplit des choses inouïes. Secret, taiseux mais obstiné et rigoureux ; il accomplit la mission qu’il s’est donné sans faillir. Malgré l’âge qui avance, les difficultés de sa vie professionnelle et parfois même les oppositions qu’il pourrait rencontrer auprès des autorités, sans relâche il plante des arbres. Complètement intégré dans la nature, très respectueux de cette dernière, à son échelle il participe au grand cycle végétal et promeut une harmonie essentielle entre l’homme et la nature.

Les paysages autrefois déserts commencent à refleurir, à reverdir et la vie fait son chemin. Des villages jadis abandonnés attirent de nouveaux les humains qui étaient partis vers des horizons meilleurs. La Terre est un tout qui est très bien expliqué et exprimé à travers ce petit opuscule d’une cinquantaine de page faisant la part belle à l’observation, la contemplation et incitant à méditer sur notre empreinte écologique et notre capacité à lutter pour la préservation de notre planète de façon anodine au départ mais prenant ensuite des proportions impressionnantes. Sans morale, ni activisme forcené, le vieil homme montre à tous une belle leçon de respect et de modestie qui fait du bien dans notre époque où superficialité, égocentrisme et agressivité vont trop souvent de pair parfois avec la notion d’engagement.

Non, ici on se laisse bercer par le rythme de la vie, la patience et l’engagement silencieux d’Elzéard et le regard émerveillé du narrateur sur le travail accomplit qui magnifie l’ouvrage du vieil homme. C’est beau, simple et remarquablement écrit. L’auteur va à l’essentiel et touche le cœur et l’esprit. Le tout est sublimé par les très belles illustrations d'Olivier Desvaux qui a su retranscrire parfaitement les couleurs de la Provence et l'émotion suscitée par cette lecture. Une belle expérience à découvrir dès l’âge de huit ans.