metro2033

L’histoire : 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d'une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers des rencontres inattendues.

La critique de Mr K : Voilà un ouvrage qui n’est pas resté longtemps dans ma PAL ! À peine cinq jours après sa réception, il rejoignait ma sélection d’ouvrages pour mon séjour en terres prétocoriennes pour Noël. Beau record de non-longévité, non ? Pour la petite histoire, c’est la toute première fois que je gagnais un quelconque concours et quel bonheur de remporter Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky. Vouant un culte à cet auteur depuis mes lectures enthousiastes de Sumerski et FUTU.RE, je n’ai pu donc résister longtemps à l’attrait fascinant de cet ouvrage à la quatrième de couverture alléchante en diable... Grand bien m’en a pris !

En 2033, une guerre globale a totalement atomisé la surface de la Terre, réduisant les civilisations en cendres, les terres irradiées peuplées de monstres mutants ont été déserté par les humains survivants qui se sont réfugiés sous terre, dans les galeries du métro de Moscou dans cet ouvrage. L’auteur nous fait suivre le destin du jeune Artyom, orphelin recueilli suite à l’invasion de sa station par les rats et la mort épouvantable de sa mère. Surprotégé par son père adoptif qui le cantonne dans l‘espace étriqué d’une station isolée du reste du réseau, le hasard va mettre sur sa route un mystérieux personnage qui va lui confier une mission à priori anodine mais qui va changer à jamais son existence... Sur IG, beaucoup de personnes m’avait annoncé que je prendrai une sacrée claque avec ce titre, ils n’avaient vraiment pas tort !

Quel univers tout d’abord ! La post-apo est ici très séduisante par son aspect jusqu’au-boutiste et sombre. En 850 pages, on pénètre dans un univers neuf, très complet. Je ne verrai plus jamais le métropolitain comme avant... Une carte judicieusement réalisée, présente en tout début d'ouvrage, nous invite à suivre le périple d’Artyom au fil de ses pérégrinations avec notamment les nouveaux rapports de puissances qui se sont instaurés dans les sous-sols : stations indépendantes, ligue communiste, néonazis adeptes du quatrième Reich, la ligue de la Hanse mais aussi des stations anarchistes ou occupées par d’étranges peuplades inconnues sont au menu. On tombe de Charybde en Scylla dans cet enchevêtrement de lieux, d’organisations, de coutumes, de croyances et de rapports politiques et / ou commerciaux. Cela donne une densité incroyable au roman qui n’hésite pas à l’occasion de quelques chapitres à explorer des espaces secrets, oubliés de tous et même parfois une montée à la surface qui donne à voir directement les conséquences désastreuses d’un conflit apocalyptique qui hantent encore toutes les mémoires de ceux qui l’ont vécu.

Le jeune héros dans tout cela est totalement paumé et du coup en devient très attachant. Ce Metro 2033 s’apparente sans conteste à un récit initiatique qui verra ce jeune déraciné en apprendre beaucoup sur lui-même au fil des expériences et des rencontres qu’il va faire. En effet, il se révèle bien souvent maladroit et ignare à l’occasion car beaucoup de références historiques et culturelles variées ne lui parlent pas. Sa naïveté et son inexpérience lui jouent bien des tours et il passe à de nombreuses reprises tout prêt de la mort et de bien pire même ! Heureusement pour lui, sur son chemin vont apparaître des figures tutélaires et des auxiliaires qui le guideront, l’aiguilleront et le formeront. Ces personnages ont d’ailleurs un destin souvent tragique car il ne fait pas bon croiser la route du jeune homme à priori... Ce dernier va vivre des choses traumatisantes, côtoiera l’inconnu et des dangers inimaginables qui le feront grandir et l’amèneront à changer totalement de point de vue dans une fin d’ouvrage grandiose dans le bouleversement mental qui s’opère chez lui. Royal !

Comme toujours avec Glukhovsky, nous n’avons pas simplement affaire à un récit de l’imaginaire, il nous offre certes une immersion parfaite dans un univers surréel mais il porte aussi à notre connaissance ses propres réflexions sur l’humain et sa condition. Politique, jeux de pouvoir, symbolique et religion, parentalité, la survie, don de soi mais aussi l’amitié, la souffrance et le sacrifice sont au rendez-vous de ce livre-somme vraiment impressionnant par son caractère addictif, maîtrisé et d’une rare intelligence. Pour preuve, je l’ai dévoré en deux jours et demi sans temps-mort ni aucune lassitude. Un pur bonheur de lecture !

Et puis, il y a la plume de Glukhowsky, d’une profondeur sans faille qui explose les schémas établis, décortique l’âme humaine sans fard ni artifices (de très beaux passages sur les rêves / cauchemars du héros) et propose un climax assez unique en son genre. Franchement, un MUST, une lecture inoubliable qui contribue à renforcer l’aura d’un auteur qui frappe une nouvelle fois les esprits. À lire absolument !