samedi 9 décembre 2017

"Crains le pire" de Linwood Barclay

LBCLP

L’histoire : Que peut-on imaginer de pire pour un père que de réaliser, impuissant, que sa fille a disparu ? Tim Blake, père de famille divorcé, mène une vie paisible. Sydney, sa fille de 17 ans, a trouvé un petit boulot d’été dans un hôtel. Ce matin-là, elle s’en va et lui promet d’être de retour pour dîner. Mais le soir, elle ne rentre pas et ne laisse pas de message ; les autres soirs non plus. Tim mettra tout en œuvre pour retrouver Sydney...

La critique de Mr K : Petite lecture détente avec un thriller bien mené et addictif à souhait aujourd’hui avec Crains le pire de Linwood Barclay. Lu en deux jours, je n’ai jamais vraiment réussi à le lâcher tant j’ai été pris par cette histoire simple en apparence mais source d’un suspens intenable pendant plus de 490 pages.

Tim Blake n’a rien d’un mec extraordinaire. Il n’a pas la fibre entreprenante ce qui lui a coûté son entreprise de vente automobile et son mariage, sa femme se barrant avec un concurrent. Papa d’une jeune adolescente, il vit une vie tranquille, sans relief ni aspérités. Recevant sa fille à la maison pour l’été, elle disparaît sans crié gare un beau jour. De suite, il se précipite à l’hôtel où elle travaille pour un job estival et là... personne ne la connaît ! C’est le début de l’enfer pour Tim qui se rend compte qu’il ne connaissait peut-être pas aussi bien sa fille que cela. Un mois plus tard, l’état des recherches de la Police est au point mort, une gamine fugueuse n’intéresse personne. Bousculant sa nature, Tim va décider de partir à sa recherche. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas au bout de sa peine !

Pas de temps mort avec ce roman qui commence tambour battant. Ce récit nous plaçant dans la situation du père, notre champ de connaissance de la situation est aussi peu étendu que le sien, ce qui développe une empathie particulièrement forte envers ce personnage qui peu à peu sombre dans l’angoisse. Ce gars lambda va littéralement se transformer au fil de l’épreuve qu’il traverse. Prenant les choses en main, il tâtonne tout d’abord, se plante plus d’une fois mais va finir par mettre le doigt sur certains détails troublants ouvrant la porte à des hypothèses de plus en plus inquiétantes. À ce niveau là, l’auteur est redoutable, la gestion du personnage principal est un modèle du genre, conjuguant poncifs et passages connus pour nous livrer une véritable course contre le temps et parfois la folie.

Bien construit, le récit avance masqué. On se prend à inventer toutes sortes d’hypothèses, l’auteur nous livrant un certain nombre de fausses pistes et de révélations confondantes. On a beau être habitué à ce genre de manœuvres littéraires quand c’est bien fait, les vieilles recettes sont souvent les meilleures et c’est justement le cas ici. Dans ces conditions, vous comprenez l’aspect fortement addictif de ce roman qui se lit quasiment d’une traite. Identités secrètes, trahisons, faux semblants, courses poursuites, fusillades, surveillances étroites, on retrouve ici tous les bons éléments d’un roman à suspens réussi.

Sympathique aussi le tissage des liens entre les différents personnages. J’ai aimé ainsi les liens changeants entre Tim et Bob (le nouveau mec de son ex femme) qui évoluent énormément et donnent lieu à des passages vraiment bien gérés et touchants, le lien entre Tim et Patty la meilleure amie de sa fille disparue qui vit dans des conditions précaires avec sa mère alcoolique est aussi très touchant. Ces passages sont justes, donnent un réalisme de bon aloi à une histoire qui vire au bout d’un moment au thriller haletant qui ne donne aucun répit au lecteur pris au piège. Certains passages peuvent au départ désarçonner, voir paraître délirants mais le déroulé donne des éléments de réponse assez clairs très vite et l’on se rend compte que Linwood Barclay est décidément très doué pour balader ses lecteurs.

L’écriture est banale pour le genre mais redoutablement efficace. C’est bien simple, les pages se tournent toutes seules et il est extrêmement difficile de s’en dépêtrer. Alors certes, on ne peut pas vraiment crier au génie mais franchement, si vous êtes amateur, vous auriez bien tort de bouder votre plaisir !

Posté par Mr K à 19:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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