mardi 31 janvier 2017

"La Tour d'ivoire" d'Henry James

51BEce09hbL

L'histoire : Au début du XXe siècle, en plein surgissement de l'énorme puissance financière des Etats-Unis, un jeune Américain européanisé est rappelé au pays natal par un oncle mourant qui lui lègue son immense fortune. Désemparé par un monde cupide dont les règles lui sont étrangères, l'absent de retour se trouve pris au piège par son propre héritage, et soumis aux manigances cyniques et sentimentales d'amis d'enfance retrouvés.

La critique de Mr K : Nouvelle exhumation d'un volume présent depuis très longtemps dans ma PAL avec La Tour d'ivoire d'Henry James. Cela faisait un petit bout de temps que cet auteur excitait ma curiosité, le croisant régulièrement dans mes lectures dites "américaines", pays où il est consacré comme un auteur culte, que tous connaissent ou ont pratiqué, et qui est régulièrement étudié et disséqué. Ce livre paru de manière posthume en 1917 et inachevé est considéré comme un récit essentiel reflétant les qualités narratives et d'écriture de l'auteur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai été déçu. Je crois que je me suis rarement autant ennuyé lors d'une lecture mais têtu que je suis, j'ai tout de même réussi à en venir à bout...

L'histoire a pourtant tout pour me plaire. Un jeune homme parti sur le vieux continent se voit désigné comme seul héritier de l'immense fortune de son oncle qui le considère comme un être parfait et surtout innocent. Cette nouvelle fait l'effet d'un coup de tonnerre dans la micro-société bourgeoise qui voit d'un très mauvais œil ce choix dénué de sens à leurs yeux car il fait fi des accords et alliances entre gens de pouvoir. Le jeune héritier va se voir confronté à des machinations cyniques et à des attentions particulières suite à son élévation sociale. Henry James avait alors pour but d'étudier la nature humaine et la propension des classes supérieures à asseoir leur position au dépit de la morale.

Malheureusement, cet ouvrage m'a laissé de glace. La faute essentiellement à une écriture sclérosée et dépourvue d'allant. On ne compte plus les circonvolutions de phrases complexes qui peuvent durer une page entière et s'attardant sur nombre de détails parfois insignifiants. On s'ennuie ferme car finalement on ne peut se raccrocher à aucun cap clairement défini, l'action étant plus que lente et les descriptions interminables. Non que je sois hermétique à l'évocation des sentiments, des gestes et de la société de l'époque mais j'ai trouvé l'ensemble lourdingue. Trop de finesse tue la finesse et on se retrouve face à des textes monolithiques et pour le coup sans âme véritable.

Le décrochage est donc très rapide car même les personnages (quoique très fouillés) ne m'ont pas interloqué, intéressé voir repoussé. Perdu dans des considérations parfois très terre à terre (la position d'une femme assise, la description du bureau d'untel, le flashback sur un dîner...), on a du mal à pouvoir vraiment se faire une idée des forces en présence, les humains ne le sont finalement pas autant que ça et l'esprit du lecteur s'égare malgré lui. Et pourtant, j'en ai fait des efforts mais dès qu'un semblant d'éclaircie apparaissait, c'est comme si l'auteur repartait dans ses travers et son excessive érudition.

Quel dommage ! J'aime l'érudition en littérature (Dostoievski, Marguerite, Mauméjean, Follett, Eco pour ne citer qu'eux et tout style confondu) mais il manque ici un souffle, une profondeur et un plaisir de lire qui nous fait avancer, réfléchir et apprécier les destins qui nous sont livrés. Rien de tout cela ici avec beaucoup de frustration et d'énervement. On ne m'y reprendra plus, clairement cet auteur n'est pas pour moi...

Posté par Mr K à 19:12 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,