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C'est avec une immense tristesse que j'apprenais hier la mort d'un de mes auteurs préférés: Maurice G. Dantec. Bien qu'infréquentable de par ses prises de positions parfois extrémistes, il maniait les mots (les inventait même parfois!) comme personne et proposait bien souvent des oeuvres à part et marquantes.

Ainsi les Racines du mal, polar halluciné et hallucinant fait partie de mes trois livres préférés, La Sirène rouge proposait un road movie bien thrash et Babylon babies a marqué les annales de la SF française. Ses oeuvres plus tardives dont le gargantuesque Villa vortex, mais aussi Cosmos incorporated et Grande jonction nous offraient une écriture cryptique et azimutée qui moi me touchait, me faisait planer au dessus de sphères insoupçonnées et m'amenait loin, très loin au delà des rivages codifiés de l'écriture. Et puis, comment oublier le génial deuxième album de No One is innocent ("Utopia") où il participa activement en proposant des textes enflammés et percutants.

Une perte irréparable pour un punk futuriste (il se désignait ainsi parfois) paranoïaque et borderline qui animait la scène parfois plan-plan de la littérature française. Une grande plume nous quitte. Il se disait catholique, gageons qu'il pourra converser avec le Créateur... je pense qu'ils auront beaucoup à se dire.