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L'histoire : Plutôt mourir que de renoncer à la terre de ses ancêtres ! Indienne blackfoot aussi butée que richissime, la belle Tina est prête à tout pour racheter ces terres aux blancs et les restituer à sa communauté. Sur le point d’accoucher, elle part braver les blizzards du Montana pour récupérer, avant qu’il ne soit trop tard, ces milliers d’hectares et leur précieuse mine d’or, objet de toutes les convoitises. Laissant son mari, l’ex-journaliste Nicholas Dennac, sans nouvelle et fou d’inquiétude.

Témoin d’un attentat perpétré en plein rodéo à Las Vegas, Nicolas se retrouve pendant ce temps dans le collimateur du FBI, qui le soupçonne d’en savoir un peu trop sur cette affaire pas très claire…

La critique de Mr K : Ce roman est le deuxième de Frédéric Andréi après Riches à en mourir qui avait marqué un certain nombre de blogueurs. Pour ma part, je ne l'ai pas lu et je me suis demandé un temps si je n'allais pas en pâtir pour apprécier ou non le présent ouvrage. Il n'en a rien été, de légers flashbacks et rappels permettent au néo-lecteur de pouvoir profiter au maximum du récit et de ses personnages. Au final, mon avis est mitigé malgré une lecture plutôt enthousiaste et rapide.

La belle Tina, jeune femme richissime au caractère vif et son compagnon reconverti dans la menuiserie sont à Las Vegas pour assister à un championnat de rodéo (oui, je sais, sur le papier ce n'est pas passionnant!). Enceinte jusqu'au yeux, elle rentre plus tôt dans son ranch pour régler une affaire de vente de terrain qui pourrait garantir un avenir plus sûr à son peuple (elle est d'origine amérindienne). Nicholas va être lui témoin d'étranges événements dans les coulisses du spectacle et va se retrouver lié à une affaire de terrorisme en plein territoire américain. Très vite, un compte à rebours s'amorce entre traque terroriste, magouilles politiques, grizzly affamé et reconquête de biens volés. Le rythme s'accélère et va crescendo jusqu'à des révélations finales en cascade.

J'ai mis du temps à rentrer dans ce roman. La faute à un style pas accrocheur, plutôt convenu et basé sur des effets que j'ai trouvé tape à l’œil et parfois contre-productifs. Par exemple, l'accumulation de références à la marque à la pomme pour tout ce qui relève de la technologie, on sent le placement de produit à plein nez et franchement ça devient lourd au bout d'un moment. Surtout que ce matériel extraordinaire fonctionne sans discontinuer et même en plein blizzard! Ils sont forts chez Apple! Pour reprendre Ash, le sagace héros de la franchise Evil Dead: Achetez américain, c'est bien! Sans m'appesantir davantage, j'ai trouvé les formulations parfois inutilement vulgaires, les phrases mal construites parfois brouillonnes et sans rapport avec le sens profond du propos. Ça m'agaçait au départ puis le récit se densifiant, je me suis laissé prendre au jeu de cette course poursuite haletante.

L'aspect chasse au terrorisme est très bien rendu, la tension des équipes travaillant sur le dossier est palpable et l'ambiance générée bien flippante dans ce pays qui ne s'est jamais vraiment remis du 11 septembre 2001. On se tire dans les pattes entre FBI et services secrets américains, la piste islamiste est privilégiée et d'ailleurs tout porte à le croire. Cependant, plus on avance dans la lecture, plus on se rend compte que l'affaire est loin d'être simple, que des hommes puissants (tendance marionnettistes) manipulent tout le monde. On navigue alors dans les arcanes des médias et de la politique, la plongée est ahurissante et on se demande bien où les ramifications s'arrêtent. C'est bien rendu à défaut d'être original, la construction et la révélation du grand secret du livre est nette et sans bavure. J'aime!

Au rayon des déceptions se trouve le personnage de Tina que j'ai trouvé sans finesse et agaçante au possible par moment. Pourtant sur le papier, elle a tout pour plaire: une revanche à prendre sur l'Histoire pour son peuple d'origine, un caractère affirmé comme je les aime (hein Nelfe!) et une relation complexe avec Nicholas, son compagnon d'origine française. Malheureusement ici, c'est parfois too much et on n'y croit pas. Dommage, là où certaines scènes devraient être dramatiques ou piquantes pour notre curiosité, je n'ai qu'éprouvé indifférence voir cynisme à son égard. Les choses s'améliorent à partir de la deuxième partie de l'ouvrage, le personnage vivant un véritable chemin de croix et se révélant à elle-même. Cela rattrape tout le reste notamment une scène dans la neige mystique à souhait! Pour contrebalancer cette semi déception, le personnage de Nicholas Dennac relève le niveau bien que classique. Perdu dans sa relation ambiguë avec sa compagne (passion rime avec élans de tendresse et engueulades), il s'accroche à cette femme qui représente tout pour lui malgré son aspect crispant. Son passé de journaliste fait aussi merveille quand il mène de front la recherche de sa femme en pleine tempête et quête de renseignements pour une enquête anti-terroriste, son esprit vif et analytique fonctionnent à plein. Un bémol tout de même, on ne peut y croire une seconde, les séquences What the fuck s'enchainant (voir ma diatribe plus haut concernant Apple) mais il est bon parfois de se laisser porter par une histoire aussi délirante soit-elle sur certains détails.

Bref, je râlais pas mal en début d’ouvrage mais la seconde moitié m'a littéralement emporté malgré les défauts sus-cités. La faute à une science du récit et du rythme implacable qui est le sceau des bons page-turner et des indices savamment disséminés qui entretiennent suspens et interrogations. Je suis ressorti plutôt content du récit malgré une fin abrupte et un style d'écriture décevant. Ce Bad Land, loin de pouvoir rivaliser avec du Grangé par exemple, reste un excellent détente neurone parsemé de fulgurances parfois saisissantes qui procure un désir de lire évident. Une bonne partie du contrat est remplie, non?