lundi 30 novembre 2015

"L'Oiseau de mauvais augure" de Camilla Läckberg

Camilla-Läckberg-–-L’oiseau-de-mauvais-augureL'histoire : L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare d' l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...

La critique Nelfesque : Voilà bien longtemps que j'avais laissé de côté les romans de Camilla Läckberg. Non pas parce qu'ils ne m'intéressaient plus mais par manque de temps. Et oui, c'est ça de vouloir tout lire ! En route donc pour le 4ème tome de la saga "Erica Falck et Patrik Hedström" avec "L'Oiseau de mauvais augure".

Chaque roman peut se lire de manière indépendante. A chaque fois, de nouvelles enquêtes sont menées et il n'est pas forcément nécessaire de connaître les ouvrages précédents pour apprécier sa lecture. Toutefois, j'avais décidé de commencer à les lire dans l'ordre, il y a 4 ans afin de suivre l'histoire personnelle des personnages principaux en filigrane dans l'ensemble de la saga.

C'est avant tout cela qui me plaît dans les romans de Camilla Läckberg. L'impression de retrouver des amis, là où on les avait laissés il y a quelques temps. Dans leur petite commune suédoise située sur la côte ouest du pays, tout le monde se connaît. Le commissariat est à taille humaine et chaque collègue est un membre de cette petite famille. Ambiance bienveillante, petits cafés le matin avec les gâteaux fait maison...

Dans "L'Oiseau de mauvais augure", cette apparente tranquillité va être troublée par l'arrivée d'une chaîne de télévision et de sa célèbre émission de télé-réalité. Sorte de "Les Anges de la Télé-réalité" en France, cette émission est un zoo d'humains, comme on en voit beaucoup aujourd'hui via les chaînes de la TNT. Les participants sont stéréotypés (la bimbo, le rebelle, le décérébré, la suicidaire, le rebeu...) et tout ce beau monde va devoir vivre ensemble alors qu'ils n'ont rien en commun (si ce n'est avoir déjà participé à une émission de ce type) et travailler sur la commune. Le maire est aux anges, on va enfin parler de sa ville, les habitants sont méfiants, les jeunes sont surexcités. Tout va pour le mieux dans le petit monde magique de la poudre aux yeux. Jusqu'à ce qu'une participante soit retrouvée morte dans une benne à ordures...

Parallèlement à cette affaire, la vie continue et Patrik Hedström doit également faire fasse à une autre enquête, moins médiatisée mais tout aussi étrange. Une femme est retrouvée morte au volant de sa voiture, suite à un accident de la route. L'alcool semble en être la cause mais un détail trouble l'enquêteur et va nous mener dans divers endroits en Suède.

"L'Oiseau de mauvais augure" nous livre encore une enquête bien sympathique ici. C'est le roman qui m'a fait débuter la saga en 2011 (oui je sais, j'ai mis du temps) et on y retrouve tous les ingrédients d'un roman policier. Camilla Läckberg ne fait pas dans le page turner, l'histoire prend son temps, les personnages sont lambda... mais ce climat familier est très appréciable. Le lecteur s'installe tout doucement dans l'intrigue et navigue entre enquête et vie familiale de Patrik et Erica.

Car voilà tout l'intérêt des romans de Läckberg quand on les lit dans l'ordre. Le lecteur assiste à la naissance d'une histoire d'amour entre les 2 grands personnages de la saga. Petit à petit, on va les voir se rapprocher, agrandir la famille, se poser des questions existentielles et dans ce tome ci préparer leur mariage. C'est aussi le moyen de rester en contact avec Erica Falck qui depuis quelques temps est femme au foyer et n'intervient plus dans les affaires en cours (mais cela va changer dans "L'Enfant allemand" si on en croit l'amorce à la fin du roman). La préparation du mariage m'a beaucoup amusée, étant moi-même passée par là l'an dernier. Les histoires avec la famille et la belle-famille (savoureuses et tellement vraies !), les préparatifs et la logistique, le choix des menus, de la robe... Tout cela m'a rappelé des souvenirs et donne une petite bouffée de légèreté à l'ensemble. Une vie qui continue, de façon tout à fait banale même si il s'agit d'un grand évènement personnel, dans le tourbillon des caméras que connaît la commune et la pression médiatique qui s'abat sur Patrik.

"L'Oiseau de mauvais augure" est un bon roman policier. Si vous êtes habitués au genre, il y a des chances pour que vous deviniez le coupable assez tôt (ce fut mon cas) mais comme finalement ce n'est pas le plus important ici et que le plaisir de lecture n'est pas gâché pour autant, je vous conseillerai tout de même celle ci. Prendre le temps de temps en temps (comme dirait Herbert Léonard (hum...)), ça fait toujours plaisir !

destockage de pal genre préféré

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "La Princesse des glaces"
- "Le Prédicateur"
- "Le Tailleur de pierre"

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix.


dimanche 29 novembre 2015

Marathon "Hunger Games" de Gary Ross et Francis Lawrence

Hunger Games
L'histoire : Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

Marathon Hunger Games

La critique Nelfesque : Tout le monde ou presque connaît "Hunger Games". Cette trilogie de Suzanne Collins portée à l'écran par Gary Ross pour le 1er volet cinématographique et Francis Lawrence pour les 3 autres. De mon côté, je n'ai pas lu l'oeuvre littéraire (mais je l'envisage maintenant) et je n'avais vu jusqu'alors que le premier film en DVD. Lors de notre soirée "Retour vers le futur", le 21 octobre dernier dans notre cinéma, j'ai gagné des places pour ce marathon de plus de 10h de films ! J'avoue que je ne savais pas bien comment j'allais vivre la chose mais vu qu'on avait gagné les places et qu'on avait plutôt bien aimé le premier, on s'est dit qu'on allait tenter l'expérience. Et on a bien fait ! On a passé une très bonne journée, entourés de passionnés de la saga et 1 semaine après les attentats à Paris, débrancher son cerveau pendant toute une journée était plus que salvateur !

Pas de spoiler ici, je vous parlerai de la saga dans son ensemble sans rentrer dans les détails pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l'ont pas encore vu ou qui ne vont pas tarder à aller voir le dernier volet au cinéma. Vous pouvez donc rester...

On suit ici l'histoire de Katniss, 16 ans dans le premier volet, qui va vivre l'expérience des Hunger Games en se désignant à la place de sa jeune soeur. Avec Peeta, jeune boulanger de son district, elle va composer l'équipe 12 et tenter de survivre pour revenir auprès des siens.

Le premier volet fait fortement penser sous certains aspects à "Battle Royal", film culte japonais datant de 2000 et lui-même adapté d'un roman de Kōshun Takami publié un an plus tôt. Nous l'avons d'ailleurs fortement conseillé à notre entourage lors de ce visionnage (qui ne connaissait pas ! C'est possible ça !?) et j'en rajoute une petite couche ici. Regardez "Battle Royal", c'est une tuerie, dans tous les sens du terme !

Hunger Games 5

Pour de la littérature jeunesse / Young Adult, l'histoire est très bien foutue. Je ne dis pas que la Young Adult est mauvaise en règle général mais pour le peu que j'en connais, il y a à boire et à manger et j'ai tendance à me méfier des phénomènes de mode. Ici, la critique de la société est très intéressante et le traitement vraiment bien dosé.

Bien sûr la saga cinématographique a ses défauts, un certain manichéisme parfois, des bons sentiments et un troisième volet qui tranche avec les autres opus mais dans l'ensemble j'ai vraiment bien adhéré à ce qui nous est proposé. Je ne suis pas restée 10 heures enfermée dans une salle de cinéma à m'ingurgiter des oeuvres que je n'aime pas, je ne suis pas maso ! Non vraiment j'ai été agréablement surprise.

Hunger Games 6

Le contexte tout d'abord est vraiment très bien dépeint. Nous sommes ici dans un futur non daté, qui fait penser à notre époque parfois (dans les relations familiales, dans certaines problématiques du quotidien) mais qui en est en fait une extension possible. Ici, le monde a évolué et toute l'économie, la politique et les relations de pouvoir ont changé. Pas forcément pour le meilleur...

Les personnages ensuite évoluent d'une façon tout à fait crédible et les acteurs sont très bons. Mention spéciale pour le personnage d'Effie Trinket que j'ai adoré de bout en bout. Et ses tenues ! Un personnage secondaire certes mais qui n'est pas loin d'être mon préféré. Haymitch n'est pas mal non plus dans le genre destroy... J'ai trouvé aussi qu'il y avait un petit côté "Starmania" (coucou la référence française), surtout dans le personnage de Stanley Tucci, le présentateur télé (mais pour ça il faut avoir vu la comédie musicale et non seulement connaître les chansons les plus connues).

Hunger Games 2

"Hunger Games" est une bonne critique de la société et des dérives de pouvoir. Elle fait la part belle aux luttes sociales et à la jeunesse qui pourra tous nous sauver. C'est un peu idéalisé et quand même bien mignon et naïf par moment mais si ça peut aider nos générations à venir à grandir, c'est une bonne chose. Ça casse aussi pas mal la télé-réalité (un petit côté "The Truman Show" aussi) et tout ce qui tourne autour du spectacle des "Hunger Games" est pathétique et bien flippant.

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Une bonne journée ciné en somme et une saga qui, en plus d'avoir très bien marchée en version papier et version film (un bon gros blockbuster en somme), réussit le pari de véhiculer un message et éveiller les consciences. Perso, je suis pour et vous conseille de découvrir cette série de films (avec 30 trains de retard) ! Joyeux Hunger Games et que le sort vous soit favorable...

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La critique de Mr K: 4,5/6. Quel marathon mes amis, quel marathon! Dix heures de projection de suite après que nous ayons gagné des places lors d'une soirée spéciale Retour vers le futur, un certain 21 octobre 2015 (les plus cinéphiles d'entre vous verront la référence). Honnêtement, je dois vous avouer que je n'étais pas transporté de joie lorsque j'ai su que nous assisterions à cette intégrale. N'ayant pas lu les livres (bien côtés à priori), j'avais vu le premier film à la maison avec Nelfe, je l'avais trouvé sympathique sans pour autant ressentir le besoin irrépressible de suivre les aventures de Katniss au charme pourtant ravageur (pas taper Nelfe, non pas taper!).

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Mais bon, en ces temps de grisaille et de deuil, rien de mieux que le cinéma pour s'évader et penser à autre chose. Bien m'en a pris tant j'ai été conquis par ce spectacle total qui même s'il peut parfois être un peu pataud et cousu de fil blanc se révèle bien fichu et intelligent (pour une super production US). Je vous arrête tout de suite pour celles et ceux qui viendraient me dire que les livres sont cent fois mieux, plus fouillés etc… je m'en doute et il n'est pas du tout exclu qu'un jour je tente l'aventure littéraire et je compatis d'avance avec votre déception tant moi-même j'ai pu la connaître pour des œuvres adorées que j'ai retrouvé massacrées au cinéma (style L'écume des jours de Vian ou encore Le Hobbit de Tolkien dans deux genres tout à fait différents).

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L'univers dystopique est vraiment bien pensé, cette histoire de tribut à verser pour maintenir la paix est un brillant mélange du mythe du Minotaure qui commence avec le tribut que doit verser Athènes à la Crète et le cultissime film japonais Battle royal qui voit un Japon pétrifié par sa jeunesse en colère organiser un jeu sanglant où toute une classe doit s'entre-tuer jusqu'à ce qu'il en reste qu'un (et sans Christophe Lambert!). Dans Hunger Games, une capitale omnipotente règne sans partage et d'une main de fer sur douze districts et à travers un jeu sadique, tire au sort un candidat mâle et un candidat femelle dans chacune de ces zones. L'héroïne se porte volontaire pour sauver sa jeune sœur appelée à faire cet ultime sacrifice. Au fil des quatre films, on explore avec elle les rouages du jeu et du pouvoir qui règne sur Panem. C'est peu reluisant et elle sera soumise à rude épreuve.

Hunger Games 1

J'ai beaucoup aimé le personnage principal. L'actrice est épatante et dégage une personnalité et une force hors du commun. Le début plutôt classique cède la place à des ramifications narratives intéressantes et tortueuses. Non, Katniss n'est pas parfaite, doute, hésite énormément, héroïne bien malgré elle, elle se débat contre la peur et ses propres errements. Elle a sa part d'ombre ainsi que tous les autres personnages qui loin d'être lisses (comme pourraient le laisser penser les photos de promo montrant ces jeunes gens aux charmes ravageurs) s'avèrent changeants, fragiles et complexes. J'ai aussi adoré le personnage de Peeta que j'ai trouvé très bien construit et lui aussi très touchant. J'ai aussi adoré détester Gale, le bellâtre intéressé. Les acteurs sont vraiment béton surtout qu'ils sont secondés par des pointures au talent reconnu: Donald Sutherland est grimaçant à souhait dans le rôle de l'omni-président autoritaire, Julianne Moore est glaçante et impressionnante de présence en chef d'opposition implacable et démago, Lenny Kravitz éternellement jeune et charismatique en créateur de mode rebelle (très bon acteur), Woody Harrelson terrible en mentor alcoolique aux saillies drôles et cyniques (un de mes persos préférés), Stanley Tucci fascinant dans son rôle de présentateur télé relais du pouvoir en place... Que du beau linge et des interprétations justes et bien pensées.

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L'histoire est complexe et pour une fois, je trouve des vertus vraiment pédagogiques à cette saga estampillée young-adult. Belle réflexion par exemple sur le totalitarisme et son fonctionnement, sur le pouvoir de la propagande (description de sa conception, des buts recherchés et sa mise en place), belle exploration aussi de l'esprit humain notamment dans le traitement de la rébellion mais aussi des collaborateurs, à chacun le jour J de faire son choix... Soit, on pouvait s'attendre à encore plus de profondeur mais on est tout de même face à un produit grand public et je trouve vraiment qu'ici le spectateur n'est pas traité à la légère et il trouvera peut-être un goût renouvelé au fond de lui pour la SF et les univers d'anticipation. Quoi de mieux pour s'ouvrir au monde actuel et aux menaces qui pèsent sur nous?

Hunger Games 9

Quant au niveau de la technique, le spectacle est vraiment au RDV. De belles images et une BO vraiment agréable que l'on garde en tête bien après le visionnage (ça nous change des BO interchangeables de ce type de films). Les rebondissements sont eux nombreux parfois prévisibles, parfois bluffants avec des scènes vraiment thrash mais abordées avec pudeur (par exemple les événements se déroulant en face du palais présidentiel dans "La Révolte - partie 2"). Quant aux dix dernières minutes de l'ultime volet, je les ai trouvées vraiment magiques, apaisantes et d'une beauté stupéfiante. Je m'y suis totalement retrouvé, rêvant à ce genre de dénouement pour moi-même et mes proches. J'avoue les yeux étaient humides d'émotion quand les lumières se sont rallumées.

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Le point faible de cette tétralogie est pour moi le film 3 que j'ai trouvé bancal et plutôt ennuyeux. À vouloir trop préparer l'opus final, le réalisateur m'a perdu en route. Certains détails scénaristiques m'ont aussi gênés dans les deux derniers volumes avec des choses qui ne tiennent pas debout et des raccourcis simplistes qui à mon avis n'existent pas dans l’œuvre originelle. J'avoue, j'ai pas mal râlé mais ceux qui me connaissent savent que je suis un indécrottable râleur! Et alors? Si vous n'êtes pas content, c'est pareil! lol.

Ces quelques détails n'entachent en rien cette saga qui procure plaisir et réflexion, émotion et adrénaline. Je suis bien content d'avoir pu voir les quatre volets à la suite et vous encourage à en faire de même si l'occasion se présente.

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samedi 28 novembre 2015

"Magic Dream Box" de Lomig - ADD-ON de Mr K

magic-dream-boxJ'ai déjà lu et chroniqué cette BD le 21/09/15. Mr K vient de la terminer et de la chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de la mienne.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Magic Dream Box", ça se passe par là.

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jeudi 26 novembre 2015

"Une Porte sur l'éther" de Laurent Genefort

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L'histoire: Favor et Dunaskite. Deux planètes reliées par un gigantesque tube de diamant de cent mille kilomètres : l'Axis. C'est par cet artefact extraordinaire, héritage d'une civilisation extraterrestre disparue, que transitent les spores de l'ambrozia, la plante la plus précieuse de l'univers connu. Outre sa fonction de régulateur végétal, c'est aussi une voie de communication prioritaire ; source de richesse autant que foyer de révoltes, l'Axis suscite ainsi la convoitise de dizaines de mondes mais inspire une peur sacrée. Aujourd'hui, la haine que se vouent les habitants des deux planètes menace gravement ce fragile équilibre. La rumeur de guerre gronde, et seul un homme peut empêcher l'irrémédiable...

La critique de Mr K: Retour dans l'univers si foisonnant de Laurent Genefort avec ce roman terminé la veille des Utopiales 2015 et que j'ai du coup fait dédicacer par son auteur. Il faut dire que cette Porte sur l'éther réunit toutes les qualités qu'on connaît au bonhomme: une imagination débridée pour décrire des univers futuristes, un soin méticuleux dans le traitement des personnages et un sens du récit et du suspens qui n'est plus à prouver.

Jarid est un diplomate un peu particulier, son rôle de médiateur est essentiel dans le règlement pacifique de crises intergalactiques. Il est appelé pour une mission autour d'un système planétaire étrange: Favor et Dunaskite sont deux planètes quasi jumelles reliées par un tube de diamant. La crise couve autour de questions économiques (entre autres le commerce et le transport de la fameuse Ambrozia) mais aussi politiques avec notamment au centre du jeu, des peuplades exilées des deux mondes qui se sont réfugiées dans le fameux Axis. Jarid aura fort affaire entre terrorisme, piraterie, raison d'État et génocide larvé.

Ce qu'il y a de fabuleux chez Genefort, c'est sa propension à fournir dans chacun de ses romans un monde foisonnant de détails allant du fonctionnement d'un système astronomique aux us et coutumes d'une peuplade reculée au fin fond d'un artefact extra-terrestre. On est gâté ici avec la mise en exergue d'une lutte de pouvoir pour avoir la main mise sur une denrée et un réseau de transport. On n'est pas loin de Dune dans les thématiques et le rendu est génial. On passe tour à tour des arcanes du pouvoir avec leurs manœuvres en sous main et leurs décisions iniques qui peuvent entraîner des massacres perpétrés au nom de l'intérêt supérieur de l'État. Cette valse diplomatique mortifère met à mal les principes d'un héros qui est loin de se douter des tenants et aboutissants des opérations en cours.

Il finira par rencontrer les habitants de l'Axis dans la deuxième partie du roman. Le lecteur est plus chanceux car il fait la connaissance dès le début de l'ouvrage avec la jeune Hutsuri qui vient de passer son rite de passage à l'âge adulte avec brio. C’est l'occasion de découvrir les origines et les traditions de ces peuples dépossédés de leur biens qui ont du s'installer dans le fameux tube diamanté. Vie rude et simple, ils se sont adaptés. D'autres ont littéralement continué leur évolution vers l'étape des post-humains à l'apparence bien différente de la notre. Alternativement, nous passons de Hatsuri à Jarid d'un chapitre sur l'autre, la rencontre aura bel et bien lieu et provoquera un certain nombre de conséquences importantes qui changeront à jamais la face de l'Axis et des deux planètes qui y sont reliées.

Texte de contrastes, Une Porte sur l'éther est une belle réussite aussi au niveau de la caractérisation des personnages qui bien que classiques dans leurs parcours se révèlent creusés à l'extrême et aussi très attachants. On se plaît à suivre les destins parallèles et pourtant si éloignés de Jarid et Hutsuri, la tension monte crescendo et franchement on tremble pour eux par moment. Il faut dire que les opposants sont aussi très bien croqués et rien ne semble pouvoir leur résister. Le space-opéra est ici jubilatoire, sans lourdeur et d'une belle portée emphatique (reproche parfois formulé envers ce sous-genre SF). L'écriture de Genefort reste toujours aussi accessible et concise, évocatrice à souhait et porteuse d'un message humaniste. On traverse cette lecture avec bonheur, le plaisir est renouvelé de visiter l'univers des Portes de Vangk (univers créé par l'auteur et développé en filigrane dans l'essentiel de ses romans SF). De beaux moments d'évasion. À lire pour tous les amateurs du genre!

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Mémoria
- Les Opéras de l'espace

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mercredi 25 novembre 2015

"Les Hauts de Hurle-Vent" d'Emily Brontë

Emily-Bront--Les-Hauts-de-Hurle-VentL'histoire : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

La critique Nelfesque : "Les Hauts de Hurle-Vent" est un classique de la littérature anglaise que je n'avais encore jamais lu. Pourtant ce dernier avait tout pour me plaire : un amour contrarié, une histoire de famille lourde, une ambiance pesante... C'est donc à l'occasion d'un Book Club (où chacun lit le même roman dans le mois pour en discuter tous ensemble à une date choisie) que j'ai décidé de me plonger dans ce roman culte d'Emily Brontë. Et j'ai bien fait !

Ce roman a été publié pour la première fois en 1847 et c'est le seul et unique roman d'Emily. Ces autres soeurs, Anne et Charlotte, ont quant à elles écrit plusieurs ouvrages et après avoir terminé ma lecture de celui-ci, je n'avais qu'une envie, découvrir l'écriture de cette fratrie ! Je me plongerai donc prochainement dans un nouveau roman d'une soeur Brontë mais autant vous le dire tout de suite, je suis triste de ne pas pouvoir envisager une autre lecture d'Emily tant l'univers dépeint ici m'a plu.

Dans ce roman, nous suivons l'histoire de Heathcliff. Jeune bohémien, sans famille et sans le sou, il est recueilli dans la famille Earnshaw par le père de Catherine et Hindley. Ce dernier voit d'un mauvais oeil son arrivée et lui mènera la vie dure durant toute son enfance. Catherine et Heathcliff vont quant eux développer une grande affection et une complicité qui ne trouvera de limite que dans la différence de condition sociale entre eux. Rejeté par sa famille d'adoption à l'âge adulte, il va fuir les Hauts de Hurle-Vent pour mieux revenir quelques années plus tard et mener à bien une vengeance ne laissant plus de place à la compréhension. Avec "Les Hauts de Hurle-Vent", le lecteur passe par toutes les émotions et bien qu'écrit au XIXème siècle, ce roman se lit avec beaucoup de facilité. C'est souvent la crainte du lecteur quand il s'attaque à un classique. Peur de formulations trop lourdes, d'un vocabulaire désuet, perte d'intérêt... C'est en tout cas la mienne et elle a été balayé dès les premières pages.

Emily Brontë nous plonge très vite dans une ambiance sombre, dans cette lande battue par les vents. Lockwood vient d'arriver à La Grange et loue cette demeure à Heathcliff. De nature sociable, il cherche à nouer contact avec son propriétaire mais comprend très vite qu'un secret plane sur le domaine et que les habitants de ces lieux ne sont pas très enclins au dialogue. Rustres, fermés et discourtois, ils démotivent toute tentative d'approche. C'est vers Mrs Dean, longtemps domestique à Hurle-Vent et maintenant au service de Lockwood, que celui-ci se tourne pour comprendre l'attitude de cette famille. C'est donc par sa voix que le lecteur plonge dans le passé des Earnshaw. Commence alors une immersion dans un passé trouble, froid et pavé de mauvaises intentions.

"Les Hauts de Hurle-Vent" est un roman qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Les personnages ont tous leur part d'ombre et de lumière. Loin du manichéisme, ils sont complexes, parfois incompréhensibles mais profondément humains dans leur démesure. Le lecteur tour à tour monte sur ses grands chevaux, se laisse attendrir, déteste l'un et éprouve une infinie tendresse pour l'autre. Rien n'est figé et les nuances dans les personnalités des uns et des autres font évoluer le lecteur tout le long du roman. Le final est magistral, les personnages sont puissants et l'écriture envoûtante.

logo-epubUne très belle histoire d'amour, une histoire de famille passionnante qui plaira à tous les amoureux de destins torturés, une nature sauvage et hostile, ce roman d'Emily Brontë, à l'écriture fluide et évocatrice, en angoissera certain tant la mort et la souffrance y sont omniprésentes mais il est indéniable que cet ouvrage est un roman clé de la littérature anglaise de l'époque. Je vous encourage vivement à le découvrir !

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mardi 24 novembre 2015

Mr K récidive !

Back dans les bacs contact! Non, NTM ne m'a pas poussé à craquer, c'est venu naturellement au détour d'un après-midi shopping avec ma chère et tendre. Innocemment (et je vous prie de me croire!), nous avons pénétré dans une enseigne de seconde main connue dans notre secteur et... catastrophe! 

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Voila le résultat! OK, je suis un indécrottable addict aux livres. Je ne peux résister à des titres qui me tendent leurs petites pages implorantes... Je les entends encore pénétrer dans mon esprit me glissant des suppliques du genre: Adopte-nous, adopte-nous, Mr K! Comme tout toxico en effet, j'entends des voix qui m'intiment de réaliser des achats compulsifs mus par un besoin irrépressible de possession et de défonce. Ben oui, chacun sa came! Moi je me nourris de mots et d'histoires. Pas mal comme paradis artificiels, non? C'est en plus, peu coûteux et enrichissant. Je suis pardonné? 

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On commence doucement avec deux ouvrages appartenant à la sphère policier / polar / roman noir de ma PAL:

- Les Sept églises de Milos Urban. Un roman tout droit venu de Tchéquie où il est question d'un passé longtemps enfoui qui ressurgit. Le jeune héros est amateur d'Histoire médiévale, ça m'a de suite parlé. Wait and see!

- Retour de bâton de A. B. Guthrie Jr. Avec l'âge, mon goût pour la Série noire Gallimard ne fait que grandir, et cette histoire de victime expiatoire (à la Gabriel Garcia Marquez) que tout le monde veut supprimer m'a l'air bien sombre et bien glauque. Et hop! Il va rejoindre ses petits frères dans ma PAL!

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Poursuivons avec la partie SF / fantasy / fantastique qui cette fois-ci s'enrichit d'une tétralogie (pour les vacances d'hiver?) et deux titres one-shot!

- Cycle de Pendragon de Stephen Lawhead (4 volumes donc!). Impossible de dire non aux légendes arthuriennes, j'en suis un fan inconditionnel depuis que je sais lire. À priori ici, on s'éloigne des versions traditionnelles avec une vision fantasy pas piquée des vers avec notamment un lien avec le mythe de l'Atlantide! WTF?! Je fonce, je plonge! On verra bien en remontant! 

- La Geste du sixième royaume d'Adrien Tomas. Un livre marquant en terme de fantasy selon des critiques littéraires établis et des amis de la blogosphère. Je tente le coup surtout que l'histoire lorgne vers du Fetjaine et du G. R. R. Martin. À moi les luttes pour le pouvoir, la baston et la protection de la Nature! Tout pour plaire quoi! 

- La Cinquième sorcière de Graham Masterton. Les éditions Bragelonne ont toujours aussi mauvais goût en terme d'esthétique de leurs couvertures mais je vais passer outre avec cet ouvrage de Masterton, un de mes auteurs préférés dans le domaine de l'épouvante-horreur (simple, efficace et détente neurone assuré!). Sous fond d'apocalypse, un homme mène une enquête ardue qui le confrontera à une sorcière retorse... Ouh la la, ça promet!

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Voila, le gros morceau qui va rejoindre la partie littérature généraliste entre contemporain et classique (en gros c'est un bazar sans nom!).

- Scènes de la vie carcérale de Aïssa Lacheb. Sans doute pas un ouvrage qui respire la joie de vivre mais à priori un livre bouleversant et tragique sur l'univers de la prison. Sans doute bien loin des lieux communs qu'on nous ressert régulièrement dans la boîte à connerie (comprendre la télé) et les fictions US. Il fera partie de mes prochaines lectures!

- Quiz Show de Kim Young-Ha. Tout droit venu de Corée, ce livre explore le monde implacable et fascinant des mondes virtuels dans lesquels s'enferment certaines âmes esseulées. Je m'attends à un bouleversement des frontières entre le réel et le virtuel chez le héros et une belle évocation de la solitude moderne qui nous habite de plus en plus en parallèle au développement des réseaux sociaux en tout genre. Bien hâte de tâter de ce roman!

- jPod de Douglas Coupland. Présenté comme une plongée impitoyable dans le monde des geeks loin des clichés sympathiques qui circulent sur cette tribu en plein essor (ce qui rapporte gros d'ailleurs...), le livre se distingue par une forme étonnante par moment. J'en reparlerai plus en détail en 2016!

- Blog de Jean-Philippe Blondel. Ouvrage jeunesse traitant des rapports parents / enfants, de la filiation et de l'écriture intime, rien que le titre m'a attiré. Ben oui, je suis blogueur après tout! Ce titre a bonne presse, je me devais de vérifier cela... On se trouve les excuses que l'on peut!

- Grâce et dénuement d'Alice Ferney. Plongée dans le monde des gitans avec cette histoire d'une passionnée de lecture qui va tenter de partager sa passion avec les enfants de ce peuple voyageur. Première approche, méfiance, découverte et une réelle humanité semblent se dégager d'une histoire classique qui je l'espère m'ouvrira les portes d'une communauté méconnue en dehors des faits divers nourrissant la haine et les propos réactionnaires. Ras le bol des clichés!

- Nouvelles histoires extraordinaires d'Alain Decaux. C'est l'historien vulgarisateur qui m'a fait aimer l'Histoire et m'a guidé dans ma prime jeunesse à travers des ouvrages pédagogiques et distrayants. J'avais bien envie de replonger dans le passé, une sorte de bain de jouvence, une Madeleine de Proust... Hâte d'y être!

- La Malédiction d'Edgar de Marc Dugain. J'avais adoré La Chambre des officiers notamment pour le style épuré et suintant d'émotion de l'auteur. Désormais, quand l'occasion se présente, je ne passe plus à côté d'un ouvrage de Dugain et puis le mystère Hoover est diablement fascinant! Qui lira, verra!

- Un Hiver chez les Tchouktches d'Adolf Erik Nordenskjöld, Japon interdit de Théodore Duret, Dans les sables de Taklamakan de Sven Hedin et Les Naufragés de l'aventure de Guillaume Lesquin. Il s'agit de quatre courts récits d'exploration dans des contrées lointaines auprès de peuplades oubliées et reculées. Grand amateur de ce type d'ouvrage, l'occasion fait le larron. Nous verrons bien ce que cela donne!

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Et ultime touche de ce craquage éhonté, une BD!

- Violent Cases de Neil Gaiman et Dave McKean. Je ne connais rien à l'histoire ni aux thématiques abordées mais quel bel ouvrage! Les dessins sont magnifiques et avec Gaiman au scénario, je ne pense pas que je serai déçu. À vérifier au plus vite!

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Voila... Tout est dit. Ma PAL est en perdition, les espérances de la baisser évanouies pour longtemps mais en contre-partie un beau choix s'offre à moi pour mes futures lectures. Ne reste plus qu'à les prioriser, les effectuer et vous transmettre mes impressions sur ces futurs voyages en terres oniriques et littéraires. Décidément cette addiction a du bon! 

lundi 23 novembre 2015

"Ossements" de Sheri S. Tepper

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L'histoire : Mahlia, une jeune Tahitienne, croyait avoir trouvé la maison idéale pour élever ses enfants. Mais bientôt, les travaux de rénovation lui font découvrir dans une mare des ossements et un bracelet, puis dans une chambre murée, à l'intérieur même de la vieille demeure, une plaque de bois gravée de signes étranges. Un archéologue veut l'aider à éclaircir le mystère : il est retrouvé mort dans la forêt voisine, écorché vif. Peu à peu, l'inquiétant passé du village refait surface : à chaque génération, des enfants disparaissent sans laisser de traces... eux de Mahlia ne risquent-ils pas d'être les prochaines victimes?

La critique de Mr K : Petit plaisir régressif aujourd'hui avec un livre s'apparentant à de la bonne série B mêlant ésotérisme et horreur. Malgré la couverture plutôt hideuse, je ne refrénais pas mon envie de lire la quatrième de couverture. J'adhérais au pitch et je repartais avec Ossements, ouvrage acquis une fois de plus à un prix défiant toute concurrence!

Jeune mariée et jeune maman (il y en a comme ça qui aiment combiner les statuts), Mahlia se voit confier par son courant d'air de mari la lourde mission de trouver LA bonne maison qui leur permettra d'accéder au bonheur. Bien évidemment, la pioche va se révéler plus que mauvaise entre découvertes macabres, disparitions, meurtres sanglants et un passé des plus douteux. Comme celui de Mahlia d'ailleurs... Pourquoi a-t-elle tous ces maux de tête? Quelles sont ces mystérieuses visions qui l'assaillent de plus en plus? Il va lui falloir tout son courage et l'aide d'anciennes amies retrouvées pour lever le voile sur la menace qui plane sur elle et ses enfants.

On rentre très vite dans le nœuds du problème car dès les trente premières pages, on sent déjà que tout ne tourne pas rond autour de cette maison. Une mare à bestiaux fangeuse qui contient un bras coupé, une étrange pièce dont semble provenir un froid glacial, le fils aîné qui parle avec des personnes disparues que seul lui semble voir, des locaux pas des plus hospitaliers ou d'autres au charme venimeux… Personnellement, je me serai barré au plus vite mais comme il n'y aurait pas eu d'histoire, l'héroïne persiste. Elle navigue alors entre phénomènes inquiétants, phases de recherche sur le passé des lieux et révélations fracassantes qui vont mettre à mal l'équilibre qu'elle recherche pour sa petite famille. Pêle-mêle, il est question de revenants, de magie vaudoue, de références à la période esclavagiste du sud des États-Unis et de sorcellerie au sens général. Le programme est réjouissant et se tient de bout en bout.

En même temps que les tenants et les aboutissants de l'histoire, le voile se lève sur cette héroïne qui semblait si lisse de prime abord. Au début, il est constamment fait référence à des événements du passé avec lesquels elle essaie de rompre. Seulement, la solution réside dans ses capacités, ses savoirs qu'elle essaie d'enfouir au plus profond d'elle-même pour plaire à son mari. Ce dernier est d'ailleurs quasi inexistant, étant sans cesse par monts et par vaux, sans pouvoir rassurer sa femme qui traverse une phase critique. Le Salut de Mahlia passera par la reconnaissance et l'affirmation de soi. Elle peut compter pour cela sur de vieilles amies et sur l'amour de ses enfants. Cela contraste beaucoup avec l'ambiance mortifère qui pèse sur ce roman et fait ressortir la personnage principale qui pour le coup n'est ni une nunuche ni une Lara Croft en puissance, c'est seulement quelqu'un qui se débat avec sa vie. En cela le livre est une réussite.

Cet ouvrage se lit rapidement et avec un certain plaisir. Le style n'est pas révolutionnaire, on est dans du classique du genre avec des passages bien ragoûtants et des moment plus intimistes qui font mouches. On n'est pas face à un incontournable du genre pour autant, les grandes lignes de l'histoire sont saisies assez vite et sans réelle surprise, la fin m'a semblé un peu abrupte et quelques passages sentaient le remplissage. Au final, on ressort plutôt content malgré un aspect tout à fait superficiel par moment. Une lecture détente et vide neurone que je vous conseille de tenter si le cœur vous en dit.

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dimanche 22 novembre 2015

A chacun ses raisons !

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Dessin de Lasserpe tiré du Stripsjournal

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vendredi 20 novembre 2015

Nos Utopiales 2015

Il est temps de nous replonger dans la dernière édition du Festival Utopiales qui a eu lieu à Nantes il y a 3 semaines. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur de bons souvenirs et en ce moment, il y en a besoin ! Alors c'est parti, en route pour la planète SF !

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Cette année, le thème du Festival International de Science-Fiction était "Réalité(s)". Qu'est-ce que la réalité ? Les Réalités augmentées, les Psycho-réalités, les Réalités alternatives... Tout un programme ! Autant vous dire que le thème nous importe peu puisque cela fait maintenant plusieurs années que nous allons au festival et qu'à chaque fois nous en ressortons enchantés. Cela pourrait être "Les Licornes" ou "Le Bottin à travers les âges", nous serions tout aussi intéressés. Et oui, Les Utopiales, c'est avant tout une ambiance, un état d'esprit et une multitude de choses à voir et à faire. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde y trouve son compte.

♠ Côté conférences :

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Le programme tombe toujours assez tard, comprenez une semaine avant le lancement du festival, et chaque année, à J-7, c'est la course à l'hébergement et la mise en place de notre programme perso lorsqu'il est mis en ligne. Cette année, au vu des conférences et des auteurs présents, nous avons décidé d'y aller le vendredi. En général, nous n'y allons qu'une journée mais on a de plus en plus envie de faire le festival sur plusieurs jours et l'an prochain sera peut être (sans doute !) le passage de cap ! Comme d'habitude, il a fallu faire des choix et nous avons assisté à moins de conférences que les autres années.

A 13h00 sur la Scène Hetzel, nous étions à la conférence "Asiles psychiatriques et lieux de réclusion dans la science-fiction". De "L'Antre de la Folie" à "L'Armée des Douze Singes" en passant par "Arkham Asylum", les asiles et mondes-prisons jouent un rôle-clefs dans la science-fiction. Une conférence vraiment très intéressante à laquelle nous sommes arrivés un peu en retard suite à notre séance cinéma (dommage) et où l'on a pu noter quelques références pour de futures lectures et de futurs visionnages.

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A 14h00 à l'Agora de M. Spock, nous étions à la Rencontre entre Michal Ajvaz et Xavier Mauméjean. A ce moment là nous priions très fort pour que Michal Ajvaz obtienne le Prix Utopiales Européen pour son roman "L'Autre Ville" que Mr K avait adoré (et nous avons été exhaussé ! Encore bravo Mirobole !). La discussion fut ardue, technique et poussée mais ce fut un plaisir de voir ainsi attablé deux auteurs que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé et ainsi nous amuser de leurs approches d'écriture complètement différentes l'une de l'autre.

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A 17h00, nous avions rendez-vous avec Laurent Genefort pour une "Interro surprise sur... les extraterrestres !" à l'Agora de M. Spock où les festivaliers étaient invités à poser toutes les questions qui leur passaient par la tête sur les petits hommes verts. Une rencontre très sympathique à la fois drôle et intrigante.

A 20h00 sur la Scène Shayol, il était question des "Réalités-gigognes, de Philip K. Dick à Christopher Nolan !". Réalités emboîtées, factices, illusoires... au cinéma, dans la littérature et les comics / BD. Nous avons particulièrement aimé Daniel Tron à la modération. Nous l'avions déjà vu les années précédentes mais cette fois ci nous avons bien noté son nom. Avec sa bonne humeur, son humour et sa pertinence, je pense qu'il sait donner vie à n'importe quel thème. L'an prochain, je le suivrai à la trace je le sens ! Et puis avec un nom pareil, il n'aurait pas pu être ailleurs que dans la grande famille de la SF !

A 21h00, je suis restée au début de la Remise du Prix Verlanger, apprenant quelques minutes plus tôt qu'un hommage serait rendu à Ayerdhal, auteur de SF, décédé quelques jours plus tôt. Un moment d'émotion partagé avec bon nombre d'auteurs et d'amoureux de science-fiction.

♠ Côté cinéma :

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Nous avons décidé cette année de tester les courts métrages et nous nous sommes rendus à une session de Courts où nous avons pu voter pour le Prix du Public. Au programme 7 courts métrages et environ 1h30 de visionnage. Rien de neuf sous le soleil, nous n'avons pas vraiment été convaincu et avons voté pour "le moins pire". Oui, je sais, c'est vache, ça demande beaucoup de boulot tout ça mais quand ça passe pas ça passe pas. Nous n'avons rien vu de novateur ou de complètement dingo et avons eu l'impression de perdre notre temps. Pas sûr qu'on retente l'expérience dans les prochaines années.

♠ Côté expos :

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Manchu nous accueille dès l'entrée du festival. 25 ans de travail et d'illustrations sont ici exposés. Couvertures de romans pour Folio SF notamment, de BD chez Delcourt, travaux de recherches, croquis... Ce digne héritier de Caza nous en met plein les yeux.

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Au Pôle Jeunesse, nous découvrons Yvan Duque. Dans une aventure arctique, il s'amuse de personnages maladroits, les faisant évoluer dans de riches décors qui le font rêver. Vraiment une chouette découverte ! Je vais creuser du côté de cet illustrateur et quand on aura des nains, c'est tout à fait le genre d'illustrations que nous pourrions mettre dans leurs chambres. Vraiment top !

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(désolée pour les reflets, j'ai fait au mieux)

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(là tu peux laisser tes nains si tu as envie de t'en débarasser le temps d'une journée sans qu'ils soient traumatisés)

Pour les 20 ans de Série B, le festival a vu les choses en grand et nous fait entrer dans les coursives d'un vaisseau ! Fondé au début des années 90 par Fred Blanchard et Olivier Vatine, le label Série B est essentiellement né du désir de redéfinir la bande dessinée de genre, au moment où émergeait la "Nouvelle Bande Dessinée". Ici, ce sont de nombreuses BD, de nombreuses planches et quelques tables de travail qui nous sont données à voir. Très bonne idée !

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L'exposition "Wika" est celle qui nous a le moins plu. Olivier Ledroit, papa des "Chroniques de la Lune Noire", et Thomas Day s'associent et revisitent l'univers des fées. C'est très coloré et les filles sont très poumonnées. C'est sans doute mon côté féministe qui ressort (et celui de Mr K avec) mais la quasi omniprésence des gros nichons dans la BD me sort par les trous de nez...

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(il y avait tout de même de chouettes croquis, pour le reste je vous laisse faire la recherche parce que de notre côté, ça ne nous a pas convaincu...)

"Le Passage errant" de Sarah Scaniglia est un travail intéressant de photomontages mêlant détails architecturaux nantais et univers SF.

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"Galactik bricks" proposait au public pendant toute la durée du festival de créer une flotte galactique d’environ 800 vaisseaux en briques LEGO®. Un projet éphémère, original et unique au monde ! Nous étions là au début mais la flotte après 5 jours de festival fut impressionnante !

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♠ Côté rencontres :

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Nous avons passé pas mal de temps au bar de Mme Spock à discuter bouquins avec une éditrice chère à notre coeur. C'est aussi ça les Utopiales, des rencontres, des mots échangés, des bières éclusées... Nous avons aussi fait la connaissance IRL, très rapidement mais avec plaisir, de Mariejuliet et Ptite Trolle. Un tweet posté, une curiosité assouvie. La suite lors de prochaines éditions !

♠ Côté bouquins et dédicaces :

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Bienvenue dans le supermarché de la défonce des amateurs de lecture et de SF en particulier. Ici, t'as les yeux qui te sortent de la tête, t'as envie de tout acheter et tu fais de la muscu pour les 10 prochaines années de ta vie à trimballer tes sacs de bouquins ! Ici, c'est Nantes messieurs dames, c'est la plus grande librairie SF du monde !

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(ne sont-ils pas beaux tous ces petits Mirobole Editions ensemble !?)

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(et ces petits Folio SF !?)

Alors là tu respires bien fort hein, tu penses à ton banquier et tu te munis de ton plus beau stylo pour noircir les pages de ton carnet de plein de nouvelles idées de lecture ! Comment ça, t'en as pas besoin ? T'as déjà une PAL à faire peur ? Arrête, on n'en a jamais assez !

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(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen)

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(côté achats, voyez comme nous avons fait soft !)

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris.

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Laurent Genefort, que nous avions rencontré l'an dernier, a conseillé Mr K pour la suite de sa découverte des Portes de Vangk, un Troll a rajouté un gag à notre exemplaire de "L'Instinct du Troll", Francis Berthelot a signé l'exemplaire d'"Hadès Palace" de Mr K lu et chroniqué au tout début du blog (que les articles étaient courts à l'époque ! (plus courts que l'article que vous êtes en train de lire !!! (hum !))) et on a pu donner notre avis sur la fin du film "Le Prestige" de Nolan à Christopher Priest (joke de l'an dernier où il avait présenté la séance de l'adaptation de son roman du même nom).

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Michal Ajvaz était tout seul à sa table ! Scandale ! Son roman "L'Autre ville" est tellement incroyable ! Lors d'autres séances, nous avons pu constater que ce n'était plus le cas. Ah quand même ! Jean-Claude Dunyach fut LA rencontre de cette année. Nous l'avions seulement croisé les années passées et suite à la lecture de son roman et quelques échanges sur Facebook, nous ne pouvions pas le louper. Jean-Claude est un amour ! Encore une belle rencontre grâce aux Utos ! Pierre Bordage bien sûr, le local de l'étape, celui que l'on est sûr de voir à chaque édition des Utopiales. Bientôt, je crois que tous les livres de Bordage présents dans la bibliothèque de Mr K (autant dire tous les romans de Bordage) seront dédicacés. C'est ça quand on aime... Et Mr K l'aime ! Et puis Xavier Mauméjean, notre chouchou, nous a donné une nouvelle liste de livres à lire avant l'an prochain. C'est maintenant une tradition et ses conseils sont toujours avisés. On repart avec une bonne dose d'amour pour l'année ! Merci !

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Hey Ho !? Y'a quelqu'un !? Vous êtes toujours là !? Oui je sais, c'est un gros pavé que je vous ai écrit aujourd'hui (je vous dis combien j'ai mis d'heures à sélectionner les photos, les retoucher, les uploader et rédiger ce billet ? Non il ne vaut mieux pas, c'est indécent et je saigne des doigts (des yeux aussi remarquez !)). Merci à vous d'avoir lu mon blabla jusqu'au bout. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaires histoire de me rassurer en me disant que vous êtes toujours en vie ! 

Vivement l'an prochain ! A bientôt les Utos !

jeudi 19 novembre 2015

"Des Amis" de Baek Nam-Ryong

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L'histoire : Ce livre nous invite à partager les investigations d'un magistrat qu'une femme a saisi d'une demande de divorce – et qui se trouve donc confronté à un dysfonctionnement social. Là-bas, en effet, les affaires privées engagent l'intérêt public. Et en l’occurrence, la requête est rendue particulièrement délicate par les professions respectives des époux : la demanderesse est cantatrice, et elle se plaint de l'incompréhension "culturelle" de son mari – qui est ouvrier. L'enquête menée par le juge dans l'entourage du couple va donc prendre rapidement un tour quasi politique…

la critique de Mr K : Lors de son édition par les éditions Actes Sud en septembre 2011, Des amis de Baek Nam-Ryong a été le premier roman d'origine nord-coréenne traduit en français ce qui a présenté une mini-révolution dans le domaine de l'ouverture culturelle. En effet, une mince fenêtre s'ouvre sur le pays le plus secret du monde, ultime dictature stalinienne survivante encore au pouvoir, vestige d'une Guerre Froide terminée depuis bien longtemps. Passez votre chemin si vous cherchez un manifeste anti-communiste ou un exemple de propagande pro-régime, l'auteur s'attache ici à nous raconter une histoire intime et sociale à la fois. Vous voila prévenus!

Jong Jin-Woo est juge dans le tribunal municipal populaire de son agglomération. Respecté et craint, il applique les préceptes du pouvoir en essayant d'être juste et impartial. Un jour, Chaï une jeune femme de sa circonscription vient déposer une demande de divorce car elle ne s'entend plus avec son mari. Débute une discussion sur les causes de cette demande et l'évolution de leur mariage. En effet, en Corée du Nord, se marier est un acte social fort, la cellule familiale est sacrée et constitue le maillon de base de la société. En cela, elle doit être préservée à tout prix et chérie de tous pour soutenir le pouvoir en place et garantir la stabilité de la société. Le juge va tour à tour rencontrer les différents partis concernés, rentrer dans l'intimité du couple et tenter de raisonner tout le monde.

Il souffle un vent très particulier sur les 245 pages qui composent cet ouvrage. Bien qu'habitué à la littérature asiatique, on sent qu'on rentre dans un monde, un état d'esprit différent de mes lectures japonaises ou chinoises habituelles. L'auteur suit au plus près notre investigateur de héros dans ses déplacements et ses pensées. On partage ses repas, ses nuits sans sommeil, ses rencontres, ses espérances (notamment dans la possibilité de rabibocher le couple en péril) et ses déceptions. Ce qui pourrait paraître terre à terre et à intérêt limité devient fascinant quand on recontextualise. Par petites touches, au détour de certains paragraphes, Baek Nam-Ryong nous livre quelques parcelles de son pays. Loin des fantasmes et des clichés qui nous habitent, le quotidien nord coréen étonne par sa banalité affichée mais pensée comme partie prenante de la révolution prolétarienne. C'est surprenant car complètement différent de la pensée individualiste qui règne de part chez nous.

Encartés et enserrés dans le système, les personnages néanmoins nous captivent par les déchirements intérieurs qui les habitent et la quête incertaine qu'ils mènent vers le bonheur espéré. Il est beaucoup question dans ce livre d'amour et de confusion des sentiments, il y a l'ordre social établi d'un côté et la vraie nature des sentiments qui unissent cette femme et son mari. Une tension sourde s'insinue, les élans du cœur et les déceptions attendues s’enchaînent entraînant le lecteur dans une ronde incessante de sentiments contradictoires. Entre documentaire et pur roman à fleur de peau, le mélange prend très bien et nous emporte très loin pour très longtemps.

La lecture est très aisée. L'immersion est quasi immédiate et le style simple, détaillé et pur de l'auteur marche à merveille. Il se démarque de mes autres lectures asiatiques par un attachement fort au réalisme sans passage lyriques trop poussés. Ouvrier d'origine, Baek Nam-Ryong s'attache à rendre compte le plus précisément possible de toutes les situations et tiraillements qu'il nous livre ici. On passe vraiment un moment à part avec cette lecture à la fois touchante et enrichissante. Une expérience à tenter pour les plus curieux d'entre vous!

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