AssassinsL'histoire : Sur 18.000 meurtres par an aux Etats-Unis, seulement 200 sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu'ils ont été commis à la date anniversaire d'un meurtre passé, oeuvre chaque fois d'un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s'inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

La critique Nelfesque : 2015 est un peu l'année Ellory ! Après l'édition française de son premier roman, "Papillon de nuit", il y a deux mois,  et avant la sortie en poche de "Les Neuf cercles" aux éditions Livre de Poche la semaine prochaine, c'est aujourd'hui que vous retrouvez en librairie son nouveau roman traduit en français, "Les Assassins". Vous connaissez mon amour immodéré pour cet auteur, ce n'est pas moi qui irait me plaindre ! Si vous ne vous êtes pas rués en librairie pour vous le procurer aujourd'hui, lisez bien ce qui suit. Vous risquez de ruminer toute la nuit afin d'être les premiers à la porte du libraire demain matin. Vous êtes prêts ? C'est parti !

Tout commence en 1984. John Costello a 16 ans et vit sa première histoire d'amour avec Nadia qu'il aime plus que tout. "Les Assasins" commence avec un amour adolescent, un de ces amours dont on garde une place toute particulière dans nos coeurs. John se rappellera toute sa vie de Nadia, de ses longs cheveux, de son côté artiste, de sa douceur et du marteau qui lui fracassa le crâne un soir de novembre.

32 ans plus tard, une adolescente est retrouvée dans un sous-bois, la tête enfoncée et le corps emballé dans du plastique. Quelques jours plus tard, 2 jeunes filles sont abattues par balles puis un jeune homme est retrouvé étranglé le visage d'un clown peint sur la figure... Les homicides sans lien évident entre eux se succèdent et plusieurs bureaux de police de New York planchent en parallèle sur ses affaires.

Irving, inspecteur à la quatrième division de la brigade criminelle, est un flic consciencieux et solitaire. Très vite il va se retrouver confronter à la plus grosse affaire de sa carrière. Un jeu de pistes macabre dont il ignore les règles. Aidé de Karen Langley, journaliste au New York City Herald et de John, aujourd'hui enquêteur spécialisé en affaires criminelles dans le même journal, il va mener l'enquête et essayer de démasquer ce tueur qui semble toujours avoir un coup d'avance.

Comme à son habitude, R. J. Ellory travaille à fond ses personnages, creusant au maximum leurs psychologies, leurs vies privées et leurs réactions pour nous les rendre humains et déclencher l'empathie chez ses lecteurs. Dans "Les Assassins", ce procédé fonctionne toujours à merveille. John Costello, personnage énigmatique et bourré de principes de vie étranges est difficile à cerner. Karen est une femme forte pleine d'humour et de dérision et ses échanges avec Irving sont savoureux, permettant ainsi de dédramatiser certaines situations. Irving quant à lui est un bourreau de travail, ne comptant pas ses heures, il va jusqu'au bout de ses forces pour résoudre ses enquêtes. L'ambiance est lourde, l'urgence est bien présente.

D'ordinaire plus versé dans le roman noir, Ellory nous livre ici un roman 100% thriller sans pour autant négliger ce qui fait sa marque de fabrique : une écriture finement ciselée, des personnages forts bien construits et des ambiances palpables et uniques. L'histoire est somme toute assez classique dans sa trame mais son traitement soigneux fait de ce roman un thriller qui sort du lot. Le lecteur vit l'urgence de l'enquête et les 40 dernières pages sont un véritable supplice pour les nerfs. Le coupable est là, à portée de main et la fin est à la hauteur du roman.

Loin de la facilité et du consensuel, R. J. Ellory nous livre ici encore avec "Les Assassins", un ouvrage de qualité qui restera dans l'esprit des lecteurs comme un page-turner intelligent et rudement bien construit. Je vous conseille vivement de vous le procurer au plus vite !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"
- "Mauvaise étoile"
- "Les Neuf cercles"
- "Papillon de nuit"