dimanche 19 juillet 2015

"Les Vacances d'un serial killer" de Nadine Monfils

vacanesserialkillerL'histoire : Comme chaque été, Alfonse Destrooper part en villégiature à la mer du Nord. Josette, sa femme, est bien décidée à se la couler douce, entre farniente à la plage et shopping dans la station balnéaire. Les enfants, Steven et Lourdes, emportent leur caméra pour immortaliser ces vacances tant attendues. Quant à la mémé, véritable Calamity Jane, elle les accompagne dans sa vieille caravane.

Mais le voyage commence mal ! Un motard pique le sac de Josette à un carrefour et s’enfuit. Furieux, Alfonse s’arrête dans un snack pour s’enfiler une bière pendant que les deux ados, avec leur manie de tout filmer, s’amusent à planquer leur caméra dans les toilettes, histoire de recueillir quelques images truculentes. La famille Destrooper reprend finalement la route. À l’arrière de la voiture, les ados visionnent tranquillement leur vidéo. Quand, soudain, ils découvrent à l’écran le cadavre du motard gisant sur le sol des toilettes du restoroute ! Et, pour couronner le tout, la magnifique pension dans laquelle les Destrooper ont prévu de séjourner est un rade pourri. Les vacances en enfer ne font que commencer…

La critique Nelfesque : "Les Vacances d'un serial killer" est une lecture de saison ! J'avais envie d'un roman original et décoiffant et je peux dire que je n'ai pas été déçue. Mais comment l'être d'un ouvrage qui commence par la citation suivante : "Non, mais laissez-moi manger ma banane, tout nu sur la plage" de Philippe Katerine. Perso, je démarre ma lecture sereinement !

La famille Destrooper est sans doute une proche parente des Bidochon tant leurs façons d'être, leurs comportements et leurs modes de vie sont semblables. Très populaire et poussée à l'extrême, elle serait également la candidate idéale pour un épisode de "Confessions intimes". L'histoire se déroule en Belgique, la Belgique profonde et caricaturale, celle de la misère sociale, de la simplicité d'esprit et du côté beauf. Je ne veux pas me mettre à dos nos lecteurs belges, il s'agit bien ici d'une parodie. Ne vous offusquez donc pas, et mieux encore, riez en avec Nadine Monfils, elle-même belge, qui a beaucoup d'humour et un regard décalé sur ses concitoyens.

Alfonse, dit Fonske, est un fondu de tuning et des chansons à texte de Sheila. Sa femme, Josette, s'abreuve de magazines people tandis que leurs enfants, Steven et Lourdes, en référence à Steven Seagal l'idole de sa mère et la fille de Madonna, rêvent d'être stars de cinéma. Vous voyez un peu le tableau ! Et puis, il y a Mémé ! La célèbre Mémé Cornemuse qui apparaît souvent dans les romans de l'auteure. Un mythe à elle toute seule, un poème de chaque instant et une gouaille à décorner les boeufs.

"Les Vacances d'un serial killer" commence par le départ en voiture de cette joyeuse bande vers leur lieu de villégiature, la pension des "Mouettes rieuses". Cet havre de paix n'est en fait qu'un taudis au milieu des ordures à quelques kilomètres de la dépaysante Mer du Nord. Pour le côté paradisiaque, on repassera.

Quiproquos et concours de circonstances sont légion entre ces pages. Ne vous attendez pas à un roman vraisemblable, ici rien ne l'est ! Entre la découverte d'un cadavre dans les toilettes d'un restoroute, les prouesses sexuelles de Mémé, les travelos de bars PMU type Groland, la lecture des numéros du loto dans une boule de cristal... Nadine Monfils nous offre un roman complètement déjanté et toujours dans l'absurde. Un moment de pure délire et de plaisir pour qui accepte de se laisser porter par un style d'écriture très familier, voir vulgaire diront certains, mais qui colle parfaitement à l'ambiance du roman. Le soucis du détail, la crédibilité de l'ensemble (malgré le côté farfelu), Nadine Monfils va au bout de son idée et cela passe aussi par le florissant jargon belge.

On rit du début à la fin, on est fasciné par les aventures des Destrooper avec un petit côté voyeuriste qui nous fait honte mais nous distrait et finalement on s'attache à cette famille d'éclopés que l'on ne voudrait certainement pas avoir dans nos rangs mais qui est tout de même émouvante. L'épilogue enfonce le clou et prouve au lecteur, si il ne l'avait pas compris et s'était mépris sur les intention de l'auteure, que Nadine Monfils pose un regard tendre et sensible sur ses personnages. Une lecture détente que je vous conseille grandement ! De mon côté, je vais me procurer la suite au plus vite !

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J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix.