vendredi 19 juin 2015

"Maggie" de Henry Hobson

maggie afficheL'histoire : Alors qu'une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu'elle a été contaminée, elle s'enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s'il lui faut affronter les forces de police...

La critique Nelfesque : "Maggie" est le genre de film que nous aimons voir au cinéma. En bons adeptes de films de genre, nous ne disons jamais non à une histoire zombiesque ! A la vue de la bande-annonce de ce film de Henry Hobson, on semble s'éloigner des codes du genre et je suis assez curieuse de voir ça. Rajouter à cela Schwarzy dans son premier rôle sensible (ça fait très sketch des Inconnus cette formulation) et hop rendez-vous est pris avec ce long métrage qui semble allier ambiance et psychologie.

Belle surprise que ce film pour lequel la BA ne ment pas. Certains le qualifieront de longuet avec des scènes un peu molles mais en ce qui me concerne, j'aime les films qui prennent leur temps et savent installer un climax particulier. La psychologie des personnages est finement menée et vu le parti pris par le réalisateur et l'angle qu'il a donné à son film, ce point n'était pas à rater. Le spectateur s'attache beaucoup à Maggie, jeune ado tout juste infectée par un virus dont on connaît les méfaits mais dont le remède est toujours à l'étude.

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Lors d'une fugue, elle va se faire mordre et développer peu à peu les germes en elle. Nous suivons donc l'évolution de son état physique, des prémices de la maladie au point critique où tout infecté doit être mis en quarantaine pour éviter toute contamination et mise en danger d'autrui. "Maggie" est un huit clos et nous sommes ici au plus près de la cellule familliale dans laquelle elle vit. Nous ne savons pas ce qui se passe véritablement dans le reste du monde, même si quelques informations sont données par la radio. Rien ne détourne notre attention.

Ne vous attendez pas à un film de zombies classique en allant voir "Maggie". Il n'y a point ici de scènes véritablement gores, ni de courses poursuites effrénées. Maggie est une jeune fille lambda qui se voit dépérir, elle ne va pas se mettre à manger ses frères et soeurs ni à poursuivre ses amis la bave aux lèvres. Ce n'est pas ici le propos du film et si vous êtes plus amateurs de sensations fortes, passez votre chemin. En revanche, si vous souhaitez voir un film plus finaud sur une relation père / fille, sur les rapports humains, sur la notion de deuil et une réflexion sur la valeur de la vie, ce film peut vous plaire.

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La critique de Mr K : 4/6. Bonne séance de cinéma que ce film de zombie qui sort des sentiers battus en ne proposant pas pour la énième fois un métrage sur la survie d'un groupe d'humains-sains ou un film type course-poursuite. Ici, on rentre dans la sphère intime d'une famille recomposée frappée de plein fouet par l'épidémie, la grande fille a été mordu et ses jours sont comptés. Le papa (Gouvernator en personne!) qui s'est remarié depuis et a eu deux enfants de son nouveau mariage va devoir accompagner sa fille dans ses derniers jours, se confronter à sa disparition prochaine, chose impensable pour tout parent qui se respecte, un parent ne devant jamais à avoir à enterrer un de ses enfants. Si la fin du film est prévisible, le film tire son épingle du jeu par ses acteurs et sa mise en scène.

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On a beaucoup parlé de l'interprétation de Arnold Swarzenegger et de sa prestation très réussie pour son premier rôle "dit" sensible (je ne peux m'empêcher de faire le lien avec le sketch des Inconnus sur Jésus 2: le retour!). Sans crier pour autant au génie, il m'a surpris en campant ce colosse vieillissant touché en plein cœur par la disparition programmée de sa progéniture. Il est à lui tout seul le symbole de ce monde arrogant sûr de sa force mais qui est en train de s'écrouler. Sa douleur profonde est palpable à chaque plan, chaque attitude. Il faut dire que ce n'est pas un causeux dans le film (ce n'est pas plus mal diront les mauvaises langues...) mais il a cette capacité indéniable d'émouvoir et de toucher. Je dois avouer aussi que je suis un grand fan du bonhomme surtout depuis ma vision des géniaux Conan le Barbare, Predator et Terminator (le 1, on est bien d'accord!).

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Il est remarquablement aidé par la jeune mademoiselle Breslin qui a bien grandi depuis Little Miss Sunshine (courrez le voir si ce n'est déjà fait!). Touchante de naturelle, sa composition toute en nuance illumine l'écran et porte l'émotion à son comble. Son personnage d'ado lambda confrontée à l'indicible est crédible et poignant. J'ai aimé son rapport particulier à son père lors de leurs moments privilégiés (un échange à table, une discussion autour du pick-up), scènes quotidiennes magnifiées par les enjeux et le sous-texte du film. J'ai aussi adoré le passage où elle retrouve sa bande d'amis pour une ultime soirée, infectés et sains se côtoient, tout a changé dans les rapports, un regard suffit pour comprendre ce que chacun des protagonistes pense. Les autres acteurs que ce soit la belle mère, le shérif et son adjoint sont au diapason du couple star: justes et mesurés.

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Le film est tout en tension et celle-ci ne fait que monter. La réalisation est aux petits oignons avec de magnifiques plans notamment sur la nature et des couchers de soleil qui font écho à la situation de l'héroïne. La musique accompagne admirablement l'ensemble et l'on flotte dans une ambiance mi-cotonneuse mi-angoissante, étrange impression qui reste après que les lumières se soient rallumées dans la salle. La dimension humaine et proche du public y est pour beaucoup, pas d'effusions de sang et d'action pour ce film plus contemplatif et collé à la routine. Un film qui montre à voir les choses comme elles se passeraient réellement si une telle catastrophe venait à se produire: des familles endeuillées, des autorités dépassées et le chant du cygne pour l'humanité.

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Je ne vais pas au-delà du 4/6 car j'ai retrouvé ici ou là des éléments déjà traités dans d'autres films plus marquants. Impossible de ne pas penser à La Route pour le rapport père/ enfant qui m'avait plongé dans une profonde affliction les heures suivant sa projection (quelques larmes tout de même pour celui-ci) et la réalisation bien qu'honorable ne touche pas les étoiles. Reste un très beau moment de cinéma sur un sujet très galvaudé ces derniers temps (il y a tout de même overdose zombiesque dans tous les arts) et traité ici de façon originale et sensible.

Posté par Nelfe à 19:56 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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