comment j'ai cuisinéL'histoire : "Si vous ne vous êtes jamais réveillé après un accident de voiture pour découvrir que vous êtes un cadavre animé en putréfaction, alors vous ne pouvez pas comprendre."

Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n'a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants anonymes. Mais lorsqu'un confrère l'initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue aux plateaux d'Oprah Winfrey, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l'accueil de zombies fugueurs.

La critique Nelfesque : En pleine période d'Halloween et apprenant la sortie de "Le Jour où les zombies ont dévoré le Père-Noël", la suite de "Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour", je décidai de lire ce premier opus. On me promet une bonne tranche de rire avec ce roman, je ne vais pas bouder mon plaisir.

Je ne suis pas une adepte de zombie en roman. En série, pas de soucis, en film, encore moins mais j'avoue qu'en littérature je ne vais pas spontanément vers ces personnages au demeurant charmants (hum...). En fait, pour dire vrai, j'ai une peur primale de tomber sur ce qui s'apparenterait à de la bit lit version zombie et je fais partie des gens pour qui il ne faut pas déconner avec les zombies ! Vu ce qui est arrivé aux vampires  ces dernières années en littérature, j'ai de quoi avoir quelques craintes...

Bon mais alors qu'ai-je pensé de "Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour" ? Comme je le disais précédemment, avec son titre et la notion d'amour énoncé dans le quotidien d'un zombie, ça partait plutôt mal... Ai-je bien fait de le lire tout de même ? OUI !

Andy est un zombie solitaire de part sa condition. Un peu comme un gosse qui explore la vie, il se découvre du jour au lendemain mort-vivant et doit apprendre à faire avec. Mais comment "mort-vivre" dans une société qui vous rejette ? Là est toute la réussite de ce présent roman. Au delà du fait qu'il soit drôle ou amusant, c'est vraiment la notion de problème sociétal qui m'a charmée dans cette lecture. Facilement transposable à d'autres problématiques plus actuelles et moins fantaisistes, on suit le parcourt d'Andy dans une soif de justice social complètement What The Fuck mais tellement compréhensive.

Les zombies sont des parias, des "non-êtres" sur lesquels les humains peuvent déverser leur haine en toute impunité. Se voir lancer de la nourriture au visage, se faire cracher dessus, insulter et même servir d'exutoire abjecte lors de soirées étudiantes décérébrées, au mieux faire fuir tout ceux qui étaient vos semblables il y a quelques jours, voilà le quotidien d'Andy et ses amis, tous membres des MVA (Morts-Vivants anonymes). Lors de leurs réunions, ils évoquent avec les autres leurs problèmes du quotidien et surtout apprennent comment accepter cette condition et "vivre" avec. S'ensuivent des situations et anecdotes cocasses où les pensées d'Andy arrachent quelques rires au lecteur. Une belle façon de dédramatiser une condition qui semble être une impasse.

Andy va-t-il réussir à aller de l'avant malgré son état ? La société va-t-elle finir par accepter et respecter les zombies ? Et ses parents, quel goût ont-ils ? Vous l'apprendrez en lisant "Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour", un roman drôle et inventif avec un fond surprenant et loin d'être bête. Je vous le conseille !