la patience du diableL'histoire: Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue... Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse... Des gens ordinaires découverts morts... de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

La critique Nelfesque: "La Patience du diable" est la suite de "La Conjuration primitive" sortie l'an dernier. Une suite sans en être vraiment une puisque ce sont bien 2 romans différents qui peuvent être lus indépendamment l'un de l'autre mais où l'on retrouve certains personnages dont Ludivine et Segnon que nous avions quitté au terme d'une enquête haletante dans un final éprouvant.

L'histoire commence avec une tuerie dans un train. Aux bouts des armes, 2 adolescents. Une scène d'une violence pure où les principaux acteurs sont des gamins que rien ne disposait à commettre de telles actes. Peu à peu la violence se propage comme une épidémie et des actes similaires, des actes de folie, des pétages de plombs, sont perpétrés aux 4 coins de la France.

Qu'est ce qui pousse des personnes lambda, des hommes et des femmes que l'on croise dans la vie de tous les jours, à de tels agissements? La violence engendre-t-elle la violence? Une même personne serait-elle à l'oeuvre pour tirer les fils de cette gigantesque machination? Le diable en personne? Ludivine, Seignon et la cellule de gendarmerie mise en place sur la première enquête va essayer de faire le lien, comprendre ce qui se passe et enrayer cette machine lancée à vive allure.

Ce nouveau Chattam est encore une fois très efficace. "La Patience du diable" est un bon page turner, Chattam a une écriture simple et efficace qui tient en haleine et les amateurs de thriller trouvent en lui une valeur sûre pour passer un bon moment d'horreur. Il faut aimer le sang, les tripes, les situations gores pour se lancer dans cette lecture. Si vous êtes sensibles, mieux vaut vous abstenir sous peine de faire quelques cauchemars.

Ce n'est pas le premier roman de cet auteur que je lis et dès les premières pages, il n'y a pas de doute, c'est bien du Chattam. La scène du TGV est une tuerie dans tous les sens du terme et "La Patience du diable" commence sur les chapeaux de roue. Je constate avec le temps que Chattam a tendance à répéter sa recette qui fonctionne bien mais qui peut aussi lasser. Les mêmes ficelles sont utilisées, l'horreur prend de l'ampleur plus on avance dans l'ouvrage et certaines scènes peuvent paraître "too much". Rien de nouveau sous le soleil dans le processus d'écriture mais après tout quand ça fonctionne on ne peut pas vraiment se plaindre. Chattam a suivi des études en criminologie et ça se sent. Il détaille beaucoup, utilise la psychologie des personnages pour construire ses récits et appuie sur des détails bien précis. Lors de ma première lecture, "L'Ame du mal", j'ai été conquise par cette construction de roman. Je dois avouer qu'au bout de 6 ouvrages, ça ne fonctionne plus autant qu'avant sur moi. Je savais où l'auteur voulait me mener, j'ai trouvé qu'il enfilait les clichés comme des perles et j'ai deviné l'identité du grand méchant très vite dans ma lecture. Dommage...

Vous l'aurez compris, je n'ai pas vraiment accroché à ce présent roman. Sans pour autant dire que c'est un mauvais roman, car ce n'est aucunement le cas, les assoiffés de thrillers dont je fais partie le trouveront "tout juste bon". L'histoire est bien trouvée, les scènes clés sont efficaces mais il manque le petit supplément d'âme, le détail d'écriture ou de construction du récit qui fait basculer le roman sympa en p***** de roman qui déchire. Si vous n'avez jamais lu de Chattam, si le thriller n'est pas l'un de vos genres préférés et donc que vous n'en avez pas lu des centaines comme moi, ça pourrait fonctionner. En ce qui me concerne, j'attends maintenant plus qu'un page turner sanglant pour être bluffée.

Un bon rythme, des scènes chocs et un fond intéressant qui consiste à dire que l'horreur est partout, en chacun de nous, et que le monde et nos rapports aux autres évoluent dans un terrain violent où sont mises en avant des situations affreuses et inimaginables. Les guerres, la crise, les agressions, les violences quotidiennes, les meurtres, les malversations ... sont autant de causes qui font monter la pression et élèvent notre seuil de tolérance à l'horreur. Chattam a su mélanger tout cela pour donner à penser que l'issue qu'il développe dans son roman est tout à fait envisageable dans le monde d'aujourd'hui. Malgré cela, c'est avec un sentiment mitigé que j'ai fermé ce livre et je crois que mon avis ici exprimé va dans ce sens. Un roman sympa... sans plus.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"
- "La Conjuration primitive"