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L'histoire: Genève l'opulente et ses riches banlieues représentent un terrain de rêve pour les jeunes cambrioleurs des banlieues françaises toutes proches. Michel Barne n'en est du reste pas à son coup d'essai. Mais lorsque, par une belle nuit de printemps, il tombe sur un propriétaire de villa qui n'a, pour seule obsession, que la légitime défense, la vie du jeune casseur se mue en une horrible chasse à l'homme. Dont il est la proie et la bonne société genevoise la meute. Gabriel Lecouvreur, lui, se trouve étrangement embrigadé du côté des... traqueur.

La critique de Mr K: Le Poulpe et moi, c'est une grande histoire d'amour littéraire. Héros charismatique, auteurs de talents changeants et des histoires courtes et percutantes. Une fois de plus, au détour d'un étal, je me retrouvai à adopter une de ces aventures! Encore une fois, le bonheur de lecteur était au RDV!

Cap sur la Suisse et une belle brochette de facistes plein aux as! Dans leur collimateur, un jeune cambrioleur qui a eu le malheur de vouloir voler la mauvaise personne. Commence alors une chasse à l'homme impitoyable dans laquelle se trouve embringué notre cher Gabriel Lecouvreur. Vous imaginez bien que notre justicier libertaire n'a pas viré sa cuti. En mode sous-marin, il va essayer de lever le voile sur cette mystérieuse organisation des plus réactionnaires et en même temps, tenter de sauver le jeune voleur. Va y avoir du sport!

Une fois de plus, ce Poulpe est une pure réussite! Nous avons le droit à un éclairage peu flatteur des vicissitudes humaines avec notamment ici un gang de réactionnaires particulièrement belliqueux. Effroyables de méchanceté et d'inhumanité, l'argent donne tous les droits et le racisme est article de foi. Des passages à ce niveau sont assez rudes et la colère monte vite au nez du lecteur. D'ailleurs, le Poulpe se retient plus d'une fois durant son infiltration et la tension est présente tout le long de l'ouvrage qui est placé sous le sceau du suspens et de la course contre la montre. La chasse est très bien rendue, on passe du point de vue des prédateurs à celui de la bête traquée qui se révèle être un jeune con pas très intelligent qui ne comprend pas ce qui lui arrive. La peur est palpable, les pages se tournent et l'on est en plein roman noir. Cependant, rassurez-vous, c'est un poulpe et comme toujours cela se termine bien malgré des bobos et des vexations diverses.

L'écriture de Paul Milan est une merveille de concision et d'efficacité dans la pure tradition de la série littéraire qu'il rejoint avec ce tome. Les phrases fondent sous la langue comme un bon chocolat et malgré le caractère amer de l'histoire et des sous-entendus, on passe un très agréable moment. Simple regret, l'absence totale de Chéryl, la chérie de Gabriel, qui n'est qu'évoquée et dont la grande gueule et le charme extravagant manquent cruellement à l'amoureux transi que je suis. Mais ce n'est qu'un détail face à une histoire maîtrisée qui fait écho à l'ambiance générale dans laquelle baigne notre pays en ce moment.

Une très belle lecture donc, qui plaira autant aux novices qu'aux férus du poulpes! Avis aux amateurs!

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