SW-OES1-BL'histoire: Que sont devenus les hommes?

Les survivants du grand cataclysme ont été recueillis par les draags, géants bleus aux yeux rouges, qui les ont emmenés sur leur planète, où le temps s'écoule beaucoup plus lentement que sur la Terre.

Asservis, domestiqués, ils sont devenus des oms, des êtres dégénérés au service de leurs nouveaux maîtres.

Mais peu à peu, menés par le jeune Terr, petit om d'une intelligence supérieure, ils retrouveront le goût de la liberté et affirmeront leur humanité face aux draags.

La critique de Mr K: Voici un très joli petit bouquin que j'ai dévoré en quelques heures! Une fois de plus, je l'avais dégoté chez l'abbé et il trainait déjà depuis quelques mois dans ma PAL avant que je jette enfin mon dévolu dessus. Nous avons ici affaire à un récit de SF très classique dans son déroulé mais à la forme à la fois inventive et spontanée.

Suite à un grand cataclysme, l'espèce humaine a été emportée sur une autre planète par la race géante des draags qui les a domestiqués. L'humanité n'est plus l'espèce la plus évoluée et se retrouve cantonnée dans le rôle d'animal de compagnie ou d'esclave. Le savoir s'est perdu, peu savent lire et écrire et les draags les entretiennent dans l'ignorance afin que les êtres humains ne répètent pas les erreurs du passé et ne soient un danger pour leur nouvelle planète d'adoption. Devenus des oms, des êtres soumis et désorganisés, le salut va venir d'un messie incarné par un jeune homme curieux aux capacités intellectuelles plus élevées que la moyenne. Le temps de la rébellion est venu et longue sera la route pour l'organisation de la résistance et la libération des oms.

Au risque de rendre certains d'entre vous sceptique quant à l'utilité de cette lecture, il n'y a pas vraiment d 'originalité dans l'histoire qui nous est ici livrée. Peu ou pas de surprise, on suit la transformation du jeune Terr en chef rebelle avisé, les erreurs et progrès inhérents à toute sorte d'organisation de résistance face à un système oppresseur. À travers plusieurs personnages secondaires (draags et humains), on voit la situation évoluer vers un affrontement inéluctable qui ici prendra une forme quasi pacifique. On est loin ici de la SF typée action ou space-opéra. On est plus dans l'esprit d'ouverture qui soufflait sur les création du genre de la fin des seventies comme dans le mythique dessin animée Gandahar. D'ailleurs Oms en série a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1973 par René Laloux avec Roland Topor au dessin. Un classique aussi que je n'ai toujours pas vu!

Le style de Stefan Wul est un bonheur de tous les instants. Très accessible, il ajoute un relief conséquent à cette histoire, par petites touches successives qui peu à peu éclairent le lecteur sur les tenants et aboutissants. Les descriptions du monde imaginaire et de ses habitants étranges que sont les draags sont concises et à la fois très immersives. Très vite, le background est exposé et il est très difficile d'échapper aux pages de ce livre. L'addiction est rapide et sans douleur. On suit alors la trame narrative avec plaisir et les rebondissements sont nombreux quoique prévisibles comme dit précédemment. Pour autant, on continue sa lecture sans frustration ni ennui et au final, quand on a refermé l'ouvrage, on n'a pas perdu son temps. Il se dégage d'Oms en série une sensation de paix et d'entente universelle qui fait bon d'éprouver en ces temps de crise et de crispation généralisés.

Un bon bol d'évasion mâtiné d'humanisme tel est le choix que je vous propose aujourd'hui! En rajoût, vous trouverez ci-dessous la BA originale du film qu'en a tiré René Laloux.