Ce samedi, Nelfe m'a fait un grand plaisir en m'offrant la place par surprise et en m'accompagnant au concert de Barbara Carlotti que j'ai découvert il y a peu via le show des http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2013/01/13/26135693.html. Amoureux éperdu dès la première écoute complète de son album L'amour, l'argent et le vent, acheté deux / trois jours après, je suis tombé littéralement sous le charme de cette chanteuse à la voix cristalline et aux textes aussi épurés qu'évocateurs, intimistes, parfois dérangeants tant l'artiste se dévoile et traite de sujets qui nous touchent tous: la mélancolie de la vieillesse et le temps qui passe, les souvenirs survoltés de jeunesse, l'amour absolu fantasmé (terrible duo avec Katerine que j'adore aussi!), le consumérisme et la violence qui l'accompagne... Autant de thèmes brillamment évoqués de manière décalée et légère. Rajoutez à cela des arrangements musicaux aux petits oignons et aux douces senteurs des 70' et un peu 80'. Sur ce dernier point, je dois avouer que je lui pardonne.

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Ce samedi donc, direction Lorient à la petite salle de spectacle bien sympa du Manège. Nous y avons été à de nombreuses reprises et à chaque fois le son était nickel et le public, quoique parfois bien roots (on est dans un port breton tout de même!), bien présent et en communion avec les artistes.

Je passerais par respect sur les deux premières parties qui ont tenté de faire patienter les spectateurs en attendant la Carlotti. Le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pas été convaincu pour rester poli. Un groupe de djeuns composé de deux personnes (héhé!), dont Rémi Pommereuil, qui ont livré un set réglé comme du papier à musique (ça tombe bien!) mais le tout manquait cruellement d'originalité et on avait l'impression qu'ils étaient allés piocher un peu partout dans les trente dernières années. Respect tout de même, c'était leur premier vrai concert et ils ont vraiment été pro malgré un trac parfois un peu perfectible dans les intermèdes dialogués avec le public. Je passerais plus vite sur Marc Gauvin, guitar héro qui enregistre mélodies et riff en direct et chante par dessus ensuite. Le mec a du talent mais j'y suis resté totalement imperméable, ressentant même de l'agacement au bout de 40 minutes de ce show vraiment d'un autre monde. L'ennui est profond, seul l'image de la divine Carlotti entretient mon énergie pour tenir... Non, ne riez pas, assister à un concert de Marc Gauvin relève pour moi de l'exploit et louée soit cette soirée qui m'a vu triompher des forces obscures!

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Et puis le grand moment, arrive, les lumières se tamisent, un grand poteau d'argent en toile brillante trône derrière la batterie, les musiciens (très classes) s'installent, Barbara Carlotti apparaît, le cœur se met à battre la chamade, une émotion est palpable dans la salle et les premières notes retentissent. Le concert va durer 1h45 et ne baissera pas d'intensité. La salle n'est pas entièrement remplie mais les âmes sont à l'unisson, les fans au rendez-vous et le lien établi immédiatement entre la chanteuse et nous.

Le groupe interprète à merveille pour commencer Nuit sans lune, une de mes chanson préférée ayant pour trait le voyage et l'amour perdu. Blang! Première claque. Dans la même veine, le groupe embraye sur Marcher ensemble et J'ai changé, deux complaintes douces amères livrant les faiblesses humaines en quelques notes et paroles bien placées. Barbara Carlotti de par sa présence légère, cernée par ses musiciens, rayonne et chante deux de ses plus grands succès L'idéal et L'amour l'argent le vent. Successivement, morceau après morceau (Dimanche d'automne, Ouais ouais ouais, Le cœur à l'ouvrage, Occupe-toi de moi, 14 ans, Grande autoroute), presque tout le dernier album nous est livré avec un rythme légèrement plus rapide et une voix imperfectible. Le temps d'un Vous dansiez, l'ensemble du public est invité à valser et Barbara Carlotti invite un homme à monter sur scène pour partager une danse. Littéralement pétrifié, je me suis fait petit. J'avoue, je n'ai pas osé, je n'arrive pas à me comporter normalement en présence de quelqu'un que j'admire et qui en plus ici possède un charme certain, bien intimidant... Un autre membre du public s'est dévoué et s'en est très bien sorti.

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Le show a présenté aussi des chansons plus anciennes que je ne connais pas (Barbara Carlotti en étant déjà à son troisième album): Les italiens, Cannes (déjà entendu auparavant), Lord Byron. Nous avons eu le droit en fin de concert à sa reprise de Message personnel de Françoise Hardy dont elle partage le timbre de voix avec la puissance en plus. Un très beau moment qu'elle partage avec Dominique A dans la version album. L'apogée du spectacle fut la version rallongée de Mon Dieu Mon Amour voyant le public reprendre en choeur et crescendo le refrain imparable de cette chanson le tout mêlé de synthé aux accents psyché. Un pur moment de communion autour de la musique et d'une thème universel: l'Amour passion. A ce moment, je ne me sens plus vivre, moi qui déteste les concerts où le public chante en choeur, je mêle ma voix et je me suis senti porté! Woooaa! Quelques rappels après, la belle finira le set par une de ses vieilles composition, Bête farouche, déambulant dans le public en compagnie de ses musiciens: elle a posé sa tête sur l'épaule d'un pote (je suis jaloux sur le moment), est passée près de moi (je me suis caché derrière Nelfe, elle était à 50 cm de nous, je n'étais plus jaloux...) et la troupe est sortie par la porte principale. Huge!

Bilan. Je suis ressorti sonné, un sourire béat sur le visage et heureux. Ce fut un pur moment de félicité et je suis ressorti avec la confirmation que Barbara Carlotti est une grande de la chanson française et une artiste à part. A la fois généreuse et perchée (Carlotti est tout de même strange et a des réactions quelques peu excentriques), j'ai été emporté ailleurs durant tout le concert. Un grand et bon souvenir d'évasion.