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L'histoire: Toni Morrison nous plonge dans l'Amérique des années 1950.

La critique Nelfesque: La quatrième de couverture est pour le moins énigmatique mais le décor  est planté: avec "Home" nous sommes dans l'Amérique des 50's. Je suis aventureuse, je suis dingue, je me lance dans cette lecture comme on se jette dans le vide, l'inconnu droit devant.

Toni Morrison à 80 ans, prix nobel de littérature en 1993, nous livre là son dixième roman. J'avoue mon ignorance sur ce coup là, "Home" fut pour moi la découverte de cet auteur. Son écriture est belle, fluide, visuelle. "Home" est la confession de Frank Money, parcourant les Etats-Unis à une époque où le racisme est une violence ordinaire. Sur sa route de Seattle à Atlanta où il va retrouver sa soeur Cee après son appel à l'aide, il va nous conter ses souvenirs de la guerre de Corée, guerre dont il est revenu traumatisé, mais aussi ses souvenirs d'enfant noir parmi les Blancs.

Les années 50 aux Etats-Unis est une période difficile de l'Histoire pour les hommes de couleurs: les Noirs sont persona non grata aux restaurants, ont des places réservées dans les bus, ne sont pas non plus les bienvenus dans les milieux culturels... En plein maccarthisme, les noirs américains sont rabaissés et les lois raciales font légion. 

C'est dans cette ambiance haineuse que Frank parcourt le pays, son "Negro Motorist Green Book" à la main. Entre noirs la solidarité est de mise et les restaurants et pensions accueillants les gens de couleur sont autant de bonnes adresses qui passent de main en main. Entre angoisses dûes à la guerre et peur pour sa soeur grandement malade, il va braver les difficultés pour l'ultime voyage, celui qu'il fera avec sa petite soeur sur les routes de son enfance.

Sa route sera un exutoire à sa vie passée, un long chemin fait de souffrances et de résignations pour trouver le pardon, celui qu'il doit donner aux hommes blancs et à sa vie pour avancer et se délester de sa rancoeur. Avec sa soeur, il retournera à la source, Lotus, ville où ses parents se sont réfugiés chez ses grands-parents après avoir été chassés du Texas, ville où ils se sont épuisés dans les champs de coton, ville où sa grand-mère désignera Cee comme la cause de tous ses malheurs et lui en fera payer le prix...

Un roman dur qui avait tout pour me plaire mais qui au final me laissera, contre toute attente, distante. Même si l'écriture de Toni Morrison est de qualité, même si les faits relatés sont émouvants, je n'ai pas été touchée. Le roman est court (153 pages) et tout n'est qu'effleuré. Je ne suis pas fan du pathos à outrance mais il y a un tel détachement dans cette oeuvre qu'on survole les faits sans grande émotion. Sans doute trop épuré pour moi.

Je ne suis pas habituée des notes (je déteste cela) mais pour permettre aux organisateurs des Matchs de la Rentrée Littéraire de "compter les points", exceptionnellement et par respect des règles, je me prête au jeu. J'attribue donc à ce roman 8/20.