etr2L’histoire: John Rebus parcourait la jungle de la ville, une jungle que les touristes ne voient jamais, trop occupés à mitrailler les temples dorés du passé. Edimbourg était une ville d’apparences; le crime n’y était pas moins présent, tout juste plus difficile à repérer. Edimbourg était schizophrène, la ville de Jekyll et Hyde, bien entendu, mais aussi celle de Deacon Brodie, des manteaux de fourrure sans petite culotte, comme on disait à Glasgow. Mais c’était aussi une petite ville. Un avantage pour Rebus.

Il traqua sa proie dans les bars à voyous, dans les lotissements où le chômage et l‘héroïne tenaient lieu de blason, parce qu’il savait que quelqu’un d’aguerri saurait survivre dans cet anonymat. Jetant un coup d’œil à la ronde, il vit qu’il avait atterri au cœur du désespoir.

La critique de Mr K: Un petit plaisir qui ne se refuse pas aujourd’hui avec une enquête de l’inspecteur Rebus. Et par n’importe laquelle vu qu’il s’agit avec ce volume de la première le mettant en scène, l’occasion pour moi d’en savoir un peu plus sur cet ombrageux policier écossais au charme aussi discret que puissant.

Un tueur sème la mort et la terreur à Edimbourg. Il enlève de très jeunes filles et les étrangle. Toute la police est sur les dents et Rebus (encore seulement inspecteur adjoint) s’occupe de tâches subalternes. Ainsi, il doit trier le bon grain de l’ivraie des appels à témoin et recouper les infos. On fait connaissance avec son collègue McGregor avec qui il passe la plupart de son temps au taf mais aussi face au zinc... On suit donc cette enquête au fil des pérégrinations et des humeurs de Rebus. Se rajoute à cette trame, de mystérieux courriers anonymes que notre inspecteur préféré reçoit au bureau puis par la suite à son domicile. La menace semble se rapprocher et le dernier acte est échevelé à souhait!

Mais l’intérêt de ce volume est tout autre à mes yeux. C’est vrai que l’enquête se suit avec plaisir mais on est rarement surpris et le rythme est plutôt pépère. Par contre, on en apprend beaucoup sur Rebus et j’ai apprécié cet éclairage sur ce personnage que j’apprécie au plus haut point. On fait d’abord connaissance avec son frère Michaël qui a suivi les pas de leur père comme hypnotiseur mais derrière son insolente réussite on sent bien que quelque chose cloche. On rencontre aussi la fille de Rebus, Samantha, jeune fille aux portes de l’adolescence qui adore son père malgré l’éloignement (il est divorcé). On croise son ex femme très subrepticement et au gré de ses passages au bar, Rebus se confie au lecteur et l’on ne peut qu’être touché en plein coeur. Décidément ce personnage bien que classique dans sa psyché est marquant et ce volume est idéal pour faire sa connaissance. Au fil de la lecture, on découvre aussi la vie qu’il a mené avant de rentrer dans la police quant il a postulé pour un service spécial du SAS (élite de l’armée anglaise), le passé va faire écho avec le présent tôt ou tard mais sous quelle forme? Je vous laisse le découvrir.

Au final, L’étrangleur d’Edimbourg a été un bonheur de tous les instants. Les pages défilent toutes seules, on se prend au jeu et il est une fois de plus très difficile de lâcher l’ouvrage tant on veut en apprendre plus. Résultat, une moitié de nuit blanche et une lecture mémorable que je vous conseille grandement.

Lu et chroniqué au Capharnaüm éclairé:
- "Nom de code: Witch"
- "Le fond de l'enfer"
- "Rebus et le loup-garou de Londres"