lasalamandreL'histoire: Catherine, dont la vie s'organisait autour du travail avec la haine des dimanches, le secours de la télévision, l'affection d'un chat et l'usage fréquent des somnifères, tourne le dos à la France pour s'installer au Brésil. Dépassant sa condition de touriste, elle quitte l'univers des agences de voyages pour celui des favelas. La violence avec laquelle les gens se traitent entre eux ne lui est alors plus épargnée.

La critique de Mr K: J'avais beaucoup apprécié ma lecture de Rouge Brésil du même auteur. Je me suis dit que ce serait bien dommage de ne pas retenter l'expérience Rufin et sur un site de troc, j'ai récupéré La Salamandre dont la réputation était plutôt flatteuse. Il s'agit ici d'un récit sans concession d'une femme qui du jour au lendemain va décider de changer radicalement de vie, qui va se perdre en chemin et se précipiter vers sa propre perte. Dit ainsi, on peut se dire que des bouquins comme ça il y en a plein... Et pourtant, je ne m'attendais vraiment pas à être chamboulé à ce point.

N'y allons pas par quatre chemins, c'est rude et le final est ignoble. Le personnage de Catherine ne me plait pas, cette femme, ses habitudes, son caractère me sont étrangers et à aucun moment je n'ai eu de sympathie pour elle. Et puis, il y a la rencontre avec le beau et jeune Gil, et on sait d'emblée que les ennuis l'accompagnent. On a envie de dire à Catherine d'arrêter les frais, de se reprendre mais la fin se devine aisément. Elle rompt ses digues intérieures qu'elle avait bâti tout au long de son existence quitte à devenir complètement conne. Pour un peu, je lui en voudrais! La fin m'a donné raison et m'a laissé pantois. Dire que c'est tiré de faits réels!

On retrouve dans ce roman tout le talent de Rufin pour évoquer le lointain et l'ambivalence des destinations de rêve. Les couleurs et le soleil qui éclatent au prime abord, et puis peu à peu la saleté, la pauvreté criminelle et la perversion cachée aux yeux des touristes apparaissent et surgissent au détour d'une rue, d'une nuit. Bien loin des images véhiculées sur le Brésil, c'est un pays dans tous ses contrastes et sa complexité qui est abordé ici sans concession et sans fausse pudeur. La descente aux enfers de l'héroïne n'en est que plus dramatique et éprouvante.

Une bonne lecture qu'il faut éviter de lire avant de partir en Amérique du sud!