hachisL'histoire: Gabriel exilé dans un meublé au métro Parmentier est réveillé en pleine nuit par le cauchemar de son voisin Fardido. De son discours désarticulé, Gabriel retient «une femme nue remisée dans un frigo de la boucherie» du quartier. En allant y voir de plus près, notre Poulpe va tomber sur une drôle de secte, les Jardiniers de l'âme, qui cultive l'harmonisation du corps et de l'esprit à la sauce végétarienne... Mais alors que vient faire notre boucher dans cette affaire? Qui sont les frères Ménandre mêlés à de bien obscurs trafics? Et pourquoi la kiosquière de Parmentier-Surface est-elle saignée sur ses piles de journaux invendus?

Un sacré gâchis à Parmentier en perspective!

La critique de Mr K: «Un petit Poulpe ça ne se refuse pas» me suis-dis en préparant les quelques livres que j'emportais avec moi pour nos vacances en Dordogne. Je jetais mon dévolu sur celui écrit par Michel Cardoze. Grosse surprise, on ne retouve pas Gabriel dans son bistrot préféré, le désormais mythique Au Pied de Porc mais dans un café faisant l'angle à la sortie de métro Parmentier, quartier qui sera le théâtre des aventures du Poulpe. Cette fois ci, il va se retrouver confronter à une secte de végétariens amateurs d'UV et de dialogues cosmiques (on y croise un erstaz de Skippy le Grand Gourou du sketch des Inconnus), un réseau de trafiquants fort bien implanté y compris dans les hautes sphères politiques (sic), des personnages hauts en couleurs: une tenancière de bar limite nymphomane, des déménageurs de corps spécialisés dans le tapis, des babos retirés dans la montagne, un politique véreux de belle envergure et bien d'autres.

Cela devient une habitude dans cette série: ce livre se lit vite et facilement. L'écriture bien que simple est exigente et ne prend pas le lecteur pour un imbécile avec notamment moultes références à l'histoire disséminée ici ou là (La Commune et la répression des début de la IIIème République notamment) et comme toujours on trouve des descriptions plus vraies que nature du microcosme parisien. On retrouve le penchant gauche-libertaire du héros notamment quand il va dans les Alpes retrouver sa «famille», des originaux babos vivant chichement dans les montagnes en mode auto-gestion. Une fois de plus, le Poulpe se retrouve aux prises avec d'affreux jojos d'extrême droite et autres réactionnaires (ici des espèces de milices de quartier qui veulent nettoyer eux-même leur "territoire"). Les coups pleuvent, les bonnes formules aussi! N'oublions pas cette chère Chéryl encore présente dans ce volume avec qui notre héros va essayer de nouvelles positions aussi étranges qu'hilarantes et qui le couvrira au moment opportun en associée dévouée et indéfectible qu'elle reste (Un sacré p'tit bout de femme cette coiffeuse).

Un très bon moment que j'ai passé une fois de plus en compagnie du Poulpe alias Gabriel Lecouvreur. Une petite aventure bien sympathique que je vous conseille vivement.

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