Delicieuses_pourrituresL'histoire: Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow.
Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture!
Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

La critique Nelfesque: Voici un roman court (126 pages) mais efficace. Pas de temps morts dans ce récit qui présente une année dans la vie d’une jeune étudiante américaine amoureuse de son professeur de littérature. On pouvait s’attendre à une bleuette, à une fixation sur ce bel homme dont toutes les filles de l’université sont amoureuses mais on était bien loin de s’imaginer ce que ce roman révèlerait.

Bien loin du simple amour impossible, nous suivons Gillian, élève douée mais timide, pensionnaire au Heath Cottage avec une dizaine de ses camarades, dans la course vers l’obtention des faveurs de Mr Harrow. Laquelle sera la plus prometteuse? Qui saura aller le plus loin et se livrer corps et âme lors de leurs ateliers de poésie? « Allez plus profond. Cherchez la jugulaire » tel est la maxime de leur professeur qui veut faire sortir de ses élèves leur part d’ombre, leurs secrets inavoués, la matière à travailler qui fera d’elles de grands auteurs. C’est donc le prix de l’impudeur, du don de soi à l’extrême et du sacrifice qu’elles devront payer. La jalousie et la cachotterie pousseront ces jeunes filles bien sous tous rapports à des actes violents et destructeurs: tentatives de suicide, anorexie, pyromanie…

Mais la recherche de l’Art et les beaux yeux de Mr Harrow justifient-ils de tels sacrifices? Que vont réellement trouver ces jeunes filles, et Gillian en particulier, en se pliant aux exigences de ce professeur?

Ce roman réserve bien des surprises à son lecteur tant les personnages sont tordus et malsains. Les sentiments qui les lient sont complexes et, coupées de tout résonnement logique, ces élèves sont capables de tout. En avançant dans la lecture, on franchit des paliers dans le sordide et peu à peu on se retrouve piégé comme Gillian dans une toile dont on n’aurait pas soupçonné l’existence… Un très grand roman!