jeudi 14 avril 2011

"Terreur" de Dan Simmons

TerreurL'histoire: 1845, Vétéran de l'exploration polaire, Sir John Franklin se déclare certain de percer le mystère du passage du Nord-Ouest. Mais l'équipée, mal préparée, tourne court; le Grand Nord referme ses glaces sur Erebus et Terror, les deux navires de la Marine royale anglaise commandés par Sir John.

Tenaillés par le froid et la faim, les cent vingt-neuf hommes de l'expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques. L'équipage est, en outre, en butte aux assauts d'une sorte d'ours polaire à l'aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé. Quel lien unit cette "chose des glaces" à Lady Silence, jeune Inuit à la langue coupée et passagère clandestine du Terror? Serait-il possible que l'étrange créature ait une influence sur les épouvantables conditions climatiques rencontrées par l'expédition? le capitaine Crozier, promu commandant en chef dans des circonstances tragiques, parviendra-t-il à réprimer la mutinerie qui couve?

La critique de Mr K: Dan Simmons frappe de nouveau très fort avec ce thriller historique teinté de surnaturel. De lui, j'avais adoré ses œuvres de science-fiction comme les cycles d'Hypérion et d'Endymion, le diptyque Ilium et Olympos et le chef d'œuvre de thriller d'anticipation L'échiquier du mal. C'est donc avec confiance et envie que j'ai débuté ce pavé (700 pages quand même) qui retrace une histoire vraie, celle de l'expédition Franklin partie du Royaume Uni au milieu du XIXème siècle pour découvrir le passage du Nord-Ouest, une route permettant de traverser l'Arctique. Sur ce canevas déjà existant, Simmons a greffé des éléments surréels qui permettent de relever l'ensemble et lui donner une dimension quasi métaphysique par moment (la fin est un vrai bonheur à ce niveau là).

Il ne m'a fallu qu'une quarantaine de pages pour me faire emporter par un récit à la fois prenant et détaillé. D'un chapitre à l'autre, on passe d'un point de vue à un autre. Ainsi l'on peut suivre l'évolution de l'histoire à travers les yeux des capitaines de vaisseau Franklin et Crozier, du Dr Goodsir, de l'enseigne Irving (officier de la marine), du mousse Golding et de nombreux autres personnages. On se retrouve plongé dans l'univers masculin et rude des voyages de découverte, thématique qui m'a fasciné dès mon plus jeune âge (j'avais particulièrement frémi à la lecture du périple fatal de Robert Falcon Scott pour arriver le premier au pôle sud, doublé par Amundsen, il mourra gelé ainsi que toute son équipe!). À ce propos, on ne peut que saluer le travail de recherche que l'auteur a du effectuer pour pouvoir écrire ce roman. Impressionnant de bout en bout, le récit épouse à merveille la réalité historique tout en la mêlant d'éléments fantastiques. On en apprend beaucoup sur les conditions matérielles et les mœurs de l'époque sans pour autant tomber dans l'overdose de termes techniques et de descriptions à n'en plus finir.

À travers les différentes scènes qui se succèdent, on suit le destin tragique de cette expédition qui semble vouée à l'échec dès la prise par les glaces de leurs deux vaisseaux (à ce propos deux cartes sont fournies en début d'ouvrage pour suivre les pérégrinations de l'Erebus et du Terror, les deux navires de l'expédition et elles se révèlent très pratiques). Véritable et grandiose roman d'aventure, pendant la lecture de Terreur, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour savoir la suite. Les relations entre les membres de l'expédition sont admirablement rendues et les tensions ne tardent pas à se faire sentir, d'abord insidieusement puis de façon plus frontale (vers le dernier tiers, on atteint vraiment des sommets avec des passages peu ragoûtants). Il ressort de ce livre, une impression de «fatum», un destin implacable qui s'acharne sur les voyageurs, Simmons prenant un malin plaisir à abattre ses cartes les unes après les autres comme autant de coups du sort.

Parallèlement à cela, une mystérieuse inuit a été recueilli au sein de l'équipage du Terror. Muette suite à une mutilation, depuis son apparition une mystérieuse apparition rode autour de l'expédition et élague peu à peu les rangs des marins anglais. Cela donne de bons moments de frisson surtout que l'auteur s'évertue à ne pas trop en dire sur cette «créature» se contentant de vagues descriptions, fruits de témoignages des hommes affolés. Impressions, illusions, travestissement des sens... il n'en faut pas moins pour égarer le lecteur à l'image de ces hommes perdus en pleine mer des glaces... car le véritable ennemi est là et il est blanc! Comme Spielberg à son époque dans son superbe Dents de la mer, le blanc est synonyme de danger et de mort. Simmons décrit à merveille les rigueurs de l'Arctique entre vents violents, températures extrêmes, glaces flottantes, mers gelées. L'ensemble est saisissant à l'image de ses corps éreintés et diminués par ces conditions extrêmes. C'est à une véritable plongée en Enfer que nous convie l'auteur, un Enfer blanc mais aussi profondément humain.

Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre qui rentre dans mon panthéon personnel tant je me suis retrouvé happé par l'univers que propose Simmons entre Histoire, suspens et fantastique. Un voyage éprouvant certes, mais une expérience à nulle autre pareille. Un must!


mercredi 13 avril 2011

"Le Prédicateur" de Camilla Läckberg

le_predicateurL'histoire: Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans "La Princesse des glaces", on découvre le cadavre d’une femme. L’affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes...
L’inspecteur Patrik Hedström est chargé de l’enquête en cette période estivale où l’incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d’Erica Falck, sa compagne.
Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent.
Alors que Patrick assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s’allonge...

La critique Nelfesque: Je me suis lancée dans la lecture de la bibliographie de Camilla Läckberg il y a peu. Comme elle a mis les mêmes personnages, Erica Falck et Patrick Hedström, au coeur de tous ses romans, j'ai commencé par le début avec "La Princesse des glaces" qui m'avait plu mais sans être transcendant pour autant... Je suis tétue et je me mets à son second "tome" "Le Prédicateur". 

Bonne surprise! Au niveau de l'intrigue, j'ai trouvé ce roman ci bien plus intéressant que le précédent. On retrouve les personnages dont on a fait connaissance dans "La Princesse des glaces" mais cette fois ci, Patrick est bien plus présent. Erica, en pleine grossesse,se repose gentiment à la maison (ou du moins essaie, vu tous les squatteurs tentés par un été à la mer...) tandis que Patrick doit déméler les fils d'une histoire sordide où histoires de famille et croyance sont étroitement liées.

L'enquête est bien menée. On retrouve ici la lenteur propre à l'écriture nordique qui progressivement crée un climat singulier entre sensations du quotidien et ambiance cotonneuse dans laquelle le lecteur s'enfonce peu à peu. C'est très particulier et tout le monde n'adhère pas (Mr K est encore sous le choc du Mankell et son "Guerrier solitaire" ^^) mais moi j'aime beaucoup! L'histoire ici est vraiment prenante, l'enquête policière passionnante et les personnages savoureux: deux branches d'une même famille que tout oppose, les cas sociaux face aux bourgeois avec une histoire à la "Roméo et Juliette" contemporaine à la clé. Patrick est quant à lui au centre de cet opus et ça n'est pas pour me déplaire! Certains de ses collègues prennent de l'épaisseur et tout cela ne donne qu'une envie: lire la suite.

Un tome bien meilleur que le premier à mon sens. Ce dernier étant un bon "pilote" mais ne présentant pas une histoire palpitante. Les histoires personnelles d'Erica et Patrick, ainsi que de leurs familles, sont toujours présentes et pour ceux qui n'ont pas aimé cet aspect dans le premier, ça n'ira pas en s'arrangeant avec l'arrivée du bébé... Pour tout ceux qui comme moi apprécient l'ensemble, espérons que cette tendance au crescendo se vérifiera dans les tomes suivants.

mardi 12 avril 2011

Anniversaire spatial

 

Gagarine

50 ans aujourd'hui que l'homme est allé dans l'espace pour la première fois en la personne du héros de toute une nation, de tout un modèle idéologique: Youri Gargarine. Symbole de la suprématie soviétique dans le domaine de la conquête spatiale, ce personnage historique-clef a été un de mes héros de jeunesse. Chapeau bas!

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lundi 11 avril 2011

"Métamorphose en bord de ciel" de Mathias Malzieu

metamorphoseL'histoire:Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu'à ce qu'un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable.
Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu'il appelle "la Betterave". Lors d'une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l'hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui, lui propose le pacte suivant: «Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l'amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter».

La critique de Mr K: J'avais adoré La Mécanique du cœur à sa sortie. Livre marquant, à la langue poétique à souhait, il s'est révélé être un coup de foudre pour un écrivain dont je connaissais uniquement la carrière musicale avec le groupe Dionysos. Il nous revient ici avec un autre conte pour grands enfants que nous sommes, une rencontre inattendue entre un cascadeur raté condamné par une maladie incurable et un être hybride qui pourrait lui apporter la guérison.

On retrouve dans cet ouvrage toute la mélancolie teintée d'espoir qui m'avait tant charmé dans La Mécanique du cœur. Ici, on est plongé dans le quotidien d'un malade qui attend une mort qui lui est promise. Des passages sont difficiles tant ils peuvent rappeler le quotidien de personnes qui nous sont chères: la douleur, la dépendance, l'esprit qui s'évapore, l'indifférence des personnels soignants et l'impression d'être seul au monde, sans confident ou ami à qui se confier. C'est avec la boule au ventre que j'ai progressé dans la première partie de cet ouvrage. Puis, vient se greffer sur le récit, un élément de conte pur et dur: un être mi-femme mi-oiseau qui entrouvre un espoir de futur possible pour notre héros. L'oiselle lui propose un pacte et la majeure partie de la seconde partie de l'ouvrage est consacrée à la réflexion de Tom vis-à-vis de ce possible accord et à ses délires de plus en plus prégnant sur la «normalité».

Sans égaler son précédent livre, Métamorphose en bord de ciel est une grande réussite. La langue de Malzieu touche juste et fort, le lecteur est constamment balloté grâce aux images et aux formulations originales sans jamais tomber dans le pathos ou la lourdeur stylistique. Écriture poétique en diable, l'histoire avance tranquillement à son rythme sans jamais faire de concession ou baisser en intensité. On se prend irrémédiablement d'affection pour ce bras cassé de la vie et de sa belle soupirante hybride. C'est une fois de plus heureux et comblé que j'ai refermé cet ouvrage. À signaler qu'il est possible de se procurer une version dite «limitée» illustrée de nombreux dessins d'artistes divers et variés, à commencer par la couverture signée Nicoletta Ceccoli (merci Lenelaï).

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dimanche 10 avril 2011

"Le diable l'emporte" de Barjavel

BarjavelL'histoire: Ceci est la très vraisemblable, la très féroce et humoristique histoire des 3e et 4e guerres mondiales.
C'est pour la Lune qu'on se bat.
Mais à 1500 mètres au-dessous du Sacré-Coeur, un homme mystérieux a construit l'Arche enterrée...

La critique Nelfesque: Ca fait du bien de retrouver Barjavel! Voilà des années que je ne m'étais pas replongée dans un roman de cet auteur. "Ravage" est pour moi un incontournable et sa bibliographie est truffée de très bons ouvrages. Ayant acquis "Le diable l'emporte" dans un vide grenier, je me suis lancée dans cette lecture, tête baissée.

Cette fois ci, nous suivons une famille, les Collignot, et un groupe de scientifiques dans ce qui est la 3ème et la 4ème guerre mondiale. La technologie nucléaire a atteint son apogée et une catastrophe s'annonce. Vraiment étrange de lire ce roman au moment où le Japon vit justement une catastrophe nucléaire. Cet évènement actuel donne au roman une autre dimension.

Un riche scientifique, Mr Gé, décide alors de constituer une arche, à l'image de celle de Noé, et d'envoyer son bestiaire sur la Lune. Le roman ayant été écrit en 1948, l'homme n'avait pas encore marché sur le satellite de la Terre. Ce roman compile tous les fantasmes concernant cet astre. Qu'il y a-t-il là haut? A quoi ressemble la surface lunaire? Pourrait-on s'y retrancher en cas de catastrophe ou d'attaque?... Autant de questions et de spéculations qui montrent bien les interrogations de l'époque. Les Etats-Unis, la Russie et la France se disputent la propriété de la Lune et les tensions apparaissent. Les Anglais construisent une nouvelle ville, Moontown, utopique et exemplaire, plaçant à son sommet le "civilisé inconnu", sorte d'homme modèle, à la constitution biologique modifiée à grand coup de robotique pour atteindre la perfection. Le monde devient fou...

Les catastrophes se succèdent, des pays sont innondés suite à une attaque aux missiles du Pôle Nord. La météo se trouve chamboulée et l'Arche est constituée à plusieurs centaines de mètres sous Paris. Là, Mr Gé regroupe 12 femmes et 12 hommes, séparés par quartier et ayant pour mission de peupler la Lune lors de leur arrivée. Sous certains aspect, "Le diable l'emporte" m'a fait beaucoup penser à "Abzalon" de Pierre Bordage. Il regroupe également deux familles et compte recréer les nouveaux Adam et Eve.

L'amour sera-t-il plus fort que la folie humaine? Ce roman est riche de rebondissements et de destructions massives. Guerre nucléaire, missiles lancés sur le Pôle Nord, guerre bactériologique et modifications chimiques. L'Homme pourra-t-il survivre? Rien n'est moins sûr mais l'histoire est fascinante.

challenge_fin_du_monde_apocalypse_post_apo_7Ce roman d'anticipation entre dans le Challenge [Fins du Monde] de Tigger Lilly.

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samedi 9 avril 2011

"Wormwood: l'invasion des tentacules" de Ben Templesmith

wormwood1L'histoire: Alors que Wormwood pensait enfin savourer une pinte de bière sans se soucier de l'imminence d'une quelconque fin du monde, la tentaculaire Confrérie des Calamari s'invite sur Terre avec la ferme intention de faire payer à l'asticot gentleman ses outrages passés. Toujours flanqué de ses compagnons d'infortune, Wormwood aura fort à faire pour renvoyer ses ennemis d'où ils viennent... ou les accompagner d'une bonne sauce à l'armoricaine.

La critique de Mr K: C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé mon asticot favori dans le tome 3 de la série Wormwood de Ben «Hellboy» Templesmith. J'avais vraiment apprécié les volumes 1 et 2 . Ce n'est pas le présent volume qui me fera changer d'avis. On retrouve toutes les recettes qui ont fonctionné auparavant, à savoir un humour thrash et une esthétique bien particulière .

Cette fois ci, le ver parasite se logeant dans les cadavres doit faire face à la plus grande des menaces qu'il ait jamais connu: une invasion de calamars géants venus de l'espace intersidéral! La panique s'étend très vite sur Terre (à part peut-être chez les amateurs de fruits de mer...) et le chaos s'installe. Ce pitch digne des plus belles séries Z donne une fois de plus lieu à une débauche de gags bien noirs et à des scènes surréalistes: ainsi pour passer de leur monde au notre, les dits « calamaris » doivent passer par un trou inter-dimensionnel ressemblant à un œil de cyclone... mais fonctionnant comme une chasse d'eau! Très classe!

Il n'y a qu'un seul récit dans ce volume mais Templesmith étant décidément un grand malin, dès le début nos héros sont séparés. Tandis que Wormwood va explorer la dimension des calamaris et rencontrer Elvis (du moins sa version parallèle!), Mr Pendulum, Phébée et les autres doivent résister le plus longtemps possible à l'invasion tentaculaire! C'est le volume où ça défouraille le plus, toujours entre deux situations ou réflexions ubuesques. L'humour fonctionne à plein et les dessins sont de toute beauté. A ce titre, le chapitre final de l'invasion est un grand moment de délire qui est l'essence même de la série.

Une lecture bien agréable que je recommande à tous les amateurs du genre!

wormwood3

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mercredi 6 avril 2011

"Sucker punch" de Zack Snyder

sucker_punch_afficheL'histoire: Bienvenue dans l’imaginaire débordant d’une jeune fille dont les rêves sont la seule échappatoire à sa vie cauchemardesque... S’affranchissant des contraintes de temps et d’espace, elle est libre d’aller là où l’entraîne son imagination, jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et fantasme.
Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre jeunes filles - la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber - à s'unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski - avant que le mystérieux High Roller ne vienne s'emparer de Babydoll.
Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l'aide d'un Sage. Mais ce n'est qu'à ce prix qu'elles pourront - peut-être - recouvrer la liberté...

La critique de Mr K: 2/6 pour mon premier nanar de l'année, une très belle purge que je dois à mon bon coeur et ma connerie. Ma connerie tout d'abord parce que je pensais que Snyder rééditerait son exploit de L'armée des morts (un remake plus que valable de Zombi de Roméro) n'ayant pas du tout apprécié 300 (faut vraiment être un adepte du ralenti) et Watchmen (je suis pas fan des superhéros au cinoche). Mon bon coeur parce que j'étais accompagné d'une amie d'enfance qui n'allait pas bien et qui elle, a apprécié le film (il paraît qu'il est parfait pour les nanas qui ont besoin de se défouler après une semaine pourrie de chez pourri!).

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Points positifs: Les 1h50 passent vite, ça bouge bien et c'est un film idéal pour laisser ses neurones au vestiaire. Le film est aussi très très beau esthétiquement avec parfois de véritables tableaux vivants comme cette vision apocalyptique présentant une ville détruite par les bombardements survolée par des dirigeables au look gothique (le fan invétéré de Led Zeppelin que je suis a adoré!). En fait, on a l'impression d'être dans un véritable jeu vidéo (je suis adepte à mes heures perdues de séries vidéo-ludiques comme Final Fantasy, Resident Evil ou encore Silent Hill...) et franchement, je suis resté bluffé face à certaines images.

Points négatifs: C'est très très con, là où certains y voient pêle-mêle paraboles et sens cachés, je vois surtout un scénar tenant sur un ticket de cinéma et des personnages outranciers et caricaturaux. Perso, je ne me suis jamais attaché à une seule des filles du films tant elles s'avèrent limitées lorsqu'elles ouvrent la bouche (les dialogues peu nombreux sont insipides et ringards), le jeu des actrices n'est vraiment pas mirobolant et franchement on a plus l'impression de se retrouver devant trois poufs que de véritables héroïnes (on est bien loin des guerrières charismatiques de Sin City). Le summum de la bétise est atteint avec une pseudo morale à deux euros en fin de film pour ceux qui n'auraient pas compris l'ensemble! Dans la vie, il faut se battre... c'est bien mon Zach! Mais c'est pas nouveau et je crois que beaucoup de gens le savent déjà! Et puis, le film baigne dans la fascination pour les armes, la violence et surtout le manichéïsme populiste malsain. Snyder n'est pas membre de la NRA pour rien... La BO est assourdissante parfois, des morceaux viennent comme un cheveu sur la soupe et en plus, un des groupes massacre White Rabbit de Jefferson Airplane, une honte!!! Heureusement qu'il y a une bonne adaptation de Search and Destroy d'Iggy Pop pour rattraper ce naufrage...

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Pour finir: C'est décidé, j'en ai fini avec Snyder! Outre sa fascination pour les armes et son côté parfois fascisant, ses films ne soutiennent pas pour moi la comparaison avec des chefs d'oeuvre tels que Conan le Barbare de Millius, Sin City de Rodriguez ou Doberman de Kounen qui certes sont violents mais apportent flamboyance et style alors que Sucker punch ressemble à une série de reprises de références cultes passées à la moulinette. Sans doute, j'aurais davantage apprécié le spectacle plus jeune et encore... niveau violence, action et fantastique, les 80' n'étaient pas si mal avec des références comme Terminator de Cameron, Prédator de Mc Tiernan ou Alien de Scott. Non vraiment, Sucker punch n'était pas fait pour moi, j'ose même pas imaginer si je l'avais vu à la télé... je crois que j'aurais passé mon tour!

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mardi 5 avril 2011

Flow au Parc des Expositions, Lorient, 01-04-11

flow210211Flow est un groupe que nous avons découvert en première partie de Tryo au festival Les Indisciplinés de Lorient, il y a deux ans et demi. Nous étions alors tombés sous le charme de cette chanteuse au physique à la Patti Smith et à la voix peu commune. Présente sur la tournée de Yannick Noah, elle est passée par le Parc des Expositions de Lorient. Pensez-vous bien que nous étions dans la salle et nous n'étions pas les seuls puisque 7.000 personnes nous accompagnaient.

Première constatation, Yannick Noah déplace les foules! Début de la première partie prévu à 20 heures, nous arrivons au Parc des Expositions à 19h50. Nous découvrons une file d'attente unique de plusieurs centaines de mètres! En passant devant la salle à 16 heures, nous aurions du trouver étrange de voir quelques personnes s'agglutiner devant les portes 4 heures avant le concert... Pas de possibilité de passage rapide au guichet invitations afin de retirer nos billets, la prestation de Flow commence alors que nous sommes encore à l'extérieur! Enfer et Danao! Il n'est pourtant pas encore 20h! En parlementant avec un agent de la sécurité, nous parvenons à gruger quelques milliers de personnes. Oui, je sais, c'est mal... mais parfois, il y a des cas de forces majeures!

Nous avons bien fait d'abattre toutes nos cartes afin de gagner du temps car le set de Flow était vraiment très court et nous n'avons pu avoir qu'un bref aperçu de sa prestation.

Tout d'abord un peu déçus, nous prenons la température du public. Majoritairement familiale, de 7 à 77 ans, la foule est venue nombreuse pour applaudir Yannick et a fortiori Flow. Et des applaudissements, elle en a eu! Accompagnée de son guitariste, devant une salle toute en longueur et prête à craquer, elle ne s'est pas montrée impressionnée et a su enchanter le public terminant son mini-set par un "Shalom" endiablé, des milliers de mains clapant sur les refrains.

Le public est conquis et de notre côté, nous sommes heureux pour Flow qui vendredi a été une agréable découverte pour bon nombre de personnes présentes. Nous n'attendons plus qu'une chose: son retour à Lorient pour une tête d'affiche et un concert de plus de 15 minutes (quelle frustration!).

Nous quittons le Parc des Expositions alors que les retardataires passent à peine les barrières fouilles ne sachant pas ce qu'ils viennent de rater. Quelques personnes nous regardent de travers: "Le concert va commencer!!!" nous disent-ils. Pour nous, la soirée est terminée. Quelques minutes de Flow, ça vaut tous les concerts de Yannick Noah.

L'image n'est pas top mais pour l'ambiance voici "Shalom":

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lundi 4 avril 2011

"Le guerrier solitaire" de Henning Mankell

Guerrier_SolitaireL'histoire: Dans la chaleur intenable de l'été 1994, une jeune fille s'immole par le feu dans un champ de colza. Le lendemain, un ancien ministre est tué à coup de hache. C'est le début d'une série de meurtres terrifiants. Quel est le lien entre tous ces morts? La police d'Ystad, menée par Kurt Wallander, entame une course contre la montre pour arrêter le tueur... avant qu'il ne frappe à nouveau.

La critique de Mr K: C'est l'ami Vince qui m'avait mis sur les traces de Wallander dans un de ses comptes-rendus de lecture, il y a déjà de ça quelques temps. Un polar du Nord! Attention lecteurs! Pour vous, Mr K a mis son plus chaud parka pour suivre les traces d'un des inspecteurs les plus célèbres de la vague nordique qui déferle depuis quelques temps dans le paysage littéraire. Je l'avoue, avec Le guerrier solitaire, je perds ma virginité en la matière. Vu l'enthousiasme et la boulimie de Nelfe avec la trilogie Millenium, je crois qu'il fallait que je franchisse le rubicond pour un voyage dans les terres froides et solides suédoises (sic). Résultat des courses, je suis mitigé et je ne pense pas y revenir avant un certain temps.

Ce qui est remarquable avec ce livre de Mankell, c'est sa capacité à rendre compte dans les moindres détails une enquête policière. Pour les amateurs, c'est le top. D'une manière chirurgicale, on suit Wallander et son équipe sur la piste d'un criminel en série retors de chez retors. Petit plus, quelques chapitres adoptent le point de vue du tueur ce qui permet d'approfondir notre appréhension du «scalpeur» fou! Fausses pistes, découvertes d'indices, obstacles administratifs, périodes de doutes et remises en question... rien n'est épargné à la police d'Ystad et à son commissaire emblématique. Le lecteur se retrouve donc devant un polar bien calibré et classique dans les thèmes qu'il aborde (le crime affreux, l'enquête qui se déroule tortueusement et le héros charismatique dont l'esprit prend l'eau!).

Mais voilà, là où comme dans un Connelly je ne passe que deux jours pour dévorer mon polar, il m'a fallu une bonne semaine pour parcourir entièrement celui-ci. Il y a des moments où je me suis franchement ennuyé (pour rester poli). Et pourtant, j'aime les livres à action lente où les moments s'amoncèlent les uns après les autres, petit à petit... Il faut croire que les grands froids du Nord m'ont engourdi et plongé dans un ennui ouaté à l'image des climats de Scandinavie. Il faut dire que l'écriture de Mankell n'aide pas. Bien construit, ce polar brille par son côté commun, faute à une expression écrite très terre à terre, ne sortant jamais vraiment des sentiers battus. Peu ou pas d'images, simplement le compte-rendu, brut de décoffrage de ce qui se passe... et comme il ne se passe des fois pas grand chose, ca peut s'avérer gênant! Il faut tout de même attendre la moitié du volume pour que l'enquête décolle!

Vous l'avez compris, je ne garde pas un souvenir mémorable de cette lecture. Je vais en rester là pour le moment et je retenterai peut-être le coup d'ici quelques temps avec l'inspecteur Wallander. Avis aux amateurs cependant car si je déplore un manque d'inventivité et de dynamisme dans la forme, je reconnais le talent de Mankell pour gérer son histoire et maintenir le suspens (surtout à la fin ici!).

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samedi 2 avril 2011

Histoire de homard

Aujourd'hui, un petit cours métrage bien sympathique signé Artus de Penguern. L'action se déroule dans un restaurant et nous suivons à travers les yeux d'un homard brestois ce qui ressemble à ses derniers instants. C'est très drôle et la fin est maline. Bon visionnage!

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