thomasfersenparadisCela fait plusieurs semaines que nous avons reçu le dernier album de Thomas Fersen,"Je suis au paradis", dans les bacs depuis le 7 mars. Et au paradis, nous y sommes à l'écoute de cet album! Il ne se passe pas une journée sans que nous en écoutions au moins un titre. Un vrai coup de coeur!

Deux ans après "Trois petits tours", auquel nous n'avions pas vraiment adhéré, Fersen revient et renoue avec le côté sombre empli de poésie qui le caractérise. Nous avions eu l'occasion de découvrir une grande partie de ces nouveaux titres lors de son concert à Quéven. Il y a du "Monsieur" dans cet album, une atmosphère romantique avec des personnages habituellement antipathiques. Avec Fersen, on se met à aimer "Dracula", "Barbe bleu", "Les loups garous". Un squelette de la Foire du Trône dans "J'suis mort", un serial-killer dans "Le balafré", une petite fille incomprise dans "L'enfant sorcière" (ma préférée de l'album), une momie dans "Une autre femme", autant de personnages tirés de contes et légendes qui devraient nous faire dresser les cheveux sur la tête. La poésie des mots de Fersen et l'orchestration résoluement mélancolique de ses titres nous les font apparaître comme des êtres incompris que l'on se surprend à aimer.

Des êtres incompris, il y a en a à foison. En plus des personnages imaginaires, une galerie d'attendrissants perdants à la fois drôles et pitoyables côtoie les morts-vivants et les tombes de cet album: "Félix", ce veillard libidineux qui, centenaire, est toujours à la quête du grand amour, un homme amoureux d'une "Sandra" invisible, un fugitif caché sous un jupon dans "Parfois au clair de lune", une artiste de cabaret qui attire les regards masculins dans "Mathieu"...

La mort est omniprésente dans ces 12 titres. L'album est sombre mais il est loin d'être lugubre. Fersen sait apporter des touches d'humour, noires souvent, pour nous faire sourire et nous transporter dans ses histoires fantasques et farfelues. Qu'il est bon de voyager avec Thomas Fersen!